Bonjour,
Votre très belle photo montre un canon de 155C Modèle 1890.Ce canon, comme le 120C du même millésime, a été étudié par le Capitaine Baquet (Général en 1914).Ce canon est intéressant car il s'agit DU PREMIER CANON LOURD DE CAMPAGNE MODERNE mis en service par une grande puissance!
Il avait été créé, comme le 120C ,pour permettre la constitution d'une artillerie lourde d'armée à disposition des forces mises en oeuvre en campagne.
Son système de frein ne permet pas encore une stabilité optimale au tir, il est toutefois en avance sur son temps!Il sera remis en service en 1914 en attendant la construction de pièces plus modernes.
En 1914-1918, il a armé des batteries et groupes de l'artillerie à pied et aussi des groupes de l'artillerie lourde hippomobile (Régiments de la série N° 101 et suivants).J'ai la liste des groupes formés par régiment mais il faut au moins un numéro de régiment pour tenter de connaître l'affectation de ce matériel particulier.
Je profite de ce message pour appeler l'attention sur le formidable modernisme de conception de notre artillerie dans la décennie 1890-1900 (adoption des 120C et 155C Mle 1890, du 75mm Mle 1897, des obus "allongés", etc...), cette avance technologique est due à des officiers généraux et des techniciens de haute valeur ainsi qu' à la lucidité de certains de nos gouvernants.On peut regretter que les passions politiques des années 1900 -1910 aient annihilé ces avantages qu'il faudra payer du sang de nos soldats en 1914, après une décennie marquée par l'absence de tout progrés notable de notre armement (artillerie, infanterie, marine,etc...) face à une Allemagne menaçante qui consacre des efforts importants pour réaliser un armement formidable.Certes, en 1910, devant la montée des périls certains dirigeants lucides envisageront la rénovation de notre armement, mais on ne rattrape pas en trois ans dix années d'impréparation à la guerre...
Cordialement, Guy.