Bonjour,
Votre raisonnement est correct car voici les grandes lignes de l'organisation du groupe qui vous intéresse:
-le 11ème Groupe du 114ème R.A.L (155 C mle 1915 Saint-Chamond) appartient d'abord au 3ème Groupement du 114ème R.A.L, les groupes de ce 3ème groupement sont employés par les Armées en fonction des nécessités du moment, ils n'appartiennent pas organiquement à une Division ou à un Corps d'Armée.
-le 18 janvier 1918, le 11ème Groupe du 114ème R.A.L est affecté organiquement à la 28ème Division dans le cadre de la dotation progressive d'un groupe de 155 C aux Divisions d'Infanterie.
-en mars 1918, le 11ème Groupe du 114ème R.A.L devient 5ème Groupe du 114ème R.A.L sans aucun changement de matériel et de personnel, il appartient jusqu'à la fin de la guerre à l'artillerie lourde de la 28ème Division.
Les questions d'organisation de l'Artillerie Lourde sont très complexes.Si vous prenez le JMO subsistant du "5ème Groupe du 114ème R.A.L", vous tombez en fait sur le 5ème Groupe formé en 1915 avec du 155 L Mle 1877 qui devient 1er Groupe du 314ème R.A.L le 13 mars 1918 puis 3ème Groupe du 114ème R.A.L le 10 août 1918.Il n'est donc pas question dans ce JMO du 5ème Groupe du 114ème R.A.L à partir de mars 1918 et dont le numéro passe alors au 11ème Groupe du 114ème R.A.L.Pour compliquer le tout à partir d'août 118, le 314ème R.A.L devient un régiment homogène dont tous les groupes sont armés du 155 C mle 1915 Saint-Chamond!
Pour suivre la logique polytechnicienne qui a créée ces numérotations, il faut tenter de reconstituer l'historique, non pas des régiments qui ne forment qu'un cadre administratif, mais l'historique particulier de chaque groupe.On peut ainsi trouver des groupes qui ont changé 4 fois de numérotation et 4 fois de régiments entre 1914 et 1918 leurs personnels restant pourtant très stables à l'échelon subalterne.Le seul changement pour les personnels est de coudre de nouveaux insignes de col à chaque réorganisation.
Il y avait tout de même une logique derrière tout ceci: former des régiments d'artillerie lourde aussi homogènes que possibles et les répartir dans les grandes unités et constituer en même temps la "Réserve Générale d'Artillerie" (R.G.A), formidable outil dans les seules mains du commandant en chef, cette R.G.A constituait 40% de la masse de l'artillerie française en 1918.
Cordialement,
Guy François.
Message édité par ALVF le 07-05-2011 à 17:34:26