Bonsoir à tous.
Dans son livre « Fleurs de Vendée 1914-1915 », l’Abbé ROUSSEAU décrit le départ de l’unité pour le front.
« Le 6 août, le 93ème Régiment d’Infanterie quittait La Roche sur Yon.
Le matin du départ, une cérémonie touchante avait eu lieu dans l’église Saint-Louis.
Une messe était célébrée, implorant la bénédiction divine pour le succès de nos armes. Le Régiment, tout entier, remplissait la nef immense. Un grand nombre de héros demain voulaient se préparer en chrétiens, certains de se battre en vaillants soldats. Les prêtres vendéens appelés sous les drapeaux, entendaient la confession de leurs camarades, et le Christ qui aime les Francs se donnait, à la Table Sainte, à ces braves, pour les aider à défendre la plus noble des causes : La Patrie en danger.
La traversée de la ville, pour se rendre à la gare fut, pour nos guerriers, une ovation chaleureuse. On les couvrait de fleur, en criant : A bientôt ! A Berlin !
Les vieux, hélas! Se souvenaient d’avoir entendu les mêmes acclamations, en 1870, et se demandaient, avec une anxiété refoulée dans leurs âmes, si ces légitimes espérances seraient réalisées.
Chaque jour de l’entrée en campagne devait anéantir, une à une, nos illusions. On s’imaginait que la guerre serait de courte durée. La France ne serait pas seule. Les Russes auraient vite fait d’envahir le nord de l’Allemagne, les Anglais ne pouvaient se désintéresser de la lutte, et GUILLAUME serait promptement acculé à la capitulation. Il ne passerait pas et serait écrasé : Le mur et le rouleau - compresseur… »
Cordialement.
François