Sites et vestiges de la Grande Guerre : machault et 15 utilisateurs inconnus

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149e RI

n°47158
denis33
Posté le 05-01-2008 à 14:47:24  profilanswer
 

Bonjour à tous et à toutes. Après pas mal d'hésitation et sur les sages conseils de Stéphan, je me lance dans la grande aventure pour vous rejoindre... l'informatique n'étant pas mon fort. Mais il y a un début à tout.
Faisant une recherche sur le 149e RI, plus particulièrement sur la période de son séjour en Belgique en novembre 1914. J'ai bien du mal à localiser le parcours du 2e bataillon ( la 6e compagnie) de ce régiment qui a combattu avec deux bataillons du 90e RI, un du 122e RI et un du 81e RI dans ce secteur. Je n'ai aucunes cartes du secteur occupé par ces troupes du côté de Verbranden-Molen. (Château de Hollebeke, ferme Blauwe-poort, ferme Lagache, ferme Lankhof...) Je recherche également des photos sur ce régiment pour la période de août à fin novembre 1914
Le JMO du 149e RI existant plus pour cette période,  il en est de  même pour le 158e RI qui formait brigade avec lui. Les historiques de ces régiments étant très peu volubile sur le sujet. Le livre de Henri René "Jours de gloire, jours de misère... traitant du 3e bataillon... Par avance, je remercie ceux et celles qui pourraient compléter mes informations.
Bien cordialement.

Message cité 1 fois
Message édité par denis33 le 07-11-2016 à 21:41:55

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Mon blog sur le 149e RI
n°47171
Stephan @g​osto
Posté le 05-01-2008 à 20:09:13  profilanswer
 

Bonsoir Denis,  
 
Bienvenue, et heureux de vous retrouver ici !  ;)  
Vu que le 90e R.I. était dans les parages, je pense que Jérôme saura très certainement vous renseigner !
 
Amicalement,
 
Stéphan


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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : Le "Canard du Boyau - Nouvelle série" est dans les kiosques !
n°47176
Charraud J​erome
Posté le 05-01-2008 à 20:50:25  profilanswer
 

Bonsoir

Stephan @gosto a écrit :


Vu que le 90e R.I. était dans les parages, je pense que Jérôme saura très certainement vous renseigner !


 
Ho là, doucement Stephan. Après cela je ne peux que décevoir.
 
Il s'agit là d'une période assez bizarre. Les déplacements des unités sont incessant. Les unités était dispatchée par monts et par vaux.
Je suis actuellement en train de travailler sur cette période. Je passe, moi aussi, mon temps à chercher des cartes et surtout à essayer de comprendre
Le 149e (donc la 43e DI) est resté sur le secteur du 1er novembre au 6 décembre. Il a d'ailleurs été rattaché au 9e CA du 16/11 au 06/12.
Je n'ai que des cartes générales du secteur Ypres.
Voici la situation le 1er novembre 1914:
http://perso.orange.fr/charraudlepin/Ypres/Ypres_19141101.jpg
 
Devant Hollebeke, se trouvait le détachement Moussy, rattaché à l'armée anglaise:
 
9e Corps d'Armée - Etat major  
Ypres 30 octobre 22h30  
Ordre particulier aux généraux commandant les 17e et 31e divisions d'infanterie  
 
Par ordre du commandant de l'armée, il sera formé demain, 31 octobre, sous les ordres du général Mousy, un détachement comprenant cinq bataillons, trois batteries, six escadrons, pour être mis à disposition du 1er corps anglais. Ce détachement sera constituer ainsi qu'il suit:  
1) Détachement Payerne (2 bataillons du 68e, un bataillon du 268e (1) ), déjà à disposition du 1er corps anglais;  
2) Un bataillon du 68e et un bataillon du 268e, à relever cette nuit par la 31e division;  
3) Une brigade de la 6e division de cavalerie, dèjà à la disposition du 1er corps anglais  
4) Un groupe d'artillerie de corps pris parmi ceux de la 31e division.  
Le général Moussy viendra de suite à Ypres (Hôtel de ville) prendre les instructions du général commandant le 1er corps anglais.  
La relève des bataillons du 68e et du 268e sera faite par deux bataillons de la 31e division, après entente entre les deux généraux de division.  
Ces différents éléments seront mis en route de manière à se trouver à Zillebeke à 6 heures. Itinéraire: Saint-Jean, Potize, halte de Zillebeke  
Général Dubois.  
 
(1) En réalité, pour des raisons de relève intérieure, ce furent deux bataillons du 90e qui firent partie du détachement Moussy. De ce fait, trois régiments se trouvaient disloqués.
 
 
Sources texte et carte: Deux ans de commandement - Général Dubois  
 
A noter que le 149e n'est pas encore dans le secteur, donc n'est pas mentionné.
 
Concernant ce secteur, je fais donc appel à la 2ème section du 90e RI, à savoir celle de Louis Cazaubon et de son arrière grand oncle Louis Baudiment:
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] htm#t32370
 
 
Voici l'unité qui était en face à Hollebeke:
http://www.bnv-bamberg.de/home/ba3434/F_WW1.htm
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 05-01-2008 à 20:51:49

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n°47178
denis33
Posté le 05-01-2008 à 21:17:18  profilanswer
 

Un très très grand merci pour ces premières informations. Il semble donc difficile de trouver des cartes de ce secteur pour l'année 1914. La plupart des témoignages du 90e RI (Norton Cru et autres...) ne sont... pas de la période correspondante, ou du bataillon correspondant...
Il est vrai comme le confirme Jérome Charraud que les unités étaient toutes mélangées pendant des périodes très courtes.
Exemple pour le 149e RI à la période de novembre: Le 1er bataillon est resté quelques jours de plus dans le secteur de Notre-Dame-de-Lorette, pendant que les 2 autres partaient pour la Belgique. Le 2e bataillon proche du 53e RI puis d'un bataillon du 81e RI et de deux bataillons du 90e RI était rattaché au 16e CA.
 Le 3e bataillon (avec une 9e compagnie en moins) était proche du 3e BCP et autres bataillons de chasseurs.
Encore merci pour tout.
Bien cordialement.
Denis


Message édité par denis33 le 07-11-2016 à 21:44:28

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n°47179
Charraud J​erome
Posté le 05-01-2008 à 21:25:05  profilanswer
 

Bonsoir
Je vais relire le témoignage du lieutenant CARPENTIER. Il me semble qu'il est dans le coin pour cette période.
 
J'ai une carte issue du livre "Un hiver oublié" de Aleks Deseyne qui donne la position de la 43e DI. Je fais chauffer le scanner et je reviens.
 
Cordialement
Jérôme Charraud

Message cité 1 fois
Message édité par Charraud Jerome le 05-01-2008 à 21:25:13

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n°47181
Charraud J​erome
Posté le 05-01-2008 à 21:48:38  profilanswer
 

Charraud Jerome a écrit :

Bonsoir
Je vais relire le témoignage du lieutenant CARPENTIER. Il me semble qu'il est dans le coin pour cette période.
 
J'ai une carte issue du livre "Un hiver oublié" de Aleks Deseyne qui donne la position de la 43e DI. Je fais chauffer le scanner et je reviens.
 
Cordialement
Jérôme Charraud


 
 
Voici la carte issue de l'ouvrage "De Vergeten winter" d'Aleks deseyne. Elle datée du 20/11/1914.
http://images3.hiboox.com/images/0108/x2d32vt8.jpg
 
Pas de chance, le lieutenant Carpentier n'était pas présent à Zillebeke et Hollebeke. Il était resté plus au nord.
 
Cordialement
Jérôme Charraud


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n°47182
denis33
Posté le 05-01-2008 à 22:00:36  profilanswer
 

Merci Jérôme pour toutes ces informations.
Cordialement.
Denis


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n°47184
Charraud J​erome
Posté le 06-01-2008 à 00:07:00  profilanswer
 

denis33 a écrit :

Merci Jérôme pour toutes ces informations.
Cordialement.
Denis


 
Bonsoir
Je me souvenais bien d'avoir eu vu une photo du 149e:
 
Pendant une période de repos du 149e à Berck:
 
http://www.entraide-genealogique.net/~uniformes/fabre/file1.jpg
 
Allez voir ici et contactez Gérard Fabre
http://www.entraide-genealogique.o [...] actes.php3
 
J'avais contacté Gérard Fabre à l'époque de la parution de sa photo. J'ai perdu les mails de l'époque (Disque Dur HS), mais il se souvient peut-être de moi.
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 06-01-2008 à 00:08:12

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n°47186
Alain ORRI​ERE
Posté le 06-01-2008 à 06:32:00  profilanswer
 

Bonjour Denis
Je n'ai que peu d'elements ,mais les voici
jmo de la 85brigade(merci Alain et Thierry)
1novembre
le 158 part d'Aix noulette pour venir a Bouvigny pret a etre embarqué, y arrive a 16h
2novembre
a 1h arrive l'ordre d'embarqué a partir de 2h30;L'embarquement ne commence que vers 5h en trois fractions de 1000hommes qui sont transportés par l'itineraire BETHUNE  ST VENANT  HAZEBROOCK HENWORDE  POPERINGE  a RENINGHELOT ou par suite du mauvais etat des routes et de l'emconbrement, le debarquement ne s'opère qu'après 12h;Les T.R et T.C sont dirigés sur BAILLEUL.Dès l'arrivée la brigade est dirigée sur HALLEBOST en reserve d'armée; La brigade est au cantonement bivouac autour du carrefour de la route de DEKEBUCH.
(ortographe a rectifier pour le nom des villages,je ne dechiffre pas très bien)
Je vous souhaite une bonne journée
ORIERE Alain

n°47187
denis33
Posté le 06-01-2008 à 08:40:48  profilanswer
 

Bonjour à tous et à toutes. Merci beaucoup pour ces nouveaux éléments.
Bien cordialement
Denis


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n°47188
carnot
Posté le 06-01-2008 à 08:47:36  profilanswer
 

bonjour à tous,
je rectifie l'orthographe pour la ville d'HAZEBROUCK :c'est ma commune de naissance donc je n'ai pas de mérite!!!!
bonne journée à tous
bruno

n°47193
gerard mat​hern
Posté le 06-01-2008 à 10:57:48  profilanswer
 

Oups ! la 85è brigade et le 158è de mon GP, je participe, bien que ce dernier n'ait été incorporé à Lyon le le 7 septembre 14 (né le 18/2/1894). MAis par le plus grand des hasards, on m'a confié la trnascription du carnet d'un cavalier du 2è Dragon (6è DC évoquée plus haut)) qui a essuyé son premier feu à Zonnebecke à cette période. Je vous la livre :
 
"Journée du 29 octobre : 1 jour au feu.
 
Ce jour-là nous sommes désignés comme soutient d’artillerie. Nous laissons les chevaux derrière un bois et durant toute la journée, les obus n’ont cessé de pleuvoir à nos côtés. Je partageais avec mon cher frère le maigre menu que nous avions. Le soir venu, un grand … étaient incendiés par les obus allemands et beaucoup d’émigrés fuyaient en toute hâte. C’était navrant de voir tous ces pauvres diables emportant leur petit paquet. Ce jour-là, il a fallu coucher dehors avec la pluie le mauvais temps que nous avions. J’ai installé un cahute avec de la paille pour être un peu à l’abri mais nous n’avons rien à manger. Alors je suis été vers nos alliés les Anglais leur demander de la soupe. Nous partagions avec mon cher frère et mes camarades. Et nous couchons dans notre cahutte en attendant nos camarades qui étaient dans les tranchées.  
 
Journée du 30 octobre :  
 
Nos camarades reviennent à la pointe du jour. L’on remonte à cheval et nous rentrons au même cantonnement. Journée de repos Matinée très belle, tout va bien. Vers midi des avions allemands survolent non loin de nous et découvrent un train blindé français et anglais. Dans l’après-midi, de violentes attaques des allemands et les gros obus tombent à nos côtés, sur le train blindé sans l’atteindre. Mais les éclats viennent jusqu’au cantonnement et je l’échappe belle, un tombe à mes côtés. L’on selle les chevaux en toute hâte et l’on part en changeant de position. L’on cantonne à 200 m de là. Une maison a été atteinte par les obus et quelques Anglais tués. Les gens fuient avec une peur terrible. Enfin nous nous couchons. Nuit très froide.
 
Journée du 1er novembre :  
 
Le matin, on repart aux mêmes positions que la veille. L’on passe dans un village qui, dans la nuit du 30 octobre au 1er novembre, a été attaqué par les Allemands et fut bombardé par les Anglais et les Allemands. Une partie du village fut détruite et ce fut les premiers morts que j’ai vu. Ça me fit une sensation mais nous continuons notre route et nous retournons aux mêmes positions que la veille. La matinée fut terrible, les obus tombèrent. Un homme des nôtres fut atteint par un obus en pleine poitrine et tué net . Nous changeons de positions. C’était une pluie d’obus. Un tombe à 3 mètres de moi sans éclaté heureusement. Nous allons derrière les haies de buissons. Les obus tombent toujours mais beaucoup plus loin. Dans la soirée, combat reprend. Je suis désigné pour tenir les chevaux.  Le soir, à la nuit, encore des maisons incendiées par des obus allemands. Les camarades reviennent et nous rejoignons toujours le même cantonnement.
 
Journée du 2 novembre :
 
On reçoit l’ordre de partir pour aller dans les tranchées. C’était 1 heure du matin. L’on part par une nuit sombre. Arrivé sur un village, 1 sur 4 tient les chevaux et je fus encore de ceux-là. Les camarades partent dans les tranchées en première ligne. Mon frère bien-aimé fut un des combattants. Ce jour-là, hélas, il me fit aucun adieu car le pauvre il ne devait jamais revenir. Ce jour-là, ce fut la défaite complète du régiment. Tous ils furent tués prisonniers ou blessés. Sur tout le régiment, il en revient à peine quarante. Le colonel rassemble ses hommes, il en trouve 32. . Nous perdons en partie tous nos officiers. Enfin, nous sommes revenus au même cantonnement et ces hussards qui nous aident à ramener nos chevaux. Là on attend et vers la soirée, on apprend du régiment. Tous les camarades sont plongés dans la plus profonde tristesse car beaucoup avaient leurs meilleurs camarades. L’on voit passer beaucoup de blessés. Les obus pleuvent sur la ville. Bombardement d’Ypres par les Allemands. Enfin, après avoir passé une triste journée, l’on couche dans une voiture. Ce fut pour moi une terrible nuit car je pensais à mon frère bien-aimé que j’avais quitté le matin.  
 
Lettre écrite des derniers souvenirs de mon cher frère Celestin bien-aimé. Fait à Ypres en Belgique le 6 novembre 1914 :  
« La perte de mon frère bien-aimé : C’était le 2 novembre, Ordre fut donné de se mettre en marche Zonnebecke à 10 km environ de Ypres. Arrivé à 4 km des tranchées, on met pied à terre. 1 sur 4 tenaient les chevaux, heureusement pour moi. Je fus de ceux-là. Mon frère était de ceux qui allèrent dans les tranchées. Il vient vers moi et me demande « as-tu quelque chose à manger ? » Je lui dit que j’ai du chocolat et le prend et part rejoindre ses camarades sans me dire un suprême dernier et adieu, car, hélas, le pauvre partant pour toujours. Le régiment se mit en marche sur les premières tranchées en face de l’ennemi. Ils arrivent à la pointe du jour à leur poste et là, attendent l’ennemi qui les guette. Les sachant sans défense, les attaquèrent sans retard. Ils restèrent environ jusqu’à midi sans éprouver de pertes, lorsque tout à coup, une pluie d’obus tombèrent sur leurs tranchées et démolirent. Les braves tenaient toujours malgré la pluie d’obus qui leur tombait dessus. Lorsque tout à coup, des cris furieux se firent entendre. C’était l’infanterie allemande qui leur chargeait dessus, baïonnette au canon. Ce fut alors une boucherie horrible. Beaucoup de ces braves se défendaient toujours pendant que d’autres battaient en retraite. C’était sauve-qui-peut. Mitrailleuses, feu de l’artillerie, tout leur tombait dessus et fauchaient ces brave à mesure qu’ils se sauvaient, presque point n’échappaient à cette horrible tuerie. Hélas, depuis ce jour, je ne sais pas ce qu’il est devenu. Est-il blessé, prisonnier ou tué ? Personne ne sait rien. Peut-être un jour s’éclaircira cette terrible perte. J’espère peut-être le revoir un jour. Que Dieu me l’accorde. Je suis plongé dans le deuil le plus profond ainsi que ma chère famille, après avoir perdu mon cher père bien-aimé, mon frère vient de tomber à son tour. Qu’ils reposent en paix mais la douleur est inconsolable pour moi. Il ne me reste qu’une chose, c’est de faire comme mon cher frère bien-aimé, faire mon devoir. Si Dieu me le permet, il sera vengé. Voilà le récit de la perte cruelle de mon cher frère Guillot Célestin bien-aimé . Fait à Ypres en Belgique le 6 novembre 1914 par le frère de la victime, Guillot Henri. Si ce récit tombe entre les mains de mes camarades, qu’ils aient la bonté de le faire parvenir à Madame veuve Guillot à Marols, canton de St Jean Soleymieux, Loire, Arrondissement de montbrison ».
 
Pour la petite histoire, le frère en question était en fait prisionnier.
 
Cordialement et mes meilleurs voeux pour 2008.
 
Gérard Mathern

n°47201
denis33
Posté le 06-01-2008 à 12:59:42  profilanswer
 

Merci à Gérard pour ce témoignage.
Bien cordialement.
Denis

n°47204
denis33
Posté le 06-01-2008 à 14:28:28  profilanswer
 

[img]http://images3.hiboox.com/vignettes/0108/6fte86jb.jpg
J'essaye de comprendre les différentes parties techniques de ce site, mais ce n'est vraiment pas simple pour les débutants :pt1cable: J'essaye tout de même... Voilà une photo du 149e RI dont je ne connais pas la date de prise de vue. Bien cordialement .Denis

n°47205
denis33
Posté le 06-01-2008 à 14:29:53  profilanswer
 

Raté pour le résultat, comment faire mieux!!!! Denis


Message édité par denis33 le 07-11-2016 à 21:45:19

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n°47206
Charraud J​erome
Posté le 06-01-2008 à 14:37:04  profilanswer
 

Bonjour
pas si raté que cela, il suffit de cliquer sur l'image pour l'avoir en grande taille.
 
utilisant moi aussi Hiboox, voici une astuce pour mettre directement la photo en grand:
 
 
Sur la page générée on dispose de trois codes (Lien, HTML et IMG Code)
Copier le lien généré pour le HTML
 
< a href="http://www.hiboox.com/lang-fr/image.php?img=6fte86jb.jpg" alt="Hébergé par Hiboox.com"><img src="http://images3.hiboox.com/images/0108/6fte86jb.jpg" border=0  ></a>
et supprimer les parties suivantes (en rouge) :
 
< a href="http://www.hiboox.com/lang-fr/image.php?img=6fte86jb.jpg" alt="Hébergé par Hiboox.com"><img src="http://images3.hiboox.com/images/0108/6fte86jb.jpg" border=0  ></a>
 
on obtient alors
http://images3.hiboox.com/images/0108/6fte86jb.jpg
 
Reste plus qu'à mettre [img] avant et [/img] après
 
On a alors
 
http://images3.hiboox.com/images/0108/6fte86jb.jpg
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 06-01-2008 à 14:38:15

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n°47535
denis33
Posté le 12-01-2008 à 09:05:04  profilanswer
 

Bonjour à tous et à toutes.
 
Voilà un bout de carte extrait du très volumineux "ouvrage de l'armée française dans la grande guerre" qui permet de localiser la 43e division à son arrivée en Belgique en novembre 1914. Désolé pour la qualité, mais je n'arrive pas à faire mieux.
 
 
http://images3.hiboox.com/images/0208/59er0g12.jpg

n°47827
denis33
Posté le 18-01-2008 à 19:04:32  profilanswer
 

http://images3.hiboox.com/images/0308/6lmlect2.jpg
 
Bonjour à toutes et à tous.
Voici une copie du "seul morceau" de carte en ma possession concernant le secteur de Verbranden molen. (Il fait partie, je crois, d'une carte anglaise publiée en 1917.... A confirmer !!!).Quelqu'un aurait -il un morceau plus important de cette carte ? Je pense que la ferme Brauwe-Poort se situe dans le coin supérieur gauche de cette carte.
Mon ancêtre est décédé en Belgique le 13 novembre 1914. Par recoupement de plusieurs JMO ( de brigades, des 90e RI, 53e RI et 81e RI) concernant cette période, je sais que dans la journée du 7 novembre 1914, le 90e RI, le 2e bataillon du 149e RI et ce qui restait du 68e RI étaient dans, ou proche de ce  secteur. (Info trouvée dans le JMO de la 33e brigade). Je sais également que dans la journée du 9 novembre 1914, la 6e compagnie du 149e RI participe à une attaque (plusieurs décès et de nombreux blessés, mais je ne sais rien de plus dans "le où, le quand et  le avec qui exactement..." ). Le lieutenant Mirey, commandant cette compagnie décèdera le 10 novembre suite à ses blessures et mon ancêtre le 13 (tué peut-être lors d'une relève par un éclat d'obus où une balle perdue où encore à la suite de ses blessures venant de cette attaque...)  
Je remercie les  nombreuses  personnes qui m'ont déjà apportées leur aide dans cette recherche difficile ainsi que, bien sûr, le SHAT ou ces quelques informations ont pu être trouvées.
Bien cordialement.
Denis


Message édité par denis33 le 07-11-2016 à 21:47:00
n°47897
denis33
Posté le 19-01-2008 à 21:52:37  profilanswer
 

Bonsoir à tous et à toutes.
 
Quelqu'un connait-il cette édition du 149e RI ?  
 
http://images3.hiboox.com/images/0308/a69unr3l.jpg
 
Bien cordialement.
Denis

n°48412
denis33
Posté le 29-01-2008 à 20:25:19  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous.
 
Cela élargit beaucoup l'emplacement du 149e RI, mais ces cartes donnent une "globalisation" des différentes divisions dans la région d'Ypres pour la période de novembre 1914.
 
Carte extraite des ouvrages "les armées françaises dans la grande guerre".
 
Situation des forces anglo-françaises le 4 novembre 1914 au soir
 
http://images3.hiboox.com/images/0508/lxgqn6ol.jpg
 
Situation des forces anglo-françaises le 8 novembre 1914 au soir
 
http://images3.hiboox.com/images/0508/kjva36bg.jpg
 
Bien cordialement
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°48505
denis33
Posté le 01-02-2008 à 15:49:08  profilanswer
 

bonjour à toutes et à tous.
 
Voici la composition du 149e RI au tout début du conflit.
 
Composition du régiment les deux échelons réunis
 
Etat-major :
Colonel commandant le 149e RI : Menvielle
Lieutenant-colonel  Escallon
Capitaine-adjoint Schalck
Médecin-chef de service : médecin major 2e classe Delacroix
Officier de détail : lieutenant Toussaint
Officier d’approvisionnement : lieutenant Toussaint
Lieutenant porte-drapeau Girard
 
Sections de mitrailleuses :
 
http://images3.hiboox.com/images/0508/9wq91g7s.jpg
 
 
1e section : lieutenant Petitjean
 2e section : lieutenant Gérardin
 3e section : lieutenant Drouet
Chef du service télégraphique  : sous-lieutenant de réserve Boissac
Chef de musique de 1ère classe : Porte
 
 
http://images3.hiboox.com/images/0508/hd38sbzp.jpg
 
 
1e bataillon :
Chef de bataillon : commandant de Sury d’Apremont
Médecin aide-major 1e classe : Cleu
 
1e compagnie
capitaine Lescure
lieutenant Lietout
lieutenant Dassouet
lieutenant de réserve Pierrat
 
2e compagnie
capitaine Crépet
lieutenant Gruneïssen
sous- lieutenant Thomas
lieutenant de réserve de Gail
sous-lieutenant Darracq
 
3e compagnie
capitaine Islert
lieutenant Lurion de l ’Egouthail
lieutenant de réserve Toussaint
 
4e compagnie
capitaine Allairac
lieutenant Genevoix
lieutenant de réserve Coudré
 
2e bataillon :
Chef de bataillon : commandant Magagnosc
Médecin aide-major 2e classe de réserve : Mouton
 
5e compagnie
capitaine Micard
lieutenant Pétin
sous-lieutenant Camus
 
6e compagnie
capitaine François
lieutenant Prétet
sous-lieutenant de réserve Bruzon
 
7e compagnie
capitaine Conssand de Massignac
sous-lieutenant Guillaumet
Sous-lieutenant de réserve Nold
 
8e compagnie
capitaine de Chomereau de Saint-André
lieutenant Janchaud
lieutenant de réserve Fressanges- Dubost
sous-lieutenant de réserve Laval
 
3e bataillon
Chef de bataillon : commandant Didierjean
Médecin aide-major 2e classe : Humbert
 
9e compagnie
capitaine Souchard
lieutenant Marey
sous-lieutenant Ranger
lieutenant de réserve Vichard
 
10e compagnie
capitaine Laure
lieutenant Michelin
lieutenant de réserve Thomas
 
11e compagnie
capitaine Echard
lieutenant Bédos
sous-lieutenant de Réserve Lefèvre
 
12e compagnie
capitaine Cadeau
lieutenant Déziller
sous-lieutenant de Réserve Jeannin
lieutenant de réserve Payonne
 
Effectif :
Officiers : 60
Sous-officiers : 181
Caporaux et soldats : 3149
Total hommes de troupe : 3330
 
Je remercie le S.H.A.T. où ces informations ont été trouvées.
Denis.


Message édité par denis33 le 04-01-2009 à 19:10:38

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Mon blog sur le 149e RI
n°48520
Eric Mansu​y
Posté le 01-02-2008 à 19:06:55  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Bonsoir Denis,
Merci pour cet hommage au 149e... qui a déjà perdu bien des officiers en 1914 :
 
Commandants  
Marie Pierre de SURY d’ASPREMONT (mort de ses blessures reçues le 9 août 1914 au col de Sainte-Marie)
Marie Charles DIDIERJEAN (tué le 14 août 1914 à Steige)
 
Capitaines  
Joseph René MICARD (tué le 21 août 1914 à Abreschviller)
Henri Octave CADEAU (tué le 25 août 1914 à Bazien)
Adrien Joseph LESCURE (tué le 10 septembre 1914 au camp de Mailly)
Henri Louis FRANÇOIS (tué le 24 septembre 1914 à Souain)
Henri Urbain SOUCHARD (mort le 3 octobre 1914 à Angoulême de suites de blessures de guerre)
Victor Henri PETIN (disparu le 11 novembre 1914 à Ypres, Belgique)
 
Lieutenants  
Lucien Hippolyte BEDOS (tué le 9 août 1914 au col de Sainte-Marie) (inhumé à la nécropole de Bertrimoutier)
Maurice Charles DEZITTER (tué le 9 août 1914 au col de Sainte-Marie) (inhumé à la nécropole de Bertrimoutier)
Charles François DROUET (tué le 25 août 1914 à Ménil-sur-Belvitte) (inhumé à la nécropole de Ménil-sur-Belvitte)
Louis Claude de LURION de l’EGOUTHAIL (tué le 26 août 1914 au col de la Chipotte)
Marie Philippe MAREY (tué le 10 octobre 1914 à Verbranden Molen, Belgique)  
 
Sous-lieutenants  
Del Marie Pierre BRUZON (tué le 9 août 1914 au col de Sainte-Marie)
Jean René CHOLLEY (tué le 9 août 1914 au col de Sainte-Marie)
André Charles Lucien de GAIL (tué le 9 août 1914 au col de Sainte-Marie)
Lucien Eugène PIERRAT (tué le 9 août 1914 au col de Sainte-Marie)
René Jacques LAVAL (tué le 9 août au col de Sainte-Marie)
Albert Jules DARGENT (tué le 21 août 1914 à Abreschviller)
André Charles FEVRE (tué le 21 août 1914 à Abreschviller) (inhumé à la nécropole d’Abreschviller)  
Marie Joseph de LONGEAUX (tué à Azerailles le 28 août 1914)  
Marcel Léon MICHELIN (tué le 21 août 1914 à Abreschviller)
Robert Georges PETERMANN (mort de ses blessures le 21 août 1914 à Abreschviller)
Constant Alfred RANGER (mort de ses blessures le 26 août 1914 à Baccarat) (inhumé à la nécropole de Badonviller)
 
Bien sincèrement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°48554
denis33
Posté le 03-02-2008 à 10:56:17  profilanswer
 

Bonjour à tous et à toutes.  
 
 Une lettre écrite par un soldat du 149e RI quelques jours avant la mobilisation générale. Elle est encore pleine d'espérance en ce qui concerne le maintien de la paix....
 
 
http://images3.hiboox.com/images/0508/v5bk9pjb.jpg
 
 
http://images3.hiboox.com/images/0508/724zw1j0.jpg
 
 
http://images3.hiboox.com/images/0508/jh3qt3qt.jpg
 
Bien cordialement
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°48558
bernard la​rquetou
Posté le 03-02-2008 à 14:40:41  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Le Capitaine Gérard et le soldat Sabiron furent élèves au lycée Louis le Grand à Paris.
 
Voici leurs fiches :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/429/gerard.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/429/sabiron.jpg
 
Cordialement
 
BL


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http://329ri.canalblog.com/ et http://29eri.canalblog.com/
n°48635
denis33
Posté le 05-02-2008 à 20:04:00  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous.
 
Situation des forces anglo-française le 10 novembre 1914 dans la région d'Ypres.
 
 
http://images3.hiboox.com/images/0608/dfp95fvc.jpg
 
Bien cordialement.
 
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°48643
denis33
Posté le 05-02-2008 à 22:38:54  profilanswer
 

bonsoir à toutes et à tous.
Pour ceux qui sont intéressés...
 
Quelques noms  de soldats avec une sépulture du 149e tués en 1914.
 
Militaires du 149e RI décédés en août 1914 inhumés dans la nécropole nationale française de « Bertrimounier » dans les vosges.
 
Lucien Hippolyte BEDOS                    Lieutenant      décédé le 9/8/1914  à Sainte-Marie-aux-mines
Jules Léon Arsène CAGNARD              Soldat           décédé le 9/8/1914  au signal Sainte-Marie
Maurice Charles DEZITTER                Lieutenant      décédé le 9/8/1914  au col de Sainte-Marie
Jules Jean Baptiste LAFARCINADE       Soldat           décédé le 9/8/1914  à Sainte-Marie-aux-mines
René Jules PROST                           Caporal          décédé le 9/8/1914  à Sainte-Marie-aux-mines
 
Militaires du 149e RI décédés en 1914, inhumés dans la nécropole nationale française d’Epinal.
 
Paul Jean Baptiste VACCHAIDRE                                   décédé le 11/10/1914 à l’ hôpital Saint-Maurice
                                                                                                                             à Epinal  
 
Militaires du 149e RI décédés  en 1914, inhumés dans la nécropole nationale française de « les Tiges » dans la commune de Saint-Dié-des-Vosges
 
Pierre Paul BOULIN                       Caporal-fourrier        décédé le 14/8/1914  près de Steige
Elie CARIAS                                          Caporal          décédé le 15/8/1914  a l’hôpital Saint-Charles  
                                                                                                                      à Saint-Dié
Marcel Auguste FORESTIER                                        décédé le 13/8/1914  sur la rive gauche à Saint-Dié
Paul Victor MAIRE                                                     décédé le 14/8/1914  près de Steige

n°48644
denis33
Posté le 05-02-2008 à 22:52:35  profilanswer
 

Rebonsoir,
Qui pourrait me communiquer des informations sur le commandant Gustave Victor Emile  LANGLACE décédé le 29/08/1914  à Nompatelize (Vosges) selon sa fiche MDH, Il semblerait avoir été au 149e RI.
Pourtant Il n'est pas dans la liste des officiers du début de la guerre, et encore moins dans la liste des tués de historique du régiment... Sa sépulture se trouve dans le carré militaire français du cimetière de La Bourgonce (88)
Merci d'avance pour une éventuelle réponse.
Bien cordialement.
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°48650
Eric Mansu​y
Posté le 06-02-2008 à 07:40:35  profilanswer
 

Bonjour Denis,
Si ma mémoire est bonne, Langlacé était officier d'état-major. J'ai eu un document en main sur le sujet il y a quelques jours, mais où l'ai-je rangé depuis... ?  :??:  :??:  :??:  
 
A suivre...
Bien sincèrement,
Eric


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°48674
denis33
Posté le 06-02-2008 à 13:33:55  profilanswer
 

Bonjour Eric.
Merci pour l'info.
Bien cordialement.
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°48675
Eric Mansu​y
Posté le 06-02-2008 à 14:21:30  profilanswer
 

Rebonjour Denis,
Le corps du capitaine Langlacé, de l’état-major de la 1re Armée, a été retrouvé sur le territoire de la commune de la Bourgonce (tombe n°19), lors de la campagne d’exhumations menée par l’Ambulance 13/7 en avril - mai 1916. Gustave Victor Emile Langlacé était hors cadre, à l’état-major de l’Armée, depuis le 24 septembre 1907.  
 
Bien sincèrement,
Eric  


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°48707
denis33
Posté le 06-02-2008 à 23:20:04  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous.
Bonsoir Eric. Merci pour ces informations sur le capitaine Langlacé.
Bien cordialement.
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°48827
denis33
Posté le 10-02-2008 à 17:47:52  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous.
 
Voici la reproduction d'une carte en relief de la région d'Ypres, où ont séjournés et combattus les régiments des 9e CA, 16e CA et de la 43e division pour la période d'octobre à novembre 1914. Et bien sûr tous ceux que j'oublie !!!
 
http://images3.hiboox.com/images/0608/8mg8thyc.jpg
 
Quelques passages du chapitre " a Ypres-la course à la mer" du livre de Henri René "jours de gloire, jours de misère" aux éditions Perrin et cie.
 
Le 2 novembre, dans la soirée, nous nous acheminons vers le combat. La division a reçu l’ordre de former coin entre Messines et Wytschaete : ce ne sera pas chose aisée, car en ces deux points, les anglais et les français, respectivement, viennent de perdre du terrain et cette contre-attaque dans la tenaille ne laisse pas nos chefs sans l’inquiétude. Le régiment d’avant-garde s’engage aussitôt et, loin dans sa direction, la fusillade éclate.
Nous nous établissons aux abords de Kemmel, en évitant les maisons trop violemment bombardées. Ces explosions sont effrayantes...  
 
 
Le bataillon se rapproche de la ligne de feu le 3 dans l’après-midi. Nous restons quelques heures en soutien derrière l’avant-garde, dispersés, pour diminuer notre vulnérabilité. Nous sommes dans les champs, où les balles perdues arrivent innombrables et où le bombardement le plus violent laboure partout le sol autour de nous. Les renseignements du combat sont médiocres : nos lignes tiennent à grand peine devant des attaques obstinées et, sur notre gauche, des troupes harassées, déployées depuis une semaine, donnent les signes de lassitude les plus inquiétants.
Les compartimentages  de ce champ de bataille sont mal délimités. Il est d’ailleurs préférable qu’il en soit ainsi, car l’idée de cloisonnement nuirait à celle de liaison ; Aux Confins de deux divisions, nous sommes ballottés de l’une à l’autre…
 Nous échouons, à la nuit, près de la ferme Lagache, qui résiste miraculeusement aux explosions et sert de poste de commandement au colonel d’un régiment inconnu.
- Vous arrivez à point nommé, dit-il au commandant ; Nous sommes à bout de résistance : vous pouvez être notre salut.
- Je ne demande, mon colonel qu’à employer mon bataillon, mais je n’ai pas reçu d’ordre aussi catégorique. Je suis en réserve, derrière le point de soudure des deux divisions, sans être retiré au commandement de mes chefs directs…
A ce moment, sur la crête qui nous masque, tintamarre d’une attaque de nuit : fusillade et crépitement de mitrailleuses. Une fois de plus, selon toute vraisemblance, beaucoup de bruit pour rien. Il n’en est pas moins vrai que c’est terriblement impressionnant. Il semble que le bruit se rapproche. La valse des fusées a l’air de se précipiter sur nous. Les obus labourent le ciel de grandes balafres lumineuses. Je vois comme si j’y étais, la forme de ce combat de nuit, toujours semblable à lui-même. On s’énerve, on tire au hasard, on approvisionne les armes, on met la baïonnette au canon. on flotte de droite et de gauche, on ne fait rien de bon, on est à la merci d’un coup de main vigoureusement mené. Pourquoi, dans ces conditions, de telles opérations sont-elles généralement stériles ? Parce que l’assaillant est encore plus en méfiance que son adversaire : il craint tout, le fil de fer, les trous d’obus, les mitrailleuses qui se déclenchent à bout portant, les baïonnettes qui hérissent les parapets, les embuscades où l’on se prend comme au piège…
Survient un chef de bataillon, extraordinairement excité :
- Nous n’y tenons plus, la limite est atteinte… Si vous ne nous renforcez pas immédiatement, c’est la catastrophe…
- Vous entendez, commandant ? Je vous prends sous mes ordres. Allez vous installer avec votre bataillon, à cheval sur la route de Wytschaete, pour la tenir quoi-qu’il arrive. Prenez le commandement du débris de mes troupes que vous trouverez encore. Votre mission est de toute première importance. Je rends compte à vos chefs que je dispose de vous. Je compte sur vos compagnies…
- Compris, répond le commandant Laure.
On s’enfonce aussitôt dans les ténèbres, et l’on gagne la crête réputée si meurtrière. Réorganiser des unités qui on atteint la limite de leurs forces. Assumer la responsabilité d’un secteur de combat tourmenté. Sauvegarder la liaison de deux divisions qui s’ignorent et dont les missions ne semblent nullement concordantes, tout cela en pleine nuit, c’est plus facile à dire qu’à faire. Que d’émotions en perspective…
La compagnie du lieutenant T…, la 11e, prend les devants. Son objectif est à l’extrême saillant de la ligne, dans une ferme en ruine, où la terreur règne, nous dit-on, depuis huit jours. D’effroyables combats l’on fait baptisée la « ferme tragique », c’est tout  à fait encourageant pour nos camarades qui vont s’y enfermer ! Je me trouve à leur droite, avec le fidèle entourage du commandant : nous sommes tapis au coin d’une haie, dans un fossé de la route grossièrement aménagé en tranchées. Quelques survivants de nos prédécesseurs s’y trouvent, parmi beaucoup de blessés et  quelques cadavres. Ils me préviennent que la position est atroce car, le jour, on est vu du clocher de Wytschaete. Les artilleurs ennemis y appliquent un tir d’une impitoyable et meurtrière précision. Toutes les unités du bataillon sont ainsi réparties aux endroits les plus mauvais et il n’y a rien à dire puisque notre mission est de boucher les trous. Je plains le commandant encore plus que nous, tant sa responsabilité est lourde.
Aussitôt placé, je vais « en liaison » à la « ferme tragique ». Je commence à être endurci, mais vraiment, je pense défaillir tant l’horreur y est grande ! Le guide qui me précède traverse au pas de course les vingt mètres de terrain découvert nous séparant des premiers murs…
 Nous pénétrons dans les ruines, le lieutenant T… cherche à se reconnaître au milieu de son domaine. Il rassemble toute son énergie… Vraiment, il en faut ici une trop haute dose ! Ce ne serait rien s’il n’y avait que des morts. C’est le spectacle des mourants qui est le plus atroce quand on ne dispose d’aucune ressource pour leur venir en aide. La compagnie s’organise dans son enfer. Les débris lui servent de barricades. Les guetteurs fouillent l’obscurité, se demandant avec angoisse quel tableau le soleil leur montrera demain. A quelques mètres, les patrouilles ennemies vont et viennent, et des blessés qu’on ne peut ramasser gémissent entre elles et nous.
Les prévisions pessimistes qui nous avaient accueillis, n’étaient qu’une faible image de la réalité, et nous pouvons en juger dès le lendemain matin. Notre saillant est vu et battu de partout. L’ennemi nous terrorise avec du « 150 percutant » dont l’effet moral nous ébranle jusqu’à l’affolement pendant deux jours. Les « 105 fusants »nous accablent et plongent jusqu’au fond de nos trous leurs horribles éclats. En demi-cercle, des mitrailleuses sont braquées et cherchent à nous coucher dans des tombes où nous sommes descendu comme pour y attendre le coup fatal. La « ferme tragique »est littéralement écrasée, nul ne peut plus se permettre d’en approcher…
Sous la rafale, je vais porter au commandant un compte rendu de la situation ; à côté de son poste, vers le coin de la haie qui sert de repère au tir, un factionnaire est affaissé sur son arme, adossé contre un tronc d’arbre qui le retient en équilibre…
J’ouvre la bouche pour l’invectiver et lui faire observer vertement que ce n’est pas l’heure de dormir… J’aperçois ses yeux vitreux où filtre un dernier rayon de vie, un mince filet de sang qui coule de son cou sur sa capote… Je retourne à mon trou, ramenant un infirmier pour soigner mes blessés…  
 
Bien cordialement.
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°49061
denis33
Posté le 15-02-2008 à 17:13:07  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous.
 
 Suite des noms de soldats du 149e RI ayant une sépulture, tués en 1914.  
 
Soldats du 149e RI décédés en 1914 qui sont inhumés dans la nécropole nationale française de « Saint-Benoit-la-Chipotte » (88)
 
Louis Aimé BENOIT                                         24/9/1914                   Saint-Benoit-la-Chipotte
Régis Elie Marius BRISSOT                              07/10/1914                 La Chipotte
Joseph Georges CHAINEL                                14/10/1914                  Sainte-Barbe  
René Justin CHOINIER                                      27/8/1914                   Autrey
Camille Georges DUPUY       Caporal               26/8/1914                   Sainte-Barbe
Emile Antoine GILLOT          Sergent               14/9/1914                   Sainte-Barbe  
Maurice LAUGEL                  Caporal                16/10/1914                Saint-Benoit-la-Chipotte
 
 
Soldat du 149e RI décédé en août 1914 qui est inhumé dans la nécropole nationale française de « Bruyeres » (88)
 
Louis Flavien VALLON                                     27/8/1914                hôpital mixte de Bruyères
 
Soldats du 149e RI décédés en 1914 inhumés dans la nécropole nationale française de « Menil-sur-Belvitte » (88)
 
Alphonse BAISSAT                                           25/8/1914                 Rambervilliers
Pierre BELORGEY                                            25/8/1914                  Menil-sur-Belvitte
Eugène Albert CALOT                                      15/11/1914                Bazien
Joseph Henri CAUSERET                                 15/11/1914                  Saint-Pierremont
Charles François DROUET    Lieutenant           25/8/1914                 Menil-sur-Belvitte
Clovis Henri GENTELET                                  15/11/1914                Saint-Pierremont
Jean Emile LAROCHE                                       19/11/1914               Menil-sur-Belvitte
Louis Hippolyte PETITJEAN                             16/11/1914
Félix Emile PY                                                    25/8/1914                 Abreschviller
Paul Charles ROUILLON                                   25/8/1914               Menil-sur-Belvitte
Henri Sébastien SIMON          Sergent                25/8/1914               Menil-sur-Belvitte
 
Je m' excuse pour l'ordre qui n'est pas vraiment chronologique concernant les "rajouts" sur ce régiment. C'est en fonction de mes "trouvailles" et surtout de mon "organisation" !!!
 
Bien cordialement.
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°49064
Eric Mansu​y
Posté le 15-02-2008 à 18:49:13  profilanswer
 

Bonsoir Denis,
Les dates de décès de fin septembre, octobre, voire novembre 1914, qui sont, je vous le concède, inscrites sur les croix des sépultures de ces hommes, sont fausses (il en va de même à Rambervillers, où les morts du 149e sont très nombreux). Ces dates correspondent à la découverte des corps, et non à la date des décès.
 
Bien sincèrement,
Eric


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°49449
denis33
Posté le 01-03-2008 à 19:11:02  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous.
 
Liste non exhaustive des tués du 149ème régiment d’infanterie pour la période
 du 5 novembre au  14 novembre 1914.

 
Caporal GRIESSMAN Pierre, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
 Caporal GUERRIN Henri, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
Soldat BOURQUIN Louis Edouard, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
Soldat CELLARD Antoine, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
Soldat LALLEMAND Emile, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
 Soldat LECRIVAIN Albert, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
 Soldat LOUVET jules, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
Soldat MOREAU Jean Etienne, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
Soldat RAMILLON Marie Joseph, 10ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
Soldat BOYER Firmin, 11ème compagnie, tué le 5/11/1914 à Wijtchate.
 
Sergent BELVALLET Athos Arthur , 9ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Sergent LEUILLET Georges, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Sergent MARTIN Marie- Robert, 12ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.  
Caporal BELLIN Gabriel, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Caporal DELAGE François, 10ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Caporal MARAND Joannès, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat AVON  Henri Adolphe, 7ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat COUISSINIER Marius, 9ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat EYGAZIER Victorien, 9ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat  ROUVERAND Marceau Marcellin, 9ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’ypres.
Soldat TALAMONNA Henri, 9ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’ypres.
Soldat MAIRET Marius, 9ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’ypres.
Soldat DAVID Alphonse Médard, 10ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat KUNTZ Joseph, 10ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat MASTORINO Hyppolyte Albert, 10ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat PAULEAU Denis François, 10ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat GIRAUD Jean-Marie, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat FLEURENCE Jules Ernest, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat PERROUX  François, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat DEVAUX Lucien, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat COLNEL René, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat LUEGER Hubert, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat DEVELLE Paul, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat FASCELLI Raphaël, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BEAUMENIL Joseph, 11ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat GREGOIRE Jean, 12ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat DEFRANOULD Julien , 12ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat POULNOT Jules, 12ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat NESME  Etienne, 12ème compagnie, tué le 6 ou 7/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Caporal BREUIL Pierre, 8ème compagnie, disparu le 8/11/1914  à Verbranden Molen.
Caporal PRADINES André Léon, 7ème compagnie, tué le 8/11/1914  à Verbranden Molen.
Soldat REYNAUD Odilon, 7ème compagnie, tué le 8/11/1914  à Verbranden Molen.
Soldat NARDI Antoine Raphaël, 7ème compagnie, tué le 8/11/1914  à Verbranden Molen.
Soldat FABRE Léon Marie Bruno, 7ème compagnie, tué le 8/11/1914  à Verbranden Molen.
Soldat GARDET Jean Maurice, 8ème compagnie, tué le 8/11/1914  à Verbranden Molen.  
Soldat JANNERET DE LA COUDRE Léon François, 8ème compagnie, tué le 8/11/1914  à Verbranden Molen.
 
 Sergent BITTEL Laurent, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914 aux environs d’Ypres.
Caporal LHOTE Auguste Marie, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat FEBRAY Albert, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat REMY Jules, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914  aux environs d’Ypres.
Soldat GERARD Georges, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat CHAVERON Paul, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat MORTAL Louis Auguste, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914 aux environs d’Ypres.(tué à Verbranden Molen)
Soldat VOINCHET Gustave, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914  aux environs d’Ypres. (tué à Verbranden Molen)
Soldat BERNARD Auguste Jérémie Charles, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat GRANDELIN Narcisse, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914  aux environs d’Ypres.
Soldat ECOCHARD François, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914  aux environs d’Ypres.
Soldat ROUX Louis Etienne, 6ème compagnie, tué le 9/11/1914  aux environs d’Ypres.
 
Lieutenant MAREY Marie Philippe Gaspard, 6ème compagnie, tué le 10/11/1914 à Verbranden Molen.
 
Soldat PRIQUET Henri, compagnie hors rang, tué le 12/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat FILHON Alexandre Paul Guillaume, 7ème compagnie, tué le 12/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat RENAUDIN Louis, 8ème compagnie, tué le 12/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BULLY André, 12ème compagnie, tué le 12/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat CHAUMONT Marcel, 12ème compagnie, tué le 12/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Soldat COLIN Claude Eugène, 12ème compagnie, tué le 13/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat HILAIRE Victor Fabien, 12ème compagnie, tué le 13/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat MASSON Pierre, 6ème compagnie, tué le 13/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat FOIGNANT Camille,6ème compagnie, tué le 13/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BARRIER Jean Julien, 12ème compagnie, tué le 13/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Soldat PORTAL Jacques Albert, 12ème compagnie, tué le 14/11/1914 aux environs d’Ypres.(tué à Hollebeck)
Soldat ODONOVAN Alfred, 12ème compagnie, tué le 14/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat FLORIN Antoine, 12ème compagnie, tué le 14/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat GERBERON Edmond, 12ème compagnie, tué le 14/11/1914 aux environs d’Ypres.
(tué à Hollebeck)  
Soldat PETITJEAN Eugène Elie, 12ème compagnie, tué le 14/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BERTRAND ?, 12ème compagnie, tué le 14/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat RUET Philibert, 12ème compagnie, tué le 14/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Bien cordialement.
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°49517
denis33
Posté le 03-03-2008 à 18:25:50  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous
 
Suite de la liste des soldats du 149e RI tués en Belgique en 1914.
 
Liste des tués du 149e régiment d’infanterie.
Période du 13 novembre au  17 novembre 1914.

 
 Soldat DELOUCHE Louis, 12e compagnie, tué le 13/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Sergent DESSAINT Alfred, 11e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Caporal CORROT Claude, 11e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat TASSIN Paul, 11e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat GONTIER Gabriel, 11e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat VALADE Camille, 11e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat ERHARDT Charles, 11e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat FERRERO Jean, 11e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat LABORDE Louis, 11e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat VAUDRON Hubert, 10e compagnie, tué le 15/11/1914 à Saint-Eloi.
Soldat ARNOULT Camille, 12e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BACHELARD Alphonse, 12e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BAVEREL Albert, 12e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat CHAUMONT Marcel, 12e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Soldat BESSON Georges, 10e compagnie, tué le 16/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BOUGEROLLE Louis, 10e compagnie, tué le 16/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat  GUION Claudius, 11e compagnie, tué le 16/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat LETON Désiré, 11e compagnie, tué le 16/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat DENEUX François, 11e compagnie, tué le 16/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Soldat JACOB Félix, 11e compagnie, tué le 16/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat LIGNOT Constant, 11e compagnie, tué le 16/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat JOUHANS Jules, 12e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat TILLOT Edmond, 12e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat LEPERE Rose Edouard, 12e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat PINARDEL Pierre, 12e compagnie, tué le 15/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Question: Dans les classes d'avant-guerre (1911-1912-1913) l'hypothèse suivante est-elle vérifiable ?  
 
Est-ce que les soldats  étaient systématiquement rassemblés dans les mêmes compagnies lorsqu'ils venaient d’une autre région que le lieu de dépôt du régiment ? (exemple : pour le 149e RI ceux qui venaient du Jura ou de la Haute-Saône)
 
Bien cordialement.
Denis
 
 
 
 
 


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Mon blog sur le 149e RI
n°49523
terrasson
Vai i mesme pas paur
Posté le 03-03-2008 à 20:34:10  profilanswer
 

Bonsoir Denis bonsoir le forum
 
désoléje n ai rien a vous apporter sur vos recherches mais bravos pour ce que vous avez fait :jap:  
cordialement terrasson

n°49530
denis33
Posté le 03-03-2008 à 22:45:28  profilanswer
 

Bonsoir  toutes et à toutes.
 
Voici un autre  petit passage du livre de Henri René "jours de gloire, jours de misère" qui était au 3e bataillon.
 
Faute de JMO, il est difficile de reconstruire le parcours de ce régiment....
 
Journée du 5 novembre 1914
 
L’attaque se déclenche le 5 en fin de journée : on la reçoit de son mieux. Les vagues ennemies déferlent devant nous et gagnent sur notre droite, évidemment elles cherchent à nous déborder sans nous aborder. Après être restés deux jours et demi ensevelis vivants, écrasés sous la menace perpétuelle du coup que nous pensions nous être destiné, nous éprouvons, à cette seconde pourtant critique, comme un immense soulagement … Nos hommes  retrouvent une ardeur dont ils ne se  seraient plus crus capables, ils sautent sur leurs armes et garnissent les parapets comme si le ressort de leur énergie se détendait brusquement après une longue compression…
- Mon commandant, on lâche pied sur la droite, nous allons être cernés, ils sont innombrables…
A ce cri d’alerte, le commandant sort de son poste de combat et, par la route, puisque c’est le chemin le plus court, il se rapproche de la compagnie de réserve. Pas une minute à perdre. Je vois son geste, car je suis trop angoissé pour perdre un seul de ses mouvements : il montre au capitaine P…, à la 10e compagnie, la croupe qui nous domine sur le flanc menacé. C’est l’ordre de contre-attaque. La compagnie part. Ses premiers pas nous donnent confiance, elle se déploie sur la contre-pente défilée aux vues, elle avance. Tout à coup, les mitrailleuses et les obus l’attaquent simultanément. Des groupes culbutent et tombent en lourdes masses. Des hommes sont projetés dans le cratère des explosions ; beaucoup reculent, d’autres accentuent leur marche, mettant leur fusil devant leur corps comme pour se protéger des coups.  Je vois le lieutenant Cauvin, dont le bras pend sanguinolent, qui gesticule de sa main valide pour entraîner les siens, puis qui s’affaisse épuisé par ce trop grand effort. Le capitaine P… reste invulnérable, il se multiplie, touche au but, amène des tireurs dans la tranchée qui venait d’être évacuée et sauve, pour un moment du moins, une situation bien compromise.
Bientôt cependant, vers le moulin de Spanbroek, les mauvaises nouvelles s’accentuent. Nous en subissons le contre-coup et des unités d’attaque, cherchant à étendre le bénéfice de leur succès, se glissent dans des vallonnements, échappant à nos feux… La 12e compagnie, s’appuyant à gauche de « la ferme tragique »qui tient bon pivote en arrière et à droite pour se souder le mieux possible aux débris de la 10e compagnie. Je me trouve dans cette partie la plus menacée, presque au milieu de groupes d’allemands qui grossissent à vue d’œil. La nuit tombe. Le commandant et le capitaine P… se regardent avec angoisse et je comprends à leur hésitation, car ils hésitent généralement peu, que notre cas n’est pas brillant. Les coups de feu et les fantassins ennemis nous débordent de plus en plus. De proche en proche, le craquement redouté se produit, la ligne fléchit. Les isolés que nous avions encadrés tant bien que mal nous entraînent et, sans que personne  l’ait ordonné, le replie s’effectue Ce sont des choses incompréhensibles, mais irrésistibles… Nous nous multiplions pour ralentir et régler le recul… Des mitrailleuses nous ont vus et nous saisissent sous leur infernal claquement… On dirait qu’elles se rapprochent… Nous passons un mauvais quart d’heure… Grand désarroi. Obscurité complète. Aucune liaison à droite. Pas de nouvelles de la 11e compagnie ; on espère qu’elle a conservé sa position et que, par sa ténacité, elle garantit ainsi le flanc de notre division d’adoption. Si c’était vrai notre mission de « liaison » serait remplie, malgré tout, puisque nous aurions « tenu » d’une part avec ceux  qui ont « tenu » et «  fléchi » d’autre part avec ceux qui ont «  fléchi ». C’est la situation la plus difficile que l’on puisse imaginer pour un bataillon. Celle où il doit savoir s’étirer à l’extrême pour rejoindre les éléments dissociés, celle où repose sur lui la fortune des grandes unités. En réalité, il nous reste peu d’illusion : l’ennemi a enfoncé le front entre le moulin de Spanbroek et Wytschaete. S’il le veut et s’il a de l’audace, il exploitera son succès sans tarder.  
Par une bonne fortune inespérée, le courant de repli m’a amené, avec quelques hommes, dans une ligne de tranchées dont j’ignorais l’existence et qui n’est pas mauvaise du tout. La remontant, je pars en exploration vers ma droite et, au bout de trois ou quatre cents mètres, je tombe sur des fractions qui, comme nous, profitent de cette aubaine pour se réorganiser. Avec les officiers qui les commandent, nouéchangeons de rapides impressions : ils ne sont pas encore revenus de leur émotion, tant la partie a été chaude. Ils reviennent encore moins de leur surprise en constatant  qu’ils ne sont pas poursuivis. Au total, on n’a perdu jusqu’ici qu’un millier de mètres de terrain et, si l’on parvient à se rétablir, on en aura été quitte pour la peur. Je dépêche un patrouilleur vers le commandant, pour qu’il prenne les dispositions pour faire occuper les quelques centaines de mètres de tranchée nous séparant de ces voisins…
Le lieutenant T… vient de faire savoir qu’il n’a pas lâché un pouce de terrain, et que sa situation est désespérée si on ne rétablit pas la ligne à sa hauteur. Il est à peu près complètement encerclé, ses munitions s’épuisent…  
 
Bien cordialement.
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°49694
denis33
Posté le 08-03-2008 à 22:21:34  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous.  
 
Liste des tués du 149e régiment d’infanterie.
Période du 18 novembre au  19 novembre 1914.

 
Sergent BACH Jean Louis, 10e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat MALAVAUX Jean Marie, 5e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BARNAULT Camille, 5e compagnie, tué le 18/11/1914 à Hollebecke.
Soldat GRANDPERRIN Arsène, 6e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat GERMAIN Joseph, 8e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat REY Marius Ernest, 8e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat FRIES Charles, 9e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat ARIGO Léon, 10e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat DRU Ernest Denis,10e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat GEROME Emile,10e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat GIRARD Vincent, 10e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat MATHIEU Georges Edouard, 10e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat COLIN Charles Joseph, 10e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat KUBLER Charles, 11e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat BAGUE Louis Denis, 11e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat LEFRERE Louis Adolphe, 11e compagnie, tué le 18/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
Soldat PERNOT Gustave, 5e compagnie, tué le 19/11/1914 à Hollebecke.
Caporal GEORGE Sylvain, 12e compagnie, tué le 19/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat PEROSE Emilien, 12e compagnie, tué le 19/11/1914 aux environs d’Ypres.
Soldat RICHARD Philibert, 12e compagnie, tué le 19/11/1914 aux environs d’Ypres.
 
 
http://images3.hiboox.com/images/1008/cn0zzwdn.jpg
 
Défilé du 149e R.I.dans une rue d'Epinal avant la guerre (vers 1910)
 
 
Voici un autre  petit passage du livre de Henri René "jours de gloire, jours de misère".  
 
Journée du 6 novembre 1914
 
 Le commandant réunit les officiers et les gradés, et nous explique la façon dont il comprend notre rôle : à l’ouest de la route Kemmel-Wytschaete, le front n’a pas bougé, la 11e compagnie en marque l’extrémité. A l’est, il a été rompu, il a fléchi de mille mètres. Il est en train, grâce à l’inertie des allemands, de se rétablir tant bien que mal. Si l’ennemi, profitant de cette dernière avance, fait un «  à droite en marchant », il se trouvera aussitôt derrière la 11e compagnie. La panique ne sera pas longue à se mettre dans les troupes de la division ouest, lorsqu’elles se verront ainsi tournées. La meilleure solution serait, en l’occurrence, de reporter toute la droite en avant, par une rigoureuse contre-attaque, mais le commandement n’a pas l’air d’avoir les ressources nécessaires. Il nous appartient donc à  nous « bataillon de liaison », bien que cette mission ne nous ait pas été notifiée officiellement  de créer des uns aux autres un « pan coupé » qui rétablisse la continuité du front.  
Alors, pendant que le commandant va personnellement chercher la 11e compagnie pour diriger la délicate opération de « décrochage », le capitaine P… prend la direction de nos travaux ou reconnaissances de reconstruction. Nous patrouillons dans tous les sens, recherchant le contact des éléments d’ailes de
divisions que nous avons pris tâche de relier. Nous essayons, malgré l’obscurité, de tirer parti d’un terrain complètement inconnu et d’y établir des éléments de tranchées répondant à notre mission. Mais nous sommes cent, là ou il faudrait être mille ! La 9e compagnie dont nous étions séparés depuis quelques jours, vient cependant nous rejoindre. Ses cadres poussent un soupir de soulagement en retrouvant leur grande famille. On leur a fait, à eux aussi et en d’autres points du champ de bataille «  le coup de l’invité ». Ils espèrent, en nous ralliant obtenir un repos mérité. Amère désillusion…  
J…, l’ami personnel du commandant, et que tout le monde au bataillon appelle du même nom d’affection familière « notre Alfred » m’en exprime son mécontentement. Il vient d’être roulé brutalement par une explosion de gros obus, quelques minutes avant de nous rejoindre…
Pendant trois jours et trois nuits nous avons résisté sur la nouvelle ligne sans faiblir. Les allemands se sont vengés de notre rétablissement inattendu par une recrudescence de feux : pensaient-ils donc que nous allions nous enfuir ? S’ils le croyaient, pourquoi se sont-ils arrêtés ?
Bien mieux, il s’en est fallu de peu que nous reprissions nos positions du 5 novembre.  
 
Journée du 7 novembre 1914.
 
Le 7 au soir, on nous a lancés à l’attaque, et en dépit de notre prodigieux éreintement, nous sommes allés jusqu’aux abords de la « ferme tragique ». Des mitrailleuses postées sur la hauteur de Spanbroek nous ont pris de flanc : il a fallu se coucher et attendre l’obscurité pour rallier nos tranchées. Après ce dernier effort, le commandant a osé ce qu’il n’avait jamais osé : il a demandé notre relève ! Nous laisser un jour de plus eût été une imprudence, car la limite des forces humaines était franchie.  
 
Journée du 8 novembre 1914.
 
Le 8 au matin, nous arrivons au repos à la Clytte. Voici des toits, peut-être de la paille… Hélas ! il faut rester dehors, au bivouac dans la boue, tout est bondé. Malgré ce désenchantement, on apprécie à sa valeur, à défaut de confortable, le calme de l’atmosphère, la pensée que le bruit du canon restera distant de quelques kilomètres.  
 
Journée du 9 novembre 1914.
 
Le 9, arrivée de renforts : des territoriaux de Seine-et-Marne. Ils sont cinq cents, destinés à l’ensemble du régiment. Ils sont à peine suffisants pour nous, après les pertes que nous venons de subir. Le colonel décide de nous les affecter, momentanément : on les rendra dans quelques jours aux autres bataillons, s’il en est encore temps. Amalgame. Refonte des effectifs et des cadres.
Les capitaines I… et G…, retour du dépôt, à peine guéris de leurs blessures d’août, se mettent à la tête des 9e et 12e compagnies.  
 
Bien cordialement.
Denis


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Mon blog sur le 149e RI
n°49943
denis33
Posté le 16-03-2008 à 11:51:58  profilanswer
 

Bonjour  à toutes et à tous
 
Je poursuis ce petit travail de recherches sur le 149e R.I. en Belgique....
 
 
http://images3.hiboox.com/images/1108/gqjd22vm.jpg
 
 
Autre passage du livre de Henri René "jours de gloire, jours de misère".
 
Journée du 10 novembre 1914.
 
"Brusquement, et à peine reconstituée, si l’on peut appeler « reconstitution » un aussi rapide remaniement de ces éléments disparates et hétérogènes, on nous rappelle en ligne. Et en vitesse ! Sans comprendre, sinon sans grogner, nous bouclons les sacs le 10 dans l’après-midi. Nous marchons où l’on nous mène, louvoyant au milieu de lourds convois anglais, protestant inutilement contre leur sans-gène. Nous laissons sur notre droite le village de Vormezeele, nous recevons quelques balles perdues que l’on dit venir de Saint-Eloi où la bataille est chaude. Nous relevons sur un front énorme, de près de deux kilomètres, les restes de trois bataillons de chasseurs réduits à bien peu de choses après dix jours de combat. Je n’avais pas encore vu d’affaire aussi rondement bâclée. Je n ‘ai pas eu comme d’habitude, le temps d’exécuter mes reconnaissances préparatoires. Je hâte le pas dans l’obscurité pour aller vérifier le fonctionnement des liaisons, dans le secteur de la compagnie du centre. Je suis épuisé de fatigue : je me sens une vrai brute, un automate inconscient, un corps inerte. Il fait terriblement nuit et je succombe de sommeil. Une main me frappe familièrement sur l’épaule :
- On dort ?
- Oh, pardon, mon commandant… !
- Mais ce n’est pas un reproche, si votre service est assuré. Tenez, puisque je vous ai dérangé, voulez-vous m’accompagner jusqu’à la compagnie voisine et me montrer comment la liaison est assurée de ce côté.
Nous enjambons le parapet et circulons en terrain découvert. Coups de fusil : nous sommes visés, et , comme on n’y voit pas à cinquante pas, j’en conclu que ce doit être de tout près. J’en ai froid dans le dos, d’autant plus que je ne suis pas du tout orienté. Je patauge. Le commandant s’en aperçoit. Je suis furieux : je n’avais jamais été pris en faute, quelle humiliation !
Le hasard nous fait tomber sur les voisins, qui n’étaient heureusement pas bien loin. Je suis renvoyé par ces seuls mots :
- Bonsoir ! et merci.
Je me démène pendant  tout le reste de la nuit et le jour suivant pour secouer le cauchemar de ces quelques minutes. Je m’aperçois, non sans inquiétude, que le bataillon forme un « cordon » sans aucune profondeur : de mauvaises tranchées, pas de fil de fer, point d’outils, liaison nulle avec l’artillerie, impossibilité de sortir en plein jour, du poste de commandement et de communiquer avec les premières lignes. Tel est le bilan. On ne peut pas dire que ce soit de la « guerre de tranchée » car celle-ci, nous le savons par ouï dire sinon par expérience, comporte d’autres raffinements. Nous n’avons qu’un moyen de défense : tout le monde sur le pont, l’œil au guet, le doigt sur la détente. On ne se permet pas la moindre négligence, car on voit derrière soi un grand glacis complètement dénudé où l’on serait impitoyablement fauché par les mitrailleuses en cas de repli. A gauche, le canal nous sépare des troupes voisines dont nous ignorons les emplacements et la mission. A droite, nous apercevons les trous de tirailleurs des éléments qui se battent sans arrêt devant Saint-Eloi. Il est impossible de leur tendre la main, nous ne pouvons aller causer avec eux qu’à la faveur de l’obscurité. Le terrain est mal vu dans la direction de l’ennemi. Celui-ci est tout près, à moins d’une centaine de mètres devant nous ; plus au nord, on suit mal ses emplacements qui sont défilés dans les sous-bois du parc d’Hollebeke. Les ruines d’un château dépassent la crête des arbres. Nous voudrions bien que notre artillerie le démolisse, car dans ces nids d’aigles se jugent des observatoires dangereux pour notre quiétude, mais où est notre artillerie ? Où sont nos avions ?
Loin de moi toute idée critique. Je n’insiste sur le nombre de ces difficultés que pour mieux souligner la réalité des combats. La connaissance que nous avons cependant acquise d’une meilleure tactique reste encore chose vaine en pleine crise, lorsqu’on se bat avec férocité comme nous le faisons ici. La plupart des beaux desiderata de manœuvre ou de liaison restent de vains mots. Chaque jour, chaque accident est une « école » nouvelle. On en profite pour se perfectionner.
Nous sommes restés pendant six jours et six nuits dans cette tension d’alerte, sans fermer les yeux ; ne mangeant que de la conserve parfois augmentée d’un café et de potages froids, apportés de très loin en arrière, par d’intrépides et infatigables cuisiniers."
 
 
 
http://images3.hiboox.com/images/1108/pygaq5vf.jpg
 
Bien cordialement.
Denis


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