Bonsoir,
Le scénario accompagné de nombreuses photographies tirées du film de Léon Poirier "Soeurs d'armes" est paru en 1937.
En voici la présentation :
En voici une photographie de nos deux héroïnes (les actrices) :
Et pour terminer, le début de cet ouvrage :
Léon POIRIER
SŒURS D’ARMES:
Épisodes inspirées par l’héroïsme de Louise de BETTIGNIES, de Léonie VANHOUTTE et de toutes les femmes admirables des pays envahis
1914-1918
Photographies du film
TOURS
MAISON MAME
Agence à Paris, 6, rue Madame, VIe.
PRÉAMBULE
Lorsque l’incertitude des temps et la médiocrité quotidienne donnent aux Français la tentation de douter d’eux-mêmes, il leur suffit de tourner les pages de leur Histoire pour y trouver dans la grandeur d’âme des héros une raison de croire à la valeur de la race.
A Lille, parmi le mouvement de la cité industrielle il est un lieu calme comme le souvenir, où des mains pieuses ont confié à la pierre un nom qui ne doit pas disparaître, et sur un monument simple comme un ex-voto on peut lire :
LOUISE DE BETTIGNIES
ET AUX FEMMES HÉROÏQUES DES PAYS ENVAHIS
LA FRANCE RECONNAISSANTE
1914-1918 :
Louise de BETTIGNIES était de très ancienne noblesse wallonne. Une mère chrétienne l’éleva dans la Foi et l’Amour de la Patrie.
En 1914, elle se trouvait au foyer d’une famille aristocratique de Westphalie pour y perfectionner sa connaissance de la langue allemande. Quelques jours avant la déclaration de guerre, elle revint précipitamment en France, mais, devancée par les événements, se trouva isolée dans les pays envahis tandis que sa famille avait pu échapper à l’invasion.
Louise de BETTIGNIES résolut d’utiliser cette situation pour servir.
Traversant audacieusement la frontière hollandaise, elle gagna l’Angleterre, puis la France libre, entra en contact avec l’état-major du maréchal French installé à Saint-Omer et, ayant reçu de sa mère l’autorisation de faire le sacrifice de sa vie, elle regagna par le même itinéraire les régions occupées par l’armée allemande pour y réaliser son plan.
Elle organisa alors entre Lille, Tourcoing, Mouscron, Tournai, Bruxelles, Gand, Bouchaute, Flessingue, Amsterdam, Folkestone, un service secret non d’espionnage, mais de « courrier militaire », dont elle fut le chef bénévole sous le pseudonyme d’Alice DUBOIS.
Rayonnante d’héroïsme et d’audace, bravant tous les dangers, traversant elle-même quinze fois la frontière en huit mois, Louise de BETTIGNIES réunit autour d’elle une admirable phalange grâce à laquelle les renseignements recueillis par les agents de l’Intelligence Service sur les mouvements, les effectifs, les projets de l’ennemi purent parvenir régulièrement à l’état-major anglais, lui permettant de parer des coups qui, imprévus, auraient été définitifs.
Les courriers, écrits sur de minuscules feuilles de papier japon, cousus dans les vêtements, dissimulés dans les talons de souliers, les poignées de valises, circulaient à travers un réseau invisible et insaisissable malgré la surveillance minutieuse de la police allemande.
Soixante-quatre personnes, françaises et belges, en majeure partie des femmes, composaient le « service » d’Alice DUBOIS. Soixante-quatre personnes de conditions sociales les plus diverses, mais unies dans l’enthousiasme d’une magnifique fraternité. Un des plus actifs agents d’exécution de Louise de BETTIGNIES se trouva être une toute jeune Roubaisienne, simple enfant d’honnêtes travailleurs : Léonie VANHOUTTE.
Ainsi la patricienne et la plébéienne qui se seraient pour le moins ignorées au temps médiocre de la vie présente furent, dans ces moments héroïques, des "Soeurs d’armes" au service de la Patrie.
DANS CETTE ÉVOCATION D’UNE ÉPOQUE DONT CERTAINS HÉROS VIVENT ENCORE, BIEN QUE DÉJA LÉGENDAIRES, L’EXACTITUDE DES VISAGES COMPTE PEU, SEULE IMPORTE LA RESSEMBLANCE DES AMES QUI, SOULEVÉES PAR L’HÉROÏSME AU-DESSUS DES « BARRIÈRES DE CLASSES «
AU LIEU DE SE HAÎR APPRENAIENT A S’AIMER.
CE FILM A ÉTÉ RÉALISÉ D’APRÈS LE LIVRE
D’ANTOINE REDIER LA GUERRE DES FEMMES
(Éditions de la Vraie France et de la Maison Mame)
AINSI QUE LES TÉMOIGNAGES DIRECTS ET LES FAITS HISTORIQUES
CEUX-CI ONT ÉTÉ RECONSTITUÉS SUR LES LIEUX MÊMES OÙ ILS SE SONT DÉROULÉS
L’héroïque figure de Louise de BETTIGNIES a été évoquée à l’écran par Mlle Jeanne SULLY, sociétaire de la Comédie-Française ;
celle de Léonie VANHOUTTE par Mlle Josette DAY
PREMIÈRE ÉPOQUE
SERVIR
1915. - Devant la porte d’une Kommandantur installée dans une maison de Lille, une jeune fille d’allure modeste attend sous le regard méfiant de la sentinelle allemande. Elle semble timide et bien inoffensive ; les lunettes dont son nez est chaussé achèvent de donner à son frais visage une expression sérieuse et réservée : c’est Léonie Vanhoutte.
Soudain, sortant des bureaux de la Kommandantur, voici une seconde silhouette féminine, élégante celle-ci, à la démarche vive, à l’allure impérieuse : c’est Louise de Bettignies.
Un signe de tête imperceptible, et Léonie Vanhoutte suit docilement son « chef », puis marche à ses côtés pour entendre ces mots à peine murmurés :
- Ça n’a pas marché.
Des explications plus détaillées compléteraient certainement cette nouvelle qui paraît être fâcheuse, si un bruit de moteur n’arrêtait la conversation.
Un soldat allemand en motocyclette arrive à toute allure dans la cour de la Kommandantur. Il précède de peu une puissante automobile Mercédès.
Cordialement,
JCP.
Message édité par Jean-Claude Poncet le 31-01-2007 à 16:55:03