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  Sarcus (60) le soldat fusillé pour l’exemple exhumé 100 ans après

 

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Sarcus (60) le soldat fusillé pour l’exemple exhumé 100 ans après

n°20483
gizmo02
Posté le 12-10-2016 à 01:32:38  profilanswer
 

Sarcus : le soldat fusillé pour l’exemple exhumé 100 ans après
 
Le 18 octobre, les ossements de Julien Lançon seront exhumés du cimetière de Sarcus. Ils seront transportés jusqu’au cimetière de Mollégès, un petit village des Bouches-du-Rhône dont il était originaire. L’ancien marsouin du 8e régiment d’infanterie coloniale reposera le 22 octobre dans le cimetière provençal.
« Ses parents étaient de simples journaliers », raconte Jean-Claude Flament.
Pourquoi ce transfert ? Parce que Julien Lançon a été fusillé pour l’exemple par l’armée française le 22 octobre 1916 à Sarcus. En 2010, le brigadier Sylvestre Marchetti, « son compagnon d’infortune » était retourné en Corse. Le simple soldat, alors âgé de 24 ans, retrouvera lui aussi sa terre natale.
À l’époque de la cérémonie pour Sylvestre Marchetti, Jean-Claude Flament n’avait pas retrouvé les descendants de Julien Lançon. En 2014, une lectrice de son livre sur « les fusillés pour l’exemple » le conduit sur la bonne piste. « Cette dame de Saint-Rémy-de-Provence a retrouvé un arrière-cousin de Julien Lançon. » Hervé Lançon, qui a contacté M. Flament. Tous deux remontent la généalogie de la famille qui n’avait plus connaissance de l’existence de son aïeul Julien.
Fin 2014, la famille se recueille à Sarcus. Pour ses membres, c’est une évidence, Julien doit retrouver les siens. Ils choisissent qu’il soit exhumé et réinhumé 100 ans jour pour jour après son exécution.
La cérémonie sera solennelle. « Ce sera sans doute la dernière cérémonie de ce type. Il faut interpeller les candidats à l’élection présidentielle. Si la réhabilitation de ces 700 soldats fusillés pour l’exemple n’est pas possible, la France pourrait au moins les pardonner comme l’a fait l’Angleterre il y a dix ans. »
 
« Julien Lançon dans l’enfer de 14-18 », livre coécrit par Jean-Claude Flament et Hervé Lançon
 
Vidéo : http://www.lebonhommepicard.fr/201 [...] ans-apres/

n°20486
charraud j​erome
Posté le 12-10-2016 à 12:08:36  profilanswer
 

gizmo02 a écrit :

Sarcus : le soldat fusillé pour l’exemple exhumé 100 ans après
La cérémonie sera solennelle. « Ce sera sans doute la dernière cérémonie de ce type. Il faut interpeller les candidats à l’élection présidentielle. Si la réhabilitation de ces 700 soldats fusillés pour l’exemple n’est pas possible, la France pourrait au moins les pardonner comme l’a fait l’Angleterre il y a dix ans. »
« Julien Lançon dans l’enfer de 14-18 », livre coécrit par Jean-Claude Flament et Hervé Lançon
Vidéo : http://www.lebonhommepicard.fr/201 [...] ans-apres/


 
Bonjour
Si j'applaudis le rapatriement, car cela correspond à une volonté de la famille (même si je me pose toujours la question de la pérennité des sépultures familiales et de leur entretien d'ici 2 à 3 générations), je partage nettement moins le message de fin, digne d'une vision militante et qui n'a donc rien d'une vision historienne.
M. Flament a déjà travaillé avec la Libre Pensée par exemple, cette organisation est bien connue pour ces positions partisanes sur le sujet et auxquelles je n'adhère pas.  
Fermer le ban.
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par charraud jerome le 12-10-2016 à 12:14:20

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Facebook: Indre Grandeguerre Twitter: @indre1418
Les RI et le département de l'Indre le blog - Les soldats de l'Indre le blog
n°20488
Achache
Cimetière militaire de V D
Posté le 12-10-2016 à 14:01:14  profilanswer
 

Bonjour,
 
Eh oui, on sait à quel point et dans quel sens ce genre de manifestation sont "instrumentalisée",  - outre la satisfaction de l'égo des organisateurs...
 
En l'occurrence :
l

Citation :

a famille qui n’avait plus connaissance de l’existence de son aïeul Julien.


 
voilà qui se passe d'autres commentaires !
 
Bien à vous,
 [:achache:1]


Message édité par Achache le 12-10-2016 à 14:02:17

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Émouvante forêt, qu'avons-nous fait de toi ?/Un funèbre charnier, hanté par des fantômes./Tes doux sylvains ont fui, cédant la place aux hommes
Qui sèment autour d'eux la douleur et l'effroi. M. BOIGEY/LAMBERT, La Forêt d'Argonne, 1915
n°20489
cjouf
Posté le 12-10-2016 à 18:04:38  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un livre " Le chemin de l'enfer - A strada di l'infernu " a été fait sur les soldats Sylvestre MACHETTI et Julien LANCON par Joseph CIPRIANI et Jean-Claude FLAMENT aux éditions Cismonte é Pumonti.
Je ne sais pas si l'auteur a encore des exemplaires à disposition ..
Cordialement,
Christian


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cjouf
n°20490
garigliano​1
Posté le 12-10-2016 à 20:19:10  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Prisme, dans son dernier article, a assez longuement évoqué les évènements survenus à la 2e DIC et ceci dans la cohorte de septembre.  
 
Je rappelle que les juges ont demandé la grâce présidentielle pour tous les militaires de la 2e DIC condamnés à mort impliqués dans ces faits laissant ainsi au pouvoir politique à travers le ministère de la justice, la possibilité de gracier ou non tous ces militaires. Seize grâces ont été accordées et deux refusées  celles de Marchetti et Lançon.
 
Par contre, sur un point de vue historique, écrire "700 soldats fusillés pour l’exemple" est une contre vérité. Les 4 caporaux de Souain : Lechat, Girard, Maupas et Lefoulon ont été fusillés pour l'exemple, ce n'est pas moi qui le dit, c'est la cour spéciale de justice militaire. Mais les 700 fusillés ne sont pas tous des fusillés pour l'exemple. J'invite chacun à lire les centaines de dossiers pour s'en convaincre. Certes, le fonctionnement de la justice militaire n'est pas simple mais le lecture de ces dossiers est très instructive.
 
 
Cordialement
 
yves
 
http://prisme1418.blogspot.fr/2016 [...] t-les.html

n°20507
chanteloub​e
Posté le 20-10-2016 à 20:01:04  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
Il n'est peut-être pas inutile de rappeler ici que la position actuelle la plus répandue en dehors de la LDH est  
: "on voit au cas par cas"  
J'ai défendu, lors d'un amphi, ce point de vue devant un groupe de la LDH venu en force....
ils n'ont en fait que de pauvres arguments à opposer lorsqu'on explique calmement les choses..."cas par cas"
Je pense comme Jérôme qu'idéologie et histoire ne font jamais bon ménage...mais ce n'est pas pour autant qu'il est interdit de tenter de comprendre comment la justice militaire, rendue au nom du peuple français, a fonctionné, avec des nuances, probablement dues à l'arrivée de civils-militaires professionnels de la justice.
Il me semble aussi que le droit de grâce n'a pas toujours été en vigueur et que des tentatives nombreuses de le "tourner" ont existé: par exemple l'exécution immédiate!
Vaste et passionnant sujet.
A bientôt .
CC

n°20508
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 21-10-2016 à 18:45:12  profilanswer
 

garigliano1 a écrit :

Seize grâces ont été accordées et deux refusées  celles de Marchetti et Lançon.
 
 
 


Bonjour,
 
Au final, on ne sait pas vraiment ce qui a motivé le refus de grâce de ces deux là et l'accord pour les 14 autres : "On ne dispose pas des notes d’audience mais il y a fort à parier que chaque cas n’a pas dû susciter de longs échanges avant de répondre aux 252 questions."
 
Par ailleurs, Prisme m'a fait découvrir la pratique de chasseurs de prime de la Gendarmerie :  "Evadé puis repris, il était condamné à mort le 1er août 1916. Il avait été en quelque sorte la providence des «  chasseurs de prime », ceux qui en touchaient une à chaque arrestation."
 
Au final, quelle misère !


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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)
n°20509
chanteloub​e
Posté le 21-10-2016 à 23:47:17  profilanswer
 

Bonjour ,
Il y avait "des  primes" pour ceux qui aidaient à rependre les déserteurs, qu'ils soient civils ou gendarmes il y avait aussi des primes pour les soldats qui ramenaient des prisonniers.
 
exemple:
 
Dans le " courrier sortant " de la 3ème armée, on trouve, à la date du 2 mars 1915, le compte-rendu d'interrogatoire d'un polonais, un certain Floreck appartenant à la 1 ère compagnie du 38° Régiment (le régiment directement opposé au 40° RI dans le secteur) qui se présente au centre C dans la nuit du 20 au 21 mars. Il affirme avoir déserté pour échapper aux fatigues qui lui étaient imposées et aux injures constantes dont il était l'objet de la part de ses officiers.
Florek est né en Silésie marié et père de deux enfants. Il a 34 ans. Il fournit un renseignement précieux, l'heure des relèves -22 à 23h- et explique qu'une voie étroite est en construction, qu'elle arrive presque au milieu du Bois de Forges et qu'elle doit servir au transport des munitions   Il donne, sur les positions allemandes, beaucoup d'informations qui seront confirmées quelques jours plus tard par deux autres prisonniers, Penzen et Wonsch, pris dans une embuscade montée par le 58° dans le petit bois à l'est du bois Santolini. Tous affirment que beaucoup de nos obus n'éclatent pas. Au cours de cet interrogatoire, on s'avisera aussi, que la forte odeur d'absinthe dégagée par les soldats allemands, (odeur qui avait fait se répandre le bruit que les soldats s'enivraient avant les attaques) provenait en réalité d'une lotion dont ils s'aspergeaient abondamment pour lutter contre les poux.
Poussant plus avant nos investigations au sujet de ce Floreck, nous avons trouvé un curieux échange de correspondance entre le colonel Tantot et le Commandant Rey du 2ème Bataillon.
À cette période, la guerre s'installait de manière durable dans les tranchées. Les États-majors dressaient des cartes et accumulaient des renseignements qu'ils devaient tenir à jour. A cette fin, ils réclamaient assez souvent aux unités de premières lignes confirmation de certains détails. Ce travail était confié à des patrouilles de nuit qui s'en allaient vérifier, en rampant entre les lignes, l'exactitude ou l'inexactitude des cartes. Pour éviter les renseignements fantaisistes, on faisait conduire les patrouilles importantes par un officier et il était fréquent de demander aux hommes de ramener un morceau des barbelés allemands. Cela permettait, au moins, de vérifier que les cisailles françaises pouvaient les couper (ce qui était loin d'être toujours le cas). Aux moyens d'embuscades destinées à surprendre les patrouilles adverses ou de coups de mains sur des éléments avancés de tranchée, on essayait aussi de capturer quelques prisonniers. On imagine facilement ce qui en découlait.
La réciprocité étant de rigueur et la vengeance immédiate, l'ardeur des patrouilleurs faiblit assez vite. Les volontaires se firent rares, l'Etat-major imagina, dès novembre 1914, de stimuler les vocations, en instituant un système de prime au prisonnier qui allait de cinquante à cent francs.
Des petits malins essayèrent aussitôt de tirer profit du système. Survinrent des quiproquos du genre de celui qui est évoqué dans cette lettre du colonel Marillier adressée au lieutenant-colonel Tantot.  
“ La prime est prévue pour chacun des prisonniers capturés et non pour chacun des hommes qui capturent un prisonnier. Malgré ces précisions et pour vous donner satisfaction j’ai demandé à la Brigade l’autorisation de payer double prime. J’ai essuyé un refus, j’ai demandé à la Division, même insuccès. Le Général Berge a même été très étonné de cette demande, le prisonnier ayant nettement déclaré qu’il avait déserté et que si ses camarades ne craignaient pas d’être accueillis à coups de fusil il en déserterait beaucoup plus. Je tiens le montant de la prime à votre disposition, vous n’aurez qu’à la faire prendre à la tombée de la nuit ”.
La fameuse prime était de 100 F et l'enquête montrera que quelques loustics avaient tenté de faire passer le déserteur pour un prisonnier afin d'encaisser la somme promise.
A bientôt
CC
 
 


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