Bonsoir,
L'emploi du nom du chef pour désigner une unité (tradition qui se pratique toujours dans l'armée française, au moins au
niveau des unités élémentaires) était aussi pendant la guerre 14-18 parfaitement réglementaire.
Cette manière de qualifier un Groupement servait à désigner une formation mis temporairement aux ordres d'un chef.
Le Groupement Mangin, créé en Juin 1918 pour la contre-attaque sur Méry en est un bon exemple.
Les 4 Divisions et Groupements de chars mis à la disposition du Général Mangin l'ont été, seulement pour une dizaine de jours.
Dans l'AS, en 1917, les trois premiers Groupements organisés ont été des Groupements temporaires aux structures provisoires et spécifiques.
Avec la mise en place, début 1918, de l'organisation définitive de l'Artillerie Spéciale, ces structures temporaires ont disparus.
Le 16 Avril 1917, le Groupement Bossut était à 5 Groupes de chars Schneider. (AS 2 - AS 4 - AS 5 - AS 6 - AS 9)
Le 16 Avril 1917, le Groupement Chaubès était à 3 Groupes de chars Schneider. (AS 3 - AS 7 - AS 8)
Le 5 Mai1917, le Groupement Lefebvre était à 2 Groupes Schneider et un Groupe St Chamond. (AS A - AS 10 - AS 31)
Le 23 Octobre 1917, le Groupement Lefebvre était à 2 Groupes Schneider et 2 Groupes St Chamond. (AS A - AS 10 - AS 31 - AS 33)
Le 23 Avril 1917, le Groupement Chaubès était à 3 Groupes de chars Schneider. (AS 8 - AS 11 - AS 12)
A partir du 1° Décembre 1917, la structure des Groupes et Groupements est définitivement fixée et les documents réglementaires
parlent, pour ces 4 Groupements, des Groupements n° I - II - III et X
Groupement n° I (Groupement de Forsanz) à 4 Groupes de chars Schneider (AS 2 - AS 4 - AS 5 - AS 9)
Groupement n° II (Groupement Chaubès) à 4 Groupes de chars Schneider (AS 3 - AS 8 - AS 11 - AS 12)
Groupement n° III (Groupement Lefebvre) à 4 Groupes de chars Schneider (AS 1 - AS 6 - AS 10 - AS 15)
Groupement n° X (Groupement de Perrinelle Dumay) à 3 Groupes de chars St Chamond (AS 31 - AS 33 - AS 36)
L'emploi du numéro de Groupement n'empéchait en rien de voir baptiser ces unités du nom de leur chef.
L'emploi du nom du chef, dans les documents administratifs militaires ne prévoyait pas d'y associer le prénom et
effectivement les prénoms ne sont quasiment jamais employés.
Dans l'étude historique de ces unités, et pour ne pas mélanger les périodes, il est bon de rester dans cette logique d'appellation.
Plusieurs groupes ayant changé de subordination leur filiation de Groupement est beaucoup plus simple à comprendre ainsi.
A titre d'exemple, la lecture du JMO du Groupement II permet de voir que le 13 Mars 1917, le Groupe AS 1 (commandé par le Capitaine Lefebvre)
appartenait au Groupement Chaubès (avec les Groupes AS 3 et AS 4).
Ce premier Groupement Chaubès est dissous le 22 Mars 1917.
Le 8 Avril 17 le Groupement Chaubès, engagé le 16 Avril 1917 à la Ferme du Temple est créé avec, comme mentionné plus haut (AS 3 - AS 7 - AS 8)
Le 28 Avril 17 le Groupement Chaubès, engagé le 23 Octobre 17 à La Malmaison est créé avec, comme mentionné plus haut (AS 8 - AS 11 - AS 12)
Le 10 Avril18, le Groupement Chaubès est créé dans sa structure définitive à 4 Groupes (AS 3 - AS 8 - AS 11 - AS 12).
Le Capitaine Hubert Lefebvre était artilleur au 22° RA avant d'arriver dans l'AS. Réserviste, il était Chef d'Escadron à Titre Temporaire.
Appartenant au Régiment du Colonel Estienne, il est présent avec lui dès les premières heures de l'AS, et il accompagnait le Colonnel Estienne,
en Décembre 1916, lors des premières discussions à Paris avec Louis Renault et Eugène Brillié (de la société Schneider)
Il était très apprécié du Général Estienne, qui tentera de lui faire commander le 505° RAS.
C'est l'Etat-Major Général qui refusera de nommer un officier de réserve à ce poste.
Alors qu'il n'était que Capitaine, le Général Estienne, qui ne voulait pas que le Capitaine de Frégate de Perrinelle Dumay
assure cette responsabilité, lui avait donné le commandement du Groupement mixte Schneider/St Chamond engagé au Mt Cornillet et à Laffaux.
Le Commandant Louis Léonard Chaubès était un fantassin provenant du 249° RI. Il était donc chef de Bataillon.
Le terme commandant n'a rien d'ambigu. Suivi d'un nom de famille il désigne bien un officier supérieur quatre galons.
S'il ne s'agit pas d'un officier appartenant à une structure interarmes comme les chars cette désignation est tout à fait claire.
Tous les dossiers officiers sont disponibles au SHD (Série 5 YE à 8 YE).
Une partie des répertoires sont en ligne sur mémoire des Hommes (les séries 5 YE et 6 YE).
Il est donc possible de trouver directement la référence du dossier (et donc de le commander pour aller le consulter sur place).
Pour les séries suivantes qui concernent les officiers ayant quitté le service (ou mort) après 1940, il faut se rendre à Vincennes
car les répertoires n'ont pas encore été mis sur Mémoires de Hommes.
Aplus et bonne soirée - Michel