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Au détour des JMO (23) - Avec les conducteurs des sections de TM| Bas de page | |
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| Auteur | Sujet : Au détour des JMO (23) - Avec les conducteurs des sections de TM |
Arnaud Carobbi Alc ixh xan | SUITE AU CHANGEMENT DE CONDITIONS D'UTILISATION DE L'HEBERGEUR D'IMAGES, UNE PARTIE VOIRE TOUTES LES IMAGES ONT ETE EFFACEES. Bonjour à tous, Ce « Au détour des JMO » n'est pas comme les autres. C'est un hommage à deux personnes qui ont valu au forum deux très belles discussions et ce qui restera pour moi (et probablement pour d'autres) un grand moment de l'année 2011 :
- L'aventure de Dominique Bleunven et de son camion que nous avons pu suivre de son idée à sa réalisation finale en octobre/novembre dernier.
Rarement on aura lu autant de qualificatifs positifs sur une telle entreprise de souvenir. Et l'action individuelle de Dominique a été suivie sur place et par le biais d'internet par de nombreux membres du forum. Certes, les routes étaient moins bonnes qu'aujourd'hui mais dans le même temps, la circulation y était moindre, tout comme les ronds-points qui furent si durs à négocier ! Ce petit travail de recherche n'a pas vocation à tout dire sur les sections de transport de matériel, il ne sera pas aussi clair que l'article de Thierry et moins passionnant que les péripéties de Dominique. Il s'agit juste de mettre dans le projecteur (ou la lampe lanterne si je voulais rester dans le thème) le rôle, une ébauche d'organisation et les ouvertures possibles pour les autres recherches. Et n'ayant travaillé que sur une seule source, comme d'habitude, il va de soi que la vision donnée sera très partielle et incomplète. Mais pas inintéressante j'espère. N'ayant aucune littérature sur le sujet, tout complément sera évidemment le bienvenue, mais j'y reviendrai.
Un tableau compris dans l'historique du 20e ETEM (disponible sur le site de Jean-Luc Dron : http://tableaudhonneur.free.fr/20eETEM.pdf ) donne la date de formation de toutes les sections de TM rattachées à cet escadron (et ils sont nombreux !). Je ne vais m'attarder que sur une poignée si on compare aux centaines de sections créées. La formation commence par la réunion des hommes et des véhicules. On trouve parfois le procès verbal de formation de l'unité, sous la forme d'une transcription...
JMO de la TM359, SHD, 26N1348/22, page 2. … ou sous la forme du document collé :
On trouve aussi exceptionnellement, non seulement le type de véhicule attribué à la section mais aussi leur matricule :
Le matricule a son importance : toujours grâce au travail de Thierry, on apprend que la tranche 26001 à 28000 est donnée au Parc d'organisation de Versailles et concerne des véhicules neufs (2000). Hélas, si j'ai bien compris, cela ne permet pas de savoir à quelle armée cette section fut rattachée. D'après les JMO, chaque section comprend un officier commandant, trois sous-officiers et environ 25 conducteurs. Dans le JMO de la section TM329, SHD 26N1348/8 vue 3/99, on trouve non seulement la composition de l'unité mais aussi le nom de tous les hommes qui y ont été versés !
Pour parfaire la formation, il reste souvent le camion-atelier à prendre à Paris, aux Arts et Métiers, au Magasin Central Automobile (MCA). Et une phase plus ou moins longue et bien organisée de mise en place administrative (il arrive que l'officier doive acheter lui-même une partie des pièces administratives), de formation des conducteurs et de réglage des véhicules.
Comme le montre avec détails le JMO de la TM 332 (SHD 26N1348/11 vue 3/48 http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html ) voici quelques éléments sur les exercices et les travaux réalisés pour que l'unité devienne utilisable. Les premiers jours qui suivent l'installation dans un parc sont réservés au nettoyage des camions, l'apposition d'un numéro d'immatriculation et d'un signe distinctif (pour le TM332, « Initiales JC entrelacées sur un fond blanc de 30x30 »). Puis école de conduite, conduite en convoi, revues diverses, aménagement des camions... Une fois l'unité constituée et « rodée », la cadence des transports augmente rapidement avec semble-t-il des périodes plus intenses et d'autres plus calmes. Quoi qu'il en soit, les jours où les JMO indiquent « Rien à signaler » ne veulent pas dire journée allongées dans l'herbe à se reposer avant les transports du lendemain. Certes, les camions neufs de l'époque nécessitaient probablement un peu moins de soins que celui de Dominique. Toutefois, certains JMO (comme celui de la TM190) détaillent ce qu'était le quotidien ces fameux jours « rien à signaler » : graissage, entretien, nettoyage de la voiture (le mot étant utilisé indistinctement à la place de camion), corvée au cantonnement. Et les périodes de repos plus longues sont en fait utilisées pour faire des théories (comme le règlement de la circulation en convois qui apparaît dans plusieurs JMO), des exercices (à pieds ou avec véhicules), même du sport.
Les déplacements ne sont pas sans incidents : pannes nécessitant des manœuvres de remorquages, camions embourbés, tamponnement (on dirait accrochage aujourd'hui) et fausses manœuvres. Cet exemple nous montre que les sanctions sont toujours d'actualité dans ces unités. Ici, prison pour avoir eu un accrochage, dans d'autres cas, mutations dans une autre section ou une autre arme. Il y a peu de JMO indiquant les punitions distribuées, celui de la TM 350 (SHD 26N1349/18 http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html ) le fait. Cela nous donne une idée des fautes commises. Outre les fautes de conduites entraînant de la prison, on retrouve les mêmes infractions qu'à la caserne : les hommes qui ne sont pas à l'appel du soir ou qui « font le mur » pour aller à la maison de tolérance ou boire. Ces activités sont plus répandues que dans les troupes combattantes, les sections automobiles, en 1915 en tout cas, étant localisées assez loin du front, dans des zones toujours habitées par les civils. L'état d'ébriété (au cantonnement, la nuit, au volant) est donc le principal motif de punition consigné dans le JMO de la TM350. Il est dommage que les rapports sur deux accidents entre un camion et un enfant soient mentionnés mais pas annexés au JMO. Les faits donnent aussi une idée de certaines habitudes ou obligations qu'avaient les conducteurs. En voici une petite sélection :
Dans la majorité des sanctions mentionnées par le JMO de la TM350, on constate l'aggravation de la sanction initiale donnée par le chef de section par le chef de groupe voire par le commandant de la réserve. Voici un vocabulaire que l'on trouve régulièrement dans les JMO des TM : section, groupe et groupement.
Les groupes sont réunis dans un groupement, mais je n'ai pas trouvé le nombre de groupes composant un groupement dans les rares JMO disponibles à ce niveau.
Les deux tableaux montrant les missions quotidiennes de la TM183 et de la TM329 illustrent parfaitement la variété des missions remplies par les sections. Missions qui variaient d'une section à l'autre : pour certaines, essentiellement le transport des troupes, pour d'autres le transport de matériel, de ravitaillement, de munitions. Et plus accessoirement, des missions liées au service du groupe (ordinaire, ravitaillement en essence...). Il semble qu'en fonction de la localisation du cantonnement, à moins que ce soit en fonction du rattachement, certaines sections aient été plus affectées à certaines missions qu'à d'autres. La TM183 fit surtout du transport de troupes, la TM329 quasi exclusivement du transport de matériel. La TM183, après une période en Artois après sa formation, est envoyée dans la Marne. En bleu, les transports de troupes sont de loin l'activité principale du groupe. En violet, le transport de matériel, en gris les périodes sans transport ou de formation de l'unité. Seule l'année 1915 a été étudiée.
Dans le second tableau, le violet montre les véhicules affectés à une mission de transport, en bleu pour les transports de troupes, en orange pour le service d'ordinaire et en gris la période de formation de l'unité. On constate clairement que cette TM329 était surtout affectée à des missions de transport de matériel (mais pas de munitions). Plus intéressant encore est le détail des camions utilisés pour chaque mission. Cela permet de constater que tous les camions n'étaient pas utilisés en même temps et, comme pour la TM183, que certaines périodes voyaient une utilisation bien plus intensive de la section. Le rythme est toutefois moins régulier que pour la TM183.
La lecture des quelques JMO des TM disponibles doit-elle être réservée aux seuls férus d'automobiles, de vieux camions ou a-t-elle d'autres intérêts ? Pour le passionné lambda (aucune connotation négative dans cette expression) ces JMO apportent un autre regard sur les mobilisés. Mais ce sont aux passionnés du parcours d'un régiment que ces JMO peuvent apporter le plus. Il est très fréquent de trouver le détail des troupes transportées et pouvoir ainsi affiner la connaissance du parcours du régiment étudié. Les passionnés de ces régiments étant souvent à la recherche du moindre détails, les JMO des TM peuvent en donner comme je vous propose de le découvrir avec cet exemple : le départ du 28e RI après les très durs combats d'Artois. Le régiment a quitté les premières lignes le 27 mai. Voilà ce qu'en dit le JMO transcrit par Vincent Le Calvez sur son site :
Tout semble être dit. Pourtant, les JMO des TM va préciser un peu les choses. Le JMO du groupe (disponible dans le JMO de la TM196) indique clairement qu'il s'agit de transporter un bataillon du 28e RI, hélas sans plus de détails, en particuliers sur le nombre exact de véhicules utilisés. On notera les différences d'heures et de destination par rapport au JMO du 28e RI. A peine une heure quinze pour faire 27 kilomètres. Possible, mais est-ce la vitesse habituelle d'un convoi ? La destination pour le JMO du régiment est Barly pour gagner Fosseux quand les JMO des TM passent à Barly et vont jusqu'à Saulty, plus au sud. Comment expliquer ces différences ? Il n'est probablement pas question de donner raison à l'un ou à l'autre. Certes, le JMO du 28e RI est corroboré par le JMO d'une autre section de TM n'appartenant pas au groupe auquel appartiennent les TM183, 186 et 190 (+ 191). Un dernier groupe a participé dont j'ai identifié une seule TM : la TM394. Au final, le régiment a-t-il été scindé en trois groupes ? La solution pourrait venir d'une vision plus complexe que ce que disent les JMO individuellement : trajet très rapide (autour de 20km/h) mais des destinations différentes (en fonction du cantonnement) ? Attention, le 24e RI a aussi été transporté le même jour depuis le même lieu, ce qui explique des destination encore différentes.
Voici ce qu'il est possible de déduire de la lecture de quelques JMO sur un trajet : le transport du 293e RI le 31 octobre 1915 dans la Marne.
Il ne s'agit pas d'une carte montrant toutes les TM ayant participé à ce transport, mais celles qui ont un JMO mentionnant ce transport. La carte montre un déroulement classique de transports de troupes : départ en convoi des sections depuis l'arrière vers la zone d'embarquement, transport des troupes, retour au cantonnement. Parfois le cantonnement est sur place afin de réaliser d'autres transports le lendemain. Il arrive aussi que la section fasse deux transports dans la journée, cumulant au final jusqu'à plus de 200 km en une journée (le plus souvent entre 100 et 175 km dans la journée pour les transports de troupes lus). Ces JMO permettent de réaliser des statistiques qui aujourd'hui intéresseraient les rédacteurs de magazines automobiles, et qui pour des passionnés de la Première Guerre mondiale donnent quelques éléments pour imaginer ces transports. Il n'est pas question de faire d'un seul exemple une règle pour tous les transports de troupes de la guerre, d'autant plus que le premier exemple de trajet (celui du 28e RI s'est fait à une vitesse supérieure) ! Juste une illustration : Vu qu'il n'est pas indiqué s'il a été fait une halte, il n'est pas possible de déterminer si ces moyennes sont fiables. La TM 190 donne un élément complémentaire la consommation pour 19 camions pour ce trajet : 140 km pour chaque camion et une consommation d'essence globale de 1130 litres. Cela donne une consommation moyenne de 42,5 litres pour 100 km par camion.
Certes, on est très loin des pertes des autres armes. Quand on regarde les pertes référencées par MemGenWeb sur les pertes par type d'unités, on constate que la majorité ont autour d'une centaine de décédés alors que le 20e ETEM, dont dépendent les TM, en compte plus de 1800. Cependant, rares sont les fiches indiquant la section, ce qui rend difficile les recoupements avec les quelques JMO disponibles. Et les quelques fiches trouvées ne correspondent pas à des JMO disponibles qui auraient pu permettre de préciser les circonstances de la blessure ou du décès.
Accidents et surtout maladies ont été la cause de nombreux décès. Quelques décédés lors de bombardements aériens ou par l'artillerie. Sur les 203 000 hommes passés par cette arme, on trouve 1,7% de décédés soit environ 3 500 hommes.
L'expérience de Dominique va au-delà du parcours de souvenir individuel. Il a permis, j'en suis sûr, à de nombreuses personnes qui ont suivi son périple, de prendre conscience de la difficulté du travail des conducteurs automobiles et de mettre en lumière leur action. Autre avantage, celui de faire entendre le son du camion, ne manquait que l'odeur d'huile, de graisse, d'essence. On peut regretter que Dominique n'ait pas été jusqu'à dormir dans un hamac suspendu à l'arrière du camion ! Je plaisante évidemment !!! J'espère que cela incitera les passionnés des 22e RIT (voir TM329 vue 16/29), 28e RI (TM 329 21/29), des 36e RI, 57e RI et 74e RI (idem, 23/29) – pour ne citer que quelques unités vues dans un JMO - à tourner les pages des quelques JMO disponibles pour retrouver quelques éléments sur leur sujet d'étude. Encore merci à Thierry et Dominique pour leur travail. A bientôt pour un retour à une recherche sur un détail d'un JMO et non une recherche plus transversale. Amicalement et encore joyeuses fêtes de fin d'année 2011, Message édité par Arnaud Carobbi le 20-02-2012 à 15:38:28 --------------- Le parcours du combattant de 14-18 Dernière mise à jour : 23/05/2012 - "Les soldats guyanais dans la Première Guerre mondiale". |
nicolas55 | .
Message édité par nicolas55 le 25-12-2011 à 01:40:17 |
thierry767 | Bonjour Arnaud, bonjour à tous,
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Frederic Avenel | Bonjour Arnaud, bonjour à tous,
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Arnaud Carobbi Alc ixh xan | Bonjour Frédéric, Effectivement Thierry, votre article sur les immatriculations sur le site indiqué est une très bonne base de départ.
Lorsque le samedi 24 avril l'unité TM388 reçoit l'ordre de se tenir prête à partir l'unité a été constituée il y a à peine un mois. Les hommes ne se connaissent pas, ce qui peut expliquer la mésentente entre le chauffeur et Abel, ce qui peut expliquer l’inimitié de la part du chauffeur, jaloux de la position d'Abel qu'il ne connaît pas.
Il est possible d'affiner ce parcours grâce au JMO de la TM393 qui appartenait peut-être au même groupe ou au même groupement. Cette section a suivi le même parcours que la TM188 (vues 5 et 6). On y apprend que ce sont des hommes du 77e RI qui furent transportés. Ce témoignage, on le voit clairement quand on le compare au JMO de la TM393, est très riche et complète les données administratives en mettant les aspects humains du conducteur ou de l'aide conducteur : un rythme fou, les arrêts parfois très brefs, peu de repos à d'autres moments. Il insiste sur l'état physique à la fin du parcours. Et sa description de la première nuit, on est avec lui tant le récit est bien écrit. Vraiment une très belle illustration ! Merci. Amicalement, Message cité 1 fois Message édité par Arnaud Carobbi le 29-12-2011 à 14:53:13 --------------- Le parcours du combattant de 14-18 Dernière mise à jour : 23/05/2012 - "Les soldats guyanais dans la Première Guerre mondiale". |
MP 92 |
--------------- Michel PINEAU Il m'importe peu que tu adoptes mes idées ou que tu les rejettes pourvu qu'elles emploient toute ton attention. Diderot |
thierry767 | Bonsoir à tous,
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