Bonsoir,
Pour les enfants de paysans français, et tout spécialement savoisiens ou dauphinois, voici une lettre de l'artilleur "amoureux" de Finette qui ne comporte rien de trop scabreux. Il y est question du mariage en temps de guerre qui présente certains inconvénient en temps de guerre. Une veuve aura du mal à se remarier. Je lis ces petits morceaux avec l'accent qui me reste. Mais j'ai la grande chance d'avoir un cousin parfaitement patoisan.
A ce sujet... les vendanges sur le château de Chignin commencent.
Le 16 septembre 1917
Ma bien aimée,
Je fais vite une petite réponse à mon arrivée que voilà trois ou quatre jours que je n’ai pas pu moins faire de t’écrire. On a encore changé et on est près du front en ce moment. On est bien logé mais j’aurai bien préféré rester où on était à pleins champs, on était beaucoup en arrière, on était cependant dans la boue mais pas au risque, au moins le jour. Enfin. Puisque il y a rien à faire il faut faire ce qu’on nous dit. Enfin. Maintenant tu me dis que tes parents veulent pas que tu te maries en temps de guerre. Ça c’est vrai peut-être. D’un côté ils ont un peu peut-être raison mais on a long temps tous les deux, on doit savoir ce qu’on fait. Mais tes parents c’est vrai qu’ils ne se doutent pas tout ce qu’on a fait déjà ensemble. Enfin. Ils reviendront bien à toi quand ils verront que tout va bien. Enfin. Je vas en parler à mon chef, le combien du mois il peut me faire partir, alors je te le dirai de suite que je le saurai, c’est comme tu me dis, si c’est pas pour en profiter dès les premiers jours. Maintenant je vas en profiter d’envoyer à mes parents comme tu me dis. A présent tu m’excuseras de mon retard que je n’ai pas pu te faire réponse à une lettre et une carte et donc celle que je te fais réponse aujourd’hui. Maintenant je termine en t’embrassant bien fort, il faut que je parte encore de suite. On est jamais tranquille dans ce chantier. Enfin. Je suis en bonne santé et je désire ardemment que ma lettre te trouve de même. Ton Sylvain qui t’aime
Bien cordialement et toujours passionné par cette correspondance amoureuse.
Jean-Claude
Message édité par Jean-Claude Poncet le 22-09-2007 à 22:35:32