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Forum Pages d'Histoire : zephyr joyeux, 1 utilisateur anonyme et 36 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

Historiens: Fusillés de la Première Guerre

n°122612
hpl
HPL
Posté le 20-07-2017 à 16:45:40  profilanswer
 

Bonjour  
Je suis un journaliste. Je travaille sur un article sur les fusillés de la Première Guerre.  
 
Je voulais savoir si vous aviez de suggestions des historiens experts dans ce sujet.  
 
Je travaille sur des cas spécifiques de fusillés.
 
Merci beaucoup ! Hugo


---------------
HPL
n°122622
christophe​ lagrange
Posté le 21-07-2017 à 18:34:18  profilanswer
 

Bonjour,
 
Une recherche via un moteur avec " fusillés 1418 historiens " vous offrira un certain nombre de réponses.
A. Bach (décédé récemment), N Offenstadt, A. Loez par exemple, R Cazal, G. Manceron...
Pardon d'en oublier
 
En parcourant le forum vous trouverez d'autres noms.
N'oubliez pas de consulter les travaux du Prisme 1418
http://prisme1418.blogspot.fr/
Cordialement
Christophe


Message édité par christophe lagrange le 21-07-2017 à 18:35:21

---------------
Les Blogs :
http://147ri.canalblog.com/ http://347ri.canalblog.com/ http://409ri.canalblog.com/ http://5gc29bcp.canalblog.com/
n°122672
garigliano​1
Posté le 27-07-2017 à 12:27:00  profilanswer
 

Bonjour,
 
Mes suggestions sont les suivantes:
 
-travailler sur des cas non connus du "grand public" pour diversifier la connaissance des condamnés à mort/fusillés même en prenant des militaires graciés  
 
-ne pas oublier de placer la présentation d'un cas de condamné à mort/fusillé dans le cadre de l'évolution de la justice militaire ( voir le graphique à la fin de cet article http://prisme1418.blogspot.fr/2014 [...] ns-la.html )
 
-bien prendre en compte certains articles du code de justice militaire comme le 156, 263, 467 ou le rôle de l'OPJ (art 83 à 98)
 
-ne jamais oublier certains points comme ces propos du rapporteur de la loi de 1875 : l’instruction pourra être aussi sommaire qu’on le jugera convenable et les formalités ordinaires seront remplies que si on a le temps de les appliquer  

 
Cordialement
 
yves membre du Prisme 14/18
 
http://prisme1418.blogspot.fr/
 
 
 

n°122684
christophe​ lagrange
Posté le 28-07-2017 à 10:46:23  profilanswer
 

Bonjour,
 

Citation :


-ne jamais oublier certains points comme ces propos du rapporteur de la loi de 1875 : l’instruction pourra être aussi sommaire qu’on le jugera convenable et les formalités ordinaires seront remplies que si on a le temps de les appliquer  


Cela fait froid dans le dos, mais permet de mieux comprendre le sentiment de sécheresse de certains dossiers de fusillés que j'ai eu à consulter.
Merci pour ces rappels.
 
Cordialement
Christophe


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Les Blogs :
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n°122685
garigliano​1
Posté le 28-07-2017 à 16:23:07  profilanswer
 

Bonjour,
 
 
Cela fait froid dans le dos

C'est tout à fait vrai mais il faut se remettre dans le contexte du rapporteur de cette loi de mai 1875 :
- la France sort d'un contexte interne compliqué et d'une guerre perdue (avec les pertes de territoire que l'on connait) où l'application du code de justice de 1857 en temps de guerre s'est avéré pratiquement impossible d'où la modification de 1875
 
Cordialement
 
yves  
http://prisme1418.blogspot.fr/

n°122770
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 04-08-2017 à 23:02:59  profilanswer
 

.  
   Bonsoir,

garigliano1 a écrit :

Mes suggestions sont les suivantes : [...]

  Ajouter :
   
   — Distinguer scrupuleusement les condamnations à la peine capitale prononcées à raison de la commission de crimes de droit commun, prévus et réprimés par des dispositions alors en vigueur du Code pénal, de celles motivées par des crimes spéciaux, prévus et réprimés par des dispositions du Code de justice militaire.


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°122814
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 09-08-2017 à 18:57:27  profilanswer
 

.
   Bonsoir à tous,
 
 
   Exemple de condamnation à la peine capitale à raison de faits punis et réprimés par les seules dispositions du Code pénal :
 
   — LION Louis Marius Joseph, du 136e Régiment d’infanterie.  
 
   Tentative de meurtre ; tentative de vol qualifié ; meurtre ayant été précédé, accompagné ou suivi un autre crime ; extorsion de fonds ou de valeurs à l’aide de menaces verbales.


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
n°122815
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 11-08-2017 à 08:39:26  profilanswer
 

Bonjour,
 
Sans oublier de citer cette citation de Clémenceau qui -peut-être- résume le mieux la justice militaire aux yeux du grand public:
 
"La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique"
 
Désolé.

n°122826
Uschen
Posté le 12-08-2017 à 17:54:27  profilanswer
 

bonsoir à tous
Un cas traité par la médiathèque d'Arcueil
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6305/ERNSTfusillepourlexemple001.jpg


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Uschen67
n°122827
garigliano​1
Posté le 12-08-2017 à 19:42:32  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Malgré la bonne volonté de cet atelier de généalogie, ce n'est pas la bonne manière expliquer un cas de fusillé.  
 
En aucun moment, il est expliqué si ce militaire avait ou n'avait pas droit au recours en révision, au recours en grâce, aux circonstances atténuantes, à la désignation de son avocat, etc..... Il est fait référence à l'avis du livre de Frédéric Mathieu sur ce cas. Compte tenu de la relative "minceur" de la partie explicative du fonctionnement de la justice militaire et des manques du livre , est-ce bien judicieux, sans présumer de l’innocence ou de la culpabilité de ce militaire, de s'y référer ?.
 
De même, évoquer Barbusse qui parle des 250 militaires massacrés sans jugement par l'armée française en 1917 alors qu'on n' a aucune trace de ces évènements, déforme la réalité. Nous savons pertinemment que les 80 "sommaires" connus sont certainement sous-évalués, mais 250 en 1917 relève d'une forme de décimation "romaine" dont nous n'avons aucune trace. L'année 1917 compte 656 condamnés à mort dans la zone des armées (sans prendre en compte les contumaces) ce qui est beaucoup plus que les années précédentes mais en définitive le nombre de fusillés est en nette diminution.
 
Par ailleurs, sans présumé de l'innocence ou de la culpabilité de ce militaire, la mairie n'avait pas le droit ( depuis la dernière loi de 2012) d'inscrire ce militaire sur le MAM, la qualité de MPLF étant désormais obligatoire
 
En conclusion, si pour le grand public le récit de ce cas semble bien fait, tous ces oublis ou déformations n'ont certainement pas pu aux participants de cet atelier de généalogie d'avoir une vision objective de ces évènements.
 
Hugo qui a formulé la demande de suggestions pour un article pourrait-il nous indiquer dans quel journal et quand l'article sortira-t-il ?
 
Cordialement
 
yves    
 
http://prisme1418.blogspot.fr/

n°122829
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 13-08-2017 à 09:37:17  profilanswer
 

Bonjour,

 

Dans l'affaire Eugène BOURET, il est dit que le prix des balles a été retenu sur la première pension de veuve de guerre de son épouse. Est-ce vrai ? C'est dans ce docuTV : http://france3-regions.francetvinf [...] 00331.html

 

"...la réhabilitation d'Eugène Bouret est validée par la Cour de Cassation. Mais en 1921, Eugénie Bouret aura la surprise de voir le prix des balles et du poteau d'exécution retenus sur sa première pension de veuve de guerre".

 


Je n'ai pas souvenir d'avoir lu cette anecdote marquante dans cet ouvrage (en photo ci-dessous) consacré à ce fusillé :
http://www.cairn.info/vign_rev/AUTRE_MEMO/AUTRE_CALLA_2008_01_L204.jpg


Message édité par monte-au-creneau le 13-08-2017 à 09:38:58

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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)
n°122848
garigliano​1
Posté le 17-08-2017 à 11:22:46  profilanswer
 

Bonjour,
 
Dans l'affaire Eugène BOURET, il est dit que le prix des balles a été retenu sur la première pension de veuve de guerre de son épouse. Est-ce vrai ?
 
Pour vérifier cette information, il faudrait avoir accès aux documents personnels de la famille. Un des intérêts de la grande collecte 14/18, c'est la possibilité de retrouver de tels documents.
 
Je n'ai jamais lu une telle chose dans les dossiers  
 
Cordialement
 
yves
 

n°122849
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 17-08-2017 à 12:41:15  profilanswer
 

Bonjour et merci de ce début de réponse dont je commençais à désespérer de la venue.
 
Le risque est toujours de trangresser la réalité pour faire du sensonnialisme et attirer l'attention du lecteur (ou de l'auditeur/téléspectateur, youtubeur, etc)
 
Nul doute que dire que "le prix des balles et du peloton d'exécution a été retenu sur sa pension de veuve de guerre d'un "mort pour la France" : c'est marquant ! Marquant par l'horreur d'un tel fait !
 
Le livre (en photo ci dessus) est très bien documenté et a reçu une très bonne critique de André Bach (qui l'a préfacé). Ce fait n'est pas confirmé par le livre. Je me vois mal, personnellement, trouver plus que les auteurs. Ceci dit, je ne dis pas que c'est faux.
 
Voici ce qui est dit page 178, chapitre "épilogue" :
 
"... à la fin de l'année 1917, Eugénie Bourret touche enfin sa pension de veuve... Son nom figure sur un registre de pension, où il est indiqué qu'elle a perçu, le 5 février 1918, 908 francs. Source : SM 1529, archives départementales  de la Côte d'Or".
 
Nota : Egène Bouret, encore un poilu qui a beaucoup voyagé dans sa mort : Enterré une première fois à Vanémont après avoir été fusillé. Il est transféré en cimetière militaire de Saulcy-sur-Meurthe le 18 avril 1921, puis exhumé à nouveau le 29 octobre 1921 pour être ré-ihumé à Dijon le 1er novembre 1921.

n°122863
air339
Posté le 18-08-2017 à 09:48:48  profilanswer
 

Bonjour,
 
 
En 1914, le fait de condamner aux frais de justice est habituel et fait partie du jugement, par application de l'article 139 du code de Justice Militaire, et ceci n'est pas propre à cette juridiction d'exception.
 
Dans le jugement concernant Eugène Bourret,  les 3 condamnés de la session sont déclarés solidaires de la somme de 36fr 75.
Cette condamnation est faite sous couvert de la République dont " ( ) le Président de la République mande et ordonne à tous huissiers sur ce requis de mettre ledit jugement à exécution ( )".
Dans le jugement de Pevy, les frais pour chaque condamné s'élèvent 12fr 50.
 
Mais la retenue sur la pension est peu probable pour plusieurs raisons d'ordre juridique :
 
- Une dette n'est pas héréditaire, ce qui est réaffirmé dans le jugement du Conseil de guerre. La somme est à prélever sur "les biens présents et à venir du condamné ". La pension est un bien propre de l'ayant-droit.
- La réhabilitation d'Eugène Bourret entraine l'annulation de cette dette. L'obtention de la pension serait d'ailleurs incompatible avec un statut de " non mort pour la France".
 
 
Ma suggestion pour une approche de la question serait de faire appel à des juristes en droit comparé, celui d'aujourd'hui et celui de l'etat de guerre. Pour avoir fréquenté la fac d'Assas - pas exactement de gauche - j'ai le souvenir de critiques sévères d'un droit non-professionnel et sans jurisprudence, et la phrase de Clemenceau était citée.  
On peut difficilement affirmer, pour dédouaner les conseils de guerre, qu'ils aient rendu en matière pénale les mêmes jugements que l'aurait fait une cour d'assises, car on ne peut assimiler l'équité d'un procès civile en droit commun avec celui d'une juridiction d'exception : le droit commun juge d'un désordre social, la justice militaire ajoute le trouble au prestige de l'institution. Un procès prend le temps nécessaire de l'instruction, à charge et à décharge, l'inculpé bénéficie d'un avocat professionnel et d'un jury populaire en matière criminelle. Dans le cadre de la justice militaire, pour une affaire de droit commun, rien de tout cela, et les conseils de guerre de Région se verront rappeler à l'ordre, jugeant des affaires ne relevant pas de leurs compétences.  
 
 
Cordialement,
 
Régis


Message édité par air339 le 18-08-2017 à 09:54:07
n°122883
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 18-08-2017 à 17:30:09  profilanswer
 

Merci air339, mais votre texte dépasse mon intellect et ma compréhension sur le fonctionnement de cette justice, sur tous ces textes législatifs et autre CJM, arme des puissants contre tous ces pauvres bougres PCDF !
 
Moi, ce que je voulais juste savoir, c'est si oui ou non, on a fait payer les frais du peloton d'éxécution à la veuve de guerre, veuve de son mari réhabilité et "mort pour la France". (ou par extension les frais de justice du procès). C'est ce que France3 nous raconte.
 
-Si c'est faux, alors je peste contre France3 et sa série "histoire de 14-14" qui cherche le fait saillant pour nous tirer un flot lacrymal, au détriment de la vérité.
 
-Si c'est vrai, alors je peste contre le livre qui ne mentionne pas ce fait qui est vraiment révoltant. Et contre cette abjection de cette justice miltaire ! Mais je n'ai pas relu tout le livre.
 
Et cela nous ramène au premier message de l'auteur du sujet qui demande des suggestions de journaliste : "ne pas rechercher le fait saillant au détriment d'un rigoureux travail historique" (A.Bach).
 
NOTA: j'ai parcouru les archives en ligne de la Cote-d'Or sans rien trouver.
 
Et donc, saurai-je un jour la vérité ?


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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)

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