Bonjour,
A la demande d'Augustin, vous trouverez ci-dessous le mail lui transmis par le Maire de Brioude, ainsi que le discours prononcé par ce dernier lors des funérailles de Monsieur Cazenave.
Cordialement
Monsieur,
J'ai bien transmis votre message de condoléances à Monsieur Louis de Cazenave dont les obsèques se sont déroulées, mardi 22 janvier dernier, en présence d'une foule nombreuse venu saluer sa mémoire et ainsi, indirectement, celle de tous les soldats ayant participé à la première guerre mondiale.
Sensible à l'attention que vous avez porté à la disparition de notre avant-dernier poilu, j'ai pensé que vous seriez intéressé par le discours prononcé en son honneur à l'occasion de la célébration religieuse. J'ai le plaisir de vous le transmettre en pièce jointe.
Vous en souhaitant bonne réception, je vous prie de croire, Monsieur, en l'assurance de ma considération distinguée.
Jean-Jacques FAUCHER
Maire de Brioude
Cérémonie des obsèques de Monsieur Louis de Cazenave
Louis de Cazenave n’est plus des nôtres. Il s’est éteint à l’âge de 110 ans dimanche matin, paisiblement, chez lui dans sa maison, comme il le souhaitait. Louis de Cazenave a vécu sur trois siècles. Il était né le 16 octobre 1897 à Saint-Georges d’Aurac.
Sa vie, comme celle de beaucoup d’autres, a été bouleversée par la guerre de 14-18. Enrôlé à l’âge de 19 ans, il part de Saint-Georges d’Aurac en décembre 1916. Affecté à de nombreux régiments (22ème régiment d’infanterie coloniale tout d’abord puis le 4e et le 42e), il intègre ensuite le 5e bataillon de tireurs sénégalais, avec lequel il participe aux combats du « Chemin des Dames », terrible bataille qui se déroule au printemps 1917 et voit la mort de plus de 100.000 soldats sur les côteaux et plateaux qui dominent la vallée de l’Aisne.
Revenu en Haute-Loire, il épouse à Saint-Just-Près-Brioude, le 20 septembre 1920, Jeanne GENEVRIER, décédée en 1973. Elle lui donne trois fils : Raoul aujourd’hui décédé, Robert et Louis. Il entre au PLM pour devenir cheminot et travaille dans les gares de Brioude, du Puy-en-Velay et de Saint-Etienne. Il quitte son activité professionnelle en 1941 par choix personnel.
Elu en 1929 au Conseil Municipal de Brioude, il participe à la vie locale. Le registre des délibérations de l’époque nous indique qu’il fut membre de la commission des finances, de la commission « Eaux et matériel à incendie » et de celle des employés communaux et du contentieux.
Il a donc vécu la plus grande partie de sa vie dans sa maison de Brioude, rue Edouard Herriot, où il est décédé dimanche. Il y a mené une vie paisible. Très attaché à sa maison, à son jardin qu’il a travaillé lui-même jusqu’à près de 100 ans, Louis de Cazenave était une personne d’une grande simplicité. Par sa participation à la guerre de 14-18, par tout ce qu’il a connu, par sa longévité, il a eu une vie exceptionnelle. Pourtant, en aucune façon, il ne se considérait comme quelqu’un d’exceptionnel.
Nous avions la chance d’avoir Louis de Cazenave parmi nous. Il était un témoin vivant de notre histoire. Il nous amenait à mieux connaître notre passé et à y réfléchir. Sa présence dans notre cité nous rappelait directement l’importance du devoir de mémoire, l’importance de ne pas oublier les atrocités et les sacrifices de la guerre. Aujourd’hui et demain plus encore peut-être, nous ne devrons cesser de transmettre les valeurs de paix cultivées par Louis de Cazenave, aux générations présentes et futures. Et continuer ainsi à saluer sa mémoire.
Louis de Cazenave va nous manquer, me disait dimanche soir son médecin. Il va manquer aux infirmières, aux aides à domicile qui l’ont accompagné dans sa vie quotidienne au cours des dernières années. Il va manquer à ses deux fils, en particulier à Louis, qui a toujours vécu à ses côtés, à Robert, qui retenu par la maladie ne peut-être présent aujourd’hui, et à ses petits enfants. Nous les entourons aujourd’hui par notre présence et nous leur exprimons toute notre sympathie.
Enfin, comme l’aurait probablement souhaité Louis de Cazenave, empreint d’une grande modestie et d’un solide sens des valeurs, permettez-moi d’associer à l’hommage que nous lui rendons tous aujourd’hui, les 132 jeunes hommes que la ville de Brioude a perdus pendant la 1ère guerre mondiale et plus largement tous ceux qui y ont participé et y sont morts.
Jean-Jacques FAUCHER
Maire de Brioude