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  Une "pin-up" bien de chez nous!

 

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Une "pin-up" bien de chez nous!

n°7144
ALVF
Posté le 22-01-2011 à 18:05:44  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Dessiner, voire même sculpter, un symbole sur un matériel de guerre est très ancien.Par contre, orner un tel matériel d'une scène "osée" semble une création typique des "G.I" de 1944 jusqu'à nos jours.
Voici pourtant un tableau "léger", inhabituel pour l'époque, qu'ont peint les artilleurs du 8ème Groupe de 32 cm du capitaine puis chef d'escadron Laurent en 1916 sur une de leur pièce, le canon de 32 cm modèle 1870-81 sur affût à glissement Schneider AT 3043 "L'Espérance", démontrant ainsi que les américains ne sont pas les inventeurs du concept:
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img428.jpg1..jpg
Le matériel de 32 cm Mle 1870-81 "L'Espérance" est sorti d'usine en juillet 1916, il comprend un ancien canon de côte fabriqué en 1888 et l'affût à glissement Schneider AT 3043 construit neuf en 1915-1916.Il est photographié ici en août 1916 au Centre de Formation de l'A.L.V.F de Bailleul-sur-Thérain près de Beauvais avant d'être engagé sur la Somme.Il porte encore la peinture "usine" de la nuance "gris artillerie" mais a été baptisé à Montchanin à sa sortie d'usine par ses servants qui lui ont donné le nom "L'Espérance" peint sur les flancs de la poutre-affût.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img429.jpg
Avant son engagement sur le front, "L'Espérance" reçoit la peinture "camouflée" propre aux gros matériels d'A.L.V.F et reçoit d'un "artiste" inconnu de la batterie cette splendide scène!Pour la petite histoire, "L'Espérance" a été prêtée aux américains en 1918 mais elle portait déjà cette scène, visible sur des photographies de l'été 1917.Cette "beauté" est bien française!
 
Cordialement,
Guy François.


Message édité par ALVF le 23-01-2011 à 21:21:50
n°7155
Laurent59
Mémoire du 72e et 272e RI
Posté le 23-01-2011 à 16:34:37  profilanswer
 

Bonjour, bravo pour cette trouvaille, je pensais que ce genre de dessin n'existait que pendant la seconde guerre mondiale, je parle des "pin'up" féminin. Avez vous le détail des couleurs utilisées pour le camouflage ?
 
Laurent  :hello:


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Histoire du soldat François Louchart 72ème RI .  
Site du 72e et 272e RI Régiments Picards dans la grande guerre.
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n°7158
ALVF
Posté le 23-01-2011 à 18:47:01  profilanswer
 

Bonjour,
 
Pour ce qui concerne le camouflage des matériels, les couleurs initialement employées étaient surtout le vert sombre, le jaune, le violet et l'ocre.Vers la fin de la guerre, les nuances "vert sombre" et "terre d'ombre foncée" avaient la préférence des camoufleurs.Le sertissage en noir des couleurs, fréquent au début du camouflage, n'avait plus la faveur des spécialistes du camouflage dès 1917.
Cordialement,
Guy François.

n°7159
Laurent59
Mémoire du 72e et 272e RI
Posté le 23-01-2011 à 19:05:34  profilanswer
 

Merci pour cette réponse ! est ce que les premières études sur le camouflage ont été inspirées du mouvement "Cubisme" dont Brach, Picasso et Léger ont été un moment les précurseurs ?
 
Laurent  :hello:


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Histoire du soldat François Louchart 72ème RI .  
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n°7161
TURPINITE
Lapides Clamabunt
Posté le 23-01-2011 à 19:21:31  profilanswer
 

Bonjour,  
 
je ne dirais qu'un mot, splendide !
 
Pour le camouflage, je penserais plutôt à Louis Guingot, dont la famille a tenu pendant très longtemps, une quincaillerie chez moi, ici à Remiremont.
 
Amicalement
Florian


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S'ensevelir sous les ruines du fort, plutôt que de se rendre !
La munition, n'a ni amis, ni ennemis, elle ne connait que des victimes !
Si j'avance, suivez moi! Si je recule, tuez moi! si je meurs, vengez moi !
n°7163
ALVF
Posté le 23-01-2011 à 22:03:31  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Pour revenir à la question de Laurent, si les origines du camouflage viennent bien d'artistes peintres, c'est un symboliste, Guirand de Scevola qui fut bien le précurseur de ces travaux.
Certes, par la suite, de nombreux artistes, et singulièrement des cubistes, ont fait partie de l'immense structure (3.000 hommes!) rassemblant des organismes fort nombreux oeuvrant pour le camouflage.Il serait intéressant, en fonction de leur âge en 1914-1918, de distinguer les "inventeurs" des simples "planqués" pour ne pas dire des "embusqués" qui ont mis au service de l'Armée leur précieuse existence et leur savoir dans des ateliers surtout parisiens pendant que bien d'autres servaient et mouraient dans les tranchées...
Cordialement,
Guy François.


Message édité par ALVF le 23-01-2011 à 22:12:04
n°7164
badon54
Lorrain d'abord
Posté le 23-01-2011 à 22:13:36  profilanswer
 

bonsoir
 
Question du neuneu de service : sur plusieurs photos, on peut voir des hommes alignés le long de la pièce sur le ballast.
C'est quoi, le but de la manoeuvre ?
 
Bonne fin de soirée


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1418tement vôtre
Bernard
n°7165
ALVF
Posté le 23-01-2011 à 22:35:27  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Ces servants actionnent des vérins qui vont permettre l'appui de la poutre-affût portant le canon sur une plateforme et des longrines établies parallèlement à la voie afin de soulager totalement les essieux ferroviaires.Ainsi, la poutre-affût "glissera" sur ce chemin de longrines.Compte-tenu du poids énorme de l'affût, ce glissement ne s'exerce que sur un mètre environ au moment du tir.Après le tir, l'opération inverse permet de ramener au moyen de treuils à bras l'affût dans sa position initiale sur ses roues (la manoeuvre sera électrique à la fin de la guerre).
Voilà pourquoi ces affûts très simples s'appellent à "glissement".
Il est bon de préciser que les "spécialistes" mal informés affirmant que l'affût recule sur ces roues de plusieurs dizaines de mètres (ou centaines de mètres en fonction de leur imagination!) sont totalement dans l'erreur!Compte-tenu des forces qui s'exercent, aucun essieu ni boggies ferroviaires ne pourrait supporter la violence de la réaction au moment du tir.
Ces affûts de conception assez "primitive" sont totalement privés de système de frein de recul et sont faciles à construire, ils sont rustiques mais efficaces.Les manoeuvres décrites se font pendant le temps du rechargement de l'ordre de 3 à 5 minutes.
D'autres matériels d'A.L.V.F (400, 370, 340 B, etc...) ont des affûts beaucoup plus modernes avec frein et récupérateurs.
Cordialement,
Guy François.

n°7166
Laurent59
Mémoire du 72e et 272e RI
Posté le 24-01-2011 à 05:04:16  profilanswer
 

Bonjour, très intéressant tout cela ! merci Guy François
 
Laurent  :hello:


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Histoire du soldat François Louchart 72ème RI .  
Site du 72e et 272e RI Régiments Picards dans la grande guerre.
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n°7167
badon54
Lorrain d'abord
Posté le 24-01-2011 à 06:48:29  profilanswer
 

bonjour
 
Bien, je commence la journée un peu moins bête que celle de hier !
Merci pour la réponse.


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1418tement vôtre
Bernard
n°7168
lorrain54
Posté le 24-01-2011 à 09:54:01  profilanswer
 

Bonjour a tous,
Oui moi aussi , Merci ALVF pour ces explications  :wahoo:  
 
Belle Journée , Jean-Louis.


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Dites le a tous, " Il ne fait pas bon mourir".
n°7169
TURPINITE
Lapides Clamabunt
Posté le 24-01-2011 à 12:53:08  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
 
pour reparler de Louis Guingot, il est né le 3 janvier 1864 à Remiremont (Vosges) et mort le 16 décembre 1948 à Lay-Saint-Christophe (Meurthe-et-Moselle), c'est un peintre décorateur de l'École de Nancy. Il pratique aussi la peinture sur étoffes et détient un brevet de peintures lavables.
 
Il met au point, grâce à sa maitrise de la peinture sur étoffe, une veste (première veste « léopard ») et une cagoule destinées à rendre moins visibles les soldats. Il les fait parvenir à l'état major, qui prélève un morceau du drap peint, mais ne semble pas interessé. Grâce à l'appui de quelques militaires, un an plus tard, sa découverte verra une application dans le camouflage…du matériel, mais pas encore des hommes.
 
Des essais concluants de repérage aérien sont effectués à Toul, dès septembre 1914, avec une bâche et des cagoules peintes par Louis Guingot. Ce succès entraîne la création d'un atelier de camouflage, chez lui, où il emploie des civils, avant que l'Armée crée à Toul le Service du camouflage. Des peintres sous les drapeaux y sont affectés, dirigés par Louis Guingot, ils prennent le nom d'équipe «caméléon». Cet animal devient leur insigne.
 
La demande afflue, Guingot dans son atelier de la “chaumière” ne peut pas suivre ; il s'engage alors dans l'armée (il a 50 ans) et entre dans la section spéciale des peintres spécialisés dans la fabrication de cette étoffe. N'étant pas un administrateur, il laisse sa place de responsable du service à Lucien-Victor Guirand de Scévola qui va rapidement chapeauter la section avec l’aide du maréchal des logis Eugène Corbin, administrateur des Magasins réunis de Nancy.
 
Le premier document concernant le camouflage émane du ministère de la Guerre et il est daté du 12 février 1915. Le 14 août de la même année, le général Joffre, commandant en chef, donna une organisation régulière aux camoufleurs, rassemblés en une unité rattachée au grand quartier général. La technique des formes développée par les cubistes fut ainsi mise à contribution pour « simuler et dissimuler ».
 
Des ateliers furent installés à Paris, Amiens, Nancy, Limey, Châlons-sur-Marne, Noyon et Chantilly. La petite équipe, affectée d'abord à la IIe armée qui opérait alors sur le front de Picardie, commença immédiatement ses travaux.
 
Les expériences répétées auxquelles elle se livra permirent de se rendre compte qu'il était possible: de rendre invisibles, dans certaines conditions, les batteries, les dépôts, les ouvrages mêmes et jusqu'au tracé de la fortification, de tromper l'ennemi et de compléter le camouflage en installant de fausses organisations, de faciliter et de rendre moins dangereuse l'observation en utilisant les accidents naturels du sol.
 
Amicalement
Florian
 


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n°7176
rugby-pion​eers
Posté le 26-01-2011 à 17:25:53  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci, Guy, pour cette "pin up" et tous vos éclairages.
 
F-


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Frédéric
www.rugby-pioneers.com
n°7315
CTP
Posté le 16-02-2011 à 22:30:16  profilanswer
 

Bonsoir
 
Guirand de Scevola au travail à l'escadrille MS23
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/653/ms23-camouflage-g.jpg
"Escadrille MS 23.Treux, Somme. Le camouflage de l'appareil de Lacrouze pour le rendre invisible aux avions boches. Par Guirand Scevola, fameux peintre."
 
Cordialement
Claude


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Claude Thollon-Pommerol
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