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  Coup de trique et revolter avant l'assaut

 

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Coup de trique et revolter avant l'assaut

n°89327
Xavier_76
Posté le 25-09-2011 à 11:26:59  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Je voulais vous faire partager cette note du commandant du 5e RI au commandant de la 12e Brigade.
 
Contexte : Le 28 octobre 1914, le 119e RI, après un dur bombardement et un combat au corps à corps, se replie des bois du Luxembourg (51). Plusieurs tentatives de reprises des bois ont alors lieu menés conjointement par le 119e et le 5e RI. Les bois ne seront pas repris malgré deux contres attaques. Une enquête est alors diligentée afin de comprendre ce qui c'est passé cette nuit là.
 
"Au Godat le 3 novembre 1914
5e régiment d’infanterie,
Le lieutenant colonel LE BEURIER commandant le 5e RI à monsieur le Général commandant la 12e Brigade
 
En réponse à la note faisant suite à l’instruction relative à la garde des tranchées, j’ai l’honneur de vous rendre compte que, dans la nuit du 28 au 29 octobre, les commandants de compagnies et de bataillons ont employé les moyens les plus extrêmes pour forcer l’obéissance de leurs hommes. Pour ceux qui voulaient se porter en arrière, la trique et le revolver même ont renvoyé à leur poste les fuyards : le lieutenant Cren, a fait usage de son revolver contre les fuyards, le capitaine Sigaud et ses adjoints ont ramené à coup de gourdin des hommes qui voulaient se retirer. Le mouvement de retraite a donc pu être enrayé grâce à l’énergie  des officiers, mais les mêmes procédés très violemment employés n’ont pu avoir pour résultats de faire lever les hommes pour les porter en avant ; ils restaient en effet insensible aussi bien  aux commandements de « en avant » qu’aux coups de bâtons qui pleuvaient sur eux.
La note relative à la garde des tranchées doit être lue et commentée dans toutes les compagnies, or toutes les compagnies sont déployées dans leurs tranchées à leur poste de combat et il ne faudra pas penser à leur lire cette note avant la relève."

Source : SHD, 26N499 - Annexe au JMO de la 12e Brigade
 
Avez vous déjà lu des témoignages sur cette pratique ? Y'a t'il des cas avérés de soldats ayant été tués par leurs officiers ?
 
Bon dimanche à tous
 
Xavier


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Mes recherches : le 119e RI  
Le site du 119e RI  : http://pagesperso-orange.fr/119RI
n°89328
Patrice Pr​uniaux1
Quand-Même!
Posté le 25-09-2011 à 12:11:26  profilanswer
 

Xavier_76 a écrit :

Avez vous déjà lu des témoignages sur cette pratique ?


Bonjour,
Un qui me vient immédiatement à l'esprit, celui de Maurice Genevoix dans " Ceux de Quatorze ", qui tire en l'air pour arrêter des soldats qui se replient.
Mais il existe effectivement des exemples dans certains JMO, vous l'avez constaté.
Cordialement, P. Pruniaux.

n°89329
benv
Posté le 25-09-2011 à 12:41:44  profilanswer
 

Bonjour,
 
J'ai déjà rencontré ce cas dans "P.C. de compagnie" de Maurice CONSTANTIN-MEYER, éditions RIEDER.
 
Le fait se déroule le 10 mai 1917 lors de l'assaut sur le Skra-di-Legen. L'auteur est capitaine de la 23e Cie du 284e RI. Les "fuyards" appartiennent aux 19e et 22e compagnies.
 
"Je m'avance vers le premier fuyard: "Demi-tour et au combat." Une bouche hagarde me crie une injure. L'homme cherche à passer. Tirer sur lui... Un français... Dieu! que mon bras est lourd! J'arrache d'un coup sec le poids de mon browning. Coup de fouet. Le pauvre diable se tord sur un genévrier...
Instantanément, dix, vingt, trente fuyard s'arrêtent. Ils ont vu. Et c'est de moi seul, maintenant, qu'ils ont peur."
 
Le soldat à survécu à sa blessure et l'auteur, blessé et évacué le même jour, a fait l'objet d'une enquête mais les poursuites furent abandonnées.
 
Benoît


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Le blog du 84e RI en France et en Orient
http://84eri.canalblog.com/
n°89350
Xavier_76
Posté le 26-09-2011 à 18:30:05  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Merci Benoît et Patrice pour ces premiers éléments de réponse. Par contre les récits que vous citez parle de situations de retraite.  
Par contre dans la note du 5e RI, le lieutenant colonel parle aussi l'usage de la force pour envoyer les troupes à l'attaque :
"mais les mêmes procédés très violemment employés n’ont pu avoir pour résultats de faire lever les hommes pour les porter en avant ; ils restaient en effet insensible aussi bien  aux commandements de « en avant » qu’aux coups de bâtons qui pleuvaient sur eux. "
 
Qu'en pensez vous ?
 
Bien cordialement
 
Xavier


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Mes recherches : le 119e RI  
Le site du 119e RI  : http://pagesperso-orange.fr/119RI
n°89357
air339
Posté le 26-09-2011 à 21:57:45  profilanswer
 

Bonsoir Xavier,
 
Sujet donnant lieu à de nombreux mythes, que ce droit de vie et de mort sur les soldats et les méthodes brutales employées.  
 
Louis Barthas évoque l'attaque de Mazingarbe, en décembre 1914:  
"Il n'y avait que le caporal qui était obligé de marcher en tête de son escouade, les sergents marchants en serre-file pour faire marcher les traînards et les abattre à coups de revolver à discrétion [...] "faites passer à l'adjudant Col que si sa section n'avance pas, on va lui tirer dessus !"
 
Il est a noter qu'à aucun moment Louis Barthas n'est témoin de la mise en oeuvre de ce qui ne reste que des menaces.
 
Je n'ai par contre jamais rien lu concernant des coups de bâtons !
 
Régis


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Air
n°89393
J.Dauge
Posté le 28-09-2011 à 18:14:25  profilanswer
 

Bonjour
J’ai le souvenir de la conversation de mon Grand Pére avec un de ses amis qui rapportait l’attitude de son officier : celui-ci menaçait ses hommes  revolver au point « durant l’assaut ou l’ors d’une retraite ? » et certainement plus car avait il ajouté : si les Allemands ne l’avaient pas tué c’est une balle française qui l’aurait fait.
Ce témoignage a bien été confirmé des années après par ma Mère ; j’ai pu identifier son officier et retrouver sa tombe quelque part sur les champs de bataille de la Marne.
Paix à son Ame.
Il me semble qu’il avait ajouté qu’en général les rapports entre officier et soldats avaient bien évolué durant le conflit.
Pas de témoignage au sujet de coups de bâtons, mais coups de plats de sabre et coups de pieds aux fesses pour motiver les troupes à l’assaut (  Officier allemand à Bertrix) oui.
Le récit de ce témoin paraitra ultérieurement sur mon site.
 
J.

n°89409
berry
Posté le 29-09-2011 à 10:16:33  profilanswer
 

Ce genre de choses a toujours existées, en 14-18, comme dans tous les conflits de L'Histoire; dans l'armée française comme dans les armées allemande, russe, américaine, anglaise et japonaise !  à Wagram comme à Stalingrad, et à Iwo- Jima comme au Chemin des dames. Comment pourrait-il en être autrement ? la guerre est le domaine de la violence absolue .
 Cela est tout particulierement vrai lors des affrontements oû chacun des adversaires perçoit  que l'enjeu est capital et qu'une faiblesse engage l'issue du combat.


Message édité par berry le 29-09-2011 à 10:45:20

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