Bonjour,
Il est difficile de résumer en quelques lignes un aussi vaste sujet que la protection de Paris et de sa région contre les avions ennemis pendant la guerre.Je ne fais que "planter" le décor par quelques chiffres et commentaires:
-d'août 1914 à décembre 1917: Paris et sa région n'ont subi que de très rares incursions aériennes : seuls 13 avions et 2 zeppelins ont pu larguer des projectiles sur la capitale.
-l'offensive aérienne allemande ne commence qu'en janvier 1918 date à laquelle le plus gros bombardement de la capitale est effectué bien que les 2/3 des avions allemands n'ont pu atteindre leur objectif.
-la D.C.A du C.R.P a été constamment augmentée depuis août 1914, elle comptait 34 canons de 105 mm, 158 canons de 75 mm et une poignée de 47 mm, tous sur affûts C.A en septembre 1918, date de la dernière attaque aérienne sur Paris.
-en 1918, l'ennemi a lancé 483 avions sur Paris, surtout des bombardiers lourds bimoteurs (essentiellement "Gothas" et "Friedrichshafen" ), 37 seulement ont pu bombarder la ville de Paris proprement dite et un peu plus de 100 la proche Banlieue causant en tout 267 tués et 602 blessés à la population cicile (donc moins de pertes que par le tir des "Pariskanonen" ).
-la D.C.A a tiré 103.232 coups de canon en 1918 et est responsable de la destruction de 14 bombardiers allemands.
-jusqu'en 1917, la D.C.A effectue des tirs de barrage, assez inefficaces, en 1918, elle opère en concentration de feu sur tout avion vu ou entendu. Cette tactique est payante, dissocie les vagues de bombardiers qui "tentent leur chance" individuellement en employant des routes inhabituelles (accès par le Sud, etc...).La D.C.A se regroupe alors en postes de plus en plus importants (concentration jusqu'à 6 pièces et exceptionnellement 8 pièces).Cette organisation a découragé de nombreux bombardiers car il existe des cartes de grand format sur lesquelles sont retracés les cheminements d'à peu près tous les avions d'un même raid et il est visible que près des 2/3 des avions ne peuvent franchir les obstacles et lancent leurs bombes à l'aveuglette en périphérie du C.R.P.
-des obstacles passifs sont ausi dressés à partir de janvier 1918 sous la forme de lignes de ballons de protection, dressées autour des grandes zones industrielles et sur les "couloirs" d'accès à Paris.182 ballons captifs protègent Paris à partir de l'été 1918.L'emploi en "tandem" des ballons se développe aussi à la fin de la guerre.
-l'emploi de nuages de fumée a aussi été réalisé en banlieue autour d'objectifs vitaux.
Voilà quelques pistes, à mentionner aussi que la Grande-Bretagne se tourna vers la France en 1915 lorsque la ville de Londres, encore désarmée à cette époque, fut bombardée.La France a fourni alors à nos alliés quelques 75 CA y compris une section d'auto-canon.
En janvier 1918, Clémenceau reproche violemment à la D.C.A du C.R.P son inefficacité lors du premier grand raid sur Paris mais force est de constater que l'organisation de la D.C.A du C.R.P devient remarquable rapidement et fait échec à l'offensive aérienne nocturne de l'aviation allemande.Les officiers de D.C.A des Armées britannique et américaine ont convenu de cet état de fait dans divers écrits, le plus souvent ignorés des français eux-mêmes!
Cordialement,
Guy François.
Message édité par ALVF le 12-12-2011 à 22:21:38