Bonjour à tous,
C'est reparti...
Bien cordialement,
Eric Mansuy
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34e C.A.
Etat-Major
3e Bureau
N°1482/3 Sop
S.P. 42
Q.G., le 19 septembre 1916
Compte-rendu au sujet des réseaux électrifiés
(exécution des prescriptions de la lettre 5223/3 Sop du 11 septembre)
L’expérience des réseaux électrifiés qui a été faite à l’Entre-Largues ne permet pas de tirer des conclusions absolues sur leur efficacité. Le bombardement qui a précédé les attaques du 13 février avait bouleversé le réseau ; toutefois, dans la nuit du 12 au 13, il semble qu’il soit resté encore assez de courant pour arrêter les reconnaissances ennemies. Mais le bombardement du 13 ayant non seulement continué la désorganisation du réseau, mais endommagé la source d’énergie, le réseau n’a pas fonctionné.
Il semble donc qu’on puisse tirer de cette expérience les conclusions suivantes :
1°) pour faciliter la surveillance en 1re ligne et pour déjouer les tentatives des patrouilles ennemies, le réseau électrifié présente des avantages certains, mais ces avantages sont compensés :
1/ par le prix de revient, car il faut faire marcher le courant toutes les nuits ;
2/ par l’impossibilité ou, du moins, la complication de faire sortir nos patrouilles et, par suite, la passivité qui en résulte dans le système de surveillance.
Comme il faut toujours compter sur l’obus malheureux qui atteint la source d’énergie électrique ou le fil adducteur, il peut se faire que la protection matérielle ne fonctionne plus le jour où elle est utile et, comme le système de surveillance n’est pas monté, il peut en résulter des surprises fâcheuses. En somme, avantages balancés par les inconvénients.
2°) comme réseau d’arrêt en 1re ligne, la question est jugée ; le réseau ne tient pas devant le bombardement précédant une attaque sérieuse, ou même un coup de main bien appuyé par le canon.
3°) comme réseau d’arrêt en 2e ligne, le rendement est plus certain, puisque les chances de destruction diminuent si le réseau est bien dissimulé. Mais la difficulté, dans ce cas, résulte de la barrière infranchissable qu’il constitue pour tous les mouvements de troupe , aussi bien troupes de renfort ou de contre-attaque que troupes qui se replient, s’il n’a pas été prévu tout un système de communications souterraines pour échapper au contact du réseau.
De plus, là encore, il faut compter sur l’interruption possible des communications téléphoniques et des fils conducteurs.
En somme, sauf peut-être en 2e ligne, il ne paraît pas utile de développer ce procédé de défense dont le rendement ne justifie pas le prix considérable.
Le général cdt le 34e Corps
DEMANGE
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VIIe Armée
76e Division
Génie
Secteur Postal 123
N°17 E
Au Q.G., le 16 septembre 1916
Le Chef de Bataillon de LAVENNE, commandant le Génie de la 76e Division
à Monsieur le Général commandant le Génie de la VIIe Armée
s/c de Monsieur le Général commandant la 76e Division
J’ai l’honneur de vous rendre compte que le Colonel commandant la 89e Brigade a posé la question de savoir si le courant pourrait être mis sans discontinuité sur les réseaux électrifiés.
Bien que l’esprit des consignes paraisse admettre un fonctionnement discontinu, il convient de reconnaître que nulle part, la durée du fonctionnement n’est limitée explicitement. Par suite si l’on s’en tient à la lettre même des consignes, il n’y a pas d’opposition réglementaire à ce qu’il soit donné satisfaction au commandant de la 89e Brigade.
Il convient cependant de remarquer qu’un fonctionnement sans arrêt entraînerait, en outre d’un accroissement considérable de la dépense, une usure rapide de l’appareillage et notamment des commutateurs qui n’ont peut-être pas toute la robustesse désirable.
Dans le cas où un tel mode de fonctionnement serait admis, je demanderais en conséquence qu’un commutateur de rechange me soit donné par paire de commutateurs en service.
de LAVENNE
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VIIe Armée
76e Division
Etat-Major
3e Bureau
N°261/3
Secteur Postal 123
Q.G., le 17 septembre 1916
Le Général de Vassart, commandant la 76e Division d’Infanterie
à Monsieur le Général commandant la VIIe Armée
En vous transmettant le compte-rendu ci-joint du commandant du Génie de la 76e Division au Général commandant le Génie de la VIIe Armée, j’ai l’honneur de vous rendre compte qu’au cas où le courant serait mis d’une façon permanente sur les réseaux électrifiés du secteur de la PLAINE, il me serait possible de faire une économie de forces sur les troupes en première ligne et par suite de retirer de cette partie du front un bataillon territorial.
Ce bataillon servirait à assurer, dans les conditions fixées par votre lettre N° 5090/3 S.OP. du 21 août 1916, la relève des unités territoriales en ligne dans le secteur de la 89e Brigade, relève qui n’est plus assurée actuellement depuis le retrait d’un 2e bataillon actif en réserve d’Armée remplacé sur le front par le bataillon territorial qui était en réserve d’Armée.
L’électrification permanente des réseaux du secteur de la PLAINE présente donc un intérêt majeur dans les conditions actuelles.
de VASSART
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7e Armée
132e Brigade Mixte
Etat-Major
3e Bureau
N°242/3 SOP
Objet : au sujet des réseaux électrifiés
Le 18 septembre 1916
Le Colonel Hatton, commandant la 132e Brigade Mixte
à Monsieur le Général commandant la VIIe Armée, Remiremont
En exécution des prescriptions de la note de service N°5223/3 SOP du 11 septembre 1916, j’ai l’honneur de vous soumettre les considérations suivantes relatives à l’emploi des réseaux électrifiés.
La 132e Brigade n’a eu qu’une occasion (à Hermanpère) d’apprécier les services qu’était susceptible de rendre un réseau électrifié placé dans les défenses accessoires. Les expériences n’ont pas été heureuses.
Le réseau électrifié n’a jamais rendu aucun service contrôlé.
En outre des considérations purement techniques qui permettent de discuter son efficacité (1° - insuffisance de la source d’énergie, aggravée par les trop importantes pertes en ligne. 2° - difficulté dans un tel système de maintenir un isolement suffisant. 3° - nombreuses chances de court-circuit par le rapprochement des réseaux alimentés par deux phases différentes. 4° - phénomènes d’induction dont sont le siège sous les conducteurs métalliques voisins, phénomènes décelant aux Allemands la présence du système), ce réseau se condamne par son installation et par son exploitation.
Son installation. Amenées de courant aériennes, moyens de commande (téléphone) insuffisants. Le moindre bombardement rompt téléphone ou câble conducteur, souvent les deux. L’intervention du système, pour arrêter une attaque ou un coup de main, appuyés par du canon, est nulle.
Son exploitation. Le courant n’est envoyé que sur demande, toujours trop tard parce que trop d’intermédiaires (il serait facile de remédier à cet état de choses) ; la sentinelle placée dans le secteur défendu par le réseau électrifié devrait obtenir l’envoi du courant sur un simple signal direct à la source d’énergie (signaleur de 24 commandé par la sentinelle et vu par le guetteur de la génératrice).
L’ensemble du réseau n’était essayé qu’une fois par jour, l’essai permettait de vérifier les câbles d’amenée mais non le réseau de défense lui-même, des coupures pouvant échapper. Les conducteurs, lorsqu’ils ne sont pas en charge, devraient être utilisés pour les communications téléphoniques ; leur vérification en serait ainsi permanente. Les emplacements des réseaux électrifiés devraient être choisis de façon à permettre des visites fréquentes.
Il est exagéré de conclure du particulier au général. Il y a peut-être quelques transformations d’ordre technique à apporter dans la construction et l’établissement des réseaux électrifiés pour les rendre pratiques. Mais en résumé, l’unique expérience que nous en avons faite n’a donné que des résultats négatifs.
HATTON
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VIIe Armée
Commandement du Génie
N°9226
Communication n°5262/3 S.OP. en date du 18 septembre 1916 du Général commandant la VIIe Armée
Q.G., le 22 septembre 1916
Avis du Général ARNOUX, commandant le Génie de la VIIe Armée
Deux points de vue sont à envisager :
1° - Partie technique.
Théoriquement, le courant peut, dans les installations qui, comme celles de la vallée de la Plaine, sont desservies par des transformateurs, être mis d’une façon permanente sur les réseaux.
Pratiquement, dans l’état actuel de leur construction et quoiqu’ils soient livrés comme devant pouvoir fonctionner un temps illimité, je ne crois pas que l’on puisse compter sur un fonctionnement parfait des commutateurs tournants après quelques heures de marche sans arrêts. Au bout d’un certain temps en effet (par 2 fois déjà l’accident s’est produit à Gemainfaing) il se forme dans le bac d’huile des vapeurs dues à la carburation de cette huile, ces vapeurs s’enflamment et détériorent l’appareil.
Je fais essayer en ce moment sur les appareils en service à la 76e D.I. une modification qui permettrait à la fois une meilleure aération des bacs d’huile et le remplacement facile de cette huile.
Tant que ces essais n’auront pas abouti, il me paraît prudent de ne pas imposer un service continu aux commutateurs.
2° - Surveillance des tranchées.
La Note N°4309 du 7 mai 1916 de M. le Général Commandant en Chef dit que l’efficacité des réseaux électrifiés ne peut être réelle que s’ils agissent par surprise. Or, il est très certain que la présence d’un réseau constamment sous tension sera vite reconnue par l’ennemi qui prendra pour l’aborder les précautions de nature à annihiler ou tout au moins à diminuer dans une large mesure ses effets meurtriers.
La surveillance du réseau, dans ces conditions, n’en nécessiterait pas moins de monde que celle d’un réseau ordinaire et le but recherché par le Général commandant la 76e Division ne serait pas atteint.
En résumé, quand bien même il serait possible pratiquement de mettre d’une façon continue sous tension les réseaux électrifiés, l’adoption de cette mesure me paraîtrait devoir être rejetée comme constituant un emploi peu judicieux de ce genre de défense.
ARNOUX
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VIIe Armée
76e Division
Etat-Major
3e Bureau
N°299/3
Q.G., Secteur Postal 123, le 24 septembre 1916
Compte-rendu relatif au fonctionnement et à l’efficacité des réseaux électrifiés
L’électrification de nos réseaux de fils de fer est actuellement réalisée :
1°) dans la vallée de la PLAINE au N.E. de CELLES
2°) à la Cote 633 (LA HALTE) 1500 m. S.E. de CELLES
3°) sur le front GEMAINFAING – HERMANPERE
Sur cette dernière partie de notre front, les tentatives faites par les patrouilles ennemies ainsi qu’une attaque ennemie appuyée par le canon ont permis de tirer des enseignements précis quant à l’efficacité à attendre de l’électrification des réseaux.
A. Efficacité pour interdire l’accès de nos tranchées aux patrouilles ennemies.
Les réseaux électrifiés étaient placés en première ligne sur le front GEMAINFAING – HERMANPERE à l’époque où des patrouilles ennemies ont fait des tentatives pour pénétrer dans nos tranchées. Plusieurs fois, les Allemands ont réussi à franchir le réseau électrifié en le cisaillant. Les patrouilleurs ennemis étaient outillés et gantés de façon à pouvoir sans danger s’ouvrir un passage. Ce fait a été confirmé par l’examen de patrouilleurs ennemis tués devant GEMAINFAING ainsi que par des cisailles à manches isolants abandonnées par l’ennemi dans une tentative exécutée en mai sur un des postes avancées de GEMAINFAING.
Il faut d’ailleurs ajouter que l’existence de notre réseau électrifié, exposé aux vues de l’ennemi, devait être très probablement connue de lui.
B. Efficacité pour arrêter une attaque ou un coup de main appuyé par le canon.
Le même réseau – GEMAINFAING – HERMANPERE – a donné lieu à des enseignements très précis en ce qui concerne l’efficacité pour arrêter une attaque appuyée par le canon.
Le 21 juillet à 20 h. 15, l’ennemi déclenchait un violent bombardement sur notre avancée d’HERMANPERE, avancée protégée en première ligne par un réseau continu électrifiable (chevaux de frise).
Dès 20 h. 30, dans la crainte d’une attaque, le courant était lancé.
Dès le début du bombardement, la destruction des chevaux de frise et leur mise à la terre abaissaient dans de fortes proportions la tension utile. Le bombardement se prolongeant, le câble d’amenée au commutateur d’HERMANPERE était à son tour coupé, provoquant par sa mise à la terre de profondes perturbations dans les communications téléphoniques.
Le commandant du sous-secteur donnait l’ordre, à 23 h. 15, de couper le courant de l’alternateur.
En résumé, le réseau n’avait été d’aucune utilité.
Il résulte de ces différentes expériences qu’un réseau non dérobé aux vues de l’ennemi et partant susceptible d’être détruit ne constitue qu’un moyen de défense des plus aléatoires, tant pour interdire l’accès de nos tranchées aux patrouilles ennemies que pour arrêter une attaque appuyée par le canon.
Des défenses accessoires électrifiables, comme le prévoit la Note N°4309 du 7 mai du Général Commandant en Chef, ne doivent pas être placées, en principe, en première ligne (du moins dans les terrains découverts). Elles doivent être placées de préférence à contre-pente, les câbles d’amenée doivent être enterrés.
Cette organisation nouvelle a été réalisée, pour un nouveau réseau, sur le front GEMAINFAING – HERMANPERE.
En résumé, il ressort nettement de l’expérience acquise que l’emploi des réseaux électrifiés doit être exceptionnelle dans les terrains découverts.
Par contre, sous bois, de telles défenses sont susceptibles de rendre de sérieux services surtout si elles sont elles-mêmes enveloppées dans un réseau de défenses accessoires ordinaires.
Une coupure des défenses proprement dites, soit des câbles d’amenée, étant toujours possible, une liaison étroite doit exister entre le commandant de la troupe d’infanterie et le gradé du Génie chargé de la surveillance de la tension du courant des réseaux.
Dans ce cas, le commandant de la troupe d’infanterie doit aussitôt faire occuper les parties de tranchées situées en arrière de la brèche signalée dans l’électrification des réseaux.
Le général commandant la 76e Division
de VASSART
(source : SHD 19N1353)
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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.