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  immigrants belges dans l'arméé française

 

Soldats de la Grande Guerre : olivier gaget, 2 utilisateurs anonymes et 24 utilisateurs inconnus

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immigrants belges dans l'arméé française

n°121578
Roser
Posté le 15-03-2017 à 17:28:12  profilanswer
 

Allo
En visitant une église dans la région de Halluin je constatait que 3/4 des morts de cette paroisse avaient des noms flamands. Cela s'explique par la grande immigration en France de sujets belges pendant le 19ième siècle. La Flandre était pauvre et l'église ne voulait pas d'industrie parce que cela favorisait le socialisme.
Je me demande si tous ces gars comprenaient le français et si cela ne donnait pas de problèmes dans l'armée françcaise?
 
Merci
 
Roser

n°121579
clery
Posté le 15-03-2017 à 18:41:29  profilanswer
 

Bonjour Roser,
 
Attention, il y a aussi les Flandres françaises et nom à consonance flamande ne signifie pas forcément belge
Cordialement

n°121580
marpie
Posté le 15-03-2017 à 21:49:52  profilanswer
 

Bonsoir ,
 
Clery a tout à fait raison , la Flandre française existe depuis Louis XIV et faisait partie de la Flandre espagnole avant .
Dans les 1870 /1880 de nombreux belges sont venus s'installer dans les villes frontalières françaises pour travailler dans l'industrie textile .
A partir de 1880 , leurs enfants nés en France ont la nationalité française, sont scolarisés en France .A 20 ou 21 ans , ils remplissent leurs obligations militaires  
dans l'armée française .Ils parlent parfaitement le français (et le patois)
En août 1914 , certains déserteront pour s'engager dans l'armée belge .
Au début du XXème siècle , à Halluin , sur 16000 habitants ,il y avait environ 5700 belges (hors les enfants comptabilisés français)
Bien amicalement
Marpie


Message édité par marpie le 15-03-2017 à 22:05:12
n°121596
Roser
Posté le 18-03-2017 à 15:28:01  profilanswer
 

Merci pour les infos. Mais est-ce que tous ces gars parlaient bien le français? Je peux m'imaginer qu'il y avait des problèmes. surtout quand je vois sur une photo qui était exposée (il y a 5 années) sur un grande pancarte à Roubaix une grande boulangerie de 1920 (coin boulevard Gambetta et place de la liberté) avec uniquement des indications et enseignes en flamand.

n°121597
Roser
Posté le 18-03-2017 à 15:29:16  profilanswer
 

Marpie. Avez vous des infos sur ces deserteurs. Cela m'interesse. Merci d'avance.

n°121598
marpie
Posté le 18-03-2017 à 16:35:26  profilanswer
 

Bonjour Roser ,
 
En exemple, ce soldat français né en janvier 1896 qui repose dans la nécropole belge de Houthulst .
Tombé le 29 septembre 1918 .
Chevalier de l'Ordre de Léopold II avec palme .
Médaille commémorative 1914 1918 à titre posthume pour 4 années de front
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/6916/mon.jpg
Bien amicalement
Marpie

n°121599
Ben El Meh​li
Posté le 18-03-2017 à 17:37:06  profilanswer
 

Bonjour.
Ce soldat est insoumis et non déserteur. Juridiquement c'est très différent.
Au revoir.
Ben El Mehli.
PS: la méconnaissance du français classique ( et tout particulièrement du théâtre de Molière  :lol: ) n'a pas empêché les troupes indigènes ( autrement éloignées de la culture française que peuvent l'être des Belges néerlandophones ) de comprendre ce que leurs chefs leurs demandaient et d'éxécuter leurs ordres sans barguigner !

n°121608
Roser
Posté le 19-03-2017 à 08:48:30  profilanswer
 

Marpie merci pour l'info et Ben: je suis de votre avis que les troupes indigènes étaient aussi braves que les troupes Fr.
Merci.

n°121611
marcus
Posté le 19-03-2017 à 10:16:16  profilanswer
 

Bonjour,

Citation :

Je me demande si tous ces gars comprenaient le français et si cela ne donnait pas de problèmes dans l'armée française?


Il me semble utile de rappeler plusieurs points:
 
Les patronymes se sont globalement fixés en Europe à la fin du XVe siècle. Avoir un nom de famille flamand en 1914 ne signifie donc pas forcément que l'on est néerlandophone. Les migrations transfrontalières sont aussi vieilles que les frontières elles-mêmes.
 
La sphère d'influence de la langue française n'a cessé de s'étendre depuis le Moyen-Âge en direction des frontières du Nord et de l'Est. Certains espaces historiquement de langue germanique sont ainsi progressivement passés au français (les toponymes anciens sont restés germaniques mais la population y parle majoritairement le français depuis fort longtemps)
 
Les Flandres françaises existent depuis Louis XIV (Cela débute en gros avec le traité des Pyrénées en 1659 et se termine par le traité de Ryswick en 1699). Les populations sont donc françaises depuis plusieurs siècles en 1914.
 
L'usage des langues régionales et autres patois était beaucoup plus vivace en 1914 qu'aujourd'hui. MAIS:
- les soldats de 14-18 étaient passés par l'école de la République (école obligatoire de 6 à 13 ans à partir de 1882) au sein de laquelle seul l'usage du français était admis, sous peine de punitions et autres claques...  
- Ceux nés avant 1894 avaient en outre effectué 2 ou 3 ans de service militaire sous les ordres de gradés peu ouverts à la défense des langues locales. Lorsqu'un soldat non francophone intégrait l'armée française, il bénéficiait d'un apprentissage accéléré au cours de sa formation afin d'en maitriser les rudiments (c'est toujours le cas actuellement, notamment au sein de la Légion Étrangère)
- Dans toutes les régions, la grande majorité des conscrits du début du XXe siècle avait un niveau d'instruction égal ou supérieur à 2, ce qui signifie qu'ils lisaient et écrivaient le français (même mal), et que forcément ils le comprennaient
- Enfin tous les habitants de France étaient en contact avec une administration déjà très développée et n'utilisant que le français (du moins pour les actes écrits).
 
Je ne dis pas que des problèmes n'ont pas existé. Mais certainement en quantité très faible. Le fait d'avoir une langue maternelle autre que le français ne veut pas dire qu'on ne le comprenne pas.
 
Cordialement,
Marc


Message édité par marcus le 19-03-2017 à 10:46:57
n°121614
Jean RIOTT​E
Posté le 19-03-2017 à 21:14:18  profilanswer
 

Bonsoir à tou(te)s,
Tout à fait d'accord avec ce que dit Marc.
La "légende" selon laquelle certains soldats français ne comprenaient pas les commandements fait partie d' une de ces nombreuses croyances qui ont été répétées à n'en plus finir dans certains milieux.
Dans un régiment comme le 49ème RI (Bayonne), à très forte connotation basque, en temps de paix (et même de guerre) des cours d'approfondissement de la langue française étaient donnés soit par des instituteurs, soit par des séminaristes ou des ecclésiastiques (entre autres) sous les drapeaux. Et je suis persuadé qu'il devait en être de même dans beaucoup de régiments lorsque ceux-ci (surtout au début du conflit) avait un recrutement régional très accentué.
Cordialement,
Jean RIOTTE

n°121618
Ben El Meh​li
Posté le 20-03-2017 à 10:29:48  profilanswer
 

Bonjour.
Pour ce qui concerne l'Algérie ou la conscription est, sous une forme différente de ce qui se passe en métropole, mise en place progressivement et non sans oppositions -aussi bien de la part de certains colons que de la majorité ( pas toujours silencieuse ) des indigènes - à partir de 1912, le tableau concernant l'instruction publique et donc la maîtrise du français est plus nuancé:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/14393/img1.jpg
Au revoir.
Ben El Mehli


Message édité par Ben El Mehli le 20-03-2017 à 17:27:39

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