Bonjour Pierre,
"Mon cavalier appartient au 13ème Dragons."
Excellent régiment !
"Il est commandé par le capitaine Delafontaine."
Il s'agit du Capitaine Louis Georges Marie Mottet de la Fontaine qui fut aussi affecté à l'Artillerie d'Assaut
et pris le commandement du Groupe de chars Saint Chamond AS 33.
Le Cne de la Fontaine a d'abord participé au stage du Servive Automobile de Chalons-sur-Marne, débutant le 10 Novembre 1916.
Trois semaines plus tard, début décembre, il était donc directement affecté dans l'AS et muté à Marly-le-Roi
à la 80° Batterie du 81° RALT (fort du Trou d'Enfer).
Visiblement votre cavalier n'a pas été entraîné dans l'aventure par son capitaine, mais c'est sans doute son départ en stage,
en vue d'être affecté dans les chars, qui l'a poussé à faire cette demande.
Le piston n'était absolument pas nécessaire, il suffisait, en application des ordres donnés par le Ministère de la Guerre de faire
acte individuelle de volontariat. Le Ministère, le GQG et le Général Estienne en ont alors reçu un certain nombre.
Contrairement au Cne Bossut, qui entraînat avec lui son escadon dans un acte de volontariat collectif,
il ne semble pas que ce soit le cas ici.
"Je n'ai pas trouvé un document qui donne la date précise de sa demande de mutation."
En donnant ses noms prénoms et grades, il y aura probablement moyen de retrouver ça.
Par ailleurs sa fiche matricule, réclamée aux archives départementales, devrait apporter des éléments de réponses.
Concernant son argumentaire, "ne plus supporter ses supérieurs" était probablement commun
à beaucoup de monde à l'époque et ce n'était pas un argument nécessairement productif . . . .
De nombreux muté à l'AS ont aussi été des "plus supportés du tout" par leurs chefs ...
Sa crainte de passer dans l'infanterie était des plus justifier, et fin 1916, le mouvement de dissolution
du surplus d'escadrons de cavalerie était lancé.
"Il envisage positivement les deux mois de formation à Maisons-Laffitte"
Et il était alors très mal informé car l'AS n'a jamais rien eu à Maison-Lafitte . . . !
Par contre, se dire que la période de formation pouvait durer et que c'était un bon moyen de s'éloigner du Front,
était un argument qui a du effleurer bon nombre d'affectés AS. Les exemples d'affectés fin 1916, dont le premier
retour au combat sera le printemps ou l'été 1918, sont très nombreux.
Il souhaite sortir de l'inaction imposée à la cavalerie « La cavalerie est finie »
Avec des charges de Reischoffen et des raids à cheval ! Oui tout à fait !
Et la cavalerie (comme beaucoup d'officiers très généraux) mettront longtemps à comprendre que le blindé
devait devenir le seul unique outil de la cavalerie . .
Dans cette arme, « on ne peut mourir que d'un obus »...
Là encore, ses idées sur la question étaient particulièrement fausses.
On mourrait dans l'As de la même façon que dans toutes les autres armée, et il n'avait probablement
pas envisagé qu'il pouvait mourir, brulé vivant, bloqué dans son char.
C'est ce type de mort qui rendait les poilus respectueux des hommes des chars, car ils leurs arrivaient d'y assister comme témoin . . .
J'aimerai, si c'était possible, une transcription de ce qui concerne l'AS, en particulier, une fois affecté dans les chars.
En dépit de la censure, il y a des tas d'informations à décrypter.
Les lettres du Maréchal des Logis Pierre Suberviolle, publiées par sa petite-fille, sont probablement de la même veine
et très intéressantes à lire. Pierre Suberviolle était dans les Renault FT au 12° BCL du 504° RAS.
(Lettre de la der des der de Catherien Labaume-Howard - Editions La Louve - 2011)
Votre cavalier aurait-il été affecté dans le Groupe de son ancien capitaine, ou celui-ci faisait-il partie
des supérieurs qu'il ne pouvait plus supporter ?
Bonne poursuite de lecture- Michel
Message édité par Tanker le 31-01-2012 à 12:32:40