Bonjour à tous,
Bonjour Patrice,
Il est intéressant de découvrir, dans la cote SHD 16 N 222 (GQG, Places de Belfort et Epinal), à quel point Belfort a fait l’objet d’un appauvrissement prégnant de ses effectifs. Mi-octobre 1914, le général Thévenet, gouverneur de la Place, s’en ouvrait très franchement au général Dubail : Thévenet souhaitait alors envoyer un renfort de 550 hommes à la Brigade Active (400 au 171e, 150 au 172e) ; il ajoutait « il m’a été impossible de faire davantage, car mes dépôts ne renferment que des non-valeurs ou des jeunes soldats de la classe 1914 et je suis tellement appauvri que je ne puis même plus donner satisfaction aux demandes des 371e et 372e qui sont, eux aussi, sur le front et qui doivent être alimentés par les dépôts de la Place de Belfort. » Même en ayant demandé l’arbitrage du général en chef afin que l’appauvrissement de la Place ne se poursuive pas, la demande de Thévenet reçut de Dubail cette réponse sans appel : « C’est en raison d’une impérieuse nécessité que j’ai dû faire venir en Woëvre la Brigade de Belfort. La situation n’a pas changé et je ne puis rendre actuellement cette unité. J’appuie donc la demande de 6 bataillons territoriaux. »
Détail surprenant : début décembre 1914, le général en chef rédigeait une note à l’adresse de Dubail, dans laquelle on apprend que « la Place de Belfort avait fourni sur sa garnison de défense plus de deux mille soldats à diverses usines métallurgiques et autres, et que le Gouverneur de Belfort demandait l’envoi de 2000 territoriaux pour assurer le recomplètement de la garnison. » La suite donnée à cet état de fait ne fut pas favorable, en dehors de l’ordre donné par télégramme le 18 décembre 1914 d’envoyer sur Belfort, le 98e RIT.
Alors que la situation devenait très tendue à Belfort, dès la mi-août 1914, que la reconquête d’une partie du Sundgau devait être entreprise durant les semaines suivantes, et que ses effectifs s’y consacraient pleinement – en dehors de ceux partis vers la Meuse – le 170e régiment d’infanterie, à Epinal – loin d’être aussi directement en état de péril – restait dans la Place.
Amicalement,
Eric Mansuy
---------------
"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.