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L'Artillerie de tranchée.

n°133
Jean RIOTT​E
Posté le 13-02-2008 à 11:32:34  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour Bernard et Florian,
Ma contribution à cette nouvelle rubrique, d'après de la doc. perso. ... bien que je ne sois pas "Artilleur".
Peut-être permettra-t-elle d'aider au lancement de cette nouvelle rubrique....
 
" La guerre de stabilisation s'étant généralisée dès la fin de 1914, il apparut très rapidement nécessaire de créer des matériels nouveaux mieux adaptés aux tirs de destruction des abris contre lesquels le canon de 75 à trajectoire trop tendue était inadapté. Les Allemands possédaient déjà des sortes de lance-bombes, les "minenwerfers" qui provoquaient de lourdes pertes dans no tranchées. Pour s'y opposer, on utilise tout ce que l'on pouvait, et en particulier, on récupéra dans les arsenaux des mortiers anciens de divers calibres dont le 150 qui datait du règne de Louis-Philippe. On improvisa beaucoup et finalement dès 1915, des matériels mieux étudiés commencent à sortir des usines, ce furent les divers types de 58, plus tard, en 1916, le 150 et enfin, le 240. L'Artillerie de Tranchée naquit donc presque spontanément et prit une importance toujours croissante, très appréciée des fantassins, car les artilleurs étaient parmi eux et partageaient leurs risques et leurs souffrances; elle supplée souvent l'artillerie lourde encore insuffisante, d'ailleurs son appellation officielle était: Artillerie légère puissante. Mais tout le monde appelait du même nom l'arme et son servant, le "crapouillot". Ce nom avait été donné, en premier lieu, au vieux mortier Louis-Philippard en raison de sa ressemlance avec un crapaud."
      (à suivre)
Sources: L'Artillerie française et ses insiges, par le CHef d'Escadron d'Artillerie Charles Letrait (e.r).
Cordialement.
Jean RIOTTE.


Message édité par Jean RIOTTE le 13-02-2008 à 17:32:22
n°134
TURPINITE
Lapides Clamabunt
Posté le 13-02-2008 à 11:38:32  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Jean,  
je confirme ce que tu nous dis, et plus particulièrement l'appellation de "crapouillot" qui désignait les mortiers lisses de 15 ou 22 qui au sol ressemblait à des crapauds. Ce nom fut récupéré ensuite par l'artillerie de tranchée et surtout sur le matériel de 58bis.
Amicalement
Florian


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S'ensevelir sous les ruines du fort, plutôt que de se rendre !
La munition, n'a ni amis, ni ennemis, elle ne connait que des victimes !
n°138
Jean RIOTT​E
Posté le 13-02-2008 à 17:58:26  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
   L'Artillerie de Tranchée (suite).
 
   " Les premières batteries de tranchée furent formées dans les dépôts d'artllerie de campagne, ou sur place, au front même, avec des volontaires venant des régiments d'artillerie, mais souvent aussi des autres Armes, de la Cavalerie en particulier. Ces batteries portaient le n° 101 et suivants pous le calibre 58, 121 et suivants pour le 150 modèle 1916 et 151 et suivants pour le 240.
Chaque batterie comprenait 12 mortiers (sauf pour le 150 et le 240 où il n'y en avait que 6). En 1917, au momment où l'artillerie de tranchée atteint son apogée (3000 mortiers, 300 batteries, 50000 canonniers) elle est réorganisée en groupes spécialisés toujours rattachés à des RA puis, en mars 1918, c'est la création des régiments: 175, 176, 177, 178èmes Régiments d'Artillerie de Tranchée. Chaque régiment est à 10 Groupes de 4 Batteries: 1 ou 2 de 58, 2 ou 1 de 150, 1 de 240. En outre un 179ème RAT regroupait les batteries de tranchée de l'Armée d'Orient."
      (à suivre)
 
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°145
Jean RIOTT​E
Posté le 14-02-2008 à 16:48:25  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
       L'Artillerie de Tranchée (suite et fin).
 
   "L'attribut distinctif des crapouillots fut créé en 1915, c'était réglementairement un attribut de spécialité, donc défini par le bulletin officiel. Il se portait sur la manche gauche de la vareuse et représentait une bombe à ailettes découpée en drap bleu foncé.
 C'est au 176ème RAT que furent rattachées les premières batteries anti-chars (à l'époque on disait anti-tanks).
 En 1919, tous ces régiments sont dissous et absorbés par les nouveaux Régiments d'Artillerie à Pied (RAP) qui en 1923 prendront l'appellation de Régiments d'Artillerie de Position. Un groupe de chacun de ces régiments est armé de mortiers de 150 ou de 240 (les seuls conservés), maintient les traditions et arbore les fourragères gagnées par les batteries de tranchée. Cinq batteries ont reçu cette distinction, fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre 1914-1918.
Ces batteries sont:
  - 175ème RAT: 10ème Batterie ex-101/12ème RAC, ex-129/59ème RAC;
                       25ème Batterie ex-130/26ème RAC, ex-104/46ème RAC.
  - 176ème RAT: 11ème Batterie ex-103/9ème RAC, ex-174/7ème RAC;
                       37ème Batterie ex-102/238ème RAC, ex-102/13ème RAC.
  - 177ème RAT: 2ème Batterie ex-104/253ème RAC."
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°146
TURPINITE
Lapides Clamabunt
Posté le 14-02-2008 à 18:32:51  profilanswer
 

Bonsoir à  tous, bonsoir Jean,  
merci d'avoir pris tous ce temps de recherche pour faire sortir un peu des cartons cette fameuse artillerie de tranchée.
Amicalement
Florian


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La munition, n'a ni amis, ni ennemis, elle ne connait que des victimes !
n°172
Jean27
Posté le 16-02-2008 à 20:37:49  profilanswer
 

Bonsoir
Puisque vous parlez d’artillerie de tranchée, n’oublions pas l’obusier pneumatique d’Edgar Brandt !
Curieux personnage que cet Edgar Brandt qui fur tout à la fois le plus grand ferronnier français du début du XXe siècle (le bouclier du soldat inconnu sous l’arc de Triomphe, c’est Brandt, la porte du monument de la tranchée des baïonnettes, c’est Brandt, le monument des Alsaciens-lorrains à Rethondes, c’est toujours Brandt) ; c’est Brandt qui faut l’inventeur du génial mortier de 81 mm (modèle 1927-1931), l’inventeur de la grenade à fusil, il est à l’origine du Bazooka… ; le nom d’Edgar Brandt fut donné après la guerre au grand groupe électroménager ‘(actuellement absorbé par l’Espagnol Fagor).  
Pour mettre au point son mortier de 81 mm, Brandt avait pris le tube du mortier anglais Stokes qui utilisait des tubes de tentes non alésés. Cet « emprunt » valut d’ailleurs à Brandt un difficile procès qu’il gagna, car il y avait autant de similitudes entre son mortier et celui de Stokes, qu’entre une 2CV et une Ferrarri. Surtout la munition, le projectile autopropulsé (on ne parle pas d’obus pour un mortier !) en forme de profil de poisson était très différent et très complexe. Aujourd’hui cette arme révolutionnaire pour l’époque est toujours utilisée, puisque les mortiers qui tirent aujourd’hui au Tchad ou en Irak sont des clones du mortier Brandt 1927-1931.
Curieusement l’obusier pneumatique (certains disent le mortier pneumatique) de 60 mm n’a pas eu de descendance, cette arme de tranchée utilisait comme force de propulsion la détente d’un gaz comprimé, soit du gaz carbonique liquéfié conservé dans des bouteilles (on ne savait pas alors liquéfier l’oxygène, donc pas d’air liquide), soit de l’air comprimé provenant d’un réservoir dans l’arme gonflé par trois pompes à pied manœuvrées par de solides gaillards. Les munitions étaient diverses : soit des projectiles explosifs, soit de fumigènes, des projectiles avec du gaz, même il existait des projectiles avec une petite cavité dans laquelle on mettait des messages. Cette arme fut adoptée curieusement par le Génie, Brandt reçut alors la commande de plusieurs millions de munitions fabriquées à Villeneuve-Saint-George.
Je cherche toujours un musée qui conserve un obusier Brandt de 60 mm complet en état de marche pour voir l’allure de l’engin ! Je ne sais pas si le musée du 6e Génie à Angers en possède un, je vais me renseigner là-dessus !
Enfin l’obusier Brandt, le mortier Brandt, comme toutes les armes comparables, forment l’artillerie de tranchée, mais cette artillerie est servie par des fantassins ! Il y a de l’artillerie de tranchée, par d’artilleurs de tranchée. Ainsi dans les années trente, quand Brandt mit au point un mortier de 120 mm (fabriqué après la IIWW) cette initiative fut très mal considérée par les artilleurs qui voyaient leur monopole disparaître !
 
Si vous voulez en savoir plus sur Brandt, allez sur ce site :  
pagesperso-orange.fr/sedlouviers/index.html
Cordialement

n°173
Jean27
Posté le 16-02-2008 à 20:41:55  profilanswer
 

voici l'allure qu'a cet obusier pneumatique, présenté par Brandt en tenue de fantassin.http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2706/obusier%20brandt.jpg

n°174
Jean27
Posté le 17-02-2008 à 00:05:26  profilanswer
 

Rebonsoir
en relisant les jolies pages de Jean Riotte, je constate que des artilleurs avaient été dépêchés dans les tranchées pendant la GG, autant pour moi, mais durant la IIWW, ce sont bien des fantassins qui utilisaient le mortier de 81 mm. Ces deux conflits sont comparables, mais non identiques !
Cordialement

n°178
Bernard Pl​umier
Posté le 18-02-2008 à 02:38:34  profilanswer
 

Bonjour,
 
en ce qui concerne les obusiers pneumatiques Français, je viens justement de mettre à jour sur mon site www.passioncompassion1418.comles fiches de certains mortiers de ce genre encore visibles de nos jours :
 
Brandt - Lhuillier de 120 mm : http://www.passioncompassion1418.c [...] erBxl.html
 
http://www.passioncompassion1418.com/Canons/ImagesCanons/France/Tranchee/BrandtLhuillierBxl1.jpg
 
Dormoy - Chateau de 50 mm : http://www.passioncompassion1418.c [...] auBxl.html
 
http://www.passioncompassion1418.com/Canons/ImagesCanons/France/Tranchee/DormoyChateauBxl1.jpg
 
Brandt mle 1915 de 60 mm : http://www.passioncompassion1418.c [...] ennes.html
 
http://www.passioncompassion1418.com/Canons/ImagesCanons/France/Tranchee/60BrandtVarennesA.jpg
 
Brandt mle 1916 de 60 mm : http://www.passioncompassion1418.c [...] illes.html
 
http://www.passioncompassion1418.com/Canons/ImagesCanons/France/Tranchee/60BrandtBruaillesB.jpg
 
En espérant que cela puisse vous aider
 
Amicalement
 
Bernard


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"- ... On s'amuse bien : tous les soirs nous enterrons nos copains !"
"La Peur" (en permission) - G. Chevalier

n°217
Remi Heber​t
Posté le 25-02-2008 à 22:27:20  profilanswer
 

Jean RIOTTE a écrit :

Bonjour à toutes et à tous,
 
   L'Artillerie de Tranchée (suite).
 
   " Les premières batteries de tranchée furent formées dans les dépôts d'artllerie de campagne, ou sur place, au front même, avec des volontaires venant des régiments d'artillerie, mais souvent aussi des autres Armes, de la Cavalerie en particulier. Ces batteries portaient le n° 101 et suivants pous le calibre 58, 121 et suivants pour le 150 modèle 1916 et 151 et suivants pour le 240.
Chaque batterie comprenait 12 mortiers (sauf pour le 150 et le 240 où il n'y en avait que 6). En 1917, au momment où l'artillerie de tranchée atteint son apogée (3000 mortiers, 300 batteries, 50000 canonniers) elle est réorganisée en groupes spécialisés toujours rattachés à des RA puis, en mars 1918, c'est la création des régiments: 175, 176, 177, 178èmes Régiments d'Artillerie de Tranchée. Chaque régiment est à 10 Groupes de 4 Batteries: 1 ou 2 de 58, 2 ou 1 de 150, 1 de 240. En outre un 179ème RAT regroupait les batteries de tranchée de l'Armée d'Orient."
      (à suivre)
 
Cordialement.
Jean RIOTTE.


 
 
 
Bonsoir Jean, bonsoir à tous,
 
 
 
Merci de toutes ces informations qui apportent des réponses à des questions que je me posais souvent depuis longtemps.
 
Un pb résiduel cependant : je lis que les batteries portaient le n° 121 et suivants pour le 150 (et 101 et s. pour le calibre 58) . Or , le journal de tranchées "Bombardia" se présente comme étant la gazette de la 121° batterie de 58   :??:  du 11° R.A.
 
Où est l'erreur s'il y en a une ?
 
Merci de bien vouloir m'éclairer
 
 
Bien cordialement  :jap:   :jap:   :jap:  
 
 
Remi  Hébert
 
 
 

n°218
Stephan @g​osto
Posté le 25-02-2008 à 23:30:58  profilanswer
 

Bonsoir Rémi,  
 
Tu sais, c'est toujours la même chose... la théorie et la vraie vie...
 

Citation :

Ces batteries portaient le n° 101 et suivants pous le calibre 58, 121 et suivants pour le 150 modèle 1916 et 151 et suivants pour le 240.


 
Je ne sais malheureusement pas résoudre ton problème résiduel, d'autant plus que j'ai du 240 L pour la 121e du 11e R.A.C. !
 
Mais, je te rassure, on trouve aussi des 104e batteries de 150, des 125e batteries de 58, ou bien encore des 116e batteries de 150 !  :lol:  
Bah, tout cela dépend, je crois, des périodes considérées ; l'organisation - d'autant plus pour une arme ou des services nouveaux - pouvait fluctuer considérablement au fil du temps.
 
Bon courage !
 
Amicalement,
 
Stéphan


Message édité par Stephan @gosto le 25-02-2008 à 23:34:01

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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : Le "Canard du Boyau - Nouvelle série" est dans les kiosques !
n°1123
voyou95
Posté le 05-09-2008 à 20:15:11  profilanswer
 

bonjour je recherche des insigne du 178e regiment de tranchee
merci

n°1126
voyou95
Posté le 06-09-2008 à 11:14:34  profilanswer
 

bonjour, mon grand pere ancien poilus de 14/18 etait au 178e regiment d'artillerie de tranchee, je recherche des renseignement sur ce regiment
bravo a vous qui permette de garder en memoire ce que nos grands peres
ont vecu et de faire revivre leur memoire
daniel petit fils de poilus

n°1127
charraud j​erome
Posté le 06-09-2008 à 11:35:22  profilanswer
 

voyou95 a écrit :

bonjour je recherche des insigne du 178e regiment de tranchee
merci


 
 
Bonjour
Je ne suis pas sûr que les insignes existaient pendant le conflit. La mise en place s'effectua d'abord dans l'aviation et le train. Les insignes (pucelles) apparurent plus tard.
A confirmer par les spécialistes (dont je ne suis pas du tout)
 
Cordialement
Jérôme Charraud


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Les RI et le département de l'Indre le blog - Les soldats de l'Indre le blog
n°1128
voyou95
Posté le 06-09-2008 à 13:39:50  profilanswer
 

merci jerome, je vais publier les 2 photos ou mon grand pere est en tenue
sont frere a ecrit un petit journal quant il etait dans les tranchees
les artilleur devaient bien avoir des chiffre sur leur uniforme est...
merci pour vos informations
daniel

n°1135
p Lamy
çà marmitte par ici !
Posté le 08-09-2008 à 08:22:49  profilanswer
 

Bonjour,
ma petite contribution :
58 n°2 (artllerie de Tranchée- Ecole Militaire d'artillerie - Cne Guillemin - 1922)
http://i35.tinypic.com/35d92sz.jpg
et en situation
http://i33.tinypic.com/2rep0cz.jpg
Cordialement
P. Lamy


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"C'est le Vin qui a fait gagner la Guerre"
Jean-Louis Billet, agent de liaison au 70e BACP
n°1147
humanbonb
Posté le 09-09-2008 à 21:16:42  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Je viens de découvrir ce post et avait pensé que nous pourrions présenté chacun des projectiles et canons qui ont été cités.
 
Voici donc, pour commencer, une photo d'un projectile modèle 1838 utilisé avec le mortier Louis-Phillipe. Ce dernier était équipé d'une fusée de type Gatard.
 
http://i33.tinypic.com/fbdxtk.jpg
 
 
Bonne soirée à tous.
Cordialement Julien.
En espérant voir ce post se compléter petit à petit.

n°1176
humanbonb
Posté le 12-09-2008 à 17:10:44  profilanswer
 

Personne ne voulant continuer sur le sujet, moi je le fais.
Voici donc un autre mortier français du tout début du conflit.
 
http://i34.tinypic.com/zmmrms.jpg
 
 
Bonne journée.

n°1178
lorrain54
Posté le 13-09-2008 à 10:44:51  profilanswer
 

Bonjour a tous, Bonjour Julien, il faut  en dire un peu plus sur cette chose !! que je ne connais pas et dont a première vue le fonctionnement m'échappe complètement, bonne journée bien pluvieuse ! du moins chez moi, Jean-Louis.


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Dites le a tous, " Il ne fait pas bon mourir".
n°1179
humanbonb
Posté le 13-09-2008 à 12:24:25  profilanswer
 

Bonjour Lorrain54.
Le deuxième mortier présentées possède une sorte de chapeau que je suppose être un capuchon de protection et donc de transport. ler mortier en lui même était équipé comme le modèle 1838 d'une fusée de type gatard.
Je laisse les spécialistes rentré dans les détails car je n'est pas la documentaion suffisante pour pouvoir te répondre précisemment.
 
Bonne journée.
cdlt Julien.

n°1180
TURPINITE
Lapides Clamabunt
Posté le 13-09-2008 à 12:56:36  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
voici en quelques mots un petit descriptif de la munition qui est plus connue sous le nom de "bombe à cornes"
 
Ce modèle a été rencontré en versions de hauteurs ou de couvercles différents, mais du même ordre. Ce couvercle était tenu en place par trois boulons de 14. La base tronconique adoptait le profil interne de la chambre à poudre du mortier, mais le vent devait rester important.
L'avant du projectile dépassait de la tranche antérieure du tube du mortier, ce qui permettait cette fixation particulière du couvercle par trois oreilles dépassantes et trois boulons. Une variante de ce projectile recevait un couvercle qui présentait un évidement en assiette dans lequel venaient se fixer deux allumeurs à traction du même principe que ceux du projectile Gatard.
Un autre projectile cylindrique en fonte, à base tronconique intérieurement renforcée par des nervures, plus court que le précédent, mais moulé d'un seul tenant, avec un fond renforcé de quatre nervures internes. Un raccord à six pans vissé dans l'oeil permettait la mise en place de la fusée concutante, après chargement en explosif. Il a également existé sans raccord, pour recevoir une fusée du type Gatard.
Le corps était réalisé au diamètre de 147 mm, mais en laissant deux surépaisseurs. Usinées au tour, celles-ci donnaient deux ceintures de guidage et d'étanchéité au calibre de 149 mm. Le projectile était pratiquement totalement introduit dans l'âme du mortier, seule la tranche avant affleurant, ce qui permettait d'ôter la goupille.
Sur une autre version, la ceinture antérieure était remplacée par des lignes saillantes longitudinales, qui évitaient le battement du projectile dans l’âme tout en en limitant l’usure.
Ces divers projectiles en fonte furent réalisés de manière semi-artisanale sur les arrières du
front lorrain. A notre connaissance, on n'en découvre nulle part ailleurs.
Ils étaient chargés en explosif de qualité médiocre (de la Perdit allemande récupérée a même
été observée dans l'un d'eux) et amorcés par une fusée très simple, en laiton, fusante à temps
fixe s'allumant par dispositif concutant au départ du coup. En 1987, un retard de 16 secondes a
été constaté.
La goupille traversante de la fusée ne s'enlevait qu'au moment du tir.De nos jours, un tel projectile présente un risque certain si la goupille immobilisant le concuteur ne remplit pas son office.
En effet, le ressort de sécurité, déjà très faible en 1915, est actuellement toujours très endommagé, voire totalement détruit par la corrosion due au bimétallisme. La fusée peut fonctionner par simple retournement ou chute de l'engin.
L'amorce était constituée d'une douille de laiton et carton, du type d'une cartouche de chasse
de calibre 16. Elle initiait une mèche elle-même munie d'un détonateur introduit dans un relais
de mélinite sous carton.
http://usera.ImageCave.com/TURPINITE/PROJ%20DE%2015%202.jpg
http://usera.ImageCave.com/TURPINITE/PROJECTILE%20DE%2015.jpg
 
Source: manuel de l'artillerie de tranchée - 1921.
 
Amicalement
Florian


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S'ensevelir sous les ruines du fort, plutôt que de se rendre !
La munition, n'a ni amis, ni ennemis, elle ne connait que des victimes !
n°1181
humanbonb
Posté le 13-09-2008 à 13:06:16  profilanswer
 

Superbe, merci à toi.
Peut-on par ailleurs, avoir le même style d'information sur le mortier modèle 1838 ?
 
Bonne journée.

n°1182
TURPINITE
Lapides Clamabunt
Posté le 13-09-2008 à 13:52:12  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
voici la suite :
http://usera.ImageCave.com/TURPINITE/page%20mort%20de%2015.jpg
http://usera.ImageCave.com/TURPINITE/page%20mort%20de%2015%202.jpg
 
Amicalement
Florian


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n°1188
guillaume ​jacquinet
Posté le 14-09-2008 à 13:08:35  profilanswer
 

Bonjour à tous, quelqu'un sait-il à quoi correspond la "vis de douille de secteur" sur le mortier de 58n°1, pièce à priori fragile qui cassait fréquemment lors du tir. Bon WE, G.J.

n°1191
p Lamy
çà marmitte par ici !
Posté le 17-09-2008 à 08:11:38  profilanswer
 

Bonjour,
à défaut de pouvoir répondre à la question de Guillaume, voici le 58 n°1
http://i35.tinypic.com/of1zb9.jpg
Cordialement.
P. Lamy


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"C'est le Vin qui a fait gagner la Guerre"
Jean-Louis Billet, agent de liaison au 70e BACP
n°11591
Pierre-Cha​rles
Posté le 12-03-2013 à 10:50:50  profilanswer
 

Bonjour,  
Est-il possible de savoir où était positionné le 175e RA deTranchées du 1ier avril au 18 juillet 1918 ?
Merci.


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Pierre-Charles
n°11592
ALVF
Posté le 12-03-2013 à 11:33:48  profilanswer
 

Bonjour,
 
Il faut absolument connaître la ou les batteries de tranchée qui vous intéressent car toutes les batteries sont dispersées.A défaut, il faut connaître le Groupe car l'artillerie de tranchée a connu de multiples réorganisations au cours de sa courte histoire.
L'organisation du 1er avril 1918 et le regroupement des groupes et batteries au sein des régiments, série 175 et au-dessus, n'eut guère qu'un but purement administratif.
Il faut aussi tenir compte que l'artillerie de tranchée est incroyablement sous-encadrée.A titre d'exemple, le capitaine de La Chapelle ("K.KI" en littérature) commandait un groupement d'artillerie de tranchée de 4.000 hommes avec le simple grade de capitaine de réserve!Qui dit mieux?
Cordialement,
Guy François.

n°11609
ALVF
Posté le 14-03-2013 à 19:00:11  profilanswer
 

Bonjour,
 
Suite à la liste des affectations de l'artilleur, objet de vos recherches, que vous m'avez envoyée en MP, je réponds ici car la réponse à ces questions est d'intérêt général.
En effet, malgré les apparences, votre artilleur a servi dans la même batterie d'artillerie de tranchée de 1915 à 1918 mais cette batterie a subi de multiples changements d'appellations en fonction des réorganisations incessantes de l'Artillerie de tranchée jusqu'au 1er avril 1918 où l'organisation se fige, ce qui n’empêchera pas un certain nombre de dissolutions d'unités avant le 11 novembre 1918.
Votre artilleur a donc servi:
-de la création de la batterie jusqu'au 24 juillet 1915: 16e batterie du 6e R.A.C..
-du 24 juillet 1915 au 1er octobre 1917: 104e batterie du 6e R.A.C.
-du 1er octobre 1917 au 1er avril 1918: 101e batterie du 54e R.A.C.
-à partir du 1er avril 1918: 9e batterie du 175e R.A.T.
 
En fait, ces multiples appellations concernent la même batterie constituant la batterie puis une des deux batteries de tranchée de la 28e Division d'Infanterie.
Paradoxalement, tout ceci découle d'une logique qui nécessiterait de nombreuses pages d'explications.J'espère publier un jour les textes qui régissent cette organisation très complexe  en illustrant par des tableaux le panorama complet de l'artillerie de tranchée.Tout ceci est complexe, chaque tableau comportera 4 ou 5 pages et il y aura au moins cinq tableaux différents.Je ne vois pas d'autres solutions pour synthétiser un sujet d'une rare complexité!
Cordialement,
Guy François.

n°17429
hugues
Posté le 24-12-2016 à 09:34:50  profilanswer
 

Bonjour a tous,
 
Je fais des recherches sur le canonnier JUIN du 45e RAC a la 102e batterie de 58T No 2 qui servait dans le secteur de la 125e DI entre, en gros, Four de Paris et Fille Morte.
 
Les positions de 58 étaient elles fixe dans les lignes et avaient elles un aménagement particulier. Etaient elle réparties régulierement sur la ligne de front ou étaient elles en groupes. Sur une carte du 55e RI (JMO), il est inscrit en limite de secteur Fille Morte, "emplacement lances bombes", ce qui laisse penser que les mortiers étaient tous au même endroit...
 
Autre question, JUIN est mort le 13 Février 1916 "Tué à son poste de combat lors d'un tir sous un violent bombardement" (extrait de l'arrêté portant concessions de la Médaille Militaire) , et son camarade Maître Point BEGOT blessé (JMO 102e batterie 45e RAC). Puis le 14 pas de pertes.
Sur le JMO du 72e RI, il est inscrit en date du 14 Février:
" Journée calme, l'artillerie ennemie est peu active, toutefois 1 Miners tombe sur l'abri du canon de 58, tuant un artilleur et en blessant griévement un autre."
Pourrait il s'agir du même événement, mais avec une erreur sur la date du 14?
 
En tout cas, merci pour toutes les informations que vous nous faites partager sur ce merveilleux site.
Bonnes fêtes à tous.
 
Hugues
 
 
 
 

n°17710
mo120rtf1
Alter post fulmina terror
Posté le 22-02-2017 à 14:04:09  profilanswer
 

bonjour,  
Enme promenant hier dans la nécropole militaire de Gerbeviller, je suis tombé sur deux soldats du 8°RAT et un du 8°RAC.
Ma question est, c'est deux régiment sont ils un seul et même régiment???
Si ce n'est pas le cas, pouvez vous m'expliquer?
Cordialement.
T.Fr

n°17711
Yv'
Posté le 22-02-2017 à 15:55:43  profilanswer
 

Bonjour,
 
A ma connaissance, il n'y a eu que le 8e R.A.C. et le 8e R.A.P.
 
Cordialement,
Yves

n°17713
bernard55
porté disparu a lachalade
Posté le 22-02-2017 à 19:28:25  profilanswer
 

Bonjour,
 
un mortier français 58 T n°2
 
photo prise a VAUQUOIS aout 2016
 
Cordialement : Bernardhttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/14820/IMG1811.jpg


Message édité par bernard55 le 22-02-2017 à 19:30:19

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