Yv' La Grande Guerre en photos : Uschen et 45 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

n°122697
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 29-07-2017 à 15:31:55  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Bonjour
    Ne perdons pas de vue que tout cela est empreint (doux euphémisme) de propagande ..... Je voudrais bien être petite souris temporelle -non pour les effrayer- mais pour voir par moi-même sur place ! En plus (peut-être !) d'un 1/4 d'heure de pause, il y a le sourire inévitable face à l'opérateur et son appareil, être photographié n'était pas si fréquent (et réservé aux cérémonies) ; ce n'était pas encore le "vu à la télé", mais c'est le même réflexe ... avec les egoportaits, il n'a pas vraiment disparu.
Je suis certain que vous n'en doutez pas, mais il y a des lecteurs de passage qu'il ne faudrait pas leurrer.
Cordialement
Alain


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http://civils19141918.canalblog.com http://ggfamille4d.canalblog.com http://theywerethere.canalblog.com "Si on vous demande pourquoi nous sommes morts, répondez : parce que nos pères ont menti." R. Kipling
n°122698
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 29-07-2017 à 15:42:39  profilanswer
 

bonjour à toutes et tous,  
Alain, vous avez parfaitement raison de réactiver l'aspect "propagande", d'autant que le film, l'article a été tourné  rédigé en 1917! une année marquée par les mutineries ( même s'il y a eu d'autres dans les années précédentes)
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 29-07-2017 à 19:24:04

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122699
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 29-07-2017 à 17:44:16  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous,  
Nous voici à la page 29 du sujet, par conséquent, les interventions de la pages 28 ont été indexées dans le sommaire ( accessible à partir de ma signature en bas de ce post) avec la mention : nouveau, 29/07/2017
Si vous remarquez erreurs, oublis... n'hésitez pas à me les signaler
Cordialement
Brigitte


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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122700
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 29-07-2017 à 20:48:37  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous,  
La lecture de cet extrait de l’article http://ancetres-metiers-conditions [...] 51603.html est, selon moi, sujet à questionnement « une ouvrière adroite gagne aisément  ses huit francs par jour » m'a amenée à rechercher le salaire journalier d'une munitionnette.  
Je n'ai pas encore trouvé mon bonheur,  en revanche, j'ai découvert un article sur les munitionnettes auvergnates. Le texte concerne bien la fabrication de munitions mais, étrangement, toutes les photos se rapportent à la fabrication des masques à gaz Michelin.
https://www.bibliotheques-clermontm [...] auvergnate
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 29-07-2017 à 21:03:16

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122701
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 29-07-2017 à 21:02:17  profilanswer
 

re- à toutes et tous
Je me disais bien que 8 francs /jour était une somme énorme pour une femme! On va remettre les choses dans "le bon sens": il y a u grossière erreur sur la personne.
Selon cet article: http://france3-regions.francetvinf [...] 08159.html "Les femmes sont payées 2 fois moins que les hommes, soit 4 à 5 francs la journée. Les hommes touchent le double, même s’ils font le même travail.  
La rumeur imagine les munitionnettes dépensant leurs salaires en toilettes et bas de soie. La réalité est beaucoup moins reluisante."

Il faut que je trouve d'autres sources, pour vérifier, recouper...
Bonne soirée
Brigitte
 
PS:
Dans le même article, je lis ceci : "La guerre a aboli les lois protégeant les ouvriers. Et les syndicalistes ne sont pas enclins à défendre ces femmes qui ont pris l’emploi des soldats."  
C'est, on ne peut plus paradoxal: puisque les hommes sont soldats, les femmes ne leur ont pas piqué leur emploi! La nation avait besoin d'elles, d'autre part, il fallait bien qu'elles nourrissent la famille (qui est aussi celle des hommes). Les syndicalistes en question n'étaient visiblement pas au front... (trop âgés? sur les photos, certains ne semblent pas si âgés que cela, j'imagine donc qu'ils étaient  non-mobilisables ou en fonction dans les usines à cause de leurs compétences.)  
cordialement
Brigitte
Je l'ai lu l'attitude, particulièrement en retrait, des syndicats d'hommes pendant les grèves des femmes ( cf sur ce fil de discussion, le sujet des grèves)


Message édité par Skellbraz . le 13-08-2017 à 13:20:03

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122702
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 29-07-2017 à 21:45:59  profilanswer
 

bonsoir à toutes et tous,  
On est bien loin de ce qui est écrit dans cet article qu'Alain Dubois-Choulik soupçonnait, à juste titre, d'être un article de propagande.Voici une autre vision des choses
 source: http://www.lamarseillaise.fr/cultu [...] tionnettes, je cite:
« On utilise toute la main d’œuvre disponible, jusqu’aux mutilés et prisonniers de guerre[...] des ouvriers mobilisés rappelés. » « Dans les usines, il n’y a plus ni droit ouvrier ni lois sociales, il n’y a plus que la guerre" disait Millerand, ministre de la Guerre.  
oubliés le repos hebdomadaire, la journée de dix heures ou l’interdiction du travail de nuit aux femmes. Ce travail de force, les ouvrières l’accomplissent de nuit comme de jour par équipes tournantes, pendant onze ou douze heures, avec au plus deux jours de repos par mois » …  
« suspendues, dès 1915, les lois relatives à l’insalubrité des locaux industriels. Les munitionnettes travaillent dans les gaz et fumées toxiques, au contact de produits corrosifs. Elles utilisent des machines coupantes sans gants et ne sont pas équipées de tenues spéciales. »
 "Ne dites jamais que les ouvrières d’usine sont des privilégiées. Dites-vous comme je me dis à cette heure : il faut vraiment avoir faim pour faire ce métier. Que de courage ! Que d’effort et de misère ! »

 
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 30-07-2017 à 01:07:15

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122704
demonts
Posté le 30-07-2017 à 08:37:19  profilanswer
 

http://www.persee.fr/doc/anami_000 [...] 0_262_7219
 
Le travail des femmes dans les usines de guerre de la France méridionale (1914-1918)  

 
par Marie Llosa  
 
 
Bonjour,
 
Un très bon article sur le travail des femmes durant la première guerre mondiale  confirmant les bas salaires (4 à 4,5 f la journée), la pénibilité, les nombreux accidents, le manque d'hygiène, etc.
 
Bonne lecture.
 
François
 
 

n°122706
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 30-07-2017 à 15:23:35  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous,  
Merci François pour tes recherches qui aident à recouper les informations.  
Les munitionnettes gagnent mieux leur vie que les travailleuses du textile ou d'autres domaines, ceci n'a pas manqué de susciter de la jalousie. Il faut réserve garder, ces salaires ne permettent pas une vie "facile", loin s'en faut.
 Je file maintenant pour une lecture plus approfondie de l'article dont tu nous as donné le lien.
Amicalement
Brigitte


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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122708
hector
Posté le 31-07-2017 à 09:18:30  profilanswer
 

hector a écrit :

Bonjour,
Pendant sa guerre, Etienne Valentin, Poilu et Artiste a dessiné 50 femmes et aucun cadavre.  
Bonne journée. G
https://sites.google.com/site/gener [...] s-en-14-18
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] me2017.jpg


 
 
 
http://s.infolocale.fr/saisie/mode [...] 645&type=p


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https://sites.google.com/site/gener [...] -de-voyage
n°122711
demonts
Posté le 31-07-2017 à 17:18:35  profilanswer
 


Bonjour à tous!
 
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] tionnettes
 
D'après la revue "Les Modes" de 1917 - un article très édulcoré sur les munitionnettes.
A lire...
Bonne lecture
François

n°122712
demonts
Posté le 31-07-2017 à 17:40:31  profilanswer
 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] 0de%201917
 
Les munitionnettes anglaises selon la revue 'L'automobile aux armées" sur GALLICA.
 
Bonne lecture
 
François

n°122713
demonts
Posté le 31-07-2017 à 18:38:20  profilanswer
 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] 20mondiale
 
Le journal de Madeleine DOLBEAU - infirmière Orléanaise bénévole durant la première guerre mondiale. bulletin de la société archéologique et historique de l'Orléanais.(Gallica)
 
Sympa de trouver des photos de l'établissement scolaire dans lequel on a travaillé.
 
Bonne lecture. Nombreux détails. A lire.
 
François

n°122714
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 31-07-2017 à 19:44:49  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous
Bonjour François
Le lien Gallica (d'après la Revue des Modes), que tu as posté nous donne accès à la totalité de l'article dont il était question à la page 28 : http://ancetres-metiers-conditions [...] 1603.html. Nous avons maintenant accès au nom du journaliste qui l'a écrit, un certain Nite. En effet, l'article complet est encore plus édulcoré que l'extrait (par exemple, les gestes des munitionnettes sont comparés à ceux des pianistes). Il n'empêche qu'il est intéressant de lire la prose de l'époque.
 
merci/merci pour ce lien Gallica.
Cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 31-07-2017 à 19:59:53

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122715
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 31-07-2017 à 20:04:35  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous
Merci Hector pour votre participation à ce fil sur les femmes.  
Oups, le lien qui se trouve en bas de votre post est invalide (infolocale) mais le premier ( dans l'encart) permet l'accès aux dessins d'Etienne Valentin.
Cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 31-07-2017 à 23:17:57

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122716
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 31-07-2017 à 20:08:50  profilanswer
 

bonjour à toutes et tous,  
François, cet article dont tu nous as transmis le lien : "le travail des femmes dans la France méridionales" est intéressant, on y trouve par exemple le témoignage du patronat, via la fille d'un patron qui décrit les évènements, dans une lettre à son père.
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 31-07-2017 à 20:10:25

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122717
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 31-07-2017 à 22:42:38  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous
Plusieurs fois, Guy François nous a permis d'accéder à la lecture des écrits de Léa Bérard,comme sur ce lien.  
 
 qui est Léa Bérard?
Léa Camourtères, citoyenne américaine, devient française par son mariage avec Philippe Bérard. En 1887, elle est reçue à l’agrégation en lettres, elle était élève de l’ENS de Sèvres.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/agregrepertoire2.png
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/agregationlea2.png
 
Elle adhère à l’UFSF (union française pour le suffrage des femmes) fondée en 1909, cette association de femmes a refusé d’opter pour la violence.
Elle fonde l'oeuvre caritative "Mon Soldat", destinée à apporter une aide aux soldats qui, pour diverses raisons, ne pouvaient maintenir le lien avec leurs familles . Alexandre Millerand, ministre de la guerre lui apporte son soutien en mai 1915
 Sources :  
 * http://www.lefigaro.fr/histoire/ce [...] s-1915.php
* http://www.cheminsdememoire.gouv.f [...] -de-guerre
* https://www.facebook.com/webradioso [...] 785900185/
* Raphaël Delpart « courrier de guerre, la poste aux armées" éd l’Archipel
 
A l'issue de la guerre, considérant que les actions des femmes étaient tombées dans l'oubli, Léa Bérard propose de lancer une grande enquête sur l’action des femmes pendant la guerre. A cet effet, elle collecte et répertorie les infirmières et les héroïnes de guerre. Elle est éditée en 1919.  
Selon le « Portail des bibliothèques municipales spécialisées » Léa Bérard  leur a consacré deux ouvrages :
*Au service de la France. Les décorées de la grande guerre.... I : Dévouement. 18ème région militaire (Gironde, Landes, Basses-Pyrénées. Hautes-Pyrénées. Charente-Inférieure.)  
* Au service de la France. Les décorées de la grande guerre.... II : Héroïsme : L'invasion  
 
Professeur agrégée en Lettres, elle est également chargée des Cours de Cuisine au Lycée de jeunes filles à Montpellier, elle rédige un ouvrage: "Cuisine raisonnée et alimentation rationnelle" (... histoire des moeurs alimentaires depuis les Grecs jusqu'à nos jours, le rôle de la femme à travers les âges etc...)  (librairie Hatier, 1919)
autre source:  
le suffragisme en temps de guerre, visages du suffragisme (Léa Bérard) : http://musea.univ-nantes.fr/exhibi [...] mps-de-gue
 
cordialement
Brigitte
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/leaBerardcouverture.pnghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/leaberardtexte.png


Message édité par Skellbraz . le 31-07-2017 à 23:12:59

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122718
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 01-08-2017 à 00:22:47  profilanswer
 

oups,  
ce lien, transmis par Guy François, (un écrit de Léa Bérard sur Marie de CROY) avait été oublié, je viens de le rajouter dans le sommaire. Avec toutes mes excuses.
cordialement
Brigitte


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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122719
air339
Posté le 01-08-2017 à 15:43:48  profilanswer
 

Bonjour,
 
 
 
Il y a des choses intéressantes à creuser sur la photo présentée par François et identifiée par Alain comme photo de propagande.
 
 
Cette photo est prise à la nouvelle et très moderne usine de Chilwell, près de Nottingham en Angleterre, qui débute son activité en janvier 1916.  
Elle bénéficie des nouvelles formes d’organisation issues des Etats-Unis (tout comme l’usine d’obus Citroën du quai de Javel) : parcellisation des tâches, rationalisation des espaces, adaptation du matériel, propreté, sécurité. D’où une abondance de clichés de « propagande ».
 
Cette usine (en fait, un complexe de 6 ateliers), est consacrée au chargement des obus en explosifs, Lyddite ou Amatol, l’équivalent de notre mélinite.  
Ces explosifs de couleur jaune produisent des poussières qui teintent tout, à commencer par la peau des « munitionettes » - le terme est utilisé en Angleterre, avec un « n » en moins - qui sont surnommées « canaries ». Des autopsies montreront que cette pigmentation se retrouve jusque dans les muscles et les organes internes.  
 
 
La photo nous montre une étape du marquage à la peinture des obus, après leur chargement.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/atelierchil.jpg
 
Ceux-ci arrivent sur les wagonnets que l’on voit en arrière-plan (du moins il me semble qu’il s’agit de wagonnets, que l’on voit sur d’autres photos prises dans cette usine).  
Les ouvrières 1 à 3 font basculer les obus à plat sur le plan incliné : opération difficile car ces obus de gros calibre (on dirait des 8. ou 9.2 inch) dépassent les 100 kilos !
 La 4e  ouvrière semble stopper l’obus, la 5e applique une marque à la peinture (stencil) aidée par la 6e.  Les 4e et 6e tiennent une manette qui doit servir à bloquer les projectiles. Les 7e et 8e les reprennent ensuite sur un diable.
La seule marque apposée semble être le cercle sur l’ogive, cercle qui doit être rouge et indique que l’obus est chargé.
Les ouvrières, mal assises sur des caisses à munition, sont obligées d’effectuer leur travail à mauvaise hauteur, ce qui implique des efforts inutiles et des TMS à long terme.
 
 
Il existe d’autres photos colorisées de cette scène, avec des couleurs différentes pour les tenues : kaki ou bleu ! Ce qui montre les réserves à avoir sur tout document retouché…
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/b7bc219f57a01adc213cf9d441ec3885munitionfactoryworker.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/8643957.png
 
 
La sécurité dans cette usine modèle impose le port de tenues de travail : salopette, bonnet, gants de caoutchouc, boots de caoutchouc, ces dernières pour éviter tout frottement sur le sol qui pourrait faire détoner des poussières d’explosif. Cette photo prise à Chilwell se veut exemplaire :  
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/HU96426.jpg
 
Pourtant, on peut constater sur l’opération de marquage à la peinture que les ouvrières ne portent pas de gants, qui ne seraient pas inutiles si l’une d’elles se faisait coincer un doigt entre deux obus ! De même, l’ouvrière qui appose la peinture ne porte pas de boots mais des chaussures à talon ; tandis que les ouvrières  qui poussent les diables chaussent bien les boots.
 
 
 
Toutes ces mesures de sécurité n’empêcheront pas une catastrophe. Le 1er juillet 1918, un atelier saute, provoquant la mort de 134 personnes, dont seulement 38 pourront être identifiées…
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/chilexplo.jpg
 
 
 
Pour en savoir plus sur l’usine de Chilwell, un lien intéressant sur le site de l'Imperial War Museum : http://www.iwm.org.uk/history/9-wo [...] ns-factory
 
 
 
Cordialement,
 
Régis


Message édité par air339 le 02-08-2017 à 08:25:12
n°122720
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 01-08-2017 à 17:20:21  profilanswer
 

Bonjour,
     Je rajouterai à cette très bonne analyse, que trouve le geste de #2 et #3 à la fois élégant et photogénique (le contraire de réaliste : "je fais ça de deux doigts" ).  #7 semble attendre avec un diable vide (vue la position de ses mains) que #8 ait fini le déplacement de son obus; mais rien n'indique une aide au relèvement de celui-ci depuis la ligne de marquage vers son diable  (genre j'engage le diable, le relève et l'obus en fait autant, en bénéficiant du bras de levier ) qui n'a pas l'air équipé pour recevoir un objet cylindrique !!! La poignée de transport n'est pas des plus adéquate pour cette manœuvre, ni pour la suivante qui est une manip de ripage comme un tonneau.  
A noter que #1 fait la manip inverse (toute seule ? ) j'ose espérer qu'elle n'a pas aussi déchargé les wagonnets sur le plan qui se trouve bien bas par rapport à ceux-ci.
 
Après on peut aller se promener dans l'atelier en poussant un  joli bébé  tout tranquillement ....
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/26/YO.jpg
 
Sur cette image diffusé par "The Guardian" en 2008, je me demande où elles vont déposer les obus .....
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/26/ou1.jpg
 
Bref, il n'y a pas d'option SEE (Sécurité, Ergonomie, Environnement) dans la propagande.
 
Pour être complet,  il faut ajouter que des travailleurs mâles ne seraient pas mieux lotis.
Cordialement
Alain
PS :  Plus je regarde l'image, plus je vois dans la main de  #6 et #4  comme dans celle de gauche de #5 un rouleau encreur ........ ( ce n'est pas la technique Stencil, électrochimique)
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/26/rouleau.jpg
 Il y a donc autre chose pour maintenir les obus ... espérons


Message édité par Alain Dubois-Choulik le 01-08-2017 à 17:32:02

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http://civils19141918.canalblog.com http://ggfamille4d.canalblog.com http://theywerethere.canalblog.com "Si on vous demande pourquoi nous sommes morts, répondez : parce que nos pères ont menti." R. Kipling
n°122721
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 01-08-2017 à 18:53:07  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous,  
AH! Merci/ Merci, Régis et Alain pour ces précisions et compléments!  
En prime, :bounce: chaque dame a maintenant son N°, de quoi prendre tout son temps pour bien observer les choses. La N°8 a un passage fort restreint entre les obus pour circuler avec son diable, elle n'a pas intérêt à rater son virage. 100kg! dites-vous ! mais, c'est juste énoooorme!  
 
J'imagine aussi que, si les munition(n)ettes avaient un tel teint "jaune canari", c'est parce que leur foie était atteint, par inhalation? par contact dermique avec les produits toxiques?  
Certes les messieurs n'étaient pas mieux lotis, si ce n'est par une force physique plus grande,  accordée par Dame Nature, exception (photo N°1 dans le post d'Alain) le monsieur âgé qui, lui, ne porte aucune tenue vestimentaire adaptée.  
 
D'ailleurs, j'ai lu que les industriels avaient dû effectuer quelques modifications dans l'outillage afin de permettre aux dames d'effectuer leurs tâches. Les dépenses ainsi occasionnées auraient contribué à justifier des salaires moindres pour les femmes.  
très cordialement
Brigitte
 
la photo, diffusée par "The Guardian" est tout simplement impressionnante. On dirait un champ où poussent des plantes métalliques.  
Peut-être y avait -il un rail, installé au plafond, qui permettait l'acheminement des obus par "voie aérienne"".


Message édité par Skellbraz . le 01-08-2017 à 19:46:27

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122722
air339
Posté le 01-08-2017 à 20:51:34  profilanswer
 

Bonsoir,
 
 
Bien vu Alain, ces petits rouleaux tenus par les ouvrières 4 & 6 seraient bien destinés aux marquages, allant au-delà du simple cercle rouge. D'ailleurs l'obus posé avantageusement en bout de chaine montre un ensemble de marques dont un grand X dont j'ignore la signification, avec à sa gauche les lettres "TNT" correspondant à la charge de détonateur nécessaire pour la Lyddite.  
 
Pour l'imprégnation des organismes en acide picrique, certainement par inhalation, mais un simple contact suffit à teinter la peau : rappelons qu'avant son application en tant qu'explosif par Eugène Turpin, ce produit servait à la teinture.
 
Et pour l'adaptation des ateliers à la main d'oeuvre féminine, Albert Thomas, sous-secretaire d'Etat aux munitions, va effectivement accepter en contre-partie une réduction de leurs salaires. Cela lui sera reproché, bien faiblement, par quelques syndicats. En effet, après la guerre, ces investisements donneront un avantage certain  aux entreprises équipées de matériel moderne permettant d'augmenter sensiblement la production, une fois les hommes revenus...
 
Cordialement,
 
Regis

Message cité 1 fois
Message édité par air339 le 01-08-2017 à 20:53:49
n°122723
air339
Posté le 01-08-2017 à 21:21:28  profilanswer
 

PS : "numeral and caliber to be stencilled on all projectiles" selon le "Treatise of ammunition" de  1915, page 237. Le procédé du stencil de 1915 n'est pas précisé...

Message cité 1 fois
Message édité par air339 le 02-08-2017 à 08:22:39
n°122725
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 01-08-2017 à 22:47:30  profilanswer
 

air339 a écrit :

après la guerre, ces investisements donneront un avantage certain  aux entreprises équipées de matériel moderne permettant d'augmenter sensiblement la production, une fois les hommes revenus...


Bonsoir à toutes et tous,
Merci Régis, pour ces nouvelles précisions.
 :pt1cable: je ne comprends pas : une fois la guerre terminée, la fabrication des obus l'était aussi... Du coup, à quel type de production pouvaient bien servir ces équipements, ils ont l'air spécifiques à un type de fabrication?
Cordialement
Brigitte
 
PS : le lien vers l'usine de Chilwell ne fonctionne pas.


Message édité par Skellbraz . le 01-08-2017 à 22:55:55

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122728
air339
Posté le 02-08-2017 à 09:11:35  profilanswer
 

Bonjour Brigitte,
 
 
 
J'ai remis le bon lien pour le site du British War Museum, concernant les conditions de travail en usine : "9 women reveal the dangers of working in a First World War munitions factory".
 
 
 
A propos des équipement des ateliers, une étude a été faite (reste à la retrouver...) sur l'avance prise par les usines ayant modernisé leur matériel pendant la guerre. Il s'agit essentiellement d'achat de matériel américain, par exemple des tours utilisant le procédé de l'acier rapide de Taylor. Ce matériel sert au travail du métal, quel que soit le produit fini.  
Une emboutisseuse, un tour, un laminoir, etc. n'est pas dédié à un travail unique, ce qui a permis pendant la guerre à des entreprises n'ayant rien à voir avec le matériel militaire de pouvoir en produire : Japy ou les Jouets de Paris produisent des casques Adrian, Michelin produit des masques à gaz, les automobiles Darracq tournent des obus, etc.
 
Après la guerre les nouvelles machines sont facilement reconverties pour tout type de travail du métal. D'autres entreprises vont faire le choix d'utiliser jusqu'au bout leurs vielles bécanes, pour tirer le maximum de profit. En fin de guerre, n'ayant plus les commandes lucratives de l'Etat, elles se retrouvent avec un matériel de production obsolète, lent, imprécis, qui ne peut rivaliser avec ceux qui ont investi. Les faillites vont s'ensuivre...
 
Un exemple de reconversion intéressant aux Etats-Unis, avec la production de moteurs d'avions du modèle Liberty par Henry M. Leland : la guerre s'arrêtant, pour écouler ses stocks, Henry Leland fonde... l'entreprise d'automobiles Lincoln (il est vrai qu'il avait précédemment fondé Cadillac !). En France, les usines d'obus Citroën du quai de Javel suivent le même chemin, se transformant en 1919 en usine automobile.
 
 
 
 
Bien cordialement,
 
 
Régis
 
 
Ajout : 2 articles de référence
 
L'impact de la guerre de 1914-1918 sur l'industrie mécanique de la région parisienne, Toshikatsu Nakajima, 1993 : http://www.persee.fr/doc/hes_0752- [...] _12_4_1690
Modernisations industrielles et fabrications traditionnelles dans la Grande Guerre à travers la photographie et le cinéma militaires, Véronique Goloubinoff, 2014 : https://insitu.revues.org/10924


Message édité par air339 le 02-08-2017 à 09:37:41
n°122729
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 02-08-2017 à 10:16:33  profilanswer
 

air339 a écrit :

PS : "numeral and caliber to be stencilled on all projectiles" selon le "Treatise of ammunition" de  1915, page 237. Le procédé du stencil de 1915 n'est pas précisé...


Bonjour
   Si je ne me trompe pas, stencil se traduit par pochoir, mais que poche-ton ?  De l'encre,  un produit chimique brunissant le métal ?
J'en suis resté aux "stencils à alcool" qui fournissait (dans les années 70) des feuilles d'énoncés de DS toutes fraiches, que les destinataires humaient, justifiant les élucubrations ....
Cordialement
Alain
 


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n°122731
air339
Posté le 02-08-2017 à 12:28:32  profilanswer
 

Bonjour Alain,
 
 
 
Ah ! les stencils bleus au parfum enivrant ! Et puis le papier jaunissait, les couleurs s'estompaient...  
 
 
Pour continuer sur les « munitionnettes », l’article de Véronique Goulobinoff (voir message précédent) donne de précieuses photos car les lieux sont identifiés.
J’en profite donc pour en extraire des zoom et risquer des commentaires sur la tenue de ouvrières et leurs conditions de travail – vues de 2017…  
Tout commentaire est bienvenu, mes connaissances en métallurgie sont sommaires et j’ai pu me tromper sur l’usage de certaines machines.
 
 
Photo 1 : Société d’éclairage électrique de Suresnes (Hauts-de-Seine). Atelier des gaines. Contrôle et machines à tarauder (zoom)
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/gainesSuresne.jpg
 
Tenue des ouvrières  
 
Blouse longue serrée à la taille ou jupe et corsage avec un tablier. En creux : Pas de salopette, pas de gants, pas de bonnet…
 
 
Le travail
 
Au dessus des ouvrières tourne un « arbre », actionnant les bandes qui font elles-mêmes tourner les machines. Sur cette photo, les bandes sont au repos pour le besoin du photographe. Pour en avoir vu en action, je me souviens qu’elles vibrent et font un bruit important (comme le claquement d’une voile). Mais surtout il faut prendre garde de ne pas les approcher pour ne pas risquer d’être entraîné. De même pour les machines : les vêtements doivent être près du corps, manches serrées, cheveux attachés ou protégés par une coiffure. Ici, les manches retroussées évite de se faire happer.
 
Nos ouvrières ont leur ouvrage posé dans une caissette [A] : des têtes de gaine, d’un poids unitaire de 114 gr. Sur la photo ci-dessous, la tête de gaine de l'obus de 75.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/bibloc002.jpg
 
La caissette est posée sur une autre caisse verticale, formant un assemblage bien périlleux, surtout quand la caissette sera vide d’un côté.
Le travail consiste à placer la tête de gaine sur le tour [1], puis à faire avancer le porte-outil [2] qui va découper le filetage interne = taraudage.
A noter l’ouvrière au premier plan qui est assise, les autres sont debout. Derrière son tour, une personne porte une montre [3].
 
Sur un autre plan de travail, [B], des ouvrières semblent procéder à la vérification des cotes.
 
Les espaces sont dégagés, les sols nets, sauf cette malheureuse caisse [C] qui se prendra dans les pieds de celui qui fera le tour du plan de travail.
 
Au-dessus de chaque position de travail, une lampe : l’atelier est bien éclairé par le jour, ce sera pour les heures de nuit !
 
Regroupés au fond, l’ensemble des ouvriers regardent, le temps du cliché. Ensuite chacun reprendra son activité, les espaces seront peut-être un peu plus encombrés !
 
 
 
Ma note HSCT : plutôt bonne !

Message cité 1 fois
Message édité par air339 le 02-08-2017 à 13:43:36
n°122732
air339
Posté le 02-08-2017 à 13:39:35  profilanswer
 

Photo 2 : Usines Citroën du quai de Javel. Après l’étirage, les fils de plomb s’enroulent sur de grosses bobines. (zoom)
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/plombjavel.jpg
 
 
Tenue des ouvrières
Longues blouses claires serrées à la taille, des gants pour celle qui manie le plomb. En creux, pas de salopette, bonnet, ou chaussures de sécurité.
 
 
 
Le travail
L'ouvrière en arrière plan manie les volants de la filière à "fil italien 13,4", celle du premier plan guide les lourds (et chauds !) fils de plomb qui sortent de la filière et seront ensuite transformés en balles de shrapnel. En arrière sur la droite, les lopins de plomb, les planches au sol doivent servir à les faire rouler, sinon ces planches seraint bien gênantes pour circuler dans cette usine modèle.
Beaucoup de lumière naturelle, des espaces larges, dégagés hormis ce chiffon au premier plan...
 
 
Une notation HSCT supérieure !
 
 
 
Photo 3 Usine Vedovell, Priestley et Cie (ateliers de construction électrique, 160 rue Saint-Charles, Paris). Vérification du volume intérieur des obus.
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/vedoveltaraud.jpg
 
Tenue de l'ouvrière
Longue blouse serrée à la taille, manche serrées aux poignets. En creux : pas de salopette, ni bonnet, ni gants, ni chaussure de sécurité.
 
 
Le travail
Un appareil de levage permet de positionner l'obus de moyen calibre (un 90 allongé ?) dans un tour. L'obus n'est pas fini, il reste le talon de coulée au culot, qui servira pour le tournage au diamètre final. La légende de la photographie me laisse perplexe : la vérification d'un volume ne se fait pas à l'aide d'un tour... L'obus vertical, au premier plan, dispose d'un appareillage destiné à le tenir dans cette position, l'oeil en bas : pour quel usage ? cette position est pour la photo, si le projectile bascule il peut blesser une personne.
 
 
 
Photo 4 Arsenal de Brest (Finistère). Atelier de contrôle des obus après la finition (zoom)
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/arsenal75.jpg
 
Tenue des ouvrières
Blouse longue serrée à la taille, coiffe bretonne ! En creux, pas de salopette, ni gants, ni coiffe pour toutes.
 
Le travail
Les obus (75 explosif) arrive par le plan incliné sur la gauche. A l'aide de différentes jauges, les ouvrières vérifient les dimensions internes et externes de l'obus. Je n'ai pas l'impression qu'ils soient fini, il semble encore manquer la ceinture.
Ces ouvrières travaillent dans un espace clos par une petite palissade, dont les ouvriers font le tour le temps de la photo. Ces ouvrières sont assises sur des chaises hautes, l'espace est confiné, entouré de plans pour poser les obus, mais il y en a également au sol, prêts à être encaissés, et quelques uns traînent négligemment allongés.
Sur la gauche, posé sur la rampe, un tour de cou ou un chiffon épais ?
 
La note HSCT serait probablement moyenne pour cet établissement.

n°122734
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 02-08-2017 à 14:00:19  profilanswer
 

air339 a écrit :

Ma note HSCT : plutôt bonne !


Bonjour,
   Régis, je présume que tu appliques un fort coefficient "début 20e siècle" !!! Le haut de tablier flottant de la première à droite est un vrai piège, et comme je l'ai appris avec mes stagiaires HSE en entreprise, le résultat (parfois à longue échéance) à la poitrine en cas de choc n'est pas le même pour une femme que pour un homme.
Mais à l'époque "C'était le métier qui rentrait "....
Repéré aussi le foulard qui pend au cou de celle qui est chargée de guider les fils de plombs. ( Et on ne devine pas l'état des gants - à l'amiante ?)
en 3 plutot "vérification du profil intérieur" ???
En dernier le gros chiffon doit servir d'essuie-main en cas de sortie de l'enclos de vérification ( ou il a été confisqué à l'entrée, ... pour une fois que rien ne tourne !
Je vote pour obus avec ceinture, sinon il faudrait refaire une vérif ....
Cordialement
Alain


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n°122735
air339
Posté le 02-08-2017 à 15:50:05  profilanswer
 

Suite avec des zooms sur un article posté par Alain13 dans ce sujet : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 2577_1.htm
 
 
Photo 5 SA Nouzonnaise de Ferrures (Bordeaux). Usinage d'obus en acier et en fonte de tous calibres. Publiée dans "J'ai vu".
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/508369Nouzonnaise.jpg
 
Tenue des ouvrières
Tabliers, peut-être des blouses longues, la photo est peu nette. En creux : pas de salopette, ni coiffe, ni gants.
 
Le travail
On distingue des femmes près de tours, mis que font-elles réellement? dans le médaillon central, elles sont assises sur des bancs autour d'un plan de travail et semblent s'occuper du ceinturage, mais je ne vois de quelle opération il peut retourner.
 
L'intérêt de la photo tient dans ce qu'elle montre d'un atelier improvisé : locaux inadaptés avec un plafond bas (chaleur en été) et peu éclairé en lumière naturelle. Encombrement des espaces, une échelle posée à champ (flèche rouge) sert à délimiter un couloir. Des obstacles dans les passages (flèches oranges) avec les machines qui tournent à proximité.  
 
En HSCT, il y a de quoi être inquiet, comme on peut l'être sur la qualité du produit fini, quelle que soit l'habilité des artisans, dans des conditions aussi précaires.
 
 
 
Photo 6 Papeteries Bergès (Lancey). Tours de finition des obus.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/593118Bergs.jpg
 
La tenue des ouvrières
Blouse longue, peut-être des sabots, pour ces deux femmes près des tours.
 
Le travail
Difficile à préciser, sinon que ces ouvrières sont près de tours et que la légende indique une finition : peut-être le dernier tournage pour mettre au calibre, au 10e de mm.
L'atelier présente de grands volume (hauteur, espaces de stockage), mais si ces ouvrières doivent tourner ces obus (encore des 90 allongés ?) l'outillage de levage et de manutention est peu visible.
Malgré son aspect rustique, le sabot doit offrir une très bonne protection du pied.
 
 
Quelques autres illustrations du sujet :  
 
 
Photo 7 Pesage de la poudre - sans précision de lieu
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/Numerisation20170802.png
 
Tenue des ouvrières
Blouses longues, claires ou sombres. Ni salopette ni coiffe.
 
Le travail
A l'aide de balance Roberval, des ouvrières, assises sur des chaises hautes, pèsent les fagots de poudre BC, insérés ensuite dans les douilles de 75 par des ouvrières debout, apparemment à l'aide d'un outil. Les fagots sont dans des caisses, elles-mêmes en équilibre sur une autre caisse verticale. Le travail de chargement est réservé à des établissement d'état, ce qui explique les nombreux képis...
La jeune femme à gauche, de dos, est bien la première de notre série de photos à porter des rubans à sa blouse !  
 
 
Photo 8 Soudure des ailettes -sans précision de lieu.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/Numerisation201708022.png
 
Tenue des ouvrières
Blouse bouffante, lunettes de soudeur.  
 
Le travail
L'ouvrière au premier plan soude les ailettes sur une bombe de 16 kg du "crapouillot", celle du fond semble souder les ogives. Ces opérations sont confiées à l'industrie privée, malheureusement non identifiée ici.
 
 
Photo 9 Enrobage de la mélinite par de la paraffine, poudrerie de Sorgues, images prise sur le très intéressant site https://www.etudessorguaises.fr/ind [...] -1915-1920
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/paraffinagesnpe17.jpg
 
La tenue des ouvrières
Blouse retroussée ou salopette bouffante ? bas ou chaussettes, sabots, fichu.
 
Le travail
L'incorporation de paraffine dans la mélinite permet de réduire les risques lors du chargement des obus. Je n'ai pas trouvé de détail sur cette opération de mélange, qui doit se faire à chaud.
On notera le volume du local, isolé des autres bâtiments. Les touilles sont en bois, comme les sabots, pour prévenir une explosion dû aux poussières de mélinite. Dans le même ordre, les cuves sont certainement étamé.
 
 
Photo 10 ouvrière travaillant à la fabrication des obus, usine Citroën, publiée dans "La grande guerre", XO Editions, 2008.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/Numerisation201708023.png
 
 
La tenue
Celle tant attendue : la salopette des anglo-saxonnes, avec des chaussures de sécurité (galoches) et une coiffe. Les manches sont courtes (bien qu'un peu large) évitant tout risque d'entrainement dans une machine.
 
Le travail
On retrouve la petite barrière délimitant l'espace - et protégeant de toute intrusion pouvant causer un accident. Les emboutis (tube non fini pour le 75 à balles : A = talon qui servira pour les opérations de tournage, B = ceinture non encore posée, C = taraudage pour l'ogive non effectué) arrivent sur un chariot. Ils sont placés dans une sorte de mandrin en étoile [1], l'ouvrière les bloque à l'aide du levier de serrage [2]. L'ouverture des emboutis est ensuite présentée au tour [3] qui va tarauder le filetage.  
 
Un atelier modèle, à l'américaine, comme celui de l'usine Chilwell. En HSCT, le must.
 
 
 
En résumé, sur l'analyse de 10 photos, une seule - Citroën - montre une tenue de travail moderne, adaptée. Les ateliers civils, l'arsenal de Brest, font emploi de blouses, jamais de gants de sécurité, et les chaussures sont celles du quotidien ou simplement des sabot. On est bien loin d'une tenue homogène, où les femmes revêtent les habits des hommes.
 
 
Bien cordialement,
 
 
Régis
 

n°122736
air339
Posté le 02-08-2017 à 16:16:02  profilanswer
 

Alain, je n'avais pas vu ton message, étant plongé dans l'analyse des dernières photos.
 
Bien sûr ma note sur l'hygiène et la sécurité des conditions de travail sont plus une boutade, aucun atelier de cette époque ne survivrait à un contrôle actuel, heureusement !
 
Photo 2, je n'avais pas vu ce foulard pendant au-dessus des bobines de plomb ! La coquetterie bravant le danger ?
 
Pour la photo 3, je ne sais pas : pour vérifier le profil intérieur, il existe bien un instrument vérificateur, je ne vois pas de rapport avec ce tour ???
 
Photo 4 : de mémoire la ceinture est posée après une première vérification, puis l'ensemble est tourné aux cotes définitives. Il y a bien sûr encore une autre vérification finale, mais là, vu le peu de délicatesse dans les manipulations (obus allongés au sol ou se heurtant sur le plan incliné), j'ai plutôt tendance à croire qu'il n'y a pas la ceinture. Sinon il faudra encore rectifier les chocs ! Puis revérifier.
 
Quant à la pelure sur la barrière, le vison d'une de ces dames ?


Message édité par air339 le 02-08-2017 à 16:16:19
n°122737
ALVF
Posté le 02-08-2017 à 16:44:26  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Je crois que le moment est venu de reposter une photographie ancienne que j'ai déjà publiée sur le Forum il y a longtemps, une ouvrière aux manivelles d'un tour moderne aux usines Citroën du Quai de Javel:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/Citroen.jpg
 
Toute la différence entre des industriels classés comme d'affreux capitalistes malgré les infirmeries, crèches, réfectoires et lieux de repos des usines comme chez Schneider et Citroën (et d'autres) et les "margoulins" obtenant des marchés juteux par l'intercession de l'entourage des Ministres de l'Armement successifs!
Doit-on rappeler que le Directeur de l'Artillerie ayant tout misé sur Citroën fut chassé ignominieusement de son poste en 1915 par des Parlementaires dont l'un passa devant la Cour de Justice en 1918 et que Schneider se voyait refuser en 1915 le retour à l'arrière de monteurs d'artillerie qu'il faut des années pour former.
Mais nous nous éloignons de la condition des ouvrières des Industries d'Armement...
Cordialement,
Guy François.

n°122738
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 02-08-2017 à 19:21:26  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous,  
 Régis, Alain et Guy François, un grand merci pour vos interventions.  
Il est évident qu'une seule lecture ne m'est pas suffisante, je dois relire et re-relire et aussi re-regarder.
 
Pour le moment, juste 3 remarques :
Régis, quel œil!  
concernant la photo de l'arsenal de Brest : c'est la coiffe de Plougastel, une commune rurale tout près de Brest ( les femmes de la campagne ne seraient jamais sorties de chez elles, cheveux au vent) donc, dans cette usine il y a un mélange de citadines et de paysannes.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/coiffesePlougastel.png
Alain : après avoir lu les précisions de Régis, je pense que ce foulard ( dangereux au demeurant) est destiné à absorber régulièrement la sueur.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/foulard.png
Comme Alain que je cite : " Le haut de tablier flottant de la première à droite est un vrai piège", je me pose également des questions au sujet de cette seule  femme assise, elle porte un corset bien rigide, j'en déduis qu'elle a des problèmes de dos  
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/corset.png
 
bien cordialement
Brigitte

Message cité 1 fois
Message édité par Skellbraz . le 02-08-2017 à 19:26:45

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122739
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 02-08-2017 à 19:31:48  profilanswer
 

Skellbraz  . a écrit :

Alain : après avoir lu les précisions de Régis, je pense que ce foulard ( dangereux au demeurant) est destiné à absorber régulièrement la sueur.

Bonjour,
  Oui, et peut-être même comme masque (anti-plomb ?) ôté pour la photo.
Bien vu pour le corset, mais c'est encore l'époque, Coco n'est pas passée par là.
Cordialement
Alain


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http://civils19141918.canalblog.com http://ggfamille4d.canalblog.com http://theywerethere.canalblog.com "Si on vous demande pourquoi nous sommes morts, répondez : parce que nos pères ont menti." R. Kipling
n°122741
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 02-08-2017 à 19:42:33  profilanswer
 

Alain Dubois-Choulik a écrit :

Bien vu pour le corset, mais c'est encore l'époque, Coco n'est pas passée par là.


re-Alain
C'est exact  Alain, mais je trouve que celui-ci est plutôt "proéminent", il fait style corset "médical".
cordialement
Brigitte
PS : J'ai l'impression que la dame porte un pantalon-salopette, elle aurait ôté le haut, la bavette est peut-être retenue devant, par une épingle à nourrice( ??? suppositions)


Message édité par Skellbraz . le 02-08-2017 à 19:45:28

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122749
air339
Posté le 03-08-2017 à 17:13:49  profilanswer
 

Bonjour,
 
 
L'identification de la coiffe de Plougastel nous donne une indication intéressante sur l'origine des ouvrières. Cette Plougastellenn peut-elle venir quotidiennement de sa commune ? Que représente le trajet en 1914 ?
 
Pour l'arête visible du corset en photo 1, je ne pense pas non plus à un appareillage orthopédique mais un classique corset comprimant le ventre et qui doit rendre bien pénible le travail assis.  
 
Alain, j'ai retrouvé le descriptif des étapes d'usinage par l'ingénieur Berger, et précisément à l'arsenal de Brest : il y a bien un premier contrôle des cotes après ogivage et trempage, puis un second avant la pose de la ceinture.  
 
La photo ajoutée par Guy François montre à nouveau la tenue de travail moderne pour cette ouvrière qui manipule une machine. Apparemment ces tenues "salopette" ne sont portées que par les tourneuses, un album sur Gallica montre de nombreux autres clichés avec invariablement des blouses claires pour toutes les autres tâches.
Je vais en faire quelques zoom.
Le travail effectué par cette ouvrière semble concerner l'usinage des gaines de détonateur. A droite, il y a des piles de plateaux contenant de têtes de gaines. A gauche, un autre plateau posé sur une table semble contenir des gaines. On en aperçoit une au sol, derrière un pied de la table. Tout à gauche, les barres posées par terre seraient donc les tubes servant à faire les gaines, et les 4 longues barres de la machine serviraient à les guider ? Je n'emets que des suppositions qui demanderaient confirmation.
 
Bien cordialement,
 
Régis

Message cité 1 fois
Message édité par air339 le 03-08-2017 à 17:16:35
n°122754
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 03-08-2017 à 20:29:51  profilanswer
 

air339 a écrit :

L'identification de la coiffe de Plougastel nous donne une indication intéressante sur l'origine des ouvrières. Cette Plougastellenn peut-elle venir quotidiennement de sa commune ? Que représente le trajet en 1914 ?


Bonjour à toutes et tous,
Régis, voici quelques éléments de réponse:
* la coiffe dite "de Plougastel" était portée par les paysannes de la région brestoise, pas seulement par les femmes de Plougastel. Les femmes qui sont dans l'arsenal de Brest peuvent venir de toutes sortes de zones rurales des alentours.
 
*Au  moment de la GG,  Brest n’était pas aussi urbanisée qu’elle l’est actuellement, les zones rurales étaient à proximité. D'autre part, la ville a été reliée au réseau des chemins de fer en 1865. Dès 1898, elle est desservie par un réseau de tramway. Brest fut également desservie par des chemins de fer secondaires à voie métrique qui la reliaient à Saint-Pol-de-Léon ( une zone très rurale). Les ouvrières pouvaient prendre ces moyens de transport.  
Dans les exemples suivants, il est question de toutes petites gares comme Kerhuon et le Rody( dès 1866, la petite gare du  Rody, permettait d'atteindre l'arsenal de Brest via un tunnel)
 
*Du côté de Brest, il y eut d’autres usines que celle de l’Arsenal :  la poudrerie de Saint Nicolas-Guipavas et celle du Moulin Blanc –Kerhuon .  
 
Celle de Saint Nicolas, sur la commune de Guipavas, était carrément en zone rurale. Au cours de la GG, mais déjà auparavant, on procéda à des expropriations pour agrandir les usines.
 
Guipavas:  
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/guipavas1.png
 
J’ai connu cette commune de Guipavas qui comptait pas mal de petites fermes familiales, je les ai vues disparaître à la fin des années 50.  
 
le Moulin Blanc
 
 http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/moulinblanc.png
 
source :  « usines de guerre : poudrerie du Moulin Blanc, Guipavas »
http://87dit.canalblog.com/archive [...] 75904.html
(D'après Raymond Quentel, L'histoire du Relecq-Kerhuon et des Kerhorres, tome II, 1997)
 
très cordialement
Brigitte
 
ps : Ps :  
Les zones rurales, les petits ports de pêche ont vu partir à la guerre les paysans et les pêcheurs.  Ploudalmézeau, Portsall, Porspoder… sont reliés à Brest par le train. Les épouses qui ont besoin de travailler peuvent l’utiliser. Je n’ai cependant pas trouvé de témoignages directs
source:  http://appcl.over-blog.com/page-1298731.html


Message édité par Skellbraz . le 03-08-2017 à 23:06:10

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122756
air339
Posté le 03-08-2017 à 22:31:49  profilanswer
 

Bonsoir Brigitte,
 
 
Bien intéressants ces éléments sur l'évolution de l'emprise de l'industrie de guerre sur les terrains alentour. Donc le bassin d'emploi pour cette industrie concerne un large périmètre autour de Brest.  
En région parisienne, des "munitionnettes" prenaient leur train de banlieue dès 3h du matin, pour embaucher à 5h30. Il devait en être de même dans le lointain Finistère.
 
Sur l'inégalité "officielle" des salaires, un arrêté du 15 juin 1917 indique les montants minimums :
Femme de plus de 18 ans, non spécialisée : 40 cts/heure
Homme de plus de 20 ans, manoeuvre non-spécialisé : 60 cts/heure
Femme spécialisée : 50 cts/heure
Homme manoeuvre spécialisé : 65  cts/heure.
 
En observant de plus près les activités dans les industries de guerre, on observe une division des tâches, les femmes ne remplaçant pas exactement celles des hommes, ce qui peut brouiller les comparaisons. Mais quand c'est le cas, la différence salariale est flagrante. D'autres grilles de salaire présentent des différences de 15 a 30% pour un travail équivalent (salaires minima en janvier 1917 pour soudeur autogène  : homme =1f, femme = 85cts). Ces différences sont celles d'avant-guerre, et persistent encore.
 
Bien cordialement,
 
Régis

Message cité 1 fois
Message édité par air339 le 03-08-2017 à 22:35:54
n°122758
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 03-08-2017 à 22:56:56  profilanswer
 

air339 a écrit :

Donc le bassin d'emploi pour cette industrie concerne un large périmètre autour de Brest.

 
re-Régis,
En réalité, Guipavas et Brest ne sont pas très éloignées, maintenant, les communes ne font plus qu'une. Quant au Moulin Blanc, j'y allais à pied quand une plage fut aménagée ( à l'époque, on ne rechignait pas pour marcher)  
 

air339 a écrit :

En région parisienne, des "munitionnettes" prenaient leur train de banlieue dès 3h du matin, pour embaucher à 5h30. Il devait en être de même dans le lointain Finistère.


Si les ouvrières empruntaient le "train-patates", par exemple depuis Portsall, elles avaient plus d'une heure de trajet. De nos jours, un tel temps de trajet est en effet devenu monnaie courante
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 04-08-2017 à 02:15:27

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°122761
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l'idée est debout. Hugo
Posté le 04-08-2017 à 01:30:17  profilanswer
 

bonsoir à toutes et tous,
 
Un camp de femmes à Brest
 
Brest avait été choisi par les Américains pour faire entrer leurs troupes en Europe, avant qu’elles ne rejoignent le front ». Le nombre d’hommes ayant transité par Brest est évalué à 800.000 pour l'arrivée (autour d'un million pour le retour). C’est énorme pour une ville qui ne compte que 80 000 habitants.
A la fin de la guerre, Brest, comme Saint Nazaire et Bordeaux, ouvrit un camp pour les femmes qui suivaient leur nouveau mari aux États-Unis. Le camp du Bouguen, baptisé "The bride's camp", ouvre en mai 1919,.  
2.193 femmes et environ 200 enfants transiteront par cet endroit. Ces femmes venaient de toute l'Europe et n’étaient pas nécessairement de nationalité française. Elles avaient en commun le fait d’avoir rencontré des soldats américains.  
Les futures mariées faisaient l’objet d’une enquête de moralité, les futurs mariés aussi, pour s’assurer qu’ils n’avaient pas déjà une femme aux États-Unis.  
Hébergées dans le camp du Bouguen, en attendant de partir pour l’Amérique, elles recevaient des cours d’anglais, d’éducation civique…  A l’intérieur du camp, la discipline était stricte, mais tout était prévu pour elles et pour les enfants. Seuls les soldats qui avaient payé la traversée de leur femme pouvaient partir avec elles. Les dernières épouses partiront en décembre 1919.  
 
Sources :  
1] « Grande Guerre, Brest c’est l’Amérique » :  http://www.letelegramme.fr/finiste [...] 522660.php
2]  « Brest, la vie des femmes en 1917-1919 … http://www.ouest-france.fr/bretagn [...] ue-5074616
«  Entendling alliances,  foreign war brides and americains soldiers in the twentieth century »  par Susan Zeiger
 
le camp du Bouguen: les soldats font seulement une visite aux dames, les barraques n'étaient pas mixtes.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/campduBouguen.png
source photo (lien 2)
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 04-08-2017 à 02:18:43

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n°122762
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l'idée est debout. Hugo
Posté le 04-08-2017 à 02:01:23  profilanswer
 

Régis,  
l'étude qui se trouve sur ce lien que vous nous avez communiqué est en effet très intéressante. (la Poudrerie nationale de Sorgues)
cordialement
Brigitte
 
merci de continuer les recherches sur les salaires des ouvrières.


Message édité par Skellbraz . le 04-08-2017 à 06:52:27

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n°122840
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 15-08-2017 à 07:44:58  profilanswer
 

bonjour à toutes et tous
 
                      Gabrielle Duchêne
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/gd.png
 
 Source : « Gabrielle Duchêne et la recherche d’une autre route, entre le féminisme pacifiste et l’anti fascisme » , thèse d’Emmanuelle Carle, Université McGill, Montréal, Département d’histoire. (bibliothèque et archives du Canada)
 
Comme l’indique le titre de la thèse d’Emmanuelle Carle, les engagements de Gabrielle Duchêne sont multiples, complexes et paradoxaux.  
 
Je ne développe qu’une petite partie de ses activités. Par exemple, ses actions en faveur d’un développement du syndicalisme féminin ou encore son militantisme pacifiste, exprimé par son appui au Congrès des pacifistes féministes réunies à La Haye en 1915 ne sont pas abordés ici.  
 
Avant la Grande Guerre, Gabrielle Duchêne s’intéressait déjà aux conditions de travail des ouvrières à domicile. Ce travail doit son essor à l’invention de la machine à coudre. La thèse fait état de 1 200 000 ouvrières à domicile, en région parisienne, au début du siècle dont plus de 850 000 dans le secteur de l'habillement. Gabrielle Duchêne lutte contre l’exploitation de ces femmes.  
 
Son engagement se renforce avec le déclenchement de la guerre : les femmes qui travaillent pour l’industrie du vêtement subissent le chômage de plein fouet. G D constate d’autre part  que l'action des femmes, issues des milieux favorisés, qui participent à l’effort de guerre en confectionnant  bénévolement des vêtements pour les soldats, a des répercussions fâcheuses sur les ouvrières qui ont besoin de leur salaire pour vivre. Elle l’exprime en publiant des articles dans le Figaro et Le Temps. Elle s’implique en participant à de multiples réunions d’études au Ministère du Travail où elle propose l’idée d’un salaire minimum féminin. Elle multiplie les interventions, y compris en province (au Conseil Général et à la Préfecture de Haute Garonne). Malgré ces interventions, la situation des ouvrières du secteur de l’habillement  reste précaire.  
En mars 1915, Gabrielle dénonce aux ministères de la Guerre et du Travail, la baisse des salaires féminins dans la confection des fournitures militaires. Une loi sur le salaire minimum est finalement votée par le Sénat le 10 juillet 1915, son objectif est la protection et l’amélioration des conditions de travail des ouvrières à domicile.  
Cette loi souffre de son manque de mise en application. Elle est également critiquée parce qu’elle ne concerne que les ouvrières du secteur de l’habillement travaillant à domicile.
 
Une grève est déclenchée en 1917 par les midinettes d’une maison de couture de luxe parisienne. Elles sont suivies par les munitionnettes, à Paris et en province. Selon GD, il s’agit d’un élargissement de la réaction contre les abus. En mai 1917, le Ministère de la Guerre décrète une majoration des salaires, en juin de la même année, la loi sur la semaine anglaise est votée. lien
L’activité et les engagements de Gabrielle Duchêne se poursuivent après la GG, il est intéressant de lire la thèse en entier.
 
Source photo :  https://en.wikipedia.org/wiki/Gabrielle_Duch%C3%AAne
concernant la règlementation du travail féminin, un lien qui nous vient de Régis /Air 339
 
Cordialement
Brigitte
oups, le lien! : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t119708


Message édité par Skellbraz . le 17-08-2017 à 21:49:07

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Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
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