FORUM pages 14-18
  Pages vécues : récits & témoignages

  Huit mois dans les lignes allemandes, Raymond Pître I

 

Il y a 35 utilisateurs connus et inconnus. Pour voir la liste des connectés connus, cliquez ici

 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

Huit mois dans les lignes allemandes, Raymond Pître I

n°823
vincent le​ calvez
Posté le 03-05-2007 à 10:53:36  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Jacky Tessier que je remercie infiniment m'a transmis un texte très intéressant sur le périple de Raymond Pître, jeune soldat au 28e RI.  
 
Je livre ici ce récit en épisode. N'hésitez-pas à me faire part de vos remarques.
 
Huit mois dans les lignes allemandes
Le récit d'un jeune soldat du 28e RI, Raymond Pître,
originaire d'Aveny, canton d'Ecos (Eure)

 
Disparu le 27 août 1914, il donne de ses nouvelles le 15 mai 1915
 
Lorsque l'héroïque armée française vers la fin d'août 1914 dut céder à la pression de l'énorme torrent des Barbares qui avaient envahi la Belgique et le nord de la France, elle battit en retraite à marches forcées de 30 à 40 kilomètres par jour, jusqu'au moment où sur la Marne, elle s'immobilisa comme un mur à la voix du général Joffre.
 
L'ennemi voulut percer le mur d'airain. Il s'y brisa et dut reculer jusqu'aux endroits où il avait préparé des tranchées dans lesquelles il s'est terré comme le sanglier dans sa bauge.
 
Les boches se cramponnent, s'accrochent jusqu'au jour où nos poilus les délogeront et dès lors l'Allemagne verra poindre la débâcle fatale.
 
Alors que nos régiments reculaient à marches forcées, beaucoup de soldats harassés de fatigue, les pieds en sang, durent s'arrêter au revers des routes et furent faits prisonniers.
 
Il en fut parmi ces braves traînards qui parvinrent à se cacher, puis à se procurer des vêtements civils et ils attendirent le moment propice pour revenir en France. Les journaux nous ont donné les récits de rescapés qui pendant tout le temps où ils demeurèrent dans les lignes allemandes ne purent donner de leurs nouvelles à leurs familles.
 
Ces derniers jours, nous avons eu la bonne fortune de rencontrer à Evreux un de ces rescapés qui est originaire d'une commune de l'arrondissement des Andelys. Depuis le 15 août, il n'avait pas donné de ses nouvelles à sa famille et c'est seulement le 15 mai dernier, c'est-à-dire après 9 mois que ses parents ont reçu de lui une lettre datée de la Hollande.
 
Ce rescapé est M. Raymond Pître, âgé de 22 ans, soldat de la classe 1913, dont le père est chef-cantonnier à Aveny, petite commune du canton d'Ecos.
M. Raymond Pître qui appartient au 28e d'infanterie et était caserné lors de la déclaration de la guerre au fort de Daumont (Seine-et-Oise) est un blond normand, aux moustaches à peine naissantes et à la physionomie sympathique. Il porte 18 à 19 ans et de paraître aussi jeune a grandement contribué à sa sécurité dans les lignes allemandes.
 
Ce jeune soldat actuellement ne se ressent presque plus des privations qu'il a endurées. Il nous a fait le récit de son extraordinaire odyssée. A maintes reprises, il a vu la mort de près, car il a failli être pris par les Allemands et il savait ce qui l'attendait.
 
"Comme je ne m'étais pas rendu, nous disait-il, je savais que je serais fusillé. Pris pour pris, j'aimais mieux courir la chance de m'échapper un jour à l'autre. J'y ai mis huit mois, mais je suis revenu après avoir vu bien des pays et je compte bien maintenant aller à Berlin !"
 
Telle est la mentalité du brave petit soldat. A son retour à son dépôt à Evreux, il a été félicité par tous les officiers qui ont eu connaissance de son aventure. Félicitations bien dues à son courage et à sa tenacité.
 
Dans le récit que nous a fait Raymond Pître, nous supprimons tous les noms, car il ne faut pas que les boches fassent payer aux braves gens qui se sont dévoués à le cacher et à le nourrir, lui et des centaines d'autres soldats dans le même cas, le dévouement dont ils ont fait preuve à tous les instants.
 
Il y eut hélas ! des lâches cependant. Pître nous a cité une femme qui en mauvais termes avec sa voisine à dénoncé celle-ci aux boches comme donnant asile à 11 anglais.
Les allemands sont arrivés en nombre alors que les anglais mangeaient la soupe. Les 11 anglais ont été fusillés. Le maître de la maison et son fils ont également été fusillés, la femme condamnée à 5 ans de prison et la maison a été brûlée. La dénonciatrice immédiate a reçu - tel Judas - une somme d'argent des Allemands. Se pendra-t-elle comme Judas ? C'est ce qu'elle a de mieux à faire.

 
La suite dans quelques jours....
 
Vincent
 


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°826
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 03-05-2007 à 18:31:16  profilanswer
 

bonjour à tous
bonjour Vincent,
 
merci de nous proposer ainsi un récit en plusieurs épisodes,c'est une formule qui me plait beaucoup  :love:  
 
on dirait un récit de journaliste,bien dans sa mentalité d'époque avec des phrases très significatives;
ce qui m'étonne un peu ici,c'est le sort réservé à ce jeune soldat à son retour par les militaires,
vu le climat de suspicion et de haute tension,j'aurais plutôt pensé qu'il aurait été considéré comme déserteur ou espion,direction prison voire plus si manque d'affinités...
 
quand je lis "braves trainards",et "félicité par tous les officiers", je suis un peu perplexe :??:  
alors,que s'est-il passé?...vérité ou propagande?
 
j'attends la suite avec beaucoup de curiosité   :)  
amicalement,
Mireille

n°827
vincent le​ calvez
Posté le 03-05-2007 à 18:34:26  profilanswer
 

Bonsoir Mireille,
 
Oui, oui, il s'agit d'un article de presse... Je vois que tu as remarqué les quelques points un peu étonnants de ce récit. Mais attendons la suite...
 
Bien à toi
 
Vincent


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°832
vincent le​ calvez
Posté le 06-05-2007 à 07:33:31  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Voici la suite :  
 
Au milieu des Allemands

Pour en revenir à notre brave petit soldat, il était parti le 2 août avec son régiment et fit la campagne de Belgique. A Charleroi, il reçut un éclat d'obus dans son sac mais il ne fut pas blessé. Quand le régiment battit en retraite, à raison de 40 kilomètres par jour, Raymond Pître qui avait les pieds en sang fut contraint de s'arrêter en même temps que deux autres soldats du 28e, Robert Thiennot, de Gravigny, près Evreux et Pierre Schwetzer de Paris. Les trois jeunes gens ne devaient plus se quitter pendant plusieurs mois.
 
"On était au 27 août au matin, on s'était arrêtés tous les trois dans un petit pays du département de l'Aisne, car nous ne pouvions plus marcher. Le pays était à peu près vide d'habitants. Avec nous, il y avait des soldats d'autres régiments et aussi des Anglais. On était bien une cinquantaine. Voilà qu'on voit venir 6 allemands à cheval. On tire dessus, on les descend, mais le "gros" arrive. Des milliers d'hommes. On s'éparpille de tous les côtés. Moi et mes deux copains du 28e, on entre dans une grange à moitié pleine de foin en vrac, formant un tas de 6 mètres de haut. Il y avait une échelle. On grimpe au plus vite et on se cache sous le foin, tout en haut, sous le ravalement du toit. Nous avions tout juste trois biscuits et une boîte de singe.
 
"Par la tabatière du toit, on voit les troupes allemandes qui arrivent. On s'enfouit sous le foin, après avoir caché nos sacs et nos fusils et pendant trois jours et trois nuits, nous restâmes là, entendant passer sur la route sans un instant d'arrêt, les troupes allemandes qui dévalaient sur Paris. L'artillerie, l'infanterie, les camions automobiles passaient, passaient toujours.
 
" Le premier jour, on eut une alerte. Des artilleurs entrèrent dans la cour avec leurs chevaux et deux ou trois vinrent dans la grange et montèrent sur le tas de foin dont ils jetaient avec des fourches d'énormes brassées par terre pour leurs chevaux.
 
"En piquant dans le foin, leurs fourches nous touchèrent presque et je vous assure qu'on retenait son souffle.
 
"On ne nous découvrit pas et le soir du 3e jour, comme il ne passait plus que des détachements espacés et quelques autos, ou des cyclistes, on décida de partir. Nous avions faim, grand faim, depuis 3 jours qu'on n'avait eu chacun qu'un biscuit à manger et le tiers d'une boîte de singe.
 
"Avec notre sac et notre fusil, nous partîmes tous les trois, au travers des pâtures où l'on pouvait facilement se dissimuler en cas d'alerte, car tous les prés étaient entourés de grandes haies. Près des chemins, on se terrait au passage des détachements allemands et on arriva sans encombre dans une forêt où il était facile de se cacher, on y passa le reste de la nuit et la matinée du lendemain dans une hutte de bûcheron. Vers midi, comme il fallait trouver de quoi manger, je partis seul à la découverte, vers un petit pays non loin de la lisière du bois. Je visite 2 ou 3 maisons. Rien ni personne. Dans une petite ferme, je trouve des poules, des lapins, des porcs et dans la grange, je découvre 14 à 15 œufs que les poules avaient pondus. Je les prends et je retourne avec mes deux camarades, on gobe les œufs qui nous paraissent délicieux et on revient tous les trois dans la ferme qui paraissait abandonnée.
"L'un de nous était sur la porte de la grange quand viennent à passer un homme et une femme. Ils paraissaient surpris de voir des soldats français. Ils viennent à nous. C'étaient de braves gens. Ils nous préviennent que s'il n'y a pas de troupes dans le pays, par contre, il y passe souvent beaucoup d'officiers qui vont chasser les cerfs, les biches ou les chevreuils qui pullulent dans la forêt. Ils nous indiquent un endroit du bois, presqu'impénétrable ; ils viendront le soir nous apporter à manger, en même temps que des effets civils.
 
"A 4h. du soir, la femme vient nous apporter à manger, des tartines de pain et du pâté qu'on dévore à belles dents. Elle n'a pas apporté d'effets. Elle nous dit que le maire s'occupe de nous et que dans la nuit, on ira chez elle, pour changer nos effets militaires contre des vêtements civils.
 
"Ainsi fut fait. Le maire attendait et nous fit enterrer nos effets militaires et nos armes après qu'on se fut mis en civils. On avait des culottes de velours, des gilets de travail et une casquette, mais le maire n'avait pas pu nous trouver de chaussures, ni de chemises, on avait donc gardé nos chemises militaires matriculées et nos godillots et on retourna dans la forêt. La nuit on sortait pour aller au ravitaillement et pour savoir si on pourrait franchir les lignes ennemies pour revenir en France.
 
"On resta là encore 8 ou 10 jours, toujours sur le qui-vive, mais on n'avançait à rien. On nous apprit alors qu'il y avait dans une autre forêt, des anglais et des soldats français en "pagaille"  comme nous. On décida d'aller les rejoindre, car il ne fallait pas songer à aller dans les villes. Les Allemands ramassaient tous les hommes jusqu'à 48 ans et les envoyaient en Allemagne. Sur notre route, on trouva encore de braves gens qui nous donnèrent à manger et on retrouva les autres fugitifs. Il y avait 28 anglais et 12 français.
 
L'un des soldats français était de Louviers. Je crois qu'il se nommait Taron ou Caron. Les Anglais ne pouvaient pas sortir de la forêt, puisqu'ils ne savaient pas le Français.


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°835
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 08-05-2007 à 08:22:57  profilanswer
 

bonjour à tous
bonjour Vincent,
 
merci pour cette suite assez étonnante  :jap:  
mais... j'ai quand même l'impression que c'est enjolivé ces aventures
c'est l'histoire de la grange à foin qui me fait surtout dire ça,on dirait une aventure de cinéma
parce que rester 3 jours à respirer la poussière et l'odeur d'émanation de toute cette masse,en ne se plaignant pas de la soif (mais que de la faim ),et encore moins de toux,d'irritation,c'est assez fort  
sans compter l'histoire des fourches....
 
 
à part ça, j'ai noté autre chose d'intéressant :"les chemises militaires matriculées"
les militaires d'aujourd'hui ont tous leur nom écrit sur leur tenue (moi aussi d'ailleurs :lol: )
-à l'époque,ce n'était pas l'usage,mais apparamment les chemises étaient marquées du numéro matricule du soldat?........est-ce certain?...je n'avais jamais entendu ça auparavant...n'est-ce pas plutôt un sigle standard de l'armée ?
-pour ma culture générale,à partir de quand est apparu le "badge" nominatif sur les uniformes militaires?
 
merci à ceux (celles) qui pourront me répondre
en attendant,je guetterai la suite avec beaucoup de curiosité,car je crois que Raymond nous réserve d'autres surprises  
 
amicalement,
Mireille

n°836
Flo
Posté le 08-05-2007 à 17:04:30  profilanswer
 

Bonjour,
 
Eh bien moi j'attends la suite avec impatience, et je pense que cette histoire est aussi vraisemblable que d'autres aventures décrites ici ou là.
 
Bonne journée,
 
Florence

n°837
bernard la​rquetou
Posté le 08-05-2007 à 17:15:16  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Mouais.... c'est bien écrit, mais je suis comme Mireille, certains points, certaines situations me laissent rêveur !
 
Bien sûr, l'histoire de la grange et des coups de fourche dans le foin nous rappellent à tous des images vues et revues. Encore que notre héros n'avait pas dû en voir beaucoup à l'époque....
 
Mais l'histoire est belle et mérite d'être contée jusqu'au bout.
 
Merci Vincent.
 
Cordialement
 
BL


---------------
http://329ri.canalblog.com/ et http://29eri.canalblog.com/
n°845
vincent le​ calvez
Posté le 10-05-2007 à 21:39:48  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Allez, quelques pages des aventures de notre jeune Normand :  
 
De forêt en forêt
 
"Nous autres 15, tous en civil, sous les ordres d'un sergent, on marchait la nuit par deux ou trois pour se ravitailler mais les Anglais s'étaient trop montrés. On apprit que les Allemands allaient faire une battue et tous les quarante, on déguerpit vers l'autre forêt d'où nous venions. Là les gens du pays voisin nous ravitaillaient. Tous les jours, on nous apportait dans un débit à 2 kil. de la lisière du bois, un pot de 20 litres de lait, des pommes de terre, du pain. Nous avions affaire à de braves gens bien dévoués.
 
"Un jour que j'étais de corvée avec Schwetzer pour aller au ravitaillement, il nous survint une aventure. On entrait dans le débit, quand sur la route, on voit arriver une auto, avec 4 ou 5 officiers allemands. Ils revenaient de la chasse dans la forêt et l'auto s'arrête devant la porte du débit. La débitante nous dit  : "Vite, asseyez-vous, je vais vous servir un verre de cidre comme à des consommateurs !" On s'assied tous les deux et les officiers entrent. L'un deux était le chef de la kommandantur d'un pays voisin.  Il s'assied à côté de moi et me fixant, il me dit "Toi soldat !" - "Non, que je lui réponds, je suis trop jeune, j'ai 18 ans !" - "Tu es français !" - "Pour sûr que je suis français que je réplique"- "Si tu étais anglais !" et en roulant des yeux furieux, il me prend à la gorge et me met le poing sous le nez. Moi pendant ce temps je fermais soigneusement mon gilet pour cacher le matricule de ma chemise. Un homme du pays étant entré, nous a parlé à tous deux en nous appelant par notre petit nom. C'était pour que le boche n'eût pas de soupçons. Vous pensez si le verre bu on s'est défilés rapidement, sans le ravitaillement, malheureusement. On retourna le soir chercher les victuailles.
"Le commandant boche avait dû avoir des doutes par la suite, car deux jours après, un de nous en éclaireur en bordure du bois nous prévint que les soldats boches, il y en avait bien 200, venaient vers la forêt. Ils voulaient faire une battue. Chacun tira de son côté et l'on dut abandonner  toute la nourriture qu'on avait gardée en réserve. Toujours nous trois et 6 anglais qui s'étaient joints à nous, on partit à l'aventure. On était trop nombreux et on quitta les Anglais.

 
Bonne soirée
 
Vincent


Message édité par vincent le calvez le 10-05-2007 à 22:01:39

---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°846
vincent le​ calvez
Posté le 10-05-2007 à 22:03:18  profilanswer
 

Rebonsoir,  
 
Je poste ici un extrait du JMO du 28e RI pour tenter de recadrer le récit dans le contexte de la retraite :  
 
http://vlecalvez.free.fr/jmo_28eri_27aout.jpg
 
Remarquez le cas des soldats restés endormis : s'agit-il de nos trois soldats ?
 
Bien à vous  
 
Vincent


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°849
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 15-05-2007 à 12:03:01  profilanswer
 

bonjour à tous
 
bon alors Vincent,j'aimerais bien savoir la suite moi,parce que ça fait un petit moment qu'on est sans nouvelles de Raymond et de ses aventures   :cry:  
c'est pas bien de jouer avec le moral des troupes (des fans)  :non:  
 
à part ça....merci pour l'extrait du J.M.O.:ça fait drôle de voir "soldats endormis"...dans quel état d'épuisement ils devaient être pour que les officiers écrivent cela aussi simplement,sans cacher la vérité,ni les conséquences
 
amicalement,  
Mireille
 
 

n°850
vincent le​ calvez
Posté le 15-05-2007 à 21:00:59  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
La suite.
 
 
Soldat français fusillé
 
C'est quelques jours après (on était en décembre, vers le 10) que ce pauvre Robert Thiennot fut pris par les boches. Il devait retourner tout seul au pays où on avait enterré nos effets militaires à 20 kilomètres de l'endroit où on était : "Je serai revenu avant 8 jours, nous dit-il, et si vous ne me voyez pas, c'est qu'il me sera arrivé malheur !" On l'attendit 10 jours et comme il n'était pas revenu, je partis dans la nuit, vers minuit. J'arrivai au pays au petit matin et trouvai brûlée la maison où étaient cachés nos effets militaires. J'eus doutance d'une barbarie de boches. On m'apprit, en effet, que Thiennot avait été pris dans la maison de la brave femme qui avait caché nos effets militaires. C'était par hasard qu'un soldat boche était venu y chercher du lait. Il parlait très bien français et en apercevant Thiennot qui n'avait pas eu le temps de se cacher, il lui avait demandé ses papiers. "Je n'en ai pas, répondit Thiennot, je suis contrebandier !" Il ajouta qu'il était réformé, mais le boche soupçonneux appela un de ses camarades qui passait et l'emmena à la kommandantur.
 
"Il avait en sa possession son carnet de route écrit en sténographie. Ces hiéroglyphes le firent prendre pour un espion, d'autant qu'il avait sur lui sa flanelle militaire, donc matriculée. Se voyant pris pour un espion, le pauvre Thiennot avoua qu'il était soldat français. "- Vous êtes officier français !" lui dirent les boches. Il protesta et bien qu'une personne du pays où il avait été pris eût remis aux Allemands son livret militaire, il fut fusillé, car il n'avait pas voulu dire où étaient cachés ses effets militaires pour ne trahir personne.
 
"Dans le journal mi partie en Allemand, mi partie en français que les Allemands font paraître dans l'Aisne, j'ai pu lire ceci :
" Le soldat français Robert Thiennot, du 28e d'infanterie errant dans cette contrée depuis le commencement de septembre et bien qu'ayant eu connaissance de mes ordres, il ne s'est pas rendu. Je l'ai fait fusiller comme espion. La personne qui lui donnait asile a eu 24 heures pour déménager son mobilier. Par mesure de clémence, je lui ai fait grâce de la vie parce qu'elle est mère de deux enfants, mais j'ai fait brûler la maison !"
 
"A mon retour à Evreux, ces jours-ci nous dit M. Raymond Pître que ce souvenir a vivement ému, je suis allé voir les parents de Thiennot et je leur ai dit ce que je savais. Mme Thiennot est institutrice à Gravigny.
 

 
C'est ce passage qui a attiré mon attention.
 
Bien à vous et bonne soirée
 
Vincent


Message édité par vincent le calvez le 15-05-2007 à 21:02:23

---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°851
vincent le​ calvez
Posté le 16-05-2007 à 06:19:31  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
On trouve ainsi la fiche "Mort pour la France" de Robert Thiennot sur "Mémoires des hommes". Sa fiche n'indique pas les situations de sa mort :  
 
http://vlecalvez.free.fr/mp_thiennot.jpg
 
Par contre sur le monument aux morts de Gravigny, on peut lire :  
 
http://vlecalvez.free.fr/mam_gravigny_thiennot.jpg
 
http://vlecalvez.free.fr/mam_gravigny.jpg
 
La suite dans quelques jours...
 
Bien à vous  
 
Vincent
 
PS : merci à Sophie Morin pour la photo du monument aux morts de Gravigny.


Message édité par vincent le calvez le 16-05-2007 à 06:20:43

---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°852
Laurent59
Mémoire du 72e et 272e RI
Posté le 16-05-2007 à 09:16:10  profilanswer
 

Bonjour à tous, sur la photo du monument est inscrit le soldat Charles Louis Mazoyer 7 avril 1915. A cette date le 72e RI se trouve en ligne non loin de Maizeray. Lire l'article >>>
 
Laurent  :hello:


---------------
Histoire du soldat François Louchart 72ème RI .  
Site du 72e et 272e RI Régiments Picards dans la grande guerre.
------------------------------------
n°856
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 16-05-2007 à 11:38:31  profilanswer
 

bonjour Vincent,
 
et merci beaucoup d'avoir mis la suite de cette histoire malgré mon appel un peu...cavalier qu'il faudrait me pardonner  :o  
 
les preuves a posteriori qui viennent étayer ce qui est dit dans ce récit,en font un document très troublant finalement
eh oui,à force de lire partout que les journalistes de l'époque n'ont fait que de la propagande ou du bourrage de crâne,on a tendance à être un peu septique au début,devant un tel récit  
et puis on se dit... "et si c'était vrai...?"
et puis on se dit... "c'est incroyable mais c'est vrai...!"
et puis on se dit qu'on a là un sacré document à lire où la réalité dépasse une fiction qu'on aurait pu penser issue de l'imagination de journalistes...mais non,c'est bien réel
 
j'attends (évidemment!)  la suite avec beaucoup d'impatience :love:  
 
bien amicalement,
Mireille

n°858
vincent le​ calvez
Posté le 18-05-2007 à 21:31:32  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
La suite du périple de Raymond Pître et de Pierre Schwetzer.
 
En route pour la France

 
"La disparition de ce pauvre Thiennot, nous avait décidés moi et Schwetzer à nous séparer. On travaillait chacun de côté et d'autre, mais Schwetzer avait failli être pris et il dut se cacher dans une cave où il vécut pendant plusieurs mois, ne sortant que la nuit. Seule, une personne du pays connaissait sa cachette et lui donnait à manger.
 
"Quant à moi, je passais pour un émigré belge et en janvier, j'avais trouvé une place chez un cultivateur. J'y suis resté jusqu'au 17 avril. On s'occupait de nous faire passer par la Belgique et la Hollande et il était temps que moi et Schwetzer on s'en allât, car j'avais dû répondre déjà une fois à l'appel des Allemands qui a lieu tous les 15 jours. De temps à autre ils prennent des hommes qu'ils envoient en Allemagne et après avoir tant fait pour revenir, j'allais échouer au port. Enfin, le 17 avril, on m'a prévenu que j'allais partir, avec un guide. Nous étions trois, moi, Schwetzer et un soldat d'Afrique.
 
Nous ne dirons pas comment Raymond Pître et ses camarades ont pu traverser la Belgique, en passant par Bruxelles et Anvers.
 
A Bruxelles, nous dit-il, je sortais tous les jours. Il y encore plus de 50.000 habitants et la ville est intacte. Je me trouvais dans les trams avec des soldats boches et j'évitais seulement de trop parler français, mon accent aurait pu me trahir. La ville me semble bien ravitaillée, car j'ai mangé du bon pain blanc. Cela me changeait du pays où j'étais resté plusieurs mois et où nous étions rationnés. Le pain était noir et mauvais au goût, malsain surtout pour les enfants. Les boches avaient fait battre le grain, qu'ils avaient réquisitionné et ils fournissaient la farine aux boulangers. C'était la farine toute noire et je me demande avec quoi elle était faite.
 
Pour passer la frontière hollandaise, barrée par des tranchées et des réseaux de fils de fer barbelés, Raymond Pître et ses camarades subirent un avatar qui faillit leur coûter la liberté.
 
Leurs deux guides arrivés à un certain endroit leur dirent : "La frontière est à deux pas, et est facile à franchir à cet endroit, vous n'avez plus besoin de nous !" Ils firent remettre les 10 fr. par fugitif qui leur avaient été promis et ils disparurent. Or la frontière hollandaise était encore à 7 kilomètres. Raymond Pître et ses camarades purent trouver deux nouveaux guides qui leur prirent 15 fr. par personne.
 
- Heureusement qu'on nous avait donné de l'argent, mais moi je n'avais plus que 10 fr. D'autres ont payé pour ceux qui ne le pouvaient pas et nos guides nous ont fait franchir la frontière. Ce n'était pas commode, j'ai déchiré mes vêtements aux fils de fer barbelés et à chaque instant de puissants réflecteurs illuminaient la zone dangeureuse. Enfin personne n'a été blessé, bien qu'on ait reçu des coups de fusil.
 
Grâce à leurs passeports en règle, les fugitifs n'ont pas été inquiétés en Hollande où ils sont restés plus de 15 jours en attendant un bateau en partance pour l'Angleterre. Nos consuls leur ont fourni les moyens de passer en Angleterre.

 
Bonne soirée
 
Vincent


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°861
francois m​attart
Comme on peut !
Posté le 19-05-2007 à 12:21:38  profilanswer
 

Bonjour,
Je m'interroge sur le passage de la clôture entre la Belgique et la Hollande.
N'y avait il pas une clôture électrifiée sur cette frontière ?
Pourquoi n'en parle t'il pas ?
Cordialement
François


---------------
Ceux de 14 sur FB : http://www.facebook.com/#!/group.php?gid=31022969238
n°862
vincent le​ calvez
Posté le 19-05-2007 à 18:06:10  profilanswer
 

Bonjour François,
 
Question naïve : existait elle en avril-mai 1915 ?
 
Bien à toi
 
Vincent


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°863
francois m​attart
Comme on peut !
Posté le 19-05-2007 à 18:23:43  profilanswer
 

Bonjour Vincent,
La mienne l'est tout autant.
Il me semble avoir lu un truc qui se passait au printemps 15 à ce sujet.
Faut qu'je cherche!  
Amical bonjour de Belgique
François


---------------
Ceux de 14 sur FB : http://www.facebook.com/#!/group.php?gid=31022969238
n°864
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 19-05-2007 à 20:36:10  profilanswer
 

bonsoir à tous
bonsoir Vincent,
 
merci pour ce nouvel épisode qui sonne très vrai,
j'ai lu des faits similaires ailleurs,notamment dans le livre Otages dans la Grande Guerre de Florence Daniel-Wieser (éditions de l'est)
qui raconte le quotidien de la population autour d'Audun-le Roman/Longwy sous le joug de l'occupation brutale des Allemands:le rituel de l'appel,le pain noir et les restrictions alimentaires,l'envoi arbitraire d'adolescents ou très jeunes hommes en Allemagne,etc...
 
les barbelés à la frontière hollandaise,j'en ai aussi entendu parler,mais je ne pensais pas qu'au printemps 1915, la frontière était déjà si bien gardée,avec tranchées,barbelés et sorte de mirador.....ceci sur tout son trajet...?
quant à l'électrification,pareil,je ne pensais pas qu'elle ait eu lieu avant 17 ou 18,et puis de toute façon ce que des hommes peuvent faire,d'autres peuvent défaire,alors les passages devaient être possibles quand même
 
ce qui m'intrigue un peu c'est la mention de passeports.....c'est un terme très moderne je trouve,cela existait-il déjà à l'époque?
qui les a donc fabriqué?...qui les a donné à ces soldats?....le consul de France en Hollande?...une organisation d'une puissance étrangère neutre (américaine ,suisse....) ?
 
amicalement,
Mireille

n°872
vincent le​ calvez
Posté le 21-05-2007 à 22:07:18  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Voici une référence à notre récit trouvée dans le JMO du 28e RI en 1916 :  
 
http://vlecalvez.free.fr/citation_scwetzerl.jpg
 
Bonne soirée
 
Vincent


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°880
vincent le​ calvez
Posté le 23-05-2007 à 11:56:02  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
 
Voici le dernier épisode du périple de Raymond Pître
 
Le retour
 

Raymond Pître est revenu par Folkestone et son camarade Schwetzer par Dieppe. Le soldat Pître débarquait le 21 mai à 4h du matin à Boulogne-sur-Mer. Sa tenacité et son courage étaient enfin récompensés.
A la place, on lui établit une feuille de route et le 22 mai à 8h.55 il prenait le train pour Paris où il arrivait à 7h.30 du soir à la gare du Nord. Le 23 mai à 4h. de l'après-midi, il arrivait à Evreux et se présentait immédiatement au dépôt de son régiment à la caserne Amey. Il raconta son odyssée et reçut les félicitations méritées des officiers se trouvant là.
De Hollande, le 10 mai, il avait envoyé à ses parents une simple carte où il disait : "Vais bien, espère vous revoir bientôt". La carte ne mit que 5 jours pour arriver à Aveny et l'on conçoit la joie des parents du jeune soldat, sans nouvelles de lui depuis huit mois et demi.
Pendant les mois qu'il a passés à errer dans les bois, Pître qui a une robuste constitution n'a pas été malade. Il a eu seulement des angines qui l'empêchaient de manger pendant quelques jours, mais il trouvait toujours de bonnes âmes pour lui donner du lait chaud.
 
A plusieurs reprises, il s'est trouvé en fâcheuse posture et il s'en est tiré avec sang-froid. Un jour qu'il suivait un chemin, il voit venir au devant  de lui deux uhlans. Il va pour fuir. Derrière lui arrivent 3 fantassins allemands. Il paie d'audace et continue son chemin. Un des uhlans lui demande : "Papiers !" Après avoir retiré sa casquette pour saluer, Pître tend son papier à cigarettes et du tabac. Les doldats rient. Il les salue à nouveau et file, mais les ulhans se ravisent et galopent à sa poursuite. Il oblique à gauche, traverse des maisons brûlées et pillées par les boches et se réfugie dans l'une d'elles pendant que les cavaliers le cherchent, il retourne sur ses pas et parvint ainsi à faire perdre ses traces.
 
Le soldat Pître a obtenu une permission de 8 jours pour aller voir ses parents et il est maintenant à Evreux tout prêt à repartir et à faire payer aux boches les émotions de sa demi-captivité.

 
Bonne journée
 
Vincent


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°881
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 23-05-2007 à 16:36:33  profilanswer
 

Bonjour Vincent, bonjour à tous,
 
Merci d'avoir partagé cette histoire passionnante, qui finit bien dans le texte. Mais qu'est-il arrivé ensuite à ce Raymond Pître ? La fin du texte donne envie de savoir.
Par curiosité, j'ai fait un tour sur Mémoire des Hommes et j'ai trouvé la fiche d'un Raymond Pître, classe 1913, né dans l'Eure. Hélas, jusque là, tout colle. Seul le lieu de naissance pourrait ne pas correspondre.
 
http://193.108.167.105/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=5igIXQRSgAIEddQNRGYEEQ==&_C=1229975567
 
Mais celui de la fiche MDH est Château-sur-Epte alors que dans le texte il est indiqué Aveny. Or le texte ne dit pas que c'est le lieu de naissance, mais que "le père est chef-cantonnier à Aveny, petite commune du canton d'Ecos".  
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/784/AvenyChateausurEpte.gif
 
Peut-on en conclure que l'histoire de Raymond Pître, retourné au front avec une autre unité, s'est définitivement achevée en septembre 1915 ?
 
Cordialement,
 
Arnaud


Message édité par Arnaud Carobbi le 23-05-2007 à 16:44:47
n°882
vincent le​ calvez
Posté le 23-05-2007 à 19:14:10  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Et voilà, Arnaud vient d'écrire la fin "provisoire" de ce fil. Il s'agit bien de notre Raymond (j'ai fait une vérification en demandant les actes de naissance et de décès. Son père était bien cantonnier à Ecos.
 
Par contre, concernant la date de son décès, il ne s'agit pas de 1915, mais de septembre 1916. J'avais fait la même erreur. L'état civil de Dampsmenil me l'a indiqué.
 
Bien à vous...
 
Mais il y a surement une suite à ce fil... Si quelqu'un pourrait aller à Evreux pour chercher sa fiche matricule...
 
Bien à vous  
 
Vincent


Message édité par vincent le calvez le 23-05-2007 à 19:15:34

---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°883
Jean RIOTT​E
Posté le 24-05-2007 à 10:09:05  profilanswer
 

Bonjour Vincent,
Bonjour à toutes et à tous,
Très pris par "mes" Hôpitaux et la recherche de documents, je ne peux plus suivre assidument tous les sujets du Forum. Aussi je ne découvre qu'aujourdh'ui l'extraordinaire pérégrination de Raymond Pître. Très intéressant.
Merci de nous avoir fait partager cette aventure peu commune.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°889
roger
Posté le 30-05-2007 à 11:11:25  profilanswer
 

salut Vincent  
 
Superbe histoire passionante que tu nous raconte la  ,merci de l' avoir poste ,c'est une triste fin quand meme pour ce poilu ,son recit du debut  me rappelle  un peu la meme histoire   les poilus refugier dans les bois  dans le livre de Pascal Boilet  "En vallée de Meuse et Semoy sous l'occupation allemande de 1914 à 1918"
A+Roger

n°932
vincent le​ calvez
Posté le 15-06-2007 à 13:24:57  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
...l'histoire de notre Raymond ne va pas s'arrêter là !!!!
 
Voici l'autre récit, celui du compagnon de routes de Raymond Pître : Pierre Schveitzer.  
 
Document également découvert et communiqué par Jacky Tessier que je remercie et que je salue très chaleureusement !
 
http://vlecalvez.free.fr/schwetzer.jpg
 
Bon week end !
 
Vincent


Message édité par vincent le calvez le 15-06-2007 à 13:25:15

---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°935
belge
Pugna Nobilis Princeps
Posté le 16-06-2007 à 09:31:49  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
Il me semble aussi que ce récit est vrai. Il ressemble aux évasions de mon Beau-père en 40'...Comme quoi, l'Histoire et les histoires se répètent et que la réalité dépasse parfois la fiction.
Cordialement


---------------
Clansman
n°936
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 16-06-2007 à 13:44:08  profilanswer
 

Bonjour à tous,  
Les allemands avaient électrifié les lignes de fil de fer à la frontière avec la Hollande. Les passeurs avaient alors fabriqué un cadre en bois qu'ils plaçaient sous le fil de façon à passer sans encombre. D'autres utilisaient un fût de vin après avoir enlevé le haut et le bas. Il appelaient cela "passer par le cercle"....
Il faut noter que des passeurs avides d'argent abandonnaient les évadés en pleine nature ..Voyez qu'au cours de la 2ème GM rien ne fut nouveau...
Cordialement.   J.Claude.


---------------
la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°939
belge
Pugna Nobilis Princeps
Posté le 16-06-2007 à 22:19:09  profilanswer
 

Bonsoir à tous,  
Il ne faut quand même pas généraliser...il y eut bien des passeurs qui le firent par purs patriotisme et désintéressement...lors des deux guerres...
et qui furent fusillés pour cela....Eux aussi sont dignes de mémoire et de reconnaissance.
Cordialement


---------------
Clansman
n°942
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 18-06-2007 à 13:52:20  profilanswer
 

Bonjour Belge,
 
Mais bien sûr il y eut de très belles pages en 14-18. Notamment du côté de la Belgique, car de nombreux évadés, soldats pris dans la nasse, ou "mobilisables" purent rejoindre la France grâce à des Belges et Français désinteressés.
Combien de personnes sous la terrible occupation allemande de 14-18, ont participé à la "résistance" ne serait ce que de noter les trains qui passaient à proximmité (fréquence, unités convoyées, matériel, etc), de noter les régiments qui stationnaient dans la ville ou village, etc, etc.
Bien cordialement.   J.Claude.


---------------
la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°943
belge
Pugna Nobilis Princeps
Posté le 18-06-2007 à 18:07:04  profilanswer
 

Bonsoir à tous,  
Oui, stcypre, vous avez entièrement raison ! Ils méritent tous notre reconnaissance.
Cordialement


---------------
Clansman
n°1241
vincent le​ calvez
Posté le 02-09-2007 à 13:19:46  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Je fais renaître ce fil par la découverte hier d'une nouvelle information concernant Robert Thiennot : celui-ci aurait été enterré dans le cimetière de la citadelle de Guise. J'ai trouvé l'info dans une des nombreuses pages de La Gazette des Ardennes (printemps 1918) :  
 
http://vlecalvez.free.fr/thiennot_gazetteag.jpg
 
Si quelqu'un a des informations sur l'histoire de cette citadelle en 1914-1918, je suis preneur.
 
Bien à vous
 
Vincent


---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html

Aller à :
Ajouter une réponse
  FORUM pages 14-18
  Pages vécues : récits & témoignages

  Huit mois dans les lignes allemandes, Raymond Pître I