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n°8247
olive
Posté le 02-09-2011 à 09:15:44  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Complétément néophyte dans le domaine de l'artillerie, je me pose les questions suivantes :
 
1) Les obus tirés étaient-il "visiblent avant leurs arrivée et l'impact ( je pense car une vitesse de 500m/sec pour le 75 à l'oeil doit se voir non ?).
 
2)Il est souvent décrit dans les livres, le bruit des coups de départ et la caractéristisque du bruit de chacun des obus. Aujourd'hui pouvont nous entendre ces bruits dans notre quotidient pour imaginé ce qu'ils étaients ?
 
Cordialement, Olivier.
 

n°8248
air339
Posté le 02-09-2011 à 09:45:59  profilanswer
 

Bonjour Olivier,
 
D'après les nombreux témoignages que j'ai lu, les obus n'étaient pas visibles avant leur arrivée (vitesse trop grande), mais pouvaient l'être au départ : quelques photos d'époque le démontre.
 
A l'inverse, les grosses torpilles de minenwerfer étaient visibles lors de leur apogée (moment ou elles basculent pour redescendre) : nombreux sont les récits décrivant l'effroi - mais aussi la possibilité d'échapper à l'impact mortel.
 
Pour les bruits, je ne saurait que trop conseiller le film "les croix de bois" de Raymond Bernard (1933) réalisé sur un vrai champ de bataille et à l'aide de l'armée. En "home cinema", les 10 minutes d'assaut sous le bombardement sont terrifiants. Le tir lent d'une vrai mitrailleuse allemande donne à comprendre pourquoi les soldats évoquent souvent son "aboiement".
 
Cordialement,
 
Régis


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Air
n°8249
air339
Posté le 02-09-2011 à 10:21:02  profilanswer
 

Voilà ! sur youtube, y a tout !
 
Les croix de bois (en fait, 1931), le combat : la bande son est d'époque, les explosions grésillent (les micros de l'époque en prennent un coup !). A partir de la 4ème minute, le son rauque des MG.
 
http://www.youtube.com/watch?v=JUz [...] re=related


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Air
n°8265
olive
Posté le 05-09-2011 à 08:20:07  profilanswer
 

Bonjour Régis,  
 
Merci pour la rapidité de ta réponse. Mais j'étais absent et maintenant de retour j'ai pu regarder ton lien.  
Effectivement, c'est  impréssionant autant les explosions que les MG ! Quel enfer et quel peur devait les prendre au ventre.
 
J'aurais pensé que les obus étaient "visible". Il n'y a donc que leur bruit lorsqu'il fendait l'air et le coup de départ qui pouvait prévenir les soldats.
Pour les marmittes j'imagine qu'avec la forme du tir courbe elles étaient visible et "un peu prévoyante".
Merci pour tes renseignements.
Cordialement, Olivier.

n°8267
Cyril Cary
Posté le 05-09-2011 à 18:06:06  profilanswer
 

Bonsoir  
 

air339 a écrit :

D'après les nombreux témoignages que j'ai lu, les obus n'étaient pas visibles avant leur arrivée (vitesse trop grande), mais pouvaient l'être au départ : quelques photos d'époque le démontre.


Les obus ne sont visibles ni à l'arrivée, ni au départ du coup où la vitesse est encore plus grande qu'au départ puisqu'au point d'impact la vitesse est appelée "vitesse restante".
Si la pellicule photo à imprimer la tache représentant l'obus c'est un quasi arrêt sur image, encore que le projectile soit totalement flou...
En plus je ne pense pas que les artilleurs Allemands regardaient leurs obus qui partaient à plus de 1 600m/s...  
 
A notre époque on utilise des caméras à très haute vitesse (20 000 i/s et plus) pour obtenir des images correctes.
 
Cordialement
Cyril

n°8272
Bruno Tard​y
Posté le 08-09-2011 à 14:54:21  profilanswer
 

Bonjour,
La visibilité dépend essentiellement de l'endroit où se trouve l'observateur. Si on se place perpendiculairement à la direction de tir, l'oeil n'est pas assez rapide pour suivre le déplacement. Par contre en se plaçant dans l'axe du déplacement l'oeil doit seulement s'adapter à mesure que l'obus s'éloigne et peut donc le voir tant que sa distance n'est pas trop grande.
 Certains obus étaient bien visibles au départ du coup pour un soldat placé à proximité du canon et regardant dans la direction du tir. Voici un extrait d'une lettre de mon père écrite le 10 octobre 1916 alors que son unité était cantonnée dans la Somme à Warfusée près de Lamothe en Santerre, décrivant un groupe de 320 ALGP en batterie en proximité :
 
" On voit au départ l'obus suivre sa trajectoire, on dirait un gros oiseau. "
 
Cordialement
Bruno

n°8273
ALVF
Posté le 08-09-2011 à 15:42:30  profilanswer
 

Bonjour,
 
Oui, certains projectiles sont très visibles à l'oeil nu!
C'est le cas, bien sûr, d'à peu près toutes les bombes et projectiles de l'artillerie de tranchée mais on peut voir aussi la trajectoire des projectiles très lourds et à faible vitesse initiale tirés par les gros obusiers et mortiers de l'Artillerie Lourde à Grande Puissance.
Ainsi, lors de l'offensive de La Malmaison, les obusiers de 400 ont tiré pendant la sortie des vagues d'assaut de l'infanterie.Le général Maurin, "Grand Maître" de la Réserve Générale d'Artillerie Lourde, appelait ces tirs, "tirs de moralisation", et il ne les approuvait d'ailleurs pas.
Le but "moral" de ces tirs de 400 était double, les poilus voyaient les projectiles s'abattre sur les lignes allemandes et ressentaient leur souffle puissant, ils pouvaient aussi observer les immenses gerbes produites par ces obus.
Les poilus ne savaient pas par contre que les obus explosifs employés pour ces tirs de "moralisation" étaient avant tout des obus de réglage dont l'immense gerbe était vue par les observatoires mais dont les effets étaient moyens car ils éclataient au ras du sol.Les projectiles efficaces du 400 étaient les obus à fusée retardée qui détonaient en profondeur après avoir traversé plusieurs mètres du sol ou tout obstacle consistant. L'inconvénient était que ces projectiles retardés ne produisaient qu'une gerbe très petite et invisible des observatoires du fait de leur action souterraine.C'est pourquoi, les tirs de moralisation n'utilisaient que des projectiles de réglage alors que les obus efficaces à action souterraine avaient été tirés bien avant l'assaut de l'infanterie.L'effet d'un projectile explosif de réglage éclatant au ras du sol amène toutefois des "résultats" à plusieurs dizaines de mètres aux alentours car un obus de 400 contient 180 kg d'explosif!
Cordialement,
Guy François.

n°8287
olive
Posté le 14-09-2011 à 19:09:31  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Merci pour ces superbes explications. Donc tout les petits "calibres" étaient invisble et seul le coup de départ et le bruit qu'ils faisaient dans l'air pouvait annoncer leur arrivé.  
Pour ce qui est de l'artillerie de tanchée j'en avait une petite idée du fait de leur tir courbe.
Quand au bruit ? J'aimerais bien aimé entendre le "miaulement" d'un obus 75 !
 
Bonne soirée, Olivier.

n°8319
Kristus
Posté le 26-09-2011 à 15:01:52  profilanswer
 

Bonjour,
 
Quelques précisions d'époque.......sur le "son du canon" !
 
http://digi.ub.uni-heidelberg.de/d [...] rrent_page
 
Cordialement
 
Kristus

n°8320
ALVF
Posté le 26-09-2011 à 17:49:25  profilanswer
 

Bonjour,
 
Voici deux courts extraits de l'étude du Professeur Ernest Esclangon relative à "L'acoustique des canons et des projectiles" parue dans le Mémorial de l'Artillerie française en 1925, pages 639 à 1026.
Cette étude magistrale d'un des créateurs des Sections de Repérage par le Son (S.R.S), devenu après 1918 Directeur de l'Observatoire de Strasbourg, confirme la visibilité à l'oeil nu des projectiles de gros calibres.Son étude détaille essentiellement l'ensemble des phénomènes sonores observés dans les bouches à feu de tous calibres (onde de bouche, onde balistique, etc...) et leurs variations, en s'appuyant sur la théorie et les expériences commentées de centaines de tirs d'artillerie exécutés au polygone de Gâvres (Morbihan) en liaison avec l'Ingénieur Général de l'Artillerie Navale Charbonnier, pionnier de la balistique des tirs à très longue portée dès avant 1914.
Il est utile de préciser que les S.R.S françaises ont détecté très précisément les "Paris Kanonen", notamment sur le deuxième emplacement de Beaumont-en-Beine employé à partir du 27 mai 1918, alors que l'exploitation des photographies aériennes y a été défectueuse en confondant un faux emplacement avec le réel, supérieurement camouflé.
L'étude du Professeur Esclangon est indispensable à la connaissance de ces phénomènes acoustiques et est bien supérieure aux livres de Nordmann ("A coups de canon" ) et Georges Claude ("Politiciens et Polytechniciens" ) qui n'entrent pas dans le détail de l'étude des phénomènes sonores et sont même parfois plus polémiques qu'historiques (notamment celui de Georges Claude).
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img118b.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img119b.jpg
               Quelques mots du Professeur Esclangon sur la "visibilité" des projectiles.
 
Cordialement,
Guy François.

n°8330
olive
Posté le 27-09-2011 à 09:30:02  profilanswer
 

Bonjour, merci pour ces précisions.
 
       Cela confirme bien que plus l'obus est gros et au mieux il est visible, mais aussi qu'il y a ce phénomène étonnant de nuage blanc visible à l'oeil ! Merci bien pour ces précisions.
 
Kristus, pour votre lien il n'y à pas de "son" proprement dit ?  
De plus, si j'ai bien lu, il s'agit d'une interprétation que se faisait les Français sur un canon qui bombardé Paris ?  Les données sont donc érronées rassuré mois ! Car j'ai un doute sur la portée et la hauteur atteinte par l'obus, 38 km !  
 
Merci. Olivier

n°8331
ACHACHE
Cimetière militaire de V D
Posté le 27-09-2011 à 09:36:06  profilanswer
 

Bonjour,
 

Citation :

la hauteur atteinte par l'obus, 38 km !


 
au passage, cette question d'apogée de trajectoire m'intéresse aussi. Merci donc à qui voudra bien y apporter quelque(s) précision(s) -ne serait-ce qu'en donnant un lien, car cela a sans doute déjà été traité...
 
Bien à vous,
 
 [:achache:1]


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Emouvante forêt, qu'avons-nous fait de toi ?
Un funèbre charnier, hanté par des fantômes.
Tes doux sylvains ont fui, cédant la place aux hommes
Qui sèment autour d'eux la douleur et l'effroi. M. BOIGEY/LAMBERT, La Forêt d'Argonne, 1915
n°8332
air339
Posté le 27-09-2011 à 10:33:56  profilanswer
 

Bonjour,
 
Tiré du n°7 de novembre 1978 de "connaissance de l'histoire - artillerie 1914-1918", un article détaillé sur le Wilhelm Geschutz (renommé par les allemands Long Max, et Grosse Bertha par les français).
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/max.jpg
 
En gros, vol de 150 km en 176 secondes, apogée (altitude maxi) de 40 km, soit un passage dans la stratosphère, perforant la couche d'ozone...  
 
Quand on dit que tout vient de 14-18...
 
Régis


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Air
n°8333
olive
Posté le 27-09-2011 à 11:49:16  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci pour ces infos tout simplement hallucinantes !!! 150 km de portée, 40 km d'altitude ! tout simplement incroyable !  
Et pour qu'elle précision à la vue de ces données ? une centaine de mètres ?
Cordialement, Olivier.

n°8335
ALVF
Posté le 27-09-2011 à 15:16:01  profilanswer
 

Bonjour,
 
J'appelle l'attention sur les données pour le moins "approximatives" concernant le schéma de l'article de "Connaissance de l'Histoire".
Un simple coup d'oeil sur une carte Michelin fait apparaître que la distance Crépy-en-Laonnois-Paris est de l'ordre de 120 km!
Jetez un coup d'oeil sur les chiffres que j'ai indiqués dans le sujet "La grosse Bertha des Parisiens" en réponse à un article "surprenant" d'une Revue pourtant prestigieuse.Ces chiffres sont puisés aux sources d'archives françaises qui sont essentiellement constituées de documents ALLEMANDS de 1918, passés aux mains des Services de Renseignements français dans les années 1923-1925 par la "voie du renseignement".
Ces documents comprennent notamment la table de tir des projectiles tirés par les "Paris Kanonen", les plans originaux du tube de 21/35-cm, un album de photographies prises à Crépy-en-Laonnois, dont j'ai publiées un certain nombre dans un livre et plusieurs articles, et bien d'autres documents originaux.
Voilà quelques "bons" chiffres concernant l'obus de 21-cm tiré dans le tube de 21/35-cm (du type employé à Crépy-en-Laonnois le 23 mars 1918):
-Vitesse initiale: 1647 m/s.
-Apogée de la trajectoire: 42.300 m atteinte au bout de 90 secondes.
-Durée de l'obus sur sa trajectoire: 182 secondes.
-Distance du tir: les trois positions employées à Crépy-en-Laonnois sont situées respectivement à 119.082 m, 119.845 m et 120.109 m du point visé (situé dans l'île de la Cité).
Olivier, attention à la notion de PRECISION des tirs d'artillerie:
-la dispersion latérale des impacts est assez faible.
-la dispersion en portée est par contre considérable, de l'ordre de 0,5% à 1% de la distance de l'objectif, POUR TOUTES LES BOUCHES A FEU, même non usées, de tous les pays.
Cette dispersion s'accroît avec les canons tirant à très haute vitesse initiale, ce qui est le cas des "Paris Kanonen".
L'examen des données des impacts d'une même journée de tir permet de constater que des obus "se perdent" à plus de 128.000 m dans la Banlieue Sud de Paris tandis que d'autres atteignent la Banlieue Nord à 113.000 m, ce qui confirme les lois de la dispersion!Un coup court est même tombé à 85.000m "seulement" près de Meaux, il s'agit là manifestement d'un obus ayant basculé sur sa trajectoire.
A cet égard, un canon ou obusier tirant un obus très lourd à faible vitesse initiale est beaucoup plus précis, par exemple l'obusier de 400 français dont la dispersion en portée ne dépasse pas 30 mètres à 14.000 m de portée donc bien au-dessous des normes citées plus haut qui s'appliquent surtout aux canons longs tirant à forte vitesse initiale.
Je ne peux que conseiller la lecture de mon article du numéro 17 de la Revue "Tank Zone" de juin 2011 qui contient des photographies des "Paris Kanonen" et des données inédites sur ces canons.
Cordialement,
Guy François.

n°8336
olive
Posté le 27-09-2011 à 16:43:10  profilanswer
 

Merci pour vos précisions Guy François, j'ai bien compris la différence des dispersions, et effectivement, la précision n'est pas vraiment de mise pour ce type de canon !  
Les dégats était-il les même que pour un autre 21 cm, où ces obus était-il plus efficace du fait de leur trajectoire stratosphérique et de leur charge explosive ? Et où puis-je trouver votre article dans la revue "Tank Zone".
Merci, Olivier.

n°8337
ALVF
Posté le 27-09-2011 à 17:06:08  profilanswer
 

Bonjour,
 
L'obus de 21-cm (de même que les obus de 22,4-cm et de 23,2-cm utilisés ensuite dans des tubes réalésés) n'avait pas un grand effet de destruction, bien inférieur à un projectile "normal" de 21-cm.
Le projectile de 21-cm ne contenait que 6,8 kg d'explosif, soit un poids d'explosif comparable à certains obus de 15-cm, cette capacité réduite s'explique par la grande épaisseur des parois du projectile et de la présence de deux fusées, dont une interne sur un diaphragme, afin d'assurer une détonation à peu près à tous les coups (seul un projectile, celui tombé rue François-Miron, a détoné imparfaitement laissant un gros morceau de projectile et une fusée interne qui ont permis aux services techniques de reconstituer le profil de l'obus).
Les obus tombés sur l'Eglise Saint-Gervais et à la Maternité Baudelocque ont certes causé de grandes pertes humaines mais on peut affirmer que l'effet destructeur du bombardement était assez faible compte-tenu de la débauche de moyens humains et industriels consacrés à la construction de ces "Paris Kanonen".L'effet moral fut certes très grand mais n'amena pas la "panique" souhaitée par les allemands au sein de la population.
Le numéro 17 de la Revue "Tank Zone" est disponible chez l'éditeur "Histoire et Collections" (prix actuel réduit), voir le site en ligne de l'éditeur.
Cordialement,
Guy François.

n°8338
Yv'
Posté le 27-09-2011 à 17:36:08  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je viens de découvrir un nouveau document sur Gallica, une photo de presse intitulée "Obus de 500 au ministère de l'armement" (1918).
Guy, pouvez-vous nous en dire plus sur ce calibre qui me semble peu connu ?
 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53005220h
 
Cordialement,
Yves

n°8339
Yv'
Posté le 27-09-2011 à 17:39:41  profilanswer
 
n°8340
ALVF
Posté le 27-09-2011 à 18:14:57  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Merci pour ces photographies!
 
L'impact du Quai de Seine confirme bien le faible effet destructeur de l'obus de 21-cm des "Paris Kanonen", un 155 ou un 15-cm aurait produit un effet identique, mais celui-là vient de 120.000 m à peu près!
 
L'obus de "500" a tout à fait l'apparence de l'obus de 520 mm AT modèle 1916 (obus explosif à amorçage de tête) destiné à l'obusier Schneider de 520 mm Mle 1916.
Pour donner l'échelle d'un obus de 520 mm AT Mle 1916:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img079b.jpg
                        Obus de 520 mm AT Mle 1916.
 
Cordialement,
Guy François.


Message édité par ALVF le 27-09-2011 à 18:33:50
n°8342
Cyril Cary
Posté le 27-09-2011 à 21:19:37  profilanswer
 

Bonsoir

olive a écrit :

mais aussi qu'il y a ce phénomène étonnant de nuage blanc visible à l'oeil ! Merci bien pour ces précisions.


C'est le cône de surpression qui devient visible par la vaporisation de l'air. Celui-ci est situé à "l'avant" du projectile, la partie arrière faisant un cône de basse pression invible à l'oeil.
Une vidéo présentant ce phénomène de la dynamique des fluides:
http://www.youtube.com/watch?v=CF7 [...] re=related
 
Les avions qui dépassent se cône de surpression (qui peut faire de gros dégats à la structure s'il reste dans cette zone critique) passent le mur du son.
 
Cordialement,
Cyril

n°8343
olive
Posté le 27-09-2011 à 22:20:14  profilanswer
 

Bonsoir.
Merci pour ces photos. Quelles tailles énormes. Il est vrai que les dégats causé sur Paris dans le post de Yv' non pas l'air "impressionnant.
Quels spécialistes vous etes sur le Forum, impressionant la culture des uns et des autres. Merci pour la précision du "cône" que j'avais confondu avec une trainé !  
 
Bonne soirée. Olivier.

n°8344
ALVF
Posté le 27-09-2011 à 22:37:58  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Je reprends plus en détail les explications du Professeur Esclangon concernant l'onde balistique: voici les explications concernant un "boulet cylindrique" de 520 mm propulsé à 500 m/s (un boulet cylindrique présente une forme entièrement cylindrique avec un montage des ceintures identique à celui de l'obus définitif).On tire dans les polygones des boulets cylindriques pour étudier la vitesse initiale et la tenue du projectile sur une faible trajectoire tendue.La forme cylindrique du projectile permet de limiter les ricochets dangereux pour l'environnement (le polygone de Gâvres a une "riche" histoire d'incidents de toutes sortes sur les habitations et le bétail jouxtant le champ de tir établi parallèlement au littoral, il y a même eu des accidents de personnes, heureusement très rares).
Voici d'abord le croquis et les explications concernant le tir d'un boulet cylindrique à 500 m/s:
En premier lieu, une très rare photographie, prise à Gâvres et provenant de l'album d'un officier d'artillerie, montre au premier plan un lot d'obus de 520 mm AT Mle 1916 destinés à des tirs balistiques et, au second plan, un boulet cylindrique de 520 mm utilisé pour les tirs d'expériences, à l'arrière on distingue des tubes de marine sur affûts d'expériences à échantignolles:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/AB 4.jpg
 Obus de 520 mm AT Mle 1916 et un boulet cylindrique de 520 mm à Gâvres en 1917.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img119b.jpg1..jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img120b.jpg
 Explications du Professeur Esclangon sur l'onde balistique d'un boulet de 520 mm tiré à 500 m/s.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img121b.jpg
Photographies de boulets cylindriques de 520 mm tirés au dessus et au dessous de la vitesse du son.
 
Pour terminer, une image plus classique prise à Gâvres montrant une balle de fusil tirée à 700 m/s permettant de distinguer l'onde balistique et les violents mouvements tourbillonnaires dans l'axe arrière du projectile:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img122b.jpg
 
Cordialement,
Guy François.

n°8345
air339
Posté le 27-09-2011 à 23:45:35  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Merci ALVF d'avoir corrigé le tir par des documents plus précis. La photo de la balle (je suppose balle M) est étonnante et illustre bien cet effet de balistique d'air comprimé, considéré comme second projectile, avec des effets redoutables :  
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/balistique.jpg
 
D'où aujourd'hui de petits calibres (autour de 5mm) mais des v.i. très élevées.
 
Bien cordialement,
 
Régis


---------------
Air
n°8361
Cyril Cary
Posté le 28-09-2011 à 19:40:42  profilanswer
 

Bonsoir

air339 a écrit :

La photo de la balle (je suppose balle M) est étonnante  
Bien cordialement,
 
Régis


Je ne sais pas si en voyant l'ogive on peut dire que c'est projectile provenant d'un étui dont la l'amorce est modifiée ou si le méplat de l'ogive est réduit. Je dirai que c'est un projectile à ogive type 1886, incluant toutes les variantes.
 

ALVF a écrit :

Pour terminer, une image plus classique prise à Gâvres montrant une balle de fusil tirée à 700 m/s permettant de distinguer l'onde balistique et les violents mouvements tourbillonnaires dans l'axe arrière du projectile:
http://images.mesdiscussions.net/p [...] mg122b.jpg
 
Cordialement,
Guy François.


 
Ces mouvement tourbillonnaires sont parasites et pénalisent le rendement balistique du projectile et nuisent à sa précision.
Le capitaine Desaleux étudia ces problèmes et le résultat fut les premiers projectiles de formes "D" à arrière fuyant (dit aujourd'hui "boat tail" ) pour le système d'artillerie de Bange. Ces projectiles avaient une grande portée et une excellente précision
En 1898, l'ogive D fut adopté pour le système d'arme tirant la munition 1886 (Lebel, Berthier, etc...).
 
Aujourd'hui les ogives de précision d'armes d'épaules ont garder la même forme.
Mais la forme aérodynamique considérée comme parfaite est celle qui est sculptée par l'air elle même: la goutte d'eau (qui est bien à arrière fuyant).
 
Cordialement
Cyril


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