Bonsoir à tous,
Quand elle est réalisée de façon centralisée, une immatriculation ou une réimmatriculation permet de dénombrer à l’unité un parc de véhicules, dans un but essentiel de contrôler l’allocation de chacun d’entre eux et dans un autre, presque aussi important, de surveiller les abus ou les infractions qui peuvent être commis. Le fichier unique compilé à la suite de la réimmatriculation est un instrument de gestion, plus qu’un jouet de bureaucrate.
A la fin de 1914, rien que dans la zone des armées, on trouvait des immatriculations civiles (véhicules militaires d’avant août 1914, véhicules civils réquisitionnés via les commissions, véhicules civils réquisitionnés en urgence), de même que des immatriculations militaires sorties du chapeau (il avait bien fallu identifier les véhicules neufs qui commençaient à arriver, par exemple de Lyon ou des Etats-Unis). Ce n’était pas homogène, et si chaque service automobile d’armée pouvait savoir où il en était, je me demande comment la D.S.A. au G.Q.G. pouvait avoir une vision précise. A cette époque aussi, la D.S.A. s’est inquiétée de réduire les allocations de véhicules de tourisme utilisés dans les armées, une immatriculation centralisée était un moyen de contrôler que rien ne lui échappait avant d’imposer des restrictions. Cette immatriculation est aussi venue à point pour identifier les ambulances, surtout les ambulances étrangères qui arrivaient, pour savoir les affecter à telle ou telle section sanitaire au service de tel ou tel corps d’armée. Les ambulances étrangères restant la propriété de leur donateur ou du pays originaire du donateur, quelle immatriculation exotique aurait-elle pu servir autrement ? Enfin, l’immatriculation n’est rien s’il n’y a pas un document de bord unifié que l’on peut réclamer au conducteur, des “livrets matricule” ont été mis en place en parallèle avec l’immatriculation.
Toutes ces raisons me paraissent valables pour avoir engagé une tâche effectivement bien lourde. Je rassure tout de suite P. Mercadal, les numéros étaient immuables, c’est-à-dire que le numéro, une fois attribué par le service automobile détenteur du véhicule au moment où l’immatriculation était faite, ne changeait pas si le véhicule passait à un autre service automobile, par exemple celui d’une autre armée.
A bientôt,
Thierry