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  Quelques lettres de soldats Eté et Automne

 

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Quelques lettres de soldats Eté et Automne

n°5455
SylvainC
Posté le 27-06-2017 à 18:28:56  profilanswer
 

:hello:  
 
Plusieurs lettres de soldats !
 
Lettre 1 :  
Léon HUGON de la 18 ème compagnie du 209 RIR
 
Lettre 2 :
Henri Aimé GAUTHé Agent de 2ème classe et fut d'abord Agent de liaison puis téléphoniste
 
Lettre 3 :
Henri LANGE engagé volontaire versé dans l'artillerie puis dans l'infanterie mort le 10 septembre 1918, il avait 20 ans
 
Lettre 4 :
Maurice Antoine MARTIN-LAVAL médécin auxiliaire au 58 RI (Deux frère André et Fernand) qui eurent la chance tous les 3 de survivre à la guerre
 
Lettre 5 :
Henri JACQUELIN Agrégé de lettre et d'histoire ancien élève de l'école normal Supérieure reformé pour myopie lors du service militaire. Il s'engagea comme soldat blessé pendant la bataille  
de la Marne en septembre 1914 (soigné pendant plus de 2 ans) renvoyé au front en mars 1916 comme mitrailleur et versé ensuite dans l'infanterie d'accompagnement des chars d'assaut tué à Tahure le 26 septembre 1918
 
Lettre 6 :  
Léon HUGON Blessé le 9 septembre 1914 par un éclat d'obus, pendant la bataille de la Marne, il fut envoyé à l'hôpital de Tulles où il mourut du tétanos le 22 septembre 1914
 
Lettre 7 :  
Désiré Edmond RENAULT appartenait à la 10 ème compagnie du 77 RI blessé le 22 août 1914 (4 ans en captivité)  
 
Lettre 8 :  
Martin VAILLAGOU versé au 247 RI et tué le 25 août 1915
 
Lettre 9 :
Maurice MARECHAL matricule 4684 classe 12, soldat de 2 classe et agent de liaison
 
Lettre 10 :
Jacques AMBROSINI engagé dans les Dardanelles  
 
Lettre 11 :  
René JACOB Tué à Verdun en 1916
 
Lettre 12 :  
René PIGEARD Blessé à Verdun et nommé Caporal, prisonnier en 1917, il mourut électrocuté en voulant s'évader de son camps de prisonniers le 17 octobre 1917
 
Lettre 13 :  
Albert Jean DESPRES Commerçant et secrétaire de Mairie, il fut nommé lieutenant au 96 RI mort le 21 avril 1918 lors de la bataille des Flandres dans la région de Hauts-Rouge et de Vidaigne
 
Lettre 14 :  
Etienne TANTY appartenait au 129 RI, il fut blessé le 25 septembre 1915 à Neuville Saint Vaast, il fut prisonnier à Tahure le 21 avril 1918, il fut libéré de son camp de prisonniers et rapatrié le 15 décembre 1918
   
Pour plus de renseignements sur les lettres ou l'un de ces soldats, demandez moi  
 
Cordialement  
Sylvain


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Sylvain
n°5456
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 28-06-2017 à 08:00:26  profilanswer
 

Bonjour,  
J'aimerais connaitre le texte de la lettre n° 12, si possible.
Merci par avance.
J. Claude


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la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°5457
Stephan @g​osto
Posté le 28-06-2017 à 08:11:08  profilanswer
 

Bonjour Jean-Claude,
 
De mémoire, toutes ces lettres se trouvent dans l'une ou l'autre des éditions de "Paroles de poilus" (dir. J.-P. Guéno).
 
Bonne journée.
Stéphan


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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : Le "Canard du Boyau - Nouvelle série" est dans les kiosques !
n°5458
SylvainC
Posté le 28-06-2017 à 08:59:21  profilanswer
 

Bonjour stcypre
 
La lettre n°12 est écrite par René PIGEARD le 27 août 1916
 
Cher Papa
 
je viens d'écrire une lettre à Theil pour maman et comme tu serais jaloux et pas content je vais te mettre deux mots.
Quoique je ne sois pas tout à fait sorti de l'enfer, je suis déjà un peu paré. Dans la lettre que j'ai écrit à maman, je lui disais tous notre bonheur  
à nous retrouver "nous-mêmes" après s'être vu si peu de chose... à la merci d'un morceau de métal !...
 
Penses donc que se retrouver ainsi à la vie c'est presque de la folie : être des heures sans entendre un sifflement d'obus au dessus de sa tête...
Pouvoir s'étendre tout son long sur de la paille même... Avoir de l'eau propre à boire après s'être vu, comme des fauves, une dizaine autour d'un trou d'obus
à nous disputer un quart d'eau croupie, vaseuse et sale; Pouvoir manger quelques chose de chaud à sa suffisance quelque chose où il n'y ait pas de terre dedans
quand encore nous avions quelque chose à manger... Pouvoir se débarbouiller, pouvoir se déchausser, pourvoir dire bonjour à ceux qui restent... Comprends tu tout  
ce bonheur d'un coup, c'est trop. J'ai été une journée complétement abruti. Evidement toute relève se fait de nuit, alors comprends aussi cette impression d'avoir quitté
un ancien petit bois où il ne reste pas un arbre vivant pas un arbre qui ait encore trois branches , et le matin suivant après deux ou trois heures de repos tout enfiévré,  
voir soudain une rangée de marronniers tout verts, pleins de vie, pleins de sève, voir enfin quelque chose qui créé au lieu de voir quelque chose qui détruit !
Pense que de chaque côté des lignes, sur une largeur de un kilomètre, il ne reste pas un brin de verdure, mais une terre grise à poudre, sans cesse retournée par les obus :  
des blocs de pierres cassés, émiettés, des troncs déchiquetés, des débris de maçonnerie qui laissent supposer qu'il y a eu là une construction, qu'il y a eu des "hommes"...
Je croyais avoir tout vu à Neuville. Eh bien non c'était une illusion. Là-bas c'était encore de la guerre : on entendait des coups de fusil, des mitrailleuses, mais ici rien  
que des obus, des obus, rien que cela ; puis des tranchées que l'on se bouleverse mutuellement, des lambeaux de chair qui volent en l'air, du sang qui éclabousse... Tu vas
croire que j'exagère , non. C'est encore en dessous de la vérité. On se demande comment il se peut que l'on laisse se produire de pareilles choses. Je ne devrais peut être pas  
décrire ces atrocités, mais il faut qu'on sache, on ignore la vérité trop brutale. Et dire qu'il y a vingt siècle que Jésus Christ prêchait sur la bonté des hommes  ! Qu'il y a des gens  
qui implorent la bonté divine !
Mais qu'ils se rendent compte de la puissance d'un 380 boche ou d'un 270 français !...
Pauvres que nous sommes ! P.P.N.
Nous tenons cependant, c'est admirable. Mais ce qui dépasse l'imagination, c'est que les Boches attaquent encore. Il faut avouer que jamais l'on aura vu une pareille obstination
dans le sacrifice inutile : quand par hasard ils gagnent un bout de terrain ils savent ce que ça leur coûte et encore ne le conservent-ils pas souvent.
J'espère aller bientôt vous revoir  et on boira un beau coup de pinard à la santé de ton poilu qui t'embrasse bien fort
René PIGEARD  
 
René PIGEARD avait 20 ans en 1914 il était né dans l'Yonne  et son père était contremaitre et travaillait pour les eaux de la ville de Paris. Imprimeur dans la vie civile, René fut blessé à Verdun puis nommé Caporal. Fait prisonnier en 1917, il mourut électrocuté en essayant de s'évader de son camp de prisonniers le 17 octobre 1917  
 
Amicalemnt
Sylvain
 
   
quelque


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Sylvain
n°5459
SylvainC
Posté le 28-06-2017 à 09:57:40  profilanswer
 

Bonjour stéphan
 
En effet je possède le livre "paroles de poilus" de J P Guéno
 
Cordialement  


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Sylvain
n°5460
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 28-06-2017 à 14:11:26  profilanswer
 

Bonjour,  
Merci pour la lettre... mais elle ne n'apporte pas la solution à ma question, celle de "mort électrocuté"  ? dans un camp ? Bizarre...
Merci.
J. Claude


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la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°5461
Eric Mansu​y
Posté le 28-06-2017 à 15:05:41  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
La réponse -depuis quelques années - est ici : http://vlecalvez.free.fr/Pigard_rene/Pigeard_rene.html
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°5462
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 29-06-2017 à 07:06:59  profilanswer
 

Bonjour Eric,  
Là je comprends mieux, car dans les camps les fils de fer barbelés n'étaient pas électrisé (comme on disait à l'époque)...
Merci pour l'info.
J. Claude


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la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.

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