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  A7V n° 542 Elfriede récupéré par l'AS 101 à Villers-Bretonneux

 

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A7V n° 542 Elfriede récupéré par l'AS 101 à Villers-Bretonneux

n°3126
Tanker
Posté le 06-04-2009 à 14:38:18  profilanswer
 

Le sauvetage du char allemand A7V n° 542 Elfriede à Villers-Bretonneux par l'Artillerie Spéciale.
 
Le 8 Mai 1918 dans la note GQG/Armées du Nord et du Nord-Est/Artillerie d'Assaut n° 4674, le Général Estienne rendait compte au Général en Chef que le char allemand de Villers-Bretonneux, en cours de dépannage, était sur le point d'être ramené à l'Arrière. Dans cette note le Général demande que le char soit immédiatement dirigé sur Champlieu pour essais.
 
Cette mission avait été confiée au Groupement II qui se trouvait déployé au Sud d'Amiens. Ce Groupement, après l'intervention du Groupe AS 3 au Bois Sénécat, participait à la formation des unités d'infanterie du secteur à l'emploi des chars. L'AS 101 (Section de Réparation et de Ravitaillement n° 101) qui était alors basée à Gouy-les-Groseillers, était disponible et possédait les moyens matériels et personnels nécessaires à cette mission.  
 
Le 24 Avril 1918, les Allemands avaient appuyé leur attaque sur Villers-Bretonneux avec un 13 chars A7V. A l'issue de la contre-attaque canadienne, et de la reprise de Villers-Bretonneux, les allemands laissaient deux chars A7V sur le terrain.  
  - Le n° 506 Méphisto qui s'était mis en panne dans un trou d'obus.  
                          Les allemands tentèrent, sans réellement y réussir, de le détruire à l'explosif. Ce char qui sera récupéré par les Australiens est actuellement en Australie.
                        - Le n° 542 Elfriede qui s'était renversé dans la carrière du bois du Monument (Sud de Villers-Bretonneux en PD 5027 - référence plan directeur 1-20000° de Corbie).
 
L'attaque allemande sur Villers-Bretonneux se faisait à la charnière des Armées françaises et britanniques, et c'est pour cette raison que les premières photos faites d'Elfriede montrent le char entouré de soldats français. La Division française, au contact de la 4° Division Australienne, était la Division Marocaine, et le bois du Monument était l'objectif de son aile gauche lors de la contre-attaque.
 
Deux chars à récupérer ! Quelle aurait été l'attitude des Britanniques s'il n'y avait eu qu'un char abandonné. . . ? Il est probable que les français n'auraient pas eu leur part du gateau devant l'importance que représentait l'étude de ce char pour les services de Renseignement et les industriels de l'Armement. Les Etat-Majors français et Britanniques s'attendaient depuis longtemps à voir les Allemands intervenir avec des volumes conséquents de chars et une telle source d'information était inespérée.
La position délicate d'Elfriede, en première ligne et couché sur le côté a probablement joué pour les français qui devaient "hériter" de la récupération la plus délicate à faire. . . .  
Le 2 Mai 1918, le Capitaine Ferrari (Adjoint tactique du Groupement II) et le Lt Barnsby (Adjoint technique du Groupement II), accompagnés du S/Lt Cossin (officier adjoint de la SRR 1O1 du Groupement II) avaient été chargés de  reconnaître l'A7V abandonné à 25 métres en avant de la première ligne britannique. Le char était situé en PD 50 27 (Plan directeur 1/20 000° de Corbie).  
Il s'agissait de relever les caractéristiques du char et d'étudier la possibilité de le récupérer. Cette reconnaissance était importante car le char aurait pu être détruit, à tout instant, par des tirs de l'artillerie allemande, tir destiner à empécher les Alliés d'accéder à cette source d'information capitale. En 1917, à la Malmaison, les français avaient, de cette manière, détruit deux Saint Chamond, immobilisés sur et en avant de la première ligne conquise.
Si par la suite, l'équipe de récupération a été, pendant toute sa mission, soumise aux tirs de l'artillerie allemande, il ne semble pas que ceux-ci aient été faits pour tenter de détruire le char.
 
Les photos connus de cet événement sont d'abord celles parues dans le Miroir. Elles ont vraisemblablement étaient faites par des personnels de la Division Marocaine, et leur auteur a du touché une belle somme du journal à cette occasion. . . .
Il s'agit donc bien de photos militaires du SPA faites le 6 mai 1918. Dans cette affaire le commandement a probablement voulu rapidement communiquer sur cette capture.
           (correction du 17 Janvier 2011)

 
Si les informations recueillies sur Elfriede ont fait l'objet d'un rapport technique très détaillé, rien n'indique que l'équipe du Cne Ferrari et celle de la SRR aient aussi fait des photos. A ce jour aucune autre photo prise au bois du monument n'a fait son apparition. Il existe peut-être aussi des photos britanniques et canadiennes prises avant ces manoeuvres de récupération . . . .  
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7VElfriedealaVillersBretonneux03.jpg                                          
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7Vn542Elfriede01.jpg
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7Vn542Elfriede02.jpg  
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7Vn542Elfriede03.jpg
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7Vn542Elfriede04.jpg  
 
                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7Vn542Elfriede05.jpg      
                       
La mission de récupération de l'équipe SRR du Sous-Lieutenant Cossin a duré du 4 au 17 Mai 1918. Cette mission était aux ordres du Lieutenant Barnsby.
Il ne semble pas exister de rapport détaillé sur son déroulement et sur les moyens utilisés par cette équipe. Il est probable que la SRR a du au moins utiliser un tracteur Baby-Holt. Cela reste cependant à vérifier car l'AS 101 semblait ne pas avoir de baby-Holt à sa base arrière de Gouy-les-Groseillers. Et il s'agit donc de chars Britanniques . . . . (110117)
 
Elfriede étant couché sur le flanc, il a certainement été nécessaire d'effectuer des mouflages importants pour relever le char. Contrairement à Méphisto, le char n'avait pas été saboté. Les Allemands auraient reçu l'ordre de le faire, mais se seraient trompés de char . . . D'où l'action de sabotage sur Méphisto.
 
Après son dépannage, le char a rejoint, par ses propres moyens, le village de Saleux (Sud-Ouest d'Amiens). Aucune indication sur ce trajet, et la seule chose certaine est que le char a été présenté au ministre sur un terrain longeant la voie ferrée à hauteur de la gare de Saleux.
 
                                           http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/Carte1100Saleux.jpg
 
                                      http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/SaleuxSitedepresentationdElfriede02.jpg  
                                                  (En 1918, Louis Breton n'était plus ministre, mais "Directeur des Inventions" ).
 
Le site de Saleux a probablement été choisi pour se proximité de la vois ferrée. La gare permettait ensuite l'embarquement du char vers Paris. Ce site n'était alors pas occupé par l'AS, et il le sera quelques semaines plus tard par un Groupement de Saint Chamond. En partant d'Amiens, la voie vers Montdidier et Compiègne était alors trop près du front et, par endroits aux mains des Allemands.
 
Il existe un bon nombre de photos et un film de ce passage à Saleux d'Elfriede. Le 18 Mai 18, le char a été présenté à Louis Breton (Sous-Secrétaire d'État aux Inventions), et cet événement a été photographié et filmé par la SPA (Section photographique des Armées).
Combien de temps Elfriede est resté à Saleux ? Cette information n'est pas connue, et visiblement beaucoup de monde a pu alors voir le char. Des officiers et des soldats britanniques ont aussi été photographiés sur Elfriede à Saleux. A côté des photos et films réglementaires de l'Armée française, des photos officiels de l'Armée britanniques ont aussi été réalisées et probablement un certain nombre de photos privées. La plupart des cartes postales éditées alors reprennent des photos réalisées à Saleux. Il reste probablement encore des photos privées à découvrir de cet événement.
 
     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/080211A7V01.jpg
                                                      http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/180518A7Vn542ElfriedeaSaleux27.jpg


Message édité par Tanker le 21-08-2012 à 23:27:00
n°3127
Tanker
Posté le 06-04-2009 à 14:38:51  profilanswer
 

http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/180518A7Vn542ElfriedeaSaleux13.jpg
 
Plusieurs de ces photos prises à Saleux sont intéressantes car elles permettent de découvrir les visages de l'équipe des mécanos de la SRR, du Sous/lieutenant Cossin et du Lieutenant Barnsby. Si les citations accordées à l'équipe permettent d'avoir une idée précise de sa composition, il n'est actuellement pas possible d'associer tous les noms a un visage . . . . Par ailleurs l'équipe est à onze sur les photos alors qu'ils ont été quatorze cités à l'issue de cette récupération.
 
                                                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/LesmecanosdelaSRR10101a.jpg    
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/LesmecanosdelaSRR10101.jpg
                                               
Composition de l'équipe de l'AS 101 à Villers-Bretonneux.
 
Sous-Lieutenant Cossin
Maréchal des Logis Charles Vatinet
Brigadier Lamy
Maître-Ouvrier Maurice Chéronnet (principal technicien responsable du dépannage)
Maître-Ouvrier André Lefrileux
1° classe Biraud  
1° classe Templier
2° classe Bécue (Metteur au point moteur qui a dépanné la partie mécanique)
2° classe Arsène Triboire (Il était l'agent de liaison de l'équipe)
2° classe Eugène Carbonnet
2° classe Jung
2° classe de Robert de Lafregeyre
2° classe Francheteau
2° classe Lyautey
 
Le Sous-Lieutenant Cossin est citée à l'ordre du Corps d'Armée et tous les autres sont cités à l'ordre de l'Artillerie Spéciale.
A titre d'exemple, la citation du 2° classe Bécue qui est représentative des citations accordées à toute l'équipe.
"Très bon metteur au point. Est parvenu au prix d'un travail constant de jour et de nuit, malgré les difficultés techniques et les tirs fréquents, à remettre en état le mécanisme d'un char d'assaut allemand, culbuté dans nos premières lignes et a ainsi permis le dépannage de cet appareil".
 
Le Lieutenant Barnsby, qui dépendait de l'Etat-Major du Groupement II, ne semble pas avoir été cité dans cette affaire. Apparemment désigné comme chef de cette mission, il n'a peut-être finalement pas participé totalement à cette mission. Il était cependant bien présent le 18 Avril pour la présentation au ministre.
 
                                                                          http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/Les%20mecanos%20de%20la%20SRR%20101%20%2802a%291.jpg  
   http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/LesmecanosdelaSRR10102.jpg
           
Si le Général Estienne demandait le 8 Mai l'envoi à Champlieu du char pour essais, il ne semble pas qu'Elfriede y ait été conduit. Avec l'attaque allemande de Mars 18, une grande partie des fonctions du camp de Champlieu avaient été déplacées sur le camp de Bourron. C'est là que le char se trouvait, de manière certaine, début Juillet pour le démarrage des essais.
 
Essais d'Elfriede à Bourron :
 
La note n° 1046/3 GQG/Armées du Nord et du Nord-Est/ EM 3° Bureau du 30 Juin 1918 donne l'ordre d'effectuer des essais de tir sur Elfriede pour vérifier l'efficacité du canon de 37 mm Bethléem. Ces essais auront lieu à Bourron entre le 1 et le 5 de Juillet 1918.
 
Le rapport sommaire, fait après les essais de tir au 37 mm Betlhléen et au 37 mm Puteaux sur Elfriede (note n° 7161 GQG/Armées du Nord et du Nord et du Nord-Est du 5 Juillet 1918), rend-compte de l'inefficacité de ces deux canons de 37 mm sur le blindage du char.
 
Lors de ces mêmes essais, des tirs au fusil et à la mitrailleuse ont aussi été effectués avec des cartouches APX. Comme le précise ce rapport sommaire "les tirs sur les joints des masques et sur le viseur du canon seraient meutriers pour l'équipage".
 
Le rapport détaillé de l'Inspection Générale du Matériel de l'Artillerie d'Assaut n° 221 du 8 Juillet 18 donne des précisions sur :
                           - L'exécution de ces tirs,
                           - Les munitions utilisées,
                           - Les effets obtenus.
 
Tirs d'obus de 37 mm :
 
Les tirs ont été effectués à 200, 100 et 50 mètres pour le 37 mm Bethléem et à 100 et 50 mètres pour le 37 mm Puteaux avec trois types de projectiles :
                         - Obus explosif Puteaux Mdle 1916,
                         - Obus de rupture Marine de Puteaux,
                         - Obus en acier explosif Bethléem.
 
Le char avait été garni intérieurement d'un blindage de tôles et de sacs à terre pour protéger les organes mécaniques en cas de perforation. Les tirs ont été réalisées sur le char alors qu'aucune autre expertise n'avait encore été réalisée. Le char était en parfait état de fonctionnement et tout avait été fait pour poursuivre cette expertise dans tous les domaines. Si en toute logique, il aurait été plus judicieux de terminer l'expertise par les tirs sur le char, l'information majeure qu'attendait le commandement français était la résistance exacte de son blindage.
En effet cette information conditionnait, dans l'hypothèse d'une arrivée massive de chars allemands sur le front, le choix des canons pour le char futur et pour la défense antichar française.
 
Le tir a été effectué à chaque distance et par chaque canon sur :
                         - la tôle de 30 mm non traitée de l'avant,
                         - la tôle de 16 mm non traitée de l'arrière,
                         - la tôle de 20 mm traitée des côtés,
et sur une tôle traitée Schneider appliquée sur le côté droit.

 
Au moins 20 obus ont donc été tirés à l'arrêt sur Elfriede. Probablement plus car des séries successives ont été réalisées sur le même point.
 
La tôle traitée Schneider (de 16 mm) permettait de comparer et vérifier l'efficacité du blindage des chars français. (les dites "tôles traitées" sont des plaques d'acier cémentées).
 
Effets de l'obus explosif Mdle 1916 de Puteaux (à charge intérieure en mélinite) :
                A toutes les distances et sur toutes les tôles, l'obus explosif Mdle 1916 n'a laissé de ses atteintes que de légères traces de fumée
                   irradiant de l'impact, sans aucune empreinte ni déformation dans la tôle. II a toujours bien explosé.

 
Effets de l'obus de rupture de la Marine (à boulet plein) :
               A 100 et à 50 m, l'obus pénètre profondément dans les tôles non traitées sans toutefois les perforer (ni celle de 20 et de 30). L'impact
relève un fort bourrelet dentelé de métal sur le bord de l'empreinte. L'obus se retrouve entier sans éclat avec la pointe seulement un peu désaxée.
       A 100 et à 50 m, l'obus ne marque qu'une faible empreinte sur la tôle traitée de 16 et l'embouti très légèrement avec une flêche insi-
gnifiante sur une certaine zone autour du point d'impact. L'obus se retrouve en entier comme avec la tôle non traitée, mais la pointe n'est pas déviée. Il rebondit sans déformation.

 
Effets de l'obus en acier Bethléem (à charge intérieure en poudre noire):
              Aux distances de 200 et 100 mètres, l'obus ne marque, dans la tôle non traitée, qu'une légère empreinte de 1 à 3 millimètres de creux
                  au milieu.

               Dans la tôle traitée de 16 mm, l'empreinte est plus faible, mais l'obus produit un emboutissage de quelques millimètres de flêche sur une zone d'environ 30 centimètres autour de l'impact. La répétition de trois coups dans la même région a produit une félure de la tôle avec une cassure en paillette sur un bord.
 
                 A la distance de 50 mètres l'obus fait une empreinte de la forme du petit bout d'un oeuf dans la tôle non traitée de de 20 mm. Cette empreinte a sensiblement comme creux l'épaisseur de la tôle, mais ne débouche pas, le métal étant embouti en saillie sur la face opposée.
              La partie antérieure de l'obus retrouvée montre que l'ogive s'est moulée dans son empreinte ovoïde et dénote un métal beaucoup trop mou pour faire de la perforation.
              Dans la tôle de 16 mm, les empreintes et l'emboutissement sont un peu plus marquées qu'aux distances plus grandes. La pénétration est toujours insignifiante. Le premier coup a déterminer une nouvelle félure de la plaque d'environ 30 centimètres avec éclats sur les bords.
              La tôle Schneider de 16 mm, qui avait été placé comme témoin a été brisée en deux fragments à la distance de 100 mètres.

 
En résumé :
Le tir sur le blindage du char allemand est :
              - absolument nul avec l'obus de 37 mm Mdle 1916 dans le canon Puteaux.
              - sans effets appréciable avec l'obus de 37 mm de rupture, dans la canon de Puteaux et avec l'obus en acier explosif dans le canon Bethléem de 37 mm.
 
Les tirs ayant été effectués avant les essais de fonctionnement, le char n'a pas été attaqué dans ses mécanismesde roulement (roues de propulsion, chenilles, etc . .). Il semble, toutefois, que ces organes, bien protégés, sont encore peu vulnérables au canon de 37 mm.

 
Tirs aux armes d'infanterie :
 
Destinés à estimer la vulnérabilité de l'équipage, cette étude a comporté trois genres de tir :
             Tir ajusté au fusil Mdle 1886 sur les fentes de visée, dans les joints des masques de mitrailleuse, du masque et du viseur du canon avec les cartouches Mdle 1886 D.
             Rafale de mitrailleuse sur les mêmes parties avec la cartouche Mdle 1886 D.A.M.
             Tir au fusil Mdle 1886 sur les blindages latéraux, sur les volets de viseur, sur les masques de mitrailleuses et sur le masque du canon avec la cartouche Mdle 1886 à balle perforante APX 4.
 
Ces tirs ont été exécutés à la distance de 20 mètres, les rafales de mitrailleuse à la distance de 50 mètres. Les balles ou fragments de balle qui pénétraient, étaient reçus sur des panneaux enregistreurs.

 
Résultats :
             Les tirs ajustés et les rafales de mitrailleuses sur les fentes de visé (à leur minimum d'ouverture) ont donné peu de pénétration. Ces tirs ne seraient réellement dangereux qu'avec une concentration assez prolongées de plusieurs armes.
 
             Les tirs ajustés au fusil et les rafales de mitrailleuse sur :
                                           les joints des masques de mitrailleuse,  
                                           les joints du masque du canon,
                                           le viseur du canon  
seraient extrêment meurtriers pour le personnel du char.  
De très nombreuses atteintes ont été enregistrées sur les panneaux.  
Les côtés des masques de mitrailleuse, notamment, qui forment embrasure, canalisent un grand nombre de balles dans le joint qui se trouve au fond.

 
           Les tirs à balles perforantes ont, sur les fentes de visée et les joints qu'ils rencontrent, les mêmes propriétés offensives que les balles ordinaires; mais ils ne produisent aucun effet sur le personnel abrité par les tôles traitées des côtés ou les tôles épaisses de l'avant et de l'arrière du char.
            La balle perforante pénètre assez profondément dans les tôles non traitées en relevant un bourrelet de métal autour de l'empreinte.
            La tôle non traité de 20 mm d'épaisseur n'est pas traversée, mais la pointe des balles débouche sur la face opposée à l'impact.
            La tôle traitée de 16 mm ne reçoit qu'une légère empreinte.
 
            La tôle traitée de 13 mm (française) correspond sensiblement, pour sa résistance à la perforation, à la tôle non traitée de 20 mm; les pointes de balles apparaissent sur la face opposée sans traverser.
            Les masques cylindriques des mitrailleuses sont traversé même sous une incidence assez oblique. le masque de canon, plus épais, nest pas traversé.

 
En résumé :
 Le tir à balle sur les fentes de visée est peu dangereux avec la balle ordinaire, il ne l'est pas davantage avec la balle perforante. Les volets n'étant qu'à peine marqué par son empreinte. Ce genre de tir ne deviendrait dangereux que si des balles arrivaient exactement par le milieu des fentes; il faut pour obtenir ce résultat en tirer un grand nombre.
            Le tir à balles sur les joints est extrèmement dangereux pour le personnel avec toutes les balles. C'est par là qu'il faut attaquer au fusil ou à la mitrailleuse.

 
           Sur les joints, mais aussi dans le corps des masques de mitrailleuse, les balles perforantes ont une supériorité puisqu'elles passent non seulement dans les joints, mais aussi dans le corps du masque qu'elles rencontrent en tirant sur les joints.
          A l'abri des tôles du blindage et des volets, la vulnérabilité aux balles est à peu près nulle pour l'équipage du char.

 
Ces essais auront un effet immédiat. Les 101°, 107°, 109° et 117° Batteries antichar du 176° Régiment d'Artillerie, équipées de 37 mm Bethléem sont dissoutes et leurs canons versés au Parc de Réparation d'Artillerie de Vernon. Par ailleurs ils conforteront la décision prise en 1917 d'armer le char FCM 2C du canon de 75 mm.
 
Le 1° Octobre 1918, sur demande du Président du Conseil, et dans le cadre d'une exposition de matériels allemands, la décision de présenter Elfriede aux parisiens est prises.
Les matériels étaient en place le 20 Octobre et toujours présents le 1° Novembre. Cette exposition était probablement encore en place lors de l'Armistice du 11 Novembre. . . . .
Le char est arrivé à Paris par le train, et il a probablement traversé la ville pour se rendre aux Tuileries. Photographié en gare, avant son débarquement, il l'a sans doute été dans sa traversée de la ville (à moins qu'il n'ait été mis en place de nuit . . . .).
 
Il existe de nombreuses photo d'Elfriede prises lors de cette exposition sur la place de la Concorde (et il doit encore en exister d'autres dans des fonds de placards . . .). Elfriede y est en gare, sur la wagon qui l'amenait de Bourron. Le char, avant d'être placé en face de la grille d'accès au bassin des Tuileries, semble avoir été placé à l'intérieur du parc.  
Ces photos permettent de voir les mires peintes sur le char pour les essais de tir et les deux découpent faites dans le blindage latéral du char (côté avant droit).
 
                                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7VElfriedealaConcorde01.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7VElfriedealaConcorde02.jpg
                                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7VElfriedealaConcorde03.jpg
 
Ces découpes ont été faites pour fournir aux services techniques une portion de blindage permettant les essais de tir du canon de 17 mm. Cette partie du blindage était de la même épaisseur (16 mm) que celui produit par Schneider. C'était un référentiel important pour les industriels.
La qualité de ce blindage pouvait correspondre à un choix technique des allemands, choix lié à leur connaissance des armements d'infanterie des Alliés et à l'inexistence de fusil antichar sur le marché de l'armement, autre que le tankgewehr allemand de 13 mm. Ce blindage allemand était probablement a l'épreuve de leur 13 mm.
 
Si au camp de Bourron étaient présents de nombreux personnels des armées alliées, rien n'indique que les Français aient réalisé leurs essais sur Elfriede en coopération avec les Américains et les Britanniques. Aucun des rapports ne le mentionne.
Les résulats de ces essais étaient cependant bien fournies aux Alliés, en particulier par le biais de la commission interalliés des chars de Versailles.
 
Les photos prises sur les trois sites (Villers-Bretonneux, Saleux et Paris) permettent de voir que les parois du char offraient un support graphique dont les combattants ont largement profité. Il est intéressant de voir qu'à Villers-Bretonneux, les 3 en chiffres romain de l'avant ont été transformés à la craie par des 3 plus traditionnels. Visiblement les photographes du miroir ont aussi un peu surligné ces marquages blancs (Elfriede, numéro 3 et bordure de la croix de fer).
Pourquoi avoir modifié ces deux chiffres trois ? La raison en est très simple, la Division Marocaine avait reçu en renfort d'Armée deux Bataillons du 3° Tirailleurs. Ce sont ces hommes qui ont décorés le char du numéro de leur régiment sur les III identifiant l'unité d'Elfriede. Plusieurs dessins, de cette même photo montre d'autres identifiants précis du 3° Tirailleurs.
A Saleux et Paris les numéros 3 à la craie ont disparu. Visiblement les grafittis à la craie se sont multipliés sur le char et de nombreuses mains ont du effacer les anciens pour y mettre le leur . . . .


Message édité par Tanker le 02-04-2011 à 09:39:37
n°3128
Tanker
Posté le 06-04-2009 à 14:40:04  profilanswer
 

http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7VElfriedealaVillersBretonneux02.jpg
                                                       http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUA7VElfriedealaVillersBretonneux01.jpg  
 
                                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/180518A7Vn542ElfriedeaSaleux26.jpg
     Les gros 3 à la craie du 3° tirailleurs ont été effacés, mais ils restent une grosse marque blanche qui camoufle encore le numéro d'origine.
 
Elfriede sur le champ de tir de Bourron :
 
Trois photos montrent Elfriede sur un champ de tir. Deux de ces photos sont prises d'avions et la troisième est prise au sol. Un détail important permet de penser qu'il s'agit bien de la forêt de Fontainebleau, il s'agit des amas de rochers qui se trouvent en arrière de la butte de tir. Les documents sur Bourron ne sont pas très précis sur la position de ce champ tir. Il pourrait s'agir de la crête boisée en bordure Sud-Est de Recloses. Le char a-t-il été démonté sur place et reste-t-il quelques pièces oubliées sur place lors de sa destruction . . . ?
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/SchneiderCA1etA7V615.jpg
                                                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/SchneiderCA1etA7V610.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/SchneiderCA1etA7V613.jpg
                                                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/SchneiderCA1etA7V614.jpg
             
Le devenir d'Elfriede après l'exposition de la Concorde :
 
Après l'exposition de la place de la Concorde d'Octobre et Novembre 1918, plusieurs notes font  encore mention d'Elfriede. Ces notes concernent les expérimentations dU canon antichar de 17 mm développé comme arme antichar française en 1918.
En effet le 14 Novembre 1918, le Ministre de l'Armement et des Fabrications de Guerre demande que des essais du canon de 17 mm antichar soit réalisés sur Elfriede à Bourron. En Février 1919, ces essais n'étaient toujours pas réalisés et il était alors demandé qu'ils soient effectués à Satory sur Elfriede ou sur des éléments de blindage provenant d'un même type de char. Deux autres A7V étaient alors mentionnés comme présents sur le secteur de Perthes/Tahure.
 
Apparemment plus de mention du char après ces dernières notes et les derniers mois de la vie, avant destruction d'Elfriede restent encore à tracer . . . . .  
 
Le principal de la documentation vient des archives Artillerie Spéciale du SHD et une partie des photos sont des extraits du film de l'ECPA-D fait à Saleux le 18 Mai 1918.
Comme pour les précédents sujets, bon nombre des photos utilisées ne sont pas de très bonne qualité, et je suis reste intéressé par de toute bonne version numérique des photos touchant à ce sujet . . . .
 
Michel

n°3129
ALVF
Posté le 06-04-2009 à 18:06:36  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Encore du beau travail de Michel!
Je joins quelques images supplémentaires d'Elfriede.
Il me semble avoir lu, il y a longtemps, qu'Elfriede avait passé plusieurs années dans une cour des Invalides jusqu'à une malheureuse décision d'un Gouverneur Militaire de Paris qui a envoyé à la ferraille ce vestige, devenu trop rouillé?Ceci avant 1939?
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img720.jpg1..jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img721.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img722.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img723.jpg
Cordialement, Guy.

n°3130
JeanMiche
Picarde maudissant la guerre.
Posté le 06-04-2009 à 18:48:27  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
 
Vraiment un dossier fouillé par nos amis Michel et Guy. Époustouflant  !
 
Y'en a qui ont la doc !!
 
Bien cordialement         Jean Michel


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  Cordialement               Jean Michel
n°3131
bernard be​rthion
Posté le 07-04-2009 à 00:06:41  profilanswer
 

Bonsoir,
               très bel article bien documenté . Bravo, merci .
               Avez-vous des informations sur les 2 A7V que vous situez vers Perthes-Tahure ?
               Cordialement  BB


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- Août 1914 dans le département des Ardennes : débarquement et passage des troupes se concentrant en se dirigeant vers la Belgique et repli vers la Marne en résistant sur la Semoy, La Chiers, la Meuse, l'Aisne et la Retourne
n°3133
sly
Posté le 07-04-2009 à 07:02:49  profilanswer
 

Bonjour,
 
remarquable travail que vous nous présentez là, bravo !
 
J'en profite pour vous montrer et demander des infos sur cette photo allemande prise à Rosieres-en-Santerre avant l'attaque de Villers Bretonneux.
 
http://farm4.static.flickr.com/3542/3419752609_00c6070030.jpg
 
Le char de gauche semble avoir un nom marqué en bas sur son coté mais illisible, celui du milieu est le "Cyklop" et enfin sur celui de droite le poste de conduite apparait comme "ouvert" (?)
Est-il possible d'identifier ces chars ?
 
Merci,
 
Sly

n°3135
Tanker
Posté le 07-04-2009 à 09:18:25  profilanswer
 

Bonjour,
 
En ce qui concerne l'info sur Tahure, je n'ai fait que mentionner un point développé dans un message de l'AS montrant l'intérêt du commandement pour ce char. Dès l'Armistice, les unités d'AS se sont lancées dans la récupération des chars français abandonnés et le commandement de l'AS fournissait des orientations aux équipes en charge de ce travail. Y compris, probablement, des infos non totalement vérifiées . . .  
Les chars mentionnés dans ce message sont probablement l'A7V n° 561 (de l'Abteilung 1) et le n° 529 Nixe II (de l'Abteilung 2), chars détruits dans les combats sur Reims. C'était probablement plus vers le Fort de la Pompelle. . . . , et ce sont les deux seuls A7V détruits sur le secteur.
 
Concernant les A7V avec Cyclop, n'étant pas spécialiste de ce char, je suis incapable de répondre à la question. Pour Elfriede, c'est uniquement sa relation à l'AS qui m'a intéressé. Le mieux serait de poser la question (en anglais) sur le forum Landships. Ils ont une rubrique spécifique "German tanks" dans laquelle interviennent de très bon spécialistes de l'A7V.  
 
                       http://www.activeboard.com/forum.s [...] 318871&p=2
 
Comme le montre une bonne photo de "German panzer 1914-1918" (Steven Zaloga - page 34), le poste de conduite de l'A7V pouvait effectivement s'ouvrir sur l'avant et l'arrière.
 
Les deux premières photos de Guy sont des photos faites à Saleux le 18 Mai 1918 par le photographe de la SPA. Il est possible de les acquérir à l'Ecpa-D en excellente définition.
 
Bonne journée - Michel

n°3136
ALVF
Posté le 07-04-2009 à 09:19:24  profilanswer
 

Bonjour,
 
La photo ci-dessus montre de gauche à droite les "Sturmpanzerwagen A7V" du "PanzerWagenAbteilung 3":
-Nr 505 "Baden I".
-Nr 507 "Cyclop".
-Nr 501 "Gretchen".
Cette photo est prise le 28 avril 1918 à Rosières après le combat de Villers-Bretonneux.
Cordialement, Guy.

n°3144
ALVF
Posté le 08-04-2009 à 22:04:23  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Concernant les A7V dans le secteur de Perthes et Tahure, je ne vois que deux "Sturmpanzerwagen" du type A7V laissés sur le champ de bataille mais assez loin à l'Ouest:
 
-Nr 529 "Nixe II" détruit par l'artillerie de campagne de 75 mm près de la ferme Perquin au Nord de Reims lors de l'attaque du "Panzerwagenabteilung 2" le 31 mai 1918 en direction de Reims.Le char a été atteint au moins par trois obus tuant trois membres de l'équipage et en blessant deux autres.
Ce char a été donné après la guerre aux Américains qui n'avaient pas capturé de modèle de char allemand.Malheureusement, le "Nixe II" a été ferraillé pendant la deuxième guerre mondiale.Voici une photo du "Nixe II" datant de 1918.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img732.jpg
 
-Nr 527 "Lotti" tombé en panne dans un fossé lors de l'attaque du "Panzerabteilung 1" sur le fort de La Pompelle le 1er juin 1918.Le char est abandonné par son équipage et un obus d'artillerie de campagne atteindra le char ultérieurement."Lotti" a été ferraillé sur place après la guerre vers 1922.
Cordialement, Guy.

n°3145
ALVF
Posté le 08-04-2009 à 22:09:34  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Deux photographies de l'A7V Nr 527 "Lotti":
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img731.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img735.jpg
Contrairement à la légende de la carte postale, "Lotti" a bien été détruit le 1er juin 1918.
Cordialement, Guy.


Message édité par ALVF le 08-04-2009 à 22:11:44
n°3148
Tanker
Posté le 09-04-2009 à 22:55:03  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Guy ayant scanné sa photo d'Elfriede manière professionnelle, des détails intéressants de la photo sont maintenant parfaitement lisibles. Ils démontrent que les accompagnateurs du char, désignés par l'AS, avaient le sens du commerce . . .  
 
                                http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/GrafittissurElfriede01.jpg
 
On peut en effet lire (détails 2 et 3) la remarque suivante (répétée deux fois) : "N'oubliez pas le dépanneur après avoir visité le char"
 
Rien n'indique que les accompagnateurs aient fait fortune avec les pièces qu'ils ont, peut-être, ramassé ou s'il ne s'agissait que d'une boutade de leur part. Il est aussi possible qu'ils soient restés avec le char pour la durée de l'exposition. Inévitablement des visites ont du être proposées à quelques autorités et il parait évident que des commentaires de personnels ayant travaillé sur le char (et connaissant les modèles français) pouvaient être appréciés. Il semble que, sur la place de la Concorde, l'inscription avait été effacée.                                
 
                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/Lapieceaudepanneur02a.jpg
 
Les deux inscriptions ne sont visiblement pas de la même main et la signature est difficile à lire. Il ne semble pas que ce soit le dépanneur de l'AS 101 qui était à Villers-Bretonneux et Saleux : le 2° classe Bécue.
En tout logique, après le départ du char pour Bourron, l'équipe de dépannage a du rejoindre son unité à Gouy les Groseillers. Cependant ces hommes venaient d'acquérir une expérience sur ce char allemand et il n'est donc pas impossible que les principaux techniciens aient suivi le char à Bourron. Ils avaient un savoir-faire à transmettre qui ne pouvait que faire gagner du temps aux futurs expérimentateurs.
 
                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/Lapieceaudepanneur01a.jpg
 
La troisième inscription est intéressante car elle est doublement signée. Son auteur est René Leruste, et il nous apprend qu'il appartient à la Section de Parc de l'AS 297. L'AS 297 était la Batterie de Parc d'AS du Grand Parc d'AS Camp de Bourron. . . . Il s'agit de la structure technique d'entretien des chars de ce camp.
 
 
                                 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/AS297SectiondeParc01a.jpg
 
Le chef du détachement était peut-être ce Maréchal des Logis à la bouffarde que l'on aperçoit en arrière du Groupe. . . . .(détail 5) et dont il reste à découvrir l'identité.
 
                                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/MdlxxxxAcompagnateurdelA7V01a.jpg
 
Les flêches mauves montre le marquage blanc fait autour des ouvertures de mitrailleuse. Il s'agit encore d'un marquage destiné à montrer les points que devaient atteindre les tirs d'armes d'infanterie.
Sur d'autres photos prise sur la place de la Concorde il est possible de voir que des découpent ont aussi été pratiquées à l'avant et à l'arrière. des éléments de blindage de 20 et 30 mm ont donc aussi été prélevés sur le char.
 
Ce petit exemple montre bien l'intérêt de numériser très gros. Cette photo n'est qu'une carte postale de qualité standard. Sur les photo Ecpa-D prises à Saleux le 18 Mai 1918, il est possible de voir qu'une bonne partie des inscriptions sont signées de la SRR 101. Tout n'est malheureusement pas lisible.  
A suivre sur d'autres futures photos bien lisibles . . . .  
 
Michel


Message édité par Tanker le 07-08-2010 à 21:04:50
n°6848
Tanker
Posté le 06-01-2011 à 13:09:44  profilanswer
 

Bonjour,
 
Voici l'extrait d'un mail du petit-fils d'un lieutenant du Tank Corps britannique, qui apporte quelques lumières sur la récupération d'Elfriede.  
 
. . ./ . . . I was very interested to find photos and details of this tank on your website. I believe my grandfather - 2nd Lt Alfred Edward Ashworth of the Tank Corps - was in command of the British tank which assisted the French in 1918 to capture Elfriede, the first German tank ever to be captured. He was awarded the Croix de Guerre.
 
Il apparait bien que sans l'aide des Britanniques, les français auraient eu un peu de mal à récupérer Elfriede.  
Et comme le précise F. Mitchell, dans son livre "Tank Warfare" (page 197), ce sont deux chars britanniques du Tank corps qui ont permis de relever Elfriede.
 
"The French considered various ways and means of dragging it (i.e. Elfriede) back, but decided that owing to its weight (45 tons) at least four Mark IV tanks with eight towing ropes, coupling shackles, and a few dozen sacks would be necessary, and, moreover, that it would be impossible except in daylight.
 
However the tempting prize was there waiting to be claimed and the 1st Battalion Tanks found the lure irrestisible; so one night two tanks, equipped with tackle, crept up to the trenches and out into no mans land.
Working without lights, and as silently as possible, with a low flying aeroplane helping to drown the noise of their engines, they managed to haul the prize back to a place of safety without a single casualty, although they were liable at any minute to have a few score guns open on them.

 
For this courageous and remarkable feat of engineering the officers and crews were awarded the Croix de Guerre by the general commanding the French Moroccan Division."
 
Les Saint Chamond dépannage de la SRR étaient alors occupés par des opérations de récupération au Sud d'Amiens. Par ailleurs, sans voie ferrée accessible au plus près du site, ces chars auraient eu beaucoup de difficultés à faire cet aller-retour sans problème.
Elfriede, après avoir été relevé par les chars Britanniques, a été remis en état par les mécanos français qui l'ont ramené à Saleux par voie routière.
 
Il est assez surprenant de voir que ni le JMO du Groupement II, ni le JMO de la SRR 101 ne font état de cette importante coopération.
Visiblement les français ne tenaient pas tellement à médiatiser ce moment de la récupération du char.
Il ne semble pas exister de documents français précisant à quel niveau et par qui a été décidée et organisée cette aide britannique.  
 
La seule trace de cette coopération tient dans le fait que (JMO SRR 101 le 12 Juillet 1918) :
            - les Lt Barsny et Cossin ont été décorés de la Military Cross  
            - Le MdL Vatinet, le Maitre-ouvrier Cherronnet et le Canonnier Bécue ont été décoré de la Military Medal.
 
Le relevage de nuit du char explique aussi pourquoi il ne semble pas exister de photos de cette partie du dépannage.  
Visiblement les photographes et cameramen du SPA ont photographié et filmé le char avant son relevage. Ils l'ont ensuite phographié et filmé à Saleux.
S'il existe des photos d'Elfriede après son relevage et avant son départ pour Saleux par voie routière, cela ne peut-être que des photos privées de soldats français, anglais ou australiens.
Un jour, peut-être . . . .  ! ! !  
 
A plus - Michel

n°7041
Marc Pilot
Posté le 13-01-2011 à 13:58:52  profilanswer
 

Bonjour
 
A gauche une série de noms de "l'équipe des As" ...
 
http://nsa25.casimages.com/img/2011/01/13/110113020209646810.jpg
 
Cordialement
 

n°7083
Tanker
Posté le 17-01-2011 à 13:08:54  profilanswer
 

Bonjour Marc,
 
Détail photo d'une de celles probablement prise par le SPA à Saleux.
Il y a, sans doute aussi des photos privées qui ont être réalisées à cette occasion.
 
Entre le 6 Mai et le 25 Mai 1918, tant à Villers-Bretonneux qu'à Saleux, une trentaine de photos ont été réalisées par
les photographes et cameramen du SPA (Renard, Samana-Chikli, Famechon et Bilowski).
Ils ont aussi filmé le char à 4 occasions (à Villers-Bretonneux et à Saleux).
 
Le film montré sur le site internet de la firme britannique Pathé est un des bouts de film sur Elfriede, tourné par les caméramen du Service Photographique de l'Armée.
La firme Pathé fabriquait les films qu'utilisait l'Armée française. Ce n'est pas elle qui réalisait les tournages . . . .  
 
A ce jour, il ne semble pas qu'il y ait eu d'autres films d'autres ou d'autre photos que ceux réalisés par l'Armée française sur cet évenement.
 
Toutes ces photos et films sont disponibles en numérique à l'Ecpa-D (Fort d'Ivry) et dans une qualité qui surprend souvent ceux qui n'ont jamais  
vu d'autres images que celles des revues d'époque ou d'autres films que les copies de copies ressassées par les sujets télévisés . . . .
 
Il n'existe apparemment aucune photo du char redressé dans la carrière et encore moins de cette opération de relevage qui s'est effectué de nuit.
 
Les seules dates bien fixées dans cette affaire sont celles de l'arrivée de l'équipe de la SRR le 4 Mai 1918, le départ du char vers minuit le 15 Mai 1918  
et sa présence à Saleux le 18 Mai 1918.
Il n'est pas impossible que des photos aient été faites le 17 Mai 1918, lors du déplacement du char par voie routière sur Saleux.  
Peut-être sortiront-elles un jour !
 
En ce qui concernant cette équipe des As, : "Jean Pinel, Alexandre Lann, Claude Nicolas, Louis Cachelet et Albert Mathon", ils ne font pas partie de l'équipe  
de sauvetage, citée par le JMO de la SRR. Le char est resté un bon moment à Saleux et les curieux ont alors été nombreux à le visiter et le "tagger"
 
A plus - Michel


Message édité par Tanker le 22-01-2011 à 16:13:20
n°7084
Tanker
Posté le 17-01-2011 à 13:39:52  profilanswer
 

Voici un relevé (fait un peu trop rapidement) au fort d'Ivry. . . . . .
Les numéros de missions et de photos ainsi que le minutage des séquences film sont bons.
Ils manquent quelques noms de photographes et il y a peut-être quelques erreurs de dates. . . . .
Correction à suivre ultérieurement.
 
     Photos :
 
Photos d'Elfriede à Villers-Bretonneux le 6 Mai 1918.  
                    Référence mission                            : SPA 85 V
                    Photographe                                   : Henri Bilowski
                    Photos n°                                       : 3129 - 3130 - 3131 - 2632 - 3133  
 
Photos d'Elfriede à Villers-Bretonneux le 7 Mai 1918.
                    Référence mission                            :  SPA 73 L
                    Photographe                                   : Albert Samana-Chikli
                    Photos n°                                       : 3476 - 3477
 
Photos d'Elfriede à Villers-Bretonneux le 10 Mai 1918.
                    Référence mission                            : SPA 132 R
                    Photographe                                   : Edmond Famechon
                    Photos n°                                       : 4656 - 4657 - 4658 - 4659
 
Photos d'Elfriede à Saleux le 18 Mai 1918.
                    Référence mission                            :  SPA 121 R  
                    Photographe                                   : Edmond Famechon
                    Photos n°                                       : 4494 - 4495 - 4496
 
Photos d'Elfriede à Saleux le 18 Mai 1918.
                    Référence mission                            :  SPA 124 R  
                    Photographe                                   : Edmond Famechon
                    Photos n°                                       : 4470 - 4471 - 4472 - 4473 - 4474 - 4475 - 4476 - 4477 - 4478 - 4479
 
Photos d'Elfriede à Saleux le 18 Mai 1918.
                    Référence mission                            :  SPA 125 R  
                    Photographe                                   : Edmond Famechon
                    Photos n°                                       : ? ? ? ?  
 
Photos d'Elfriede à Saleux le 25 Mai 1918.
                    Référence mission                            :  SPA 74 L
                    Photographe                                   : Albert Samana-Chikli
                    Photos n°                                       : 3478 - 3479 - 3480 - 3481 - 3482
 
  Films :
 
Films d'Elfriede à Villers-Bretonneux le 6 Mai 1918.  
                    Référence mission                            : SPA 14.18 B 287
                    Cameraman                                     :    . . . . Renard
                    Séquence du film                             : de 7mn 57 sec. à 12 mn 41 sec.
 
Films d'Elfriede à Villers-Bretonneux le 8 Mai 1918.  
                    Référence mission                            : SPA 14.18 A 62
                    Cameraman                                     : Albert Samana-Chikli
                    Séquence du film                             : de 7mn 38 sec. à 8 mn 14 sec.
 
Film d'Elfriede à Saleux le 25 Mai 1918.
                    Référence mission                            : SPA 14.18 B 550
                    Cameraman                                    :   . . . .  
                    Séquence du film                             :  de 5 mn 36 sec. à 6 mn 51 sec.
 
Film d'Elfriede à Saleux 25 Mai 1918.
                    Référence mission                            : SPA 14.18 B 124
                    Cameraman                                    :   . . . .  
                    Séquence du film                             :  de 8 mn 13 sec. à 8 mn 38 sec.
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 1068_1.htm


Message édité par Tanker le 22-01-2011 à 16:12:44
n°12224
Tanker
Posté le 16-09-2013 à 23:44:43  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Une photo intéressante prise au camp d'Artillerie Spéciale de Bourron, probablement en Juillet 1918.
Cette photo confirme bien les types d'essais blindage, mentionné dans le rapport de Juillet 1918.
 
                                                    http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUElfriedeaBourron03.jpg
 

n°12225
ALVF
Posté le 17-09-2013 à 09:19:40  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci, Michel, pour cette photographie.
A noter également que ces essais entraînent sans délai l(juillet 1918) le retrait du service du canon américain de 37 mm "Bethlehem Steel", acheté en faible nombre par la France et confié à certaines "Equipes de Défense contre les chars d'assaut".
Ces équipes sont désormais exclusivement armées du canon de 75 modèle 1897, installé sur un chevalet spécial permettant le tir rapide dans un vaste azimut horizontal (chevalet "Filloux" ).Ces 75 anti-chars n'auront qu'une unique occasion de tirer sur des chars allemands (en fait des chars britanniques Mark IV de prise) lors de la dernière offensive allemande, le 15 juillet 1918 sur le front de Champagne.
Cordialement,
Guy François.

n°13001
delmi83
Posté le 16-02-2014 à 12:18:31  profilanswer
 

Bonjour Michel, bonjour à tous,
 
Voici ce qui semble bien être le char Elfriede, au milieu d'autres prises de guerre...
 
On le retrouve donc place de la Concorde, on devine l'une des vasques des fontaines, à droite du lampadaire et un monument important sur la droite, probablement l'assemblée Nationale. Par contre, tous les graffitis ont disparu !
 
Merci encore pour vos commentaires appropriés.
 
Cette photo provient de la collection de Bernard Labarbe, qu'il a bien voulu mettre à disposition des membres du forum, merci à lui !
 
Cordialement
 
Michel
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/char1.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/Char%20gros%20plan.jpg


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n°13002
marlain464​8
Posté le 16-02-2014 à 13:29:10  profilanswer
 

bravo Michel c'est toujours un régal de lire tes posts

n°13050
delmi83
Posté le 21-02-2014 à 18:16:08  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
une autre vue qui s'apparente à la dernière photos posée par Michel, on y voit les mêmes bâtons posés à droite !
 
Michel
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/Elfelde.jpg


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n°13104
Tanker
Posté le 02-03-2014 à 17:53:38  profilanswer
 

Bonsoir Michel,
 
Voici une bout de carte au 1/80° du Polygone de l'Ecole d'Artillerie de Fontainebleau, polygone placé entre Fontainebleau et Bourron.
Si c'est bien là que les essais de tir sur Elfriede ont été effectués, cette photo d'Elfride pourrait être prise le long du chemin en lisière de forêt.
 
                                                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/CHAMPDETIR01.jpg
 
Apparemment, sur la photo de gauche du couple stéréoscopique sur plaque de verre, il y avait une maison . . . .
 
                                                              http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/DEUElfriedeaBourron07c.jpg
 
Les "batons" en appui sur le char sont, apparemment, une échelle en bois.
 
Bonne soirée - Michel
 
L'A7V Elfriede à Paris :
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 2041_1.htm


Message édité par Tanker le 09-06-2014 à 17:05:18
n°13949
delmi83
Posté le 21-08-2014 à 13:00:02  profilanswer
 

Bonjour Michel, bonjour Guy, bonjour à tous
 
je joins une nouvelle photo du char, peut-être lors d'un départ ?? On le voit bien posé sur ce wagon. Qui sont ces gens, mystère. Par contre, très peu d'inscriptions dessus, contrairement à d'autres photos du post. Donc photo antérieure ??
 
Merci à tous ceux qui pourront apporter un élément de réponse.
 
Je joins quelques agrandissements qui pourraient aider
Cordialement
 
Michel
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/A7VElfriedesurwagon.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/a7v2.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/a7v3.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/a7v1.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/a7v4.jpg


Message édité par delmi83 le 01-11-2014 à 15:07:28

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n°13951
Tanker
Posté le 21-08-2014 à 15:46:49  profilanswer
 

Bonjour Michel,
 
La réponse est là, depuis quelques temps déjà . . . .
 
                       http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 2041_1.htm
 
Voilà ce que c'est de ne pas lire tous les sujets . . .  :)  
 
Bonne lecture - Michel

n°13952
delmi83
Posté le 21-08-2014 à 16:40:46  profilanswer
 

mea culpa... !!!


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n°13954
alain13
Posté le 22-08-2014 à 12:55:38  profilanswer
 


Bonjour,
 
 Un Elfriede passablement surchargé :
 
http://img4.hostingpics.net/pics/738043elfriede.jpg
 
(Imperial War Museum)
 
Cordialement,
alain


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