2 utilisateurs anonymes et 52 utilisateurs inconnus

 Mot :   Pseudo :  
  Aller à la page :
 
 Page :   1  2  3  4  5  ..  30  31  32  33  34  35
Auteur Sujet :

les femmes pendant la Grande Guerre (en p 1: accès au sommaire)

n°123525
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 19-09-2017 à 08:53:34  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Bonjour à toutes et tous
 
La spécificité des infirmières britanniques, canadiennes ou américaines, leurs différences par rapport au fonctionnement des infirmières françaises pendant les années du conflit, ont été abordées sur ce fil de discussions.
Pour mieux comprendre les choses, je me suis penchée sur l’action et la personnalité de Florence Nightingale même si elle est morte quatre ans avant la déclaration de la Grande Guerre.  
 
 
Florence Nightingale, infirmière, pionnière dans l'utilisation des statistiques.
http://images.mesdiscussions.net/p [...] ingale.png  
 
Episode 1
Instigatrice d’une conception inédite du métier d’infirmière et des soins à apporter aux blessés et malades,  Florence Nightingale a aussi inauguré une nouvelle manière de penser l’organisation, l'administration et la gestion des hôpitaux. Elle a démontré le caractère essentiel de l’hygiène et des conditions sanitaires dans toute structure de soins. Elle a élaboré des plans d’enseignement pour la médecine militaire. Ses propositions furent  appliquées par des médecins et des chirurgiens vétérans de la guerre de Crimée.
 
 
Florence Nightingale est une femme instruite, elle a étudié les mathématiques et s'est intéressée aux travaux des pionniers du domaine des statistiques. Elle suit une formation hospitalière à Londres, fait des stages dans des hôpitaux sur le continent, Düsseldorf, Paris. Elle a le projet de fonder un établissement de soins.
 
Alors que la guerre de Crimée bat son plein, les soldats britanniques sont décimés par le choléra, la dysenterie,  le typhus, des blessés meurent en grand nombre à cause des conditions de transport. A Londres, Florence Nightingale met sur pied une intervention humanitaire, sous la forme d’une mission constituée d’infirmières qui porteront secours aux soldats malades et blessés. Nous sommes une décennie avant qu’Henri Dunant ne fonde la Croix Rouge qui mettra les femmes à contribution. F. Nightingale est fortement critiquée par la presse: en Angleterre aucune femme n’a encore occupé un poste officiel au service de l’armée. En revanche, elle est soutenue par des responsables politiques de premier plan, le Cabinet de la Défense la nomme « Directrice Générale » du Corps d'Infirmières des Hôpitaux Généraux Militaires anglais en Turquie.  
 
Novembre 1854, accompagnée d’une quarantaine d’ infirmières, elle s’installe à Scutari (près de Constantinople) dans une caserne / hôpital militaire insalubre. Elle y trouve des blessés quasi abandonnés par un personnel médical débordé. Les réserves en médicaments sont très limitées, l’hygiène est catastrophique,  contagions et infections mortelles sont monnaie courante. Il n'y a pas suffisamment d’équipement pour préparer des repas corrects alors que de nombreux  patients sont atteints de scorbut. D'abord mal accueillie par les militaires du service santé, Florence Nightingale ne baisse pas les bras, elle sait se rend utile. Peu à peu le taux de mortalité diminue dans son hôpital.
 
Dès 1855, le public britannique a reconnu la qualité de son travail, il crée le « Nightingale Fund » (Fonds Nightingale) afin qu’elle puisse réaliser sa réforme des soins en instaurant une école qui assurera une formation solide pour les  infirmières, les dons affluent de toutes parts.
 
 source photo : https://www.jstor.org/stable/2965763?seq=1#page_scan_tab_contents
 
 https://johnjburnslibrary.wordpress [...] f-nursing/
 
Sources texte et liens utiles apparaîtront dans le 2ème épisode
 
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 19-09-2017 à 09:03:12

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123541
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 19-09-2017 à 20:20:32  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous,  
 
Florence Nightingale, infirmière et pionnière dans l’utilisation des statistiques.
Episode 2
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/diagrammedeFNightingale.png
 
 source photo :  http://www.invivomagazine.com/fr/f [...] management  
 
Quand Florence Nightingale quitte la Crimée et revient en Angleterre en 1856, elle a rassemblé beaucoup d’informations et écrit de nombreux rapports. Elle met à profit ses compétences dans le tout nouveau domaine des  statistiques et démontre que la mort de nombreux soldats hospitalisés est liée à des conditions de vie déplorables. Elle écrit un rapport conséquent qui met en évidence le fait qu’il faut mettre sur pied une Commission Royale afin de réformer le département Santé de l’Armée.  
Après la guerre de Crimée, son attention se porte sur la situation de l’armée britannique en Inde, elle surveille les avancées de la Commission sanitaire de l'Armée. Avec ses collaborateurs, elle collecte des données, des faits, des informations afin d’établir un rapport précis sur l'état sanitaire de l'armée britannique en Inde. Elle réalise qu'il est essentiel d'améliorer non seulement la situation sanitaire des soldats mais aussi celle de toute la population locale.
 
F. Nightingale a contribué à réduire le nombre de morts au sein de l'Armée britannique en temps de guerre, elle  projette une application de ses conceptions sanitaires dans les hôpitaux civils britanniques en temps de paix. Les infirmières qu'elle formera auront la responsabilité d’organiser le service infirmier. Florence Nightingale développe une hiérarchie dans les fonctions d'infirmières hospitalières: infirmière, surveillante, infirmière générale. Les nominations au sein de cette hiérarchie sont autonomes par rapport au médecin.
 
En 1860, grâce au Fonds Nightingale, elle crée la Nightingale Training School, une école d’infirmières non religieuses qui fonctionne à l’hôpital St-Thomas de Londres. La même année, elle publie « Notes on Nursing », cet ouvrage sur les soins infirmiers sert de base au programme de l’école.  
En 1869  elle fonde avec Elizabeth Blackwell, le Women’s Medical College.  
 
Les infirmières formées dans ses écoles exercent une influence croissante, elles deviennent infirmières en chef dans de nombreux hôpitaux. Elles essaiment vers l’Australie, le Canada, l’Inde, la Finlande, l’Allemagne, la Suède, les États-Unis créant ainsi tout un réseau qui n’existera en France qu’à une petite échelle (Léonie Chaptal et Anna Hamilton s’inspirent du système Nightingale mais ne bénéficient pas d’un appui suffisant de la part du gouvernement et du service Santé de l’Armée)
 
lien avec la Grande Guerre:  
Il me semble que l’expérience de Florence Nightingale pendant la guerre de Crimée et ses actions ultérieures ont un lien direct avec le fait qu'avant même la déclaration de la guerre, le Royaume Uni dispose d’organisations d’infirmières qui font partie de l’Armée: le QAIMNS (Queen Alexandra’s Imperial Military Nursing Service), le TFNS (Territorial Force Nursing Service) .  
Le Royaume Uni dispose aussi d’organisations privées :  
- le FANY (First Aid Nursing Yeomanry) une organisation affiliée à l’armée qui se compose de femmes spécialistes dans la cavalerie.
- le SWH ( Scottish Women's Hospitals) est fondé en août 1914, par une femme physicienne,  médecin et chirurgien qualifié, le Dr Elsie Maud Inglis. Alors que  l’autorité militaire britannique lui donne cet ordre: “Go home and sit still”, l’unité de soins qu’elle a constituée à Edimbourg se dirige vers la Serbie en janvier 1915. En 1917 elle est en Russie mais elle est évacuée à cause de son état de santé. Elle meurt en novembre 1917 à Newcastle. Jusqu’en 1918, d’autres unités organisées par ses soins, travailleront avec les armées Alliées (à l’exception  de l’armée britannique).  
- le Women's Emergency Corps (fondé en 1914 par Eveline Haverfield) est une organisation qui aide les femmes à devenir médecins, infirmières ou encore messagères circulant en moto.  
- le Women's Hospital Corps se forme en septembre 1914, à l’initiative des Dr Flora Murray et Louisa Garrett Anderson. L’organisation apporte son aide aux hôpitaux militaires français jusqu’en janvier 1915. Le nombre de blessés anglais est de plus en plus important, le WHC établit à Londres le «  Endell Street Military Hospital ». Cet hôpital pour hommes est entièrement géré par des femmes: depuis le chirurgien chef jusqu’à  l’aide soignante. Il  fonctionne de mai 1915 à décembre 1919.
 
[ éléments de lecture concernant Florence Nightingale :  
 https://cna-aiic.ca/~/media/cna/pag [...] book_f.pdf  
https://www.cairn.info/revue-recher [...] age-75.htm
http://www.ibe.unesco.org/sites/de [...] ghtinf.PDF
http://medarus.org/Medecins/Medeci [...] e_flo.html
https://www.infirmiers.com/professi [...] rimee.html
http://www.saloninfirmier.fr/img/s [...] -Nadot.pdf
http://www.1914-1918.be/soigner_fl [...] ingale.php
merci Alain :  
http://www.europe1.fr/mediacenter/ [...] es-1515017 ( extrait de l’émission « l’ombre d’un doute »)
 http://bdzoom.com/82587/patrimoine [...] me-partie/   BD : " la Dame à la lampe"]
 
 [ Deux sites qui remettent en question ce qui est traditionnellement raconté au sujet des analyses statistiques de Florence Nightingale) :  
https://www.gresham.ac.uk/lectures- [...] al-safety-
https://www.york.ac.uk/depts/maths/histstat/small.htm ]
 
[ Pour approfondir le rôle des organisations féminines pendant la Grande Guerre, le site incontournable de Chris Baker : « women and the british army ») : http://www.longlongtrail.co.uk/arm [...] -war/#tfns ]
 
Cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 19-09-2017 à 22:09:30

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123543
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 19-09-2017 à 20:35:03  profilanswer
 

zabmarcus a écrit :

un ptit cadeau pour étoffer ton beau post
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] ure074.jpg
tenue d’infirmière
http://images.mesdiscussions.net/p [...] ure075.jpg
sur celle ci ,Lulu la petite fille de l,infirmière ayant portée cette tenue,donnée au musée ( une rencontre inespérée ,mais pourtant,c'est bien ce qui c'est produit)
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] ure051.jpg
http://images.mesdiscussions.net/p [...] ure053.jpg
une autre infirmière,et son blessé.
 


Merci Marc pour les précisions en MP. Il s'agit de tes photos, prises au "Musée Lucien Roy" (situé dans le village de Beurre, département du Doubs). Créé par Mr Cretin, le musée est actuellement tenu par sa veuve.
 :hello:  
Brigitte

Message cité 1 fois
Message édité par Skellbraz . le 21-09-2017 à 19:44:07

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123548
krzymen
Posté le 19-09-2017 à 21:38:02  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
Grades dans la K. u. K. Armee
https://fr.wikipedia.org/wiki/Armée [...] -hongroise
Korporal → Zugsführer → Feldfebel
Caporal → à mon avis pas d’équivalent → Sergent

Skellbraz  . a écrit :


J'imagine que c'est écrit en russe?  mais je n'en suis même pas certaine, peut-être est-ce de l'ukrainien?


C’est un site ukrainien et ces dames n’aimaient pas les Russes  :D … et les Polonais non plus!  :lol:  
 
Le texte est très simple: prénom et nom, grade militaire.
Un petit vocabulaire:
Хорунжа (khorounzha) – la Fähnrich
Стрілець (striletz)– fusilier ou chasseur
Санітарка (sanitarka) – infirmière
старший десятник (starchiy desyatnik) - Zugsführer
Page 15   album524827_14
La rangée en bas. Les quatre dernières photos: trois de Sofia Haletchko (Софія Галечко). Sur une photo elle a le grade de Feldfebel ou Kadett, le sabre et la médaille. La dernière photo c’est Olena Stepaniv/Stepanivna (Олена Степанів/Степанівна)
Page 16   (pas des hommes sur cette page  :D ) album524827_15  
La rangée à haut – photos de Stepanivna
 
Beaucoup de ces photos ce sont des cartes postales.
 
Informations de la presse allemande sur les femmes-héroines:
Frauen als Soldaten im Weltkrieg
http://www.archiviolgbtq.it/filead [...] 20-134.pdf
Parmi les autres – Eine Heldin der ukrainischen Legion - Fräulein Jarema Kuz und Fräulein Wachmeister Sophie Haletschko.
 
Bien cordialement
Krzysztof


Message édité par krzymen le 20-09-2017 à 17:57:28

---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
n°123549
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 19-09-2017 à 21:45:06  profilanswer
 

bonsoir à toutes et tous,  
 
Merci Krzysztof pour toutes ces précisions et nouveaux apports.
 ( :D après consultation chez Dr Google, j'avais corrigé ma traduction aléatoire de Zugsführer dans un post précédent, j'y retourne avec les données de votre post)
cordialement
Brigitte
PS : j'ai corrigé mes précédents posts


Message édité par Skellbraz . le 19-09-2017 à 22:01:44

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123552
zabmarcus
Posté le 20-09-2017 à 04:38:37  profilanswer
 

Skellbraz  . a écrit :


Merci Marc pour les précisions en MP. Il s'agit de tes photos, prises au "Musée Lucien Roy" (situé dans le Doubs). Créé par Mr Cretin dans le village de beure, il est actuellement tenu par sa veuve.
 :hello:  
Brigitte



---------------
Sois le changement que tu veux voir dans le monde (ghandi)
n°123556
krzymen
Posté le 20-09-2017 à 20:55:17  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous, bonsoir Brigitte
 
Une carte postale – Fähnrich Olena Stepaniv avec son frère, seulement un Zugsführer. C’est elle qui pouvait lui ordonner de se mettre au "garde-à-vous"  :lol:  
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/stepaniv.br.jpg
Dans la première moitié de 1918, le "lobby anti-féministe"  :D  à la Légion Ukrainienne a gagné et les femmes ont été libérées du service ... La majorité l'a accepté calmement, mais certains ont été brisés, par ex. – selon une des versions la Fähnrich Haletchko s'est suicidée  :(  
 
Un article intéressant sur les Ukrainiennes (en anglais) – source: The Ukrainian Museum and Library of Stamford.
The role of dedicated ukrainian women in World War I
http://www.ukrainianmuseumlibrary. [...] en-WWI.pdf
 
Cordialement
Krzysztof


Message édité par krzymen le 20-09-2017 à 20:58:03

---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
n°123559
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 21-09-2017 à 14:18:16  profilanswer
 

bonjour à toutes et tous,

 

Krzysztof et Marc, merci  pour vos interventions.

 


Nous voici à la p 34, par conséquent, les interventions de la p 33 ont été indexées dans le sommaire.

 

Si vous repérez des oublis, erreurs de classement, titres inadéquats, liens qui ne fonctionnent pas ou autres anomalies, je serais bien contente que vous m'en avertissiez.  
 
Le sommaire est directement accessible en cliquant sur le texte bleu dans ma signature, en bas de ce post.
Cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 14-10-2017 à 23:34:59

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123560
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 21-09-2017 à 15:11:10  profilanswer
 

bonjour à toutes et tous
Merci Krzysztof,  
ah! un site en anglais ( il me faut du temps pour traduire mais, j'y arrive)
 
Ouhla, une famille dans laquelle la soeur peut donner des ordres au frère!  :lol: =  effet d'émulation, j'imagine?
Cordialement
Brigitte


---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123561
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 21-09-2017 à 19:26:52  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous,
- listes de médaillées de la reconnaissance française ( JO du 2 avril 1919, Ministère des Affaires Étrangères) : accessible ici
- le parcours de Anna Van Schaick Mitchell, pianiste (même lien)
 :sol: merci Michel / stl
Cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 21-09-2017 à 21:20:03

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123591
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 24-09-2017 à 21:34:34  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous,
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/rosaluxembourg.pngROSA Luxembourg  
Portrait of Rosa Luxemburg, age 22. Taken in 1893 whilst a student at Zurich University. (Photo Rosa-Luxemburg-Stiftung, Berlin)
 
 
Elle est en prison pendant quasiment toute la durée de la Grande Guerre, néanmoins par sa personnalité, par ses écrits diffusés clandestinement, elle reste très active.
 
Née en 1871 (ou 1870) [ Rosa Luxemburg = Rozalia Luxenburg ou Róża Luksemburg est née le 5 mars 1871 à Zamość?, merci Krzysztof, pour les précisions] dans une Pologne devenue territoire de l’empire russe, Rosa Luxembourg grandit au sein d'une famille aisée de la communauté juive polonaise, pendant son enfance elle a survécu à un pogrom. Elle est très tôt confrontée à ce qu’engendrent les nationalismes exacerbés, nationalismes qui conduiront au déclenchement de la Grande Guerre. De ses 16 ans à ses 47 ans, elle ne cessera jamais d’être une militante internationaliste.
 
En Pologne, la répression tsariste décime ses camarades militants, à 18 ans Rosa Luxembourg s’exile en Suisse. Elle obtient un doctorat en économie à Zürich et voyage.  
 
Devenue allemande par mariage, elle s'installe en Allemagne en 1898. Elle milite au sein du SPD (parti socialiste allemand) et devient une figure emblématique de l’aile gauche du parti.
 
Théoricienne, écrivain, journaliste, Rosa Luxembourg est aussi une femme engagée dans la vie politique. Elle se distingue par son irréductible hostilité au nationalisme. Tous les qualificatifs qui lui ont été attribués ont pour origine son engagement pour une révolution prolétarienne internationale.
 
Le combat de Rosa Luxembourg s'inscrit dans le combat pour les femmes néanmoins, elle ne participe pas à la vie politique en sa seule qualité de femme. Pour être plus explicite, elle refuse d’être affiliée à des fonctions ou à des postes exclusivement féminins, y compris au sein de son parti. Elle entend être traitée comme les hommes dont elle partage le combat au quotidien. C’est en ce sens qu’elle affirme n’avoir « rien à faire avec le mouvement des femmes ». Son idéal et ses objectifs sont avant tout universalistes : « oeuvrer pour l’égalité des femmes ne doit s’entendre que dans le cadre de la remise en question de toute forme de domination ». Cette position heurtera les féministes radicales. C’est donc avec cette conception qu’elle lutte pour le droit de vote des femmes (1912, texte de Rosa Luxembourg pour le vote des femmes).  
Cet article de Rosa Luxemburg paraît  le 8 mars 1912 dans « Die Gleichheit" (L’Egalité) le journal des femmes sociales-démocrates dirigé par Clara Zetkin. Rosa Luxembourg cite Charles Fourier: « dans chaque société, le degré d’émancipation des femmes est la mesure naturelle de l’émancipation générale ».  
 
La guerre éclate.  
Le 4 août 1914, le parti socialiste allemand (SPD) vote les crédits de guerre, soutient l'engagement militaire et la politique d’union sacrée. En décembre 1914, Karl Liebknecht, député SPD au Reichstag, refuse de voter de nouveaux crédits. Il est le premier député du SPD à rompre avec la ligne directrice du parti. Dès janvier 1915, il est exclu du SPD. En 1916, les parlementaires du SPD qui refusent de voter les crédits de guerre sont à leur tour exclus du parti. La purge se poursuit l'année suivante. Les internationalistes se regroupent en dehors du SPD, organisant leur propre ligne d’action contre la guerre, elle donnera naissance à la Ligue des spartakistes.
 
Pacifiste et internationaliste, Rosa Luxembourg condamne évidemment la guerre, comme Liebknecht elle est opposée aux décisions du SPD.  
Condamnée à un an de prison pour « incitation de militaires à l'insubordination », antimilitarisme... elle purge sa peine à partir de février 1915. Libérée, elle reprend ses actions publiques contre la guerre, de juillet 1916 à novembre 1918 elle est à nouveau en prison. Bénéficiant de l’amnistie politique du 6 novembre 1918, elle est définitivement libérée quelques jours plus tard. En Allemagne, la population est divisée, le chaos règne (évènements à Kiel, Hambourg, Brême…). Dans les grandes villes les travailleurs font grève, constituent des Conseils d’ouvriers et de soldats, des émeutes se déclarent un peu partout. Dans le journal de la Ligue des spartakistes, "die Rote Fahne" (le Drapeau rouge) qu’elle a créé avec Liebknecht, Rosa Luxembourg publie des articles favorables aux émeutiers tandis que la presse de droite appelle à son assassinat. L'insurrection se propage, à Berlin, des marins révoltés se rendent maîtres de la Chancellerie.  
 
Janvier 1919  
Dans les grandes villes, des grèves continuent à être déclenchées par les travailleurs. Les manifestations tournent aux combats de rue, les dirigeants du mouvement Spartakus soutiennent ces actions.  
A Berlin, le soulèvement est écrasé par le chancelier social-démocrate Friedrich Ebert au cours de la « Semaine sanglante ». Le ministre de la guerre, le SPD Gustav Noske, a confié la répression des spartakistes aux Freikorps. Ces groupes paramilitaires monarchistes sont très bien armées, les miliciens massacrent les insurgés spartakistes et leurs dirigeants. Rosa Luxembourg et Liebknecht, entrés dans la clandestinité, sont interpelés et abattus le 15 janvier 1919 par des agents du Freikorps. Le corps de Rosa Luxembourg est jeté dans le canal du Landwehr.  
Le 25 janvier se déroulent les obsèques de Rosa Luxembourg, elles sont symboliques, la foule suit un cercueil  vide. Un corps, repêché au mois de mai, est identifié comme étant celui de R. Luxembourg et inhumé dans la même tombe que celle de Liebknecht. La légitimité de cette dépouille continue à faire couler de l’encre.
 
Les paradoxes de Rosa Luxemburg : elle a soutenu les combats révolutionnaires alors qu’elle-même était pacifiste. Le 19 janvier 1919, quelques jours après son assassinat,  les femmes allemandes  votent pour la 1ère fois.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/obsequerosaluxembourg.png
source photo : https://secoursrouge.org/L-assassinat-de-Rosa-Luxemburg
 
pistes de lecture :
Claudie Weill : « Rosa Luxemburg, ombre et lumière », Nouvelles Questions Féministes, 2011/1 (Vol. 30), p. 121-125. DOI : 10.3917/nqf.301.0121. URL : http://www.cairn.info/revue-nouvel [...] ge-121.htm )
https://www.legrandsoir.info/rosa-l [...] erale.html
 http://www.jutier.net/contenu/rluxbio.htm  
http://www.critique-sociale.info/2 [...] 1871-1919/
https://bataillesocialiste.wordpres [...] luxemburg/
http://www.larousse.fr/encyclopedi [...] urg/130747  
https://www.herodote.net/almanach-ID-89.php
https://bataillesocialiste.wordpres [...] luxemburg/  
http://npa29.unblog.fr/2014/03/09/ [...] e-ragemag/
 
Concernant l’Allemagne de novembre 1918 au 15 janvier 1919 : http://www.jprissoan-histoirepolit [...] liebknecht
 
cordialement
Brigitte

Message cité 1 fois
Message édité par Skellbraz . le 28-09-2017 à 15:44:41

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123607
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 25-09-2017 à 16:38:47  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous,  
 
merci à Aline/CD9362 qui m'a communiqué ce lien.  
 
un travail de fourmi:  https://grandeguerre.icrc.org/fr/List/4112933/732/6709/
Versé dans le dossier du Comité International de la Croix Rouge (agence internationale des prisonniers de guerre de Genève) le document 6446, daté de février 1916, fait état de plusieurs démarches de Mme Barbier (infirmière) à Charleroi.  
L'une de ses démarches, demandée par Mme Thiel (Zürich), concerne la recherche par son père, du caporal MICHEL Henri Alfred (disparu mais dont on a retrouvé le livret militaire).
extrait du document
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/recherhedemmeBarbier.png
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 25-09-2017 à 21:55:53

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123646
krzymen
Posté le 27-09-2017 à 23:12:46  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous, bonsoir Brigitte

Skellbraz  . a écrit :

Née en 1871 (ou 1870) dans une Pologne devenue territoire de l’empire russe, Rosa Luxembourg grandit au sein d'une famille aisée de la communauté juive polonaise


Rosa Luxemburg = Rozalia Luxenburg ou Róża Luksemburg est née le 5 mars 1871 à Zamość.
 
Nous connaissons déjà la plus célèbre guerrière autrichienne Victoria Savs. Mais il y en avait d'autres !
 
Maria Amalia Anna von Hauler ou Maria Senta Hauler (1893 - ?)
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/hauler.jpg
Née en 1893, fille d’un officier de l’armée austro-hongroise, elle s’engaga comme infirmière benevole en octobre 1914. En 1916 elle a été décoré de la Silberne Ehrenmedaille (Médaille d'argent de la Croix-Rouge) et en 1917 de la Tapferkeitsmedaille. Après la mort de son père, Oberst Otto v. Hauler - sur le front italien (mars 1917) – elle quitte le service médical. Avec l'aide d'un officier autrichien, probablement l'ami de son père, elle s’était engagée dans la K.u.K. Armee comme Wolf Hauler. D'abord affectée a un régiment d'artillerie, elle a été ensuite détachée (novembre 1917) auprès du Württembergischen Gebirgsbataillon 1 (où servait un certain Oberleutnant Erwin Rommel) du Deutschen Alpenkorps sur le front de Isonzo comme un agent de liaison et interprete (elle parlait italien). Le 2 janvier 1918 elle a été empoisonnée lors d'une attaque au gaz à Monte Tomba et placée dans un Lazarett parmi des corps de soldats morts. C'est là qu’on a constaté qu’elle est encore vivante et que le Schütze Wolf Hauler est une femme. Soignée en Allemagne. Probablement cette Autrichienne était la seule femme-Frontkampfer de l'armée allemande.
 
Stephanie Hollenstein (1886-1944), peintre autrichien (expressioniste et nature morte).
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/Hollenstein.jpg
Une meilleure photo :
http://apps.vol.at/tools/chronik/v [...] &personen=
Au debut de la Première Guerre mondiale, elle a suivi un cours de formation médicale et en mai 1915 sous le nom de Stephan Hollenstein elle s’engagea dans  un bataillon des Standschützen. Envoyée sur le front italien. "Demasquée" en août 1915, elle a été renvoyée du front. Peu de temps après, elle est devenue une Kriegsmalerin (peintre de guerre) qui travaillait pour le k.u.k. Kriegspressequartier, et dans cette fonction était au moins trois fois au front en 1916. Plus tard, elle a reçu le Karl-Truppenkreuz pour le service au front d'un total de plus de 90 jours. En 1916/1917, elle a également peint pour le musée de l'histoire de l'armée à Vienne (Heeresgeschichtliche Museum in Wien), qui a finalement acheté 87 de ses œuvres.
Sources :
http://www.neue-ordnung.at/index.php?id=268
https://de.wikipedia.org/wiki/Stephanie_Hollenstein
https://en.wikipedia.org/wiki/Stephanie_Hollenstein
http://apps.vol.at/tools/chronik/v [...] ft=artikel
 
Bien cordialement
Krzysztof
 


---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
n°123661
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 28-09-2017 à 15:42:03  profilanswer
 

bonjour à toutes et tous,
 
Merci Krzysztof pour les portraits de deux nouvelles personnalités.  
 
Je sollicite votre avis:  
 
- Concernant Maria Amalia Anna von Hauler, je suis indécise pour son classement dans le sommaire, elle est autrichienne mais sert dans l'armée allemande. Personnellement je pencherais pour l'Autriche mais...?
- Pour Stephanie Hollenstein, j'hésite également quant à son classement : dans le paragraphe "arts graphiques ou bien "femmes en armes.  ;) Peut - être l'un et l'autre?
 
Dans mon post précédent, j'apporte les précisions concernant l'état civil de Rosa Luxembourg (mes recherches m'avaient conduite à de l'indécision quant à son année de naissance).
 
Très cordialement
Brigitte

Message cité 1 fois
Message édité par Skellbraz . le 28-09-2017 à 15:45:56

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123666
krzymen
Posté le 28-09-2017 à 22:28:00  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous, bonsoir Brigitte

Skellbraz  . a écrit :

- Concernant Maria Amalia Anna von Hauler, je suis indécise pour son classement dans le sommaire, elle est autrichienne mais sert dans l'armée allemande. Personnellement je pencherais pour l'Autriche mais...?


À mon avis - Autriche! Maria Amalia a travaillé depuis octobre 1914 jusqu’à l'été de 1917 dans un hôpital militaire de l'armée austro-hongroise et puis elle a rejoint cette armée comme Wolf Hauler. Elle a été affectée comme traductrice à l'armée allemande. Au début, elle portait l’uniforme du k. u. k. Infanterieregiment 86. Mais sur les photos (comme celle avec un chien prise en Allemagne en 1918), elle possede probablement  :??:  un uniforme de troupes de montagne allemandes - l'avis de Marcus serait utile  ;)  
 
Sources:
172. 14 NOVEMBRE 1917: LA BREVE GUERRA DEL SOLDATO MARIA AMALIA.
https://bortocal.wordpress.com/2009 [...] ia-amalia/
Eine kleine Komödie in der grossen Tragödie.
Wie aus einer Marie Amalia Anna der „Schütze” Hauler wurde. Sie war die einzige deutsche Frontsoldatin.
https://www.pressreader.com/germany [...] 4636407903
 

Skellbraz  . a écrit :

- Pour Stephanie Hollenstein, j'hésite également quant à son classement : dans le paragraphe "arts graphiques ou bien "femmes en armes.  ;) Peut - être l'un et l'autre?


Paragraphes "arts graphiques" mais aussi "femmes en armes"!
 
Mariska Fery-Bognar (Marie von Fery-Bognar)
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/fery.bognar.jpg
Probablement une Hongroise. Elle ne voulait pas se séparer de son mari (Oberstleutnant v. Turnau?) et elle a rejoint son régiment. En 1915, elle servait dans le Ungarisches Infanterieregiment 69 et en 1916 elle a été nommée Korporal. Première et la seule femme qui a été decorée de Kaiserlich-Österreichischer Franz-Joseph-Orden (ordre du Franz-Joseph). Elle a également reçu une broche en or avec des initiales impériales.
Elle était célèbre pendant la guerre, mais c'est tout ce que j'ai trouvé sur elle!
 
 
Alice Schalek
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/schalek.jpg
Née en 1874 à Vienne dans une famille juive. En 1903 elle entre au journal Neue Frei Presse et commence une série de voyages à travers le monde. En 1915 Schalek devient correspondante de guerre accréditée par le k.u.k. Kriegspressequartier (bureau de presse militaire) et visite le front en Galicie, Serbie et en Italie (Isonzo). Décorée en 1917 de la Goldenes Verdienstkreuz mit der Krone am Band der Tapferkeitsmedaille.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/feuilleton.jpg  
Alice Schalek était la première femme photographe et journaliste de guerre accréditée. En 1939, elle est arrêtée par la Gestapo. Libérée, elle émigre aux États-Unis. Elle décède en 1956 près de New York.
 
Sources:
https://de.wikipedia.org/wiki/Alice_Schalek
https://jwa.org/encyclopedia/article/schalek-alice
Alice Schalek’s War. The story of Austria-Hungary’s only woman war correspondent in the First World War
http://justsolutions.eu/resources/AliceSchaleksWar.pdf
Les femmes photographes de guerre
https://pentaxklub.com/les-femmes-p [...] de-guerre/
 
Bien cordialement
Krzysztof


Message édité par krzymen le 28-09-2017 à 22:35:37

---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
n°123678
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 29-09-2017 à 23:10:46  profilanswer
 

bonsoir à toutes et tous,  
 A titre  personnel : très grand merci à vous Krzysztof parce que j'apprends un pan de l'histoire qui m'était jusqu'alors inconnu (et les lectrices / lecteurs, sans doute autant.)  :hello:  
 :sol: de surcroît, vous avez l'amabilité de ne pas me remonter les bretelles :D  
très / très cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 30-09-2017 à 06:04:46

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123697
krzymen
Posté le 30-09-2017 à 23:01:35  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
Bonsoir Brigitte [:francine laude]
 
Je dois compléter le message d'Inouk44 (o5-08-2016) à propos de la "baroudeuse"  :)  bulgare Donka Stavreva Ushlinova (Донка Ставрева Ушлинова)
Il y avait des femmes bulgares qui se sont battues contre les Turcs dans diverses insurrections et dans les guerres balkaniques, mais pour le période de la première guerre mondiale, j’ai trouvé seulement Donka. En Bulgarie elle est considérée comme une héroïne nationale.
 
Il y a de nombreux sites en langue bulgare, où on trouve des articles sur Donka Ushlinova avec des photos :
http://bgwars.net/p-Donka-Ushlinova-135 (photos)
https://bg.wikipedia.org/wiki/%D0%9 [...] 0%B2%D0%B0
http://glasove.com/categories/izgu [...] -tri-vojni
http://e-79.com/news-68480.html
http://www.insgrum.com/media/12143 [...] 3057282832 (english)
 
Un article en langue bulgare basé sur les informations provenant des archives du Musée national d'histoire militaire bulgare : Илия Илиев - Донка войвода – жена в пламъците на едно въстание и три войни / Ilya Ilyev – Donka chef de guerre (?) – une femme dans les flammes d’une insurrection et trois guerres.
http://bgns.net/%D0%B4%D0%BE%D0%BD [...] %B5%D0%B4/
 
Donka Bogdanova est née en 1885 dans le village de Smilevo, région de Bitola (empire ottoman, actuellement République de Macédoine). A l’age de 16 ans, elle épouse Stavri Christov Ushlinov (ou Ushlingov). Très peu de temps après le mariage, son mari Stavri est obligé d'aller travailler à l'étranger. Elle reste seule et habite chez un cousin Apostol Ushlinov et sa femme Srebra. Un bey local veut placer les deux jeunes femmes dans son harem. Pour préserver leur honneur et leur foi, Donka et Srebra tuent le bey et se cachent dans les montagnes. Elles s’enrolent dans un détachement de la VMRO
VMRO - Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne
https://fr.wikipedia.org/wiki/Organ [...] A9donienne
Avec ce détachement les deux femmes participent à l'insurrection d'Ilinden–Préobrajénié en 1903.
L'insurrection d'Ilinden–Préobrajénié
https://fr.wikipedia.org/wiki/Insurrection_d%27Ilinden
Au cours de l'insurrection Donka Ushlinova se distingue par son l'intrépidité et l'héroïsme. Elle donne l’exemple aux autres insurgés. Elle participe aux vingt combats.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/Donka1903.jpg
1903 - Carte postale
Les troupes ottomanes ont vite réprimé le soulevement. Les groupes d’insurgés traversent la frontière serbe. Donka choisit l’exil en Bulgarie où elle retrouve son mari.
En octobre 1912, la première guerre balkanique commence. Les anciens insurgés et des émigrés de Macédoine forment un corps de volontaires. Parmi eux se trouvent Donka et Stavri. Ils servent dans la 2e brigade du Corps des volontaires macédono-andrinopolitains. La courageuse Donka se bat bien dans les deux guerres balkaniques. Elle est promue caporal et decorée de l’Ordre pour la bravoure III et IV classe.
En 1915 le gouvernement bulgare décide de se lier aux puissances centrales - le 23 septembre 1915, une mobilisation totale a été annoncée. 877000 personnes seront mobilisées. Donka Stavreva Ushlinova quitte sa maison et arrive en tant que bénévole à Pleven. Son mari Stavri se porte volontaire lui aussi. Donka et Stavri ont été affectés à la 2ème Compagnie du 2ème Régiment d'Infanterie Macédonien qui, en juillet 1917, a reçu le nom du 60ème Régiment d'Infanterie.
Donka de nouveau donne des exemples de vaillance et est decorée de l’Ordre pour la bravoure II classe.  
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/Donka.front.jpg
Le sergent Donka Stavreva Ushlinova et son mari, le ... caporal  :)  Stavri Ushlinov.
 
Le 7 septembre 1917, pendant une patrouille, l'escouade de Donka Ushlinova fait prisonnier  un sous-officier et deux soldats de la 67ème Brigade de la 22e division anglaise.
En 1917 général-lieutenant Nikola Zhekov passe en revue le 60e régiment d'infanterie. Quand il se rend compte que la courageuse Bulgare a participée aux trois guerres et un soulèvement, pour lequels elle a reçu trois ordres "Pour la bravoure", il lui a remis personnellement la quatrième croix, cette fois de Ire classe et a ordonné au commandant du régiment de la nommer sergent.
À la fin de la Première Guerre mondiale, Donka Ushlinova a été présentée pour la promotion au grade d’officier mais en raison de la défaite bulgare, cela ne se produit pas.
Après la démobilisation, elle retourne avec son mari à Varna. L'Assemblée nationale a donné à Donka une somme de 10.000 leva, avec laquelle la famille a construit une petite maison. En 1924 leur fils Alexandre est né.
Donka Stavreva Ushlinova est décédée le 27 juin 1937 à l'âge de 51 ans.
 
Bien cordialement
Krzysztof
 
Ushlinova Peak  :)  en Antarctique
https://en.wikipedia.org/wiki/Ushlinova_Peak
"The peak is named after Donka Ushlinova (1880 :??: -1937), a participant in the Bulgarian liberation movement in Macedonia, much decorated for her bravery in the 1912-1918 wars of national unification".


Message édité par krzymen le 30-09-2017 à 23:43:12

---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
n°123698
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 30-09-2017 à 23:55:47  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous
 
Merci Krzysztof pour les nouvelles informations au sujet de Donka Stavreva Ushlinova que Daniel /Inouk44 nous avait présentée ici. Une femme qui ne manque pas de personnalité.... plus gradée que son époux, cela mérite d'être souligné!  
cordialement
Brigitte


---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123703
krzymen
Posté le 02-10-2017 à 08:26:17  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous, bonjour Brigitte
 
Ecaterina Teodoroiu (vrai nom Cătălina Toderoiu) surnommée "L'héroïne de Jiu", héros de l'armée roumaine de la Première Guerre mondiale.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/teodoroiu.jpg
Née en 1894 à Vădeni (Gorj), dans une famille des agriculteurs, Cătălina avait cinq frères et et deux soeurs. Elle a commencé l’école primaire dans son village natal et l’a terminé à Târgu Jiu, où l’on avait inscrit sous le nom de Ecaterina Teodoroiu. Entre 1905-1909 elle étudiait à l'école roumano-allemande à Târgu Jiu, puis à l'école secondaire à Bucarest. Elle voulait devenir une institutrice. Elle a ensuite étudié à une école des infirmières.
Elle était membre de l'association de scouts roumains. Le 15 août 1916 la Roumanie est entré dans la guerre et tous les scouts roumains ont été appelés à soutenir l’armée (service auxiliaire). Ecaterina était de retour à Târgu Jiu, aidant à soigner les blessés comme infirmière à l'hôpital militaire. Après la mort au front de son frère Nicolas, elle a décidé de se battre et a demandé au commandant de la 2e division d'être transféré à une unité combattante. Elle servait sous le commandement du lieutenant Gheorghiţoiu, ancien chef de son frère. Le 10 octobre 1916, pendant la première bataille de Jiu, le soldat Ecaterina Teodoroiu était en première ligne. Elle a été fait prisonnier, mais a reussi a s’évader. Legèrement blessée, elle est revenue à son unité et a continué à se battre dans la région de Filiaşi. Grièvement blessée aux deux jambes et evacuée vers les hôpitaux de Craiova, Bucarest et Iasi.
Pour son dévouement et son engagement en octobre 1916, Ecaterina a été convoquée à Bucarest par la reine Maria. Le 19 mars 1917 a été decorée personnellement par le roi Ferdinand Ier de la  "Virtutea militară" II cl. (Vertu militaire) et promue au grade de sublocotenent (sous-lieutenant). Elle a eu plusieurs rencontres avec la famille royale. Revenue au front en été 1917, elle a reçu le commandement d'un peloton du 43/59 régiment d'infanterie (Regimentul 43/59 Infanterie). Ecaterina Teodoroiu est tombée le 22 août 1917 à la tête de son peleton, en defendant les tranchées, lors d'une attaque allemande du RIR 40 pendant la bataille de Marasesti.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/teodoroiu1917.jpg
Elle répose dans un mausolée dans le centre de Targu Jiu et en Roumanie il y a plusieurs monuments à cette héroïne nationale.
Sources :
https://ro.wikipedia.org/wiki/Ecaterina_Teodoroiu
https://en.wikipedia.org/wiki/Ecaterina_Teodoroiu
https://www.historia.ro/sectiune/po [...] e-militare
Héroïnes universelles. Ecaterina Teodoroiu, Entre Jeanne d’Arc et Florence Nightingale
http://www.courrierinternational.c [...] ightingale
 
En 1978 les Roumains ont réalisé un film "Ecaterina Teodoroiu"
 
Cordialement
Krzysztof


Message édité par krzymen le 02-10-2017 à 08:29:46

---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
n°123715
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 02-10-2017 à 22:13:22  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous
Merci Krzysztof pour votre présentation de Cătălina Toderoiu (et pour les traductions)
 
  :whistle: la photo du site Historia est sans tête, on doit donc se contenter de la casquette (elle porte de même N° que celui de la photo que vous avez insérée)
cordialement
Brigitte

Message cité 1 fois
Message édité par Skellbraz . le 02-10-2017 à 22:15:06

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123717
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 02-10-2017 à 23:12:24  profilanswer
 

Skellbraz  . a écrit :

 :whistle: la photo du site Historia est sans tête, on doit donc se contenter de la casquette


Bonsoir
 Ou de reconstituer les morceaux (autre site)
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/26/ET01.jpg
armataromaniei.ro en avait un grand complet, mais il a disparu. Par contre effectivement la recherche dans les sites roumains est pour le moins productive !
Cordialement
Alain


---------------
http://civils19141918.canalblog.com http://ggfamille4d.canalblog.com http://theywerethere.canalblog.com "Si on vous demande pourquoi nous sommes morts, répondez : parce que nos pères ont menti." R. Kipling
n°123718
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 03-10-2017 à 00:17:22  profilanswer
 

bonsoir à toutes et toutes
Merci Alain,  :D sur la photo que vous avez jointe, c'est la casquette qui est étêtée.  
 
cordialement
Brigitte


---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123720
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 03-10-2017 à 07:35:59  profilanswer
 

Bonjour,  
Pour changer un peu des infirmières et pour rappeler un fait oublié, celui de celles qui ont été envoyées au triste camp de déportation d'Holzminden...  
Cette carte photo montre qu'outre les femmes, les enfants ont séjourné dans ce camp. Jusqu'à 12 ans dans les baraques avec leur mère, au delà dans les baraques des hommes ou des femmes seules...
Hélas l'Histoire a oublié ce drame...
J. Claude
 ihttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/782/Barfem.jpg


---------------
la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°123781
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 06-10-2017 à 12:43:13  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous
Merci Jean Claude pour la photo.  
Juste une petite question :  l'information qu'il s'agit du camp d'Holzminden est-elle inscrite sur la carte-photo?
cordialement,
Brigitte


---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123782
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 06-10-2017 à 13:48:00  profilanswer
 

Bonjour,  
Oui bien sûr, quelle question !!! et je peux vous donner des photos d'enfants, de femmes, et d'institutrices... qui faisaient l'école dans le camp...  
Mais cela a été ignoré...  
J. Claude


---------------
la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°123784
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 06-10-2017 à 13:55:01  profilanswer
 

Voici par exemple celle-ci:
Groupe de femmes devant leur baraque. On peut remarquer que celle du haut (chapeau) porte autour du cou la plaque réglementaire avec son numéro de prisonnière. Les dames (comme il est dit dans tous les témoignages ou rapports de l'époque) ne portaient pas le brassard de prisonnier mais une plaque .img]http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/782/femmes.jpg[/img]
Cordialement.
J. Claude


---------------
la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°123785
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 06-10-2017 à 13:55:36  profilanswer
 

Voici par exemple celle-ci:
Groupe de femmes devant leur baraque. On peut remarquer que celle du haut (chapeau) porte autour du cou la plaque réglementaire avec son numéro de prisonnière. Les dames (comme il est dit dans tous les témoignages ou rapports de l'époque) ne portaient pas le brassard de prisonnier mais une plaque .img]http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/782/femmes.jpg[/img]
Cordialement.
J. Claude
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/782/femmes.jpg


---------------
la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°123786
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 06-10-2017 à 14:03:49  profilanswer
 

stcypre a écrit :

Oui bien sûr, quelle question !!!


re- J.Claude
La question avait été posée, tout simplement parce que, hormis votre témoignage dont je vous remercie, aucune autre source /référence (à part un N°14) n'apparaît sur votre premier post. Si vous pouviez, par exemple, scanner les références de la carte-photo, son verso... ce serait un plus. Avec mes remerciements anticipés.
Bien à vous
Brigitte
 
PS : merci pour la 2ème photo (oups le lien est inactif)


Message édité par Skellbraz . le 06-10-2017 à 14:07:01

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123794
air339
Posté le 07-10-2017 à 08:56:52  profilanswer
 

Bonjour,
 
 
Jean-Claude rappelle à juste titre combien les femmes ont été victimes, bien oubliées, de la guerre.  
 
Gilles/Pouldhu avait aussi rappelé  http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 1811_1.htm les atrocités commises dans le camp d'Effry par le "docteur" Oscar Michelsohn, il est utile de rappeler ce qui lui est reproché :  
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/5009/michesohn.jpg
 
"Liste des personnes désignées par les Puissances alliées pour livrées la l'Allemagne en exécution des articles 228 à 230 du traité de Versailles" http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] rk=21459;2
 
 
Le procès à Leipzig par un tribunal local de ce criminel de guerre révèle des détails encore plus sordides. Il sera acquitté.
 
 
Cordialement,
 
Régis

Message cité 1 fois
Message édité par air339 le 07-10-2017 à 10:30:31
n°123814
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 10-10-2017 à 02:55:01  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous,  
 
merci Régis pour cette nouvelle intervention et pour le lien qui permet de consulter le site gallica. La liste proposée est longue, il y en a eu des exactions !
 
Petit retour sur le musée Lucien Roy que Zabmarcus/ Marc a récemment visité
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/17061/museeBeure.png
 
Lucien Roy, oncle du créateur de ce musée, était un poilu de la Grande Guerre, blessé, fait prisonnier, il meurt en 1915. Son neveu, Jean Cretin, ancien résistant et militaire a commencé à rassembler des "souvenirs" personnels, puis a recueilli des dons de ses collègues, de ses amis, de relations...le tout prenant une importance qu'il n'avait pas imaginée au début. Il en a fait un musée auquel il a donné le nom de son oncle pour perpétuer le nom de la famille qui disparaissait.
La page « les femmes et la Grande Guerre » est accessible ici : http://museelucienroy.e-monsite.co [...] la-guerre/
 
cordialement
Brigitte


---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123815
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 10-10-2017 à 03:37:46  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous,  
 
Les femmes et la cantine
Un article d’Anna Safrona vaut le détour, il est titré « Les cantines et les femmes : un espoir d’émancipation ? France et URSS  dans l’entre-deux guerres » dans « Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin –n° 45–Printemps 2017 »
Je ne fais pas ici une synthèse de l’article dans son ensemble mais seulement de la situation en France avant et pendant la Grande Guerre. Pour lire la totalité de l’article:  https://www.univ-paris1.fr/fileadmi [...] ronova.pdf
 
L'article apporte une vision des choses à partir d’un fait qui, pour nous, est devenu plutôt ordinaire : le repas de midi quand on n’a pas le temps de rentrer chez soi.  
Si nous nous référons aux difficultés que nous rencontrons lorsque le personnel de nos cantines se met en grève, nous pouvons mieux comprendre la situation quotidienne des ouvrières / mères de famille dont les époux étaient au front.
 
Certes les françaises ont travaillé comme ouvrières avant 1914 mais c’est pendant la Grande Guerre que les cantines sont apparues massivement en France, en particulier dans les usines d’armement.  
 
Dans la mentalité de l’époque, la place de la femme est au foyer, tout travail extérieur rémunéré est marginal. La femme mariée reste à la maison où elle prépare, pour toute la famille, des repas destinés à être consommés au foyer. Pour les patrons, l’ouvrier qui mange en famille est protégé de l’influence néfaste du socialisme.  
La cantine, lieu de repas réguliers pris en collectivité, était une pratique peu répandue. Avant la guerre, elle concernait les ouvriers éloignés de leurs familles et quelques ouvrières célibataires de condition sociale trop modeste pour vivre sans travailler à l’extérieur. Si certains hommes pouvaient se restaurer dans des petits bistrots de proximité, les salaires concédés aux ouvrières ne le permettaient pas. D’ailleurs, souvent les hommes mangeaient à l’atelier malgré les interdits, au risque d’être contrôlés par des inspecteurs peu nombreux, peu efficaces, d’autant que certains industriels ne se sont pas pressés pour investir dans l’aménagement d’un réfectoire. Quoiqu’il en soit, même si un « espace de restauration » était accordé aux ouvriers, l’équipement et le combustible n’étaient pas fournis. Il convient de garder à l’esprit cette réalité : ce qui est difficile à réaliser pour les hommes, s’avère quasi impossible pour les femmes.  
 
Déjà employées dans les secteurs industriels les moins valorisés, avec la guerre, les femmes seront plus nombreuses à occuper des postes qui étaient auparavant réservés aux hommes (les «munitionnettes»). Les mauvaises conditions de leur travail deviennent plus visibles car il y a, de surcroît, cohabitation avec le travail des hommes dans les mêmes secteurs.
 
1] Sans formation, les ouvrières occupent une position subalterne dans la production industrielle, par conséquent elles ont un salaire inférieur à celui des hommes ce qui a évidemment un impact sur les frais occasionnés pour leurs repas de midi.
2] Tant à la maison que sur leur lieu de travail, la vie des femmes est décidée par un système patriarcal puissant.  
 
 La répartition sexuée du travail et de l’espace- cantine
 
- La distinction sexuée des lieux de prise de repas est économique: une femme se restaure à moindre coût à cause d’un salaire inférieur. En 1916, à Boulogne, pour un repas à la cantine patronale, un homme paie en moyenne 2,50 francs, une femme ne dépense que 1,40 franc.  
Chez un restaurateur, un repas coûte 3 francs minimum ( référence : AN, F/22/536, Rapport sur l’alimentation à Boulogne-Billancourt, le 18 février 1918 pour le dossier sur le logement des ouvriers). Les femmes ne sont pas des clientes intéressantes, elles sont moins bien accueillies par les restaurateurs qui ne les laissent pas toujours consommer sur place, ce qui les oblige à manger « dans la rue, assises sur le bord du trottoir».  
 
- On observe également une ségrégation fondée sur le modus vivendi de la société. Les ouvrières françaises sont rarement admises à manger avec les hommes. Il n’est pas question d’oublier que leur rôle essentiel est celui de « domestique familiale ».  
 
La cantine se situe de manière significative à l’intersection de la sphère du travail et de la vie domestique. Celle de la Compagnie des Chemins de Fer Paris-Lyon-Méditerranée est un exemple : les femmes qui y sont salariées sont autorisées à se nourrir uniquement de « plats à emporter » afin de conserver la pratique d’une "consommation alimentaire familiale". En contrepoint, nous comprenons que la mère de famille, après ses 10h de travail d’usine, ne lira pas le journal en fumant sa pipe, elle assurera la préparation de repas chauds qui garantissent une bonne santé. Le médecin Caubet, dans un rapport adressé au ministère de la Santé et de l’Hygiène, estime que sans ce dispositif, « au bout de quelques jours, la femme renoncerait probablement à fournir aux siens un véritable repas et les nourrirait le plus souvent de charcuterie et de crudités».
 
Ce qui s'est passé pendant cette guerre fut, pour la condition des femmes, une simple parenthèse. Quand la guerre a été déclarée "l'effort de guerre" fut demandé aux françaises, de toutes façons, les plus modestes n'avaient pas d'autre choix que de trouver un travail pour vivre et nourrir les enfants.  
La paix revenue, elles devront faire un nouvel effort : accepter le retour à une situation infantilisante.  A l'issue de la 1ère guerre mondiale, les anglaises, les allemandes ont obtenu le droit de vote, les françaises devront attendre la fin d'une autre guerre.
 
cordialement
Brigitte


Message édité par Skellbraz . le 10-10-2017 à 03:56:39

---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123816
demonts
Posté le 10-10-2017 à 06:44:19  profilanswer
 

Bonjour,
 
Voici un reportage "Une vie de femme pendant la grande guerre"
 
 
http://www.dailymotion.com/video/x5q07r6
 
Bon visionnage.
 
François

n°123819
demonts
Posté le 10-10-2017 à 14:52:17  profilanswer
 

Évelyne Morin-Rotureau : «Pendant la guerre, les femmes ont appris à se prendre en main» (le Figaro)
L'historienne nous expose en quoi la guerre a favorisé l'évolution de la condition féminine.
http://www.lefigaro.fr/histoire/ce [...] n-main.php
Bonne lecture
François

n°123821
krzymen
Posté le 10-10-2017 à 23:33:40  profilanswer
 

Bonsoir,

air339 a écrit :

Jean-Claude rappelle à juste titre combien les femmes ont été victimes, bien oubliées, de la guerre.


Les historiens ne s'intéressent pas beaucoup à la souffrance des civils ...
Je vais vous donner un exemple – l’exode de 1915 – en polonais bieżeństwo et en russe Беженствo (on prononce biezhenstvo).
En été 1915 les autorités tsaristes ont déclenché une vaste campagne de propagande appelant la population civile à s’évacuer immédiatement en Russie. Entre deux et trois millions de personnes - en majorité femmes et enfants – ont quité leurs maisons. L'évasion chaotique dans la chaleur, sans nourriture et même de l'eau, a duré plusieurs mois. Les conditions de cette évasion ont conduit à des décès massifs d'enfants. Les enfants représentaient plus de 40% de tous les réfugiés. Selon les estimations, environ un tiers des refugiés n'a pas survécu à l'évasion. La majorité des ces centaines de milliers de victimes a trouvé la mort pendant le voyage vers la Russie et pendant le retour.
Tel était le prix payé par les femmes biélorusses, ukrainiennes, polonaises et juives - et leurs enfants - pour les ordres irresponsables des généraux russes.  
Mais qui se souvient de cela, surtout en Europe occidentale?  :(  
 
Cordialement
Krzysztof

Message cité 1 fois
Message édité par krzymen le 14-10-2017 à 19:10:25

---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
n°123823
demonts
Posté le 11-10-2017 à 10:58:57  profilanswer
 

Bonjour,
 
Récit du hors série téléramA 14/18.
Plus simple, plus court : comment 14-18 a changé les canons de la mode
http://www.telerama.fr/sortir/plus [...] 154660.php
 
Bonne lecture
 
François

n°123825
demonts
Posté le 11-10-2017 à 11:38:00  profilanswer
 


Bonjour,
Un lien de la RTBF :
https://www.rtbf.be/14-18/thematiqu [...] id=8262431
 
Bonne lecture
 
François
 

n°123829
krzymen
Posté le 11-10-2017 à 14:30:33  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Les femmes dans l'armée serbe ce n’est pas seulement Milunka Slavic
 
 
Sofija Jovanović (Софија Јовановић), (1895 - 1979) était bénévole et sergent de l'armée serbe dans les guerres entre 1912 et 1918, elle a reçu 13 décorations.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/jovanovic.jpg
Née à Belgrade en 1895. Elle a terminée l’école secondaire quand la Première guerre balkanique a éclaté en 1912. Volontaire - première femme combattante de l'armée serbe.
Elle a participée aux patrouilles derrière les lignes ennemies et aux plusieurs coups de main. Décorée et appelée par les journalistes français "Jeanne d’Orleans serbe". Sa photo a été publiée dans le "Petit Journal" de Paris en 1912 et sur les cartes postales.
 
Dès le début de la Première Guerre mondiale - la nuit du 28 au 29 juillet 1914 - elle a participé à la première bataille de Belgrade. Sofija Jovanović commandait le premier groupe de combattants serbes qui ont traversé la rivière Sava, capturé des armes et des munitions et planté deux drapeaux serbes sur les positions autrichiennes. Elle a participé aux batailles de Drina, Kolubara et à la dernière défense de Belgrade. Elle a également survécu au retrait par l'Albanie, a participé à la percée du front de Thessalonique. Blessée, elle a perdu une partie de son pied et est restée handicapée. Nommée sergent et treize fois décorée.
Après la guerre, Sofija Jovanović a épousé un officier Tihomir Krsmanovic. Décédée en 1979 et enterrée avec des honneurs militaires à Belgrade.
source:
https://sr.wikipedia.org/wiki/%D0%A [...] %B8%D0%BA)
 
 
Natalija Bjelajac (Наталија Бјелајац)
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/11575/natalja.jpg
Née le 13 mai 1893 à Maribor (aujourd’hui en Slovénie), dans l'Empire austro-hongrois, comme Antonija Javornik(Антонија Јаворник), dans une famille de nationalité slovène.
Elle était sous une grande influence de son oncle, un ancien Oberleutnant de l'armée austro-hongroise servant en Bosnie, qui a quitté cette armée. Il s’était ensuite enrolé dans l'armée serbe. En avril 1912, après avoir terminé l'école de huit ans, Antonija est arrivée à Kragujevac où servait son oncle, le capitaine Martin Javornik (11e RI).
Après le début de la première guerre balkanique (8 octobre 1912), Antonija Javornik s’est porté volontaire et a changé son nom en Natalija Bjelajac pour proteger sa famille restée à Maribor. Elle travaillait comme infirmière du 11e régiment d'infanterie "Karadjordje" et a participé à la libération de la Serbie des Turcs. Durant la deuxième guerre des Balkans (29 juin - 10 août 1913) elle a reçu pour la première fois la Médaille de Miloš Obilic.
La Première Guerre mondiale a commencé pour Natalija Bjelajac par la bataille de Cers, où son oncle, le capitaine Martin Javornik, a été tué. Elle a reçu sa deuxième Médaille de Miloš Obilić.
Ensuite Natalija a participé à la défense de Belgrade et au retrait de l'armée à travers les montagnes du Monténégro et de l'Albanie. Pour la bataille de Kajmakčalan, la percée du front de Thessalonique et la libération de Bitola, décorée de L'étoile de Karadjordje avec des épées.
Le sergent Natalija Bjelajac, douze fois blessée, possedait (douze décorations) aussi l'Ordre des Aigles Blancs albanais, la Médaille pour les vertus militaires, la Médaille pour les services à la Maison royale, la Légion d'honneur française (chevalier) et l’Ordre de Saint Georges 3e cl.  
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle a été arrêtée par la Gestapo et emprisonnée au camp de Banjica.
Elle est décédée le 16 août 1974 à Belgrade, exactement lors du soixantième anniversaire de la bataille de Cers.
source: https://sr.wikipedia.org/wiki/%D0%9 [...] 0%B0%D1%86
 
Bien cordialement
Krzysztof


---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
n°123831
Alain Dubo​is-Choulik
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 11-10-2017 à 14:45:42  profilanswer
 

krzymen a écrit :

Mais qui se souvient de cela, surtout en Europe occidentale?  :(


Bonjour,
   Au moins pour le 100e anniversaire, un article suisse qui relayait la Feuille d'Avis de Lausanne du 25/09/1915, sous la plume de Joseph Kessel (et qu'on pourrait imaginer dater d'un petit quart de siècle plus tard).  
http://static.prsa.pl/images/c718083f-437b-48a0-993a-9d8f6d704bae.jpg
Il est vrai que l'accent est plutôt mis sur la politique de la terre brûlée. Sinon, à part quelqu'un qui cherche des ancêtres du coté d'Oszmiana .... ??? Il faut dire que le livre Bieżeństwo 1915 n'est pas encore traduit.
Cordialement
Alain
PS : voir également dans le Mercure de France du 1/1/1916


Message édité par Alain Dubois-Choulik le 11-10-2017 à 15:11:39

---------------
http://civils19141918.canalblog.com http://ggfamille4d.canalblog.com http://theywerethere.canalblog.com "Si on vous demande pourquoi nous sommes morts, répondez : parce que nos pères ont menti." R. Kipling
n°123832
Skellbraz ​ .
l'idée est debout. Hugo
Posté le 12-10-2017 à 01:26:08  profilanswer
 

bonsoir à toutes et tous,
Merci Krzysztof, François et Alain pour les nouvelles participations.  
 
Le sort des victimes du front russe m'était totalement inconnu. Alain et Krzysztof, vos interventions se complètent.  
Merci Alain pour ces liens particulièrement riches.
Cordialement
Brigitte


---------------
Sommaire "femmes pendant la Grande Guerre : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] tm#t120715
n°123855
demonts
Posté le 13-10-2017 à 19:51:43  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Voici des petits films, et, des photographies d'Albert KAHN sur le travail des femmes durant la grande guerre.(Mission centenaire 14/18)
 
http://centenaire.org/fr/tresors-d [...] lbert-kahn
 
Bon visionnage
 
François

n°123857
krzymen
Posté le 14-10-2017 à 19:15:05  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Biezhentsy (ou biejentzy) n’étaient pas les seuls réfugiés à l'est (front russe).
 
En moins d'un mois après le déclenchement de la guerre, les troupes russes occupaient Lvov (Lwów, Lviv, Lemberg), et après quelques semaines s’étaient approché de Kraków (Cracovie). En décembre 1914 le front s’est arrêté près de Tarnów et plus à l'est le long des Carpathes. Jusqu'en mai 1915, environ 80% du territoire de la Galicie était sous occupation russe. Avant l’arrivée des Russes à Lvov env. 40 mille d’habitants ont quitté la ville. Les Autrichiens ont également pris la décision d'évacuer la population civile des villes-forteresses, c. à d. Kraków et Przemyśl. A la fin de 1914 le nombre de réfugiés de Galicie résidant dans toutes les provinces de la double monarchie été estimé à env. 650 000 personnes. Sur le territoire de Galicie ont eu lieu trois offensives de l'armée russe (août 1914, printemps 1915, été 1916). Le nombre de personnes (en majorité des femmes et enfants), qui à la suite de la guerre en Galicie ont fui ou ont été expulsés, était estimé entre 700.000 et un million. La moitié de ces réfugiés, c’étaient des Juifs.
En Allemagne en 1914 il y avait aussi quelques centaines de milliers de réfugiés de Prusse Orientale.
 
Cordialement
Krzysztof  


---------------
Lance do boju ! Szable w dłoń !
Lance-main ! En bataille ! Sabre à la main !
 Page :   1  2  3  4  5  ..  30  31  32  33  34  35

Aller à :
Ajouter une réponse