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  TOUS LES MORTS !

 

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TOUS LES MORTS !

n°122060
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 03-05-2017 à 13:11:24  profilanswer
 

 Extrait d'un discours lu le 23 mai 1964, repris par l'Almanach du Combattant de 1966. (Edit : 1966)
   L'Almanach du Combattant mentionne que son auteur a souhaité rester anonyme

 

 

                                                 HOMMAGE SOLENNEL AUX HÉROS DISPARUS DE TOUS LES COMBATS

  

...

 

Que la Lumière de Verdun inonde nos âmes !

 

Que les nécropoles jalonnant nos frontières étalent, dans nos mémoires, leurs forêts de croix.

 

Que notre regard s’incline vers la tombe de l’Ambassadeur des Morts,

 

Votre fils, votre frère, votre époux, votre père, peut—être...

 

Souvenons—nous...

 

Souvenons-nous de tous nos martyrs...

 

Ceux de 1914, au pantalon rouge, partis, joyeux, pour une
     éphémère croisade...

 

Ceux de la Marne, tombés, comme Péguy, parmi les épis mûrs
     et les coquelicots sanglants...

 

Ceux de l’Yser, au pantalons rouges ou en chéchia, noyés dans
     les trous d’obus...

 

Ceux de 1915, de l’Artois, de la Champagne, de la Somme ou
     des sommets vosgiens âprement disputés...

 

Ceux de Verdun, qui étonnèrent le Monde.

 

Ceux du Chemin des Dames, dans leur élan, brisés...

 

Ceux de 1918, ces Victorieux qui ne contemplèrent point leur
Victoire,

 

Ceux du dernier jour — de l’inoubliable journée du
     11 novembre — ceux de la dernière heure, de la dernière
     minute, dont les yeux s’éteignirent à l’instant où la France
     clamait sa délivrance.

 

TOUS LES MORTS !

 

Les morts de la sape, enterrés vivants.

 

Les morts de la boue, enlisés dans la glaise,

 

Les morts des chars d’assaut, brûlés vifs dans leur cellule d’acier,

 

Les morts de la mine —ceux de Vauquois ou des Éparges — dont on me retrouvait la moindre trace.

 

Les morts des gaz, qui crachaient leurs poumons.

 

Les morts des flammenwerfer, ces torches vivantes.

 

Les morts de la patrouille, de l’embuscade, du coup de main, achevés au poignard ou déchiquetés par la grenade.

 

Les morts des combats aériens, descendus en flammes, comme l’immortel Guynemer et Saint-Exupéry.

 

Les morts des sous—marins, au terme d’une atroce agonie.

 

Les morts des batailles navales, ceux du Bouvet, du Chateau-Renault, du Gaulois, du Léon—Gambetta.

 

Tous les marins, victimes des torpillages, qui ont sombré, pavillon haut.

 

TOUS LES MORTS !

 

Les héros de toutes les armes : fantassins de toutes les piétailles,
     les chasseurs à pied et alpins, les zouaves, les coloniaux,
     les cavaliers démontés, l’infanterie de marine, les sapeurs
     du génie, les artilleurs et leurs frères des crapouillots,
     les hommes volants et ceux qui observaient du haut d’un
     ballon.

 

Les milliers de volontaires, venus de tous les points de la terre
     pour défendre les libertés françaises. Ceux de l’Esca-
     drille La Fayette, qui formèrent l’avant-garde de l’armée
     américaine.

 

Les combattants de ces territoires qui formaient, naguère,
     notre Empire colonial.

 

TOUS LES MORTS !

 

Les morts des Dardanelles, du Vardar, de Monastir, les morts
     du Mont-Tomba ;

 

Les morts des geôles ennemies ; les morts ignorés de la guerre
     clandestine,

 

Les morts de la faim, de la peur, des bombardements aériens,

 

Les femmes, les enfants, les vieillards, les maires, les insti—
     tuteurs, les prêtres massacrés, fusillés, dans les régions
     occupées par l’adversaire, ou morts en déportation.

 

TOUS LES MORTS !

 

Les morts de la deuxième guerre mondiale.
Ceux de la Ligne Maginot, ceux de mai-juin 1940, ceux des
     offensives sans espoir de Dunkerque à l’Alsace, les
     admirables cadets de Saumur, ceux des combats de
     retardement, ceux des ultimes mêlées.

 

Ceux des années noires, ces obstinés de la revanche attendue.

 

Ceux de toutes les résistances et de tous les maquis, ceux de
     l’héroïque phalange de Leclerc, ceux de Bir—Hakeim, ceux
     des débarquements en Corse, en Italie, en Normandie, en
     Provence, ceux qui délivrèrent Paris. Ceux de « Rhin et
     Danube », qui, avec de Lattre, libérèrent l’Alsace, franchi—
     rent le Rhin et plantèrent nos trois couleurs au cœur de
     l’Allemagne. "

 

Et les milliers de justes qui périrent dans les camps nazis !

 

Et tous les fusillés de toutes les Gestapos, torturés, martyrisés,
mais gardant leurs secrets jusque devant le poteau d’exé—
cution.

 

TOUS LES MORTS !

 

Les morts des lendemains de guerre, au long des mois, des
     années, inguérissables et souffrants, ...pour qui les armis—
     tices n’annoncèrent point la fin de leurs maux.

 

Et les morts de ces guerres qui nous contraignirent à reprendre
     les armes : l’Indochine, l’Algérie... Les morts de Dien—
     bien-Phu... Les morts des djebels...

 

...

 

Etc.

Message cité 2 fois
Message édité par monte-au-creneau le 16-05-2017 à 09:14:05

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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)
n°122166
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 13-05-2017 à 08:30:58  profilanswer
 

monte-au-creneau a écrit :

 

Les morts de la boue, enlisés dans la glaise,

 


 

Bonjour, illustration des "morts de la boue", par le général Bach :

 

Cette terre, triturée, malaxée, par les pilonnages d’artillerie, soumise au piétinement permanent des hommes, dépossédée de sa couverture végétale, imbibée d’eau, est elle-même une source de décès particulièrement effroyable où l’asphyxie se combine avec l’engloutissement dans la boue plus ou moins liquide. Louis Larché, sur la Somme à l’automne 1916, y a échappé in extremis :

« Je vais parler de cette nuit de relève dont je me souviendrai toute ma vie. À 10 h du soir, la relève arrive mais dans quel état, de la boue et de l’eau jusqu’au ventre. Enfin, nous partons. On a à peine fait 50 mètres que l’on s’enfonce dans la boue jusqu’aux genoux. Enfin, tant bien que mal, on avance mais péniblement et le bombardement est terrible, mais plus on avance et plus la glaise devient dure. C’est alors qu’il m’arrive une chose terrible pour moi. Je me trouve enlisé dans la glaise jusqu’au ventre. Je fais de terribles efforts pour me sortir et le tir de barrage est violent. Je suis dans une cruelle position. Me voyant pris, j’appelle à mon aide. De suite, un de mes caporaux Bérard et un homme Delecluze viennent à mon aide et essaient de me dégager, mais malgré leurs efforts et les miens, je ne suis pas dégagé. À mon tour, mes forces me trahissent. Je n’en peux plus. Enfin, grâce au dévouement de mes deux aides qui ont été courageux, après m’avoir déterré à l’aide de pelles, au risque d’y rester eux-mêmes, je parvins à me sortir de cette triste position. »

 

Louis Larché s’en est sorti mais bien d’autres ont fini leur vie, solitairement, de cette façon atroce.

 

source : https://rha.revues.org/6979


Message édité par monte-au-creneau le 13-05-2017 à 08:32:49

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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)
n°122198
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 16-05-2017 à 09:02:46  profilanswer
 

monte-au-creneau a écrit :


... Les morts de la sape, enterrés vivants. ...
 


 
 
https://img4.hostingpics.net/pics/580039PICT7249.jpg
 
Ernest TONDU, au cimetière civil de MONTPOTHIER, mort à l'âge de 20 ans, le 18 septembre 1915, enseveli vivant en creusant une sape, pour déposer sous la tranchée allemande une charge explosive, en vue de l'offensive du 25 septembre 1915.


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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)

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