Bonsoir à Toutes & Tous
Bonsoir Xavier, Bruno, Poelkapelle
- En effet, il s'agit bien du capitaine DORANLOR Yves M.L. du 119e RI, tué à Charleroi le 22/08/1914 (voir fiche MDH). J'ai également retrouvé sa trace en consultant l'ouvrage de Georges GAY "La Bataille de Charleroi - août 1914" (Editions Payot - 1937)(p. 207 et s.). Le connaissez-vous ?
- Je ne résiste donc pas au plaisir de vous en livrer quelques extraits:
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i) Contre-attaque de la 6e DI sur Bouffioulx (le 22/08/1914) :
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"La 12e brigade, 5e et 119e RI (général Lavisse), et le 239e RI mis à sa disposition, sont aussitôt alertés dans leurs cantonnements de la région de Nalinnes.
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Le 119e RI (colonel Boulengé) avant-garde de la 12e brigade, tient les ponts de la Sambre depuis le 20. Le 1er bataillon (commandant Rignot) et le 3e (commandant Chavatte), occupent sensiblement les mêmes emplacements que la veille. Le 1er, en liaison avec le 18e CA, garde les passages de Marchienne-au-Pont jusqu'à Charleroi (passerelle de la gare); le 3e, à droite, jusqu'aux avancées de Montignies-sur-Sambre. La 4e compagnie au vieux pont de Marchienne et la 1ère à la gare de cette localité ne tarderont plus à être au contact avec la tête de la IIe DRG qui descend de Roux. La 2e cie est en réserve vers Marchienne-Est. La 3e garnit les rives de la rivière jusqu'à Charleroi-Sud. Quant au 3e bataillon, il détache quelques postes avancés au nord de la ville. Une SM (section de mitrailleuses) défend une barricade au bas de la côte de Dampremy-Lodelinsart sur la route de Bruxelles.
Nous avons vu plus haut que la XIXe DR du Xe CR en mouvement de Gosselies sur Charleroi, a pris, dès Jumet, la direction de Montignies-sur-Sambre, une fraction composée de dragons du régiment de réserve n°6, suivie d'éléments du RIR n°78 et vraisemblablement du IIIe bataillon du RIR n°74 descend vers Charleroi. Soudain, la fusillade crépite. La SM (n°?) du 119e RI a ouvert le feu sur les dragons qui s'avancent et dont les éclaireurs montés du 7e chasseurs à cheval lui ont signalé l'approche. Une panique indescriptible s'empare des cavaliers qui refluent en désordre vers Saint-Antoine. Les mitrailleurs en profitent pour se retirer vers Charleroi, pendant que commence l'incendie des maisons de la chaussée de Jumet à Lodelinsart.
Lentement la colonne se remet en marche et parvient à Charleroi à 8h où elle se heurte au barrage interdisant le pont nord de la prison. Les défenseurs de celui-ci rétrogradent à leur tour vers Mont-sur-Marchienne, alors qu'une pièce mise en batterie à Jumet-Saint Antoine, tire quelques obus de 77 sur les abords et sur la gare de Charleroi-Sud.
Bientôt l'ennemi se répand dans le centre de la ville, incendiant le quartier du Grand-Central, de la Montagne et du boulevard Audent. Ce n'est que vers 11h qu'il se décide à franchir la Sambre. Le I/119e RI s'est trouvé aux prises, dans la matinée, comme nous le verrons plus loin, avec l'avant-garde de la IIe DIG à Marchiennes.
Les Ier et III/119e RI (commandant Carlier) maintenu au sud de la crête 178 sur la route de Charleroi-Beaumont, reçoit à 14h, l'ordre de se rendre à Bultia avec trois compagnies. La 6/119e RI (capitaine Dousset) est soutien d'artillerie aux Haies de Nalinnes.
C'est au Bultia que le bataillon est touché par l'ordre du colonel de se porter sur Chamnorgneaux et Bouffioulx, d'attaquer l'ennemi et de s'emparer de ce village. Il sera appuyé à droite par le 239e RI et à gauche par le 5e RI. Celui-ci a reçu à 15h40 l'ordre de la division; mais trois compagnies du 3e bataillon seulement sont disponibles, car des fractions du 5e RI sont en contact de l'ennemi sur les hauteurs de la Queue de Couillet. Le 239e RI, lui aussi, ne peut aligner, que 4 compagnies. L'opération va donc s'engager avec un total de onze compagnies, auxquelles viendra s'ajouter la 7/39e RI, ramenée au combat au moment où elle battait en retraite par le Bultia. Le I/22e RAC appuyera le mouvement.
Les unités s'orientent sans plus tarder sur l'objectif et prennent la direction de Joncret, Trieu-Gilson.
Au centre, cheminent les trois compagnies du II/119e RI; à droite les réservistes des 17e, 19e, 22e et 24e compagnies du 239e RI renforcées de la 7/39e RI; à gauche trois compagnies du III/5e RI. Après le passage du ravin du ruisseau du Charnoy à l'est de Trieu-Gilson les compagnies se déploient. A la sortie du hameau de Lausprelle les compagnies sont ainsi échelonnées de la gauche à la droite: les trois compagnies du III/5e RI; la 5/119e RI (capitaine Prieur) et la 7/119e RI (capitaine Marc) en première ligne; la 8/119e RI (capitaine Doranlor : le voilà enfin ....!!!) en deuxième ligne; enfin, les 17e, 19e, 22e et 24e compagnies du 239e RI soutenues à l'extrème gauche par trois sections de la 7/39e RI.
La marche en avant de tout le dispositif continue, dépasse le bois des Malagnes, atteint Chamborgneaux et en franchit le vallon. Les compagnies se portent à l'attaque de Bouffioulx, mais sont aussitôt accueillies par la fusillade et les mitrailleuses ennemies installées dans les maisons du bourg.
Surpris le II/119e RI cède: la 7/119e RI gagne une ferme et s'y retranche; la 8e, qui s'est portée en avant, tente par deux fois, avec la 5/119e RI, une réaction qui est durement ramenée sur ses positions de départ. La poussée de l'ennemi se fait plus violente, les compagnies doivent abandonner le terrain pied à pied, elles se replient sous la protection de la 7/119e RI qui résiste opiniâtrement jusqu'à 22h dans la ferme qu'elle défendait.
A droite, l'attaque subit le même sort, les compagnies du 239e RI, sous les ordres du commandant Husband, traversent Chamborgneaux et s'élancent à l'assaut de la crête de Bouffioulx, le 19e et 17e en tête, suivies des 22e et 24e compagnies. Elles sont prises de face par une fusillade violente, cependant que les mitrailleuses balaient le flanc du ravin de Chamborgneaux. Cette réaction de l'ennemi jette la confusion parmi les unités qui se mêlent à des fractions du 5e et du 119e RI. La progression continue jusqu'à hauteur de la ferme où la 7/119e RI s'est accrochée, mais ne peut aller plus loin.
Après l'échec de cette offensive les éléments du 239e RI, tiennent jusqu'à la nuit sur les hauteurs de Chamborgneaux. A gauche, le III/5e RI fléchit à son tour devant des forces importantes.
La 7/39e RI, placée en échelon en arrière à l'extrême droite de la ligne, après avoir coopéré au mouvement, se replie lentement, tenue bien en mains par des chefs énergiques et réussit à se décrocher, non sans avoir recueilli de nombreux isolés au cours de son repli. Elle réussit à les ramener sans encombre au village de Nalinnes après une retraite pénible à travers bois et champs.
Au loin, sur l'autre versant de la Sambre, les maisons de la route de Bruxelles, de Charleroi et de Montignies-sur-Sambre jettent des lueurs de cauchemar.
Cette rencontre coûte au 119e RI la mort du capitaine Doranlor et de 27 hommes, outre 99 blessés dont 5 officiers. Au 5e RI, il y a 55 tués dont 2 officiers, 46 blessés et 14 disparus dans ce premier jour de combat. Ai 239e RI où la section Buffat s'est particulièrement distinguée, les pertes aussi sont sérieuses."
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Une bonne soirée de Belgique !
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Bien cordialement
Paul Pastiels