Guy et Michel,
Merci beaucoup pour toutes ces précisions.
Pour répondre à votre interrogation, mon arrière-grand-père fut effectivement décoré de la croix de guerre 14/18, et il se pourrait donc que celle présente sur le fanion soit le sienne….
Je ne sais malheureusement que très peu de chose sur ce fanion. D’après les souvenirs des plus anciens, celui-ci a été offert à mon arrière-grand-père après la guerre. Par qui ? Et pour quelle raison ? Ceci reste un mystère. D’autant plus qu’il n’ait resté dans ce régiment que moins d’un mois. Ce dernier semble avoir été seulement un régiment de transition et il n’y a donc, semble-t-il, aucune raison pour qu’il reçoive ce fanion. J’essaierai de mettre rapidement quelques photos supplémentaire du fanion (recto/verso).
Peut-être que l’un d’entre vous, pourrait me dire à quelles occasions étaient généralement décerné ces fanions ?
Voici un bref aperçu du parcours de mon aïeul, Marie-Philippe Jullien, à partir de février 1917.
Le 7 février 1917, il passe comme sous-lieutenant au 3ème régiment d’artillerie coloniale. Le 28 avril, il est blessé par un petit éclat d’obus au coté droit de la figure dans la région de l’os molaire en traversant le village de Vauxaillon, violement bombardé, pour donner un ordre à sa batterie. Pour cet acte de courage, il reçoit sa première citation à l’ordre du Ier corps colonial : « officier d’un courage et d’un dévouement au dessus de tout éloge. Blessé le 28 avril, ne s’est pas laissé évacuer malgré un violent bombardement par des obus toxiques, a continué à faire tirer ses pièces et, par d’habiles dispositions, a su éviter des pertes ».
Le 7 mai 1917, il est à nouveau blessé par un petit éclat d’obus à la joue gauche en revenant de voir un blessé, au Mont des Singes près de Vauxaillon, qu’il croyait faire parti de la section d’accompagnement du 58T. Il reçoit la Croix de Guerre le 16 mai suivant avec une citation à l’ordre du Ier corps des chasseurs alpins : « officier remarquable d’activité, de sang froid et de courage, commandant une batterie de tranchée de 58, a été, du 25 août au 5 septembre 1917, un précieux auxiliaire de l’infanterie, au tenant en première ligne en liaison constante avec elle, réglant lui-même son tir sous de violents bombardements, obtenant ainsi des résultats exceptionnels dans les destructions et barrages qu’il effectuait ».
Il est muté le 15 septembre 1917 au dépôt de La Rochelle du 1er régiment d’artillerie coloniale. Après avoir reçu de nouvelles instructions, il incorpore le 111ème bataillon de 58 du régiment. Par la suite, il est successivement muté au 4ème groupe du 120ème régiment d’artillerie lourde le 29 septembre 1917, au 115ème régiment d’artillerie lourde (6ème groupe ?) le 20 janvier 1918 et au 7ème groupe du 116ème régiment d’artillerie lourde le 19 février 1918.
Le 21 mai 1918, il reçoit une citation de la 65ème division de chasseurs : « officier très courageux, chargé d’assurer le service d’un observatoire avance a poussé ce dernier en première ligne et a toujours su maintenir sa liaison avec les batteries ». Il est nommé par décret du 10 juillet 1918, Chevalier de la légion d’honneur. Le 24 juillet, il reçoit une citation de la Ière armée : « le 27 juin 1918, chargé de régler un tir d’artillerie sur un objectif à proximité de nos lignes, est resté pendant toute une journée dans les positions évacuées par notre infanterie, où il capture un soldat ennemi réfugié dans notre tranché, est parti avec les vagues d’assaut pour se rendre compte des tirs de destruction de sa batterie ». Le 1er octobre 1918, il est cité par la 66ème division d’infanterie : « d’un courage et d’une crânerie sous le feu qui fait l’admiration de tous, vient de donner de nouvelles preuves de son dévouement pendant la période du 5 au 10 septembre, en remplissant plusieurs missions de liaison auprès des chasseurs dans des conditions périlleuses ». Marie-Philippe Jullien passe lieutenant le 30 novembre 1918.