FORUM pages 14-18
  Pages mémoire: nécropoles - MPLF-MDH

  La tombe retrouvée, du sergent Jean de la Ville de Mirmont

 

Il y a 70 utilisateurs connus et inconnus. Pour voir la liste des connectés connus, cliquez ici

 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

La tombe retrouvée, du sergent Jean de la Ville de Mirmont

n°8561
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 27-09-2009 à 23:16:55  profilanswer
 


Je suis né dans un port et depuis mon enfance
J'ai vu passer par là des pays bien divers
Attentif à la brise et toujours en partance
Mon cœur n'a jamais pris le chemin de la mer...

 
Bonjour,
Je reviens donc de ce port de  Bordeaux dont parlait si bien Jean de la Ville de Mirmont, l'ami de François Mauriac.  J’ai passé un moment fort en émotion dans le petit cimetière protestant de la rue Judaïque où,  après bien des recherches, j’ai fini par retrouver l’endroit où était inhumé ce sergent-écrivain, tué à Verneuil dans l’Aisne alors qu’il combattait avec le  57ème régiment d’infanterie (cher à notre ami Bernard Labarbe que je remercie pour son montage photo).  Son corps fut exhumé puis rapatrié par sa famille en 1920. Voilà donc la tombe où est inhumé Jean ; plus pour longtemps hélas, puisque la concession familiale va faire l’objet d’une procédure de reprise. Il était plus que temps d’immortaliser le lieu où repose le poète qui est donc appelé à définitivement disparaître . Triste époque…  Heureusement sa mémoire elle, survivra, grâce à ses écrits magnifiques.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/1757/DeMirmont.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/1757/Numeriser55.jpg


---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°8566
LABARBE Be​rnard
Posté le 28-09-2009 à 13:25:50  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Bruno, il restera donc grâce à tes photos une trace de la tombe de Jean...  
A la fin du livre "Oeuvres complètes" aux éditions Champ Vallon, sa dernière lettre. Autre montage photo pour faire simple (!) car sur 3 pages.
Petits détails "administratifs":  
Au bas, une note du présentateur de l'ouvrage, Michel Suffran: De Mirmont est tué le 28 novembre vers 5 heures du soir. Il ne l'a pas inventé. Hors, l'acte de décès précise le 29 et à 10 heures du matin. Passons sur la Cie, la 12ème selon ses précédentes lettres, la 11ème selon l'acte. A qui se fier ?...
Détail non administratif...
Extrait de celle du 13 novembre:
As-tu dis à Roger Paris le numéro de ma compagnie ? Il faudrait absolument qu'il vînt avec moi. Je serais très heureux d'avoir un compagnon comme lui. Un ami avec qui causer de temps en temps est ce qui me manque le plus ici.
Roger Paris (voir la lettre plus bas), arrive parmi un renfort de 150 hommes le jour même où son ami Jean est tué. Il va bientôt le rejoindre, le 24 décembre 1914, lors d'une attaque suicidaire ordonnée par un général incapable et lèche sabots de "l'âne qui commandait des lions" mais c'est une autre histoire ICI
:jap:  
Bernard
(l'image semble avoir perdu en netteté en cours de route mais ça reste lisible, pour un presbyte comme moi mais pas embêtant)
http://storage.canalblog.com/26/07/132869/44484582.jpg


Message édité par LABARBE Bernard le 28-09-2009 à 13:27:18

---------------
Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°8574
Christophe​ Schlegel
Posté le 28-09-2009 à 19:37:27  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous.
Rappellez vous le cas d'une tombe dont la mairie de Vannes voulai
relever pour cause de concession échue.
La mairie de Vannes a fait un cadeau en là laissant en place et en pris la charge.
Pourquoi pas lui ?
Faut essayer de contacter la commune, on ne sais jamais.
Cordialement.


---------------
Christophe Schlegel
n°8600
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 29-09-2009 à 15:33:55  profilanswer
 

Jean de La Ville de Mirmont:
 
 " Il avait réalisé son rêve d’aller vivre dans l’Ile Saint–Louis. Ces chalands, cette eau endormie, il y aimait sans doute l’image de son destin: voyageur immobile, corsaire condamné à ne pas courir les mers. Mais une grande et terrible marée allait bientôt venir le chercher sur le vieux quai paisible " (François Mauriac)
 
Jean de La Ville de Mirmont est né à Bordeaux le 2 décembre 1886 dans une famille bourgeoise protestante. Il sera tué au front le 28 novembre 1914, à l’âge de 27 ans. Il est l’auteur d’un court roman, "Les Dimanches de Jean Dézert", publié en 1914, de quelques nouvelles et de poèmes qui seront publiés après sa mort, en particulier "L’Horizon chimérique" qui inspirera à Fauré son "Chant du cygne", ce qu’il a composé de plus personnel et de plus émouvant. "On peut même dire que c’est le point d’orgue de la mélodie française". (Marcel Schneider). L’horizon chimérique a été créé le 13 mai 1922 par Charles Panzéra.
 
Bibliographie:
Les éditions Grasset proposent aujourd’hui dans la collection Les Cahiers rouges, un recueil de Jean de La Ville de Mirmont qui comporte L’Horizon chimérique, suivi de Les Dimanches de Jean Dézert et Contes, introduction de Marcel Schneider et préface de François Mauriac. (Grasset, 2008, 8,40 €).  
Les éditions Champ Vallon ont publié en 1992 ses Œuvres complètes, qui tiennent en un seul volume.  
 On peut lire plusieurs contes sur le site de la bibliothèque de Lisieux : http://www.bmlisieux.com/litteratu [...] irmont.htm
Une belle évocation sur le site de l’Arpel.
 
(Extrait de « Poezibao, le journal permanent de la poésie, par Florence Trocmé »)


Message édité par bruno17 le 29-09-2009 à 15:34:24

---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°8607
Bostock
Posté le 29-09-2009 à 19:09:09  profilanswer
 

Bonsoir Jean, bonsoir à tous
 
Ecoutez le poème Horizon chimérique chanté par Julien Clerc :
 
http://www.youtube.com/watch?v=CI5KlxC0HdU
 
extrêmement beau et émouvant
 
Cordialement
Bostock


Message édité par Bostock le 29-09-2009 à 23:04:33
n°8618
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 30-09-2009 à 10:49:35  profilanswer
 

Ah oui, c’est beau ! Je ne connaissais pas cette mise en musique. Et puis la voix de Julien Clerc va si bien. Impressionnant comment ce  texte, écrit vers 1914, peut « sonner » tellement moderne... Merci Bostock.
 
        Je me suis embarqué sur un vaisseau qui danse
        Et roule bord sur bord et tangue et se balance.
        Mes pieds ont oublié la terre et ses chemins ;
        Les vagues souples m’ont appris d’autres cadences
        Plus belles que le rythme las des chants humains
 
       A vivre parmi vous, hélas ! avais-je une âme ?
       Mes frères, j’ai souffert sur tous vos continents.
       Je ne veux que la mer, je ne veux que le vent
       Pour me bercer, comme un enfant, au creux des lames.
 
       Hors du port qui n’est plus qu’une image effacée,
       Les larmes du départ ne brûlent plus mes yeux.
       Je ne me souviens pas de mes derniers adieux…
       O ma peine, ma peine, où vous ai-je laissée ?
 
       Voilà ! Je suis parti plus loin que les Antilles,
       Vers des pays nouveaux, lumineux et subtils.
       Je n’emporte avec moi, pour toute pacotille,
       Que mon cœur…Mais les sauvages, en voudront-ils ?


Message édité par bruno17 le 30-09-2009 à 10:51:44

---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°11214
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 19-03-2010 à 20:24:12  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Des nouvelles du Front de Bordeaux: la mémoire du sergent de Mirmont ressuscitée ?  Il faut le croire puisque l’ami Bernard Labarbe m’a fait passer ce matin l’article qu’un journaliste du Sud-ouest, Jean-Paul Vigneaud, consacre à Jean de la Ville de Mirmont, l’écrivain bordelais injustement oublié.  
Voici le lien :
http://www.sudouest.com/gironde/ac [...] 34253.html
Et puis ce matin, les choses avaient l’air de s’accélérer pour notre plus grand plaisir.  
http://www.sudouest.com/gironde/ac [...] 38964.html
A suivre ? comme on dit…
BB


---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°11216
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 19-03-2010 à 21:55:43  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   Modeste complément à la biographie de Jean de la Ville de Mirmont :
 
 
   ■ Bulletin des écrivains, n° 2, mai 1915, p.1, « L’hommage aux morts » :
 
                                                                                    « Jean de la Ville de Mirmont
 
   Ceux qui ont connu Jean de la Ville de Mirmont garderont le souvenir d’un jeune homme aimable, austère un peu, et discret à l’extrême. Il aimait la conversation, s’y donnait beaucoup, mais l’orientait de telle sorte qu’elle ne le laissât pas deviner. Curieux et érudit, il parcourait divers domaines, se plaisait aux détails comme aux idées générales, savait trouver, dans de minimes incidents, une source de réflexions et parfois même semblait donner dans cette élégance des dilettantes qui les rend d’autant plus attentifs aux choses qu’elles ont moins d’importance.
   L’été dernier, il publia
Les Dimanches de Jean Dézert, court roman dans lequel il sut peindre l’ennui avec intérêt, avec variété la monotonie. De ce livre, il ne parlait guère, par une sorte de délicatesse que bien des confrères n’eurent point celle de ne pas imiter. Mais la catastrophe où nous sommes nous vaudra, heureuse fortune ! une révision de valeurs impitoyables. Les œuvres de ce temps prendront un recul de cinquante années. C’est dire que demeureront seulement celles-là qui sont vraiment des œuvres ; c’est dire aussi qu’elles seront mises à leur place légitime. La place des Dimanches de Jean Dézert je la vois dans cette famille d’écrits nommés parfois psychologiques qui sont composés sous l’aspect de l’existence plus que sous celui de l’art, et qu’on lit, moins pour y goûter des mérites littéraires que parce qu’ils sont un document sur une attitude intellectuelle ou sentimentale.
   Au début de la guerre, Jean de la Ville de Mirmont était libre. Réformé quelques années plus tôt, il pouvait s’engager ou rester. Il choisit la part la plus dure, soit qu’il le crût de son devoir, soit qu’il fût entraîné par l’enthousiasme que l’on vit alors, soit qu’il eût le goût de la bataille, soit aussi que, pouvant éviter le danger, il éprouvât de cela une noble volupté à y courir.
   Il eut mille difficultés à s’engager, mais il fut tenace et fatigua les bureaux et les conseils de révision jusqu’à ce qu’on l’admît. Quelques mois après nous apprenions qu’il était mort en combattant.
   Je ne répéterai pas à son propos le vers de Péguy que l’on a tant cité
: « Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre », car la guerre se réalise au-delà du juste et de l’injuste, et lorsque quelqu’un meurt, que cela soit pour une noble cause n’autorise point les autres à le priver de leur pitié en proclamant leur envie. Ce qu’il est permis d’espérer, c’est que les regrets furent moins amers d’une vie librement sacrifiée, et même que toute tristesse a pu disparaître devant l’orgueil de se voir mourir en héros. »
 
   VINCENT MUSELLI *
   ___________________________________________________________________________
 
   * Vincent MUSELLI, Argentan (Orne), 22 mai 1879 – Paris, 28 juin 1956, poète français.
   _____________________________
 
   Bien à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 19-03-2010 à 21:56:06
n°14007
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 07-10-2010 à 14:58:40  profilanswer
 

Bonjour,  
"L'affaire" de Mirmont continue d'avancer! Ce petit reportage TV passé dernièrement sur la TV Locale TV7 Bordeaux: http://www.tv7.com/emissions/suivez-le-guide


---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°20838
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 09-11-2011 à 21:02:24  profilanswer
 

Bonsoir,
Suite de "l'affaire de Mirmont": en attendant mieux, sa tombe serait donc sauvée !
http://www.sudouest.fr/2011/11/09/ [...] 4-2780.php
Cdlt
BB


---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°20996
serge mich​el
Posté le 16-11-2011 à 23:13:54  profilanswer
 

Bonsoir,
Un important inventaire de tombes en deshérence a éte fait en septembre au cimetière protestant. Celle de Jean de la Ville de Mirmont, n'y est pas. C'est déjà çà. Toutefois il n'est pas le seul soldat dont la tombe n'est plus entretenue, exemple celle de André Denys du 57è R.I.  
Il y a aussi celle de Ludovic Trarieux, le fondateur de la Ligue des Droits de l'Homme.
Le statut particulier du cimetière protestant ne facilite pas les interventions pour la sauvegarde de ces tombes.
Le feuilleton n'est pas terminé.
Serge
 

n°22606
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 04-03-2012 à 20:30:24  profilanswer
 

Bonsoir,  
Mon récent passage à Paris valait bien une petite balade sur l’île-Saint-Louis, au 8 quai d’Orléans, où est apposée cette plaque dédiée à Jean de la Ville de Mirmont.
 
Cet extrait de "Jean de la Ville de Mirmont- Œuvres complètes- Champ Vallon" :
Le souhait de Jean s’est réalisé : il a découvert, dans l’île-Saint-Louis, 8, quai d’Orléans, un modeste mais charmant rez-de-chaussée. Le 15 août 1911 il écrit à sa mère :
"La maison ressemble à une vieille demeure d’armateurs. Je pourrai travailler en regardant les chalands descendre la Seine. On vient de supprimer l’autobus qui passait provisoirement quai d’Orléans. On baigne chaque jour des chevaux devant ma future fenêtre, et j’entendrai le bruit frais de l’eau. J’ai l’impression d’être en villégiature. Personne ne passe devant ma porte ; des vieillards sont assis à l’ombre des grands arbres du quai, leur bâton entre les jambes, et suivant des yeux, sans rien dire, les passants tranquilles. De ma fenêtre, je vois une Seine éblouissante qui se divise à la pointe de la Cité, sur laquelle Notre-Dame reluit comme un coléoptère cornu au soleil…
...Vas-tu venir à Paris ? Je te montrerai mon appartement et mon île délicieuse ; nous irons voir ensemble la place vide de la Joconde, au Louvre, le salon d’automne et bien d’autres curiosités.
Fais cela avant la guerre
".
 
Une prémonition… ?
Cordialement
BB
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/1757/steledeMirmont.jpg


Message édité par bruno17 le 05-03-2012 à 09:13:39

---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°23779
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 28-05-2012 à 17:59:45  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
                                                           L’hommage de François Mauriac à Jean de La Ville de Mirmont
 
 
                                          La Revue hebdomadaire Supplément illustré –, n° 52, 29 décembre 1928, p. 515 à 523.
 
 
                                               UN JEUNE HOMME D’IL Y A VINGT ANS – JEAN DE LA VILLE DE MIRMONT (1)
 
 
   Ce garçon bordelais s’asseyait sur les mêmes bancs que moi à la Faculté ; mais il fallut notre rencontre à Paris pour que nous cédions au désir de nous connaître. En province, de deux étudiants qui s’épient, chacun peut croire que l’autre le dédaigne et craint de se lier. Jean de la Ville de Mirmont était le fils d’un latiniste fameux qui occupait une chaire à l’Université, et qui, au conseil municipal, siégeait à gauche. Aux examens, cet homme éminent se divertissait à taquiner (avec gentillesse) les abbés rougissants et les élèves des Jésuites par des questions insidieuses, et je craignais que son fils Jean n’eût hérité de sa malice. Je sortais de chez les Marianites ; lui, du lycée. Les étudiants d’aujourd'hui ne connaissent plus ce malaise qui régnait dans la jeunesse, vers ces années 1905-1906. Les « deux Frances » partout s’affrontaient. Mais j’aurais dû pressentir que cet adolescent aux poches déformées par des livres vivait bien au-dessus de nos querelles. J’étais sensible à sa grâce, à cet air d’enfance qu’il avait gardé ; pourtant, je n’osais aller au delà des poignées de main et des propos ordinaires.  
   Paris devait nous réunir. Même mes amis bordelais, c’est à Paris que je dois de les avoir connus. Une seule rencontre avec Jean de la Ville sur le trottoir du boulevard Saint-Michel suffit pour nous révéler cette amitié lentement formée à notre insu. Ce jour-là, il monta jusqu’à la chambre que j’occupais alors, à l’hôtel de l’Espérance en face de l’Institut catholique, et il lut mes premiers vers : « J’ai refait connaissance, ces temps derniers, avec Mauriac , écrivait-il le 31 mars 1909 à Louis Piéchaud... Tâchez de le rencontrer pendant les quelques jours qu’il passera à Bordeaux... Il vous racontera nos promenades nocturnes dans Paris jusque vers trois heures du matin, nos causeries auprès de son feu, nos projets insensés et nos enthousiasmes ridicules... »  
   Ce Paris de 1909 que nous  découvrions ensemble, il le décrit ainsi dans une autre lettre à Louis Piéchaud : « Paris me plaît, le Paris froid de ces jours derniers avec son ciel de verre dépoli, la grisaille claire de ses grands boulevards et le claquement sec des sabots des chevaux sur les pavés de bois ; le Paris humide comme aujourd’hui, où la nuit tombe vite et où les becs de gaz ont un halo transparent... »    
   Tandis que je m’installais rue Vaneau, il vint habiter la rue du Bac, en un logis bas de plafond où il préparait le concours d’entrée à la préfecture de la Seine. Mais la poésie l’occupait plus que le droit. J’entendrai éternellement cette psalmodie, cet étrange nasillement doux de Jean de la Ville, le visage baigné de fumée. Certains poèmes de lui, qui n’ont pas été recueillis dans l’Horizon chimérique, gardent pour moi l’inflexion de sa voix, au point qu’aucune photographie ne me l’évoque mieux que ce seul vers d’un morceau inédit :  
 
            La mer des soirs d'été s'effeuille sur le sable...  
 
De Ronsard et de du Bellay à Baudelaire, à Rimbaud et à Jammes, nous descendions, jeunes bateaux ivres, le fleuve français. Bien que nous fussions fort sévères à l’égard de Rostand, nous étions impressionnés par l’importance qu’avait prise Chantecler dans le monde. Le soir de la répétition générale, nous errions sur les boulevards : « Si pourtant ç'allait être un chef-d’œuvre ! » bouffonnait Jean de la Ville. Nous nous attablâmes au café Riche, dans l’espoir d’entendre les commentaires des spectateurs, à la sortie. Un premier couple entra ; une vieille femme couverte de perles, un gros homme maussade. Nous tendîmes l’oreille ; mais ils s’assirent et demandèrent des huîtres sans échanger une seule-parole.  
   De tous les poètes vivants, Jammes demeurait le plus aimé : « Je vois Bordeaux en ce moment à travers le Deuil des Primevères, me confiait Jean en octobre 1909. C’est l’époque de la foire et de l’odeur neuve des livres. Le port est rempli de bateaux à voiles bretons, salis et décolorés par les brumes d’Islande... »  
   L’obsession du voyage, du départ, ne le quittait guère. En vain feignait-il de rire : « Le rond de cuir brille comme une auréole au-dessus de ce fastidieux travail, me guidant comme l’étoile de Bethléem... » Au fond, il ne croyait pas à sa destinée de bureaucrate : quelque événement devait surgir ; il ne savait quoi... La gloire littéraire...? mais s’il souhaitait d’écrire de beaux poèmes, il eût mieux aimé mourir que de s’abaisser à des démarches. La gloire, il fallait qu’elle vînt le chercher. Sa délicatesse, sur ce point, était farouche. Les garçons d’aujourd'hui l’eussent bien scandalisé par leur impatience. Ce qui l’eût le plus étonné, j’imagine, c’est leur manque d’ambition véritable : « Des vers, écrit-il à Louis Piéchaud, j’en ai construit pas mal tous ces jours-ci, mais  pour les détruire aussitôt. Je crois que pour bien faire, il faut être difficile, très difficile avec soi-même. D’ailleurs, l’œuvre forte et savoureuse est celle que l’on porte longtemps dans sa tête, qui a le temps de mûrir et que l’on met un jour laborieusement au monde. La seule étude, pour le poète, est l’étude de la vie, — son labeur le plus fécond est de vivre et de bien vivre. »  
   Sévère pour lui-même, Jean n’éprouvait qu’indulgence envers ses amis et l’homme de lettres naissant que j’étais ne le scandalisait pas. Il avait trouvé, pour mon premier recueil, ce titre : les Mains jointes ; et lorsque Barrès consacra à ces balbutiements un article dans l’Écho de Paris, je reçus à Bordeaux, où Pâques m’avait ramené, cette lettre fraternelle : « Mon vieil ami, j’ai failli aujourd'hui, contre mon habitude, ne pas acheter l’Écho de Paris. Mais avant de rentrer travailler, une sorte de pressentiment m’a fait retourner sur mes pas jusqu’au kiosque... Je suis content, très content. Si tu n’avais pas quitté la rue Vaneau, tu m’aurais vu tout de suite au haut de ton escalier. L’article de Barrès est charmant. L’homme dédaigneux t’a compris, mais, sans vanterie, je crois te comprendre encore mieux parce que je ne me demande pas comme lui : " Quelle voie veut-il choisir ? " ni " qu’adviendra-t-il de la charmante source ? " Je sais où conduit le pli de terrain malgré que la source me suffise. Barrès compte sur ton bon sens, ta raison ; pour moi je compte encore sur autre chose. D’ailleurs, quoi qu’il espère de tes Quatre saisons, quoi que nous espérions tous, il me semble que je n’aimerai jamais rien de toi davantage que ces Mains jointes que j’ai vues s’unir dans notre obscure amitié — et que ces vers que tu m'as lus pour la première fois dans une chambre d’hôtel... Je te serre affectueusement les mains sans les disjoindre. » Ce fut le printemps de notre amitié. L’année suivante, nous passâmes ensemble les vacances de Pâques dans ces landes où il inventait, pour les enfants de ma famille, des jeux merveilleux. Il jouait au sauvage, construisait des huttes et des cabanes ; — la poésie avait gardé intacte en lui la grâce de l’enfance. Ce grand garçon de vingt ans, à la peau sombre, aux yeux brûlants et doux, dans une figure ronde et nette, sous des cheveux aile de corbeau, était semblable à l’un de ces petits dont les anges voient la face du Père. Les enfants l’avaient adopté, non comme une grande personne, mais comme un égal capable de comprendre leurs secrets ; il n'avait pas à se mettre à leur portée. Il courait avec la même joie, avec les mêmes cris dans le parc aux pins centenaires, et son rire avait la même innocence.      
   Cependant il vivait, il aimait, il souffrait. Je crois qu’il a beaucoup souffert, qu’il a voulu beaucoup souffrir. Ce rêveur ne fuyait pas la vie : tout lui était enrichissement. Ses premiers travaux ne le satisfaisaient guère, et il n'a jamais désiré d'être lu par beaucoup. Les dimanches de Jean Dézert ne furent imprimés que pour le petit nombre. Le Jean qu’on y voit n’est déjà plus celui qui me récitait des vers, rue du Bac. Il avait réalisé son rêve d’aller vivre dans l’île Saint-Louis. Ces chalands, cette eau endormie, il y aimait sans doute l’image de son destin : voyageur immobile, corsaire condamné à ne pas courir les mers. Mais une grande et terrible marée allait bientôt venir le chercher sur le vieux quai paisible. J’étais près de me marier ; je crus qu’il s’éloignait de moi : il avait d’autres camarades, je l’accusais d’avoir changé d’amis en même temps que de quartier. Mais, grâce à Dieu, il vint me voir en juin 1914 ; il s’assit à mon jeune foyer ; nous nous sommes retrouvés ce soir-là. Nous nous séparâmes en nous promettant de nous revoir souvent, à la rentrée.  
   Dès la déclaration de guerre, il rangea ses papiers, réunit les vers qu’il jugeait dignes de lui survivre et courut les bureaux de recrutement pour être versé dans le service armé (à quoi son extrême myopie l’avait rendu impropre). A cet endroit de notre récit, effaçons-nous devant la mère de Jean. Il fallait être entré bien avant dans l’intimité de mon ami pour connaître cette tendresse infinie qu’il avait vouée à sa mère. Il m’en a parlé plusieurs fois comme on confie à voix basse son plus grand amour. Je sais qu’aucune bassesse, qu’aucune trahison, qu’aucune laideur ne détruisait la confiance de Jean de la Ville de Mirmont dans la vie, parce que sa mère existait. C’était donc que la beauté, que la vertu, que l’amour existaient. Jean croyait en Dieu parce que sa mère priait Dieu. Elle seule est digne de nous raconter la mort de son fils.
 
   « Dans la tranchée de première ligne, derrière le rempart des chevaux de frise où se hérissent les inextricables réseaux des fils barbelés, le sergent de Mirmont et ses hommes, réunis pour la relève de trois heures, attendent debout, irrésolus, la musette au flanc, l’arme au pied. Depuis un moment l’artillerie allemande commence à arroser furieusement. Le temps est froid mais beau. Le soleil encore élevé illumine le Chemin des Dames et frappe les quelques sommets dénudés des arbres du bois des Baules tout proche. Le capitaine Bordes, inquiet pour son jeune sergent, paraît au haut du boyau.  
   " Eh bien ! et cette relève ? Elle est arrivée ? demande-t-il. Oui ? Alors vous partez ? Ça va être l’heure. Filez vite !  
   " — Non, capitaine, décidément je reste. Les Boches semblent vouloir attaquer et je ne peux pas leur lâcher le morceau. D’ailleurs, partir sous cette mitraille serait presque aussi dangereux. Nous ferons la relève à six heures... si nous pouvons.  
   " Le capitaine insiste, mais un obus tombé tout près lui coupe la parole... Il retourne à son poste de commandement, non loin de là. A peine y est-il arrivé qu’une détonation formidable ébranle la terre : c'est un des premiers minenwerfers que les ennemis envoient... Obligé de donner des ordres, le capitaine ne peut quitter son téléphone. Un moment après, un brancardier arrive essoufflé :  
   " — Le sergent de Mirmont est enseveli avec deux hommes, capitaine.  
   " Bordes remonte en hâte. Malgré le danger, on déblaie.  
   Les hommes sont morts. Seul le sergent respire encore. Surpris dans l’attitude du combat, accroupi, la tête levée, l’arme en avant, prêt à bondir, l’énorme masse de terre l’a comme tassé. Le capitaine le fait emporter au poste de commandement et court à la recherche d’un médecin. Il n’y a rien à faire : la colonne vertébrale est brisée à la nuque. Bordes s’approche de son ami ; il l’appelle. Jean ouvre ses grands yeux où passe une dernière lueur d'intelligence :  
   " — Maman ! murmure-t-il.  
   " — Elle vous, embrasse, dit le capitaine en posant longuement ses lèvres sur le front du mourant qui sent le baiser, ébauche un sourire.  
   " Oui, elle est là, auprès de lui ; il est comme dans ses bras.  
   " — Maman, maman ! répète-t-il encore deux fois, puis il sombre dans le coma...
»  
 
   Sur la table de travail abandonnée où la poussière a mis son linceul, la mère trouve ceci :  
 
            Cette fois, mon cœur, c’est le grand voyage,  
            Nous ne savons pas quand nous reviendrons.  
            Serons-nous plus fiers, plus fous ou plus sages ?
            Qu’importe, mon cœur, puisque nous partons !  
            Avant de partir, mets dans ton bagage  
            Les plus beaux désirs que nous offrirons.  
            Ne regrette rien, car d'autres visages  
            Et d’autre amours nous consoleront.  
            Cette fois, mon cœur, c’est le grand voyage.

 
   Ces poèmes nostalgiques, ces proses que nous réunissons trahissent des influences : Baudelaire, Laforgue, dont Jean de la Ville se fût débarrassé. Mais ils témoignent magnifiquement qu’avec ce jeune homme, a disparu tout un monde d’harmonie et de vie. Des frères et des sœurs de Jean Dézert ont été ensevelis avec lui. Au-dessus de cet immense front, de la mer à l’Alsace, mouraient les créatures de tous ces créateurs immolés. L’Horizon chimérique est ce coquillage où gronde un océan : l’œuvre de Jean de la Ville qui ne naîtra jamais. Pourtant souvenons-nous de Maurice de Guérin. Il a suffi d’un livre aussi frêle que celui-ci, pour que sa mémoire demeure. Les Reliquiæ de Jean auront cet heureux destin. A Fauré, près de mourir, l'Horizon chimérique inspira ses dernières mélodies : portés par cette musique déchirante, les vers de notre ami atteindront des cœurs qui, sans elle, ne les auraient pas connus.
   La mort détruit, mais la vie dégrade. Surpris dans l’attitude du combat, la tête levée, l’arme en avant, prêt à bondir... La mort a fixé Jean de la Ville dans cette attitude, pour l’éternité. Sur la rive où nous aborderons un jour, nous reconnaîtrons d’abord ce jeune homme éternel. Mais lui, il ne nous reconnaîtra peut-être pas.  
 
   FRANÇOIS MAURIAC.
   ____________________________________________________________________________________________________________________
 
   (1) Il paraîtra prochainement (chez Grasset), sous le titre de Contes, un florilège de l’œuvre de Jean de la Ville de Mirmont que M. François Mauriac présente au public dans les pages suivantes dont il a bien voulu nous donner la primeur.
 


Message édité par Rutilius le 28-05-2012 à 18:10:26
n°23780
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 28-05-2012 à 18:09:51  profilanswer
 


 
 
                            Le Figaro – Supplément littéraire –, n° 101, Dimanche 6 mars 1921, p. 1, en rubrique « La Vie littéraire ».
 
 
   « [...] L’HORIZON CHIMÉRIQUE, par JEAN DE LA VILLE DE MIRMONT (1 Vol., Société littéraire de France). [...]
 
   C’est vers la mer et les terres lointaines que se tournaient les regards de Jean de La Ville de Mirmont. Le volume que nous a laissé ce poète mort pour la France en pleine jeunesse, et qui a pour titre l’Horizon chimérique, contient des pièces fort belles où s’atteste un talent fait de lyrisme et d’ironie qui s’apparente par certains points à l’inspiration de Baudelaire et à celle de Laforgue. Comme Baudelaire, Jean de La Ville de Mirmont aime le spectacle des ports, leurs senteurs marines et exotiques, le balancement des coques, l’emmêlement des vergues et des cordages ; comme Laforgue, il se plait à nuancer ses sentiments d’un sourire sceptique et à les chanter sur un mode désabusé, mais sa mélancolie et son désenchantement ne l’empêchent pas d’écouter d'un cœur ardent les appels de la vie et son éternelle " invitation au voyage ". Il eût répondu sans doute à ces voix de la destinée si une voix plus impérieuse ne l’eût convié au sacrifice de soi-même. En Jean de La Ville de Mirmont, les Lettres ont perdu un jeune poète très heureusement et très noblement doué. Ses vers ont de la couleur et du rythme et sont écrits dans une langue élégante et expressive. [...]
 
   Henri de Régnier, de l'Académie française. »
 
   ________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°23794
LABARBE Be​rnard
Posté le 29-05-2012 à 13:30:33  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Daniel, merci pour la transcription Mauriac.
Le capitaine Bordes cité dans le texte: http://raymond57ri.canalblog.com/a [...] _jean.html
Cordialement,
Bernard


---------------
Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°23799
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 29-05-2012 à 16:57:42  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   — La citation dont il fit a posteriori l’objet Jean de La Ville de Mirmont.
 
 
   ● « Guerre 1914-1918. Tableau d’honneur. Morts pour la France.», Publications de La Fare, Paris, 1921, p. 1.038 et 1.039.            
 
 
   « LA VILLE DE MIRMONT (Yvon [Lire : Yon] -Alexandre-Jean de), [Médaille militaire] (posthume), [Croix de guerre], sergent au 57e d’Infanterie.
 
   Citation
: " Excellent sous-officier, d’une bravoure remarquable ;  se fit remarquer au cours des combats du 2 novembre 1914. Tombé glorieusement, le 29 novembre 1914, à Verneuil. "  
 
   [Fils de M. et de Mme née MALAN.] »    
   
    _______________________
 
   Bien amicalement à vous,  
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 04-02-2013 à 21:49:51
n°23801
LABARBE Be​rnard
Posté le 29-05-2012 à 18:42:48  profilanswer
 

Petit détail, ce n'est pas Yvon mais Yon. Yon, Alexandre, Jean
Yon est un prénom. De Mirmont était de famille protestante, donc premier prénom biblique sans doute, bref c'est Yon.
:hello:  
Bernard


Message édité par LABARBE Bernard le 29-05-2012 à 18:43:40

---------------
Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°23806
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 29-05-2012 à 21:33:32  profilanswer
 

Bonsoir,
je confirme Bernard : c’est bien "Yon"!  
Protestante mais également fervente pétainiste, la famille De Mirmont ne se fit pas que des amis durant la Seconde guerre mondiale. Lorsque je me suis rendu sur la tombe des De Mirmont, au cimetière protestant de Bordeaux, j’ai discuté avec le gardien qui m’a confié que le caveau familial avait été plusieurs fois vandalisé après guerre, à cause de leur soutien très très affiché au Maréchal. Tout cela est bien triste…
Cdlt
BB


---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°25615
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 17-10-2012 à 10:25:43  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   Un poème de Jean de la Ville de Mirmont mis en musique par Gabriel Fauré.
 
 
   Le Figaro – Supplément littéraire (Nouvelle série) –, n° 205, Samedi 10 mars 1923, p. 4.
 
 
                                      http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/J.%20de%20La%20Ville%20de%20Mirmont%20-%20Poeme%20-%201..jpg
         
                                      http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/J.%20de%20La%20Ville%20de%20Mirmont%20-%20Poeme%20-%202..jpg
   _______________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.


Message édité par Rutilius le 04-02-2013 à 18:59:32
n°25618
David1980
Posté le 17-10-2012 à 12:20:55  profilanswer
 

Bonjour,
 
Bien triste constat, mais il y a bien une solution :
- création d'une association, récolté des fonds, dans un premier temps sauver la concession ensuite restaurer sa tombe
- alerter les pouvoirs public, la ville, l'academie nationale
- un bel article de presse, voir un reportage, la premiere guerre mondiale fête son 100e anniversaire, les journalistes sont friand de ce genre d'histoire
Cordialement
David1980


---------------
WWW.TRANCHEE-VERDUN.COM
WWW.FTL57.COM
n°27239
bruno17
1er RTA: Toujours le premier!
Posté le 03-02-2013 à 16:50:33  profilanswer
 

Bonjour,
"Ce jeune homme éternel", un article paru dans Sud-Ouest Dimanche, pour la sortie d'un livre de Jérôme Garcin sur Jean de la Ville de Mirmont, "Bleus horizons", chez Gallimard.
http://www.sudouest.fr/2013/02/03/ [...] 41-628.php
Cdlt
BB


---------------
Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène", "Étienne et les sirènes" (2007 et 2009 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 Éditions du Croît-Vif) - "La vie sexuelle des alligators" (2017 Amazon Kindle Publishing)
n°27265
LABARBE Be​rnard
Posté le 04-02-2013 à 13:28:01  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Bruno, merci pour cette info ! Et dire que je reçois Sud-Ouest version numérique... Mais je ne lis pas tout, la preuve, c'est commandé !
 
Concernant le saccage de sa tombe, par des résistants de la dernière heure ou ennemis de la famille peut-être, une action lamentable en effet. (mais on a vu pire lors de "l'épuration" )
Cela dit le vandalisme a du être "soft" car on voit toujours les feuilles en bronze posées sur sa tombe, la plaque je crois à la mémoire de la mère (décédée quand ?) est brisée (un peu)
http://memoire-57ri.pagesperso-ora [...] xdemirmont
 
David, la concession est sauvée, reste la question de la restauration mais l'essentiel était qu'elle ne disparaisse pas pour faire de la place.
 
Cordialement,
Bernard


Message édité par LABARBE Bernard le 04-02-2013 à 13:59:01

---------------
Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°27266
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-02-2013 à 13:59:44  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
   Une question. Sur le terrritoire de quel « Verneuil » du département de l’Aisne est mort Jean de la Ville de Mirmont ? Verneuil-sous-Coucy ou Verneuil-sur-Serre ?
 
   ____________________________
 
   Bien amicalement à vous,  
   Daniel.

n°27267
LABARBE Be​rnard
Posté le 04-02-2013 à 14:39:53  profilanswer
 

Bonjour Daniel,
Ni l'un ni l'autre, c'est aujourd'hui Moussy-Verneuil: http://maps.google.fr/maps?q=mouss [...] e&t=m&z=13
Au Nord-Est, Vendresse-Beaulne. A l'époque c'était Verneuil et Beaulne au Nord (village aujourd'hui disparu), secteur tenu par le 57.
L'affaire s'est passée vers la gauche sur le croquis, au Nord de Moussy, vers le Bois des Boules.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/326/carte%20Verneuil%2012-03.jpg
Cordialement,
Bernard


---------------
Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°27272
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-02-2013 à 20:28:23  profilanswer
 


   Bonsoir Bernard,
 
   Merci pour cette précision qui m'a permis de compléter la fiche que j'ai ouverte au nom de cet illustre Bordelais, malheureusement trop oublié aujourd'hui sur les rives de Garonne...  
 
   Et si les édiles municipaux « burdigaliens » ont un jour consenti à donner son nom à une rue, celle-ci n'est autre qu'une sorte de cul-de-sac ! Et peut-être ont-ils entendu honorer la mémoire de son latiniste de père ?
 
 
                                               http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/3512/Bordeaux%20-%20Rue%20Jean%20de%20La%20Ville%20de%20Mirmont..png  
 
   ____________________________                                                                      
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.
 
                                     

n°27273
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-02-2013 à 20:50:22  profilanswer
 


   Bonsoir à tous,
 
 
   Essai de synthèse.
 
 
   Yon Alexandre Jean de LA VILLE de MIRMONT. — Né le 2 décembre 1886 à Bordeaux (Gironde), mort le 29 novembre 1914 à Verneuil – aujourd’hui Moussy-Verneuil – (Aisne) (Acte transcrit à Bordeaux, le 22 mars 1915).
 
   Sergent au 57e Régiment d’infanterie, Matricule n° 6.968 au corps, classe 1905 (selon sa fiche matriculaire), n° 2.779 (– d° – ) au recrutement de Bordeaux.
 
   Fils de Pierre Henri Maurice de LA VILLE de MIRMONT [Caudéran (Gironde), 14 juin 1858 ~ Bordeaux (Gironde), ... mai 1929], professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux et adjoint au maire de ladite ville, et d’Adèle Sophie MALAN, son épouse ; petit-fils de Pierre Jean Jacques de LA VILLE de MIRMONT, chef de division à la préfecture de la Gironde, et de Suzanne Manuelle BERMONT, son épouse.
 
 
   ■ Transcription partielle de sa fiche matriculaire (Document aimablement transmis par Serge Michel).
 
 
   « SIGNALEMENT. – Cheveux et sourcils noirs, yeux noirs, front ..., nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale.
 
   Taille : 1 m. 79 cent. Taille rectifiée : ... m. ... cent.
 
   Degré d’instruction générale : 5.
 
   DÉCISION DU CONSEIL DE RÉVISION. – Classé dans la 3e partie de la liste de 1907.
 
   DÉTAIL DES SERVICES ET MUTATIONS DIVERSES. – Inscrit sous le n° 259 de la liste. Engagé volontaire pour trois ans (art. 59 Loi du 15 juillet 1889) à Bordeaux le 3 août 1906 pour le 57e Régiment d’infanterie. Arrivé au corps le 4 août 1906. Caporal le 5 janvier 1907. Sergent le 3 septembre 1907. Réformé n° 2 par la commission spéciale de Bordeaux dans sa séance du 27 juillet 1908 pour neurasthénie. Certificat de bonne conduite accordé.
 
   Engagé volontaire pour la durée de la guerre le 8 septembre 1914 à Paris pour le 57e régiment d’infanterie ; arrivé au corps le 12 septembre 1914 et sergent ledit jour. Décédé, tué à l’ennemi, au combat de Verneuil le 29 novembre 1914.

 
   " Mort pour la France ".
 
   CAMPAGNES. – Contre l’Allemagne du 8 septembre 1914 au 26 novembre 1914.
 
   BLESSURES, ACTIONS D’ÉCLAT, DÉCORATIONS, ETC. – Cité à l’ordre du régiment n° 4 bis du 6 novembre 1914.
" Belle conduite au corps au cours de l’action du 3 novembre 1914. Combat devant Verneuil, Aisne." Croix de guerre. »
 
   _____________________________
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°28027
serge mich​el
Posté le 28-03-2013 à 22:27:25  profilanswer
 

Bonsoir,
 
La tombe de Jean de la Ville de Mirmont a fait l'objet d'un nettoyage:
 
AVANT http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4744/Tombe%20Jean%20de%20la%20Ville%20le%2009-08-2011_resize.jpg
APRES  http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/4744/Tombe%20Jean%20de%20la%20Ville%20le%2026-03-2013.jpg
 
 
Je pense que c'était le voeux de tous, et il faut remercier le gestionnaire du cimetière qui s'est sensibilisé sur la question ainsi que sur le nettoyage de beaucoup d'autres tombes.
Toutefois, je pense avoir compris que tout n'était pas réglé pour autant.
 
Cordialement.
Serge

n°28069
LABARBE Be​rnard
Posté le 31-03-2013 à 15:12:11  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Merci Serge pour cette info. Tout n'est pas réglé pour autant mais bon... Je vois mal maintenant cette tombe être "relevée".
A remarquer sur les photos que les pierres ont été ôtées puis replacées, scellées (voir à gauche) bref pas un travail bâclé.
Sait-on qui a financé cette restauration ? Association, mairie de Bordeaux ?  
 
Cordialement,
Bernard


---------------
Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°38282
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 21-12-2014 à 11:45:11  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
 
    — « Lettres de guerre de Jean de La Ville de Mirmont, Licencié ès Lettres, Rédacteur à la Préfecture de la Seine, Sergent au 57e Régiment d’infanterie. Né à Bordeaux le 2 Décembre 1886. Mort pour la France le 28 novembre 1914 à Verneuil (Aisne) », préface d’André Le Breton [André Breton] datée du 28 novembre 1917, Imprimeries Gounouilhou, Bordeaux, 1917, 122 p.
 
   —> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] ial.langFR
 
   Portrait de Jean de La Ville de Mirmont  —> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] ial.langFR


---------------
Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°38321
guit70
Poilu du 15/2
Posté le 22-12-2014 à 22:06:33  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
Pour la sauvegarde de la dernière demeure de cet écrivain, il faudrait se rapprocher du comité du Souvenir Français de la ville de Bordeaux.
Par ailleurs, il me semblait que les Morts Pour La France avaient droit à une concession perpétuelle.
 
BR et BC.
 
Marc.  
 
Ciel d'Azur, Linceul des Poilus.
 
 


Aller à :
Ajouter une réponse
  FORUM pages 14-18
  Pages mémoire: nécropoles - MPLF-MDH

  La tombe retrouvée, du sergent Jean de la Ville de Mirmont