Bonjour à tous,
J'y vais de mon petit ajout.
''Dans la Fournaise''.
Les carnets de marche du Sous-lieutenant ACCARIES, 175 pages, un témoignage publié par l’association du Mémorial des batailles de la Marne.
Roger ACCARIES était instituteur lorsqu’il est affecté à l’État-major de la 5è DC, à la 7ème Brigade de Dragons. Il tient ce journal à partir d’octobre 1914, tandis qu’il parcourt le Nord, la Somme, la Belgique.
Il combat peu et prend le temps de décrire ces moments de calme relatif. Mais il se morfond et demande à passer dans l’infanterie.
Au 67è RI à partir de juillet 1915, c’est alors Verdun, jusqu’en août, puis la Champagne de septembre 1915 à mai 1916, où il est décoré.
Il revient ensuite dans la Meuse participer à la bataille de Verdun.
Le journal se termine le 22 juin 1916 au pied de Belrupt « C’est fini, nous sommes sortis de la fournaise », écrit-il, juste avant son départ dans la Somme, en juillet. Roger s’arrêtera définitivement le 27 septembre, à Bouchavesnes. Il annotait sans doute son sixième carnet, mais ni l’un ni l’autre n’ont été retrouvés.
Allez, je ne sais pas si c’est la meilleure place, mais, cadeau de début d’année, voici ce que son histoire m’a inspiré :
Je veux revoir Dormans
C’était en l’an seize, septembre se fanait
Bien après les moissons, la Faucheuse passait
Amante insatiable, elle glanait par milliers
Des poilus fatigués, sales et déguenillés
Depuis ces deux années, je t’observe Roger,
A-t-elle susurré quand sa lame a glissé.
Viens donc, il est temps pour toi de m’accompagner.
Terminus Bouchavesnes, y’a pas à discuter.
Nieuport, Suippes, Verdun, oui, fini les tranchées
Où on a tant trimé, où beaucoup sont restés.
Mais à l’heure d’y aller, j’ai le goût des regrets,
Dis-moi la mort, dis-moi ce que je vais louper.
Tu veux vraiment savoir, a-t-elle ricané
Un train, en l’an dix-huit, du côté de Rethondes
En quatre-vingt dix-huit, une coupe du monde
Mais sous les armes, toujours plus de macchabées
Ainsi donc, l’ai-je défiée, rien ne devrait changer ?
La mort, je t’abhorre et fais fi de ton acier.
Je veux revoir Dormans, son pont et son clocher,
À tous mes garnements apprendre à lire et compter.
Retrouver mon aimée, tendrement l’enlacer
Sous le soleil d’automne, encore vendanger
Dans Chavenay, chanter, jusqu’à m’époumoner
Et au cochelet, pouvoir rire et m’enivrer.
J’ai bondi et la lame acérée m’a loupé
Ravi de ma ruse, la mort, je t’ai raillée
Tu souriais aussi, un Mauser a brillé
D’une balle en plein cœur, je pars en Empyrée.
Arnaud, Mars 2007
Amitiés,
Message édité par arnaud Memorial le 03-01-2008 à 13:43:51
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