Bonjour,
L'armement réglementaire des artilleurs (arme longue) est le mousqueton modèle 1892 de 8 mm à chargeur de trois coups et sabre-baïonnette modèle 1892.
Cet armement est valable en 1914 pour toutes les batteries actives et la très grande majorité des batteries de réserve.
Les unités territoriales et beaucoup de batteries d'artillerie lourde créées pendant la guerre, notamment d'Artillerie Lourde à Grande Puissance, recevront le mousqueton modèle 1874-M-80 ou modèle 1866-74-M-80 de 11 mm à un coup avec sabre-baönnette modèle 1866.
En 1916, certaines unités d'Artillerie Lourde à Tracteurs ont reçu le fusil Remington de 8 mm à un coup avec sabre-baïonnette, quelques batteries d'A.L.V.F ont reçu aussi le mousqueton Winchester de 7,62 mm à magasin de six cartouches sans baïonnette (c'est la célèbre carabine Winchester, calibre 30x30).
La disparité de l'armement des batteries lourdes ne posait pas de problème car ces unités n'avaient pas vocation à combattre en première ligne.
Toutefois, quand les choses tournent mal, les armes anciennes utilisant des cartouches chargées en poudre noire constituent un gros handicap.Des unités d'infanterie renvoient ainsi à l'arrière des canonniers marins qui faisaient le coup de feu avec elles à Verdun en février 1916 après le sabordage de leurs pièces fixes car les nuages de fumée de poudre noire désignent immédiatement à l'ennemi la position occupée par ces tireurs.
Le changement d'armement sera progressif et parfois hâté par les événements, ainsi des batteries d'A.L.V.F surprises lors de l'attaque du 27 mai 1918 doivent encore se servir de leurs vieux mousquetons Mle 1874 à poudre noire.Aussi, dès leur repli assuré, ces unités sont réarmées et reçoivent le tout nouveau mousqueton modèle 1892-M-16 à chargeur de cinq coups et sabre-baïonnette, un privilège rare car l'armement des grandes unités en armes longues modifiées M 16 à chargeur de cinq coups oblige au changement total et d'un seul coup de l'armement des soldats pour des raisons évidentes de logistique.C'est ce qui explique que des petites unités isolées, comme les batteries d'A.L.G.P, aient pu toucher rapidement ces mousquetons à cinq coups.
Je précise, pour les éternels sceptiques, que je dispose de copies de documents de dotations prouvant ces dires et aussi de photographies d'artilleurs équipés de chacun de ces matériels (ceci pour répondre par avance aux "collectionneurs" qui nient souvent l'emploi des armes modifiées 1916 à cinq coups pendant la guerre).
Cordialement,
Guy François.