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  Nonante... nonante neuvième anniversaire...

 

dominique rhety Soldats de la Grande Guerre : guiguius Sites et vestiges de la Grande Guerre : gizmo02, 3 utilisateurs anonymes et 45 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

Nonante... nonante neuvième anniversaire...

n°1734
Achache
Cimetière militaire de V D
Posté le 07-09-2013 à 14:28:41  profilanswer
 

Bonjour,
Histoire de ne pas préparer "le centenaire" ;) , célébrons le 99e... par un petit texte que j'avais fait pour ... le 90e ! Comme le temps passe... dirait Robert Brasillach...
 
POUR UN NONANTIÈME ANNIVERSAIRE
 
 
De village en village, en relai de clocher
En clocher, tout à coup, les bronzes ricochés !
A cette heure ce n'est ni Messe ni Salut
Et trop tôt ou trop tard pour dire l'Angélus...
 
Quel incendie s'annonce aux pailles de la Plaine ?
Aux vignes des coteaux ? Aux forêts sur la crête ?
Pour quel feu, vaste tant, qu'on sonne ainsi l'alarme,
Depuis la ville grande au plus petit écart ?
 
Voici le Grand Troupeau, moutons qu'on tond de laine !
On parque les chevaux; aussi: les jeunes hommes.
Sonnent le fer-sabot et le cliquetis d'armes !
Etrange, tout ce bruit, quel orage s'apprête ?
Le ciel même paraît prendre un accent de cuivre...
    -Bague de feu, déjà, de l'Alsace à la Somme ?
 
Les garçons chantent fort. -Refrains au goût de vin !
Mais qui a jamais pu sans fin se garder ivre ?...-
Où s'en vont-ils ainsi? -Ils vont "faire l'Histoire" !
Le grand mot que voilà... Trompettes et pétoires !
Ne casseront-ils donc jamais ces jouets vains ?
 
Leurs chevaux chantent-ils, qu'on mène à l'abattoir ?
 
Moi, je suis là, trop vieux, sur le bord du trottoir,
Regardant ces enfants, je ne vois que les femmes
Qui pleurent; l'inquiétude en leurs yeux hagards
Se répand, elle aussi, avec sa triste flamme
Mouillée. – Ô tendres yeux, où toujours tant il plut !-
Elles savent trop bien, elles savent toujours:
CELA n'est jamais court ! La Mort est prompte plus
Que la guerre la plus courte... Il suffit bien d'un jour
Pour massacrer un peuple, en faire une hécatombe !
La Faucheuse a tôt fait ses Grands Jardins de tombes...
 
C'est l'Été, et pourtant, mes yeux sont pleins de brume:
Où est l'horizon clair de ma belle Champagne ?
Voici le gris brouillard qui monte en nos vergers.
Tous mes champs de regard, je les vois submergés,
Trombe épouvantable sur ma blonde campagne !
J'y sens, à lève-cœur, l'odeur des grands charniers...
J'en vacille debout. Vais-je perdre mon sens ?
C'est ma tête entière, à présent qui s'embrume !
J'ai la mémoire en peine, autant que l'espérance:
      -Que dit la page au jour, sur le calendrier ?
 
            -C'est: Dimanche 2 Août de 1914...
 
 
Bien à vous,
 
 [:achache:1]


Message édité par Achache le 07-09-2013 à 14:45:17

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Émouvante forêt, qu'avons-nous fait de toi ?/Un funèbre charnier, hanté par des fantômes./Tes doux sylvains ont fui, cédant la place aux hommes
Qui sèment autour d'eux la douleur et l'effroi. M. BOIGEY/LAMBERT, La Forêt d'Argonne, 1915
n°1735
mounette_g​irl
"Toto français, Porte-Bonheur"
Posté le 07-09-2013 à 14:55:57  profilanswer
 

Bonjour
 
 
Je ne peux rien dire !..
 
car je...  
[:mounette_girl:7]  
 
 
mais [:geneamar:8] [:administrateur:1]  [:administrateur:1]  [:administrateur:1]  
 
 
Mounette


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"Tes yeux brillaient moins aujourd'hui /Dis-moi, dis-moi pourquoi chère âme /Dis-moi quel chagrin, quel ennui /Mettait un voile sur leur flamme." - Sergent Ducloux Désiré, dit Gaston - 146° RI
n°1975
Achache
Cimetière militaire de V D
Posté le 28-07-2014 à 22:20:24  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Précisions :
Le début de ce poème évoque le tocsin, mais la suite peint les premiers mouvements de la mobilisation.
Le tocsin a sonné le Samedi 1er Août 14. La mobilisation a commencé le 2.
Donc, afin que le dernier vers ne soit pas accusé d'être erroné, il faut considérer que ce poème fête l'anniversaire de ces deux premiers jours de la Grande Guerre...
 
Bien à vous,
 
 [:achache:1]


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Émouvante forêt, qu'avons-nous fait de toi ?/Un funèbre charnier, hanté par des fantômes./Tes doux sylvains ont fui, cédant la place aux hommes
Qui sèment autour d'eux la douleur et l'effroi. M. BOIGEY/LAMBERT, La Forêt d'Argonne, 1915

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