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  Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

 

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Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

n°3835
laurent pr​ovost
Posté le 17-06-2008 à 21:16:01  profilanswer
 

Bonjour,
Ayant eu la chance de consulter la base de l'almanach du combattant mis en ligne sur le CRID par nos amis stéphan et Jean claude, J'ai le plaisir de vous fournir ci dessous la retranscription sous forme de feuilleton de l'article paru dans cette revue et écrit par le DR Mas.
Cet article avec ses cartes, permet de comprendre l'articulation entre les différents echelons du poste de secours aux hôpitaux de l'arrière
 
Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun: L'hôpital de campagne de Vadelaincourt; (son histoire, son rôle, dans la chaîne des secours)
 
Pendant toute la durée de la bataille de Verdun, pendant les terribles mois des attaques répétées allemandes de février à juin 1916, plus tard au cours des offensives françaises d'octobre et décembre 1916, d'août 1917, le Service de Santé des IIIe et IIe armées française allait démontrer de façon admirable sa capacité d'adaptation à des situations particulièrement dramatiques et évolutives en modifiant ses plans d'hospitalisation et d'évacuation pour assurer au mieux le ramassage, le triage, le transport et les soins spécialisés aux quelques 216 000 blessés, sans compter les gazés, de la plus meurtrière des batailles de la Grande Guerre.
 
Aux premiers jours de 1916, le front de la III e armée et de la Région Fortifiée de Verdun (R.F.V.) demeurait particulièrement calme. Les formations sanitaires de la R..F.V. s'échelonnaient ainsi:
à l'avant les deux ou trois ambulances 1 de chacune des cinq divisions, dont certaine faisaient office d'infirmerie de cantonnement,
à l'arrière, les formations d'armée, dites d'étapes, comprenant deux hôpitaux d'évacuations (H.O.E), l'un à Baleycourt, l'autre aux Petits-Monthairons, six hôpitaux inclus dans la place de Verdun et six formations hospitalières au sud de Verdun, dont l'hôpital N°12 implanté à Vadelaincourt, avec une capacité de 350 lits.
Le médecin Général A. MIGON, qui venait alors de prendre la direction du Service de Santé de la IIIe armée et de la Place de Verdun, au terme d'une inspection de ce secteur constatait que le potentiel opérationnel de certaines formations sanitaires avait été quelque peu émoussé par une longue période d'inaction relative. Le 9 Février, il eut un entretien avec le Général HERR, commandant de la région fortifiée de Verdun, qui ne lui cacha pas l'imminence d'une attaque allemande d'envergure: il le savait par les espions, les aviateurs et les prisonniers de guerre. Il ne cessait, disait il , d'en informer le GQG qui refusait de l'entendre et de lui envoyer les renforts demandés . En moins de quinze jours, le médecin inspecteur MIGON allait devoir entreprendre et réussir la réorganisation et l'activation exemplaire  du dispositif sanitaire dont il avait la charge.
 
Ces ambulances avaient une capacité moyenne de 100 lits. A partir de là , les sections sanitaires automobiles assureraient le transport des blessés jusqu'aux deux hôpitaux d'évacuation de l'arrière, Baleycourt ou Petit-Montairons selon les secteurs. A cet échelon de l'H.O.E, un nouveau triage des blessés et malades était fait : les blessés nécessitant une intervention d'urgence (blessés porteurs de plaie thoracique ou abdominale ou atteints de fracture ouverte compliquée ou blessé en état de choc...) étaient aiguillés vers une des formations hospitalières proches; les blessés légers ou nécessitant une intervention moins urgente étant évacués sur un hôpital plus éloigné de la zone des étapes ou de l'intérieur. C'est ainsi que de Vadelaincourt était appelé à fonctionner comme centre de traitement pour les blessés les plus graves triés à l'HOE de Baleycourt. C'est la Direction des  Étapes et Services (DES) qui devait fournir les sections sanitaires automobiles nécessaires au transport des blessés à partir de L'HOE. Nous verrons le rôle capital que les trains sanitaires du « Petit Meusien » allaient bientôt jouer dans le dispositifs des évacuations sanitaires.
Le 21 février 1916 à 7 h 15, prélude à la grande offensives allemande, une nuée d'obus d'artillerie s'abattit sur le front tenu par le XXXe CA, commandé par le général Chrétien.
L'attaque allemande se déclencha le même jour vers 16 h. Le XXXe corps allait tenter de contenir le flot ennemi malgré les lourdes pertes qu'il avait subies. Brabant est évacué le 23,  Samogneux est pris le 24; le 26 février le fort de Douaumont, non défendu, est occupé par l'ennemi. L'ambulance de Bras, criblée d'obus , avait du être abandonnée dès le premier jour.
Une noria ininterrompue d'ambulances sanitaires fonctionne aussitôt pour assurer le transport des nombreux blessés, de nuit du front vers les ambulance, de jour des ambulances vers l'HOE de Baleycourt. Au terme des cinq premiers jours de l'attaque allemande, la 72e DI avait perdu la moité de ses effectifs, 192 officiers et 9 365 homme de troupe; les pertes étaient à peine inférieure à la 51e DI et à  37e DI.
A elle seule, la section sanitaire automobile 54 avait évacué 3 558 blessés. Le Service de Santé du XXXe corps avait payé un lourd tribu: 21 médecins et 24 infirmiers tués, sans compter les brancardiers des divers Groupes Divisionnaires de Brancardiers (G.D.B.).
Du 26 février au 5 mars, attaques et contre attaques se poursuivent, en terrain découvert, sous un effroyable bombardement d'artillerie de tout calibre, de nuit et de jour. Les plus lourdes pertes furent enregistrées par le XXe CA qui avait reçu l'ordre de reprendre Douaumont. Les Brancardiers régimentaires et divisionnaires rivalisèrent d'héroïsme pour relever les blessés, dans la neige, par un froid de - 10° . Il n'y avait ni tranchées, ni boyaux d'accès, seulement un terrain crevé de trous d'obus où les blessés cherchaient un semblant de protection; leurs appels, leurs gémissements guidaient seuls les brancardiers dans leur quête nocturne. C'est enveloppés dans une toile de tente ou portés par leurs camarades brancardiers, que les blessés étaient péniblement amenés jusqu'au postes de secours le plus proche. Dans les ambulances, une section de gazés du être spécialement adjointe pour accueillir les victimes atteintes par les gaz lacrymogènes ou suffocants.
 
 
L'hôpital de Vadelaincourt, hôpital n° 12, replié de la place de Verdun n'était alors qu'une petite formation d'une dizaine de baraques plantées le long de la route d'Ippécourt, sur la rive ouest de la Vadelaincourt, petit ruisseau qui traverse le village niché dans un creux naturel: à quelque 15 km au sud de Verdun et à 7 km de l'importante bifurcation des routes de Bar-le Duc et de Ste Ménehould, reliée à ces deux grandes artères par de petites routes de campagne mal adaptée au trafic automobile.
 
http://images.imagehotel.net/hog1q4airr.jpg
Les 290 malades vénériens qui l'occupaient furent très vite évacués sur hôpital de Châlons. Vadelaincourt allait devenir, sous l'autorité du Médecin de 2 eme classe MORIN un hôpital chirurgical exemplaire, appelé à jouer un rôle capital dans la chaîne des secours par sa position au centre de la zone de défense de Verdun, capable d'accueillir dans les mêmes délais les blessés de l'une ou l'autre rives de la Meuse. L'une des baraques fut rapidement transformée en pavillon opératoire comprenant deux salles d'opération séparées par une chambre de stérilisation, dotée d'un éclairage fourni par un groupe électrogène; une voiture radiologique fut affectée à la formation. Une tente Tortoise allait servir de dépôt mortuaire en attendant que fut choisi l'emplacement du futur cimetière militaire. Avec beaucoup de difficultés, des chemins de circulations empierrés furent établis dans l'enceinte de l'hôpital pour permettre l'accès des voitures sanitaires. Les effectifs furent renforcés; par le nombre de ses équipes chirurgicales, Vadelaincourt allait devenir un élément essentiel du dispositif sanitaire.
 
A la veille de l'offensive allemande, après réorganisation, le service de santé de la R.F.V., s'apprêtait à fonctionner sur les bases stratégiques et logistiques suivantes. A l'avant, dans chacun des 5 secteurs, les postes de secours régimentaires, sous l'autorité d 'un médecin régulateur, avaient pour mission de ramasser et transporter les blessés jusqu'au ambulances divisionnaires et ambulance de Corps d'Armée (C.A.); certaines de ces ambulances étaient appelées à accueillir les blessés légers descendus à pied du champ de bataille, les autres devaient assurer le tri des blessés avant évacuation, conserver et traiter les blessés graves jugés intransportables (fig 1)
 
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laurent pr​ovost
Posté le 17-06-2008 à 21:21:46  profilanswer
 

Pendant cette première semaine de l'offensive allemande, le nombre des équipes chirurgicales de l'HOE de Baleycourt fut rapidement renforcé par les équipes repliés de Verdun et l'affectation de l'auto chirurgicale N°3. A Vadelaincourt, trois équipes opéraient nuit et jour, sans cesse relayées , pour traiter le flux de blessés graves triés par l'H.O.E)  n°6 de Baleycourt .  
http://images.imagehotel.net/5wn8woyrau.png
 
Les évacuations sanitaires en direction de Bar le Duc furent assurées par les sections sanitaires automobiles, les trains du « Petit Meusien » et les camions T.M. (transport de matériel) et T.P. (transport de personnel) . Le « Petit Meusien » se chargeait à Maison-Rouge, à 1800 m de Baleycourt; la capacité des trains fut portée à 120 blessés couchés en 10 Wagons. A l'arrêt des Souhesmes, on chargeait les blessés en provenance de Vadelaincourt et des Monthairons: un poste sanitaire sous tente Tortoise avait été spécialement dressé face  à la petite gare. Un médecin convoyeur était affecté à chaque train sanitaire.
Le trajet jusqu'à Bar Le Duc , arrêts compris, durait en moyenne 4 H 20. Les camions TM et TP furent réservés pour les blessés légers; tous les camions repartant à vide sur Bar le duc devenaient autant de véhicules sanitaires. Il fallait voir avec quel empressement aux arrêts de Regret et de Baleycourt, les blessés légers escaladaient les lourds véhicules, ouvert au vent et à la poussière, trop heureux de s'en tirer à si bon compte!
A cause du bombardement incessant de la ville, tous les habitants de Verdun avaient été évacués dès le 24 février, de même les formations hospitalière de la place. Tous le service de Santé était concentré dans les abris de la citadelle où une salle d'opérations avait été aménagée. A sont tourt, la grande formation de Baleycourt se trouva sous le feu des canons ennemis et son évacuation dut être décidée dans la nuit du 28 au 29 février. La disparition de Baleycourt, point central du système des évacuations, risquait de désorganiser profondément l'ensemble du service de santé. De fait, dans la semaine qui suivit, Vadelaincourt fut submergé par un afflux de blessés de toute gravité, envahi par un flot de véhicules sanitaires venant directement du front par des petites routes qui se prêtaient mal à l'accroissement soudain du trafic.
Pour parer à cet engorgement de Vadelaincourt (fig2), un poste provisoire de triage fut installé sur la grand-route à Moulin Brulé, qui devint poste d'arrêt obligatoire de tous les véhicules sanitaires en provenance de l'avant. La D.E.S. rechercha alors une nouvelle implantation pour l'HOE 6. Elle la trouva un peu plus au sud au lieu-dit » La Queue de Mala », en bordure de la route de BAR-le -Duc, dans un triangle de lande délimité par la Voie Sacrée à l'est, une courbe du petit meusien à l'ouest, le chemin des Souhesmes au sud. Le  Génie construisit, non sans mal, une voie de pénétration empierrée; 12 médecin et 128 infirmiers ou brancardiers furent affectés à cette nouvelle formations hospitalière qui avait la particularité d'être entièrement sous toile de tentes; les évacuations s'opéraient par les deux trains sanitaires quotidiens du Meusien (emportant chacun 96 couchés et 200 assis), 3 sections sanitaires automobiles et les camions rentrant à vide à Bar le Duc.
 
Pour compenser l'absence d'hospitalisation à Queue de Mala, le potentiel de Vadelaincourt dut être renforcé. Le nombre des équipes chirurgicales, opérant nuit et jour, fut porté à 8 par la venue en renfort de l'auto-chirurgicale 6. La voiture radiologique automobile n°50 lui fut également bientôt affectée.
 
Entre temps, le général Pétain, arrivé à Soully, le 25 février pour y prendre le commandement de l'armée de Verdun, avait décidé la réorganisation de cette armée en cinq groupement indépendants, recevant leurs ordres directement du général en chef et commandés par le généraux BAZELAIRE, GUILLAUMAT, BALFOURIER, DUCHENE, et BARET.
 
http://images.imagehotel.net/pwiga601h9.jpg
 
Cette nouvelle organisation de l'armée obligea la Direction du Service de Santé à revoir son service de l'avant et ses chaînes d'évacuation pour se calquer sur ce nouveau découpage du front des troupes. L'HOE n°6 de « Queue de Mala » desservant les groupements GUILLAUMAT et BALFOURIER
 
Le 6 mars marque le début des actions offensives allemandes entreprises sur la rive gauche de la Meuse, parallèlement aux attaques menées sur la rive droite ne direction de la Côte du Poivre et du Fort de Vaux. Durant la première quinzaine de mars, l'HOE 6 de « Queue de Mala » allait recevoir jusqu'à 873 blessés par jour: on n'y pratiquait que quelques procédures d'urgence telles que ligature de vaisseaux sanguins, on y renouvelait les pansements défectueux de l'avant, les appareillages de fracture. L'injection de sérum antitétanique était systématique pour tout blessé grave ou léger.
 
Vadelaincourt avait vu sa capacité d'accueil porté à plus de 400 lits, une cinquantaine de blessés graves y était admis par jour en moyenne pendant le mois de mars. C'est a cette époque aussi que par ordre du GQG, quatre trains sanitaires permanents, encore appelés « hôpitaux roulants » furent mis à disposition su service de santé de l'armé de Verdun pour l'évacuation sur les hôpitaux de Paris des grands blessés qui venaient d'être opérés et dont l'était nécessitait la poursuite de soins très spécialisés.
 
Durant la première quinzaine de mai, chaque adversaire s'est attaché à la conquête d'un objectif précis, les allemands celle de la côte 304, les Français celle du Fort de Douaumont. Les combats s'intensifient encore pendant la deuxième quinzaine de mai: Les allemands devaient réussir à prendre les hauteurs du Mort Homme mais furent stoppés à Cumieres; sur la rive droite, le 23 mai les troupes françaises réussirent à occuper momentanément le Fort de Douaumont.
Juin 1916 marque certainement le paroxysme des combats sut le front de Verdun. Les allemands, décidés à en finir avec Verdun, se préparèrent à l'assaut final par une intense préparation d'artillerie. Sur la rive gauche, ils furent contenus dans leur tentative de tourner la côte 304 et le massif du Mort Homme. Sur la rive droite, Vaux devait tomber dans la nuit du 9 juin; les allemands s'emparèrent de l'ouvrage de Thiaumont, du village de Fleury, mais leurs vagues d'assaut vinrent mourir épuisés au carrefour de la Chapelle Sainte Fine et dans les fossés du Fort de Souville.
Le Service de Santé de l'avant pendant ce terrible mois fut soumis à dure épreuve, notamment dans le secteur de la ferme de Thiaumont ou s'illustrèrent les 151e, 21e et 129 DI. Un obus tomba à Bras sur un groupe de brancardiers tuant 7 d'entre eux et ne blessant sept autres. La maison Nathan, près de la Sous-Préfecture de Verdun, servit alors de centre de triage avancé, les quatre ambulance regroupés de Baleycourt ont participé au tri des blessés et procédé aux interventions d'extrême urgence, jusqu'à ce que les bombardement oblige cette formation à une nouvelle évacuation vers l'arriere.
L'hôpital de Vadelaincourt (Fig3) par le relais de l'HOE n°6 reçut les blessés du secteur du Mort-homme et des deux secteurs nord de la rives droite, de la côte du poivre, de Vaux et de Douamont. Les Blessés étaient maintenant tous porteurs d'une fiche médicale réglementaire d'évacuation et prémunis par une injection prophylactique de sérum antitétanique. Du 22 février au 15 juin 1916, Vadelaincourt a reçu 10 800 blessés, dont 10 080 par éclats d'obus, 453 par balles, 247 par grenade.
 
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Message édité par laurent provost le 30-11-2009 à 19:36:29

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laurent pr​ovost
Posté le 17-06-2008 à 21:26:33  profilanswer
 

La statistique établie fait état de 2 670 plaies de la face (dont 479 plaies du cerveau et 390 plaies des yeux), 979 plaes du thorax, 278 blessures de l'abdomen. 935 décès furent enregistrés, soit 8,6% des entrants. La gangrène gazeuse 147 fois fut la cause du décès. 592 trépanations du crâne, 115 thoracotomies, 371 amputations furent pratiquées par les équipes chirurgicales de l'H12 et de l'auto chirurgicale annexée.
 
En mai 1916 (fig4) , fut achevée la réalisation d'une ligne de chemin de fer dénommée 6 bis, à écartement normal, reliant Sommeilles, au nord de Révigny, à Dugny par Villotte, Souilly et Landrecourt. Dix bataillons d'infanterie et trois compagnies de sapeurs avaient été affectés à l'établissement de cette ligne qui allaient se révélée vitale pour l'approvisionnement de l'armée de Verdun et aussi pour les évacuations sanitaires vers l'arrière. Deux embranchements sud-nord y furent raccordés, l'un se dirigeant sur Clermont en Argonne, l'autre partant d'Osches et ralliant Vadelaincourt avant d'être plus tard prolongée sur Rampont, Vadelaincourt devenant ainsi tête de ligne pour le départ des convois sanitaires; le rôle du Petit Meusien ne s'arrêta pas pour autant et jusqu'en septembre, le vaillant tortillard continua d'acheminer ses contingents de blessés sur les hôpitaux de Bar le duc.; du mois de février à la fin juin 1916 le Petit chemin de fer Meusien a transporté 84 888 blessés ou malades !
 
Tirant parti de la nouvelle ligne de chemin de fer, la Direction du Service de santé décida alors, le 10 septembre 1916, de transférer à Vadelaincourt l'hôpital d'évacuation n° 6 installé sur les hauteurs ventées de La  Queue de Mala.  L'Hôpital d'évacuation n°6 s'installa donc tout près de l'hôpital n°12 sans se confondre avec lui. La formation, située au nord de la route d'Ippécourt, comprenait une vingtaine de baraques reliées entre elles par une galerie fermée disposée face au quai d'embarquement des trains sanitaires.
 
Deux baraques étaient réservées au triage. La capacité initiale d'accueil de l'HOE de Vadelaincourt était de 340 places couchées et de 1 120 places sur bancs. Les blessés nécessitant une intervention une intervention d'urgence étaient transférés à l'hôpital tout proche qui avait reçu en juillet le renfort d'une nouvelle auto-chirurgicale; l'auto N°13. Un certain nombre de blessés ne firent que traverser l'HOE et se firent traiter à l'HOE récemment installé à Fleury sur Aire, sur le me ligne de chemin de fer; c'est là que furent transportés les 304 gazés dans la nuit du 11 au 12 juillet.
 
Les mois de juillet-Aout-septembre représentent les derniers mois de l'offensive contre Verdun. Au début de juillet, le commandement du Général Mangin s'étendit au deux secteurs de Cumières-Thiaumont (secteur D) et de Souville-Tavannes (secteur F). Le Haut Commandement allemand renonçait à la prise de Verdun, un calme relatif allait régner sur les positions tenues par les deux adversaires.
Le 20 octobre 1916, reprenant l'offensive, le général NIVELLE, après une intense préparation de 4 jours par notre artillerie, lançait une large offensive sur les deux rives de la Meuse pour ramener le front sur la ligne des forts de défense de la place forte de Verdun; trois divisions de choc furent engagées: le 38e, 133e, et 74 e DI; les défenses de l'ennemi furent enfoncées sur une profondeur de 3km, le fort et le village de Douaumont repris, le fort de Vaux réoccupé. Du 34 au 30 octobre, Vadelaincourt reçu 6 499 blessés qui furent secondairement évacué par trains sanitaires vers les hôpitaux de l'intérieur.
 
La nouvelle offensive française lancée le 15 décembre devait compléter les résultats obtenus en octobre en dégageant complètement le fort de Douaumont. Quatre divisions se partagèrent le front d'attaque, chacune doublée d'une division de soutient. L'action militaire rapide, ininterrompue, sous le commandement du général Mangin, ne dura que 3 jours; les objectifs assignés furent atteint. Aux pertes par le combat (1 629 tués, 6 710 blessés) il fallut ajouter les victimes du froid; de nombreux cas de gelures durent être évacués, gelures intéressant surtout les pieds, ce qui leur valut le nom de « pied de tranchée ». Cette fois encore, l'HOE n°6 et l'hôpital de Vadelaincourt reçurent le plus fort contingent de blessés.
 
Le front de Verdun devait connaître ensuite une longue accalmie de guerre de positions jusqu'au 20 Août 1917. La nouvelle offensive française fut décidée pour améliorer les positions de l'armée de Verdun sur la rive Gauche de la Meuse: les allemands, maîtres des crêtes de la côte 304 et du Mort-Homme, nous menaçaient sans cesse du haut de ces observatoires. Une attaque combinée sur la rive droite devait enlever aux allemands les observatoire du Talou et de la côte 304. A la tête de l'armée de Verdun, le général GUILLAUMAT, avait remplacé le général NIVELLE, le médecin-inspecteur WISSEMANS en assurait la direction du service de santé. Quatre corps d'armée (16 divisions) allaient être engagés dans l'action. L'Etat Major de l'armée demanda à la direction du service de Santé de baser son dispositif sur une prévision estimée de 14 000 blessés dans la première journée. Six hôpitaux d'évacuation furent désignés pour les accueillir. Vadelaincourt devant recevoir les blessés couchés du 16e Corps. Un intense pilonnage d'artillerie de 4 jours écrasa les défenses allemandes et précéda l'attaque lancée le 20 aout à 4 h 40. Les corps du centre réalisèrent une avance de 4 à 5 km , ceux des ailes de 1800m a 2500m seulement.
 
http://images.imagehotel.net/t8ifprxhxr.jpg
 
Les combats furent particulièrement meurtriers à la côte 304 mais le chiffre des pertes resta bien inférieur aux prévisions.
 
C'est ici qu'il nous faut rapporter un acte de barbarie perpétré au mépris de toutes les conventions humanitaires du temps de guerre. Le 20 Août 1917, vers 20 heures, le centre hospitalier de Vadelaincourt fut survolé et bombardé par des avions ennemis. Les bombes tombèrent sur les frêles baraques où reposaient les blessés. Le médecin major Morin, créateur et médecin chef de l'hôpital fut grièvement atteint alors qu'il opérait un blessé. Stoïque devant la mort, autant qu'il avait été énergique dans ces fonctions, ce médecin hors pair demanda à être enterré au cimetière de Vadelaincourt, dans le champs des héros qu'il avait secourus. Le bombardement de Vadelaincourt ne fut pas un cas unique et d'autres formations sanitaires subirent de tels bombardements qui n'étaient pas aveugles mais bien intentionnellement dirigés.
 
http://images.imagehotel.net/ta2bbj3bo5.jpg
 
Les temps héroïques de Verdun s'arrêtent avec la bataille du 20 Août 1917. Nos troupes avaient vaillamment barré la route au flot allemand déchaîné. Verdun était demeurée inviolée. Et c'est de Verdun, qu'en novembre 1918, les troupes du général Mangin, vingt divisions françaises et quatre divisions américaines, devaient s 'élancer pour prendre l'armée d'invasion a revers et lui couper la retraite, lorsque le 11 novembre, sonna le clairon de l'armistice et de la capitulation allemande !


Message édité par laurent provost le 30-11-2009 à 19:43:28

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laurent pr​ovost
Posté le 17-06-2008 à 21:41:56  profilanswer
 

CITATION COLLECTIVE
à l'Ordre du SERVICE de SANTÉ
 
CENTRE HOSPITALIER DE VADELAINCOURT
 
ORDRE N° 120
 
Le médecin-inspecteur, Chef Supérieur du Service de Santé de l'Armée, cite à l'Ordre de la Direction du Service de Santé de la IIe Armée tout le personnel, Officiers et troupe, au service et présent à l'hôpital n°12 de Vadelaincourt dans la nuit du 20 au 21 Août 1917.
 
Ce personnel comprend: les médecins, pharmaciens, officiers d'administration, les dames infirmières, les infirmiers de l'hôpital 12 et formations annexe.
 
Le 20 août 1917, vers 20 heures, cinq bombes d'avion tombaient sur le centre hospitalier de Vadelaincourt qui avait reçu dans la journée près de 250 blessés et dont trois pavillons opératoires étaient en plein fonctionnement. Deux tombaient sur des pavillons occupés y faisant de nombreuse victimes et y allumant un violent incendie qui se propagea rapidement.
 
A la lueur du brasier, les avions survolèrent l'hôpital et continuèrent à jeter des bombes et à tirer à la mitrailleuse pendant que dans les pavillons opératoire non sinistrés, les équipes chirurgicales continuaient à opérer et que tout le personnel disponible rassemblé en quelques secondes du sauvetage des blessés, de leur évacuation , des soins à leur donner et de la lutte contre l'incendie.
 
Dans cette circonstance tragique, le personnel tout entier a fait preuve d'un calme admirable et d'un courageux sang froid; sans souci du danger qui planait, il a cherché surtout et avant tout le salut des blessés confiés à ses soins. Son attitude a été un spectacle de puissante moralisation et une magnifique leçon de devoir; elle mérite d'être citée en exemple.
 
N°4 306 P  Au QG le 15 septembre 1917
  le médecin inspecteur WISSEMANS Ch C.S.S.S.A.
  Signé Wissemans
 
  Copie certifiée conforme
 secteur postal 215 , le 7 octobre
 le médecin chef
 
N.D.L.R:
A la décharge des aviateurs allemands, nous devons préciser que l'hôpital de Vadelaincourt se trouvait au centre d'un triangle dont les sommets étaient occupés par trois « terrains d'aviations » avec leurs hangars et leurs baraquement: Vadelaincourt Haut, Vadelaincourt Bas , et Lemmes ou se trouvait la chasse.
 
En1944, le cimetière de Bastia fut Labouré par les Bombardiers alliés qui l'avaient pris pour un camp allemand...
Pompéi reçut pour la même raison plus de cents bombes qui atteignirent la ville antique ainsi que la caserne .. des gladiateurs...
Soixante douze ans ont passé depuis que Vadelaincourt a cessé d'être ce noeud sanitaire vital qu'il fut au temps de la grande bataille de Verdun.
 
Que reste t il aujourd'hui des importantes formations sanitaires que l'ampleur du conflit avait fait naître en ces lieux ? Le touriste épris d'histoire aura quelque mal à situer exactement la haute lande, battue par les vents, où fut implanté l'hôpital d'évacuation de Queue de Mala. . Le tracé du Petit Meusien est encore facilement repéré jusqu'à son point de croisement avec la route des Souhesmes; à Partir de là, il semble se perdre dans les importants bouleversements de relief qu'a entraîné la construction de l'autoroute de l'Est, qui enjambe là la grande route de Verdun à Bar le duc, cette Voie Sacrée, qui fut aussi une voie sacrée dans l'organisation du service de santé de la bataille.
 
Un peu plus loin, la gare des Souhesmes, dans une courbe à mi pente du coteau, est devenue aujourd'hui une paisible résidence secondaire, isolée, comme assoupie dans le grand calme de la campagne meusienne.
 
Les routes qui mènent à Vadelaincourt, maintenant revêtues d'asphalte, sont demeurées ces mêmes petites routes de campagne qu'elle étaient en 1916, lorsqu'elle durent supporter la ronde ininterrompue des véhicules sanitaires.
 
Au bas du petit village de Vadelaincourt, sur les bord du ruisseau du même nom qui le travers, on peut s'imaginer ce qu'ont pu être ces deux hôpitaux militaires, l'hôpital chirurgical n°12 et l'hôpital d'évacuation n°6, implanté sur la rive gauche de la Vadelaincourt, séparés l'un et l'autre par la seule route d'Ippécourt. M. Person, menuisier, petit fils de J. Person, charron sur les mêmes lieux au temps de la grande guerre m'a guidé sur ces champs qui connurent une telle concentration de souffrances humaines et dont la terre fut trempé du sang de tant de braves.
 
 
Une tranche de baraque sanitaire reste encore incorporée dans la structure d'une remise à bois. Au fond du terrain où se dressaient les baraquements de l'hôpital chirurgical, une grille émerge encore du sol, vestige d'une trémie ou s'accumulaient les bandages ensanglantés; in peu plus loin, on devine l'emplacement de ce fut le dépôt mortuaire provisoire. Remontant un peu la route d'Ippécourt, nous avons retrouvé, à moitié enfouie sous les herbes, une modeste stèle rappelant le souvenir de l'infirmier Jules de Langlade engagé volontaire, qui périt le 5 septembre 1917 lors d'un nouveau bombardement de l'hôpital: Le corps de la torpille meurtrière est encore dans l'enclos du petit monument.
La voie de chemin de fer qui venait d'Osches n'enjambe plus la route d'Ippécourt et son tracé se perd rapidement dans la campagne environnante.
 
En face, de l'autre coté de la route d'Ippécourt, débouche un chemin empierré qui fut l'entrée principale de l'important hôpital HOE n°6. Sur la droite du chemin, le sol de la prairie laisse encore deviner l'emplacement des baraques alignées qui abritèrent les salles de soins, des salles d'hospitalisations. Il y a quelques années, on pouvait encore voir le butoir des voies de garage sur laquelle s'opérait le chargement des trains sanitaires.
 
 Mais de ce qui fut l'allée de l'hôpital, le regard se porte irrésistiblement la haut vers le cimetière militaire situé tout près, au delà du ruisseau, sur la pente qui domine la route de Souesme. Le millier de croix blanches semble vouloir se tourner à jamais vers ces deux hôpitaux de campagne situés côte à côte ou tant de jeunes vies brisées  par les combats trouvèrent la l'ultime terme à leur souffrance.
 
Les chiffres de plus de cent unités combattantes, de toutes armes, sont inscrits sue le monument du cimetière, témoignant des formidables effectifs engagés par l'armée française pour la défense de Verdun. Mais sur les croix du cimetière figurent aussi nombre d'infirmiers et de brancardiers qui, à l'avant sous la mitraille ou à l'arrière sous les bombardements de leur hôpital, sacrifièrent leur vie pour ramner , transporter et soigner les combattant de Verdun.
http://images.imagehotel.net/5yle9jzehr.jpg
 
Mais j'ai cherché en vain la croix du valeureux médecin-major Morin, frappé à mort lors du bombardement d'août 17, dans la salle d'opération de l'hôpital de Vadelaincourt qu'il avait tant contribué à développer: sa dernière volonté était de reposer au milieu des braves qu'il avait tenté d'arracher à la mort.
 
Maintenant qu'ont disparu tentes Tortoise et baraques Bessonneau, ce sont les croix du cimetière militaire qui témoigne de la grandeur de la mission accomplie par le service de santé au temps de la bataille de Verdun.
 
 A Vadelaincourt, la nature a recouvert ces haut lieux de souffrance d'un manteau de verdure comme pour les faire oublier, les teintes d'un nouvel automne colorent déjà les croupes boisées du coté d'Ippécourt. De jeunes enfants s'ébattent joyeusement sur la petite route des Souhesmes, un troupeau d'oies criaille sur les bords de la Vadelaincourt. La vie a repris tous ses droits. Une profonde paix règne sur ce coin de campagne lorraine, une paix retrouvée au prix de tant de sang versé. Aux jeunes générations, maintenant le soin de garder mémoire de tant de sacrifice consentis dans ces hauts lieux et le devoir de transmettre le message de Verdun, le message d'une paix durable entre les nations !


Message édité par laurent provost le 30-11-2009 à 19:46:12

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n°3839
Charraud J​erome
Posté le 17-06-2008 à 21:47:42  profilanswer
 

Bonsoir
 
Merci de nous éclairer sur un pan que je ne connaissais concernant la bataille de Verdun.
Je cherche depuis longtemps des infos sur l'itinéraire ouest (Cote 304, Récicourt, Brocourt vers Ste Menehould), mais toutes ces données me permettent déjà d'appréhender le principe.
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 17-06-2008 à 21:48:16

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n°3840
laurent pr​ovost
Posté le 17-06-2008 à 22:00:57  profilanswer
 

Bonsoir Jérome,
 
Je n'ai fait que de retranscrire et de refaire les cartes pour "les animer" un peu. J'ai à ta disposition le fichier au format original SVG, du dispositif a l'aube de la bataille, fig 1.
 
Je n'ai pas retraduit ces "chemins" sur une carte d'état major, mais ce devrait être un travail passionnant.  
Le Dr MAs , auteur de l'article, s'est appuyé sur le tome 2 de l'ouvrage du médecin inspecteur Mignon, Le Service de Santé pendant la grande guerre, 4 Tomes. Ces volumes sont consultable a la bibliothèque du val de grâce, au heures ouvrable, attention a la fermeture pendant les vaccances...
 
CDTL


Message édité par laurent provost le 18-06-2008 à 10:27:02

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n°3841
Herve Toul​otte
Toujours en avant !
Posté le 18-06-2008 à 07:10:20  profilanswer
 

Bonjour Laurent,
 
Très intéressant ! avec les cartes, je comprends mieux ! Alors : merci !
Une petite remarque sur la 1ère carte rouge : je ne pense pas qu'il s'agisse de Devaux mais de Bévaux.
Cordialement, Hervé.


Message édité par Herve Toulotte le 18-06-2008 à 07:39:18

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N'hésitez pas à consulter mes deux blogs : http://saintomer8ri.canalblog.com/ ; http://bethune73ri.canalblog.com/
n°3843
laurent pr​ovost
Posté le 18-06-2008 à 10:28:49  profilanswer
 

Merci Hervé
 
Je vais faire la correction derechef, j'ai eu parfois quelques difficultés de lecture....
cordialement.


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n°3845
Dr Michel
Posté le 18-06-2008 à 11:44:07  profilanswer
 

Bonjour,  
Je cherche des traces plus complète de l’action chirurgicale du chirurgien Emmanuel POULIQUEN , envoyé à Vadelaincourt où il exerçait dans une « auto-chir ».  
C’est à Vadelaincourt qu’il entreprend énormément de recherches pratiques sur la chirurgie de guerre :
- traitement des arthrites  purulentes aigues,  
- appareillage et transport des blessés,  
-pratique de la transfusion de sang citraté avec l’appareil rudimentaire  de Jean Brat.
En 1916 il est appelé par  le professeur HEITZ-BOYER qui  veut créer un vaste service hospitalier spécialisé pour la récupération des fractures compliquées, à Chalon-sur-Saône.
 
Bien Cordialement

n°3846
laurent pr​ovost
Posté le 18-06-2008 à 14:52:38  profilanswer
 

Bonjour,
Sur le site de Vadelaincourt, il y avait 2 hôpitaux, le N°6 dit HOE, le plus vaste dont la mission principale était de gérer les évacuations sur l'arrière, avec des convois du Meusien, des convois automobiles et vers la fin par une voie de chemin de fer à écartement classique. L'autre, juste en face voir le plan ou la photo aérienne, est le N°12 qui lui fut renforcé d'une autochir voir le texte ci-dessus.
Concernant les compositions en personnel de ces formations, il me semble que la source la plus crédible doit se trouver aux archives du Val de grâce, dans les JMO ou autre document que je ne connais pas encore.
Pour des renseignements , sur le carrière militaire de ce chirurgien,il faut aller piocher au SHAT dans son dossier, puisque il était obligatoirement officier.  
Par contre, il possible peut être de retrouver des publication dans les revues de l'époque ou les compte rendu de la société de chirurgie.la presse médicale, le progrès médicale, font parfois de Cr de séance de formation des Corps d'armée.
Enfin, savez vous ou il a fait ses études de médecine, car dans les archives hospitaliere, on peut retrouver trace des concours externat, internat, arrété de nomination etc.
 
Cordialement


Message édité par laurent provost le 18-06-2008 à 15:25:39

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n°3848
mounette_g​irl
"Toto français, Porte-Bonheur"
Posté le 18-06-2008 à 16:05:16  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour "Dr Michel"
 
Il y a, et il y a eu, de nombreux POULIQUEN (médecins, chirurgiens, pharmaciens etc..). Etes-vous certain du prénom de celui qui vous intéresse ?
 
- A propos de ce Dr POULIQUEN que vous évoquez, on parle notamment de lui dans la Revue de Médecine tropicale, et ce, à l’occasion du centenaire du célèbre Pharo de Marseille. (il y était donc et je vous suggère de vous renseigner là) :
 
" Le dernier à quitter ce monde en 1973, à l’âge de 90 ans, est Pouliquen. Ce breton « timide et doux », au coeur de lion, authentique héros de la grande guerre, gazé trois fois (par ypérite), père de 8 enfants, pensionné à 100%, aura fait preuve au cours de ses 45 ans de retraite d’une pugnacité exceptionnelle."
 
Voir : http://www.revuemedecinetropicale. [...] heraut.pdf
 
Voir aussi (mais il n’y est pas fait mention de Pouliquen) :  
http://www.defense.gouv.fr/sante/c [...] e_n_91.pdf
 
- Toujours à propos de ce même Dr POULIQUEN :
 
" De retour en France, il (= Dr Maurice Heitz-Boyer) va poursuivre ses activités au Centre des Fractures de Châlons-sur-Marne où son sens d’observation et son esprit créatif facilitent la réalisation de modalités thérapeutiques utiles aux blessés tels les systèmes d’immobilisation et l’utilisation d’os transplantés, ce qui va énormément transformer le pronostic des graves fracas osseux. Il crée le « groupement chirurgical osseux des armées (G.C.O.A), et avec Pouliquen il met au point une série d’instruments : rugines, pinces et un davier à écrou brisé. Il poursuit au laboratoire des recherches sur l’ostéogenèse prouvant le rôle régénérateur de « l’os enflammé» lui-même en opposition avec la théorie de Leriche et Policard. Il prouve l’intérêt de « l’os mort » comme tuteur dans les grands délabrements et le réalignement après section des cals vicieux associés à des greffons ostéopériostés. En 1919, au titre du Service de Réserve, il est promu Médecin Major de 1ère classe."
 
Voir : http://www.bium.univ-paris5.fr/aca [...] _30x41.pdf
 
 
- A propos du Service de  Santé, et notamment "Le service de Santé de l'Armée Française à Verdun en 1916" voir aussi :
 
http://histoirepatrimoinebleurvill [...] caise.html
http://www.asnom.org/
http://www.cheminsdememoire.gouv.f [...] dPage=7966
http://www.cheminsdememoire.gouv.f [...] dLieu=1293
 
 
- Et dans la bibliographie que j’ai proposée (rubrique "Pages du bibliophile" ) regardez les :
Documents à lire dans la "Revue de Paris" (I, II, III, IV, V, VI)
Documents à lire dans la "Revue des deux mondes"  (I, II, III, IV, V, VI)
Documents tirés du magazine illustré "Je sais tout", etc
 
Bien cordialement.
Mounette.


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"Tes yeux brillaient moins aujourd'hui /Dis-moi, dis-moi pourquoi chère âme /Dis-moi quel chagrin, quel ennui /Mettait un voile sur leur flamme." - Sergent Ducloux Désiré, dit Gaston - 146° RI
n°3850
laurent pr​ovost
Posté le 18-06-2008 à 16:22:14  profilanswer
 

bonjour,
Ah mounette, notre sapeur en chef  :) superbe prolongation a l'article ci dessus.
Merci pour tous ces liens, vous avez plus rapide que moi, j'étais en train de faire la même chose pour illustrer cet article  
 
j'ai trouvé des liens en Américain, je vais les mettre sous peu en ligne.
Ils concernent les sections d'ambulances américaines qui travaillées sur ce secteur et d'autre.
merci encore pour ces éclairages supplémentaires.


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n°6983
ae80
Posté le 24-11-2009 à 22:20:18  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
je fais remonter ce sujet avec une vue du cimetière de Vadelaincourt dans lequel on peut apercevoir au premier plan (à droite) la tombe du Médecin Major de 1ère classe Eugène MORIN, médecin-chef de l'hôpital de Vadelaincourt cité plus haut, Mort au Champ d'Honneur le 6 septembre 1917.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4107/Vadelaincourt (1).jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4107/Vadelaincourt (2).jpg
Sa fiche figurant sur le site "Mémoire des Hommes" reste approximative car de nombreux points ne sont pas renseignés. Peut-être l'un de vous a-t-il eu l'occasion d'avoir la transcription de son décès en date du 27 décembre 1917 à Paris (2e Arrondissement) ?
 
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 1866176702
 
Cordialement
Eric


Message édité par ae80 le 24-11-2009 à 22:36:35

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Cordialement
Eric ABADIE
n°6988
MARCEL CLE​MENT
Posté le 25-11-2009 à 18:11:31  profilanswer
 

Bonsoir Eric et à tous,
 
Le livre d'or des médecins MPLF dit ceci :
 
MORIN EUGENE né le 14 mars 1871 à Saint Florent ( Loiret )
Mort pour la France le 6 septembre 1917 à Fleury ( Meuse )
Docteur en 1895(  Fac de Paris ). Médecin à Paris, Médecin Major de première classe; ambulance de Vadelaincourt ( Meuse )
Officier de la légion d'honneur.
 
JO du 15 novembre 1917 :
Au cours de deux bombardements successifs du centre hospitalier, a soutenu par son attitude crâne le moral du personnel de la formation sanitaire. Grièvement blessé dans la nuit du 4 au 5 août 1917, par éclats de bombes d'avions, n'a cessé, pendant qu'on lui prodiguait les premiers soins, de donner à tous l'exemple du calme et du sang-friod.
 
Amicalement,
 
Alain MC

Message cité 1 fois
Message édité par MARCEL CLEMENT le 25-11-2009 à 18:22:04
n°6989
Frederic R​ADET
Ouvrage de La Falouse 1906-08
Posté le 25-11-2009 à 19:19:56  profilanswer
 

Bonsoir Eric et merci d'avoir remonté ce sujet que je n'avais pas vu !
 
Bravo à Laurent qui parle de Vadelaincourt avec beaucoup d'émotion.
J'ai eu la chance d'être guidé sur le site par un ami qui connais également trés bien le sujet !
Laurent, connaissez-vous le recit de ces années terribles écrit par l'instituteur du village ?
 
Bien cordialement,
Frédéric
 
 


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On ne passe pas !
n°6991
laurent pr​ovost
Posté le 25-11-2009 à 19:37:01  profilanswer
 

Bonjour,
 
Ce récit est la retranscription d'un document  
"Ayant eu la chance de consulter la base de l'almanach du combattant mis en ligne sur le CRID par nos amis stéphan et Jean claude, J'ai le plaisir de vous fournir ci dessous la retranscription sous forme de feuilleton de l'article paru dans cette revue et écrit par le DR Mas. "
Comme je l'écrivais dans l'entête du sujet :jap:  
Ce ne fut que de la patience et du temps....
Je vais souvent aux archives des hôpitaux de Paris, j'essayerais de retrouver la trace du Dr MORIN EUGENE, dans les traces administratives du fichiers des externes et internes.
Attention on pouvait être médecin sans pour autant être externe, interne, donc prudence.
 
A bientôt, laurent


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n°6997
MP 92
Posté le 26-11-2009 à 07:02:21  profilanswer
 

MARCEL CLEMENT a écrit :

Bonsoir Eric et à tous,
 
Le livre d'or des médecins MPLF dit ceci :
 
MORIN EUGENE né le 14 mars 1871 à Saint Florent ( Loiret )
Mort pour la France le 6 septembre 1917 à Fleury ( Meuse )
Docteur en 1895(  Fac de Paris ). Médecin à Paris, Médecin Major de première classe; ambulance de Vadelaincourt ( Meuse )
Officier de la légion d'honneur.
 
JO du 15 novembre 1917 :
Au cours de deux bombardements successifs du centre hospitalier, a soutenu par son attitude crâne le moral du personnel de la formation sanitaire. Grièvement blessé dans la nuit du 4 au 5 août 1917, par éclats de bombes d'avions, n'a cessé, pendant qu'on lui prodiguait les premiers soins, de donner à tous l'exemple du calme et du sang-friod.
 
Amicalement,
 
Alain MC


 
Bonjour Alain MC, Bonjour à tous,
 
Je me permets une précision à l'attention des puristes.
Le décès du m-c MORIN intervient au C.H. de FLEURY SUR AIRE (Meuse) proche de VADELAINCOURT où il a été transporté; à ne par confondre avec FLEURY DEVANT DOUAUMONT autre lieu de la Meuse, aujourd'hui beaucoup plus célèbre ...
Sa fiche MDH le précise bien.
 
Donc attention à tous ceux qui ne sont pas de la région, lorsque l'on parle de FLEURY sans mentionner lequel, il y a ambiguïté !
 
Cordialement,


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Michel PINEAU
 
Il m'importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes pourvu qu'elles emploient toute ton attention. Diderot
n°6999
Jean-Claud​e Poncet
Posté le 27-11-2009 à 00:51:23  profilanswer
 

Bonjour,
Le sujet est très intéressant et voici l'article consacré à l'inauguration en 1921 du monument rappelant les bombardements d'août-septembre 17 :
Paru dans « La Croix Meusienne » N° 1535, du jeudi 20 ou vendredi 21 octobre 1921.
A VADELAINCOURT
En ces temps d’inaugurations répétées, celle qu’on fit dimanche à Vadelaincourt d’un petit calvaire au souvenir des victimes des tragiques bombardements du centre hospitalier en août et septembre 1917, mérite de ne pas passer inaperçue, et M. l’abbé Jouron, curé de Souhesmes, qui l’avait préparée minutieusement en tous ses détails, avait raison, en faisant remarquer qu’on n’en ferait jamais trop à la gloire de nos morts, de dire que trop souvent on oubliait l’œuvre immense accomplie par le Service de santé, et que beaucoup de ses membres l’avaient signée de leur sang !
C’est dans cet hôpital modèle que la plupart des grands blessés de Verdun avaient été apportés comme des paquets de boue sanglante, et ce fut un actif champ de bataille où la science des chirurgiens, la charité des infirmières, le dévouement des infirmiers essayaient de vaincre la mort qui fauchait, hélas ! à rangs pressés et alignait impeccablement, comme il convient à des soldats, les petites croix au cimetière : champ de bataille où nous fumes des vaincus parce que nous étions des désarmés, et que l’ennemi avait des moyens perfectionnés d’assassinat.
Ce petit vallon où les blés porteurs de vie ont repoussé a connu la moisson sanglante des sacrifices héroïques et des angoisses sans nom : on ne saura jamais ce qu’apportèrent d’épouvante à ceux qui les ont vécues les quinze nuits du martyre final de l’hôpital, ce qu’un narrateur témoin consciencieux de ces misères et partageant ces angoisses, M. Lemaire, instituteur à Vadelaincourt, appelait, dans l’ouvrage qu’il écrivait : les nuits infernales de Vadelaincourt.
La plume de Dante seule aurait pu retracer les scènes d’effroi de l’incendie du 20 août et les massacres du 5 septembre.
Au soir de sa défaite du Mort-Homme et de 304, l’ennemi, pour se venger, réalisa ce triste fait d’armes, d’incendier un hôpital rempli de grands blessés où beaucoup des siens venaient d’être amenés !
Le soleil du 21 août éclaire à la morgue les 77 cadavres déchiquetés, dont quelques-uns figés dans le geste de défense, n’avaient pu être déraidis, de cette nuit d’horreur.


Message édité par Jean-Claude Poncet le 27-11-2009 à 00:51:46
n°7000
Frederic R​ADET
Ouvrage de La Falouse 1906-08
Posté le 27-11-2009 à 08:29:52  profilanswer
 

Bonjour,
 
merci pour ce témoignage qui nous montre une fois encore l'importrance qu'a eu cet hôpital pendant le conflit.
Mais aussi les souffrances endurés par les blessés et le personnel.
 
Biien cordialement,
Frédéric


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On ne passe pas !
n°7003
Frederic R​ADET
Ouvrage de La Falouse 1906-08
Posté le 28-11-2009 à 17:55:25  profilanswer
 

Bonsoir,
 
pour illustrer ce beau sujet voici quelques vues prisent hier de lieux cités:
 
L'intersection de la Queue de Mala sur la Voie Sacrée, un hôpital d'évacuation fut installé dans le bois à droite.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/VadelainQueudemala.jpg
 
La voie ferré du Meusien.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/VadelainVarinot.jpg
 
L'emplacement de l'hôpital de Vadelaincourt, en face la NN..
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/Vadelainempl.Hopital.jpg
 
L'ancien emplacement de la stéle prés de l'entrée de l'HOE.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/Vadelainmonumancienemp.jpg
 
La stéle à été deplacée il y a quelques années et installée à l'entrée de la NN.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/VadelainMonumentLanglade.jpg
 
La plaque.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/VadelainmonumentPlaque.jpg
 
La Nécropole National.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/VadelainNN.jpg


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On ne passe pas !
n°7004
Frederic R​ADET
Ouvrage de La Falouse 1906-08
Posté le 28-11-2009 à 18:05:09  profilanswer
 

Monument dans la NN.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/Vadalainmonumentcim.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/VadelaiTombe.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/Vadelaintombt2.jpg
 
La voie ferré du Meusien, au loin la gare des Souhesmes.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/Souhesmesgarechemin.jpg
 
La gare, les proprios n'étant pas là j'ai quand même pris la liberté de prendre une photo.  
C'est mon ancien Chef d'équipe qui habite là, ça va au moins me côuter une bière!
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/759/Souhesmesgare.jpg
 
Cordialement,
Frédéric


Message édité par Frederic RADET le 28-11-2009 à 18:20:19

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On ne passe pas !
n°7005
ae80
Posté le 28-11-2009 à 18:10:56  profilanswer
 

Bonsoir à tous, bonsoir Marcel, Frédéric, Laurent, Jean-Claude,
merci à tous pour tous ces compléments d'informations sur un sujet émouvant celui des hôpitaux et du personnel hospitalier, mais aussi de tous ces blessés du secteur de Verdun qui transitèrent et parfois décédèrent à Vadelaincourt ou dans un autre hôpital du secteur.
Cordialement
Eric


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Cordialement
Eric ABADIE
n°7006
Jean-Claud​e Poncet
Posté le 28-11-2009 à 19:43:34  profilanswer
 

Bonsoir,
Voici une image des résultats du bombardement par avions de l'hôpital de Vadelaincourt le 20 août 1917.
http://free0.hiboox.com/images/4809/e67e695f84d05f4b787a63445b4e1754.jpg
Salutations
Jean-Claude

n°7019
laurent pr​ovost
Posté le 30-11-2009 à 18:06:56  profilanswer
 

Bonjour,
Grâce au patient travail de Michel (alias MP92) , je vais entreprendre des corrections dans le corps du sujet, certaines sont des fautes de frappe et ou de mauvaises interprétations des toponymes au moment de la retranscription.
D'autres sont plus des précisions, des éclaircissements du texte.
Pour le premier type de correction, je vais éditer le texte et porter les corrections, pour les autres je vous propose de reprendre la totalité du texte dans un pdf avec des notes en bas de page que je mettrais en ligne pour téléchargement pour ceux que cela passionne.
Merci d'être patient, je vous préviendrais en fin de travail :jap:
 
Les corrections sont faites dans les 4 premiers messages et les cartes
reste le pdf  :)


Message édité par laurent provost le 30-11-2009 à 23:12:12

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n°10309
Dr Michel
Posté le 10-10-2011 à 07:23:25  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
 
Depuis 2008, j’ai  beaucoup appris sur le Docteur Emmanuel Pouliquen  pendant la Grande Guerre.  J’ai consulté différentes sources et, surtout, j’ai pris connaissance de sa correspondance avec ses parents durant cette période. Voici le récit de sa guerre, sur un plan purement médical et militaire :  
 
La Grande Guerre du Docteur Emmanuel POULIQUEN (1878 -1960)
 
Il est chirurgien à Brest quand débute la guerre et  est d’abord mobilisé à Lorient ; il assure en ville, le remplacement d’un médecin et organise un service de chirurgie à l’hôpital.
 
En octobre 1916, il reçoit reçu mon ordre de départ pour le front : d’abord dirigé à la réserve du personnel à St-Dizier, pour être ensuite  affecté à la région de Verdun.
 
Il est envoyé à Bar-le-Duc, à la RPS Hôpital Central.  
 
Puis Pouliquen est pour peu de temps à Vadelaincourt, près de Verdun.
 
À Vadelaincourt,  on est à 16 km au sud de Verdun.
 
Il existe une structure de soin fixe où l’on peut garder les blessés un certain temps, l’Hôpital auxiliaire n°12, à Vadelaincourt. Il reçoit les blessés qui ont déjà été traités en urgence dans des structures de soins et de tri. Pendant la  première grande offensive allemande du 22 février au 15 juin 1916, Vadelaincourt a reçu 10 800 blessés, dont 10 080 par éclats d'obus, 453 par balle, 247 par grenades.
 
L ’H. O. E. n° 6 de Vadelaincourt, où est nommé Emmanuel, est un hôpital d’opérations et d’évacuation avec un groupement d’ambulances fixes et mobiles. L’activité y est bien sûr essentiellement chirurgicale. Il reçoit les blessés recueillis au front par des brancardiers, amenés dans des postes de secours, véhiculés, ensuite, à une un poste où stationnent des ambulances divisionnaires ou des « Autochir ». Après ce parcours,  les malheureux sont enfin accueillis à l’ H.O. E.  
 
À Vadelaincourt et dans son poste suivant, Pouliquen opérera donc dans une « Autochir ».
 
- Autochir : Abréviation de « ambulance chirurgicale automobile » (A.C.A.). Expérimentée dès novembre 1914, elle était équipée d’une salle d’opération mobile à 2 tables avec matériel de stérilisation et de couchage nécessitant trois camions. Son personnel comprenait 2 chirurgiens et 25 infirmiers. Cependant, elle ne pouvait fonctionner qu’en s’accolant à une formation plus lourde. Des perfectionnements furent apportés en février 1915. Un premier camion contenait la chaudière, un grand autoclave horizontal, un petit autoclave vertical, deux bouilloires, un radiateur, le linge pour médecins. Un second camion contenait les appareils de radiographie, les parois d’une baraque opératoire de 70 m2, le matériel chirurgical et la pharmacie. Le troisième camion transportait le groupe électrogène et faisait fonction de « magasin ». Il y avait 23 A.C.A. (une à chaque armée) jusqu'à mi-1917.
 
En fin octobre 1916, il est affecté à Landrecourt, tout près de Verdun.
 
Nous sommes ici à 7 km de Verdun, au moment de la contre-offensive française. La structure de l’ « Ambulance 206. SP. 24 c », où est Emmanuel Pouliquen, est sensiblement la même qu’au H. O. E. n° 6 de Vadelaincourt, un ensemble d’ambulances fixes et mobiles chargé de soigner et de trier les blessés ; l’ « Ambulance » recevait surtout des blessés graves.  
Le front est proche ; les brancardiers régimentaires et divisionnaires rivalisent d'héroïsme pour relever les blessés, et il fait très froid.  Il n'y a ni tranchées, ni boyaux d'accès, seulement un terrain crevé de trous d'obus où les blessés cherchent un semblant de protection; leurs appels, leurs gémissements guident seuls les brancardiers dans leur quête nocturne. C'est, enveloppés dans une toile de tente ou portés par leurs camarades brancardiers, que les malheureux sont péniblement amenés jusqu'aux postes de secours le plus proche.
 
Les postes de secours régimentaires, sous l'autorité d'un médecin régulateur, ont pour mission de ramasser et transporter les blessés jusqu'aux ambulances divisionnaires ou à une « autochir ».
   
Une fois arrivé à l’Ambulance,  il faut faire un tri effroyable : les « mourants », soulagés par la morphine dans une baraque, « les légers » vers la gare, les « urgents » en salle d’opération, où se succèdent trépanations, amputations, sutures vésicales, splénectomies, néphrectomies … pendant l’offensive où après.  
 
Depuis mai 1916, les blessés par train pouvaient être ensuite évacués à l’Hôpital auxiliaire n°12, à Vadelaincourt, d’où ils étaient ultérieurement évacués soit vers Paris, soit vers Bar-le-Duc.  
 
Il est à l’Ambulance 206 – SP – 24. C’est comme à Vadelaincourt un groupement d’ambulances, centre important de chirurgie. Il est à 7 K de Verdun.  Il est installé dans un baraquement moins confortable qu’à Vadelaincourt. Les formations sanitaires d’ici n’ont pas encore été bombardées. Le service est assez désorganisé, le médecin-chef souvent absent et il est obligé de le remplacer. Un de ses premiers malades a été un certain Augustin Grall de Landivisiau comme lui; c'est un séminariste ; le pauvre homme a reçu un petit éclat d’obus dans le dos et un autre dans la région de la hanche ; celui du dos a pénétré assez profondément.  
 
Une lettre reçue par ses parents le 27 novembre  « Je commence à voir clair dans mon nouveau milieu, dit-il ; j’ai de quoi m’occuper, car en plus de mon travail je remplace malheureusement un médecin-chef qui est dans le midi et qui n’est pas à la veille de revenir. J’opère beaucoup ces jours-ci ; je remplace aussi le chirurgien de l’ambulance d’à côté ; d’ailleurs comme par un fait exprès tout le monde est parti d’ici : mon officier gestionnaire est en convalescence également, l’officier d’approvisionnement est en permission ; les meilleurs de nos infirmiers viennent d’être enlevés pour aller dans les ambulances divisionnaires, etc.… Je me suis mis à faire du cheval, il est impossible de se promener autrement. D'ailleurs, nos pauvres chevaux ont bien besoin de sortir. Nous en avons 26 à notre ambulance et les trois amb. doivent en avoir autant. Les nôtres couchent dehors, à la corde, depuis trois mois et à part les 4 ou 5 qui travaillent les autres s’ankylosent. Ces jours-ci on leur construit un abri qui ne sera pas du luxe. Pour me promener je n’ai que l’embarras du choix il y a cinq ou six chevaux de selle ». Il poursuit : il fait très froid ; il va voir tous les jours l’abbé Grall qui fait de la pleurésie, mais dont l’état général reste bon ».
 
Le 6 décembre 1916 : Il y a très peu de blessés, car on les évacue le plus possible à l’arrière.  Le temps est très mauvais : alternance de glace, de neige et de pluie.  
 
En début 1917 Emmanuel Pouliquen est au Centre hospitalier de Souilly.  
 
Lettre à ses parents, le 7 février 1917 : il a fait très froid, jusqu’à – 21 ° ;  il a peu de travail, car les blessés sont évacués le plus possible.  
Lettre trois jours plus tard : «  Je viens d’être prévenu par la Direction que je dois partir demain pour dix jours à Chalons.  J’y vais comme stagiaire dans un service spécial de fractures ; c’est un service très intéressant et je comptais demander moi-même d’y aller ». On peut lui écrire Hôtel Haute Mère Dieu, Châlons-sur-Marne.
 
Au cours de cette période passée près du front de Verdun, Emmanuel Pouliquen, l’esprit très créatif, approfondit un certain nombre de domaines :-
 
- Le traitement des arthrites  purulentes aigües,  
- l’appareillage et transport des blessés,  
- la  pratique de la transfusion de sang citraté avec l’appareil rudimentaire de Jean Prat.
 
Emmanuel Pouliquen est à Châlons-sur-Marne (actuel Châlons-en-Champagne), en février 1917.
 
Dès  juin 1916, le professeur Heitz-Boyer a créé un vaste service hospitalier spécialisé pour la récupération des fractures compliquées, à Châlons-sur-Marne. Au Centre des Fractures de Châlons, on facilite la réalisation de modalités thérapeutiques utiles aux blessés. On y a besoin de chirurgiens motivés et compétents.
 
C’est semble-t-il Heitz-Boyer qui provoque la mutation d’Emmanuel Pouliquen, plus que sa propre volonté. Et très vite il participera bientôt à l’organisation de ce centre important.
 
La première impression est mitigée : « je suis à Châlons depuis quelques jours. Et  beaucoup des chirurgiens qui étaient avec moi auparavant sont dans la région. Cette mutation ne m’a pas fait grand plaisir, comme je m’y attendais nous sommes plus mal installés ici. De plus, là-bas c’était la tranquillité, même avec travail intéressant tandis qu’ici c’est la bousculade partout à l’hôpital comme dans les hôtels… ».  
 
Cet hôpital reçoit des fractures ouvertes, la plupart du temps infectées, et ils tentent de les traiter plutôt que de pratiquer des amputations au départ.  
 
Heitz-Boyer et Pouliquen y créent le « groupement chirurgical osseux des armées (G.C.O.A).
 
C’est là qu’Emmanuel Pouliquen  met au point deux appareils orthopédiques :
 
Il est très frappé par les conditions détestables dans lesquelles les blessés atteints de fractures du fémur et de l’humérus sont évacués vers l’arrière : douleurs atroces, aggravations du déplacement des fragments osseux. Il met donc au point deux appareils de transport et de contention très faciles à fabriquer : quelques planchettes, une plaque d’aluminium récupérée sur les carcasses d’avions :
 
- L'appareil thoraco-brachial pour les fractures de l’humérus est encore à ce jour employé dans le monde entier, sous le nom d’« appareil de Pouliquen ».                      
Cet appareil, ainsi que tous ceux qui en dérivent, maintient en rotation neutre et en plus en abduction et antépulsion. On peut utiliser l'appareil tel quel (ou avec un dispositif qui maintient une traction collée sur le bras, appliquée longitudinalement sur l'appareil). De préférence au plâtre, on utilise actuellement des appareils préfabriqués et réglables.[  
- L’appareil pour les fractures du fémur qui n’est plus employé, car trop encombrant.
 
Emmanuel Pouliquen arrivera peu à peu à faire connaître son appareil thoraco-brachial comme l’atteste sa correspondance avec ses parents, malheureusement non datée :
 
«  Je suis toujours très occupé avec l’appareil dont je vous ai parlé dans ma dernière lettre. Depuis il a été présenté par un de mes amis à une réunion de chirurgiens et médecins-inspecteurs, présidée par Godart. En généra il plait, et plusieurs confrères m’en ont déjà demandé des modèles ». (Justin Godart est Sous-secrétaire d'État de la Guerre, il est responsable du Service de santé militaire de 1915 à 1918 et le réorganise).  
 
Probablement printemps 1917 : « L’appareil dont je vous ai parlé continue son chemin, hier il a dû être présenté à la Société de chirurgie. Plusieurs confrères m’ont demandé des modèles et on va l’essayer dans plusieurs secteurs ».  
Emmanuel Pouliquen circule dans différents hôpitaux ; il se rend à Compiègne, qu’il ne connaît pas : « Mon appareil a toujours du succès et depuis qu’il a été présenté à la Société de chirurgie on en construit un peu partout ».
Le 27 septembre 1918 : «  La semaine dernière, j’ai encore été à Pontoise pour mes appareils, j’espère que cette fois les 500 vont être mis en construction. En tout cas, une notice indiquant la façon d’employer l’appareil va être envoyée dans toutes les formations de l’armée. Il y a huit jours, j’ai eu la visite de Lasney, médecin inspecteur des troupes coloniales, il m’a dit qu’il préconisait mon appareil dans ses armées et m’a demandé de lui envoyer trois appareils articulés comme modèles ».  
 
Pour diffuser son invention et ses idées sur le traitement des fractures Emmanuel fait la tournée des hôpitaux militaires : Compiègne, Château-Thierry, Troyes.
 
Il doit se rendre souvent à Pontoise pour voir l’ingénieur qui met en route la fabrication de son appareil.  
 
De plus, il invente d’innombrables petits dispositifs, décrits dans le bulletin de santé du Service des Armées.
 
En 1817, nous le trouvons toujours en collaboration avec le professeur Heitz-Boyer et le Docteur Depage, continuer ses recherches. Ces trois chirurgiens inventent le procédé de « l'accrochage » permettant de rapprocher simplement les fragments du fémur.  Le 16 octobre 1917, Heitz-Boyer et Pouliquen décrivent le procédé avec des figures à la Société de Chirurgie de Paris. (Archives franco-belges de chirurgie: revue mensuelle‎ - Page 575 - 1925).
 
Une lettre non datée reçue à Châlons :  
 
« … Depuis ma permission j’ai encore eu beaucoup de travail, l’autre chirurgien du service étant en permission, j’espère avoir un peu de repos à son retour – mardi j’irai peut-être voir François (son frère) s’il est encore au camp du Mailly, j’aurais l’occasion d’y aller en auto avec un radiographe. Il est possible que j’aille bientôt passer une quinzaine de jours à Troyes remplacer un chirurgien pendant sa permission ».  
 
François Pouliquen, médecin colonial, frère d’Emmanuel, était revenu du Sénégal pour aller au Front avec le 49e sénégalais. Il avait eu une conduite héroïque en octobre 1916, lors de la reprise du fort de Douaumont, et avait été sérieusement gazé. Il avait été très atteint aux poumons. Ce qui ne l’empêchera pas de poursuivre sa guerre avec un remarquable courage. Du 16 au 18 avril, il participe à de très violents combats à Hurtebise, dans l’Aisne, où il « a assuré… l’organisation du service de santé avec le plus grand courage allant en première ligne pour exécuter les pansements les plus urgents et faire évacuer les blessés malgré le bombardement violent »… « L’affaire a été plus dure encore que celle de Douaumont », écrit-il à sa famille.  
 
La grande offensive allemande de mars à juillet 1918 bouleverse tout y compris l’organisation des services de Santé de l’armée.
 
Emmanuel  Pouliquen écrit du camp de Mailly le 22 mai 1918, du cercle des officiers.Le vaste camp militaire de Mailly est en Champagne crayeuse, le village se situe à mi-chemin entre les villes de Troyes et de Châlons-en-Champagne.  Il semble qu’il ait été muté dans ce camp en attendant une affectation en rapport avec la situation militaire.  
 
Il apprend la mort de son frère Auguste.
Par sa lettre il dit « j’ai été bien ennuyé d’être rappelé sans avoir assisté avec vous au service d’Auguste sans avoir vu mes frères ». Il s’agit de son frère, plus jeune que lui de 3 ans, mort dans cette guerre peu de temps avant. Il était prêtre et vicaire à Loctudy quand il avait été appelé au front.
 
Le 30 mai 1918, Emmanuel  Pouliquen est à Vitry-le-François.
 
La situation devient critique. La ligne de front atteint la bordure nord de Reims. Pour une fois Emmanuel exprime son inquiétude.  
Voici ce qu’il dit à ses parents : «  Me voilà parti de Mailly pour venir en renfort à Vitry ; j’ai un travail énorme et ce soir je suis déjà fatigué. Je suis arrivé cette nuit à minuit et depuis 7 heures je travaille. Qu’allons-nous devenir dans cette bousculade. Il est possible qu’un de ces jours le front se stabilise et que je sois rappelé à Châlons ou ailleurs…. Si l’offensive ne s’était pas déclenchée, je serais parti hier en permission. Ici je suis venu avec mon aide-major et deux infirmiers, les autres sont dispersées et nos infirmières sont parties dans le Nord – François (son frère) va-t-il rester dans le secteur où il était ou va-t-il aussi se rapprocher »... «  On n’ose trop espérer une bonne solution puisque nous reculons, mais enfin un miracle comme celui de la Marne est toujours possible".  
 
Le 4 juin nouvelle lettre à ses parents le 4 juin 1918 :  
 
«  Je suis encore à Vitry mais on parle de me faire rentrer à Châlons. Cela n’est pas certain… ; je suis persuadé d’ailleurs que nous n’y serons pas pour longtemps. J’aurais probablement mon service dans une cave qui a été organisé pour un service chirurgical. Je suis absolument sans nouvelles de ma famille depuis mardi …J’ai beaucoup de travail ;  la nuit dernière j’ai opéré des cas très graves venus directement du front. On fait descendre ici, des trains, les cas les plus graves. Je ne sais pas où sont les médecins qui étaient avec moi à Châlons, ne recevant aucune lettre. Je pense que Heitz Boyer cherche à installer un service de fractures plus au sud et dans ce cas il est probable qu’il m’appellera. N’importe comment je resterai quelques jours ici, car il faudrait un autre pour me remplacer puisque j’ai deux cents blessés dans mon service ».
 
Il semble terminer sa Guerre à l’Hôpital mixte de Montereau en Seine et Marne, où on le trouve en Juin 1918.
 
Il s’agit de Montereau-Fault-Yonne couramment appelée « Montereau », à ne pas confondre avec la commune de Montereau dans le Loiret ou avec la commune de Montereau-sur-le-Jard en Seine-et-Marne, à 6 km au nord de Melun.
 
À 4 km de Montereau au bourg de Cannes-Écluse, un hôpital militaire provisoire a été  installé ; c’est là qu’Emmanuel Pouliquen est nommé.  
 
Le 11 juin 1918 : «  Je suis depuis hier à Montereau  (Seine et Marne), je ne suis resté que deux jours à Châlons. Je pensais bien qu’on ne nous aurait pas laissés, car nous n’avons que des blessés qui ont besoin d’une longue hospitalisation. Ici ce sera difficile aussi, car il n’y a que de petits hôpitaux. Nous avons un matériel énorme et du personnel en quantité, je me demande où l’on pourra nous caser.  Notre médecin-chef est allé visiter un hôpital situé à 10 K (Villebrevin) je ne serais pas étonné qu’il demande cela. En passant à Troyes j’ai vu Jean qui partait pour Joinville ».
 
Le 14 Juillet 1918 : « Je vous écris cette carte de Paris où je suis depuis deux jours. Je viens d’être affecté provisoirement à Pontoise où je dois surveiller la fabrication de mes appareils. Le ministère en a demandé 500. Je regrette bien que ma famille ne soit pas ici, car je suis tout à fait libre de circuler entre Pontoise et Paris. Je ne serai occupé qu’une semaine environ, car je n’ai qu’à faire des demandes de matériel et à apprendre à deux ou trois ouvriers à monter l’appareil. Je dois voir ce soir mon beau-frère François ; mon beau-père va mieux, mais n’est pas complètement rétabli. J’espère que Gabrielle pourra venir me voir à Montereau.  
 
Le 2 août 1918, il écrit :
 
« Ici nous installons un grand service en plein air et nous avons déjà pas mal de blessés. J’ai été rappelé d’urgence à Pontoise où j’aurais eu besoin de rester huit jours de plus. Je vais demander à y retourner sans tarder».  
 
Puis Emmanuel Pouliquen fait allusion à son frère François, qui avait été « gazé » une nouvelle fois au chemin des Dames en octobre 1917 ; il s’est fait remarquer, à nouveau, par son remarquable courage, du 14 au 20 juillet, au combat de Cravançon Chaudun dans l’Aisne.  
 
Lettre d’Emmanuel, en permission à Brest, du 17-10-1918, à ses parents :
 
« Je viens d’arriver à Brest où je compte rester jusqu’à Dimanche. …Vous avez dû apprendre la mort de mon beau-frère Louis, il est mort le jour même de ses blessures…».  Le beau-frère dont parle Emmanuel est Louis Queinnec, qui est mort de ses blessures au combat le 29 septembre 1918, dans l’hôpital d’évacuation de Villers d'Aucourt, dans la Marne, à l'âge de 26 ans.
 
Emmanuel Pouliquen est maintenant très occupé par les dernières mises au point de son appareil, qui est maintenant de plus en plus diffusé dans toute l’armée et dans le civil. Il circule beaucoup dans la région parisienne, et se rend fréquemment à Pontoise voir l’ingénieur qui s’occupe de la fabrication en série « du Pouliquen ».  
 
L’armistice du 11 novembre 1918 met fin à cette atroce boucherie qu’Emmanuel combattit avec une ténacité sans faille, en soulageant les souffrances des victimes et faisant tout pour limiter les séquelles des blessés.  
 
Il n’y a qu’éloges à faire de la façon dont Emmanuel Pouliquen  s’est conduit dans ce cruel conflit.
 
Les services rendus à l’armée, lui valurent, quelques années plus tard une rosette d’Officier de la Légion d’honneur, à titre militaire.
 
Pendant ces quatre années de guerre E. Pouliquen a acquis une pratique chirurgicale importante. Il a mis à profit son esprit inventif, trouvant toujours les moyens les plus simples pour faciliter la tâche du praticien et le confort du malade. Il a réalisé toute l’importance du diagnostic et d’une thérapeutique précoces, tant que les ressources de l’organisme sont encore intactes.
 
Il s’est montré fort, tenace, calme et modeste tout le long de cette guerre, se préoccupant plus des autres plus que de lui-même. Dans ses lettres, il ne se plaint jamais de son sort, mais il est plutôt soucieux de ses frères et de sa propre famille.  
 
Emmanuel Pouliquen va continuer avec fouge sa carrière chirurgicale. Il va se passionner pour le traitement de l’invagination intestinale aiguë des nourrissons et lutter pour qu’en soit établi un diagnostic précoce par une campagne d’information auprès des praticiens. Sa lutte pour le traitement de luxation congénitale de la hanche sera son dernier et fructueux combat.  
 
Bien cordialement à tous.  
Dr Michel

n°10311
MARCEL CLE​MENT
Posté le 10-10-2011 à 12:26:43  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci pour cette fiche sur le Docteur Pouliquen et son appareil confortable et pratique dont le principe est encore appliqué de nos jours.
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2990/0104.jpg
 
Amicalement,
 
Alain MC


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