Bonjour,
Je vais essayer de "creuser" un peu la présence de ces 155 C Mle 1890 Baquet avec inscriptions en arabe à Saint-Jean d'Ormont fin 1914.
Concernant la dotation des régiments en matériels d'artillerie lourde, à l'automne 1914, le G.Q.G a créé "en catastrophe" de nombreuses batteries armées de matériels anciens tirés des parcs ou des places fortes sans se soucier de l'homogénéité des matériels.Le point important était de créer des batteries ou des groupes homogènes, le rattachement "administratif" régimentaire n'ayant pour seule utilité pratique que la gestion des ressources humaines disponibles dans les dépôts ou les batteries de place inemployées en France et Outre-Mer (forts du Sud de la France et des Alpes, batteries de côte, etc...).On trouve ainsi des "pièces lourdes" dans des R.A.L (il n'y en a que cinq en 1914), des R.A.P, des G.A.P.A et même dans des batteries lourdes formées par des R.A.C!
Il faudra attendre les multiples réorganisations de l'artillerie pour trouver peu à peu des régiments dotés de matériels homogènes, nous serons alors...en 1918!
Et encore, les R.A.P continueront de rassembler des batteries fort diverses, utilisées alors comme "pièces de position" ou artillerie "d'ossature".
Dans ces conditions, des batteries de 120 C, de 155 C et de bien d'autres calibres d'un même régiment peuvent se côtoyer en 1914, le plus souvent, il s'agit même de batteries appartenant à des régiments différents car il n'y a généralement aucune unité d'emploi pour les Groupes d'artillerie lourde qui sont employés isolément (alors que l'artillerie de campagne reste presque toujours groupée autour de son commandant de régiment).
Cordialement,
Guy François.
Message édité par ALVF le 03-02-2011 à 09:24:22