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  chiens-soldats , chiens de guerre (7ème partie et fin)

 

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Auteur Sujet :

chiens-soldats , chiens de guerre (7ème partie et fin)

n°23908
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 12-06-2006 à 15:32:11  profilanswer
 

bonjour à toutes et à tous
 
voici la fin de ce document qui,j'espère,vous a aussi captivé que moi..
 
http://img120.imageshack.us/img120/9979/pict00961ld.jpg
http://img120.imageshack.us/img120/7540/pict00977ce.jpg
http://img58.imageshack.us/img58/6263/pict00987rf.jpg
http://img120.imageshack.us/img120/5920/pict00992bl.jpg
 
pour finir,le reste des photos-illustrations:
http://img58.imageshack.us/img58/9190/pict01065lv.jpg
http://img58.imageshack.us/img58/6453/pict01079ba.jpg
http://img120.imageshack.us/img120/4875/pict01086ls.jpg
 
salut amical à toutes et à tous
Mireille

n°23909
rohmer
Posté le 12-06-2006 à 15:36:38  profilanswer
 


Bonjour Mireille,
 
Merci pour cette heure de manipulation ;) , afin de nous faire vivre cet autre volet de l'histoire.
Vous méritez une pause -café ! :)  
Bien cordialement. :hello:  
Evelyne.

n°23911
Ar Brav
Posté le 12-06-2006 à 15:50:39  profilanswer
 

Merci Mireille,
C'était passionant,
Amicalement,
Franck

n°23914
mounette_g​irl
"Toto français, Porte-Bonheur"
Posté le 12-06-2006 à 17:24:03  profilanswer
 

Un bonjour à tous et un énooooorme merci à Mireille !  
Amicalement.
Mounette.


---------------
"Tes yeux brillaient moins aujourd'hui /Dis-moi, dis-moi pourquoi chère âme /Dis-moi quel chagrin, quel ennui /Mettait un voile sur leur flamme." - Sergent Ducloux Désiré, dit Gaston - 146° RI
n°23915
humanbonb
Posté le 12-06-2006 à 17:40:42  profilanswer
 

Je ne sais pas si ces photos on déjà été publié dans les articles précédents mais en voici deux en rapport avec les chiens-soldats. En espérant qu'elle vous plaise  :wahoo:  
 
http://i5.tinypic.com/1445p9d.jpg
 
http://i6.tinypic.com/1445po5.jpg


Message édité par humanbonb le 12-06-2006 à 17:41:51
n°23921
bernard be​rthion
Posté le 12-06-2006 à 19:17:18  profilanswer
 

Bonjour,
            dans le bulletin de l'association aux Morts des Armées de Champagne pour le 2ème semestre 2006, il y a un article sur la cynotechnie militaire : " en 1914, l'effectif canin de l'armée française est de 20 chiens de guet et 6 de liaison, face à l'armée allemande qui en compte 6000 ".
 
            Maintenant le 132° BCAT, successeur du 132°RI, est gestionnaire du cheptel canin de l'armée de terre : chenil abritant 400 chiens . Sa caserne est à Suippes .
 
            Cordialement     BB

n°23938
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 13-06-2006 à 07:43:29  profilanswer
 

bonjour à toutes et à tous
 
merci HumanBomb pour ces photos étonnantes,qui illustrent bien le sujet dans l'armée allemande
merci Bernard B. pour cette précision actualisée des chiens dans l'armée,je n'en savais rien du tout
 
et merci à celles et ceux qui ont mis un petit mot à la fin de cet article dont la longueur et le sujet ne les ont pas rebuté  :sweat:  :sleep: ..
 
amicalement,
Mireille

n°23948
Guilhem LA​URENT
Posté le 13-06-2006 à 09:46:49  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous, bonjour Mireille,
 
Bravo et Merci pour la mise en ligne de cet article fort intéressant.  :hello:  
 
Bien cordialement
 
Guilhem LAURENT


---------------
On oubliera.
Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont.
L'image du soldat disparu s'effacera lentement dans le coeur consolé de ceux qui l'aimaient tant.
Et tous les morts mourront pour la deuxième fois.

n°23950
Jean RIOTT​E
Posté le 13-06-2006 à 10:07:35  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour Mireille,
Merci beaucoup pour cet article très intéressant. Une manière de rendre hommage à nos amies les bêtes.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°23958
Claude TP
Invité
Posté le 13-06-2006 à 12:44:51  answer
 

Bonjour
Un article d'époque dans "Je sais tout"
http://www.greatwardifferent.com/G [...] ens_01.htm
et par ailleurs un site remarquable.
Cordialement
Claude Thollon-Pommerol
 

n°24223
Daniel Rui​s
Voyage au bout de la vie
Posté le 21-06-2006 à 19:33:41  profilanswer
 

Bonsoir,
 
" Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même " puis par la suite en faire profiter un maximum, ma petite contribution en remerciements à Mireille ( il n'y a plus qu'à copier/coller ).
 
Cordialement, adichats.
Daniel
 
Larousse Mensuel Illustré 1914-1919
N° 146 avril 1919.

 
Chiens de guerre. Historique. L’histoire abonde en récits de grands sièges et de grandes batailles où le chien remplit un rôle utile ; et nombreux sont les exemples que l’on pourrait citer de « chiens de guerre ».
     Végèce, dans son  De  re  militari, recommande aux garnisons de forteresse, « pour éviter des surprises, de faire coucher, dans les tours, des chiens d’un odorat fin et subtil, qui, sentant l’ennemi, aboient à propos ». Ils firent ce que l’on demanda à nos chiens de liaison, les chiens que les Macédoniens et également les Béotiens avaient dressés à porter des messages à travers les lignes ; mais les pauvres animaux étaient sacrifiés dès leur arrivée, car on leur faisait au départ avaler le message dans une boulette de viande. Jamais les chevaliers de Rhodes ne partaient à la rencontre de l’ennemi sans être précédés d’une avant garde canine. Et Polybe raconte que Philippe, roi de Macédoine, père du grand Alexandre, lorsqu’il fit irruption dans le pays d’Argyll, utilisa des chiens de patrouille pour découvrir les Barbares qui se cachaient dans les bois.
     Pline rapporte que les Colophoniens, dans leur guerre contre les Castabales, se servaient de chiens « pour porter et traîner leurs équipages de guerre ». Quant aux arrestations d’espions, de déserteurs par des chiens, Polybe mentionne « qu’Agésilas assiégeant Mantinée, à la tête des Lacédémoniens, et se défiant de ses alliés qu’il soupçonnait d’entretenir des relations avec la place, imagina d’établir aux avant-postes des chiens chargés d’arrêter les transfuges, et il s’en trouva bien ». Faisant l’éloge du chien si utile à la guerre, Pline ajoute, avec une légère pointe d’ironie contre les militaires d’alors : « ils ne sont point exigeants, sous le rapport de la solde, de l’armement et des honneurs ». Nombre d’armées de l’antiquité possédaient des régiments de forts molosses, ayant une grande analogie avec les alans du moyen âge et de nos actuels dogues de Bordeaux ou mastiffs.  
     Un roi de Lydie, allant combattre les Cimmériens, dit Polybe, prit pour auxiliaires d’énormes chiens qui, les jours d’action, chargeant à propos les ennemis, procurèrent la victoire aux Lydiens. Elien, racontant une bataille gagnée par les Magnésiens sur les habitants d’Ephèse, fait ressortir que les premiers ne durent la victoire qu’aux chiens qu’ils employèrent ; il assure aussi que les Colophoniens tenaient sur pied des cohortes de chiens, qui jetaient un grand désordre dans les rangs ennemis par la vivacité de leur attaque. Les Gaulois aussi se servaient de chiens de guerre, et Strabon dit d’eux « qu’ils étaient hardis au combat, et jamais n’abandonnait leurs maîtres ». Les Celtes entretenaient des régiments de chiens armés d’un collier hérissé de pointes, et couverts d’une cuirasse ; ils les lançaient contre leurs ennemis. Par contre, les Romains avaient conservé une certaine méfiance contre les chiens, depuis que ceux-ci les avaient trahis au Capitole en laissant aux oies l’honneur d’avertir de la venue des Gaulois ; toujours est-il que César n’utilisa pas les chiens dans ses guerres.
     Les plus connus, peut-être, parmi les chiens de guerre, avertisseurs et d’attaque, firent ceux qui, au moyen âge, gardaient la place forte de Saint-Malo. Dès 1155, les Malouins lâchaient pendant la nuit des dogues chargés de protéger leur ville des surprises, et cette troupe canine ne fut licenciée qu’en 1770. L’archevêque d’Upsal, Olaus Magnus, a composé au XVIème siècle l’Histoire des mœurs et des guerres des peuples du Nord ; on n’y voit que les Finlandais étaient fort habiles à dresser des chiens pour combattre la cavalerie. C’est ce même Olaus Magnus qui rapporte que Henri VIII, roi d’Angleterre, envoyant une armée auxiliaire à Charles-Quint, mit à la solde du monarque espagnol une troupe de quatre cents chiens.
     Dans la Dame du Lac, Walter Scott parle d’une chose toute naturelle de l’utilisation des chiens par les rois d’Ecosse, pour soumettre les clans révoltés.  A la fameuse bataille de Morat (1476), livrée par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, aux confédérés suisse, peut avant la fin de la lutte, qui fut une victoire pour les confédérés, une troupe nombreuse de chiens de montagne, écrit de Barante, avait rencontré d’autres chiens du camp ennemi et leur donnait la chasse. A Granson aussi, les chiens de montagne des confédérés entamèrent l’action à l’encontre des chiens bourguignons.
     Philippe V, roi d’Espagne, en 1702, renforça les garnisons de Porto-Hercòle, du mont Philippe et du fort de l’Etoile par des chiens, et, écrit Santa Cruz dans ses Réflexions militaires, « au plus petit bruit des partis autrichiens qui sortent d’Orbitello et de Port-Saint-Etienne, ces chiens aboient avec tant de force que la garnison est très bien avertie. Si des détachements vont en parti, ces chiens les précèdent, et découvrent toutes les embuscades des ennemis, ou indiquent le chemin qu’ils suivent après avoir été battus ». Les Turcs et les Bosniaques (guerres de 1769 à 1774) utilisaient des chiens pour veiller à la sûreté de leur camp ; en 1788, au siège de Dubitza, les chiens turcs avertirent de l’ouverture de la tranchée, et une compagnie campée avec des chiens à Gino-Berdo formait une ligne avancée qui força toutes les patrouilles autrichiennes à battre en retraite.
     A mesure que se perfectionnèrent les armes à feu, on négligea les services que pouvait rendre le chien combattant.
     Cependant, dans les guerres de conquête, le chien, même combattant, fut très employé. Les récits de la découverte de l’Amérique mentionnent les exploits de deux chiens guerriers, Becerillo et Leoncillo, qui, avec d’autres, contribuèrent au gain de la bataille livrée au cacique Mabodomaca. Jean de Bry s’est plu à raconter les exécutions sanglantes dans lesquelles Leoncillo jouait le principal rôle et qui lui valurent une haute paye et sa part de butin. Colomb avait une armée de 200 fantassins, 20 cavaliers et 20 chiens. Pizarre dans sa conquête du Pérou, était précédé d’une avant-garde canine dont Vasco Nuñez était le chef. Les Anglais lors de la révolte de la Jamaïque, se firent aider par des chiens de combat ; nous-mêmes, dans notre expédition de Saint-Domingue, employâmes des buscadores (chiens chercheurs dans les bois).
     Napoléon Ier, qui ne négligeait aucun détail, mais ne croyait sans doute pas à l’utilité du chien dans les guerres continentales, recommande l’utilisation du chien dans les guerres coloniales. Pendant les guerres du premier et second empire, presque tous les régiments eurent leur chien, un brave « cabot » adopté par un ou plusieurs soldats, compagnon des bons et des mauvais jours, et qui fut le héros d’une aventure plus ou moins véridique mais toujours touchante. Horace Vernet immortalisa ce « chien de régiment », qui fut parfois utile, mais qui vivait en marge des règlements. L’histoire nous a conservé les noms de quelques-uns de ces chiens, dont les exploits paraissent cependant bien modestes à côté de ceux des chiens de guerre d’aujourd’hui : c’est Moustache, qui fit presque toutes les guerres du Premier empire ; qui, en Italie, évite une surprise à Balbo, dépiste un espion autrichien, défend un drapeau et est décoré par le maréchal Lannes ; c’est Misère du 6ème de la Garde ; Pompon du 48ème de ligne ; Mirette, qui, à Sébastopol, reçut une balle en défendant un drapeau ; Patte-Blanche, du 116ème de ligne, qui sauva la vie au lieutenant Burat, porte-drapeau, entouré d’un fort parti d’ennemis ; Mitraille du 2ème d’artillerie qui fut deux fois blessé au siège d’Alger et entra le premier dans la place ; etc...
     Cependant, ce ne furent pas des isolés, « des chiens de régiment », les quarante chiens éclaireurs qui accompagnaient la compagnie franche du capitaine Blangini, en 1836, dans l’expédition de Constantine et contre les Kabyles. C’est le premier essai que nous trouvons, dans les temps modernes, d’une organisation canine, des chiens régulièrement enrégimentés, et les embuscades qu’ils déjouèrent, les surprises qu’ils évitèrent, l’aide précieuse qu’ils prêtèrent à nos troupes auraient pu faire espérer que, malgré le perfectionnement des armes et les modifications de la tactique de guerre, on songeât à utiliser ce précieux auxiliaire, le chien, aussi bien dans les guerres de conquêtes en Afrique, et aux colonies, que sur le continent.
     
Utilisation moderne du chien à la guerre.  
 
I . DANS L’ARMÉE FRANÇAISE. – Le « chien du régiment » est devenu le chien soldat, le « chien de guerre ». Régulièrement immatriculé sur les contrôles de l’armée, le chien de guerre possède un état civil, un livret militaire, une plaque d’identité, un équipement, comme un poilu. Les services qu’il a rendus, comme auxiliaire des sentinelles, pour doubler ou remplacer les agents de liaison, en couvrant les patrouilles ou éclairant le terrain ; comme porteur ou tracteur, en ravitaillant en vivres et munitions les postes avancés, isolés et soumis à d’intenses bombardements ; comme pisteur, pour rechercher les espions ou les prisonniers évadés, ont justifié pleinement la confiance que l’on avait mise en lui.
     Mais, on peut dire que depuis 1885 des officiers, des cynophiles, qui s’étaient rendu compte des services que l’on pouvait attendre des chiens de guerre, durent lutter avec énergie et ténacité pour faire adopter le chien de guerre dans l’armée française.
     Le lieutenant Jupin, du 32ème de ligne, en 1887, avait publié les Chiens militaires dans l’armée française, puis, en 1890, Tactique et Chiens de guerre, montrant par des exemples pris dans l’histoire des guerres et des batailles que des chiens dressés à certains emplois seraient d’une grande utilité. Dès 1885, sans appui d’aucune sorte, il fit l’acquisition de chiens, les prépara et les utilisa aux cours des grandes manœuvres. Des rapports élogieux concluant à l’adoption du chien de guerre furent envoyés au ministère de la guerre, mais aucune suite n’y fut donnée. Puis, ce furent les tentatives isolées dans divers corps d’armée : du capitaine Lauth en 1909 au 67ème régiment d’infanterie, et vers la même époque du lieutenant Faucher au 21ème bataillon de chasseurs à pied, du lieutenant Collot au 27ème régiment d’infanterie, du lieutenant Jarry au 5ème régiment de dragons, du lieutenant Isnard au 58ème régiment d’infanterie, du lieutenant Vicart au 38ème régiment d’infanterie, du lieutenant Buer au 19ème bataillon de chasseurs à pied ; et d’autres encore. Ces officiers purent, au cours de grandes manœuvres en Champagne, en Touraine, en Picardie, dans les Vosges, dans les Alpes, utiliser des chiens, principalement comme porteurs de messages. Les chiens leur avaient été offerts par des associations d’amateurs de chiens de berger, désireuses de ne point laisser aux Allemands le monopole du chien de guerre.
     Dans les guerres coloniales, le chien fut aussi quelque peu utilisé par le capitaine Pein en 1892, alors qu’il commandait un escadron de méharistes dans le Sud-Algérien, et en 1898 à Madagascar par le maréchal des logis Malric ; le premier se servit du chien comme auxiliaire des sentinelles et porteur de messages, le second comme avertisseur et chien d’attaque au besoin.
     Rapports élogieux des autorités militaires, campagnes de presse, conférences, etc., rien ne fit : le ministre de la guerre voulait ignorer le chien de guerre, sans que l’on en sût la raison…
     Depuis 1885 jusqu'à la veille de la guerre, le journal « l’Eleveur » multiplia les articles sur ce qui se faisait en Allemagne, sur les essais heureux et concluants faits en France mais que l’inertie des bureaux empêchait d’aboutir. Cependant, grâce à la ténacité du lieutenant Faucher, un chenil officiel militaire fut créé  à Toul en 1913, et des chiens, une douzaine – qui avaient été offerts par des amateurs, – furent affectés à la garde de certains ouvrages de la place.  
     En août 1914, un dresseur professionnel de chiens de berger, Jouhant, de Bourg-la-Reine, patriote ardent, qui connaissait l’organisation allemande et avait, en vue d’une utilisation éventuelle, préparé en « chiens de guerre » un certain nombre d’animaux de son chenil, offrit au ministre de la guerre dix chiens dressés et trente prêts à être mis en dressage. Ses lettres et dépêches restèrent sans réponse. Et cependant, par des articles parus dans les journaux et revues d’Allemagne et d’Autriche, on savait que nos ennemis utilisaient des chiens sur les deux fronts, que ces chiens avaient évité des surprises, en donnant l’éveil aux postes avancés, suppléaient les agents de liaison en portant des messages, qu’ils accompagnaient les patrouilles … D’autres offres de chiens parvinrent au ministère de la guerre : elles eurent le même sort que celles de Jouhant.
     Dès la mobilisation, la « Société nationale du chien sanitaire » (V. Lar. Mens., t. I, p. 481), qui depuis plusieurs années s’occupait du dressage des chiens destinés à la recherche des blessés égarés ou dissimulés, mit à la disposition du Service de santé un assez grand nombre de chiens. Mais, par suite de circonstances diverses, ces chiens ne rendirent pas les services que l’on était en droit d’attendre d’eux. Par une décision en date du 15 septembre 1915, le G.Q.G. supprima l’emploi des chiens sanitaires aux armées.
     En août 1914, à la déclaration de la guerre, un seul corps, le 19ème bataillon de chasseurs, partit en campagne avec six chiens de guerre (de liaison), dressés par le lieutenant Buer ; ils rendirent d’importants services, mais ne tardèrent pas à être tués, et ils ne furent pas remplacés.  
     En décembre 1914, le journal « le Temps » publia une étude sur l’utilisation du chien par les Allemands, montrant ce qui existait chez l’ennemi et ce qui pourrait exister chez nous. Des lettres parvinrent à l’auteur, principalement d’officiers des bataillons alpins, réclamant des chiens qui leur paraissaient vouloir être fort utiles dans la guerre de montagne. Mais il était impossible d’envoyer des chiens, même dressés, sans également envoyer des hommes capables de les conduire. Quelques amateurs furent sollicités  d’aller organiser un chenil militaire à l’armée des Vosges ; l’un d’eux, auxiliaire non encore mobilisé, répondit à l’appel et partit fin décembre 1914 au 12ème bataillon de chasseurs avec une équipe d’une douzaine de chiens. Ce fut le premier essai pendant cette guerre. Quelques semaines après, un officier de l’armée active qui s’était occupé, avant la guerre, des chiens sanitaires, proposa au général de Castelnau d’organiser un chenil militaire pour l’armée qu’il commandait. Le général de Castelnau accepta. Mais, par suite de difficultés d’ordres divers, en tout cas étrangères à la bonne volonté des organisateurs, ces deux tentatives ne réussirent pas comme elles auraient dû, et la question de l’utilisation du chien paraissait dès lors sérieusement compromise : le G.Q.G. étant sur le point de décider la suppression des chenils … Ainsi, nous qui avions en temps de paix fait les essais les plus concluants, et mieux que les Allemands approprié le dressage des chiens aux nouvelles méthodes de guerre, nous allions rester en arrière ?
     Une nouvelle tentative faite par le directeur de « l’Eleveur » allait obtenir de plus appréciables résultats. S’adressant au général de Maud’huy, qui commandait alors l’armée des Vosges et d’Alsace, il lui demanda d’organiser sur le front de son armée un service de chien de guerre. Sa proposition fut acceptée, et moins d’un mois après il partait au front emmenant avec lui quinze dresseurs professionnels choisis parmi des militaires des vieilles classes ou du service auxiliaire, et une soixantaine de chiens offerts par des amateurs. Fin juin 1915, le chenil militaire de la VIIème armée fonctionnait et mettait en service des chiens de diverses spécialités, dont n’eurent qu’à se louer les chefs de corps. Peu après, le chenil de la IIème armée (général de Castelnau) était réorganisé avec un personnel idoine. Quatre mois après, les résultats obtenus étant satisfaisants, le chenil militaire de Toul devint chenil de l’armée de Lorraine ; puis un chenil fut créé pour la région fortifiée de Dunkerque.  
     Ces quatre chenils furent les embryons desquels sortit « Le service des chiens de guerre ».
     Mais ces chenils fonctionnèrent en quelque sorte officieusement : reconnus par le G.Q.G., il ne l’étaient point par le ministère de la guerre ; les chiens qui leur étaient fournis provenaient de dons ou de prêts d’amateurs, de sociétés pour l’amélioration des races ou le dressage des chiens ; ils vivaient en marge des règlements. Leur situation restait délicate et difficile. Cependant, grâce aux résultats obtenus signalés par le G.Q.G. et aux actives démarches du compte Clary, président du Saint-Hubert-Club de France et vice-président de la société centrale pour l’amélioration des races de chiens en France, Millerand, alors ministre de la guerre, reconnut officiellement, le 25 décembre 1915, les chenils militaires et rattacha le « Service des chiens de guerre » à la Direction de l’infanterie (On aurait mieux compris que ce service fut rattaché à la Direction du génie, qui avait, depuis sa création, le service des pigeons voyageurs).  
     Cette reconnaissance n’améliora cependant pas beaucoup la situation des chenils militaires, faute de spécialistes à la tête de ce service.
     La commission sénatoriale de l’armée s’émut de cette situation ; elle désigna un rapporteur pour s’occuper de la question, étudier les améliorations propres à la développer, et rechercher des spécialiste pour la diriger. Lebert, sénateur de la Sarthe, fut chargé du rapport et conclut, après enquête aux armées et à l’intérieur, à une réorganisation du service. Besnard, alors sous-secrétaire d’Etat à la guerre, s’intéressa à la question, et grâce à lui la solution intervint rapidement.
     Au cabinet du général Lyautey, ministre de la guerre, se trouvait le capitaine Malric, qui, comme maréchal des logis, avait utilisé des chiens à Madagascar ; il fut désigné pour prendre la direction du « Service des chiens de guerre » ; il demanda comme adjoint le signataire de cet article, qui avait organisé le service des chiens de guerre à l’armée de Maud’huy ; et, de la Direction de l’infanterie, le service passa au Cabinet du ministre. En outre, le G.Q.G. acceptait que la nouvelle Direction eût la surveillance technique du dressage des chiens de guerre, et de leur utilisation aux armées. C’était une preuve évidente de l’importance que le haut commandement attachait aux chiens de guerre.
     Tout en conservant le cadre du début, l’organisation fut considérablement améliorée. A la signature de l’armistice, toutes les armées avaient leurs chenils militaires, et beaucoup de régiments possédaient des chiens de guerre qui étaient de précieux auxiliaires.
     Pour qu’un chien rendit des services, il fallait qu’il fut judicieusement recruté, convenablement préparé, correctement et complètement dressé, et confié à un homme qui sût l’utiliser.
     Le recrutement fut organisé de façon à obtenir, avec le minimum de dépenses, le plus grand nombre de chiens. Seuls, certaines races ou certains types de chiens sont susceptibles d’être utilisés comme chien de guerre ; ce sont les races diverses de chiens de berger : chiens de berger français (variétés de Brie, de Beauce, d’Alsace, bouviers), chiens de berger belges (variétés de Malines, de Groenendael, de Tervueren, bouviers), chiens de berger anglais (variété d’Ecosse), auxquels on peut ajouter les airedales-terriers et les grands loulous, ainsi que tous les bâtards de ces races, chez lesquels domine le sang berger. Les chiens de chasse, essayés, n’ont pas donné de bons résultats, sauf peut-être quelques retrievers : car, l’instinct l’emportant sur le dressage, si, par malheur, ils rencontraient un gibier ou même une piste de gibier, ils oubliaient leur devoir de porteurs de message, et étaient distraits ; leurs fonctions furent celles d’avertisseurs.
     Pour avertir, pour être le parfait auxiliaire des sentinelles, un chien doit non seulement être en possession de tous ses moyens, mais pouvoir utiliser tous ses sens ; chez la plupart des chiens avertisseurs, le sens qui paraît jouer le rôle principal est l’ouïe, sens très développé chez les chiens de berger, dont l’oreille est en général droite ou demi-droite et dont la conque, dirigée en avant, forme un excellent réceptacle d’ondes sonores. Tous ceux qui ont utilisé le chien avertisseur ont remarqué que le premier mouvement d’un chien en faction, lorsqu’il perçoit un bruit quelconque, est de pointer les oreilles, les dirigeant vers l’endroit où il croit que provient le bruit, puis, il cherche à se rendre compte de la nature de ce bruit.
     Des dogues, des mâtins, de forts bouviers furent utilisés comme patrouilleurs ; dressés à l’attaque, ils étaient lancés contre l’ennemi et capturaient, un peu rudement souvent, des prisonniers. Comme chiens de guet et comme chiens de liaison, furent dressés les bergers de toutes les races et parfois même les chiens sans race déterminée, mais qui avaient révélé aux dressages de sérieuses qualités. Pour l’attelage et le portage, l’armée utilisa les forts chiens de berger et de bouvier, les dogues, les chiens de montagne, et aussi des chiens de chasse de grande taille, principalement des chiens courants, qui, étant continuellement sous la surveillance de leurs conducteurs, respectaient par force le gibier tentateur.
     Grâce à la nouvelle organisation, et aux multiples emplois du chien, ceux qui n’avaient pas les qualités requises pour devenir des chiens de guerre proprement dits (liaison, sentinelle, patrouille) devenaient pour la plupart chiens de trait ou chiens porteurs. Dans ce cas encore, préparation et dressage étaient effectués par des spécialistes, ou surveillés par eux. Le pourcentage des chiens inutilisables ne dépassait pas 8 p.100.  
     Le recrutement avait été confié soit à des sociétés canines existant avant la guerre, soit à des amateurs connus et compétents, que le ministre de la guerre avait agréé dans ce but.
     La France fut divisée en régions de recrutement, comprenant les départements où des sociétés d’amateurs cynophiles groupaient un assez grand nombre d’adhérents et organisaient des expositions ; là où il n’existait point de sociétés, ou lorsque celle-ci ne purent pour diverses raisons organiser des chenils, des amateurs furent sollicités. Les directeurs de ces chenils étaient des civils, dégagés d’obligations militaires ; ils remplissaient leurs fonctions gratuitement. Ils ne recevaient de l’Etat qu’une somme de 100 francs par mois pour l’installation du chenil, son entretien et les frais de propagande et de recrutement, et 0 fr.50 par jour pour la nourriture des chiens. A leur disposition, l’armée mettait cinq militaires, dont un brigadier, appartenant au service auxiliaire, et inaptes à servir aux armées. Il existait une dizaine de chenils (Caen, Le Mans, Orléans, Epinal, Nantes, Bordeaux, Lyon, Marseille, etc.) soumis à la surveillance administrative du « Service des chiens de guerre » et qui opéraient leur recrutement avec l’aide des autorités civiles et d’amateurs qui s’étaient mis bénévolement à la disposition du ministre de la guerre. Chaque chenil recrutait mensuellement de 30 à 60 chiens.
     Des chenils de recrutement, après un séjour de quelques jours, les chiens étaient dirigés par wagons de 18 à 20 têtes sur le « chenil-dépôt du service des chiens de guerre », installé dans des bâtiments du Jardin d’Acclimatation, au bois de Boulogne. Ce « chenil-dépôt », dirigé également par un amateur bénévole, comprenait : 1° un sanatorium ; 2° un chenil de triage. Au sanatorium, installé par la société franco-anglo-américaine la Blue Cross, cette admirable « croix-rouge » des bêtes qui font la guerre, et qui assuma également la tâche d’installer plusieurs hôpitaux vétérinaires canins, les chiens restaient de trois à huit jours ; ils étaient désinfectés, intérieurement et extérieurement, nettoyés, pansés, mis en état : là également étaient amenés tous les chiens susceptibles d’être utilisés par le Service des chiens de guerre et qui tous les deux jours étaient prélevés à la fourrière de la ville de Paris, par le vétérinaire du Service. Du sanatorium les chiens étaient versés au chenil de triage, et répartis par spécialités dans de vastes boxes très aérés, très hygiéniquement compris, avec cours d’ébats ; là , ils s’habituaient à la vie en commun, on ne leur demandait que de répondre à leur nom.
     Avant la réorganisation du service, il existait cinq chenils de préparation, tous dirigés par des civils remplissant gratuitement ces fonctions, et auxquels il était accordé, comme aux chenils de recrutement et au chenil-dépôt, 100 francs par mois pour les frais d’entretien, et 0 fr.50 par chien et par jour, pour la nourriture. De ces huit chenils, la plupart aux environs immédiats de Paris (à Asnières, Courbevoie, Maisons-Lafitte, Plessis-Trévise, Vulaines-sur-Seine, Saint-Philbert-sur-Risle), cinq s’occupaient de la préparation des chiens de guerre proprement dits ; les trois autres avaient été spécialisés dans le dressage complet des chiens destinés à la garde et à la protection des établissements travaillant pour la défense nationale, service créé, à la demande du ministre de l’armement, afin de diminuer le nombre des gardiens et veilleurs d’usine et de rendre la garde plus efficace. Chaque chenil, prévu pour 50 chiens, avait toujours une trentaine de sujets qu’il recevait mensuellement du chenil-dépôt et qui étaient préparés, par des spécialistes, à raison de six hommes et un sous-officier, appartenant aux mêmes catégories que ceux des chenils de recrutement.
     On ne peut utiliser un chien aux armées sans qu’il soit complètement assoupli, rompu à une obéissance active, qui laisse l’animal en possession de ses moyens naturels ; c’est là le résultat que donne seul un dressage bien compris. Les exercices sont d’ailleurs gradués quant à la durée et à la difficulté. On apprend au chien à suivre à la laisse, à s’asseoir, à se coucher, à ne pas bouger de l’endroit où on l’a placé, à revenir où qu’il soit au premier appel de son conducteur ; on l’accoutume aussi aux bruits les plus divers, et aux crépitements des fusils et des revolvers. On éprouve ses qualités ; on se rend compte s’il est vigilant ; s’il avertit naturellement et à quelle distance, de la venue d’un étranger, on essaie aussi son instinct d’orientation et son nez, en le faisant aller d’un conducteur à un autre, à des distances variables ; il doit être capable de retrouver ses conducteurs sans que ceux-ci aient besoin de l’appeler ou de la siffler. Et tout cela est obtenu uniquement par la douceur et des friandises ; dans la préparation d’un chien de guerre, comme du reste dans son dressage, s’il faut parfois punir il ne faut cependant jamais frapper, car le chien se rebuterait, et on ne pourrait plus rien en tirer. Les punitions – et le chien les comprend fort bien – sont : gronder, obliger à se tenir dans la position « coucher » sans bouger pendant un certain temps, mise à l’attache, privation de récréation.
     A la fin de chaque période de préparation, les directeurs des chenils indiquaient sur le livret matricule de chaque animal les qualités de celui-ci, son degré de préparation, et la spécialisation vers laquelle il avait été dirigé (avertisseur, chien de liaison ou de patrouille), et tous les chiens prêts étaient envoyés au « chenil central militaire », situé au camp de Satory près de Versailles, établissement exclusivement militaire.
     Ce chenil, dont la création, les plans et l’aménagement sont dus au commandant Malric, chef du « Service des chiens de guerre », comprenait près de six cents boxes, avec cours d’ébats pour chaque groupe de dix chiens. Une partie était réservée aux chiens de guerre proprement dits, une autre aux chiens de trait et porteurs ; comme annexes, il y avait : 1° une manutention, qui, à l’aide des farines provenant du secouage de sacs, et, partant, impropres à la consommation humaine, fabriquait des biscuits spéciaux ; 2° un équarrissage, qui recevait journellement pour les abattre des chevaux réformés provenant d’hôpitaux vétérinaires ; 3° enfin, une infirmerie dirigée par un vétérinaire spécialiste des maladies des chiens. Le chenil central militaire était dirigé par un lieutenant de l’armée territoriale, dans le civil dresseur professionnel ; cet officier avait sous ses ordres deux adjudants (l’un pour les chiens de guerre, l’autre pour les chiens de trait et porteurs) professionnels tous deux avant la guerre, et un certain nombre de gradés et hommes de troupe, de façon qu’un homme eût une moyenne de six chiens en dressage.
     Là, le dressage des chiens, préparé par les chenils agréés, était parachevé : les chiens auxiliaires de sentinelles étaient déshabitués d’aboyer et dressés à avertir en grognant ; les chiens de liaison étaient dressés à retrouver leurs conducteurs à des distances de un à trois kilomètres en terrain varié, à travers bois, par-dessus des tranchées ou des trous d’obus, de jour et de nuit, au milieu des éclatements de grenades, du tac tac des mitrailleuses, du crépitement des feux de salve, des lueurs des projecteurs, des émissions de fumée, des éclatements de gros projectiles très fréquents à Satory où se trouvait une importante commission d’expérience et de réception de poudres.
     Après quinze jours, un mois, six semaines, suivant les aptitudes des sujets, les chiens, sur les livrets desquels de nouvelles mentions étaient portées, se trouvaient « bon à partir » pour les chenils des armées. Suivant leurs demandes, établies d’après les besoins des divisions de leurs armées, les officiers directeurs de chenils d’armée étaient convoqués au chenil central militaire, et venaient y prendre livraison de chiens spécialisés.
     Aux chenils des armées, tous situés à proximité du front, les chiens de guerre étaient mis en contact avec les poilus destinés à devenir leurs conducteurs en première ligne. Ceux-ci, envoyés pour un stage d’une semaine en moyenne au chenil de leur armée, apprenaient sous la direction du lieutenant directeur du Service des chiens de guerre de l’armée et de sous-officiers et maîtres dresseurs la manière d’utiliser un chien de guerre ; homme et chien avaient vite fait connaissance et devenaient une paire d’amis.
     Pendant qu’au chenil central une partie des dresseurs s’occupaient des chiens de guerre, l’autre dressait des chiens de trait et porteurs. Ceux-ci étaient destinés à ravitailler en vivres et en munitions les unités de première ligne, là où n’avaient accès ni les chevaux ni les mulets. A certaines unités on fournit des petites voiturettes attelées de un, deux ou trois chiens ; à des unités plus importantes des sections entières de chiens de trait attelées aux même voiturettes, et des chiens porteurs pourvus d’un bât adapté à leur conformation.
     Deux chiens traînent facilement 200 kilos quelquefois plus ; un chien bâté porte 12 à 15 kilos. Le ravitaillement en munitions par le moyen des chiens se fait plus rapidement ; les vivres parviennent plus régulièrement à destination, et c’est une économie de nombre, de forces et de vies d’hommes.
     Au Service des chiens de guerre furent rattachées également deux sections de chiens de l’Alaska, qu’en 1916 le général de Maud’huy fit venir pour assurer le ravitaillement et le transport par traîneaux, pendant les hivers très neigeux de l’Alsace et des Vosges.  
     Dans tous les chenils quels qu’ils fussent, de l’intérieur ou du front, les chiens recevaient deux fois par jour une nourriture composée d’un bon pot-au-feu de pain, de viande, riz et légumes, provenant de déchets ou de denrées inutilisables pour la troupe.
     Quant au personnel de tous les chenils, il appartenait à une compagnie spéciale et autonome du train des équipages dont le dépôt était à Paris et la portion centrale à Satory. Les dresseurs et conducteurs de chien de trait et porteurs étaient presque tous des spécialistes ; ceux qui ne l’étaient pas le devinrent, et tous, même ceux qui ravitaillaient les unités de première ligne, étaient des R.A.T. des vieilles classes, ou des auxiliaires.
     Ce Service des chiens de guerre était, comme on le voit, assez important ; il comprenait un personnel hommes nombreux, un personnel chiens plus nombreux encore, et n’avait pour le diriger et le surveiller que trois officiers, mais tous trois spécialistes : le chef de service, un officier s’occupant particulièrement des questions de dressage et d’utilisation, et l’autre de l’administration générale.
     Et maintenant, demandera-t-on, ces chiens de guerre ont-ils rendu des services ? S’il fallait mentionner toutes les actions dans lesquelles ils se sont distingués, les surprises qu’ils ont évitées, les vies humaines qu’ils ont épargnées, de longues pages seraient nécessaires. Qu’il suffise de citer ces lignes parues au rapport du 14 juin 1918 d’un régiment d’infanterie qui s’est illustré dans maints combats :  
 
Le lieutenant-colonel commandant le 52ème R.I. porte à la connaissance de tous la mort du chien-sentinelle Lion, n° mle 147 et du chien de liaison Lion, n° mle 164, tués tout deux à la cote 304.
     Ces deux fidèles camarades du soldat avaient rendu, en de nombreuses circonstances, les plus précieux services au régiment.
     
 
II . DANS L’ARMÉE ANGLAISE. – Déjà, au cours de la guerre sud-africaine, l’armée anglaise utilisa le chien, principalement comme avertisseur, auxiliaire des sentinelles, et pour retrouver les blessés. C’est un officier de l’armée coloniale, le major Richardson, qui avait offert, préparé et dressé ces chiens, de races airedale-terrier ou bloodhound. Les résultats avaient été assez concluants pour qu’au cours de diverses campagnes (première guerre des Balkans, campagne russo-japonaise, guerre d’Egypte ou de Tripolitaine) le major Richardson se mît à la disposition des Grecs, des Russes, des Italiens, et de l’armée anglaise, pour organiser un service de chiens de guerre. Mais, malheureusement, ce service ne prit pas une grande extension, le major Richardson étant seul pour préparer et dresser les chiens, et n’ayant obtenu aucun appui officiel.
     Dès le début de la guerre, en septembre 1914, le même major Richardson, qui n’avait pas cessé de s’occuper de chiens de guerre, et de faire de la propagande pour ces utiles auxiliaires du soldat, mit à la disposition de la première armée anglaise qui vint combattre sur le continent cent vingt-quatre airedales-terriers dressés comme chiens avertisseurs ; la réussite ne répondit pas aux espérances du dévoué major, car les chiens, confiés à des mains inexpertes, ne conservèrent pas leur dressage, et devinrent plus dangereux qu’utiles.
     Le major Richardson, tenu au courant des résultats obtenus en France dans l’armée d’Alsace et des Vosges, sollicita le War Office, et du ministère de la guerre français une mission pour étudier notre organisation ; il visita nos chenils de l’intérieur, et nos chenils du front, put se rendre compte des méthodes d’utilisation des chiens de sentinelle et de liaison jusque dans nos premières lignes. Quelques mois après, une mission militaire anglaise fut envoyée en France pour étudier le service des chiens de guerre qui venait d’être réorganisé, et, l’armée anglaise reconnut et adopta le chien de guerre.
     En Angleterre, le major Richardson fut chargé officiellement du recrutement et de la préparation des chiens destinés à l’armée. En France, à proximité du front anglais, fut créé un chenil central militaire qui achevait le dressage des chiens, lesquels étaient ensuite envoyés, sous la conduite de spécialistes, dans les divers secteurs occupés par nos alliés. Le Service des chiens de guerre de l’armée anglaise rattaché au service des liaisons du Grand Quartier Général, était placé sous la direction du major Alec Waley.
     L’armée anglaise n’utilisa pas le chien auxiliaire de sentinelle, mais exclusivement le chien estafette, le chien de liaison, et le chien porteur qui ravitaillait seul les unités combattantes : il était donc en même temps chien de liaison et chien porteur.
     Il y eut, entre les deux services de chiens de guerre, français et anglais, unité de vues, et entente très cordiale ; les deux services se vinrent en aide, aussi bien pour le ravitaillement des chiens, que pour le matériel. Les résultats obtenus dans l’armée anglaise furent excellents, et le service se développa tous les jours. Les Anglais n’utilisaient que des chiens à l’exclusion des chiennes ; comme nous, ils employaient les chiens de berger, ou ayant beaucoup de ce sang ; des airedales-terriers, des retrievers, des terre-neuve, puis des croisés de bull-dogs et de mastiffs et également une race bâtarde appelée « lurcher », croisement du lévrier et du chien de berger, type très répandu en Angleterre, et dont se servent les braconniers. Les chiens porteurs étaient choisis parmi les foxhounds ou les bloodhounds.
 
III . DANS L’ARMÉE BELGE. – Déjà en temps de paix, l’armée belge possédait des sections de mitrailleuses attelées de chiens de la race dite « mâtin belge », race très utilisée dans tous le pays wallon et flamand pour la traction des petites charrettes de laitiers et de marchands de légumes. Mais bien que le dressage du chien de berger, soit comme chien de défense, soit comme chien de pistage, fût très développé, la petite armée de nos alliés ignorait aussi bien le chien de sentinelle que le chien de liaison.
     Les chiens tracteurs de mitrailleuses rendirent de très grands services au cours de la retraite de Liège et de celle d’Anvers ; cependant, ce mode de traction des mitrailleuses dut être abandonné en partie par l’armée belge, non que les chiens ne fussent point aptes à traîner en terrain varié des engins de guerre, mais le matériel construit l’avait été pour un attelage de deux chiens en paire ; or, s’il est facile de trouver et de dresser deux chiens de même pied, il est très difficile de les trouver de même taille exactement. C’est cette raison qui a fait que, dans notre armée on attelé un chien entre les brancards en lui adjoignant un ou deux chiens de renfort, suivant le mode d’attelage dit « à la bohémienne ».
     L’armée belge avait installé en France un chenil militaire, sous la direction d’un officier spécialiste. A ce chenil, on dressa pour l’armée en campagne des chiens auxiliaires de sentinelles, des chiens de liaison, et surtout des chiens de trait.
 
IV . DANS L’ARMÉE ITALIENNE. – L’organisation qui existait dans l’armée Italienne était à peu près semblable à la nôtre.
     Cependant, étant donné la guerre presque exclusivement de montagne, où le ravitaillement des postes avancés est souvent impossible même par mulets, nos alliés employèrent surtout des chiens porteurs qui, chargés de munitions, de vivres, d’eau potable, allaient jusque dans les postes les plus avancés. Pourtant, l’hiver, beaucoup de chiens de montagne furent attelés à des traîneaux légers.
 
V . DANS L’ARMÉE ALLEMANDE. – Les Allemands, depuis leur victoire de 1870, n’avaient rien négligé en vue de cette guerre « fraîche et joyeuse » qui devait leur donnait l’hégémonie du monde. Ils suivaient attentivement ce qui se faisait à l’étranger, et épiaient tout ce qui était susceptible de leur être de quelque utilité. C’est dire qu’ils eurent tôt fait d’adapter l’utilisation du chien aux méthodes de la guerre moderne.
     En 1895, plusieurs années donc après les essais pratiqués en France, ils introduisirent officiellement l’emploi du chien dans leurs armées, et principalement dans les bataillons de chasseurs silésiens et de la Garde. Chacun de leurs corps expéditionnaires, dans leurs guerres coloniales, emmena des équipes de chiens de guerre ; ils purent ainsi se rendre compte des meilleures méthodes d’utilisation mieux qu’au cours de grandes manœuvres. Lors de la révolte en Afrique-Occidentale Allemande, soixante chiens furent utilisés sous la direction du lieutenant von Damm, du 2ème régiment de campagne, et se rendirent très utiles.
     Persuadé que les chiens rendraient encore plus de services dans une guerre continentale, à la condition d’en avoir un grand nombre très bien dressés, le grand état-major allemand suscita, vers 1888-1889, la création de nombreuses sociétés pour la propagation de l’élevage et du dressage du chien de berger, du dobermann, du boxer, du rottwiller, du spitz, toutes races susceptibles d’être utilisées comme chiens de guerre. A l’instigation du Kronprinz et sous sa présidence d’honneur se fonda la plus importante association d’éleveurs de chiens de berger qui exista jamais sur le continent : la Verein für deutsche Schäferhund (association pour le chien de berger allemand) qui, en 1914, comptait plus de 4.000 adhérents en Allemagne et en Autriche, et plus de 150 filiales, lesquelles organisaient tous les ans des concours de chiens de défense et de police, véritables épreuves préparatoires au dressage des chiens de guerre. Les dirigeants de ces  « Verein » étaient des officiers à la suite, qui préparaient en temps de paix la mobilisation des chiens.  
     La Verein für deutsche Schäferhund publiaient chaque année un stud-book, dont les onze volumes parus contiennent 45.000 inscriptions ; c’est le Schäferhund Zuchtbuch ; il existait des Zuchtbuch semblables pour les dobermann, les rottwiller, les boxers, les spitz. Dans ces Zuchtbuch, à côté du nom de chaque chien étaient indiquées, en abréviation, les aptitudes générales de l’animal, en vue de renseigner les éleveurs désireux d’utiliser les reproducteurs inscrits ; mais outre ce Zuchtbuch que tout le monde pouvait se procurer, chaque société était dans l’obligation de tenir un registre secret, réservé aux chiens utilisables en temps de guerre et susceptibles, étant donné l’hérédité des caractères acquis, de reproduire des chiens de guerre. Ces indications étaient les suivantes :  
P.H. (Polizeihund), chien dressé pour le service de la police.
S.H. (Sanitätshund), chien dressé pour la recherche des blessés.
Z.H. (Zuchthund), chien de recherches.
Pt.H. (Postenhund), chien estafette.
M.H. (Meldehund), chien de liaison.
W.u.B. (Wach und Begleithund), chien-sentinelle et de garde.
Environ 4.000 chiens étaient inscrits en 1913 aux registres spéciaux.
     Dès le 15 juillet 1914, par les soins de la « Verein » à laquelle ils appartenaient, les possesseurs de chiens dont les aptitudes avaient été éprouvées dans les concours reçurent avis d’avoir à se préparer en vue de concours spéciaux. C’était la mobilisation de l’armée de réserve canine : l’armée active était déjà mobilisée avec les bataillons de chasseurs et les diverses formations de l’armée allemande qui possédaient des chenils de chiens de guerre. Dès le début de la guerre, 6.000 chiens furent mis en service sur les deux fronts, parmi lesquels un certain nombre de chiens sanitaires fournis avec leurs conducteurs par la Deutsche Verein für Sanitätshund, qui avait, dès le temps de paix, organisé et mis à la disposition du service de santé des équipes d’infirmiers auxiliaires avec les chiens dressés à la recherche des blessés.
     Partout, en outre, où les Allemands passaient, ils s’emparèrent des chiens qui pouvaient leur être utiles ; ils en trouvèrent de nombreux en Belgique.
     Afin de maintenir et d’augmenter le nombre de leurs chiens de guerre, les Allemands organisèrent une vaste propagande à travers l’Allemagne et l’Autriche : articles dans les journaux, tracts, conférences avec projections cinématographiques, ils ne négligèrent rien. Puis ils achetèrent des chiens à des prix variant entre 20 et 50 marks ; ils achetèrent d’abord en Hollande, et, lorsque ce pays interdit l’exportation des chiens, en Suisse, qui, à son tour, décréta l’interdiction d’importation. Ils durent enfin avoir recours à la réquisition.
     A Trepow, près de Berlin, fut aménagé un « Kolossal » chenil militaire. Dans diverses régions d’Allemagne furent créés des centres de dressage, entre autres à Metz, à Cologne, à Dusseldorf, à Munich ; les chiens préparés dans ces centres étaient envoyés aux chenils d’armées – chaque armée possédant son chenil – et de là dans les unités du front. Pour tous ces chenils, on fit appel à des spécialistes qui avaient pour unique fonction la conduite des chiens de guerre ; il faut ajouter que ces spécialistes furent assez faciles à trouver, étant donné qu’en Allemagne presque tous les gendarmes, agents de police, gardes communaux ou particuliers entretenaient, grâce à des subventions gouvernementales, des chiens dits de police.
     Les Allemands ont attaché une très grande importance aux chiens de guerre. Ludendorff lui-même n’a pas craint de signer un ordre général sur leur utilisation, ordre qui, publié dans la Deutsche Schäferhund Zeitung, enthousiasma les éleveurs de chiens. C’était la consécration de leurs efforts, le couronnement de leur travail de plusieurs années !
     Le service des chiens de guerre allemand, rattaché au service des renseignements, était sous la direction effective du grand état-major.
     Comme on le voit, parmi les « animaux de guerre » le chien ne fut pas l’un des moins utiles. Il a conquis son droit de faire partie de l’armée ; il a été à la peine, il est juste qu’il soit à l’honneur.
 
Paul MÉGNIN.


Message édité par Daniel Ruis le 22-06-2006 à 00:48:31

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Mes recherches (clic)
n°24229
Stephan @g​osto
Posté le 21-06-2006 à 22:07:05  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Grand merci au duo de choc Mireille-Daniel.
 
Amicalement,
 
Stéphan
 
P.S. Daniel : c'est pour bientôt !  ;)


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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : " III. - Gaston Jacquemin : Après la guerre... "
n°24332
oratorio
Posté le 25-06-2006 à 16:21:28  profilanswer
 

[quotemsg=24223,11,29]Bonsoir,
 
" Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même " puis par la suite en faire profiter un maximum, ma petite contribution en remerciements à Mireille ( il n'y a plus qu'à copier/coller ).
 
Cordialement, adichats.
Daniel
 
Larousse Mensuel Illustré 1914-1919
N° 146 avril 1919.

 
[b]Chiens de guerre
 
Existe-t-il un article semblable sur les chevaux?
Merci d'avance,
O.O.

n°24359
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 26-06-2006 à 09:18:07  profilanswer
 

bonjour à toutes et à tous
bonjour Daniel
 
excusez-moi pour la réponse un peu tardive,j'ai été éloignée du forum pendant un petit moment et j'ai pris connaissance de votre message avec retard,surprise mais pour finir avec grand plaisir de voir que vous avez pris la peine et le temps de taper l'ensemble du texte sur ces chiens de guerre afin d'en rehausser toute la valeur..
aussi,je vous remercie beaucoup de l'avoir fait,ce n'est pas moi qui le pourrait..
n'hésitez-pas à récidiver...
 
pour Orotario:concernant les chevaux,il n'y a pas d'article équivalent
par contre,dans le manuel d'infanterie-édition 1915,il y a une douzaine de pages consacrées aux soins à donner aux chevaux
informations n'existant pas dans l'édition de 1914,ni dans celle de 1924.
cela évoque quand même l'importance du cheval pendant la guerre pour l'infanterie,
ce sont des infos intéressantes pour tous ceux qui côtoient des chevaux fréquemment.
 
j'y ai appris l'existence du mash...pour moi,cela n'évoquait que le film sur la bande de médecins et infirmières militaires américains un peu déjantés pendant la guerre de Corée..
 
mais en 14-18,le mash,c'était autre chose.....petite devinette à trouver... :)  
 
amicalement,
Mireille
 
 
 
 

n°36278
Profil sup​primé
Posté le 26-04-2007 à 17:31:38  answer
 

Depuis des années je recherche des informations concernant les essais des officiers Malric et Mégnin au chenil de Plessis-Trévise pour dre'sser des chiens-guides d'aveugles (référence : Encyclopzédie du chien, volime second Le monde du chien par Fiorenzo Fiorone DENOËL, page 204 et 205). Merci de me dire si l'un d'entre vous a des éléments. Je n'ai pas réussi à m'inscrire. Mon mail est le suivant : nbochet@wanadoo.fr.
Merci d'avance
Nicole BOCHET

n°36279
Ar Brav
Posté le 26-04-2007 à 18:05:20  profilanswer
 

mireille salvini a écrit :

bonjour à toutes et à tous
bonjour Daniel
mais en 14-18,le mash,c'était autre chose.....petite devinette à trouver... :)  
 
amicalement,
Mireille


 
Bonjour à tous,
Bonjour Mireille,
 
Allez, je me lance, histoire de rigoler  ;) :
Maître d'Atelier des Services Hippomobiles ?
 
Ou alors, c'est quelque chose qui se fume ou qui se mastique  :pt1cable:  
 
Bien amicalement,
Franck  :hello:


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www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
n°36287
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 26-04-2007 à 20:43:50  profilanswer
 

bonsoir à tous,
 
bonsoir Franck,
j'avais oublié ce sujet,vieux de presque 1 an  :sleep:  
si la poussière virtuelle existait,j'aurais sûrement éternué  ;)  
 
bon,alors le mash était une nourriture spéciale donnée aux "chevaux fatigués,en mauvais état d'entretien,à appétit capricieux,échauffés par l'avoine ou atteint d'inflammation chronique de l'intestin"
il se compose de:
paille hachée, foin haché, avoine, son, farine d'orge, sel marin, graine de lin (parfois), eau chaude
sa préparation devait suivre un protocole particulier à la manière d'une recette de cuisine
il devait être consommé dans les 24 heures
 
voilà,c'est tout;tout ceci est bien sûr écrit dans le "manuel d'infanterie...." , édition 1916
 
bonsoir Nicole,
je n'ai pas d'info sur ce que vous désirez,j'apprends même en vous lisant que ce serait des officiers de la Grande Guerre qui auraient "inventé" le dressage de chiens d'aveugles...?..c'est dommage,j'aurais bien aimé en savoir plus moi aussi  :??:  
 
 
avant de finir,un petit cadeau,un poème écrit par un soldat et paru dans un journal de tranchée Brise d'entonnoirs (numéro 15),
 
 
Le chien
....Sur la tombe du Maître il s'obstine à mourir
 
Il n'a pas oublié les soldats qui l'aimaient
Et dont il partagea la gamelle de soupe...
Il a toujours suivi docilement la troupe
De ceux qui ne sont plus et qui le caressaient.
 
Pauvre chien! il a vu succomber ses amis...
Il était là quand se déroulait la bataille...
Il les a vus,fauchés par la rude mitraille
Et sait que pour toujours ils se sont endormis.
 
Hélàs! jusqu'à la mort il leur sera fidèle...
Il ne veut pas quitter le glorieux tombeau
Et près de l'humble croix que voisine un drapeau
Il garde leur dépouille et parfois les appelle.
 
Il n'a pas oublié les soldats qui l'aimaient
Et dont il partagea la gamelle de soupe...
Il a toujours suivi docilement la troupe
De ceux qui ne sont plus et qui le caressaient.
 
Et quand le soir descend sur la plaine endeuillée,
Il a des aboiements lugubres qui font peur.
Pauvre chien,qui n'eût pas le suprême bonheur
De mourir avec eux,là-bas,dans la tranchée.

 
Louis Abric
 
 
amicalement,
Mireille
 

n°36293
Daniel Rui​s
Voyage au bout de la vie
Posté le 26-04-2007 à 23:43:30  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
   Pour illustration  :cry: .
Cordialement
Daniel
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/29/Le chien1.jpg


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Mes recherches (clic)
n°39904
Dany
Posté le 27-07-2007 à 18:07:28  profilanswer
 

Bonjour à tous.
 
Je remonte un vieil article car je ne sais pas ou j'en suis.
 
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 4194_1.htm
 
Je recherchais "Chien de guerre" sur google et je suis tombé sur un site ou je suis inscris.
 
Mais il n'y a que [7eme partie] et pas de pages [avant] ou [arriere].
 
Alors je fais un "Up" en esperant trouver des réponses à mes questions.
 
En vérité, je cherche à savoir, quelle genre d'identification les chiens de guerres avaient ?.
 
En "plaque" et en "son".
 
Une fois ma femme m'avait acheté en Broc (dans un etal militaria)...  
Un "grelot de chien Français de 14"....
Le Grelot de chien Allemand venait d'etre vendu... (MortDeRire)...
 
Bon je lui ai dis "merci" mais n'ai jamais cru en ce "poême".
Cela à fait plaisir a ma gosse aussi (10 ans) :  
Elle a dit => "et bien.... Cela va faire plaisir à papa"
Donc je n'ai pas insisté...
C'est le geste qui compte.
 
 
Bon, ma question,  "Qu'en est t'il sur ces chien de guerre"
 
Si vous pouvez me repondre, ou me donner des adresses Internet.
Je vous en remercie d'avance.
 
Bien cordialement.
Dany

n°39911
armand
Posté le 27-07-2007 à 19:54:58  profilanswer
 

bonsoir
 
Un photo perso du 132 avec un chien
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/1425/HC332132RI.jpg
 
Etait il membre de l'escouade ou est ce un ami de passage ?
NB : L'actuel 132 BCAT garde les trads du 132 RI
 
Je suis en train de lire un roman de Alice Ferney "Dans la guerre".  
A lire, c'est une belle évocation d'un soldat et son chien dans la PGM
 
Cdt
Armand


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Cordialement
Armand
Sur les traces du 132ème RI " Un contre Huit " et du 294ème RI (le "29-4" )
n°39915
usdine
Posté le 27-07-2007 à 23:35:27  profilanswer
 

Bonsoir a tous et toutes,
Je sais,ça n'a rien a voir(!) mais voici un souvenir que mon arriere grand mere gardait precieusement
et qui est encore dans la famille...
Pendant la commune de Paris les chiens n'étaient pas des chiens de guerre...
C'était pire...
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2144/communegrosplan11.JPG
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2144/cummunedeparis6.JPG
 
En tous cas ce sujet est passionnant comme bien d'autres d'ailleurs.
Cordialement
Christine
 


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http://usdin.dumes.net/lambert.html
n°39918
rolando
Qui meurt a ses lois de tout..
Posté le 28-07-2007 à 02:24:49  profilanswer
 

oratorio a écrit :

[quotemsg=24223,11,29]Bonsoir,
 
" Charité bien ordonnée commence toujours par soi-même " puis par la suite en faire profiter un maximum, ma petite contribution en remerciements à Mireille ( il n'y a plus qu'à copier/coller ).
 
Cordialement, adichats.
Daniel
 
Larousse Mensuel Illustré 1914-1919
N° 146 avril 1919.

 
[b]Chiens de guerre
 
Existe-t-il un article semblable sur les chevaux?
Merci d'avance,
O.O.


 
Bonjour à tous,
 
Vous trouverez un article sur les équidés dans la GG à cette adresse :
 
http://musee.vet-alfort.fr/Site_Fr [...] runeau.pdf
 
Bien cordialement, Caballero


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Caballero
n°39944
belge
Pugna Nobilis Princeps
Posté le 29-07-2007 à 20:32:49  profilanswer
 

Bonsoir à tous,  
Merci à tous pour ces superbes textes, précisions, photos et poème...
...et je pense qu'en Belgique on a aussi recruté des chiens de charbonnage, qui tiraient les wagons de charbon...
Des chiens tirant des mitrailleuses fingurent sur le Monument aux Morts de l'Infanterie de Bruxelles ( Belgique ) Place Poelaert, devant le Palais de Justice.
Quant aux " Chiens de Guerre " actuels...c'est autre chose !
Notre Ami Forumeur Caballero, que je salue aussi au passage, a aussi initié, sur ce magnifique Forum qui est le nôtre, un fil sur les mulets...et chevaux. ( Oui, j'irai bientôt faire les photos, promis )...
Bonne soirée à tous


Message édité par belge le 29-07-2007 à 20:34:32

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Clansman
n°39948
rolando
Qui meurt a ses lois de tout..
Posté le 29-07-2007 à 21:18:24  profilanswer
 

Bonsoir à tous et à toutes,
Une historitte écrite il y a quelques années :
 
RÉCIT D’UN CHEVAL DE GUERRE…
 
 Je suis une jument nommée Coquette. Avec une encolure solide, une bonne chute d’épaules, les canons bien droits, les dents et les pieds parfaits, j’ai belle allure. Mon maître, sa femme et son grand fils sont de modestes paysans qui pratiquent, sur quelques hectares, la polyculture et l’élevage de vaches laitières. Je participe aux travaux des champs, tout en étant une poulinière ; mon fumier améliore la fertilité du sol… C’est dire combien je suis indispensable à la ferme et presque considérée comme faisant partie de la famille !  
Au début du mois d’août 1914 en quelques jours, tous les jeunes hommes partent à la guerre (?), sans achever la moisson.  
Presque en même temps, mon maître m’emmène rejoindre d’autres chevaux : j’en vois des centaines de toute taille, race et robe.    
Réquisitionnée comme les autres, j’appartiens désormais aux armées.  
Un soldat habillé de bleu et de rouge me conduit avec des congénères dans une caserne improvisée et distribue la pitance.  
 De nombreux paysans attristés regardent s’éloigner leur compagnon des bons et mauvais jours. Ils songent sans doute aux difficultés à venir.  
La rumeur court que les fils reviendront rapidement, après avoir vaincu l’ennemi avant Noël ; le retour du cheval est sans espoir.  
L’angoisse s’installe dans le cœur de Coquette devant l’agitation ambiante. Les maréchaux-ferrants s’activent dans l’odeur de corne brûlée, les gradés hurlent des ordres, on entend le martèlement des sabots et les hennissements.
Je deviens un cheval d’attelage d’un canon de « 75 ».  
Habituée à tirer seule la charrue ou la fourragère, je dois apprendre rapidement le travail en équipe.  
En effet, chaque pièce est tirée par trois paires de chevaux. Trois conducteurs montent le cheval gauche de chaque paire. Ces trois bêtes sont les porteurs, les trois chevaux non montés s'appellent les sous-verges, placés sous le fouet du conducteur.
Le lendemain matin, le cheptel militaire, choisi et regroupé par six, forme des attelages robustes. Lors du premier harnachement, certains « mobilisés », apeurés, excités, se débattent, distribuent ruades et coups de pieds. Prudente et docile, Coquette considère qu’il vaut mieux attendre et voir.  
L’apprentissage du labeur collectif est pénible : l’attelage casse des timons, des chevaux se prennent dans les traits, chutent et se blessent. Il y a aussi les maladresses de nos « cochers » inexpérimentés.
  Étant sous-verge, j’ai pour compagnon le porteur de devant, un cheval hongre nommé Hector. C’est un paresseux qui m’oblige à tirer plus fort, et parfois s’emballe, entraînant le groupe et son matériel au fossé…
Il faut alors dételer et remettre tout en place pour repartir, exécuter à nouveau diverses manœuvres, exercices incroyables pour des chevaux de culture.  
Après d’innombrables ordres, jurons, coups de fouet, et quelques caresses des conducteurs, nous sommes « bon pour le service ».  
Le lendemain, la batterie (quatre canons, une vingtaine de voitures dont six caissons à munitions, environ 165 chevaux, presque autant d’hommes) se dirige vers la gare de chemin de fer pour sa première sortie.
 L’embarquement s’avère difficile, poussé par les fesses, afin de loger dans des boîtes en bois affectées au transport de marchandises.  
Sur les wagons est inscrit « HOMMES 40, CHEVAUX (EN LONG) 8. »
L’espace accordé est étroit. Deux gardes nous surveillent, assis sur une botte de foin ; il flotte une atmosphère de renfermé, d’urine, de crottin, de cuir neuf des harnais.
 Le convoi roule lentement, s’arrête fréquemment ; à chaque tunnel, la nuit et le jour alternent brutalement dans un bruit assourdissant. Ce trajet inconfortable, interminable vers l’inconnu nous rend tous inquiets, hébétés, désorientés.  
Enfin le train s’immobilise au petit matin.  
Sitôt sur la terre ferme, les soldats nous attellent : la colonne s’ébranle au petit trot.
 Une espèce de tonnerre sourd gronde au loin, s’intensifie au fur et à mesure de la progression.  
Il fait chaud et sec, nous soulevons un nuage de poussière blanchâtre qui colle au pelage saturé de sueur, constellé de mouches.  
En fin de journée, une pause est ordonnée, après avoir parcouru une trentaine de kilomètres.  
Les servants placent les canons et tout le matériel afin que les pièces puissent tirer. Par mesure de sécurité, presque tous les chevaux sont ramenés un peu en arrière par les conducteurs. Ces derniers sont des paysans devenus soldats, habitués à nous mener, nous panser avec la brosse, l’étrille, le chiffon. Après la toilette, distribution des rations : foin en vrac et avoine dans la musette mangeoire.
De grands bâtiments de ferme constituent nos écuries, à l’abri des intempéries et suffisamment distantes des bombardements. Un homme veille au calme de notre nuit, pour éviter les coups et blessures, ou donner l’alerte quand l’un de nous s’échappe.  
Dans la journée autour du cantonnement, nous profitons d’une promenade quotidienne dans les environs pour faire de l’exercice et ne pas oublier l’air pur des paysages campagnards, quittés il y a peu de temps.  
La vie s’écoule monotone sans événement particulier.
Pour l’attelage, la guerre est jusque-là une aventure surprenante avec quelques impromptus bizarres, mais sans motif d’inquiétude.  
Cette tranquillité est de courte durée. Le branle-bas du départ sonne : rapidement nous rejoignons la batterie pour une destination nouvelle.
Il pleut sans discontinuer. Les sabots s’enfoncent dans une fange visqueuse, des trous masqués nous font trébucher. L’eau sale mêlée à la transpiration luit sur notre corps, les crinières sont saturées de liquide qui ruisselle sur l’encolure.  
Nous avons la tête basse ; les oreilles s’agitent agacées par les gouttes d’eau.
Une côte raide exige un effort pénible, au sommet, nos maîtres accordent  
un repos pour souffler, face à la plaine qui s’étend à nos pieds.  
La nuit tombante, nous bivouaquons à la belle étoile dans une vaste prairie.  
En alerte, nous sommes prêts à partir immédiatement.
Au crépuscule, après une halte trop courte et une ration sommaire, le voyage reprend, les chariots grincent : nos conducteurs sont tendus, silencieux. Que craignent-ils ?  
Dans les champs, sur la route, nous apercevons des excavations circulaires réparties irrégulièrement : à quel usage peuvent-elles servir ? Les arbres sont décharnés : seuls demeurent quelques troncs, certains tordus, vrillés ; le feuillage est absent et les branches en chicots. Le paysage semble vide et chaotique, aucun être vivant ne paraît habiter en ces lieux : tout est transformé comme par le caprice d’un mauvais génie. Rongés par l’inquiétude, nos sens restent en éveil.  
Un effluve putride envahit mes naseaux : je vois un cheval mort gonflé par des gaz. Il y a d’autres bêtes les jambes raides vers le ciel, les fers luisants au soleil, auréolés d’un essaim d’insectes. Je suffoque, chavire presque de dégoût à ce spectacle. Anxieuse, je demande à Hector si l’équarrisseur ne les a pas oubliés…
Le cheval hongre me répond qu’il ne comprend pas, et croit vivre dans un monde insensé, celui des hommes en uniforme. Ceux-ci ne font rien comme les autres, agissent en bandes, et se caractérisent par la brutalité de leurs actes.  
Pourquoi faut-il que la guerre détruise ce qui est bien et beau ?  
Participer aux hostilités sous la férule des guerriers, n’est pas dans notre nature.
Plus loin, un poilu immobile, ballonné, tout noir, gît dans l’attitude d’un dormeur ; notre passage bruyant ne le réveille point : il dégage une odeur pestilentielle.
À un carrefour constellé d’entonnoirs et de matériels hors d’usage, faut-il poursuivre notre route ou passer à travers champs ? Nos maîtres hésitent : un rugissement sauvage survient et une explosion. La terre tremble avec des sifflements. Un second obus éclate au-dessus du champ voisin.  
Des chevaux effrayés ruent, font des écarts, tirent dans tous les sens, brisent les traits. Un attelage s’engage dans une pâture, les autres suivent, fouaillés et invectivés par leurs conducteurs, pressés de quitter cette zone bombardée.  
 Heureusement, le feu de salve ennemi est mal ajusté.  
Les bêtes ne reçoivent que de petits éclats d’obus causant des blessures superficielles.  
Mon maître, un brave garçon, découvrant sur mon dos une plaie, verse le contenu d’un demi-flacon de teinture d’iode, pensant que ce traitement me fera rester au sein de l’attelage… Je me souviens encore de la sensation de brûlure intense, causée par le remède !
Le soir même, un homme avec blouse blanche et bésicles, à l’allure peu militaire, s’approche de moi, examine mes plaies, pendant que deux soldats me maintiennent étendue.  
Dans un sursaut, je me relève et prends la fuite, le vétérinaire attrape ma queue et tente de me retenir ; maîtrisée par des bras vigoureux me voilà couchée, contrainte avec des cordes. Je sens un objet trancher, fouiller ma chair, puis une voix satisfaite clame « et de six » (sans doute le nombre de petits morceaux de fonte extraits de mes muscles).  
Déclarée indisponible, je me repose à l’infirmerie vétérinaire.
Au bout de quelques jours, je m’ennuie, sans regretter mes compagnons et les mésaventures partagées. Je traîne dans le vaste enclos, rendant une visite de curiosité et de réconfort à ses pensionnaires.
Je ne soupçonnais pas rencontrer de si nombreux camarades souffrant de multiples maux.  
Les hommes inventent et emploient des outils pour terrifier ses ennemis, les mutiler, les anéantir. Nous participons, malgré nous, au carnage qui décime notre espèce. Même si nous restons la  plus noble conquête des humains…
Lorsque les vétérinaires soignent nos blessures, nos maladies, atténuent nos douleurs, leur objectif est de nous réintégrer comme « travailleur » aux armées.  
D’ailleurs si notre guérison s’avère trop longue ou incertaine, nous sommes achevés froidement d’une balle de revolver tirée dans l’oreille.
Ces rencontres et réflexions dépriment Coquette qui se trouve dans un dépôt d’éclopés où l’on traite les affections peu graves, de courte durée.  
L’infirmerie fonctionne comme centre de tri où les vétérinaires décident, si untel, suffisamment valide, peut rejoindre en chemin de fer un hôpital capable de traiter un grand nombre de bêtes. Le voyage doit être épuisant pour des organismes déjà affaiblis.  
Je pris conscience de ma chance : des blessures légères, l’occasion de se reposer, une nourriture suffisante, une vie calme avec une liberté relative…  
Petit à petit mes compagnons guéris rejoignent les armées, sachant que mon tour viendrait.
Ce jour sombre arrive : mon nouvel emploi ne m’enchante guère.  
Considérée en bonne forme, je deviens le porteur de devant dans l’attelage d’un canon de campagne. Tout en tirant la pièce, j’ai sur mon dos un conducteur, soit environ 70 kg supplémentaires !  
Coquette a pour sous-verge Attila qui ne l’aide guère. Énervée, elle lui décoche un sévère coup de pied : immédiatement le fouet la rappelle à l’ordre.  
L’attelage ne tire pas de concert : les efforts manquent de coordination, chacun fatigue de plus en plus.  
Au bivouac, j’examine mes compagnons : qu’ils sont maigres ! Leur peau drape des os saillants ; avec le contact du harnachement, le poil s’use, la chair à vif dévoile parfois de vilaines blessures.  
Le ravitaillement est souvent insuffisant, pas seulement chez les chevaux d’artillerie. Une grande diversité de végétaux, dans les rations de substitution, fut proposée : leur valeur nutritive n’égale pas celle de l’avoine.  
La paille pouilleuse du couchage des hommes remplace parfois le foin !
Les conducteurs attentionnés cherchent de l’herbe après leur journée de travail : ce modeste supplément nous fait du bien au ventre et au cœur.
L’hiver, il n’est pas rare de trouver l’un d’entre nous mort d’avoir passé trop de nuits à grelotter sous la bise et la neige.  
Les intempéries, la sous-alimentation, le surmenage, altèrent notre santé.
Nous besognons jusqu’à la limite de nos forces, puis c’est l'immobilité définitive. Aucune puissance ne peut nous mener plus loin.  
Les conducteurs détèlent puis déharnachent une ou plusieurs bêtes qu’ils abandonnent, et repartent ; les autres agonisent sur place. Qui d’entre nous n’a pas vécu ce cauchemar ?      
La patrie des chevaux reste celle de la mangeoire et du râtelier garnis, plus encore la liberté à l'état sauvage dans les steppes ou les pampas.
Sans équidés, les batailles paraissent impossibles, mais cela est-il certain ?
Nous demeurons indispensables aux hommes, néanmoins les engins sans chevaux se multiplient.
 Ces objets se présentent sous la forme d’une boîte posée sur quatre roues, un peu comme les chariots que nous traînons. Le conducteur est assis à l’avant, derrière une matière transparente qui lui permet de se diriger sans l’aide de rênes ni de guides. Pour se déplacer la nuit, deux gros yeux éclairent le chemin.  
 Le « camion » peut parcourir de plus longues distances que des chevaux, en émettant une forte pétarade accompagnée de fumées noires et bleues. Ce bizarre engin se nourrit en quantité, d’un liquide à odeur de pétrole, utilisé par les vétérinaires pour soigner notre gale !
 Une partie du véhicule sert au transport d’hommes et de marchandises ; un gros canon peut être tracté. Tout ce matériel emprunte nos chemins et franchit des fondrières. Le bandage des roues n’est pas en fer, mais remplacé par une substance noire assez molle. Ces machines peuvent rester au même endroit, sans soins particuliers, et repartir plusieurs jours après.
 Je rencontre aussi une arme énorme, étrange, aux couleurs bigarrées comme la végétation à l’automne, ses roues avant et arrière sont reliées par un ruban métallique fermé. Le bruit de ferraille accompagnant son déplacement m’inquiète.  
Ce monstre ressemble à un réservoir massif, en fer épais. Sans fenêtres visibles, il dispose de canons et mitrailleuses. Sa vitesse est celle d’un cheval au pas, mais il peut franchir des tranchées, des lacs de boue, écraser les ronces artificielles. Plusieurs hommes claquemurés sont sans doute nécessaires pour diriger la machine et faire feu.  
Cette rencontre fortuite, au détour d’un bois est unique. C’est peut-être là une des dernières inventions, que les hommes expérimentent pour semer la désolation et la mort chez l’adversaire ?  
Depuis trois ans, je mène une existence parfois dangereuse de nomade militaire.  
Je regrette la ferme et mes maîtres.    
Les chevaux rejoignent les pièces, caissons et voitures. Servants et conducteurs s’affairent, car l’étape va être rude.  
Les hommes ont le visage gris d’épuisement, de privations : l’important pour eux, est de survivre, les chevaux ne comptent plus.
 
Un avion marqué d’une croix noire décrit des cercles au-dessus des artilleurs, lance une fusée verte.
Un court chuintement déchire l’air comme une locomotive lancée à toute vapeur ; dans un éclair jaune orangé jaillit une explosion formidable, un immense geyser de terre, de mitraille.
 Un panache de fumées et de gaz monte vers le ciel, au sol un profond cratère béant, vide.
Ainsi Coquette fut volatilisée, réduite à néant par un obus de gros calibre.  
On ne retrouva pas une pièce de harnachement, ni même une poignée de crins.
 La jument devint un cheval inconnu, comme tous ses semblables, avec les mulets, les ânes, autres victimes innocentes, oubliées des hommes, qui meurent au « champ d’honneur » et reposent dans des nécropoles.  
 Bien amicalement, Caballero
 
 


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Caballero
n°39957
Jean RIOTT​E
Posté le 30-07-2007 à 09:33:46  profilanswer
 

Bonjour Rolando,
Bonjour à toutes et à tous,
Merci pour ce texte que je trouve très beau parceque chaleureux, sensible, dans lequel on ressent (sans lourdeur aucune) les grandes connaissances que l'auteur possède de ce milieu très particulier.
Je l'ai imprimé et vais l'envoyer à mes petits enfants.
Muchas gracias, Caballero.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°39980
RSLC55
Posté le 30-07-2007 à 22:29:36  profilanswer
 

Bonsoir
 
Dans la rubrique des chiens de guerre, il ne faut pas oublier l'histoire de Rintintin. Un soldat américain a trouvé en 1918 près de Toul dans un chenil des chiots de race bergers allemands. Il en emmena un en Amérique et qui sera la vedette d'une série qui porta le nom du chien ...Rintintin...un nom importé de France...d'une célèbre poupée.
 
Salutations cordiales
Pierre

n°40017
belge
Pugna Nobilis Princeps
Posté le 31-07-2007 à 22:20:03  profilanswer
 

Bonne nuit à tous,
Merci pour ces beaux poème et texte.
Non, chez nos amis les animaux, la fidélité n'est pas un vain mot ! J'ai longtemps pensé que les chiens couchés aux pieds des gîsants l'étaient par pure décoration ou uniquement par symbole du genre de mort...jusqu'à ce que je constate que notre lévrier est difficile à faire partir du bas de notre lit !
Mais ceci déborde de notre cadre de la I GM et je vais donc...me coucher !
Belle nuit à tous


Message édité par belge le 31-07-2007 à 22:20:56

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Clansman
n°55967
Ferns
Où vas-tu Paul ? Vers L'Aisne
Posté le 12-10-2008 à 21:33:37  profilanswer
 

Merci à tous pour toutes ces précieuses informations.  
Elles vont me permettre de renouveler l'approche d'un livre que je fais lire à des 1CAP,
Bleu, chien soleil des tranchées, illustré superbement par l'ami Stephan Agosto.
 
Cordialement,
 
Ferns


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L'homme en campagne a les mêmes besoins qu'en temps de paix ; ces besoins deviennent même plus impérieux, étant exacerbés par une existence plus active et plus énervante.(Henry Mustière)
n°55985
Eric15
Posté le 13-10-2008 à 16:44:41  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Pour infos , je suis réserviste au 132ème Bataillon Cynophile de l'armée de Terre à Suippes.
Une réédition de l'historique de la cynotechnie militaire a été réédité et mis à jour en 2006-2007.
me contacter en mp pour plus de renseignements.


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« Les hommes pour la plupart n’étaient pas gais ; ils étaient résolus, ce qui vaut mieux. »
Marc Bloch
n°56035
rolando
Qui meurt a ses lois de tout..
Posté le 14-10-2008 à 21:23:02  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
http://img352.imageshack.us/img352/8170/925001jr5.jpg
http://img352.imageshack.us/img352/925001jr5.jpg/1/w207.png
Bien cordialement,
Caballero.


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Caballero
n°56036
Jiibe
Posté le 14-10-2008 à 22:07:58  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Dans les notes de Kaemmerlen on y trouve l'importance des chiens sur le massif vosgien :  
 
 
 
RAVITAILLEMENT ET ACTIVITES DANS LE SECTEUR
Les premiers jours de l'année furent caractérisés par un approvisionnement copieux et rapide en munitions de tous calibres et un effort particulier réalisé par l'intendance pour assurer un ravitaillement substantiel et copieux en vivres et viandes dont l'acheminement vers les premières lignes était devenu très difficile et lent par suite des intempéries et des importantes chutes de neige. La date du 7 janvier 1916 restera longtemps gravée dans la mémoire des soldats de toutes les unités en poste à l'Hilsenfirst, Langenfeldkopf, Mättle, Camp Sermet et autres positions de l'arrière immédiat. Une section d'équipage canin de l'Alaska était, à partir de ce jour-là mise à la disposition du cdt du secteur : Breitfirst - Hilsenfirst pour les ravitaillements avec traîneaux et escorte d'une section de skieurs. Cette unité était composée de : 50 hommes, 205 chiens avec attelages et traîneaux placés sous les ordres du lieutenant Mallet détaché du 120ème bataillon des Chasseurs. Elle rendit, par la suite, des services immenses assurant tous ravitaillements en vivres et munitions par tous les temps, sans oublier l'évacuation des blessés.
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/979/Arriveedelamissionitalienneentraineauxfev1917.jpg
 
Il existait un numéro de l'Illustration consacré à ces chiens de traineaux...

n°56040
Jiibe
Posté le 14-10-2008 à 22:17:32  profilanswer
 

Je me permet de rajouter 2 liens
 
Pour des photos, le site d'Olivier Leroy (mais là  il faut fouiller hein :p )
 
http://www.wesserling.fr
 
Et pour un peu plus d'histoire sur ces chiens de traineaux (lien trouvé sur le site d'Olivier) :
 
http://www.letrappeur.com/M%E9moire.htm


Message édité par Jiibe le 14-10-2008 à 22:21:43
n°91423
FX Bernard
Posté le 06-01-2012 à 17:29:47  profilanswer
 

RSLC55 a écrit :

Bonsoir
 
Dans la rubrique des chiens de guerre, il ne faut pas oublier l'histoire de Rintintin. Un soldat américain a trouvé en 1918 près de Toul dans un chenil des chiots de race bergers allemands. Il en emmena un en Amérique et qui sera la vedette d'une série qui porta le nom du chien ...Rintintin...un nom importé de France...d'une célèbre poupée.
 
Salutations cordiales
Pierre


 
Bonsoir, je fais remonter ce sujet, car je suis tombé par hasard sur plus d'infos sur cette anecdote. Le chien providendrait d'un chenil de Flirey, selon ce post dans http://www.lorraine-cafe.fr/showthread.php?t=5872, un forum lorrain (d'autres sources confirment la provenance)
 
En 1918, le caporal Lee Duncan, aviateur américain, découvre dans le village bombardé de Flirey (54), une chienne berger allemand et ses 5 chiots. Les soldats américains se partagent la petite famille. C'est ainsi que Lee Dunan lorsqu'il rentre à Toul (la ville de Toul était équipée d'un terrain d'aviation lequel se trouvait alors à l'emplacement de la zone industrielle de la Croix de Metz), est devenu propriétaire de deux chiots qu'il baptise Nénette et Rintintin en hommage aux poupées de laine porte-bonheur que les petits lorrains avaient fabriqué pour les soldats du front proche.
 
Quand Lee Duncan rentre au pays, à Los Angeles, il ramène avec lui les deux chiens qui sont les seuls rescapés de la fratrie, mais Nénette ne survit pas à la traversée par bateau et meurt bientôt :seul Rintintin survivra et sera dressé.
 
Le cinéaste Darryll Zanuck est impressionné par les talents du chien lors d'une démonstration. C'est ainsi que le chien, né sur le sol Toulois, deviendra la première vedette animalière. Il "jouera" dans 26 films pour la Warner.
 
Le Rintintin de la série TV n'est pas le Rintintin rapporté de France mais plusieurs chiens, tous descendants direct de Rintintin. Rintintin, ramené en France par son maitre après sa mort, est enterré en France au cimetière animalier d'Asnières.

 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/38/rintintinsoldats.jpg
 
Rintintin -au centre- et Nénette avec Duncan et ses compagnons
 
 
Cordialement,
 
f-xavier


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Mon blog photographique:
www.ww1photographs.wordpress.com
Le site sur les troupes françaises en Italie :
www.anciensditalie.net

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