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  Il y a cent ans, 700 soldats allemands vont mourir au Mont Cornillet

 

Soldats de la Grande Guerre : michelstl, 1 utilisateur anonyme et 20 utilisateurs inconnus

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Il y a cent ans, 700 soldats allemands vont mourir au Mont Cornillet

n°18033
ALVF
Posté le 10-05-2017 à 18:06:39  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Il y aura bientôt cent ans, une des plus grandes tragédies de la guerre provoque la mort de plus de 700 soldats allemands dans les tunnels du Mont Cornillet.
Ce drame est causé avant tout par la détonation, à l'intérieur d'une des galeries du tunnel, d'un obus de 400 de l'ALVF.
Des articles récents ayant encore relaté des détails en partie inexacts, je vais résumer le rôle des batteries concernées de l'Artillerie Lourde à Grande Puissance et des officiers engagés dans les opérations d'avril et mai 1917 au Mont Cornillet.
En effet, les JMO des unités concernées sont un peu confus et très peu détaillés, ce qui confirme, une fois de plus, que les "historiens de bureaux" ne peuvent bâtir une étude à la simple lecture des JMO en ligne!
Les lignes qui suivent sont une très courte synthèse des rapports du Commandant Batsale, commandant du 30e Groupe de 400 du 3e R.A.P et des capitaines Aymone et Farjon, respectivement commandants des 75e et 76e batteries de 400 du 3e R.A.P qui ont tous trois rédigé des rapports détaillés sur les événements du Cornillet et dont un général a eu la bonne idée de garder les copies. En effet, je n'ai pas lu les originaux de ces rapports au SHD, peut-être y sont-ils, en tout cas je ne les ai pas trouvés. Bénissons donc les officiers qui ont eu la bonne idée de garder des copies des rapports importants concernant des événements qu'ils ont vécus!
Tout d'abord, la composition du 30e Groupe de 400 du 3e R.A.P (C.E Batsale) en avril et mai 1917:
 
-75e batterie (Cne Aymone):
Obusier de 400 AT n° 5018 - R 1890 n° 2 Té R 1916 n° 3 "M'Brouka".
Obusier de 400 AT n° 5019 - R 1892 n° 1 Té R 1916 n° 1 "K'Bira".
 
-76e batterie (Cne Farjon):
Obusier de 400 AT n° 5015 - R 1892 n° 2 Té R 1915 n° 4 "L'Oiseau Mouche".
Obusier de 400 AT n° 5016 - R 1893 n° 3 Té R 1915 n° 5 "Le Colibri".
 
En mars 1917, le 30e Groupe quitte la IIIe Armée où il devait être engagé dans l'Oise, offensive annulée du fait du repli "Alberich" de l'ennemi, il a dû envoyer l'obusier "K'Bira" aux Ateliers de la Compagnie de l'Est pour réparations car ses essieux chauffaient et devaient être réparés. Les trois autres obusiers sont envoyés à la IVe Armée dont l'emploi est prévu principalement face aux Monts de Champagne.
Pour engager ces obusiers de 400, une position est construite rapidement aux lisières du Camp de Châlons près de la Pyramide au nord du camp.
Cette position dite de la Pyramide comprend trois épis droits, construits au nord-ouest d'un grand épi à quatre branches en tenaille pour pièces ALVF à glissement et employant le même embranchement:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/Pyramide3episdroits.jpg
Les trois épis droits des obusiers de 400, on distingue en bas à droite l'extrémité des deux branches gauches de l'épi en tenaille pour pièces à glissement.
 
Les premiers tirs sont dirigés par le capitaine Farjon:
-14 avril 1917: tir sur le Mont sans Nom de l'obusier "M'Brouka": 4 obus de réglage sans retard suivis de 12 coups avec fusée retardée.
-15 avril 1917: tir sur le Mont Cornillet de "L'Oiseau Mouche": 12 coups.
-16 avril 1917: tir sur le Mont sans Nom de "M'Brouka": 14 coups.
Le 19 avril, le capitaine Farjon effectue une reconnaissance sur le Mont sans Nom occupé par le 8e Zouaves, il suit la piste Ham et la pente sud au nord du Bois 155, il voit d'abord un entonnoir de 10 mètres de largeur et de 5 mètres de profondeur correspondant au coup n° 2 du 16 avril 1917 et, derrière le sommet du Mont un grand centre téléphonique souterrain à deux étages, complétement effondré sur 8 mètres de profondeur correspondant au coup n° 5 du 14 avril observé par le ballon 85, observateur sous-lieutenant Louis puis un nouvel effondrement de souterrain à 8 mètres de profondeur.
-le 29 avril 1917: tir de 24 coups sur le Mont Cornillet par "L'Oiseau Mouche", tir arrêté au 13e coup les conditions d'observation devenant incertaines.
-le 30 avril 1917: tir de 24 coups sur le Mont Cornillet par "Le Colibri" mais le mauvais temps ne permet l'observation que de 2 coups de réglage, vus néanmoins encadrants.
-le 1er mai 1917: tir de 24 coups sur le Mont-Cornillet par "Le Colibri", le matin 2 coups de réglage sur 4 sont jugés bons, suivis de 8 coups retardés. L'après-midi, 12 coups retardés sont tirés dans de bonnes conditions, un coup aveugle l'entrée gauche (vérifié sur photographies). L'attaque d'infanterie ayant échoué, il n'y pas d'autres données sur l'effet produit.
Des compte-rendus d'interrogatoires de prisonniers révèlent néanmoins que lors du tir du 29 avril, le coup de 400 tiré 13h00 a défoncé un abri de la pente nord du Cornillet tuant un capitaine, 2 lieutenants et quelques hommes.
Les opérations sont suspendues et le capitaine Farjon part en permission. Le capitaine Aymone, commandant de la 75e batterie de 400, prend alors le commandement des pièces de 400 en action.
Le 18 mai, le capitaine Aymone reçoit l'ordre de préparer un tir de 36 coups sur le Mont Cornillet, à répartir sur les trois galeries à raison de 12 coups chacune "à un moment aussi voisin que possible de l'attaque".
-le 20 mai 1917, le tir prescrit commence à 6h00, effectué par l'obusier "M'Brouka" de la 75e batterie et observé par le lieutenant Ledy de l'escadrille MF 32 qui restera en tout trois heures sur l'objectif à basse altitude. Les conditions météorologiques sont parfaites et l'observateur distingue même à peu près tous les coups retardés, un exploit sans précédent car ceux-ci sont moins visibles qu'un éclatement de 75! Les trois tirs distincts ont été absolument réglés. Les entrées sont obstruées (mais le tir de 700 obus de 270 y a aussi contribué).
 
C'est au cours de ce tir qu'un obus de 400 à fusée retardée détone dans une galerie du Cornillet amenant des scènes d'horreur absolue tant du fait de la détonation que par l'envahissement du tunnel par le monoxyde de carbone provenant de l'éclatement de la charge du projectile.
L'estimation des pertes est de l'ordre de 700 soldats allemands tués dans le tunnel qui abritait alors, outre des isolés, deux chefs de bataillons du 476e I.R de la 242e I.D allemande avec 6 compagnies d'infanterie, 2 compagnies de mitrailleuses, 4 pelotons de pionniers, des postes de secours et une station radio.
Les photographies suivantes ( au moins une vingtaine ont été prises à cette époque) ont été prises sur les épis droits de la Pyramide à l'époque du drame, les pièces visibles ne peuvent pas toutes être identifiées avec certitude:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/T18.jpg
                      "Le Colibri" en action sur un épi droit de la Pyramide.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/T13.jpg
          Un obus de 400 à fusée retardée est hissé en dehors d'un wagon à munitions.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/T14.jpg
                         L'obus va être présenté à la position de chargement.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/T15.jpg
Le chef d'équipe arme le marteau et amorce, le sort de centaines de soldats allemands est entre les mains de Dieu.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/T16.jpg
        Tir d'un obusier de 400 à la position de la Pyramide.
 
A noter, que ce sont les tirs de l'obusier de 400 "M'Brouka" qui ont obtenu les résultats les plus décisifs (14 avril et 20 mai 1917).  
Ce canon, à l'origine un 340 modèle 1887 (R 1890 n° 2) a équipé le cuirassé "Brennus" jusqu'à son désarmement, a été transformé par raccourcissement et alésage en 400 modèle 1915 (R 1916 n° 3) à la Fonderie de Ruelle puis monté sur l'affût-truck AT 5018 aux Forges et Aciéries de la Marine et d'Homécourt à Saint-Chamond (Loire).
 
Cordialement,
Guy François.


Message édité par ALVF le 11-05-2017 à 15:31:08
n°18037
Piou-Piou
jusqu'au bout
Posté le 10-05-2017 à 22:10:54  profilanswer
 

Bonsoir Guy François,
 
Merci pour ce compte rendus, impressionnant, tant il est vrai qu'il ne faut pas s'en tenir qu'au J.M.O les pistes étant multiples et surprenantes de véracités.
Une question : quel que soit la couleur de l'uniforme, ses malheureux 700 soldats ont-ils eu droit à une sépulture digne ?.
 
Cordialement.
Phil.


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Phil.
n°18038
RADET Fred​eric
Verdun 1914-1918.
Posté le 11-05-2017 à 21:25:00  profilanswer
 

Bonsoir,
 
c'est toujours un plaisir de vous lire, merci de nous faire partager vos études, vos synthèses, toujours accompagnées de photographies de dessins ou de plans qui font que ce sujet complexe qu'est l'Artillerie devient, grâce à vous, accessible et compréhensible au plus grand nombre.  
 
Bien cordialement,
Frédéric RADET


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Courage on les aura !
n°18039
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 11-05-2017 à 21:40:38  profilanswer
 

Bonsoir
   Je n'oserais dire qu'on s'y croirait ... En tous cas,  merci de nous remémorer les faits.
Il y avait eu un sujet ( probablement d'autres) : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 1437_1.htm
Cordialement
Alain


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n°18041
ALVF
Posté le 11-05-2017 à 22:25:26  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Merci de vos appréciations!
Pour la question de Phil, la réponse à la question sur "une sépulture digne" est à nuancer.
Certes, les 265 corps exhumés des tunnels en août 1974 par les Pionniers de la Bundeswehr avec l'assistance du Génie reposent dans des sépultures militaires. Il en est de même pour les quelques dizaines de corps déjà exhumés entre les deux-guerres.
Par contre, les amas de corps aux abords des entrées n'ont dû connaître qu'une fosse hâtivement creusée.
Après la prise du Mont Cornillet, les entrées des tunnels, obstruées pour la plupart par le bombardement, sont orientées vers les lignes allemandes et soumises au tir intermittent de l'artillerie allemande.
L'accès aux tunnels est très difficile pendant toute la fin mai et le début du mois de juin 1917.
Un rapport du C.E Batsale, le commandant du 30e Groupe de 400, daté du 9 juin 1917, souligne les difficultés. Cet officier aurait souhaité observer l'impact du projectile de 400 ayant traversé environ 8 à 10 mètres de craie. Le chef de bataillon Barré, commandant le Génie de la 132e D.I lui affirme que plusieurs compagnies essaient de déblayer les galeries mais celles-ci n'ont pu progresser à la date du 7 juin que d'environ 40 mètres dans une seule galerie du fait des difficultés. L'accès au tunnel ne peut se faire qu'à partir d'un trou d'obus ayant percé la voûte à proximité de l'entrée allemande Est. Ce trou élargi est aménagé par la pose d'une échelle mais son entrée n'est praticable que de nuit du fait des tirs de l'artillerie allemande. A cette date du 7 juin, le Génie n'avait pu hisser encore par ce trou qu'une soixantaine de cadavres à des états variés de décomposition.  
On ne peut qu'imaginer la sépulture de ces soldats allemands, probablement enfouis au plus vite quelque part aux abords même du Mont Cornillet.
Il faudra encore des jours d'efforts pour déblayer les galeries du tunnel, les ventiler d'une atmosphère pestilentielle en déblayant une cheminée d'aération avant de creuser, beaucoup plus tard un débouché vers les lignes françaises. C'est dans ce contexte et pour accélérer les opérations de déblaiement que beaucoup de cadavres allemands furent emmurés dans un rameau de galerie jusqu'à leur exhumation de 1974. Il est aussi certain que d'autres corps sont à jamais enfouis dans le tunnel.
Cordialement,
Guy François.

n°18042
Piou-Piou
jusqu'au bout
Posté le 12-05-2017 à 00:36:31  profilanswer
 

Bonjour Guy François,
 
Merci pour votre réponse, et qu'il reposent en paix.
 
Cordialement.
Phil.


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Phil.
n°18044
ALVF
Posté le 12-05-2017 à 18:48:40  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Je viens de lire dans le programme d'une émission récente de FR3 "qu'un obus" français tombant "par hasard" a causé la tragédie du Mont Cornillet.
Le procédé du "hasard" est courant en matière journalistique ou universitaire pour expliquer un succès militaire, j'ai déjà lu la même chose pour la destruction du "Kilianstollen" de Carspach et j'ai expliqué dans un sujet du Forum que le sort des allemands tués dans cet abri souterrain de Haute-Alsace ne devait rien au hasard!
Je vais donc, sans être trop technique, essayer d'expliquer que le "coup heureux" du Mont Cornillet (pour reprendre l'expression littérale d'un Bulletin de Renseignements de la IVe Armée) ne doit rien au hasard mais beaucoup à la science du tir des artilleurs de l'A.L.G.P.
 
En avril-mai 1917, la science du tir n'a pas encore atteint la quasi perfection de l'année suivante mais les artilleurs de l'Artillerie Lourde à Grande Puissance (A.L.G.P), instruits pour beaucoup par les "Marins" de l'artillerie de marine servant dans les batteries de canonniers-marins incorporées à l'A.L.G.P, ont intégré les éléments principaux du calcul des éléments du tir (température, pression, vitesse du vent, vérification du poids exact des projectiles, lotissement des lots de poudre après tarage, etc...) et développé les conditions de l'observation terrestre ou aérienne.
Ainsi, avant chaque tir, on lance un ballon sonde pour vérifier la vitesse du vent aux différentes altitudes et on met à jour les paramètres physiques et météorologiques du moment. En même temps, la Commission de Gâvres (Morbihan) a établi des tables de tir pour chaque gros projectile par le calcul en mobilisant quelques dizaines de professeurs de mathématiques et de physique et aussi par des tirs d'expériences et de vérification menés sans discontinuer sur le polygone de Gâvres sous l'autorité de l'Ingénieur Général de l'Artillerie Navale Charbonnier.
 
Pour l'obusier de 400, en avril et mai 1917, seuls sont utilisés au 30e Groupe de 400 les deux obus suivants:
-obus en Acier modèle 1915 à Amorçage de Culot (AC) d'un poids de 900 kg dont 90 kg d'explosif.
-obus en en Fonte Aciérée modèle 1915 à Amorçage de Culot de 890 kg dont 72,5 kg d'explosif.
Les fusées employées sont sans retard pour le tir de réglage ou retardée de 0,35 secondes pour les obus en Acier destinés aux destructions souterraines.
Le tir de réglage s'effectue par série de 4 coups observés à obus sans retard, suivis généralement d'un tir d'efficacité de 8 coups à obus à fusée retardée si le but est d'effectuer des destructions profondes comme au Mont-sans-Nom puis au Mont Cornillet.
Les obusiers tirent presque à portée maximum, le problème de l'observation se pose donc dans ces termes:
-pour l'obus sans retard, celui-ci donne une gerbe moins haute que celle du 270 par exemple mais plus nourrie et étalée et absolument caractéristique. Le tir de réglage peut donc être observé sans problème majeur aussi bien par les aviateurs que par les ballons ou par des observateurs terrestres même situés loin de l'objectif (comme à l'observatoire du Sinaï sur la Montagne de Reims).
-pour l'obus à fusée retardée, le problème est tout autre, la gerbe produite est plus petite que celle d'un simple obus de 75 explosif. Ainsi, il est estimé qu'un observateur placé à environ 8.000 mètres ne distingue que 80% des éclatements et la proportion tombe à 20% pour un observateur situé à 13.000 mètres. Pour un observateur en ballon, l'observation est donc pratiquement impossible et un aviateur a beaucoup de mal à observer même à très faible altitude.
Sans détailler les résultats obtenus, les nombreux tirs effectués en avril et début mai 1917 ont permis d'effectuer des réglages très précis et fin mai, un tir d'efficacité pourra être effectué dans les meilleures conditions à condition que les conditions météorologiques soient bonnes.
Le 20 mai 1917, au lendemain d'un orage, la visibilité et la luminosité sont parfaites avec une absence de vent.  
Voilà pourquoi, le lieutenant Ledy, observateur de l'escadrille MF 32, pourra observer la presque totalité des points de chute, notamment ceux des obus à fusée retardée ce qui n'avait jamais pu être fait auparavant. De surcroît, l'expérience des tirs précédents a permis d'apporter des corrections de détail aux tables de tir tant au point de vue des dérives que des portées, d'assurer une excellente coordination des artilleurs et des aviateurs et tous les accessoires, T.S.F, téléphone, liaisons fonctionnent parfaitement.
Un dernier point technique:
A 13.000 mètres l'obus en acier de 900 kg, propulsé à 465 m/s de vitesse initiale par une charge de 76 kg de poudre BM 13 tombe sous l'angle de chute de 54°.
Le tir de ce projectile lourd à vitesse initiale modérée produit dans l'obusier une régularité excellente de trajectoire. L'écart probable calculé est de l'ordre de 54 mètres en portée et de 10 mètres en direction à la distance de tir de la position de la Pyramide de Mourmelon au Mont Cornillet.
Les tirs de réglage du capitaine Aymone se décomposent ainsi: sur l'entrée du centre du tunnel, tir un peu long initialement puis centré sur le but, sur l'entrée Est, il est encadrant et sur l'entée Ouest, il est également sur le but. Dans ces conditions, le capitaine décide, pour le tir d'efficacité de raccourcir sa hausse de 60 mètres et de porter le tir aux points supposés de rencontre des trois galeries du tunnel avec la galerie transversale, où l'épaisseur de la protection du sol crayeux varie de 8 à 10 mètres.
Les tirs ont donc été absolument réglés et le tragique dénouement de ce tir est bien un coup "heureux" et non un coup de "hasard".
 
Voici un schéma des deux types d'obus de 400 employés par les obusiers du 30e Groupe du 3e R.A.P en avril et mai 1917 lors des tirs sur le Mont-sans-Nom et le Mont Cornillet:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/D24400.jpg
Les obus FA modèle 1915 et Acier modèle 1915 à amorçage de culot.
Une usine de la région de Saint-Étienne produisant les projectiles de 400:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/T10.jpg
 
Un dernier point, les succès du tir sur le Mont Cornillet, suivis de résultats presque identiques, quoique un peu moins sanglants, sur les grands tunnels de Verdun Rive-Gauche au mois d'août 1917 (tunnels du Kronprinz et Gallwitz) ont une conséquence inattendue: tous les généraux d'Armée ou de Corps d'Armée "réclament" des obusiers de 400 pour toute opération importante alors qu'un certain nombre méprisait ce "luxe surabondant", tel le général Mangin qui refusait leur emploi et qui eut la main forcée par le général Pétain pour accepter deux obusiers de 400 lors de l'opération de Douaumont et de Vaux en octobre et novembre 1916.
On verra même lors de l'attaque de la Malmaison, des obusiers de 400 effectuer des "tirs d'accompagnement" de l'infanterie en tirant des obus explosifs chargés de 160 kg d'explosif, produisant des gerbes immenses et éclatant devant l'infanterie d'assaut, encourageant ainsi les attaquants et répandant l'effroi dans l'infanterie allemande soumise à ces tirs écrasants.
Le général Maurin, commandant la 1ère Division de la R.G.A,  s’élèvera d'ailleurs dans ses instructions contre ces tirs "de moralisation" qui seront pourtant encore effectués en septembre 1918 sur le front de Champagne lors de l'attaque du IXe Corps d'Armée.
Cordialement,
Guy François.

n°18045
badon54
Lorrain je le suis et le reste
Posté le 12-05-2017 à 20:00:55  profilanswer
 

Bonsoir et merci beaucoup pour ces précisions.
 
Mr François, pensez-vous vraiment qu'un journaliste lirait ce fil de discussion jusqu'au bout ?
 
Bonne fin de semaine à tous.


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Salutations
Bernard
n°18046
Cyril Cary
Posté le 12-05-2017 à 21:28:30  profilanswer
 

Bonsoir

badon54 a écrit :

pensez-vous vraiment qu'un journaliste lirait ce fil de discussion jusqu'au bout ?


J'espère qu'un journaliste sérieux, lit et comprenne simplement les sources documentaires avant de faire son papier ou sa chronique... :D  
Laissez vous entendre que les journalistes ne lisent pas... :D ?
 
Cordialement


Message édité par Cyril Cary le 12-05-2017 à 21:34:27
n°18047
Piou-Piou
jusqu'au bout
Posté le 12-05-2017 à 22:19:06  profilanswer
 

Bonsoir Guy François,
 
Merci pour cette éclairage, j'ai toujours porté un regard curieux sur les artilleurs surtout avec quel précisions ils pouvaient battre un terrain pour atteindre l'objectif précis.
En m'éloignant du sujet, les tireurs d'élite celui qui tire la détente et celui qui calcule les paramètres de tir, à l'heure actuelle surtout qu'il tire sur de très longue distance emploie la même théorie que les artilleurs, pressions atmosphérique, vitesse du vent, latérale etc etc.... et suivant les éléments divers rassemblés utilise la munition appropriée pour coup au but. Voilà si je ne me trompe.
 
Cordialement.
Phil.


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Phil.
n°18048
JeanMiche
Picarde maudissant la guerre.
Posté le 13-05-2017 à 08:49:06  profilanswer
 

Bonjour,
 
Et à lire, l'historique du polygone de Gâvres cité par M. Guy François, ce site pas du tout inintéressant ....:
 
http://www.gavres.fr/La-rubrique-d [...] 393.0.html


Message édité par JeanMiche le 13-05-2017 à 08:52:30

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  Cordialement               Jean Michel
n°18049
humanbonb
Posté le 13-05-2017 à 11:02:30  profilanswer
 

Bonjour,
Un tout grand merci à Guy François pour ce sujet on ne peut plus passionnant ! Un régal à lire !!!
 
Bonne journée.
Cordialement.

n°18050
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 14-05-2017 à 10:08:50  profilanswer
 

Bonjour,

 

Les soldats allemands exhumés en 1974 ont été enterrés au cimetière militaire allemand de WARMERIVILLE (51).

 

L'occasion nous est donnée de faire quelques pas dans le camp militaire, vers le Mont Cornillet, ce  prochain samedi 20 mai 2017, date précise du centenaire de cette tragédie humaine due à cette "frappe chirurgicale" ! Pour rappel du programme : http://www.lesamisdenauroy.fr/Les- [...] -2017.html

 

Mais pourra-t-on marcher jusqu'au monument érigé par les Allemands, surmonté d'une croix ?  http://images.mesdiscussions.net/p [...] .jpg7..jpg
EDIT : à supposer qu'il existe encore ? ce qui n'est pas certain !

  

Cordialement.


Message édité par monte-au-creneau le 14-05-2017 à 10:29:33
n°18051
ALVF
Posté le 14-05-2017 à 18:42:55  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Grâce à Maurice Sublet, il est possible de "passer de l'autre côté de la colline" avec le portrait d'un jeune soldat du Württembergisches Infanterie-Regiment Nr. 476.
Ce nouveau régiment, composé surtout de toutes jeunes recrues, a été mis sur pied en décembre 1916 et entraîné au début de 1917 avant d'être engagé dans le Secteur brûlant du Mont Cornillet.
Ce document est poignant, il y a de fortes probabilités pour que ce jeune soldat de la 4e Compagnie du régiment fasse partie des 1103 hommes signalés "disparus" en mai 1917 (36 officiers et 1064 sous-officiers et soldats).  
La carte envoyée le 7 avril 1917 montre un jeune soldat équipé de neuf, il ne lui manque encore que son casque d'acier, lequel sera distribué avant son départ vers la Champagne...
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/476I.R.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/476I.Ra.jpg
Jeune soldat de la 4.Kompagnie du Württembergisches Infanterie-Regiment Nr.476 et sa plaque de ceinturon du Royaume de Wurtemberg.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/476I.R2.jpg
 Sa dernière carte avant l'enfer du Mont Cornillet, écrite le 5 avril 1917 et postée deux jours après?
 
Cordialement,
Guy François.

n°18053
ALVF
Posté le 17-05-2017 à 17:55:37  profilanswer
 

Bonsoir,
 
La trajectoire passant par une cheminée d'aération est une aimable plaisanterie, éventuellement envisageable pour une grenade poussée à la main, mais évidemment peu crédible pour un projectile de 900 kg tombant sous un angle de chute de 56° à la vitesse approximative de 370 m/s!
Tout au plus peut-on admettre que le projectile ait pu traverser une cheminée verticale sur un point de sa trajectoire augmentant légèrement sa capacité de perforation.
 
N'ayant pu trouver une pièce d'archive relatant une expérimentation de la capacité de perforation d'un projectile de 400, je vais faire une comparaison avec un obus tiré par un obusier de 520.
En effet, les obusiers de 400 ont été rapidement mis en service à l'été 1916 pour participer, d'abord à l'offensive de la Somme puis à la reprise des forts de Douaumont et Vaux à Verdun à l'automne. De ce fait, les expériences balistiques menées à Gâvres ont eu surtout pour but de vérifier la tenue du matériel et des obus d'une part et d'établir les tables de tir d'autre part, sans mener d'autres expériences plus poussées.
Pour la mise en service du 520, prévue à l'automne 1918, les mêmes expériences balistiques ont été menées par la Commission de Gâvres à Saint-Pierre-Quiberon et à Mailly avec en plus des observations précises des caractéristiques des entonnoirs créés par les obus explosifs et les capacités de perforation des obus à fusée retardée dans le sol.
 
On peut comparer certaines de ces expériences avec la capacité de perforation des obus de 400. Ainsi, une expérience des 18 et 20 mars 1918 a été menée dans des conditions balistiques voisines d'un tir de 400. Toutefois, ces expériences ont été alors menées avec un obus à amorçage de tête de 1360 kg tiré à la charge intermédiaire de 109 kg de BM 13 à la vitesse initiale de 470 m/s. Ce tir, malgré la différence de calibre et de poids de l'obus, est donc effectué des conditions balistiques presque similaires à celle de l'obus de 400 de 900 kg, lequel, pour sa part, est tiré à charge maximum à 467 m/s (conditions des tirs sur le Mont Cornillet).
Le projectile de 520, tiré verticalement sous l'angle de 56° à 470 m/s arrive sur l'objectif situé à 14.900 mètres sous l'angle de chute de 60° à la vitesse de 370 m/s dans un sol crayeux assez semblable à celui des Monts de Champagne mais plat.
Voici le résultat observé:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/FAAT520mle1916.jpg
                Expériences des 18 et 20 mars 1918 à Mailly (obusier de 520).
 
On constate que l'obus a parcouru 11 mètres dans le sol et atteint la profondeur de 7,50 m, sa fusée retardée a fonctionné mais le projectile était lesté et non chargé. Sa trajectoire commence sous une incidence de 62° et dévie ensuite, la souille est très nette et d'un diamètre constant de 0,80 m dans toute sa trajectoire souterraine.
La capacité de perforation d'un obus à amorçage de culot doit être légèrement supérieure et la capacité d'atteindre la profondeur de 8 à 10 mètres est comparable pour les obus de 400 et 520 tirés à cette vitesse voisine de 470 m/s.
Pour mémoire, à Gâvres, un obus de 520 tiré à 500 m/s traversera de part en part un rocher de granit de 1 mètre d'épaisseur et continuera sa course dans le sable!
 
Nous verrons ultérieurement comment le Chef d'escadron Batsale a analysé pour sa part le "coup heureux" du 20 mai 1917.
En attendant, les géographes, topographes et autres "spécialistes" du calcul peuvent faire une coupe de terrain du Mont Cornillet en prenant en compte la hauteur de Mont, l'altitude des entrées, la longueur et la hauteur des galeries jusqu'au carrefour des galeries transversale et Est afin de déduire la masse couvrante de craie protégeant les galeries au niveau de l'impact!
Cordialement,
Guy François.

n°18057
celtemoin
Posté le 18-05-2017 à 09:12:43  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
   Merci à tous les intervenants, en particulier à Guy pour ses explications de vulgarisation. Dans la revue tranchée du trimestre, il y a un documentaire très intéressant pour moi  de Franck Beauclerc, sur le sujet. Encore bravo à tout le forum où l'on sait que tous les jours, on va apprendre de nouveau sur cette sombre période de notre histoire.
Cordialement
 
Patrick

n°18058
Chapelle d​e Falaise
Denkmal RJR 236-IR 78-IR 111
Posté le 18-05-2017 à 11:43:51  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
A lire, en suivant le lien ci-dessous, le récit du résultat coté allemand du bombardement français du tunnel du Mont Cornillet du 20 mai 1917. Il s'agit ici du rapport inédit émis le 25 mai 1917 par le Docteur Nagel, médecin en chef allemand du 2ème bataillon du Infanterie Regiment 476 stationné dans le tunnel. Le Docteur Nagel est, avec quelques camarades, l'un des rares rescapés de cette tragédie.  
La lecture de ce récit laisse bien imaginer l'horreur vécue par tous ces malheureux soldats allemands qui vont mourir piégés et asphyxiés sous terre !    
 
http://www.lesamisdenauroy.fr/Les- [...] illet.html
 
Très cordialement.
 
David. :hello:  


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« Les hommes disent que le temps passe, le temps dit que les hommes passent… »
 
n°18061
humanbonb
Posté le 18-05-2017 à 16:15:30  profilanswer
 

Bonjour,  
Ce témoignage est saisissant, merci à vous de nous le faire partager !
 
Sait on avec exactitude le nombre des pertes ? Les chiffres différent énormément d'un témoignage à un autre.
Y a t'il des données précises à ce sujet ? Morts, blessés et individus "survivants" mais décédés suite à cette intoxication ?
 
Bonne journée à tous.
Bien cordialement.

n°18062
ALVF
Posté le 18-05-2017 à 18:35:34  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Mon invitation à dresser une coupe de terrain en prenant en compte les éléments en possession des artilleurs de l'A.L.G.P pour préparer leur tir n'avait d'autre but que de faire ressortir le sérieux des officiers du 30e Groupe de 400 du 3e R.A.P. Il n'est nul besoin d'être un spécialiste pour s'entraîner à cet exercice qui était en honneur dans les Armées avant la révolution numérique et le GPS qui permettent instantanément de produire les "parties vues et cachées" d'un compartiment de terrain, de faire figurer en trois dimensions le plan relief le plus exact et de déterminer les possibilités techniques de tirer sur un objectif!
 
Que savaient donc les artilleurs au matin du 20 mai 1917?
-ils disposent de plans directeurs et de photographies aériennes détaillant parfaitement le relief du Mont Cornillet et la position exacte des entrées du Tunnel, impossibles à camoufler et très visibles compte-tenu de l'importance des déblais retirés de l'intérieur.
-les interrogatoires des prisonniers permettent de déterminer la direction générale des galeries et la longueur des galeries qui atteint 300 mètres, contrairement à beaucoup d'affirmations contradictoires. A cet égard, les documents saisis sur un officier du 173. Infanterie-Regiment appartenant à la 223. Infanterie Division ayant occupé le tunnel fin avril et début mai 1917 et les interrogatoires d'autres prisonniers ne laissent aucun doute. Le Chef d'escadron Batsale savait avant le tir du 20 mai que "l'organisation intérieure du tunnel du Cornillet comporte trois galeries ayant chacune 300 m de long environ, sur 2 à 3 m de large et boisées. A l'intérieur, à une cinquantaine de mètres des entrées, les galeries sont réunies par un couloir transversal...".
-les coupes de terrain réalisées à partir du Plan Directeur permettent de déduire que la masse couvrante atteint jusqu'à 30 mètres d'épaisseur sur l'essentiel de la longueur des galeries et que les parties vulnérables, protégées par moins de 10 mètres de masse couvrante, se situent sur les 60 premiers mètres des galeries.
Voilà les éléments qui ont conduit le commandement à prescrire un tir de 36 coups de 400 à raison de 12 coups par galeries en réglant sur les entrées. Ce tir ne peut être réglé que grâce à l'observation aérienne pour être efficace, ce qui oblige à attendre une journée d'excellentes conditions météorologiques. Le 20 mai 1917, toutes les conditions techniques sont réunies: les tirs préalables ont permis d'affiner les réglages et les corrections de portée et la luminosité est exceptionnelle.
 
Quelle était la réalité de l'organisation des tunnels?
Il est aujourd'hui possible d'examiner d'excellents plans et coupes du Tunnel du Cornillet en consultant le site allemand en ligne "Der Debus Tunnel und andere Tunnelanlagen im Ersten Weltkrieg, Champagne 1915" qui comprend un plan très complet mentionnant la position des descenderies reliant les lignes de défense du réduit du Cornillet avec les galeries du tunnel, la position des bouches d'aération et bien d'autres détails précieux. Il y a aussi la coupe des galeries du Tunnel que les allemands appellent d'Est en Ouest "Tunnel I, Tunnel II, Tunnel III".
Il est à noter que le chef d'escadron Batsale a assez bien déterminé la hauteur de la masse couvrante au niveau de la galerie transversale sauf en ce qui concerne le Tunnel III:
-dans le Tunnel I , la hauteur de la masse couvrante est de 9 mètres à 50 mètres de l'entrée puis passe à 10 mètres à 60 m pour augmenter ensuite.
-dans le Tunnel II, les chiffres sont de 10,50 et 14 mètres.
-dans le Tunnel III, la masse couvrante est plus importante de 20 mètres à 50 m et de 21 m à 60 m de l'entrée.
J'emprunte donc à ce site un extrait de la coupe de la galerie Est "Tunnel I" sur ses cent premiers mètres afin d'examiner la position exacte de l'impact de l'obus de 400:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/Bild4MontCornillet3.jpg
Coupe des 100 premiers mètres du Tunnel I (plan du site allemand "Der Debus Tunnel...".
 
La position de l'impact de l'obus de 400:
Les officiers de l'A.L.V.F n'ont pas pu visiter le tunnel avant leur départ mais les indications des officiers du Génie permettent d'assez bien le situer.
Le 9 juin 1917, le chef d'escadron Batsale écrit qu'après les tirs de réglage sur les entrées et l'observation de coups au but ou près du but, "Quant au tir d'efficacité, le capitaine (Aymone) a raccourci sa hausse de 60 mètres et reporté son tir aux points supposés de rencontre des trois galeries du tunnel avec la galerie transversale, épaisseur de la protection: 8 à 10 mètres".
L'écart probable d'un tir vertical d'obus en acier permet d'estimer que la moitié des coups probables a dû tomber dans la zone comprise entre 30 m et 90 m à l'intérieur du Tunnel I à l'aplomb des galeries mais avec une dispersion latérale de 10 mètres environ. La capacité de perforation est, on l'a vu plus haut de l'ordre de 7 à 8 mètres dans la craie. Il faut ajouter l'effet de la charge explosive qui crée des entonnoirs de l'ordre de 10 mètres de diamètre sur 5 mètres de profondeur dans un sol crayeux. La détonation a sans aucun doute provoqué l'effondrement de la galerie du Tunnel I quelque part vers 50 mètres à l'intérieur de la galerie. D'après le rapport du chef d'escadron Batsale, l'éclatement s'est produit à environ 50 mètres de l'entrée Est et a provoqué une zone de décombres d'environ 12 mètres de long, non encore déblayée à la date du 9 juin 1917.
Au vu de ces éléments, il semble bien que la bouche d'aération, située vers 112 m à l'intérieur du Tunnel I et sous 17 m de masse couvrante, n'a joué aucun rôle dans la destruction de la galerie.
 
Il s'agit bien d'un "coup heureux" car 12 coups seulement ont visé chacune des galeries, ce qui est assez peu. Un tir des 36 coups sur une seule galerie aurait peut-être été plus sage. En tout cas, les tirs de 400 et de 370 sur les Grands tunnels de Verdun Rive gauche en août 1917 ont fait l'objet de plus de prise en compte des probabilités puisque sur chaque tunnel visé (et atteint avec des pertes humaines moins lourdes mais importantes), au moins deux pièces de 400 (ou de 370) ont "traité" chaque objectif en bénéficiant d'un approvisionnement de 100 coups par pièce.
En résumé, la destruction du Tunnel du Cornillet est certes l'effet d'un "coup heureux" mais certainement pas d'un "coup tombant par hasard" comme on le lit fréquemment.
Cordialement,
Guy François.
 
PS: j'aborderai ultérieurement la question des pertes allemandes dans le tunnel, même si je n'ai pas employé la méthode scientifique suivie par Eric Mansuy pour estimer les pertes du Linge!

n°18069
ALVF
Posté le 20-05-2017 à 18:24:57  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Cent ans, jour pour jour, après cette tragédie, je vais essayer de synthétiser les pertes subies par les troupes allemandes le 20 mai 1917 dans le tunnel du Mont Cornillet.
Cette étude ne s'appuie que sur les sources facilement accessibles et quelques notes prises dans des documents d'archives. Il convient de préciser que mes recherches ont porté en détail sur le rôle de l'artillerie dans la destruction du tunnel du Cornillet mais que la question du recensement des victimes n'a pas été menée avec le même souci de détail.
Une lecture est à conseiller pour tous les lecteurs qui veulent lire l'intégralité des témoignages principaux, ceux du Médecin-major Forestier du 4e bataillon du 1er Zouave, du Docteur allemand Nagel du II/476 I.R, les pages traduites de l'historique allemand du 476. I.R et de la 376e Compagnie de pionniers. Tous ces documents figurent en annexe d'un article du général Jean Grenouilleau, en même temps qu'une synthèse des fouilles de 1973-1975, dans la publication "1917, des Monts de Champagne à Verdun" (Actes du colloque Mourmelon-Verdun des 24 et 25 mai 2007 sous la direction du professeur François Cochet) publiée par 14-18 éditions en 2008.
 
-1: Combien y avait-il de soldats dans les tunnels au matin du 20 mai 1917?
 
Rappelons d'abord la chronologie du 20 mai 1917: les tirs de 400 se sont échelonnés entre 06h00 et 08h47, l'assaut du 1er Zouaves a été donné à 16h25 et la conquête du Cornillet a été réalisé en 40 minutes seulement, seuls des îlots de résistance ont nécessité des combats sévères.
-effectifs allemands dans le tunnel: 2 états-majors de bataillon, 6 compagnies d'infanterie, 2 compagnies de mitrailleuses, quatre pelotons de pionniers, des postes de secours, une station radio, quelques prisonniers français, au moins 40 blessés allemands et probablement un certain nombre d'isolés ayant trouvé refuge dans les tunnels (troupes de logistique, ravitaillement, etc..., nombre certainement non négligeable, ainsi à Verdun en août 1917 plus de 100 militaires divers avaient trouvé refuge dans le Kronprinz Tunnel en dehors des occupants). Il y avait donc un effectif important dans les tunnels, de l'ordre de 1000 hommes.
 
-les pertes du 476. I.R sont de 1103 hommes, celles de la 376e Compagnie de Pionniers sont de 82 hommes (unité chargée de déblayer les entrées et les descenderies, ces hommes sont considérés comme morts dans les galeries du Tunnel sous réserve de quelques prisonniers).
 
-les hommes ayant pu s'échapper du tunnel: environ 200 à 300 juste avant l'attaque d'infanterie.
 
-les prisonniers: leur nombre est très faible, le 10e Corps d'Armée ne signale que 80 prisonniers le 20 mai, faits pour la majorité par la 48e Division et essentiellement par le 1er Zouaves (chiffre incluant la trentaine d'allemands qui se rendent avant l'assaut du 1er Zouaves et qui appartiennent probablement aux troupes de première ligne, hors des tunnels).
Dans la nuit du 20 au 21 mai, une centaine d'allemands, la plupart sans arme, traversent la compagnie de soutien du 1er Zouaves après s'être échappés, soit du tunnel, soit d'abris de première ligne, 63 sont faits prisonniers, ceux qui étaient armés et combattent sont abattus par les Zouaves. A titre de comparaison, le 17e C.A qui attaque le même jour pour améliorer ses lignes sur les autres Monts plus à l'Est fait plus de 900 prisonniers sans avoir conquis beaucoup de terrain.
 
Tous ces faits bruts laissent à penser que l'essentiel des pertes allemandes sont enregistrées dans le tunnel.
 
-2: Estimation des pertes par les français:
 
-les JMO sont tous contradictoires: plus de 400 (diverses unités), 500 (médecins), jusqu'à 1000 pour la IVe Armée, chiffre évidemment exagéré. Tous ces chiffres sont précoces (avant le 25 mai).
-les artilleurs de l'ALGP estiment ces pertes à 700 le 8 juin, après consultation du Génie et d'officiers ayant exploré plus ou moins les tunnels.
Le 1er Zouaves a eu à combattre férocement jusqu'à sa relève le 24 mai 1917 et n'a pas exploré le tunnel en détail en dehors de la reconnaissance des médecins.
Le 366e R.I relève le 1er Zouaves et un officier, le 26 mai, compte 50 cadavres dans le tunnel I de l'entrée jusqu'à la zone d'effondrement à 50 mètres de l'entrée.
Les travaux de déblaiement du Génie ne commencent vraiment que début juin, la compagnie 25/4 est employée à cette seule mission alors que les entrées des galeries sont effondrées et soumises au tir de l'artillerie allemande dès qu'un mouvement est perceptible.  
A noter que le 8 juin, seulement 60 cadavres en décomposition avaient été hissés hors du tunnel par une étroite ouverture dans des conditions épouvantables. Durant toute la première quinzaine de juin 1917, le malheureux 288 Régiment d'Infanterie Territoriale est chargé d'approvisionner les troupes en ligne et de ramener les cadavres vers l'arrière, le régiment emploie à cet effet 6 attelages pour la seule tâche d'assainissement du champ de bataille du Cornillet. Ces vieux "Pépères" du 288e RIT subissent des pertes cruelles lors de ces missions et le général Vandenberg, commandant du 10e C.A, citera le 288e RIT le 24 juin pour ses efforts lors de l'exécution de ces missions difficiles.
Je n'ai malheureusement pas trouvé de "statistiques" de ces missions éprouvantes et je n'ai pas non plus la confirmation de la date à laquelle il a été décidé de regrouper les dépouilles des soldats morts dans le tunnel dans un rameau de galerie à condamner ensuite afin de rendre respirable l'atmosphère empoisonnée et empuantie des galeries.
 
-3: Nombre des corps exhumés:
 
-mai-juin 1917: au moins 60 corps hissés hors des tunnels, nombre certainement supérieur.
 
-1933: première opération franco-allemande sur le Mont Cornillet, rapidement arrêtée: je n'ai trouvé aucun chiffre exact, sinon la mention d'environ 100 corps exhumés avant l'arrêt des travaux.
 
-1974: engagement des Pionniers allemands du lieutenant-colonel Köberl et du Génie français: 265 ou 267 corps exhumés.
 
-1975: deuxième opération des Pionniers et du Génie: 54 corps exhumés portant le total des opérations de 1974-1975 à 321.
 
On arrive donc à un minimum d'environ 500 hommes tués dans les tunnels, il est probable que d'autres corps reposent toujours dans d'anciennes galeries du Tunnel de Cornillet. Une plaque de la Nécropole de Warmeriville évoque 414 noms de soldats tués dans les tunnels, je ne sais sur quels éléments s'appuie cette affirmation.
 
En tout cas, j'aurai une pensée particulière aujourd'hui pour toutes ces victimes mortes dans des conditions horribles et je me remémorerai les prières récitées dans ce tunnel en compagnie de quelques camarades et de notre médecin-chef lors d'une visite impressionnante d'une galerie de ce tunnel effectuée en 1978, trois ans après les opérations franco-allemandes alors que les déblais du travail accompli étaient toujours visibles et parsemés de centaines de débris de cuir racorni. Nous respirions mieux en sortant de ces lieux sinistres, aujourd'hui comblés.
 
Si d'autres chercheurs veulent bien compléter ces notes en citant d'autres sources ou travaux, je serai très intéressé.
Cordialement,
Guy François.


Message édité par ALVF le 20-05-2017 à 18:35:38
n°18070
humanbonb
Posté le 20-05-2017 à 19:26:42  profilanswer
 

Bonsoir et merci encore pour cette synthèse très détaillée.
 
Cdlt.

n°18071
martian
Posté le 20-05-2017 à 20:26:28  profilanswer
 

Bonsoir,
Pour la première fois depuis fort longtemps s'est tenue ce matin une cérémonie Franco-allemande émouvante devant l'entrée d'une des galeries du tunnel .
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11554/IMG0640.jpg
 
Cordialement,
 
André


Message édité par martian le 20-05-2017 à 20:27:29
n°18077
Chapelle d​e Falaise
Denkmal RJR 236-IR 78-IR 111
Posté le 22-05-2017 à 22:55:36  profilanswer
 

Bonjour André, bonjour à tous et toutes,
 
Nous avons effectivement assisté ce samedi 20 mai 2017 au matin à une émouvante cérémonie commémorative se déroulant jour pour jour 100 ans après la tragédie évoquée plus haut.
Cette cérémonie a rassemblé de très nombreuses personnes devant l'emplacement de l'entrée N°1 du tunnel du Mont Cornillet.  
Un hommage à tous ces jeunes soldats allemands fauchés dans leur jeunesse leur a été rendu par un dépôt de gerbes et de nombreux discours poignants prononcés en français et en allemand.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/8946/01Nauroy20.05.2017.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/8946/02Nauroy20.05.2017.jpg
 
Cette cérémonie simple et digne s'est clôturée par une poignée de main collective entre les soldats français et allemands du jour. Geste humble et spontané de fraternité, salué par un tonnerre d'applaudissement de l’assistance !  
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/8946/03Nauroy20.05.2017.jpg
 
C'était une bien belle commémoration comme l'on aimerait en voir plus souvent et à laquelle j'ai eu la chance de pouvoir assister, comme peut-être d'autres membres de ce forum ?
 
J'en profite pour remercier chaleureusement tous les membres bénévoles de l'association "Les Amis de Nauroy et de l'église de Beine" sans laquelle cette journée historique n'aurait pas pu avoir lieu.
 
Amitiés.  :hello:  
 
David.


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n°18078
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 23-05-2017 à 08:51:12  profilanswer
 

Chers amis !

 

Bien sûr que d'autres membres de ce forum y étaient ! Je pense par exemple à la personne qui m'a  brièvement relaté qu'elle avait -jadis- parcouru ce Mont Cornillet à la recherche des entrées du tunnel, sans les trouver, mais trouvant une cheminée d'aération.
Cela m'a rappelé l'année -vers 2002- où, moi aussi, j'avais gravi l'un de ces Monts de Champagne et où la gendarmerie m'attendait à la redescente, mitraillette au poing. Promis, on ne le refera plus !

 

D'ailleurs, ce samedi 20 mai, quelques cerbères bien sympathiques se trouvaient au bout du chemin autorisé, pour interdire à quiconque d'aller plus loin, vers le sommet du Mont. Verboten ! Les champs alentour et la partie incluse dans le camp sont encore truffé des vestiges des combats. Chemin faisant j'ai ramassé les restes d'une grenade "presse-purée" allemande, avec encore un peu de bois de son manche, preuve -sans doute- qu'à cet endroit on s'envoyait ses engins-là à la figure et que les combats étaient rapprochés !

 

Nos amis Allemands étaient là, avec leur silhouette caractéristique, ce fameux chaudron sur la tête qui avait tant effrayé les premiers poilus à l'avoir vu ! Les Anciens de la génération 39/45 ne sont malheureusement plus là, aussi l'apparence de ces "feld-grau" est maintenant bien comprise et perçue comme reconstitueurs. Ils étaient magnifiques ! Mention "Très Bien" à celui qui avait poussé la reconstitution jusqu'à sa coupe de cheveux et moustache d'époque ! Bravo aussi pour les poilus !

 

La marche au rythme de la fanfare était vraiment émouvante, de même que les différents discours, celui exhortant la paix du jeune slave, celui sur l'historique de l'offensive française du 20 mai.

 

Questionnement de ma part : j'ai trouvé que l'Hymne National Allemand avait changé sur quelques notes. Me trompé-je ?

 

Je suis passé ensuite au cimetière d'Aubérive (cimetière du Bois du Puits), repenser à ces milliers de vie fauchées dans leurs 20 ans ! Une seule croix se détachait de l'immensité : un bouquet rouge écarlate au pied de la tombe : celle de Morel Henri, Edmond, tué précisément il y a 100 ans, le 20 mai 1917 à Moronvilliers. Il n'est pas oublié.

 

Bravo aux organisateurs !


Message édité par monte-au-creneau le 23-05-2017 à 09:02:09
n°18079
ALVF
Posté le 24-05-2017 à 07:46:12  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci pour ces reportages photographiques de la récente cérémonie sur les lieux du drame!
Cordialement,
Guy François.

n°18081
martian
Posté le 24-05-2017 à 10:42:55  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je voudrais insister sur le fait que cette cérémonie a eu lieu a l'initiative d'une association "les amis de Nauroy et de l'église de Beine "qui tente de faire revivre le village détruit de Nauroy . je vous invite a visiter le  site de l'association afin de mieux comprendre comment est née cette amitié franco-allemande qui nous a conduit ce dimanche matin devant l'entrée du tunnel du mont Cornillet :  
http://www.lesamisdenauroy.fr/Naur [...] auroy.html  
http://www.lesamisdenauroy.fr/nauroy.php
 
Cordialement ,
 
andré,

n°18084
ALVF
Posté le 25-05-2017 à 18:40:07  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Je publie ci-dessous une des rares photographies montrant avec certitude l'obusier de 400 modèle 1915 P 5018 "M'Brouka", matériel ayant effectué les tirs sur le Mont-Cornillet le 20 mai 1917. Le cliché doit dater du second semestre de l'année 1917, l'obusier est ici remorqué par une puissante locomotive du type 040T de l’État Belge. Ces locomotives repliées en France en 1914 ont été louées au réseau de l’État Belge pendant toute la durée de leur utilisation par l'A.L.V.F française, avec paiement des factures afférentes.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/400mle1915P5018MBrouka.jpg
                      Obusier de 400 modèle 1915 Saint-Chamond P 5018 "M'Brouka".
Cordialement,
Guy François.

n°18085
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 25-05-2017 à 20:19:03  profilanswer
 

Bonsoir
   Aaaaah ! une loco ! Je ne peux résister  : en voilà une annotée ALGP 1916 http://www.cparama.com/forum/carte [...] 18926.html  ( il y a même un petit coucou à ALVF qui avait déjà répondu  sur not' forum qu'elle tractait du 320)
Quel était le poids de M'brouka sur son char ( si je puis dire) ? Et je n'ai pas vu la puissance de cette belle machine.
(La Franco-Belge était à coté de chez moi : http://164.132.195.164/viewer/5310 [...] er=picture )
Cordialement
Alain
 
 


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n°18095
delmi83
Posté le 27-05-2017 à 20:50:27  profilanswer
 

Bonjour,
 
voici une photo du Colibri, quelques jours avant les tragiques évènements du mont Cornillet, puisqu'elle date du 18 avril 1917. Je n'ai pas identifié la pièce rapidement, troublé par le "5116" du wagon. Mais lorsque l'on compare les peintures de camouflage, plus de doute possible avec le Colibri. De plus, à l'extémité arrière du wagon on devine 5..6, ce que je pensais être également 5116, qui ne correspondait à rien...
 
Cordialement
 
Michel
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/7083/ALVFobusierde400LeColibriN5016le14avril1917enChampagne.jpg


Message édité par delmi83 le 27-05-2017 à 20:50:52

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http://www.guerre14longuet.canalblog.com
n°18097
martian
Posté le 28-05-2017 à 15:15:21  profilanswer
 

bonjour,
 
Tout le monde est d'accord pour dire que les batteries étaient installées sur un épi près de la "Pyramide ".
J'ai beaucoup de mal a préciser l'emplacement exact en effet il existait 2 pyramides au Camp de  Mourmelon  
L'une au sud sur la route de Bouy et l'autre au nord entre Sept- sault et Baconnes mais située au sommet d'une cote et a 2,5 km du camp  
 
Merci de votre aide  
 
cordialement ,
 
André
 
 

n°18098
ALVF
Posté le 28-05-2017 à 17:52:21  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Je réponds aux questions d'Alain et André:
 
-question d'André: la position des épis droits de la Pyramide correspond à la proximité de la Pyramide implantée au Sud du Camp.  
Pour distinguer les différentes positions d'A.L.V.F de ce secteur, on appelle généralement "épis de Bouy", le grand épi en tenaille à quatre branches pour pièces à glissement (de 32 cm) dont les extrémités des deux branches gauche de l'épi sont partiellement visibles sur la photographie en tête du sujet et "position de la Pyramide", les trois épis droits construits pour la mise en action des obusiers de 400, orientés sur les Monts de Champagne et particulièrement le Mont Cornillet. Les deux positions d'A.L.V.F sont desservies par la même voie d'accès se greffant sur la ligne principale de Voie Ferrée. Les positions d'A.L.V.F ont connu des modifications mineures en 1918, année pendant laquelle l'épi en tenaille a encore été beaucoup utilisé.
A noter qu'au début des années 1970, on désignait encore sur les cartes du Camp de Mourmelon les "épis de Bouy". Ces épis ne doivent pas être confondus avec ceux de 1917-1918 car ils ont été construits pour l'entraînement du 372e RALVF entre les deux guerres (avec objectifs dans le camp de Suippes), ils y figurent peut-être même encore de nos jours car je n'ai plus "pratiqué" ces lieux depuis quelques passages en AMX 13, ce qui nous rajeunit beaucoup....
 
-question d'Alain:
L'obusier de 400 en ordre de marche a un poids total de 137.000 kg. Ce n'est pas le plus lourd matériel de l'A.L.V.F, le 340 modèle 1912 sur affût à glissement en ordre de marche pèse 270.000 kg et il y aura encore plus lourd après la guerre pour les matériels à Très Longue Portée (T.L.P.).
En batterie, il faut ajouter à l'obusier de 400 le poids des madriers et lambourdes de la plateforme et la partie métallique de celle-ci, ce qui nous amène à près de 300 tonnes!
Concernant la locomotive 040 T de l'Etat Belge (type 23), voici le schéma de la machine figurant dans le Volume 2 du "Manuel du Cours des Élèves Officiers de l'A.L.V.F" édité par le Centre d'Instruction de Mailly en juillet 1917:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/040TEtatBelgetype23.jpg
 
Cordialement,
Guy François.


Message édité par ALVF le 28-05-2017 à 18:14:30
n°18102
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 29-05-2017 à 12:25:43  profilanswer
 

Bonjour
   Merci
Cordialement
Aalin


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