Forum Pages d'Histoire : aurant2002 La Grande Guerre en photos : - Joel Huret -, 4 utilisateurs anonymes et 39 utilisateurs inconnus

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Débouchage à "zéro"

n°8797
fredhall
Posté le 22-12-2011 à 09:30:52  profilanswer
 

Bojour à tous,
 
Mon père m'a rapporté plusieurs fois une anedcdote raconté par mon grand père.
Celui ci était chef de piéce au 161° RAL équipé de 155mm court schneider.
Au moment de l'attaque allemande de juin 1918 il était en position derrière les villages de Licy clignon et Veuilly la poterie. Il racontait avoir tiré en débouchant à zéro. Je suppose qu'il s'agit d'obus schrapnel dirigés sur des attaques d'infanterie.
Ce "débouché à zéro" corrspond à qu'elle distance ?
Dans l'attente de votre savoir
Cordialement
Frédéric


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La "grande histoire" n'est faite que de petites histoires.
n°8799
ALVF
Posté le 22-12-2011 à 18:05:17  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Cette indication de "déboucher à zéro" correspond à une manoeuvre technique à accomplir par le "déboucheur", canonnier préposé au réglage des fusées équipant les obus tirés fusants.Le déboucheur emploie le "débouchoir" automatique, cet appareil débouche les évents, c'est à dire perce la fusée en un point convenablement choisi pour que le projectile éclate en l'air au point voulu.
Lorsque les "affaires tournent mal", c'est à dire lorsque l'infanterie ennemie arrive à moins de 500 mètres des pièces, le déboucheur tourne la manivelle du débouchoir dans le sens de la diminution des distances jusqu'à l'arrêt et débouche sans interruption.De son côté, le tireur tourne la manivelle de hausse dans le sens de la diminution des distances jusqu'à l'arrêt tandis que le pointeur maintient la ligne de foi horizontale du collimateur sur le pied du but (donc au niveau des pieds de l'infanterie ennemie!).Dès que le pointeur est prêt le chef de pièce commande le feu.
Il n'y a plus que deux solutions en présence d'artilleurs braves et d'un ennemi également décidé, ou l'ennemi est "haché" par le tir de la pièce, ou les artilleurs sont "cloués" à leurs postes de combat par les baïonnettes de l'ennemi.
Le Règlement indique pudiquement que "le chef de pièce arrête le feu quand les circonstances qui ont nécessité ce genre de tir ont cessé d'exister" et aussi que la batterie "continue le feu jusqu'à la dernière extrémité.Si la batterie est envahie, tout le personnel se place derrière les roues et se défend avec ses armes...".
L'ordre sinistre impliquant de "déboucher à zéro" est réglementairement donné sous la forme "Sur l'infanterie ennemie, A volonté" est loin d'être une simple théorie, j'ai parfaitement connu et écouté mon Grand-Père qui a eu à pratiquer ce genre de tir à la bataille de la Marne avec tout un Groupe équipé de 155 C modèle 1904 TR "Rimailho".Grâce à la cadence de tir exceptionnelle de cette pièce (6 coups minutes pour un 155), c'est la première solution décrite ci-dessus qui a prévalu, heureusement pour les artilleurs français...et tant pis pour l'infanterie allemande.
Cordialement,
Guy François.

n°8805
fredhall
Posté le 23-12-2011 à 19:47:14  profilanswer
 

Bonsoir,
Merci Cuy pour votre éclairage qui confirme ce que je pensais.
Il s'agit bien d'un contexte de crise comme l'évoque le récit de mon grand père. A noter qu'il a gagné sa croix de guerre lors de cette action étant resté seul valide pour servir sa pièce dans une atmosphère infestée de gaz.
 
Cordialement
frédéric


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La "grande histoire" n'est faite que de petites histoires.
n°8813
pierreth1
Posté le 27-12-2011 à 13:26:36  profilanswer
 

Bonjour,  
plus recemment à Dien Bien phu le lieutenant d'artillerie de marine  commandant la 4eme batterie du IIeme groupe du  4 RAC à sauvé le camp retranche le 30 mars 1954 en faisant tirer ses 105 à zero sur les vagues vietnamiennes,  si ces artilleurs n'avaient pas reussi le camp serait tombe le 30 mars  
Cordialement
Pierre


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pierre
n°8828
air339
Posté le 29-12-2011 à 17:49:55  profilanswer
 

Bonsoir ALVF,
 
Si je comprends bien votre explication, il s'agit donc d'un tir au fusant, en quelque sorte à bout portant.  
A quelle distance du canon se trouve l'obus quand les billes sont expulsées ? Et comment reconnaitre sur le terrain une fusée ayant servi à ce tir ? Le débouchage est-il sur la première graduation ?
 
Bien cordialement,
Régis


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Air
n°8832
ALVF
Posté le 30-12-2011 à 17:27:28  profilanswer
 

Bonjour,
 
Les fusées employées avec les projectiles les plus usuels de l'artillerie de campagne sont à double effet, donc une combinaison de fusée percutante et de fusée fusante.
Sans entrer dans le détail du fonctionnement de la fusée débouchée, la fusée fusante détermine l'éclatement au temps choisi (sauf si elle rencontre un obstacle avant la fin du cycle de fonctionnement, auquel cas, c'est le système percutant qui détermine l'éclatement).
Au départ du coup, le rugueux de l'appareil concutant fait fléchir le ressort qui le supporte et vient piquer l'amorce qui prend feu et enflamme la poudre comprimée qui allume le tube fusant (durée de combustion de 0 à 22 ou 24 secondes pour les fusées les plus usuelles).
LE TEMPS QUE MET LE FEU A SE TRANSMETTRE DE L'APPAREIL CONCUTANT A LA CHARGE INTERIEURE DE L'OBUS EST DE 3/10 DE SECONDES SI L'ON DEBOUCHE L'EVENT ZERO.
La vitesse initiale de l'obus à balles étant de 535 m/s, l'éclatement de l'obus à balles se produit donc à une distance de l'ordre de 160 mètres devant le canon!La gerbe de balles est efficace sur une longueur d'environ 150 mètres sur 20 mètres de largeur, mais, bien entendu, une balle peut tuer bien plus loin.
On voit que lors d'un tir d'obus débouchés à zéro, les artilleurs voient le "blanc des yeux" de l'ennemi!
Cordialement,
Guy François.

n°8833
air339
Posté le 30-12-2011 à 21:00:41  profilanswer
 

Bonsoir Guy,
 
Je vous remercie de cette précision (je note également que l'on parle "d'évent" ). L'effet d'un tir débouché à zéro doit être terrible, la gerbe de balles arrivant de face, en nappe sur 20 mètre de largeur...
 
J'ai relancé sur un nouveau post la question du rapport distance/seconde ; vous m'avez donné un premier élément (évent 0=160 m).
 
Les quelques fusées que j'ai trouvées dans des champs sont débouchées entre 11 et 16 secondes. Une vitesse initiale de 535 m/s donnerai une distance (8 560 m) bien supérieure à celle du 75 !  
La vitesse décroit rapidement, et, de plus, l'angle de tir influe sur la portée. A quelle distance dois-je situer les batteries ?
 
Bien cordialement,
 
Régis


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Air
n°8834
Cyril Cary
Posté le 30-12-2011 à 22:20:43  profilanswer
 

Bonsoir

air339 a écrit :

Les quelques fusées que j'ai trouvées dans des champs sont débouchées entre 11 et 16 secondes. Une vitesse initiale de 535 m/s donnerai une distance (8 560 m) bien supérieure à celle du 75 !  
La vitesse décroit rapidement, et, de plus, l'angle de tir influe sur la portée. A quelle distance dois-je situer les batteries ?


Il serait utile que vous trouviez les tables de tir du 75 qui vous éclairera sur ce sujet.
 
Cordialement
Cyril

n°8835
air339
Posté le 31-12-2011 à 00:11:13  profilanswer
 

Bonsoir Cyril,
 
Effectivement, c'est bien ce que je cherche... Mais où donc se cache-t-elle ????
 
Cordialement,
 
Régis


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Air
n°8840
ALVF
Posté le 31-12-2011 à 16:00:52  profilanswer
 

Bonjour,
 
J'ai répondu en partie à vos interrogations dans l'autre sujet du jour "75: rapport graduation/distance?"!
Cordialement,  
Guy François


Message édité par ALVF le 31-12-2011 à 16:02:43
n°8901
leuques
Posté le 08-01-2012 à 16:54:51  profilanswer
 

pierreth1 a écrit :

Bonjour,  
plus recemment à Dien Bien phu le lieutenant d'artillerie de marine  commandant la 4eme batterie du IIeme groupe du  4 RAC à sauvé le camp retranche le 30 mars 1954 en faisant tirer ses 105 à zero sur les vagues vietnamiennes,  si ces artilleurs n'avaient pas reussi le camp serait tombe le 30 mars  
Cordialement
Pierre


 
Bonjour
 
une petite référence bibilographique : dans son livre 'le paysan des poilus' (éditions des Equateurs) J-Luc Pamart relate un épisode de la guerre
qui implique la ferme de Confrécourt [(extrait) l'auteur est sur son tracteur] : ' j'aperçois le petit bois, légèrement en contrebas du plateau, qui jouera un rôle décisif dans les combats du 20 septembre. Sous les feuillages, un homme alors inconnu du public français commande un groupe d'artillerie. Il s'agit du colonel Robert Nivelle. L'infanterie, reculant sous les assauts allemands, laisse bientôt ses batteries à découvert. Au lieu de se retirer, Nivelle fait placer les canons de 75mm à hausse zéro, braqués à l'horizontal sur le plateau. Ainsi disposé, le feu de l'artillerie s'avère d'une redoutable efficacité : il balaie les troupes  ennemies à mesure qu'elles s'avancent vers la ferme de Confrécourt. Ce jour-là, Nivelle sauve l'armée française d'un grand désastre : grâce à sa manoeuvre en première ligne , les troupes échappent à un repli sur la rive sud de l'Aisne. L"offensive ennemie est repoussée.'
 
fin de mon grain de sel  :)  
 
cordialement


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Géris
(une saison d'homme entre deux marées
quelque chose comme un chant égaré.
-Aragon-)

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