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Marsouins à La Chipotte

 
n°337
Yves Thoer
Posté le 14-10-2006 à 21:51:25  profilanswer
 

Bonsoir.
 
Un amis m'a prêté le carnet de guerre de son grand-père, brigadier au 59° RAC.
Il relate une ancedote sur les combat de La Chipotte, je vous la livre :
 
" 29 Août.Nous reculons jusqu’au col de la Chipotte, là après un dur combat, nous arrivons au village dit de St Benoît, les boches se rendent maîtres du village qui est ensuite repris par les marsouins, dans une auberge 80 allemands sont retranchés, les coloniaux entourent la maison, les boches ne voulant pas se rendre les coloniaux mettent le feu et à mesure qu’un boche sort pour se rendre il est fusillé."
 
Cette anecdote est-elle connue et vérifiée.
 
Cordialement.
 
Yves Thoër

n°338
Stephan @g​osto
Posté le 14-10-2006 à 22:09:40  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Nulle doute que ce témoignage va en intéresser certains !!  ;)  
Il faudrait chercher du côté de la 2e brigade coloniale (5e et 6e R.I.C.) qui fut engagée dans ces combats...
 
Amicalement,
 
Stéphan

n°339
Jean-Claud​e Poncet
Posté le 14-10-2006 à 23:03:54  profilanswer
 

Bonsoir,
Oui, certainement très intéressant d'autant plus que cette brigade coloniale au recrutement très "Sud-Est" intéresse les Savoyards (entre autres).
Mais le fait cité dépasse le clivage régional et ne m'étonne pas même s'il me fait de la peine.
Voici le monument que j'avais photographié en 1973 afin de l'envoyer à un père (vieux colonial à moustaches, sec comme un coup de trique) habitant le village d'Autoreille, canton de Gy qui avait combattu là.
            http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/31/ric_chipotte.jpg
 
Cordialement.
JCP.


Message édité par Jean-Claude Poncet le 14-10-2006 à 23:06:41
n°340
Eric Mansu​y
Posté le 15-10-2006 à 09:08:32  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Tu as raison, Stéphan, un témoignage inédit (même très succinct) sur la Chipotte est toujours bien intéressant...
 
Une première source : "Les Allemands venus par Sainte-Barbe s'étaient emparés des premières maisons de Saint-Benoît. Heureusement qu'une division coloniale débarquée en arrière de nous était venue délivrer la 13e division qui, sans cela, aurait risqué de tomber prisonnière. La lutte avait été jusqu'au corps à corps. Des militaires, installés dans la première maison sur la route de la Chipotte, ne voulurent pas se rendre. Les coloniaux mirent le feu à la maison : c'est cet incendie qu'on voyait ; leurs chargeurs et leurs cartouchières éclataient : c'est le bruit des détonations qu'on entendait." Jean Julien WEBER (21e R.I.), Sur les Pentes du Golgotha, page 62.
 
Une seconde source : "Nous allons dans un bois, prenons un chemin boueux, et après une multitude d’arrêts, revenons sur nos pas, traversons Saint-Benoît où nous sommes en vue d’une maison que les marsouins ont brûlée avec les Allemands qui étaient dedans et qui ne voulaient pas se rendre, et nous installons à la lisière d’un bois." Carnet de route de Charles MAGNIEN (21e R.I.)
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy
 
PS Un point essentiel dans l'extrait qu'Yves Thoër a eu l'amabilité de nous communiquer (merci) : les détonations mentionnées par Weber n'auraient donc pas été des éclatements de munitions mais une fusillade. A confirmer, mais voilà une piste intéressante !
 


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« Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout. »  Capitaine Paul RIMBAULT
n°392
zoof
Posté le 20-11-2006 à 00:39:33  profilanswer
 

Bonjour à tous et merci pour les témoignages et informations. Juste une petite interrogation. Il me semble que l'épisode ne cadre pas très bien avec les faits du 29 août tels que consigné dans les historiques du 5e et 6e RIC, qui ne rapportent pas de combats d'ampleur le 29. Le plus développé, celui du 5e note pour le 29:

Citation :

Le 29 août, le colonel Roulet, commandant le 5ème régiment et la brigade coloniale, reçoit l’ordre de reprendre le col de La Chipote, occupé la veille par l’ennemi.Laissant au repos le 6ème régiment, le colonel décide, pour s’emparer de l’objectif, d’imiter les procédés allemands. Ceux-ci consistent à envoyer en avant, fixés au sol, quelques éléments d’infanterie pour protéger l’artillerie qui exécute un tir intensif et prolongé sur la position à occuper. L’infanterie se porte alors en avant pendant que l’artillerie allonge son tir. Ces ordres s’exécutent comme à la manoeuvre. De 10 h. 30 à 12 h. 20, l’artillerie exécute un tir en profondeur sur Saint-Benoît, le chemin de Raon-l’Étape et le col de La Chipote. De 12 h. 20 à 12 h. 30, elle déclenche un tir intensif, puis s’arrête brusquement. C’est le signal convenu pendant que nos pièces allongent leur tir, nos troupes se portent en avant et nous occupons le col de La Chipote sans avoir tiré un coup de fusil, sans avoir aucune perte.


 
J'avancerais donc trois hypothèses  
(a) c'est un épisode de la (re)prise de St Benoit par le 6e RIC le 26 août. Les faits rapportés par les témoins du 21e RI semblent se rapprocher de la description de la journée par l'historique du 6e RIC

Citation :

Vers 16 heures, des troupes d’infanterie en retraite, venant de l’est, traversent Saint-Benoît. Le régiment reçoit l’ordre de s’emparer de la cote 423 (N.-E. du village) et de s’y établir; mais, au moment où ses premières unités s’engageaient dans cette direction, une vive fusillade éclate, partant des maisons à l’est du village, dont les Allemands se sont emparés par surprise. Les 1er  et 3e  bataillons font face aussitôt, se lancent résolument sur l’adversaire et le poursuivent à la baïonnette jusqu’à la cote 423, où ils s’établissent. Les forces allemandes, qui s’élevaient à une brigade (112° et 142e R. I.), avaient terriblement souffert. Outre de nombreux tués, presque tous à la baïonnette, une cinquantaine de prisonniers restèrent entre nos mains.


(b) l'incendie est l'effet de l'action de l'artillerie le 29 août et les morts sont du 26.  
(c) c'est un épisode de la contre offensive allemande des 2 et 3 septembre - mais là, les coloniaux n'étaient pas à la fête et les faits ne collent pas trop non plus. Le seul point commun est que les allemands venaient de Ste Barbe.
 
Je penche donc pour le (a) et vous ?  
 
Adrien  
 

n°394
Yves Thoer
Posté le 22-11-2006 à 16:45:40  profilanswer
 

Bonjour.
 
Dans tout témoignages il y a du vrai et du moins vrai, celui que je fournit est écrit au jour le jour dans un carnet personnel, l'artilleur qui écrit était-il en première ligne avec les coloniaux ?
L'Historique est un document rédigé " sur commande", écrit après les faits.
Je pense que la date ne fait aucun doute, le 29, quand à l'action des coloniaux " Sans avoir à tiré un coup de fusil, sans avoir aucune perte." Ils n'auraient pas dû  s'arrêter avant Berlin.
 
Cordialement.
 
Yves

n°395
zoof
Posté le 23-11-2006 à 00:27:20  profilanswer
 

Bonsoir,  
 
Oui vous avez raison, il y a du vrai et du moins vrai dans tout témoignage et les historiques "enjolivent" souvent. Je voudrais simplement m'assurer de la réalité de faits assez graves et cruels. J'ai le sentiment diffus qu'il s'agit d'une "légende noire" forgée après coup.
 
J'ai aussi trouvé un témoignage direct, d'apres le recit établi à partir du carnet de route de l'aide major Lutaud (21e RI) et de correspondances, le 26 au soir "Les troupes harrassées parviennent sans encombre à Saint Benoit où une grande batisse, à l'entrée de la commune, finit de bruler" (in La Chipotte 1914 par Jean Paul Claudel pages 50-51)
 
Sur la date, je pense de plus en plus que le 26 colle mieux.  Les differents historiques des régiments présents (BCP, RI & RIC) sont assez cohérents pour rapporter que le 26 aout est le jour de la retraite depuis la vallée de la Meurthe (franchie par les allemands à Thiaville le matin vers 5h) en passant par Fagnoux (que les bavarois atteignent vers 13h).  Les francais se replient alors vers St Benoit et Sainte Barbe (évacué suite aux bombardements allemands). On note alors une contre attaque entre 15 et 16h avec le 6e RIC dans les premieres maisons de St Benoit. On lutte alors toute la nuit sur la route vers la Chipotte.  
 
A titre de curiosité, que dit votre artilleur sur le 26 aout ?
 
Quant à la responsabilité, elle n'est pas évidente non plus. Je note dans les carnets du Commandant Perrin (57e BCP sur www.abri-memoire.eu), en page 4 "Les secteurs Saint-Benoît – col de Barémont – le Haut du Bois furent le théâtre de durs corps à corps de courte durée, mitoyens avec  l’infanterie de marine. Les Boches parvinrent à incendier quelques maisons à Saint-Benoît (un P.C., vu les corps calcinés)." Ce serait donc un acte des allemands. Et l''historique du 57e BCP indique bien que le bataillon était le 27 à St Benoit.  
 
Bref, toutes sortes d'histoire sur l'auberge de Saint Benoit, mais on ne sait pas précisement qui l'a brulé.  
 
Adrien
 
 
 

n°397
Eric Mansu​y
Posté le 23-11-2006 à 18:17:10  profilanswer
 

Bonsoir Adrien,
Comme, une fois encore, monsieur Claudel ne cite pas ses sources par une note en bas de page... Le témoignage de l'aide-major Lutaud a été publié dans le tome 1 de l'Histoire de la guerre par les combattants, de Ginisty et Gagneur, aux pages 86 à 94. On le trouve mentionné dans les "sources et références" de Claudel, sans plus.
 
Amicalement,
Eric


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n°403
Yves Thoer
Posté le 24-11-2006 à 22:29:27  profilanswer
 

Bonsoir.
 
Je vous livre un résumé des jours précédents du carnet du 59° RAC.
Deux noms cité pour décès, fiche sur MDH, et les unités d'infanterie peuvent aidés aux recoupements.
 
22/08/1914 : Combat d'Abreschwiller, canon HS.
                   Début de la retraite, passe à l'échelon.
 
23 : Retraite par Badonviller.
 
24 : Combat vers Bertrichamps, décès du Capitaine Gény Joseph.
       Echelon à Raon l'étape.
 
25/26/27 : Reste à L'échelon à Raon. Les combats ont lieu sur la Meurthe.
 
28 : Batterie en position en arrière du105 RI. Le 10 BCP sauve la batterie. Les Allemands traverse la Meurthe à Thiaville. Décès de Lallevé Alexandre.
 
29 : Episode La Chipote-Saint Benoit.
 
Il faut vérifier les dates et les lieux, l'Historique du 10 BCP indique des combats à Sainte Barbe le 25.
 
Cordialement.
 
Yves
 
 

n°404
zoof
Posté le 24-11-2006 à 23:32:17  profilanswer
 

Bonsoir
 
Merci, c'est plus clair tout en l'étant moins en fait.  
 
Pour moi il y a un décalage dans la chronologie, de deux jours au moins à partir du 25. Il a du avoir l'impression que la journée du 25 durait trois jours  !  
 
24 : Combat vers Bertrichamps, décès du Capitaine Gény Joseph.  
 
C'est cohérent, le capitaine Joseph Gény est indiqué comme mort à Neufmaison le 24 sur MDH  
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] =795443603
Bertrichamps se situe sur la Meurthe mais quelques kilometes au sud ouest de Neufmaisons
 
25/26/27 : Reste à L'échelon à Raon. Les combats ont lieu sur la Meurthe.
 
Le 25 c'est indéniable, mais pour moi les combats ont progressé de la vallée de la Meurthe vers les hauteurs (Col de la Chipotte) à partir du 25 à 14/15 heures.
 
28 : Batterie en position en arrière du105 RI.
 
Le 25, le 105 est au nord de Rambervillers, à Domptail, donc éloigné de quelques dizaines de kilometres de Raon et de la Meurthe
cf http://cecile_meunier.club.fr/hist [...] RI-105.pdf
 
Le 10 BCP sauve la batterie.
C'est le 25 que le  109e sauve une batterie à Fagnoux, pres de Raon,  
cf page 7 de l'historique http://cecile_meunier.club.fr/hist [...] RI-109.pdf
Pas de mention d'un tel fait d'arme au 10e BCP
 
Les Allemands traverse la Meurthe à Thiaville.  
ca c'est le 25 au matin  
cf Historique du 21e BCP cf page 3 http://cecile_meunier.club.fr/hist [...] AP-021.pdf
cf historique du 109e précité, page 7 toujours
 
Le décès de Lalevé Alexandre  
C'est le 26 et non le 28, à Doncières, c'est à dire au nord de Rambervillers, ce qui est cohérent avec la localisation de
cf http://193.108.167.105/SrvImg/SrvI [...] 1467054456
 
29 : Episode La Chipotte-Saint Benoit.
Le passage serait donc du 27...
 
Bref, c'est un peu curieux
 
Non ?
 
Adrien

n°405
Yves Thoer
Posté le 25-11-2006 à 06:12:10  profilanswer
 

Bonjour.
 
Effectivement trois jours au même endroit en pleine retraite m'étonne aussi.
Le carnet a été recopié une fois par l'artilleur, pendant sa convalescence, entre mai et octobre 1915. Il porte le tampon d'une institution religieuse de Dreux qui correspond au lieu de convalescence.
Je pense que certain passage ont été écrit de mémoire 1 an après les faits et/ou que l'artilleur n'est pas le témoin direct des faits.
 
Vos remarques me semblent très judicieuses.
 
Cordialement.
 
Yves

n°406
Eric Mansu​y
Posté le 25-11-2006 à 09:02:16  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Merci M. Thoer et Adrien pour ces précisions.
 
Concernant le "sauvetage" de cette batterie du 59e R.A.C. par le 10e B.C.P. ou le 109e R.I., le témoignage (publié en 2002) du caporal Maurice Gay, du 10e, tombé à la Chipotte le 30 août, ne nous éclaire pas, et ce fait n'est pas mentionné. Il reste à explorer, en dehors des historiques et JMO, les autres témoignages concernant le secteur.
 
A suivre, donc...
 
Bien sincèrement,
Eric Mansuy


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n°407
Eric Mansu​y
Posté le 25-11-2006 à 10:32:41  profilanswer
 

Rebonjour,
Nouvel élément troublant, histoire de re-compliquer les choses...
 
Extrait du carnet d'un artilleur du 62e R.A.C., rédigé au moment des faits puisque l'auteur est mort mi-septembre 1914 : "24 août 1914. Nous mettons en batterie à 7 heures au même endroit que la veille. Nous tirons passablement ainsi que les autres régiments d'artillerie ; pour la première fois, j'aperçois l'artillerie prussienne qui essaye d'exécuter une mise en batterie ; nous avons à répondre à une très forte artillerie qui fait beaucoup de ravages. Le 12e a abandonné une batterie ainsi que le 59e. Vers 1 h., nous battons en retraite à St-Benoît-la-Chipotte."
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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n°409
zoof
Posté le 29-11-2006 à 17:43:10  profilanswer
 

Merci Eric Encore plus troublant en effet.
 
L'auberge brulée est elle celle-là?
 
http://www.auburtin.fr/genealogie/images/stbeno77.gif
 
ou un des grands batiment sur la gauche de la route venant de la Chipotte?
 
http://www.auburtin.fr/genealogie/images/stbeno75.gif
 
Par ailleurs, loin des historiques, petite tentative d'explication
 
- Le carnet est recopié et, un an après, un 9 mal écrit devient un 5, ce qui regle le probleme de la distance entre le combat de Thiaville/Fagnoux et la localisation de l'unité citée...
- Reste de dèces à Doncieres
 
Adrien

n°431
zoof
Posté le 04-12-2006 à 17:06:22  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un élément de réponse, rédigé après coup, mais digne de confiance ? L'ouvrage de l'Abbé Collé, curé de Menil (la Bataille de la Mortagne, Librairie Catholique E. Vitte, 1925, pages 27-28) indique à la date du 26 aout:

Citation :

A un moment, le 21e chasseurs est presque débordé. C'est le 21e régiment d'infanterie de Langres qui, dans une charge dont m'a entretenu un jour le colonel, en refoulant les Allemands, a permis à ce vaillant bataillon de se dégager. Une patrouille ennemie s'est égarée et barricadée dans un café, à l'orée de la forêt, à Saint Benoit. Sommée de se rendre, elle refuse et la maison flambe avec ses occupants. Les 17e et 21e régiments d'infanterie vont prendre un repos bien mérité. Il est 16 heures. Les coloniaux du 6e reçoivent l'ordre de s'emparer de la cote 423, nord est du village, et de s'y établir; mais au moment ou les premières unités s'engagent dans cette direction, une ville fusillade éclate, partant des maisons à l'est du village.


 
L'abbé Collé poursuit en indiquant que les allemands sont des soldats appartenant aux 112 et 142e IR du Général Stenger
 
Il s'agirait donc d'une action du 17e ou du 21e RI. Mais je n'ai pas accès aux historiques pour confirmer. Donc, je continue ma quete.
 
Cordialement
 
Adrien

n°432
Eric Mansu​y
Posté le 04-12-2006 à 22:13:50  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Bonsoir Adrien,
 
La localisation de cette maison correspond apparemment à celle donnée par Jean Julien Weber : voyez, plus haut, mon message du 15 octobre dernier.
 
Amicalement,
Eric


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n°488
zoof
Posté le 25-12-2006 à 15:42:36  profilanswer
 

Bonjour tout le monde, bonjour Eric,
 
Encore quelques témoignages contradictoires sur la date (26 ou 27) mais moins sur les faits :
 
Dans le livre sur Saint Benoît (Société Philomatique Vosgienne, Coll. Temps de Guerre, 2006), page 31, sans source :

Citation :

Le 110eme régiment de grenadiers badois est lancé à l'attaque de la cote 451 (421) au nord du village le 27 août et subit de lourdes pertes. Une patrouille, prise au piège par les français dans le débit de boisson Ruyer à Saint Benoit, périt dans les flammes, cernée.


Dans les carnets de Emile Maline, 2e Section, 4eme Compagnie du 20e BCP à la date du 26 août 1914 (in Képis bleus de Lorraine 1914-1916, Carnets de chasseurs à pieds lorrains dans la bataille des frontières et de l'Artois (Société Philomatique Vosgienne, Coll. Temps de Guerre, 2001), page 133:

Citation :

Mais nous apprenons que la route entre la Chipotte et Saint-Benoît vient d’être coupée et que ce village est déjà occupe par les Allemands. Notre flanc gauche est donc serieusement menacé d’être tourné. Le général de division arrive et donne l'ordre de tenir bon. Il vient d’envoyer la brigade coloniale a rattaque de Saint-Benoît.
Quelques instants après parviennent jusqu’à nous les cris feroces que poussent nos braves marsouins en attaquant le village à la baïonnette. En moins de trois quarts d’heure, ils réussissent a reprendre complètement Saint Benoît, dans lequel les Allemands perdent un très grand nombre d’hommes et la communication par la route est retablie.
Dans la deuxième ferme à gauche en venant de la Chipotte, une trentaine de soldats allemands, sous le commandement d’un adjudant, s’etaient installés et, par des créneaux pratiques dans les murs, rendaient difficiles la marche des coloniaux. Ceux-ci purent s’approcher de la ferme par les bois et l’entourer. lls sommèrent alors les Allemands de se rendre. Devant le refus de ces derniers, le feu fut mis à la ferme et six d’entre eux qui essayèrent d’en sortir reçurent des coups de fusil ; ils furent blessés et faits prisonniers. Leurs camarades furent brûlés vifs et quelques instants apres, on ne distinguait plus d’eux qu’un amas d’os et les parties en metal de leurs effets d’habillement et d’équipement et de leurs armes. Leurs cartouches éclataient dans le feu.


 
Difficile de conclure mais je dirais pour résumé
(a) l'incident est probablement du 26 août 1914 entre 15h et 17h
(b) il s'agit d'une patrouille isolée du 110e, 112e ou 142e IR badois
(c) les français sont soit du 21e RI soit du 6e RIC, soit un peu des deux...
 
Et donc, pour répondre à Yves, l'anectode est vérifiée.
 
Joyeux Noel et bonne année à tous
 
Adrien

n°2094
laurent14
Posté le 25-05-2008 à 00:30:38  profilanswer
 

Yves Thoer a écrit :

Bonsoir.
 
Un amis m'a prêté le carnet de guerre de son grand-père, brigadier au 59° RAC.
Il relate une ancedote sur les combat de La Chipotte, je vous la livre :
 
" 29 Août.Nous reculons jusqu’au col de la Chipotte, là après un dur combat, nous arrivons au village dit de St Benoît, les boches se rendent maîtres du village qui est ensuite repris par les marsouins, dans une auberge 80 allemands sont retranchés, les coloniaux entourent la maison, les boches ne voulant pas se rendre les coloniaux mettent le feu et à mesure qu’un boche sort pour se rendre il est fusillé."
 
Cette anecdote est-elle connue et vérifiée.
 
Cordialement.
 
Yves Thoër



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