Tanker a écrit :
Bonsoir,
Voici sorti des cartons d'archives de Louis Deloche, un poème publié dans un Supplément au Bulletin de l'O.A.C.C.A. du Juin 1933.
Il fut écrit par Jean Tauzin pour l'inauguration de la borne souvenir de Champlieu, inaugurée le 28 Mai 1933.
La citation gravée sur la borne est la dernière strophe de ce poème.
Mémorial
Une borne rappellera
A ceux qui sont, à ceux qui viennent
Qu'en mil neuf cent seize c'est là La décision d'implanter les chars à Champlieu date d'octobre 1916
Qu'un jour le général Estienne
De sa raison magicienne
Fit jaillir les Chars de combat
O l'heureuse correspondance
Fameux présage, signe sûr
D'un seul bras chargé d'espérance,
Maxime, héros au grand coeur, Il s'agit du scupteur de la borne : Maxime Real Del Sarte De Jeanne trouvère et sculpteur,
A gravé dans le granit dur,
Le mémorial des Chars de France.
Le souvenir est un poète
Subtil autant que délicat,
Mais comm il est dans tous les cas
Fils de nos deuils et de nos fêtes,
Vite -- Eveillons-le sans fracas.
Chaque jour de chaque saison
Soufflant du Champ des Hécatombes,
Frôlant les moissons et les tombes,
Du cimetière à la maison
Le vent d'Est fait la liaison.
Balayant les cimes, les pentes,
C'est lui qui, venant de là-haut, La borne, en bordure de la forêt et de l'ancien terrain d'exercice
De son timbre de contralto, est effectivement en plein vent sur le plateau.
Anime la borne puissante . . .
Ecoutez la borne qui chante,
Ecoutez la borne vivante,
Nous réciter son mémento.
Souvenez-vous mes Camarades,
Déjà trois lustres ont passé, Initialement, un lustre était une période de 5 ans . . . Nous sommes en 1933
Quand furent ici rassemblés
Des équipages de parade :
Biffins, artiflots, cavaliers,
Aviateurs, quelle salade, Il oublit les quelques officiers et sous-officiers mariniers de l'AS,
Gens de Bistouille ou de branlade, dont le Capitaine de Frégate de Perrinelle
Etait-on chasseur ou troupier,
Caporal ou bien brigadier,
A.S. "Tanks", autre charade,
Au "Rendez-vous des décidés".
Elite de chefs, choix de troupe,
Les beaux noms de l'armorial Effectivement beaucoup de noms célèbres de la noblesse française S'inscrivaient au fronton des groupes. et ce dans tous les grades.
Près du mécanidien animal
Portant l'éperon pour naseaux,
On voyait maniant la pince,
Fiers d'être mécanos de princes, Comme Murat ou Masséna
Passer les rois des mécanos.
Romanciers, poêtes, artistes Il y avait le Lieutenant de vaisseau Bargonne (AS 12), future académicien, Au petit jours creusaient des pistes connu sous le nom de Claude Farrère.
A travers le clairière d'or, Charles Chenu, avec son Totoche, était aussi célèbre. . . .
Pour dresser leurs monstres dociles
Et d'une manière imbécile,
Faire une animal souple et fort.
O Champlieu -- Vieux camp du mystère --
Ses manoeuvres - Ses gueuletons --
ses corvées -- Ses punitions
Son camion de permissionnaires Qui n'embarquait que les permissionnaires en régle pour Crépy-en-Valois et les trains sur Paris.
Et sa culture potagère ! Autour des baraques Adrian de la lisière de forêt. Il y avait aussi des plantations de fleurs . . . .
Et la distribution des lettre,
Champlieu -- Les ébats en plein air, De Georges Hébert, inventeur de la méthode de gymnastique dite " naturelle".
La bonne gymnastique Hébert L'Hébertisme, adopté par l'Armée, n'était pas goutée de tous. Et le nudisme avant la lettre . . . . Eviter ces séances obligatoire était une autre forme de sport.
Et ses fêtes ses pyjamas,
Ses moutiques et sa censure --
Son tennis et ses championnats, Plusieurs terrains de tennis sur le terrain de Champlieu. Tennis et football étaient plus courus que
Et ses défilés en mesure les séances matinales de sport.
Les jours de décoration
Où l'on chantait la madelon.
Et la revue dans les arènes En Août 17, dans l'ampithèâtre gallo-romain de Champlieu fut jouée la pièce
Où l'esprit percutant fusait, baptisée "Non mais sans char".
Et sur un mode bien français Pièce en 2 actes en 17 tableaux (sans doute écrite par Jean Tauzin) et dont
Mettait "Non mais sans char" en scène. les acteursnon professionnels étaient, comme Jean Tauzin, du Groupe AS 3.
Champlieu - O Commandant Thamin
Qui brandissait parfois ses foudres, Le Cdt Thamin était le Major de Camp.
Mais dont on savait que la main Il était donc, entre autre, chargé de la discipline.
De fer dans un gant de satin Ce n'était pas une mince affaire dans cette école.
Savait mieux punir qu'absoudre.
Le soir, quand s'éteignaient les feux,
Qu'on avait quitté les popotes,
Sur les châlits que de parlotes
Et comme on se comprenait mieux. Sur tant de baraques fumeuses,
Sur les roulantes et sur les mess, Chaque groupe et chaque unité élémentaire ou service du camp faisait sa cuisine
Tantôt nostalgique ou rieuse et possédait ses popotes par catégorie de personnel.
Flottait l'âme unique d'A.S. Plus de 450 baraques et un nombre conséquent de mess et autres popotes . . . . .
Et dans le nuit sans consistance
A peine par instant troublée
Par un cri de biche apeurée, La chasse était, bien sur interdite, mais . . . . en dépit des rappels . . .
La lune montait, s'étonnant
De voir les baraques du camp Les baraques Adrian des Groupes étaient alignées, en bordure de forêt, le long du terrain d'exercice.
Epouser à sa ressemblance Cette lisière a bien la forme d'un croissant de lune.
La forme d'un vaste croissant. et c'est bien l'impression qu'a du avoir, un soir, le pilote allemand qui lacha quelques bombes.
Mais parfois ils changeaient de cibles
Les mitrailleurs, les artiflots,
Et nos bons chars, vieux zincs paisibles,
Devenaient des engins terribles
Dès qu'ils étaient montés là-haut.
Saint-Chamond, Schneider et Renault --
Tous les goûts et toutes les tailles --
Toutes les formes de batailles,
Tous les les devoirs, tous les héros.
-- Seize avril -- comme en promenade,
Quand on est chef, sous les grenades
Sous les balles, sous les obus,
Seul à la tête de son groupe, Le bon terme était Groupement, mais pour la rime . . . . ! Le 16 Avril 17, Louis Bossut
Pour donner du coeur à sa troupe commandait le Groupement n° I et plus le Groupe AS 2.
Qui vous à l'oeil fixé dessus,
En béret, canne et pardessus,
On tombe -- On s'appelle BOSSUT --
Juvincourt -- Moulin de Laffaux -- 6 strophes qui citent un certain nombre des lieux où se sont battus les chars de 17 à 18.
La Malmaison -- Parc de Grivesnes -- Jean Tauzin cite, très justement Juvincourt et non Berry au Bac . . . .
Et l'on verra de quelle veine
Sont faits les gars des Chars d'Assaut.
Bois Sénécat -- La tête est claire
Si la chaire saigne -- Cantigny --
On contre-attaque sur Missy-
aux-Bois. Les ravins de Chazelles.
Ferme Saint-Paul -- De l'air, de l'air,
Coupez les blés, d'autres les cueillent --
Faverolle et verte-Feuille,
Ferme-la-Grille et Montgobert.
Chavigny -- ça manque de charme.
Contre-attaque sur les Grand Charmes --
C'est ainsi qu'on fait son métier.
Sacconay -- Cerseuil -- Champaillet
Et la Chapelle-Monthodon :
Entendez-vous tous ces bourdons
Et ces cloches carillonner.
La ferme du mont de Courmelles --
Charantigny -- Neuilly-Saint Front. Le Rick de Rick, cri de guerre de rugbyman "importé" dans l'AS
Coups de boutoir sur tout le front. par le Cdt Bossut, reste le cri de ralliement dans les chars.
Rick de Rick -- l'ennemi chancelle --
Juillet, Août, Septembre dix-huit,
Attaque d'ensemble -- Les notres
Précédés des chars chars, bons apôtres,
Culbutent le boche qui fuit.
Miracle de la carapace,
Sic hommes -- six postes : Un coeur. Jean Tauzin était dans les Schneider : équipage à 6 hommes.
Lieutenant, simple mitrailleur,
Ils avaient la même carcasse.
Gloire à nos frères qui périrent,
Leur souvenir est gravé là.
Que ceux qui reposent là_Bas,
Que ceux-là du moins nous inspirent,
Car vivants et morts désormais
Liés par les jois et les peines,
Nous formons une seule chaîne
Les chaîne des coeurs exhaussés.
O passant, que si d'aventure
Tu promènes ici tes pas,
Arrête, ami, mets chapeau bas --
Ici -- pour la grande aventure
Naquirent les chars de Combat.
Lt Jean Tauzin Groupe AS 3 Secrétaire Général des A.C.C.A. (en 1933)
Pour la pièce de théâtre "non mais . . . ! Sans char " jouée au camp de Champlieu en Août 1917, voir le sujet qui suit Michel
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 0092_1.htm
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