Bonjour à tous,
Quelques extraits d'un livre :
14-18, LE DEPARTEMENT DE LA NIEVRE DANS LA GRANDE GUERRE
Recueil de Documents choisis et présentés par Maurice Valtat, professeur chargé du Service Educatif
Dossier documentaire n°5 - 1990
Publié par la Direction des Archives Départementales de la Nièvre
TELEGRAMME
Le 4 Août 1914
(Manuscrit) : 3 sous-préfets - commandant de gendarmerie et commissaire de police de Nevers.
Je vous envoie ci-après copie télégramme Ministre Intérieur que je viens de recevoir.
(Texte du télégramme)
EXTREME URGENCE - INTERIEUR SURETE A PREFETS FRANCE ET ALGERIE EN CION GOUVERNEUR GENERAL ALGER = CIRCULAIRE = PRIERE FAIRE DETRUIRE COMPLETEMENT AFFICHES DU BOUILLON KUB PLACEES LE LONG DES VOIES FERREES ET PARTICULIEREMENT AUX ABORDS DES OUVRAGES D'ART IMPORTANTS VIADUCS BIFURCATIONS ETC =
(Manuscrit : pr ss Préfets Cosne et Clamecy : vous prie d'en informer le Commissaire de police).
M 1576, Rapport du Commissaire spécial
ARRESTATION
Hier, vers deux heures de l'après-midi, un sujet allemand se trouvant dans un restaurant du quartier de la gare, à Nevers, a été appréhendé par des soldats qui le suspectaient.
Sur son refus de montrer son livret militaire, des réservistes cernaient le café cependant qu'on allait prévenir le poste de la caserne.
Immédiatement, deux caporaux du 13e se rendirent auprès de l'espion présumé et le conduisirent au quartier.
L'individu fut mis en cellule, après qu'on lui eut confisqué une certaine quantité de poudre et de mèches dont il était porteur.
Journal de la Nièvre, 5 août 1914
AVIS
Contrairement aux allégations mensongères propagées par des concurrents déloyaux, nous informons le public que les Etablissements "Au planteur de Caïffa" appartiennent à la société anglo-française "Anglo Continental Supply C° limited" dont le conseil d'administration est composé de deux membres anglais et de six français.
Paris-Centre, 6 août 1914
TROP PARLER NUIT
Hier soir vers six heures et demie, un individu de passage à Nevers, ayant voulu critiquer à haute voix les ordres ministériels prescrivant l'enlèvement des réclames de certaines maisons d'approvisionnement, fut appréhendé par la foule. Soldats et civils, tout en le malmenant très fort, le conduisirent au commissariat de police, où le commissaire le fit enfermer pour le soustraire aux violences de nos zélés nivernais.
Journal de la Nièvre, 6 août 1914
LA HANTISE DES ESPIONS, DEPLORABLE MEPRISE
Les Nivernais dans leur patriotisme surexcité par les procédés allemands voient des espions partout. Ils s'énervent et vont jusqu'à commettre des actes regrettables et même répréhensibles.
C'est ainsi qu'hier soir, à dix heures et demie, des soldats frappèrent assez violemment un réserviste leur demandant un renseignement, sous prétexte qu'il avait un accent tudesque et la tête carrée.
De grâce un peu plus de calme et raison avant de soupçonner un homme ...
Journal de la Nièvre, 7 août 1914
LA CHARITE-SUR-LOIRE
On nous écrit :
Mardi dernier, sur un ordre venant dit-on de Paris, M. Ch... marchand de chaussures, Grande-Rue à La Charité, qui fait actuellement partie de la garde des voies de communication a été arrêté au poste de Tronsanges, sur présomption d'espionnage.
Ramené à la gare de La Charité par un sous-officier et quatre hommes baïonnette au canon, il fut placé en surveillance dans le bureau du chef de gare : il a été envoyé à Cosne dans la soirée ; son embarquement dans le wagon fut des plus difficiles : 3 à 400 hommes criaient : "à mort le traître !", et voulaient le lyncher.
Sa femme ayant été demandée à la Mairie, dut être consignée dans le bureau du Maire toute la soirée ; le même fait s'étant produit à sa sortie ; une foule composée en partie de femmes de réservistes voulaient envahir la mairie pour lui faire un mauvais parti, elle ne put partir que très tard dans la nuit.
La perquisition faite à leur domicile n'a donné aucun résultat.
Journal de la Nièvre, 12 août 1914
ARRESTATION D'UN ESPION PRESUME (LORMES)
Dimanche soir, 10 août, à 6 heures du soir, la gendarmerie de Lormes a arrêté sous l'inculpation d'espionnage au service de l'Allemagne, le nommé K..., qui depuis quelques temps voyage dans le pays en exerçant à tour de rôle toutes les professions.
Plusieurs lettres écrites en allemand ainsi que des adresses ont été trouvées sur lui. De plus, il avait 200F en billets, une pièce d'or et de la monnaie.
Pressé par le brigadier de gendarmerie de Lormes, au moment de son arrestation de faire des aveux sous peine d'être fusillé, K. a affirmé être complètement innocent et ne rien craindre.
Est-ce vraiement un espion ou un inoffensif nomade ?
Journal de la Nièvre, 12 août 1914
Cordialement
Message édité par christian baroin le 19-06-2010 à 13:29:10
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Christian Baroin
"Pourvu qu'ils me laissent le temps"