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  les premiers jours d'août 14

 

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les premiers jours d'août 14

n°2078
Gianni
Posté le 18-05-2008 à 20:25:14  profilanswer
 

Bonjour à tous,
je travaille sur le parcourt d'un soldat du 141ème.
sur les 1ers jours après la mobilisation "on" me dit que les soldats étaient acclamés le long de leur trajet! je veux bien croire que c'était le cas lors de leur départ de la caserne à la gare (j'en ai des témoignages), mais j'ai du mal à imaginer que les gens se pressaient dans les gares pour acclamer ceux qui étaient dans les trains! et je me méfie de ce qui a été publié dans les journaux de l'époque.
je ne voudrai pas écrire des "bétises" à ce sujet!  
quelqu'un aurait-il des renseignements la-dessus?
merci d'avance

n°2545
papymac
Posté le 12-02-2009 à 19:20:43  profilanswer
 

Gianni a écrit :

Bonjour à tous,
je travaille sur le parcourt d'un soldat du 141ème.
sur les 1ers jours après la mobilisation "on" me dit que les soldats étaient acclamés le long de leur trajet! je veux bien croire que c'était le cas lors de leur départ de la caserne à la gare (j'en ai des témoignages), mais j'ai du mal à imaginer que les gens se pressaient dans les gares pour acclamer ceux qui étaient dans les trains! et je me méfie de ce qui a été publié dans les journaux de l'époque.
je ne voudrai pas écrire des "bétises" à ce sujet!  
quelqu'un aurait-il des renseignements la-dessus?
merci d'avance


 
Bonjour.
 
Ma réponse est tardive mais je suis nouveau sur ce forum et je le parcours pour information. Pour répondre à votre question le copier coller du récit de mon oncle sur son départ à la mobilisation.
 
Cordialement
 
 
- Le 1er Août 1914. La population est très calme, tout le monde a l'air résigné. Quelques femmes seulement ne peuvent s'empêcher de pleurer. A la maison, ma petite Mère Chérie, ma Fleurette est très courageuse, mon Père part le 3 ème jour et moi le 2 ème. La seule conversation roule sur la guerre, de l'avis de tous il n'y en aura pas pour longtemps. Malgré l'émotion du départ, mon Père et moi sommes heureux.
 
- Le 2 août : 1 er jour de la mobilisation. Le matin nous sommes réveillés par le bruit des aéroplanes qui gagnent la frontière, cela nous donne une forte espérance.
Mes paquets sont prêts, et demain matin je vais gagné Montargis.
 
- Le 3 août : Le matin je suis prêt à partir, je fais mes adieux à mes parents qui sont très émus. La gare est mouvementée, je rencontre plusieurs de mes anciens camarades. Je prends place dans un wagon où nous sommes 40, tout le monde crie et chante et j'ai une forte migraine à l'arrivée à Montargis à 5 heures. A la caserne je vois des sous-officiers de ma Cie. qui sont de vieux camarades; on nous habille et nous équipe. Ma migraine est de plus en plus forte et je souffre de l'estomac et je n'ai le courage de ne rien faire.
 
- Le 4 août : Réveil à 3 heures, arrivée à Troyes vers les 2 heures, nous allons à la caserne où nous touchons nos armes puis nous rendons au cantonnement " le pavillon de Flore". Nous préparons le départ, distribution de vivres de réserve. Le soir tous les sous-officiers de réserve dinons à la Ruche Moderne où nous sablons le champagne.
 
- Le 5 août : Nous apprenons en ville que l'Allemagne nous déclare la guerre et que l'Angleterre déclare la guerre à l'Allemagne. Le soir nous dinons en ville et nous arrosons copieusement notre dernière soirée à Troyes. Il parait que l'on a fusillé déjà plus de 50 espions dont des femmes et 2 receveuses des postes.


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papymac
n°2546
papymac
Posté le 12-02-2009 à 19:21:27  profilanswer
 

Gianni a écrit :

Bonjour à tous,
je travaille sur le parcourt d'un soldat du 141ème.
sur les 1ers jours après la mobilisation "on" me dit que les soldats étaient acclamés le long de leur trajet! je veux bien croire que c'était le cas lors de leur départ de la caserne à la gare (j'en ai des témoignages), mais j'ai du mal à imaginer que les gens se pressaient dans les gares pour acclamer ceux qui étaient dans les trains! et je me méfie de ce qui a été publié dans les journaux de l'époque.
je ne voudrai pas écrire des "bétises" à ce sujet!  
quelqu'un aurait-il des renseignements la-dessus?
merci d'avance


 
Bonjour.
 
Ma réponse est tardive mais je suis nouveau sur ce forum et je le parcours pour information. Pour répondre à votre question le copier coller du récit de mon oncle sur son départ à la mobilisation.
 
Cordialement
 
 
- Le 1er Août 1914. La population est très calme, tout le monde a l'air résigné. Quelques femmes seulement ne peuvent s'empêcher de pleurer. A la maison, ma petite Mère Chérie, ma Fleurette est très courageuse, mon Père part le 3 ème jour et moi le 2 ème. La seule conversation roule sur la guerre, de l'avis de tous il n'y en aura pas pour longtemps. Malgré l'émotion du départ, mon Père et moi sommes heureux.
 
- Le 2 août : 1 er jour de la mobilisation. Le matin nous sommes réveillés par le bruit des aéroplanes qui gagnent la frontière, cela nous donne une forte espérance.
Mes paquets sont prêts, et demain matin je vais gagné Montargis.
 
- Le 3 août : Le matin je suis prêt à partir, je fais mes adieux à mes parents qui sont très émus. La gare est mouvementée, je rencontre plusieurs de mes anciens camarades. Je prends place dans un wagon où nous sommes 40, tout le monde crie et chante et j'ai une forte migraine à l'arrivée à Montargis à 5 heures. A la caserne je vois des sous-officiers de ma Cie. qui sont de vieux camarades; on nous habille et nous équipe. Ma migraine est de plus en plus forte et je souffre de l'estomac et je n'ai le courage de ne rien faire.
 
- Le 4 août : Réveil à 3 heures, arrivée à Troyes vers les 2 heures, nous allons à la caserne où nous touchons nos armes puis nous rendons au cantonnement " le pavillon de Flore". Nous préparons le départ, distribution de vivres de réserve. Le soir tous les sous-officiers de réserve dinons à la Ruche Moderne où nous sablons le champagne.
 
- Le 5 août : Nous apprenons en ville que l'Allemagne nous déclare la guerre et que l'Angleterre déclare la guerre à l'Allemagne. Le soir nous dinons en ville et nous arrosons copieusement notre dernière soirée à Troyes. Il parait que l'on a fusillé déjà plus de 50 espions dont des femmes et 2 receveuses des postes.


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papymac
n°2547
charraud j​erome
Posté le 12-02-2009 à 20:27:23  profilanswer
 

Bonsoir
Le naturaliste (herpétologiste) Raymond Rollinat qui habitait Argenton sur Creuse, sur la ligne Paris Toulouse, note des acclamations aux passages des trains (82 trains au total le 6 août).
 
7 août 1914
Les journaux annoncent une forte résistance des Belges aux troupes allemandes. Les soldats des trains, tirés par des locomotives ornées de drapeaux, disent bonjour au public qui répond de tous les points de la ville. Des troupes des 12e et 17e corps, passent en chantant "La Marseillaise". Meublat qui vend du vin à la gare les accompagne avec sa flûte."
 
Sources: "Argenton 1914-1918 d'après les carnets et les photos de Raymond Rollinat" Librairie Guénégaud 1999
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par charraud jerome le 12-02-2009 à 20:30:31

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°2549
ACHACHE
Cimetière militaire de V D
Posté le 12-02-2009 à 23:36:37  profilanswer
 

Bonsoir,
Le témoignage d'un observateur, très crédible (bien renseigné et pas du tout "propagandiste" ), et bien placé: à Reims, gare qui a vu passer beaucoup de monde à cette époque:
 
" La mobilisation se poursuit avec calme. Le 5 août, vers 21 h, nous entendons une colonne de plusieurs centaines d'Alsaciens passer en chantant, rue Cérès; cela nous fait ressentir une vive impression.
  Des trains transportant de la troupe passent coninuellement en gare. Les curieux se pressent rue Lesage, contre les grilles, le long des voies de chemin de fer, pour acclamer les soldats qui partent gaiement. Toutes les locomotives de ces trains sont ornées de drapeaux et de bouquets; beaucoup de wagons sont ornés de feuillages et portent à la craie des inscriptions témoignant un grand enthousiasme."
(Paul HESS, La Vie à Reims pendant la Guerre de 1914-1918, Anthropos 1998, p. 16).
 
Bien à vous,
Achache.

n°2555
glauc85
Posté le 14-02-2009 à 22:42:50  profilanswer
 

Bonsoir à tous.
Dans son livre « Fleurs de Vendée 1914-1915 », l’Abbé ROUSSEAU décrit le départ de l’unité pour le front.
 
« Le 6 août, le 93ème Régiment d’Infanterie quittait La Roche sur Yon.
Le matin du départ, une cérémonie touchante avait eu lieu dans l’église Saint-Louis.
Une messe était célébrée, implorant la bénédiction divine pour le succès de nos armes. Le Régiment, tout entier, remplissait la nef immense. Un grand nombre de héros demain voulaient se préparer en chrétiens, certains de se battre en vaillants soldats. Les prêtres vendéens appelés sous les drapeaux, entendaient la confession de leurs camarades, et le Christ qui aime les Francs se donnait, à la Table Sainte, à ces braves, pour les aider à défendre la plus noble des causes : La Patrie en danger.
La traversée de la ville, pour se rendre à la gare fut, pour nos guerriers, une ovation chaleureuse. On les couvrait de fleur, en criant : A bientôt ! A Berlin !
Les vieux, hélas! Se souvenaient d’avoir entendu les mêmes acclamations, en 1870, et se demandaient, avec une anxiété refoulée dans leurs âmes, si ces légitimes espérances seraient réalisées.
Chaque jour de l’entrée en campagne devait anéantir, une à une, nos illusions. On s’imaginait que la guerre serait de courte durée. La France ne serait pas seule. Les Russes auraient vite fait d’envahir le nord de l’Allemagne, les Anglais ne pouvaient se désintéresser de la lutte, et GUILLAUME serait promptement acculé à la capitulation.  Il ne passerait pas et serait écrasé : Le mur et le rouleau - compresseur… »
 
Cordialement.
François

n°2565
Gianni
Posté le 16-02-2009 à 17:20:00  profilanswer
 

merci à Papymac, Charraud Jérome, Glauc85 (François)et Achache pour vos récits de témoignages des premiers jours de la guerre; je suis convaincue maintenant de l'attitude (acclamations) des gens aux passage des trains pour le front.
Cordialement

n°2566
Eric Mansu​y
Posté le 16-02-2009 à 19:17:51  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Bonsoir Gianni,
 
Un intéressant article en lien avec votre questionnement :
http://terrain.revues.org/index1027.html
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°2567
garance.
Posté le 16-02-2009 à 22:49:17  profilanswer
 

bonsoir,
 
Jean-Baptiste Duroselle dans le premier chapitre de "la Grande Guerre des Français" évoque le souvenir de son Père, "le 10 août, le détachement de complément du 8ème BCP, marchant, musique en tête de la citadelle à la gare d'Amiens - sans doute un millier d'hommes - a vécu des minutes inoubliables : population entière acclamant les soldats, les femmes jetant des fleurs et embrassant les soldats, les hommes leur offrant à boire, les drapeaux tricolores partout brandis".
 
Par ailleurs, JJ Becker cite des villes avec des scènes analogues, mais dans les campagnes, on part avec tristesse, qui va rentrer la moisson et comment labourer après l'été en l'absence des chevaux réquisitionnés ? sources : rapports de préfets, notes communales rédigées par les instituteurs et la presse de province. Dans les campagnes, les termes "surprise, affolement, stupeur et stupéfaction" reviennent très souvent.
 
cordialement


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"Il pleuvait en cette nuit de Noël 1914, où les Rois Mages portaient des Minenwerfer."

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