Bonjour Jérôme
La part la plus importante de cette diminution d'effectif est due à celle, significative, de la compagnie d'infanterie. En effet, elle passe de 250 en 1914 à 150 en 1918. Ce qui, d'un bataillon (à 4 compagnies d'infanterie) à près de 1100 en 1914, nous donne en 1918 un bataillon (à 3 compagnies d'infanterie et 1 compagnie de mitrailleuses) à juste 700.
Cette diminution ne peut pas s'appliquer de manière uniforme dans toutes les subdivisions.
En effet, l'infanterie métropolitaine a vu beaucoup de ses régiments de réserve dissous à partir de 1916 mais, la majorité des dissolutions de 1916 et 1917 a servi à compléter à 3 bataillons les autres régiments de réserve qui n'en comptaient que 2 à la mobilisation (excepté la série des 400 créée d'emblée en 1915 à 3 bataillons). Les dissolutions de 1918, une cinquantaine de régiments, sont en général des pertes sèches (parce qu'il n'y a plus d'approvisionnement ultérieur) même si l'effectif des régiments dissous est ventilé dans des unités existantes, mais sans création d'unité.
Le cas de l'infanterie territoriale serait intéressant à étudier en détail car cette subdivision a subi des fluctuations importantes. Il semble que son effectif global n'est fait que décliner pendant la guerre.
Concernant les bataillons de chasseurs, ils subissent la même évolution que l’infanterie métropolitaine tant dans l'évolution des structures que dans la dissolution d'un certain nombre de bataillons de réserve.
Dans ces deux subdivisions, le pourcentage d'unités dissoutes pendant la guerre par rapport au nombre total d'unités existantes ou créées pendant la guerre doit être assez semblable.
Concernant l'armée d'Afrique,
- les régiments de zouaves sont passés de 31 bataillons en 1914 à 21 bataillons en 1918 (sur le front français uniquement). Ils sont donc à la même enseigne que l'infanterie métropolitaine et les chasseurs.
- Le cas de la Légion étrangère reste relativement marginal
- En revanche, les régiments de tirailleurs (algériens et tunisiens) comptaient 32 bataillons engagés en 1914 sur le front français et ils en avaient 48 présents le jour de l'Armistice. En appliquant la règle 1100 devient 700, on constate que, malgré le nombre supérieur de bataillons au final, l'effectif global est inférieur à celui initial. Même dans ce cas, il y a donc diminution.
- Idem pour les régiments de tirailleurs marocains avec 5 bataillons en 1914 et 6 bataillons présents le jour de l'armistice.
Concernant l'infanterie coloniale, pour la partie RIC, on doit être un peu sur le même schéma que pour les régiments de tirailleurs : augmentation du nombre de régiments mais diminution globale des effectifs. Toutefois, si on prend compte les BTS (bataillons de tirailleurs sénégalais) plus présents en 1918 qu'en 1914, on devrait avoir des chiffres assez différents vu le nombre important de bataillons engagés au combat (35 en 1918).
Tous ces chiffres ne sont que des pistes de recherches ou mériteraient un approfondissement.
Cordialement
Eric