Bonjour à tous,
la vidéo a été tournée à l'intérieur de Froideterre.
maintenant en ce qui concerne ces fameuses appellations, c'est assez compliqué!
Avant la crise de l'obus torpille, le terme d'ouvrage est plus approprié à de la fortification de campagne ou légère, voir à des petits forts d'infanterie.
Pour la fortification permanente, pour les gros, on parle de fort, ensuite il y a des batteries, ouvrages qui sont annexés aux forts.
Cependant, c'est là où ça se complique, en effet, vous trouverez sur le cartouche au dessus de l'entrée d'un fort, gros ou petit, l'appellation "batterie", "réduit", "redoute". Rien n'est plus trompeur, car le fort qui possède ce genre d'appellation, n'a pas été forcément construit à l'emplacement d'une ancienne redoute, batterie ou réduit, cependant, il existe des cas ou effectivement, il y a eu des forts sur d'anciens emplacements, mais si vous prenez l'exemple de Belfort, avec la redoute des Perches, qui a résistée à l'envahisseur durant le conflit de 1870, eh bien sur cette butte, a été construit deux forts qui portent bien le nom de "fort".
A Epinal, le fort du Tiéha, est entouré de trois batteries satellites, Mle 1874, dénommée, batterie B, C et D, le fort possède sur son cartouche cette mention "Batteries du Tiéha, réduit", ce fort est nommé sur les cartes "réduit A", mais nous sommes en face d'un fort d'artillerie.
certains forts sont appelés "redoute" ou encore "poste", ces appellations existent dans le glossaire de la fortification.
Voilà un peu dégrossis, ce fameux méli-mélo d'appellations que Philippe Truttmann, lorsqu'on lui posait la question répondait par "c'est un caprice administratif de l'époque", je pense qu'il était dans le vrai !
Après la crise de l'obus torpille, le terme d'ouvrage va s'appliqué systématiquement à des forts modernisés ou construit en béton, je citerai pour Belfort, l'ouvrage de Chèvremont, du Fougerais, Epinal avec l'ouvrage de Deyvillers, Toul avec l'ouvrage du Chanot, l'ouvrage de la Cloche, Verdun avec l'ouvrage de Déramé, l'ouvrage de Froideterre, Dunkerque avec l'ouvrage Ouest et de petite Synthe.
cependant, Vacherauville, ouvrage moderne est appelé fort.
Je pense qu'il faut s'en tenir à l'appellation exact du lieu, telle qu'elle est donné par les militaires à l'époque et ne pas transformé comme certains le font, tous les ouvrages en fort, un abri de combat Mle 1913 à Epinal est nommé "fort de Deyvillers", combien d'abris, magasins à poudre, batteries annexes ou autres, sont appelés "fort".
Un autre problème survient également, c'est l'appellation "Boulanger", le ministre de la guerre Boulanger a lancé un décret en 1887 sur la nouvelle appellation a adoptée pour les ouvrages de fortification et les casernes.
On sait, que toutes casernes portent un nom, c'est un nom "Boulanger", les forts, batteries vont également recevoir un nom de baptême, pour exemple, le fort de Douaumont, puisqu'on en parle, devait s'appeler "Gérard", Certains forts verront même leur cartouche modifié ainsi, exemple à Belfort, Fort Ordener, ancien fort du Vezelois. Mais ce décret ne dura à peine une année et le ministre de la guerre suivant, le général Ferron abrogea ce décret, seules, les casernes continuèrent à être baptisées. Un nouveau décret, demanda à ce que les forts et batteries reprennent leurs noms d'origine, cependant, on voit un peut partout, des associations qui reprennent ces noms Boulanger, c'est là où je ne suis pas d'accord, car cela a pour effet de compliquer encore les choses, imaginez un peu "fort Gérard" à Verdun !
Donc ces appellations "Boulanger" doivent être abandonnées, comme l'ont fait les militaires à l'époque, cependant, il est malgré tout intéressant de les mentionner pour la forme lors de visites guidées.
Il est normal également que les ouvrages cosntruits à partir de 1887 ne possèdent pas d'appellation dite "Boulanger", c'est le cas notamment à Verdun pour Froideterre.
Il faut tenir compte également qu'avant la construction d'ouvrages, le génie militaire s'est employé à utiliser des noms locaux, j'ai retrouvé par exemple, pour le fort de Chäteau-Lambert, l'appellation 'fort de la Tête de l'Ours" qui figure dans certains papiers militaires avant sa construction, mais dès que celui-ci fut construit, il prit immédiatement l'appellation "fort de Château-Lambert", autre exemple, vous connaissez tous le "fort du Parmont", à Remiremont, eh bien son vzritable nom est "fort de Remiremont", cette appellation "Parmont" lui a été attribuée bien après sa construction, déjà par des militaires en 1879, puis par les habitants de la région et ce nom est resté lié au fort.
Ce qui me gêne encore plus, c'est ce terme de "fort" que l'on donne à des ouvrages Maginot, en effet pour cette ligne, seuls, sont admis les termes "P.O" petit ouvrage et "G.O" gros ouvrage, hors, il s'avère depuis quelques années, ces ouvrages sont appelés fort, exemple le P.O de Rohrbach que l'on nomme "fort Casso", ce terme n'a rien de militaire, il a été donné à l'ouvrage suite au décès en 1940 du "lieutenant Casso" appartenant à l'équipage, autre exemple, à Fermont au dessus de verdun, là encore, appellation erronée, "fort de Fermont", alors que cela devrait être "gros ouvrage de Fermont", etc, etc....
Il est impératif, afin que dans les années futures, ce ne soit pas un bordel organisé, que tous le monde s'en tiennent aux appellations données à la construction de ces forts et ouvrages, et non d'aller chercher une appellation "pour faire bien"!
Amicalement
Florian
Message édité par TURPINITE le 23-06-2008 à 09:26:34
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S'ensevelir sous les ruines du fort, plutôt que de se rendre!