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Canon portatif !

n°3386
Herve Toul​otte
Toujours en avant !
Posté le 26-05-2009 à 20:45:54  profilanswer
 

Bonsoir,
 
C'est en consultant un dossier individuel d'un soldat d'infanterie que j'ai pu constater qu'il était affecté à un canon portatif "archer".
N'ayant jamais vu cela inscrit alors que je consulte depuis près de 10 ans, disposeriez-vous de renseignements sur ce canon ?
Serait-ce le canon de 37 ?
Merci. Cordialement, Hervé.


Message édité par Herve Toulotte le 26-05-2009 à 20:46:34

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N'hésitez pas à consulter mes deux blogs : http://saintomer8ri.canalblog.com/ ; http://bethune73ri.canalblog.com/
n°3387
TURPINITE
Lapides Clamabunt
Posté le 26-05-2009 à 21:00:08  profilanswer
 

Bonsoir Hervé,  
 
non, il s'agit du mortier Archer, en voici un descriptif, je t'envoie par mail ma doc avec le mortier et les projectiles.
 
Les mortiers Archer étaient des bouches à feu en bronze, à âme lisse aux calibres de 85 mm et de 130 mm, montées sur une plate-forme en bois très rudimentaire et munies d’un système de pointage grossier organisé pour le tir sous un angle compris entre 25° et 75°.
Pour le transport, les pièces pouvaient être dotées de roues.
A la fin de 1916, la pièce de 85 mm n’en était qu’au stade des essais. Celle de 130 mm était à l’étude. Destinées à être servie par l’Infanterie, ces bouches à feu ne connurent pas le succès des mortiers de 58 T.
Un obus Schneider de 76 mm du type qui était livré à la Russie, avec les restes d’un sabot de bois et d’un collier de tôle, destiné au tir par le mortier Archer.
Mortier Archer de 85mm.
Ce mortier devait projeter des corps de bombes de 16 kilos pour mortier de 58 T fixés sur un empennage en bois plein. Un tel projectile aurait un poids de 14,5 kilos. Il devait également lancer un obus de 75 mm serti sur l’empennage de bois au moyen d’une garniture métallique.
mortier Archer de 130 mm.
Ce mortier devait projeter des corps de bombes LS (en dotation pour le mortier de 58 T) fixées sur un empennage en bois plein. Un tel projectile aurait un poids de 15 kilos, dont 6 kilos d’explosif P. La charge propulsive envisagée au début de 1917 était de 72 grammes de poudre balistite , sans appoint, pour obtenir une portée de 1200 mètres.
Le même mortier de 130 mm était destiné à lancer à 900 mètres un projectile de 23 kilos constitué d’un obus de 120 mm renfermant 6 kilos d’explosif et fixé sur un empennage de bois plein. La charge propulsive envisagée était de 68 grammes de balistite 5. Le poids d’explosif annoncé était sans doute excessif : les plus performants des obus allongés de 120 mm en acier ne pouvaient guère contenir plus de 4,27 kilos de mélinite. muni à son extrémité inférieure d’un obturateur spécial en aluminium et de griffes métalliques entre lesquelles était retenue la charge propulsive.
Dans le cas des bombes de tranchée, celles-ci restaient munies de leurs ailettes, et la queue cylindique était raccourcie à 7 cm, formant un manchon dans lequel venait s’emboîter l’empennage de bois.
 
Amicalement
Florian
 


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S'ensevelir sous les ruines du fort, plutôt que de se rendre !
La munition, n'a ni amis, ni ennemis, elle ne connait que des victimes !
Si j'avance, suivez moi! Si je recule, tuez moi! si je meurs, vengez moi !
n°3389
Herve Toul​otte
Toujours en avant !
Posté le 26-05-2009 à 21:47:30  profilanswer
 

Bonsoir Florian,
 
Tu es plus rapide que le mortier Archer  :D , un grand merci pour tes réponses.
Amicalement, Hervé.


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n°3390
ALVF
Posté le 26-05-2009 à 22:13:16  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Il serait intéressant que Hervé nous précise les dates d'affectation du soldat à un "canon portatif" Archer.
En effet, la seule réalisation d'un canon Archer méritant le nom de "canon portatif" Archer est le modèle de 40 mm présenté dès 1915 et essayé à Bourges en septembre-octobre 1915.
Le modèle de 85 mm est beaucoup plus lourd et ne sera employé qu'en 1918.Entre temps, il y a eu beaucoup d'essais de canons Archer à Bourges, Mailly et Lassigny....et beaucoup de polémiques entre les Services de l'Artillerie et Archer au sujet de ses inventions!
Je joins 3 photos du modèle de 40 mm et une du premier modèle de 85 mm.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img007.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img008.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img009.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img010.jpg
 
Cordialement, Guy.

n°3392
Herve Toul​otte
Toujours en avant !
Posté le 27-05-2009 à 08:18:56  profilanswer
 

Bonjour Guy,
 
Ce soldat était mitrailleur au 8e RI et affecté à la "section spéciale canon portatif archer" en janvier 1918.
Je n'en sais pas plus sauf qu'il s'en est sorti...
Merci de vos indications, cordialement, Hervé.


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n°3393
ALVF
Posté le 27-05-2009 à 21:54:54  profilanswer
 

Bonsoir,
 
L'emploi des canons Archer est mal connu , essentiellement du fait de l'incroyable contexte des années 1914-1915 où un grand nombre "d'inventeurs" de toute sorte, plus ou moins soutenus par des parlementaires, ont cru avoir réalisé le moyen efficace et pas cher d'abréger la guerre! De surcroît, des campagnes de presse, pas toujours très claires quant à leur motivation, n'ont cessé de critiquer "l'incompétence" des Services de l'Artillerie.
Les inventions d'Archer ont été souvent remarquables (auto-mitrailleuses, canons de tranchée, canons d'accompagnement de l'infanterie), malheureusement les luttes politiques souterraines (malgré "l'Union Sacrée" ) ont totalement dénaturé le débat.
Pour simplifier, Archer, grâce à de puissantes relations, a pu, malgré l'hostilité des Services de l'Artillerie, faire mettre en commande, en décembre 1915 ,100 canons Archer, dits "modèle 1915".Ces canons de 85 mm ont été employés sur la Somme en 1916 mais je ne connais pas les conditions de leur emploi.
L'année 1917 a vu, lors des expériences successives de Mailly et de Roye-Lassigny, l'affrontement direct d'Archer (et de ses amis politiques) avec les Services de l'Artillerie qui ont préféré l'adoption de matériels supérieurs aux réalisations d'Archer.
Toutefois, dans des conditions mal connues, Archer a pu en décembre 1918 faire mettre en commande avec la "bénédiction" de Georges Clémenceau 2000 canons de 85 mm dits "modèle 1918".
Ces canons, version à peine améliorée du "modèle 1915", ont été peu employés du fait de nombreuses réticences du G.Q.G et des Services de l'Artillerie.Toutefois, 300 canons Archer ont été employés en juillet 1918 à la IVème Armée française en Champagne.
Dans son livre plaidoyer "L'énigme de la guerre" paru en 1920, Archer affirme que les régiments suivants ont employé avec succès son canon en juillet 1918 en Champagne lors de l'offensive allemande ("Friedensturm" ): 7ème, 23ème, 43ème R.I.C., 115ème, 124ème, 216ème, 291ème, 297ème, 363ème, 413ème R.I et le 31ème Bataillon de chasseurs.A l'appui de sa démonstration, il retranscrit un bon nombre de citations individuelles faisant référence au canon Archer.
Si des lecteurs spécialistes des Régiments précités et de l'offensive du 15 juillet 1918 en Champagne ont pu relever des éléments sur l'emploi du canon Archer, je serai très intéressé par tout renseignement utile.
Je joins deux photos de canons Archer, la première montre le "modèle 1915" employé dans la Somme en 1916, la seconde un "modèle 1918", à peu près semblable au précédent.On peut légitimement s'interroger sur l'adoption en décembre 1917 d'un modèle aussi "primitif".Il est vrai que le premier canon d'accompagnement de l'infanterie n'apparaîtra sur le front qu'à l'été 1918 sous la forme du 150 T Mle 1917 "Fabry".
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img011.jpg
                   Canon Archer de 85 mm Mle 1915 dans la Somme en 1916.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img012.jpg
                           Canon Archer de 85 mm Mle 1918 en 1918.
 
Cordialement, Guy.

Message cité 1 fois
Message édité par ALVF le 27-05-2009 à 21:57:20
n°3394
Herve Toul​otte
Toujours en avant !
Posté le 27-05-2009 à 22:22:39  profilanswer
 

[quote]

ALVF a écrit :

Bonsoir,
 
L'emploi des canons Archer est mal connu , essentiellement du fait de l'incroyable contexte des années 1914-1915 où un grand nombre "d'inventeurs" de toute sorte, plus ou moins soutenus par des parlementaires, ont cru avoir réalisé le moyen efficace et pas cher d'abréger la guerre! De surcroît, des campagnes de presse, pas toujours très claires quant à leur motivation, n'ont cessé de critiquer "l'incompétence" des Services de l'Artillerie.
Les inventions d'Archer ont été souvent remarquables (auto-mitrailleuses, canons de tranchée, canons d'accompagnement de l'infanterie), malheureusement les luttes politiques souterraines (malgré "l'Union Sacrée" ) ont totalement dénaturé le débat.
Pour simplifier, Archer, grâce à de puissantes relations, a pu, malgré l'hostilité des Services de l'Artillerie, faire mettre en commande, en décembre 1915 ,100 canons Archer, dits "modèle 1915".Ces canons de 85 mm ont été employés sur la Somme en 1916 mais je ne connais pas les conditions de leur emploi.
L'année 1917 a vu, lors des expériences successives de Mailly et de Roye-Lassigny, l'affrontement direct d'Archer (et de ses amis politiques) avec les Services de l'Artillerie qui ont préféré l'adoption de matériels supérieurs aux réalisations d'Archer.
Toutefois, dans des conditions mal connues, Archer a pu en décembre 1918 faire mettre en commande avec la "bénédiction" de Georges Clémenceau 2000 canons de 85 mm dits "modèle 1918".
Ces canons, version à peine améliorée du "modèle 1915", ont été peu employés du fait de nombreuses réticences du G.Q.G et des Services de l'Artillerie.Toutefois, 300 canons Archer ont été employés en juillet 1918 à la IVème Armée française en Champagne.
Dans son livre plaidoyer "L'énigme de la guerre" paru en 1920, Archer affirme que les régiments suivants ont employé avec succès son canon en juillet 1918 en Champagne lors de l'offensive allemande ("Friedensturm" ): 7ème, 23ème, 43ème R.I.C., 115ème, 124ème, 216ème, 291ème, 297ème, 363ème, 413ème R.I et le 31ème Bataillon de chasseurs.A l'appui de sa démonstration, il retranscrit un bon nombre de citations individuelles faisant référence au canon Archer.
Si des lecteurs spécialistes des Régiments précités et de l'offensive du 15 juillet 1918 en Champagne ont pu relever des éléments sur l'emploi du canon Archer, je serai très intéressé par tout renseignement utile.
Je joins deux photos de canons Archer, la première montre le "modèle 1915" employé dans la Somme en 1916, la seconde un "modèle 1918", à peu près semblable au précédent.On peut légitimement s'interroger sur l'adoption en décembre 1917 d'un modèle aussi "primitif".Il est vrai que le premier canon d'accompagnement de l'infanterie n'apparaîtra sur le front qu'à l'été 1918 sous la forme du 150 T Mle 1917 "Fabry".
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] img011.jpg
                   Canon Archer de 85 mm Mle 1915 dans la Somme en 1916.
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] img012.jpg
                           Canon Archer de 85 mm Mle 1918 en 1918.
 
Cordialement, Guy.


 
Bonsoir Guy,
 
Merci pour ces explications très claires, l'influence venant de toutes natures aidait certains...
Je reviendrai vers vous si trouvaille.
Bien cordialement, Hervé.


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n°7620
uluru48
Posté le 08-05-2011 à 13:29:47  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Juste pour signaler l'article de Patrice Dlhomme paru dans 18-18 n°53.
 
Coerdialement,
Georges.


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Tous furent des héros, même ceux qui, après avoir affronté avec un courage inouï, les plus terribles épreuves, refusèrent un jour d'avancer parce qu'ils n'en pouvaient plus.
n°7623
Herve Toul​otte
Toujours en avant !
Posté le 08-05-2011 à 20:51:31  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Veuillez m'excuser, je ne comprends pas votre message, pouvez-vous être plus explicite svp ?
Merci et cordialement, Hervé.


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n°7624
Charraud J​erome
Posté le 08-05-2011 à 21:02:57  profilanswer
 

Herve Toulotte a écrit :

Bonsoir,
 
Veuillez m'excuser, je ne comprends pas votre message, pouvez-vous être plus explicite svp ?
Merci et cordialement, Hervé.


 
Bonsoir
C'est certainement lié à ceci:
http://www.militaria-14-18.fr/wp-content/uploads/2008/06/couverture_53.jpg
 
Sources: http://www.militaria-14-18.fr/pres [...] de-guerre/
 
Je précise tout de suite, je n'ai pas d'exemplaire sur mes étagères.
 
D'autres liens sur le net:  
François Joseph Archer
L'automitrailleuse Archer
Le député François Joseph Archer de la Haute-Loire
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 08-05-2011 à 21:08:58

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°7625
Herve Toul​otte
Toujours en avant !
Posté le 08-05-2011 à 21:38:11  profilanswer
 

Salut Jérôme,
 
Bon, comme je n'achète pas cette revue, j'ai compris ce soir ! Merci et amicalement, Hervé.


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N'hésitez pas à consulter mes deux blogs : http://saintomer8ri.canalblog.com/ ; http://bethune73ri.canalblog.com/
n°7626
Charraud J​erome
Posté le 08-05-2011 à 22:03:44  profilanswer
 

Bonsoir

Herve Toulotte a écrit :

Salut Jérôme,
Bon, comme je n'achète pas cette revue, j'ai compris ce soir ! Merci et amicalement, Hervé.


 
Moi aussi. C'est ce que sous entendait mon "je n'ai pas d'exemplaire sur mes étagères"
Amicalement
Jérôme


Message édité par Charraud Jerome le 08-05-2011 à 22:04:48

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°7627
ALVF
Posté le 08-05-2011 à 22:10:27  profilanswer
 

Bonjour,
 
Cet article relatif au canon Archer est intéressant mais il reprend surtout les thèses d'Archer contenues dans son grand livre de 1920 "L'énigme de la guerre".
Le canon Archer était certainement valable en 1915 quand Archer souhaitait employer les obus "rebutés" de 75 mm dont la fabrication hâtive dans des usines mal équipées avaient causé de multiples explosions de tubes de 75 mm de campagne (un gros échec de la politique du futur sous-secrétaire d'état à l'Artillerie, Albert Thomas, qui ne fut pas heureux à l'automne 1914 quand il donna le "feu vert" à des petits industriels non équipés pour cette tâche, heureusement, il revint ensuite sur cette erreur qui a coûté tout de même pas mal de morts à l'artillerie française).
Par contre, soutenir que le canon Archer est encore valable en 1918 et le comparer au Minenwerfer léger d'accompagnement de l'Armée allemande est une aimable plaisanterie à une époque où le problème de l'accompagnement de l'infanterie par une pièce légère a trouvé sa solution (peut-être imparfaite encore) puisque les mortiers Jouhandeau-Deslandres sont en production (et dont la mise en oeuvre est beaucoup plus aisée que celle du canon Archer avec des munitions beaucoup mieux conçues, tout en portant plus loin) et surtout par l'adoption simultanée du mortier Stokes (de conception et construction anglaise mais dont la munition française était de beaucoup supérieure à celle de nos alliés).
On ne comprend pas pourquoi Clémenceau s'est laissé entrainer dans cette sombre affaire de commande de milliers de canons Archer à la fin de 1917.J'espérais trouver une réponse à cette question dans l'article mais ne l'ai pas trouvée.
Un simple chiffre montre la réalité du front, le 1er novembre 1918, les canons légers d'accompagnement aux Armées étaient au nombre suivant (j'exclus volontairement le mortier de 150 mm Mle 1917 Fabry qui est un engin lourd):
-733 mortiers de 75 mm Jouhandeau-Deslandres modèle 1917.
-716 mortiers de 81 mm Stokes.
-74 canons de 85 mm Archer.
A noter aussi que dans les années 1924-1925, lors des opérations du Riff et du Djebel Druze, les seuls matériels d'accompagnement de l'Armée française étaient les mortiers Stokes et Jouhandeau-Deslandres, les canons Archer ayant totalement disparu après la guerre.
Une bonne question à creuser par un étudiant en histoire : combien de canons Archer ont été construits et livrés, combien ont été acceptés par l'Armée française, combien ont été réellement employés et quel est le coût total du canon Archer pour les finances du Pays?
Cordialement,
Guy François.

Message cité 1 fois
Message édité par ALVF le 09-05-2011 à 08:55:29
n°7628
Charraud J​erome
Posté le 08-05-2011 à 22:21:50  profilanswer
 

Bonsoir

ALVF a écrit :


Cet article relatif au canon Archer est intéressant mais il reprend surtout les thèses d'Archer contenues dans son grand livre de 1920 "L'énigme de la guerre".
Le canon Archer était certainement valable en 1915 quand Archer souhaitait employer les obus "rebutés" de 75 mm dont la fabrication hâtive dans des usines mal équipées avaient causé de multiples explosions de tubes de 75 mm de campagne (un gros échec de la politique du sous-secrétaire d'état à l'Armement, Albert Thomas, qui ne fut pas heureux à l'automne 1914 quand il donna le "feu vert" à des petits industriels non équipés pour cette tâche, heureusement, il revint ensuite sur cette erreur qui a coûté tout de même pas mal de morts à l'artillerie française).
Par contre, soutenir que le canon Archer est encore valable en 1918 et le comparer au Minenwerfer léger d'accompagnement de l'Armée allemande est une aimable plaisanterie à une époque où le problème de l'accompagnement de l'infanterie par une pièce légère a trouvé sa solution (peut-être imparfaite encore) puisque les mortiers Jouhandeau-Deslandres sont en production (et dont la mise en oeuvre est beaucoup plus aisée que celle du canon Archer avec des munitions beaucoup mieux conçues, tout en portant plus loin) et surtout par l'adoption simultanée du mortier Stokes (de conception et construction anglaise mais dont la munition française était de beaucoup supérieure à celle de nos alliés).
On ne comprend pas pourquoi Clémenceau s'est laissé entrainer dans cette sombre affaire de commande de milliers de canons Archer à la fin de 1917.J'espérais trouver une réponse à cette question dans l'article mais ne l'ai pas trouvée.
Un simple chiffre montre la réalité du front, le 1er novembre 1918, les canons légers d'accompagnement aux Armées étaient au nombre suivant (j'exclus volontairement le mortier de 150 mm Mle 1917 Fabry qui est un engin lourd):
-733 mortiers de 75 mm Jouhandeau-Deslandres modèle 1917.
-716 mortiers de 81 mm Stokes.
-74 canons de 85 mm Archer.
A noter aussi que dans les années 1924-1925, lors des opérations du Riff et du Djebel Druze, les seuls matériels d'accompagnement de l'Armée française étaient les mortiers Stokes et Jouhandeau-Deslandres, les canons Archer ayant totalement disparu après la guerre.
Une bonne question à creuser par un étudiant en histoire : combien de canons Archer ont été construits et livrés, combien ont été acceptés par l'Armée française, combien ont été réellement employés et quel est le coût total du canon Archer pour les finances du Pays?
Cordialement,
Guy François.


 
Au vu de ce que vous rapportez, la phrase tirée de la fiche du député Archer en tire une saveur particulière:
Joseph Archer qui n'appartient à aucune Commission se préoccupe aussi d'améliorer le travail parlementaire par la création d'une Commission de Coordination et de lutter contre la gabegie. Il s'inquiète notamment de la manière dont les crédits sont utilisés en matière d'armements ou d'électrification rurale et dénonce ce qu'il appelle le « scandale des concessions d'électricité ».
 
Sur le même site, on trouve:
Mobilisé en 1914 comme sergent, dans la « territoriale », il exerce son esprit d'invention à la mise au point d'un canon d'accompagnement d'infanterie, propre à la guerre de tranchées, qui bien qu'expérimenté dès 1915, ne fut agréé par le comité de. guerre que le 20 décembre 1917 : 2.000 canons Archer furent alors commandés. Quelques centaines seulement sortirent à temps pour jouer un rôle important dans les combats des 15 au 18 juillet 1918.
 
Faut dire qu'à ce moment là, tout était bon à prendre pour essayer de ralentir l'avance allemande.
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 08-05-2011 à 22:26:25

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°7630
uluru48
Posté le 10-05-2011 à 09:47:20  profilanswer
 

Herve Toulotte a écrit :

Bonsoir,
 
Veuillez m'excuser, je ne comprends pas votre message, pouvez-vous être plus explicite svp ?
Merci et cordialement, Hervé.


 
Bonjour Hervé et tous,
 
Désolé pour l'orthographe approximative qui pouvait prêter à confusion.  
Merci à Guy François pour ses commentaires sur l'article cité.
 
Cordialement,
Georges.


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Tous furent des héros, même ceux qui, après avoir affronté avec un courage inouï, les plus terribles épreuves, refusèrent un jour d'avancer parce qu'ils n'en pouvaient plus.
n°7671
crapouillo​t2
Posté le 21-05-2011 à 09:49:56  profilanswer
 

Pour compléter les information sur Archer et ses inventions on peut aussi se reporter à l'article suivant :
 
"Deux inventeurs au service de la défense nationale : Georges Claude et François-Joseph Archer " Par le lieutenant-colonel ORSEM Daniel DAVID dans la Revue Historique des Armées n°2 1996.
 
Il semble qu’Archer ait publié un : Projet de règlement de manœuvre du canon d'infanterie de 85 millimètres, modèle 1918.  
Quelqu'un l'a t il eut entre les mains ?
Je suis intéressé par les données techniques concernant les canons d'Archer (qui sont rares dans son livre)
 

n°7685
ALVF
Posté le 21-05-2011 à 22:53:24  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Les deux "inventeurs" Georges Claude et Archer ont au moins un point commun, ils ont tous deux rédigé des livres très polémiques après la guerre, notamment Georges Claude qui attaque avec virulence les "Services de l'Artillerie" et les "Polytechniciens", Archer n'étant pas en reste en affirmant que si "on" avait suivi ses conseils, la guerre aurait été achevée bien plus tôt, peut-être dès 1915!
On sait que les bombes à oxygène liquide de Georges Claude étaient si dangereuses que les aviateurs répugnaient à les expérimenter et devaient s'en débarrasser avant d'atterrir tant le danger d'explosion était grand.
Archer a, de 1915 à 1918, présenté des matériels d'artillerie de tranchée dont la conception a peu évolué pendant toutes ces années.Le matériel était certainement acceptable en 1915 mais plus du tout en 1918 quand il fut enfin commandé en grand nombre.
Rappelons quelques points qui expliquent mieux les "réticences" de l'Artillerie, le mortier Archer a un tube en BRONZE ce qui laisse légitimement quelques doutes sur sa longévité (il est vrai que Archer est un industriel...du bronze, cherchez l'erreur!), la stabilité des projectiles employés (obus de 75 ou de 76 russes rebutés) est assurée au moyen d'un empennage en BOIS fixé au culot du projectile (chacun sait que le bois est un matériau assez sensible à l'humidité et au gonflement), la portée du mortier Archer de 85 mm est en 1918 de 900 m avec l'obus de 75 et de 450 m avec la bombe de 16 kg des "crapouillots".Il faut au moins prendre en compte que dès l'automne 1915, les allemands ont délibérément reculé leurs premières lignes à peu près partout pour les soustraire à l'action des bombes lourdes de 45 kg tirées par les canons de tranchée de 58T qui portaient à...400 m.
En 1918, même les archaïques 58T tiraient à 1450 m leurs bombes ALS de 20 kg et les "petits" mortiers d'accompagnement Jouhandeau-Deslandres (J.D) portaient à 1030 m avec une précision supérieure à celle du canon Archer.
Ces quelques arguments sont à prendre en compte pour traiter objectivement du canon Archer.
Un point rarement évoqué dans l'artillerie d'accompagnement est l'impossibilité d'amener une grande quantité de projectiles vers l'avant lorsque l'infanterie progresse sans parler du poids du matériel d'artillerie proprement dit: un mortier J.D pèse 48 kg, un mortier Stokes 51 kg et un mortier Archer...143 kg (178 kg sur roues!).
J'ai un exemplaire du "Règlement de Manoeuvre du canon d'infanterie de 85 mm Modèle 1918", ce morceau de bravoure, portant en tête "J.Archer, Ingénieur Civil des Mines" (certainement le seul Règlement de l'Armée française portant le nom de son auteur!), est un fatras où, pour trouver les caractéristiques du canon, il faut "aller à la pêche" dans quatre ou cinq chapitres et encore, on ne les trouve pas toutes.Il y a par contre plusieurs dizaines de pages dont les têtes de chapitre sont véritablement remarquables faisant de ce règlement un véritable traité de stratégie, je cite:
"Doctrine de combat des allemands", "Formation d'attaque de notre infanterie", et l'ineffable "Exposé d'une nouvelle méthode de guerre"!
On distingue fort bien le véritable rédacteur de ce cours de "conseils au Généralissime" qui se cache derrière la signature d'Archer, il s'agit bien entendu du Général Percin, dont les "exploits" à Lille en 1914 sont connus tout comme ses fonctions de chef de cabinet du Général André (le ministre des fameuses "fiches" ).Pendant toute la guerre et encore dans les années 1920, le général Percin n'a cessé de développer les erreurs du haut commandement et bien d'autres points.On a peine à comprendre comment Clémenceau a pu donner le "feu vert" à une commande de plusieurs milliers de mortiers Archer à une époque où les mortiers J.D et Stokes étaient en production en grande série.
Les caractéristiques des différents canons Archer et notamment celles du canon de 85 mm figurent dans les rapports des expériences comparatives des matériels mobiles d'artillerie de tranchée, les plus complètes étant celles de juin 1917 à Mailly, ce sont des rapports très longs, j'ai les copies de tous ces rapports, indiquez les caractéristiques qui vous intéressent et je les transcrirai.
Les analyses objectives de ces expériences sont assez différentes des affirmations d'Archer dans son livre et j'ai aussi des correspondances des officiers Jouhandeau et Deslandres (respectivement colonel d'artillerie et commandant du Génie) très explicites sur le crédit que l'on peut porter à certaines affirmations "tonitruantes" d'Archer.
Cordialement,
Guy François.


Message édité par ALVF le 22-05-2011 à 08:38:15
n°7692
Yv'
Posté le 25-05-2011 à 20:17:03  profilanswer
 

Je me permets de faire appel aux spécialistes de l'artillerie, on a besoin de vous sur le pont !  :jap:  
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] _2.htm#bas
 :) Yves

n°7696
ALVF
Posté le 25-05-2011 à 21:52:59  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Réponse faite en rubrique "Marine".
Cordialement,
Guy François.

n°7697
Tanker
Posté le 26-05-2011 à 10:13:56  profilanswer
 

Bnjour,
 
Voici, pour compléter les informations de Guy, quelques "réflexions" du Commandement (en Août 1917) sur l'invention du MdL Archer . . . . (document provenant des archives du SHD).
 
                                                        http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/170816MaterielArcher16N168802a.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/170816MaterielArcher16N168803a.jpg  
 
                                                                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/170816MaterielArcher16N168801a.jpg
 
                                                                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2548/170821MaterielArcher16N168801a.jpg
 
 
Bonne lecture - Michel


Message édité par Tanker le 26-05-2011 à 10:14:22
n°7701
ALVF
Posté le 26-05-2011 à 12:14:35  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci, Michel, pour ces documents qui "relativisent" les affirmations d'Archer dans son (gros) livre!
J'ai en soute les copies des rapports d'essais de Mailly et autres lieux, ces éléments objectifs sont, bien sûr, la meilleure réponse au tissu de propagande d'un inventeur en mal de reconnaissance.Je suis néanmoins certain de lire sous peu un plaidoyer relatif au canon Archer et à son inventeur, innocente victime de l'obscurantisme et de la tyrannie de l'Etat-Major et des Services de l'Artillerie...
J'attends toutefois le ou les documents qui montreront ce qu'a coûté le canon Archer en 1918 et qui a profité de la commande approuvée par Clémenceau.
Il est facile d'ironiser sur les "souffrances de l'inventeur" mais il existe heureusement des traces des jours (et parfois des mois) perdus en expérimentations inutiles dans les archives du SHD.Dans le livre de l'Ingénieur Général Patard, relatif à l'histoire de la Commission de Gâvres, il existe un cliché remarquable où l'on voit une sorte de professeur Tournesol, chaudement recommandé par un très haut personnage, présenter un canon digne du XVIème siècle.L'Ingénieur de l'Artillerie Navale Patard fit heureusement mettre à l'abri l'inventeur quand, au premier coup, la pétoire antédiluvienne explosa, comme de juste au 1er coup!
Je ne place pas Archer à ce niveau car ses inventions concernant les véhicules présentaient des qualités mais je maintiens que son canon, acceptable en 1915, était totalement inutile en 1918.
Cordialement,
Guy François.

n°7704
crapouillo​t2
Posté le 26-05-2011 à 18:52:43  profilanswer
 

Merci pour toutes ces précisions !
Et pour la qualité de vos réponses.
Pour ce qui est du point de vue technique si j'ai bien compris le canon archer fonctionne un peu comme le Aasen : une cartouche est tirée via un boitier de Lebel propulsant le projectile ?
Si quelqu'un avait un schéma technique ou un éclaté cela me permettrai d'y voir plus clair.  
 
Cordialement


Message édité par crapouillot2 le 26-05-2011 à 18:54:17
n°7705
ALVF
Posté le 26-05-2011 à 21:56:30  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Voilà comment fonctionne "l'arme miracle" d'Archer:
 
-Une culasse de fusil Mle 1874 (fusil Gras) est modifiée pour employer une cartouche sans balle de 8 mm Mle 1886.
-L'ensemble communique avec la chambre à poudre du canon par un canal cylindrique.
-Un cordon tire-feu traverse le pontet et vient s'adapter, à l'intérieur du pontet,sur la détente.
 
La cartouche Mle 1886 est chargée de 3,6 grammes de poudre F3.
La charge de poudre propulsive est contenue dans un sachet de toile et contient 36 grammes de balistite (charge 4) qui permet d'atteindre la portée de:
-750 m avec un obus de 75 mm monté sur empennage bois.
-400 m avec une bombe de 16 kg.
 
Schéma de principe de la mise à feu:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img722a.jpg
Légende:
2: Bouchon de culasse en acier se vissant sur le tube en bronze.
3: Raccord de culasse en acier 1/2 dur.
4: Pontet en aluminium.
5: Cordon tire-feu (câble et aluminium).
 
Photo de détail de la "merveille", canon de 85 mm:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img723a.jpg
 
Admirez le "fini" de l'ensemble et comparez la qualité de réalisation de cette "invention", par exemple, avec le canon de 155 GPF du Chef d'Escadron Filloux ou le mortier d'accompagnement de 75 mm Jouhandeau-Deslandres qui lui sont contemporains mais ont été étudiés par des officiers du "Service de l'Artillerie" et...cherchez l'erreur!
Si vous le permettez, je conseillerais volontiers aux utilisateurs un cordon tire-feu d'une vingtaine de mètres de longueur avant de pratiquer un tir de destruction avec cet engin!
Cordialement,
Guy François.

n°7722
crapouillo​t2
Posté le 30-05-2011 à 17:27:07  profilanswer
 

Merci pour ces photos !
 
Pouvez vous me donner les références des ouvrages desquels elles sont tirées ?
 
Merci d'avance
 
Cordialement
 

n°7724
ALVF
Posté le 30-05-2011 à 18:42:35  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Le plan est tiré du Manuel du canon de 85 mm Archer de 1918.
La photographie du canon de 85mm Archer m'appartient.
Cordialement,
Guy François.

n°9229
Tanker
Posté le 03-03-2012 à 12:54:49  profilanswer
 

Bonjour,
 
En complément, sur le mortier Archer, dans les archives de Moscou, le Carton 9NN 429  
 " Confection des charges pour le mortier d'accompagnement Archer : notes, correspondance. 1918"
 
Pour ceux qui n'auraient pas encore jeter un yeux dans ce fond d'archives (série 9NN . . .), qui possède une partie artillerie conséquente, commençant souvent avant la guerre de 1914 et contenant beaucoup de chose très intéressantes.
Le fichier pdf de description de ce fond est en ligne dans Mémoires des Hommes.
 
Bonne recherche - Michel


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