Bonjour,
J'appelle l'attention sur les données pour le moins "approximatives" concernant le schéma de l'article de "Connaissance de l'Histoire".
Un simple coup d'oeil sur une carte Michelin fait apparaître que la distance Crépy-en-Laonnois-Paris est de l'ordre de 120 km!
Jetez un coup d'oeil sur les chiffres que j'ai indiqués dans le sujet "La grosse Bertha des Parisiens" en réponse à un article "surprenant" d'une Revue pourtant prestigieuse.Ces chiffres sont puisés aux sources d'archives françaises qui sont essentiellement constituées de documents ALLEMANDS de 1918, passés aux mains des Services de Renseignements français dans les années 1923-1925 par la "voie du renseignement".
Ces documents comprennent notamment la table de tir des projectiles tirés par les "Paris Kanonen", les plans originaux du tube de 21/35-cm, un album de photographies prises à Crépy-en-Laonnois, dont j'ai publiées un certain nombre dans un livre et plusieurs articles, et bien d'autres documents originaux.
Voilà quelques "bons" chiffres concernant l'obus de 21-cm tiré dans le tube de 21/35-cm (du type employé à Crépy-en-Laonnois le 23 mars 1918):
-Vitesse initiale: 1647 m/s.
-Apogée de la trajectoire: 42.300 m atteinte au bout de 90 secondes.
-Durée de l'obus sur sa trajectoire: 182 secondes.
-Distance du tir: les trois positions employées à Crépy-en-Laonnois sont situées respectivement à 119.082 m, 119.845 m et 120.109 m du point visé (situé dans l'île de la Cité).
Olivier, attention à la notion de PRECISION des tirs d'artillerie:
-la dispersion latérale des impacts est assez faible.
-la dispersion en portée est par contre considérable, de l'ordre de 0,5% à 1% de la distance de l'objectif, POUR TOUTES LES BOUCHES A FEU, même non usées, de tous les pays.
Cette dispersion s'accroît avec les canons tirant à très haute vitesse initiale, ce qui est le cas des "Paris Kanonen".
L'examen des données des impacts d'une même journée de tir permet de constater que des obus "se perdent" à plus de 128.000 m dans la Banlieue Sud de Paris tandis que d'autres atteignent la Banlieue Nord à 113.000 m, ce qui confirme les lois de la dispersion!Un coup court est même tombé à 85.000m "seulement" près de Meaux, il s'agit là manifestement d'un obus ayant basculé sur sa trajectoire.
A cet égard, un canon ou obusier tirant un obus très lourd à faible vitesse initiale est beaucoup plus précis, par exemple l'obusier de 400 français dont la dispersion en portée ne dépasse pas 30 mètres à 14.000 m de portée donc bien au-dessous des normes citées plus haut qui s'appliquent surtout aux canons longs tirant à forte vitesse initiale.
Je ne peux que conseiller la lecture de mon article du numéro 17 de la Revue "Tank Zone" de juin 2011 qui contient des photographies des "Paris Kanonen" et des données inédites sur ces canons.
Cordialement,
Guy François.