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  Les défenses électrifiées des Vosges... et d'ailleurs

 

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Auteur Sujet :

Les défenses électrifiées des Vosges... et d'ailleurs

n°63374
Eric Mansu​y
Posté le 24-03-2009 à 14:02:51  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Quelques éléments datant de 1918, au sujet des défenses électrifiées. En espérant que cela intéressera certains d'entre vous, auquel cas je pourrai poursuivre.
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy
 
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33e C.A.
ETAT-MAJOR
3e Bureau
N° 8.691/3
 
Q.G., le 23 mai 1918
 
Note de service
 
L’ennemi a établi devant le front du C.A., particulièrement dans la partie Sud, une assez grande étendue de réseaux électrifiés.
La présente note donne à leur sujet quelques notions élémentaires, dont la connaissance est indispensable aux troupes en secteur.  
Le Lieutenant BRISSAUD, commandant la 1° Section de la Cie EL-7 à GERARDMER pourra, sur demande adressée au Général commandant le C.A., être mis temporairement à la disposition des Généraux commandant les D.I., pour leur fournir tous les renseignements complémentaires.
 
Principe du réseau électrifié
 
Le réseau électrifié est constitué par une barrière conductrice en fil de fer et ronces artificielles soigneusement écartés du sol et tendus sur piquets ou châssis enduits de matière isolante (brai et goudron). Un câble conducteur d’électricité est relié à la masse métallique du réseau, l’autre conducteur d’électricité est à la terre, de sorte que si en un point quelconque de la barrière un contact s’établit, il y aura passage de courant entre le réseau et la terre, et la dépense d’énergie produite peut foudroyer les incurseurs si ces derniers forment l’élément de contact. Le courant envoyé dans les réseaux est d’environ 1.500 volts : le corps humain ne peut résister aux effets physiologiques d’une telle tension.
 
En quoi il consiste
 
La forme générale des réseaux électrifiés est celle sur piquets et chevaux de frise. En avant du réseau et vers nos lignes est tendu un fil non électrifié servant de trébuchet ; ce fil est généralement à 20 cm du sol. En arrière et vers les lignes ennemies, un fil tendu à 1 mètre de hauteur sert de main courante pour éviter aux travailleurs ennemis de se laisser surprendre.
 
Comment on le reconnaît
 
Lorsqu’on se trouve à proximité d’un réseau électrifié en fonctionnement, on constate aux points d’attache sur les piquets et au contact des herbes frôlant le fil des lueurs bleuâtres ou aigrettes. On entend un grésillement particulier produisant une sorte de crépitement sec et sonore. On peut également se rendre compte du fonctionnement d’un réseau électrifié par des écoutes faites avec 2 fiches plantées en terre reliées à un récepteur téléphonique.
 
Comment on le détruit
 
L’emplacement des transports de force, postes de transformation et autres points de première importance, est généralement connu par le commandement. L’artillerie renseignée sur les coordonnées de ces points peut anéantir, par des tirs de destruction, les organes essentiels et ainsi neutraliser l’efficacité des réseaux.
L’étendue du réseau peut aussi être bombardée et être rendue inerte par l’effet de l’artillerie.
Pour effectuer une brèche de moindre importance dans un but spécial, l’infanterie peut intervenir, avec des appareils de cisaillement particuliers ; les unités doivent se garder d’utiliser des instruments de fortune n’offrant aucune garantie.
 
Comment opérer
 
Le personnel chargé d’une opération de cisaillement doit être muni :
1° - des effets de protection suivants :
a) bottes en caoutchouc
b) combinaison caoutchouc
c) gants en caoutchouc
 
2° - d’une cisaille spéciale
Pendant l’opération, veiller avec soin à ce qu’aucun contact permanent ne se réalise entre les fils coupés et le sol.  
a) à cause des étincelles qui résulteraient de ce contact
b) afin d’éviter de prévenir l’ennemi, qui a des appareils pour se rendre compte du fonctionnement de ses réseaux.
 
Faire bien attention que les vêtements isolants ne soient pas déchirés ou transpercés.  
La brèche étant pratiquée, ne pas oublier que les deux tronçons de réseaux situés de part et d’autre reçoivent toujours du courant.
 
Par qui est fourni ce matériel spécial
 
Les bottes en caoutchouc sont fournies par l’Intendance.
Les combinaisons et les gants caoutchoutés, ainsi que les cisailles spéciales, sont fournis par le Génie de l’Armée (Service Electrique – Note n° 3.136/C du 26 Avril 1918). Adresser les demandes directement au Lieutenant commandant la 1° Section de la Compagnie EL-7 à GERARDMER.
 
Le Général commandant le 33e C.A.
LECONTE

 
Destinataires :
62e, 70e, 77e D.I.
Artillerie - Génie
Intendance
Lieutenant cdt Dét. Cie EL-7 à GERARDMER
1° et 2° Bureaux
 
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VIIe ARMEE
COMMANDEMENT DU GENIE
Service Electrique
 
Q.G., le 7 septembre 1918
 
Projet d’instruction sur la reconnaissance et le franchissement des réseaux électrifiés
 
L’ennemi a établi sur le front de l’Armée d’assez nombreux réseaux électrifiés.
Il est nécessaire de familiariser les troupes avec ces défenses spéciales, de leur apprendre à les reconnaître puis de les exercer à les franchir, ce qui peut être fait sans danger à l’aide du matériel de protection approvisionné par le Service Electrique à cet effet.
 
PRINCIPES DU RESEAU ELECTRIFIE – Le réseau électrifié est constitué par une barrière en fil de fer tendu sur piquets en bois sec enduits de matière isolante (brai ou goudron).
Un câble conducteur électrique est relié d’une part au réseau, d’autre part à l’un des pôles d’un alternateur d’une Centrale électrique. L’autre pôle est en communication avec la terre. Il en résulte que si le corps d’un homme vient à toucher simultanément le fil de fer et le sol, il se produit à travers ce corps une dérivation de courant suffisante pour provoquer immédiatement la mort.
 
DE QUOI IL SE COMPOSE – Les caractéristiques habituelles du réseau électrifié ennemi établi entre le Pont d’Aspach et la région du Violu sont les suivantes :
a / un fil tendu à 20 cm de terre le précède généralement. Il n’est pas électrifié mais est destiné à faire trébucher l’assaillant sur le réseau électrifié.
b / le réseau électrifié lui-même a l’aspect d’un réseau normal à deux ou trois rangs de piquets, il est constitué par du fil lisse ou barbelé. Les piquets sont passés au goudron en partie ou en totalité. Quelquefois, il est remplacé par des chevaux de frise du type ordinaire mais à pieds goudronnés.
c / en arrière du réseau, vers la ligne ennemie, un autre fil non électrifié tendu à 1 mètre de terre sert de main courante et protège les travailleurs du contact accidentel du réseau.
 
COMMENT ON RECONNAIT QU’IL EST SOUS TENSION – Cette reconnaissance s’effectue :
a / à distance par écoute téléphonique. Le fonctionnement du réseau électrifié produit dans un récepteur téléphonique intercalé entre deux prises de terre un bourdonnement caractéristique. Selon la sensibilité des appareils utilisés et suivant la distance qui sépare les deux prises de terre, le réseau électrifié peut être entendu à des distances atteignant 10 kilomètres.
b / à la vue, la nuit. Par l’obscurité et surtout par temps humide, des aigrettes lumineuses et des effluves apparaissent aux points d’attache des fils sur les piquets. Ces aigrettes donnent naissance à un grésillement particulier.
 
COMMENT ON LE FRANCHIT –  
I. Si l’on dispose d’artillerie, en détruisant par bombardement soit le réseau lui-même, soit les nœuds importants des canalisations qui l’alimentent. Toutes ces canalisations sont aériennes, leur tracé est en général exactement repéré et les coordonnées des nœuds importants déterminées.  
II. Si l’on désire pour un coup de main supprimer la préparation d’artillerie, en y faisant pratiquer une brèche par cisaillement. Cette opération ne doit en aucun cas être tentée avec du matériel de fortune car elle ne peut aboutir qu’à un échec et entraîner la mort de ceux qui l’auront essayée. Elle peut par contre être réalisée sans danger avec le matériel spécial que l’E.C.M.S. livre dans ce but.
 
Ce matériel comprend :
1° - des cisailles à manche isolé
2° - des gants en caoutchouc
3° - des combinaisons doublement caoutchoutées
4° - des bottes en caoutchouc
 
Chacun de ces éléments est susceptible à lui seul d’assurer une protection efficace.  
Ils sont à demander au Service Electrique dont les représentants à MONTREUX-VIEUX et GERARDMER sont accrédités auprès des C.A. Ils doivent être ménagés car ils sont coûteux et difficiles à approvisionner.  
 
Munie de ce matériel, l’équipe chargée du cisaillement peut opérer sans danger, mais elle doit prendre certaines précautions si l’on veut éviter que la coupure faite au réseau ne soit immédiatement signalée au poste de distribution par les appareils avertisseurs dont sont munis les réseaux ennemis.  
 
Ces précautions font du franchissement d’un réseau électrifié une opération délicate à laquelle il faut être entraîné pour l’exécuter avec succès.
Il y a lieu en conséquence de créer dans chaque D.I. des centres d’instruction où des équipes spécialement choisies par les Corps seront entraînées sur des réseaux d’exercice à l’exécution correcte de la manœuvre de franchissement.
 
Pour l’organisation de ces Centres, le Service Electrique s’entendra avec les Grandes Unités en secteur. Il mettra temporairement à leur disposition des sous-officiers électriciens pour en assurer le fonctionnement.  
 
(Source : SHD 19N1317)
 
NB : le trébuchet évoqué pourrait être à l'origine de la mort du lieutenant Carter, non loin du Linge, en septembre 1918 :
"24 septembre : le lieutenant John Carter, à la tête d’une patrouille de quatre sergents et caporaux de la Company F du 51st Infantry, est électrocuté face au C.R. Noirmont. Partis de leurs lignes à 17 heures 30, le lieutenant et ses accompagnateurs, à l’approche du réseau allemand, aperçoivent deux sentinelles : le lieutenant et un sergent tentent d’aborder l’ennemi par le flanc, mais sont accueillis par deux coups de feu ; le lieutenant Carter s’écroule sur les fils de fer, et le sergent, qui essaie de le saisir aux chevilles et de le tirer à lui, reçoit une violente décharge électrique. Menacée d’encerclement par des Allemands supérieurs en nombre, et dans l’incapacité de recevoir l’aide de renforts, la patrouille américaine est contrainte de prendre la fuite.        
 
5 octobre : le corps du lieutenant Carter est découvert par une patrouille de 14 hommes de la Compagnie H du 51st Infantry commandés par le lieutenant Frank Terrell, dont la mission était de faire des prisonniers. Une fusée éclairante ayant été tirée au cours de leur progression, le corps du lieutenant Carter, pris dans les barbelés, leur est apparu à peu de distance." (extraits de "Des Sammies en Alsace : les Américains autour de Munster en 1918" )
 


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°63380
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 24-03-2009 à 16:12:26  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Je connaissais ce système, mais à la frontière entre la Belgique et la Hollande pour empêcher les passages de clandestins ...
Les passeurs utilisaient alors des chevalets ou des futs en bois...
Cordialement.           J.Claude


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la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°63381
Gilles ROL​AND
Posté le 24-03-2009 à 16:35:39  profilanswer
 

Bonjour,
 
Eric, d’autres rapports ici et
 
Amicalement
 
Gilles [:gilles roland]  


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-Ca sent le macchab, dit Le Moal. -J’te crois, y en a plein par ici. Jean Berthaud « 1915 sur les Hauts-de Meuse en Champagne »  
 
VESTIGES.1914.1918 MAJ le 27 février 2012
n°63382
valier
Posté le 24-03-2009 à 16:41:08  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
J'ai enfin l'explication à cette fiche :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2503/Robert P (Electrocute).jpg
 
Bonne soirée
 
Jacques


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Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°63383
lorrain54
Posté le 24-03-2009 à 16:41:23  profilanswer
 

Bonjour a tous,
tres intéressant, d'après mes souvenirs il semble ce système électrifié a été utilisé au col de la chapelotte,coté Allemand et Français, petite anecdote a vérifier, comme les Allemands utilisaient un voltage supérieur au notre, ils auraient relié leur circuit au notre afin de griller nos générateurs ! l'histoire ne dit pas si cela a fonctionné.
belle soirée, Jean-Louis.


Message édité par lorrain54 le 24-03-2009 à 16:42:34

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Dites le a tous, " Il ne fait pas bon mourir".
n°63384
valier
Posté le 24-03-2009 à 16:50:12  profilanswer
 

L'extrait du JMO rapportant la mort du Ss-Lieutenant Robert :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2503/sans titre1.jpg1..jpg


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Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°63437
Eric Mansu​y
Posté le 26-03-2009 à 10:32:21  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Chose promise, chose due : un cas concret narré par le détail.
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy
 
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Le sergent interprète Boisson Jean et le chasseur Martin Eugène du 64e Chasseurs Alpins à
Monsieur le Chef de Bataillon Voiriot, commandant le dit Bataillon

 
Nous avons l’honneur de vous adresser le présent rapport sur les observations que vous avez bien voulu nous demander. Pour plus de clarté, nous le diviserons en trois parties : faits – déductions – conclusions.
 
Les faits. Les différents et très bons observatoires du s/secteur nous ont permis de constater qu’il y a un gros câble électrique d’une épaisseur de 25 – 30 mm posé sur des trépieds en bois d’une hauteur de 2 m à 2 m 50 environ, au moyen d’isolateurs en porcelaine, visible depuis quinze jours environ à partir du hameau de Roth. Cette organisation de lignes électriques semble comprendre trois lignes distinctes : l’une montant de Roth aux tranchées au-dessus dans la direction générale du Reichacker ; l’autre montant à travers le village (maison d’école, mairie, etc.) jusqu’à la maison en ruines qui se trouve entre le haut du chemin creux de Rospel et le Bois Noir ; le troisième visible jusqu’à la maison en avant de l’usine Strietmühle.
D’après l’observateur d’artillerie de la cote 700, à qui nous avons demandé s’il voyait la ligne plus loin que Roth, « le câble et les trépieds semblent avoir pour origine la fabrique qui est à l’Est de Tieffenbach dans la prairie. Ils semblent finir à Meyerhof. Ils ont été vus pour la 1re fois il y a environ 25 jours. »
D’autre part, l’ennemi a fait depuis trois mois une double ligne de barbelés isolés et en avant de ses défenses accessoires, surtout entre le chemin creux de Rospel et le Bois Noir et en avant de celui-ci. Les piquets de ces barbelés (dont nous avons rapporté un) sont enduits d’huile et goudronnés à la base (on sait que l’huile fait isolant).
 
Déductions. Trois suppositions sont a priori possibles. Cette ligne pourrait servir au téléphone, à l’éclairage, à un courant de haute tension.
Nous ne croyons pas que ces lignes servent au téléphone ou à l’éclairage. En effet il est parfaitement inutile de prendre les multiples précautions que l’ennemi a prises si on veut installer un courant à basse tension. La pose d’un téléphone ne se pratique pas de cette façon et s’allie avec une parfaite invisibilité de la part de l’ennemi. Quant à l’éclairage, il exige deux lignes.
Reste donc l’hypothèse d’un courant à haute tension.
En sa faveur, nous alléguons :
1° que ce gros câble unique avec isolateurs partout est bien celui que l’on utilise pour la transmission d’un courant à haute tension.
2° que les petits trépieds permettent une vérification plus aisée, plus rapide et plus sûre. L’isolement de la ligne est parfait.
3° les piquets huilés auxquels on a attaché les barbelés au moyen de petits fils de fer évitent les pertes franches à la terre qui se produisent avec les pointes cavalières entrant plus profondément dans le bois humide.
4° l’ennemi qui attache une très grande importance à l’invisibilité n’aurait pas installé les lignes si ostensiblement s’il avait pu le faire autrement sans danger pour lui et sans perte de terre.
 
Conclusion. Il nous semble que nous sommes en présence d’un courant alternatif à haute tension. Ce courant n’est pas monophasé mais bien triphasé puisqu’on distingue 3 lignes (direction Reichacker, direction Bois Noir, direction vallée de la Fecht).
Avec un petit outillage, nous croyons pouvoir détruire les effets de l’organisation ennemie.
 
Aux Armées, le 15 février 1916
J. BOISSON – E. MARTIN

 
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Le sergent interprète Boisson Jean et le chasseur Martin Eugène du 64e Chasseurs Alpins à
Monsieur le Chef de Bataillon Voiriot, commandant le dit Bataillon

 
Sujet du rapport : comment on peut empêcher l’ennemi de mettre le courant électrique sur les barbelés du Bois Noir et de Rospel – matériel nécessaire.
 
On empêche l’ennemi de mettre le courant sur ses barbelés en produisant un court-circuit par la terre. Pour cela il faut que nous branchions sur son réseau électrisé un câble que nous conduirons dans nos lignes jusqu’à un interrupteur. Près de là nous ferons une prise de terre très franche. En enclenchant l’interrupteur nous ferons sauter le disjoncteur de la station électrique et l’ennemi ne peut plus rien faire tant que nous laissons notre appareil enclenché.
 
Matériel :  
1° une certaine longueur de câble (400 – 500 m) de 35 mm du plus fort isolement.
2° un interrupteur à plomb fusible.
3° autant que possible un voltmètre (qui fera connaître exactement la force du courant et les heures pendant lesquelles il fonctionne).
4° des isolateurs en porcelaine.
5° de la toile isolante.
6° 1 kg de sel ammoniaque et une plaque de zinc de 50 cm².
7° une paire de gants en caoutchouc.
8° une prise de courant automatique pour brancher directement sur les fils barbelés de l’ennemi.
 
Nous voulons bien assumer comme volontaires la mission très périlleuse de cette installation mais à la condition que nous soyons certains de la bonne qualité de notre matériel. Le mieux, c’est que Martin, qui est chef monteur, l’achète lui-même.
 
Aux Armées, le 18 février 1916
J. BOISSON – E. MARTIN

 
Vu et transmis à M. le Lt-Colonel comt la 4e Brigade de Chasseurs
 
Les 400 à 500 mètres de câble de 35 mm nécessaires à la réalisation du dispositif ci-dessus coûteraient 400 francs environ.  
Avant d’engager cette dépense, il semble que l’on pourrait se contenter d’une centaine de mètres de fil de 20/10 de 600 még. et d’un voltmètre, matériel qui permettrait de déterminer celui des réseaux ennemis qui est électrisé (indication fournie par le chasseur Martin).
Cette opération préalable s’impose d’ailleurs.
La société d’électricité qui emploie le chasseur Martin serait, dit ce dernier, disposée à mettre gratuitement un voltmètre à sa disposition. L’achat de fil de 20/10 n’entraînerait qu’une dépense insignifiante.  
J’ajouterai que le sergent Boisson et le chasseur Martin sont tous deux d’un courage éprouvé et bien connu au Bataillon.

 
19.2.16
VOIRIOT
 
 
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4e Brigade de Chasseurs
N° 1976

 
Transmis. Un rapport complémentaire ci-joint fait connaître le petit outillage nécessaire, soit pour annihiler les effets des courants électriques, soit pour rechercher si les réseaux de fil de fer sont électrisés.
Je demande qu’on nous donne le matériel indispensable pour reconnaître l’électrisation du réseau de fil de fer ennemi. Ce n’est qu’au cas où cette électrisation serait prouvée qu’il y aura lieu de faire le nécessaire pour en détruire les effets.
 
19.2.16
Le Colonel commt la 4e Brigade de Chasseurs
SEGONNE

 
La destruction par l’A.L. des usines de Mühlbach et de Tiefenbach me paraît indiquée, au moins comme mesure préventive.
 
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47e Division  
Arrivé le 19-2-16

 
Proposition très intéressante à faire étudier par les spécialistes de l’électrisation des réseaux qui seuls pourront dire s’il est possible de créer une mise à la terre suffisante pour détruire le courant ennemi. On pourrait en tout cas faire l’expérience demandée par la 4e Brigade qui se ferait à peu de frais.
 
Q.G., le 24/2/1916
de Pouydraguin

 
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Avis du Lieutenant cdt le Détachement Télégraphique de la 47e Division
 
Les déductions du sergent Boisson et du chasseur Martin paraissent exactes. Le dispositif qu’ils proposent aurait bien en effet pour conséquence de faire sauter les disjoncteurs de l’usine ennemie, mais il n’est pas certain que cela interrompe le courant. L’ennemi peut en effet avoir des limiteurs d’intensité supplémentaires pour protéger ses appareils et caler ses disjoncteurs.
En tout cas, étant donné que les réseaux électrisés sont divisés en secteurs indépendants, l’ennemi localiserait rapidement la mise à la terre et mettrait le secteur correspondant hors circuit. L’expérience peut toujours être tentée avec du fil de cuivre de 25/10 qui ne donnerait pas une trop grande dépense ; je peux d’ailleurs fournir de ce fil.  
Il y aurait peut-être lieu de transmettre ces rapports à un spécialiste pour voir s’il ne serait pas intéressant de tenter de telles expériences sur une plus grande échelle afin d’atteindre à la fois plusieurs secteurs du réseau ennemi.
 
Au Q.G., le 22-2-16
 
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VIIe ARMEE
Commandant du Génie
N°7.341

 
Avis du Général commandant le Génie de la VIIe Armée au sujet du rapport du sergent interprète BOISSON et du chasseur MARTIN au sujet d’observations sur une ligne électrique dans la région de Mühlbach
 
D’après les descriptions données dans le rapport du sergent Boisson et du chasseur Martin, il semble très vraisemblable que l’on soit en présence d’une installation de réseaux électrifiés.
Il y aurait donc lieu à mon avis :
1° de s’assurer que l’on est bien en présence d’une semblable organisation (soit à l’aide d’écouteurs téléphoniques, soit à l’aide d’un voltmètre).
2° si l’hypothèse est vérifiée, d’installer au Reichacker un poste d’observation semblable à celui qui avait été installé à l’H.W.K.
 
Dans ces conditions, il serait nécessaire d’adjoindre, au moins momentanément, pour faire l’étude et procéder à l’installation d’un poste, s’il y a lieu, au sergent Boisson et au chasseur Martin, des électriciens ayant reçu à Satory une instruction spéciale.
L’on pourrait donc faire rentrer le sergent Penin et le sapeur Felser * actuellement à la 66e Division et après leur avoir remis les appareils de mesure que nous possédons ici, les diriger sur la 47e Division où ils seraient mis à la disposition du commandant du Génie divisionnaire.
 
Le sergent Penin et le sapeur Felser avaient été précisément demandés par l’Armée à la S.T.G. pour faire le travail qu’ils auraient à faire au Reichackerkopf.
 
Q.G., le 2 mars 1916    
 
(source : SHD 19N1290)
 
* le nom de Marcel Felser ne doit pas être inconnu pour beaucoup d’entre vous :
http://www.pedagogie.ac-nantes.fr/ [...] 0251533531  


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°63447
verdun69
Posté le 26-03-2009 à 18:54:17  profilanswer
 

Bonsoir ERIC,
Toujours très intéressant, les sujets que vous nous proposez.  
 
MICHEL


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MICHEL
n°63448
Eric Mansu​y
Posté le 26-03-2009 à 19:16:24  profilanswer
 

Bonsoir Michel,
 
Merci, je vais donc continuer, puisqu'il me reste encore des éléments sous la main !  ;)  
 
Bien sincèrement,
Eric


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°63540
Eric Mansu​y
Posté le 28-03-2009 à 14:07:35  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Comme promis, encore un peu de lecture.
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy
 
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VIIe ARMEE
COMMANDEMENT DU GENIE

 
Q.G.A., le 4 septembre 1915
 
L’Ingénieur Principal du Génie Maritime GOT
à Monsieur le Général de Division DE MAUD’HUY commandant la VIIe Armée

 
Mon Général,
 
Sans attendre l’achèvement de la mission dont vous m’avez chargé et pour gagner du temps dans l’exécution, j’ai l’honneur de vous soumettre les propositions suivantes, en ce qui concerne l’emploi des défenses électrisées sur certains points de la 105e et de la 41e Divisions.
Plusieurs positions pourraient avantageusement être renforcées par des défenses électrisées.
 
105e DIVISION
 
Dans la 105e Division, la plus intéressante est celle du S.E. de SEPPOIS entre les LARGUE et au nord de la LARGUE orientale. On y emploierait comme défense des chevaux de frise sur les lisières des bois devant les tranchées, et des fils et treillages attachés sur les arbres à l’intérieur du bois qui borde la rive gauche de la LARGUE orientale. Le développement de cette défense serait d’environ 1 kilomètre ; elle comprendrait 4 secteurs électrisables séparément.
L’appareil qui conviendrait le mieux pour électriser ce front serait l’appareil N°3 de la Section Technique du Génie.
Cet appareil, très peu encombrant, pourrait être installé dans un abri facile à organiser près de la traversée de SEPPOIS par la voie ferrée, qu’on le place soit dans le talus de celle-ci, soit dans une maison du village. Le fonctionnement serait assuré par une équipe de 7 sapeurs mécaniciens et électriciens fournis également par la Section Technique, comme personnel en surnombre, à la Compagnie du Génie 28/4.      
D’autres installations étant d’ailleurs à prévoir, soit à la 105e soit à la 57e Division, il y aurait intérêt à affecter au Commandement du Génie de la Région Fortifiée de Belfort l’un des sous-lieutenants du Génie formés par la Section Technique : cet officier serait chargé de la surveillance des installations faites et de la préparation des nouvelles.
 
41e DIVISION
 
Dans la 41e Division, la position la plus indiquée est celle à l’Est de LA FONTENELLE, jalonnée par la lisière orientale inférieure du Bois en Y, le Bois MERMOD, le Bois 35, le Bois BURELLE, le Point M, les avancées dans LAUNOIS et le Battant de BOURRAS. Les défenses seraient constituées principalement par des chevaux de frise et leur développement atteindrait 3 kilomètres ; elles seraient divisées en 13 secteurs électrisables individuellement à la volonté du Commandement.
La source d’électricité serait l’appareil N°3 de la Section Technique (groupe automobile de 10 kilowatts). Il serait facile à défiler dans un abri en rondins, soit, comme l’auto-projecteur, dans les ruines de LA FONTENELLE, soit dans la région de LA VERCOSTE. Le fonctionnement serait assuré par une équipe de la Section Technique, comprenant 13 sapeurs et gradés et dirigée par un sous-lieutenant. Ce personnel serait versé en surnombre à la Cie du Génie 7/2. Il y aurait intérêt à affecter ce sous-lieutenant au Commandement du Génie de l’Armée (comme cela a été fait ou prévu dans d’autres armées), en vue des études de nouvelles installations.
L’envoi d’une automobile dans la 57e Division donnerait d’ailleurs la faculté d’organiser la défense électrique sur plusieurs positions ou porterait, au moment voulu, l’automobile sur le point menacé, dont les défenses pourraient ainsi être sous tension très rapidement.
 
Vu et transmis avec avis conforme. Il y aurait lieu pour réaliser les installations proposées par Monsieur l’Ingénieur principal GOT de demander au G.Q.G. que des ordres soient donnés pour l’envoi dans le plus bref délai possible à la VIIe Armée du personnel et du matériel prévu au rapport ci-dessus.
 
Q.G.A., le 4 septembre 1915
Le Lt-Colonel commandant p.i. le Génie de l’Armée

 
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VIIe ARMEE
COMMANDEMENT DU GENIE

 
Q.G.A., le 8 septembre 1915
 
L’Ingénieur Principal du Génie Maritime GOT de la Section Technique du Génie
à Monsieur le Général de Division DE MAUD’HUY commandant la VIIe Armée

 
Mon Général,
 
Comme suite à mon précédent rapport du 4 septembre, j’ai l’honneur de vous soumettre de nouvelles propositions relatives à l’emploi des défenses électrisées sur d’autres points du front de votre armée et de vous rendre compte de ma mission à l’HARTMANNSWILLERKOPF au sujet des défenses électrisées par l’ennemi.
 
105e DIVISION
 
Indépendamment de la région entre LARGUE pour laquelle une installation est déjà décidée, il y aurait intérêt à installer une défense électrique au N.O. de CARSPACH dans les régions de LERSCHÖNHOLZ et du bois carré à la Cote 307 : le développement total serait d’environ 1 kilomètre ; il faudrait employer 3 appareils N°1 de la Section Technique, desservis par une même voiturette électrogène.
 
57e DIVISION
 
Tout le saillant de notre ligne face à AMMERTZWILLER, ainsi que la partie S.E. du bois de MICHELBACH (3 saillants et 1 courtine) pourraient recevoir une défense électrisée de 500 mètres de développement pour chaque installation : il faudrait encore 3 appareils N°1 et une voiturette électrogène.
L’étude de détail et les préparatifs d’exécution des installations précédentes seraient faits par l’officier qui sera détaché au Commandement du Génie de la R.F.B. une fois qu’il aura achevé celle de l’entre LARGUE.
 
66e DIVISION
La position du SUDEL gagnerait à être protégée par des défenses électriques contre les attaques de flanc, les défenses installées dans les courtines feraient environ 1 kilomètre de développement ; il faudrait un appareil N°2.
La partie du front au N.O. de l’HARTMANNSWILLERKOPF pourrait aussi recevoir une défense électrique d’un développement analogue, mais présente un caractère d’urgence moindre.
 
47e DIVISION
 
Les positions du LINGE, de la TÊTE de FAUX et du REICHACKERKOPF ont été signalées par la Division comme les plus intéressantes.
Au LINGE ce sont les courtines entre le BARRENKOPF et les carrières du SCHRATZMÄNNELE, dans le ravin du LINGE et celui de LOMBERG, ainsi que le pourtour de l’éperon qui les sépare, qu’il y aurait lieu de protéger. Le développement des défenses atteindrait environ 3 kilomètres et l’appareil à employer serait le N°3 (automobile), il serait amené de nuit et laissé à une distance suffisante des lignes pour que le bruit n’attire pas l’attention.
L’installation du REICHACKERKOPF présente de grandes difficultés d’exécution et une efficacité douteuse avec les appareils de puissance limitée dont nous disposons. Celle de la TÊTE de FAUX est réalisable mais moins vite que celle du LINGE : elle aurait un développement de 1.000 à 1.500 mètres.
 
La section technique du génie aurait besoin pour faire les avant-projets des installations des 66e et 47e Divisions d’avoir, comme pour les autres, les levées des positions au 1/10.000e et au 1/5.000e (avec indication des contours apparents des lignes françaises et allemandes, des postes de commandement de compagnies et de sous-secteurs, des principaux boyaux d’accès et de la topographie générale).
Les études de détail et les préparatifs d’exécution seraient faits par l’officier qui sera détaché au Commandement du Génie de l’Armée pour l’installation de LA FONTENELLE et, au besoin, par un second officier au moment du passage à l’exécution.
Il y aurait certainement intérêt à utiliser les sources d’énergie électrique de la région (NANCY, RONCHAMP) pour pouvoir donner une plus grande extension à la défense électrique. Il suffirait pour cela de désigner un officier ayant la pratique des grandes entreprises d’électricité, il s’en trouve très probablement dans l’armée. Une organisation analogue existe dans le D.A.L.
 
Emploi des défenses électrisées par les Allemands dans la région de l’HARTMANNSWILLERKOPF
 
D’après les renseignements qui m’ont été donnés au cours de ma reconnaissance, ces défenses s’étendent sur un front de plusieurs kilomètres, ce qui fait supposer qu’elles sont alimentées par une usine puissante.
Les défenses employées sont les mêmes que les nôtres : fils de fer attachés autour des arbres, chevaux de frise ; la fabrication de ces derniers est très simple avec les matériaux qu’on trouve sur place, les croisillons étant faits avec des planches, goudronnées pour augmenter l’isolement.
Il y a intérêt à être renseigné le plus exactement possible sur le voltage et la puissance de courant employé par les Allemands : dans ce but, la Section Technique du Génie a envoyé des appareils de mesure, que j’ai laissés à l’HARTMANNSWILLERKOPF avec un sapeur électricien.
 
GOT
 
Vu et transmis.  
Les dispositions sont prises pour poursuivre la réalisation de l’électrification en avant de SEPPOIS et de LA FONTENELLE. Il paraît prudent d’attendre les résultats qui seront obtenus ainsi avant d’entreprendre de nouvelles installations.
Quant aux cartes au 1/10.000 et au 1/5.000 demandées, il y aurait lieu de prier le Service de Canevas de Tir de les adresser à la Section Technique du Génie.

 
Q.G.A., le 9 septembre 1915
Le Général ARNOUX commandant le Génie de la VIIe Armée

 
(source : SHD 19N1288)          


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°63541
humanbonb
Posté le 28-03-2009 à 15:03:54  profilanswer
 

Bonjour,
Avez vous déjà entendu parler de réseau électrifié pour les villages de Flirey et Saint Baussant ?
 
Merci bien.
Cordialement Julien.

n°63562
steinbach ​frederic
Posté le 28-03-2009 à 22:38:35  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous,
Il y a effectivement sur les canevas de tir présence d'un réseau électrifié au niveau de Flirey pour le secteur compris entre les entonnoirs de mines et Mortmare (devant la plantation Humbert). En revanche aucune mention de cette présence décrite dans les textes de ma connaissance.
Bien cordialement.
Frédéric Steinbach

n°63570
humanbonb
Posté le 29-03-2009 à 11:53:14  profilanswer
 

Merci à toi Frédéric pour cette "confirmation".
 
Bonne journée.
Cordialement Julien.

n°63626
Eric Mansu​y
Posté le 31-03-2009 à 11:34:34  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
C'est reparti...
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy
 
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34e C.A.
Etat-Major
3e Bureau
N°1482/3 Sop
S.P. 42
 
Q.G., le 19 septembre 1916
 
Compte-rendu au sujet des réseaux électrifiés

(exécution des prescriptions de la lettre 5223/3 Sop du 11 septembre)
 
L’expérience des réseaux électrifiés qui a été faite à l’Entre-Largues ne permet pas de tirer des conclusions absolues sur leur efficacité. Le bombardement qui a précédé les attaques du 13 février avait bouleversé le réseau ; toutefois, dans la nuit du 12 au 13, il semble qu’il soit resté encore assez de courant pour arrêter les reconnaissances ennemies. Mais le bombardement du 13 ayant non seulement continué la désorganisation du réseau, mais endommagé la source d’énergie, le réseau n’a pas fonctionné.
 
Il semble donc qu’on puisse tirer de cette expérience les conclusions suivantes :
1°) pour faciliter la surveillance en 1re ligne et pour déjouer les tentatives des patrouilles ennemies, le réseau électrifié présente des avantages certains, mais ces avantages sont compensés :
1/ par le prix de revient, car il faut faire marcher le courant toutes les nuits ;
2/ par l’impossibilité ou, du moins, la complication de faire sortir nos patrouilles et, par suite, la passivité qui en résulte dans le système de surveillance.
Comme il faut toujours compter sur l’obus malheureux qui atteint la source d’énergie électrique ou le fil adducteur, il peut se faire que la protection matérielle ne fonctionne plus le jour où elle est utile et, comme le système de surveillance n’est pas monté, il peut en résulter des surprises fâcheuses. En somme, avantages balancés par les inconvénients.
 
2°) comme réseau d’arrêt en 1re ligne, la question est jugée ; le réseau ne tient pas devant le bombardement précédant une attaque sérieuse, ou même un coup de main bien appuyé par le canon.
 
3°) comme réseau d’arrêt en 2e ligne, le rendement est plus certain, puisque les chances de destruction diminuent si le réseau est bien dissimulé. Mais la difficulté, dans ce cas, résulte de la barrière infranchissable qu’il constitue pour tous les mouvements de troupe , aussi bien troupes de renfort ou de contre-attaque que troupes qui se replient, s’il n’a pas été prévu tout un système de communications souterraines pour échapper au contact du réseau.  
De plus, là encore, il faut compter sur l’interruption possible des communications téléphoniques et des fils conducteurs.
 
En somme, sauf peut-être en 2e ligne, il ne paraît pas utile de développer ce procédé de défense dont le rendement ne justifie pas le prix considérable.
 
Le général cdt le 34e Corps
DEMANGE

 
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VIIe Armée
76e Division
Génie
Secteur Postal 123
N°17 E
 
Au Q.G., le 16 septembre 1916
 
Le Chef de Bataillon de LAVENNE, commandant le Génie de la 76e Division
à Monsieur le Général commandant le Génie de la VIIe Armée
s/c de Monsieur le Général commandant la 76e Division

 
J’ai l’honneur de vous rendre compte que le Colonel commandant la 89e Brigade a posé la question de savoir si le courant pourrait être mis sans discontinuité sur les réseaux électrifiés.  
Bien que l’esprit des consignes paraisse admettre un fonctionnement discontinu, il convient de reconnaître que nulle part, la durée du fonctionnement n’est limitée explicitement. Par suite si l’on s’en tient à la lettre même des consignes, il n’y a pas d’opposition réglementaire à ce qu’il soit donné satisfaction au commandant de la 89e Brigade.
Il convient cependant de remarquer qu’un fonctionnement sans arrêt entraînerait, en outre d’un accroissement considérable de la dépense, une usure rapide de l’appareillage et notamment des commutateurs qui n’ont peut-être pas toute la robustesse désirable.
Dans le cas où un tel mode de fonctionnement serait admis, je demanderais en conséquence qu’un commutateur de rechange me soit donné par paire de commutateurs en service.
 
de LAVENNE
 
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VIIe Armée
76e Division
Etat-Major
3e Bureau
N°261/3
 
Secteur Postal 123
Q.G., le 17 septembre 1916
 
Le Général de Vassart, commandant la 76e Division d’Infanterie  
à Monsieur le Général commandant la VIIe Armée

 
En vous transmettant le compte-rendu ci-joint du commandant du Génie de la 76e Division au Général commandant le Génie de la VIIe Armée, j’ai l’honneur de vous rendre compte qu’au cas où le courant serait mis d’une façon permanente sur les réseaux électrifiés du secteur de la PLAINE, il me serait possible de faire une économie de forces sur les troupes en première ligne et par suite de retirer de cette partie du front un bataillon territorial.
 
Ce bataillon servirait à assurer, dans les conditions fixées par votre lettre N° 5090/3 S.OP. du 21 août 1916, la relève des unités territoriales en ligne dans le secteur de la 89e Brigade, relève qui n’est plus assurée actuellement depuis le retrait d’un 2e bataillon actif en réserve d’Armée remplacé sur le front par le bataillon territorial qui était en réserve d’Armée.
L’électrification permanente des réseaux du secteur de la PLAINE présente donc un intérêt majeur dans les conditions actuelles.
 
de VASSART  
 
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7e Armée
132e Brigade Mixte
Etat-Major
3e Bureau
N°242/3 SOP
 
Objet : au sujet des réseaux électrifiés
 
Le 18 septembre 1916
 
Le Colonel Hatton, commandant la 132e Brigade Mixte
à Monsieur le Général commandant la VIIe Armée, Remiremont

 
En exécution des prescriptions de la note de service N°5223/3 SOP du 11 septembre 1916, j’ai l’honneur de vous soumettre les considérations suivantes relatives à l’emploi des réseaux électrifiés.
La 132e Brigade n’a eu qu’une occasion (à Hermanpère) d’apprécier les services qu’était susceptible de rendre un réseau électrifié placé dans les défenses accessoires. Les expériences n’ont pas été heureuses.
Le réseau électrifié n’a jamais rendu aucun service contrôlé.
En outre des considérations purement techniques qui permettent de discuter son efficacité (1° - insuffisance de la source d’énergie, aggravée par les trop importantes pertes en ligne. 2° - difficulté dans un tel système de maintenir un isolement suffisant. 3° - nombreuses chances de court-circuit par le rapprochement des réseaux alimentés par deux phases différentes. 4° - phénomènes d’induction dont sont le siège sous les conducteurs métalliques voisins, phénomènes décelant aux Allemands la présence du système), ce réseau se condamne par son installation et par son exploitation.
 
Son installation. Amenées de courant aériennes, moyens de commande (téléphone) insuffisants. Le moindre bombardement rompt téléphone ou câble conducteur, souvent les deux. L’intervention du système, pour arrêter une attaque ou un coup de main, appuyés par du canon, est nulle.
 
Son exploitation. Le courant n’est envoyé que sur demande, toujours trop tard parce que trop d’intermédiaires (il serait facile de remédier à cet état de choses) ; la sentinelle placée dans le secteur défendu par le réseau électrifié devrait obtenir l’envoi du courant sur un simple signal direct à la source d’énergie (signaleur de 24 commandé par la sentinelle et vu par le guetteur de la génératrice).
L’ensemble du réseau n’était essayé qu’une fois par jour, l’essai permettait de vérifier les câbles d’amenée mais non le réseau de défense lui-même, des coupures pouvant échapper. Les conducteurs, lorsqu’ils ne sont pas en charge, devraient être utilisés pour les communications téléphoniques ; leur vérification en serait ainsi permanente. Les emplacements des réseaux électrifiés devraient être choisis de façon à permettre des visites fréquentes.
 
Il est exagéré de conclure du particulier au général. Il y a peut-être quelques transformations d’ordre technique à apporter dans la construction et l’établissement des réseaux électrifiés pour les rendre pratiques. Mais en résumé, l’unique expérience que nous en avons faite n’a donné que des résultats négatifs.
 
HATTON
 
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VIIe Armée
Commandement du Génie
N°9226
 
Communication n°5262/3 S.OP. en date du 18 septembre 1916 du Général commandant la VIIe Armée
 
Q.G., le 22 septembre 1916
 
Avis du Général ARNOUX, commandant le Génie de la VIIe Armée

 
Deux points de vue sont à envisager :
1° - Partie technique.
Théoriquement, le courant peut, dans les installations qui, comme celles de la vallée de la Plaine, sont desservies par des transformateurs, être mis d’une façon permanente sur les réseaux.
Pratiquement, dans l’état actuel de leur construction et quoiqu’ils soient livrés comme devant pouvoir fonctionner un temps illimité, je ne crois pas que l’on puisse compter sur un fonctionnement parfait des commutateurs tournants après quelques heures de marche sans arrêts. Au bout d’un certain temps en effet (par 2 fois déjà l’accident s’est produit à Gemainfaing) il se forme dans le bac d’huile des vapeurs dues à la carburation de cette huile, ces vapeurs s’enflamment et détériorent l’appareil.  
Je fais essayer en ce moment sur les appareils en service à la 76e D.I. une modification qui permettrait à la fois une meilleure aération des bacs d’huile et le remplacement facile de cette huile.
Tant que ces essais n’auront pas abouti, il me paraît prudent de ne pas imposer un service continu aux commutateurs.
 
2° - Surveillance des tranchées.
La Note N°4309 du 7 mai 1916 de M. le Général Commandant en Chef dit que l’efficacité des réseaux électrifiés ne peut être réelle que s’ils agissent par surprise. Or, il est très certain que la présence d’un réseau constamment sous tension sera vite reconnue par l’ennemi qui prendra pour l’aborder les précautions de nature à annihiler ou tout au moins à diminuer dans une large mesure ses effets meurtriers.
La surveillance du réseau, dans ces conditions, n’en nécessiterait pas moins de monde que celle d’un réseau ordinaire et le but recherché par le Général commandant la 76e Division ne serait pas atteint.
En résumé, quand bien même il serait possible pratiquement de mettre d’une façon continue sous tension les réseaux électrifiés, l’adoption de cette mesure me paraîtrait devoir être rejetée comme constituant un emploi peu judicieux de ce genre de défense.
 
ARNOUX  
 
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VIIe Armée
76e Division
Etat-Major
3e Bureau
N°299/3
 
Q.G., Secteur Postal 123, le 24 septembre 1916
 
Compte-rendu relatif au fonctionnement et à l’efficacité des réseaux électrifiés

 
L’électrification de nos réseaux de fils de fer est actuellement réalisée :
1°) dans la vallée de la PLAINE au N.E. de CELLES
2°) à la Cote 633 (LA HALTE) 1500 m. S.E. de CELLES
3°) sur le front GEMAINFAING – HERMANPERE
 
Sur cette dernière partie de notre front, les tentatives faites par les patrouilles ennemies ainsi qu’une attaque ennemie appuyée par le canon ont permis de tirer des enseignements précis quant à l’efficacité à attendre de l’électrification des réseaux.
 
A. Efficacité pour interdire l’accès de nos tranchées aux patrouilles ennemies.
Les réseaux électrifiés étaient placés en première ligne sur le front GEMAINFAING – HERMANPERE à l’époque où des patrouilles ennemies ont fait des tentatives pour pénétrer dans nos tranchées. Plusieurs fois, les Allemands ont réussi à franchir le réseau électrifié en le cisaillant. Les patrouilleurs ennemis étaient outillés et gantés de façon à pouvoir sans danger s’ouvrir un passage. Ce fait a été confirmé par l’examen de patrouilleurs ennemis tués devant GEMAINFAING ainsi que par des cisailles à manches isolants abandonnées par l’ennemi dans une tentative exécutée en mai sur un des postes avancées de GEMAINFAING.
Il faut d’ailleurs ajouter que l’existence de notre réseau électrifié, exposé aux vues de l’ennemi, devait être très probablement connue de lui.
 
B. Efficacité pour arrêter une attaque ou un coup de main appuyé par le canon.
Le même réseau – GEMAINFAING – HERMANPERE – a donné lieu à des enseignements très précis en ce qui concerne l’efficacité pour arrêter une attaque appuyée par le canon.
Le 21 juillet à 20 h. 15, l’ennemi déclenchait un violent bombardement sur notre avancée d’HERMANPERE, avancée protégée en première ligne par un réseau continu électrifiable (chevaux de frise).
Dès 20 h. 30, dans la crainte d’une attaque, le courant était lancé.
Dès le début du bombardement, la destruction des chevaux de frise et leur mise à la terre abaissaient dans de fortes proportions la tension utile. Le bombardement se prolongeant, le câble d’amenée au commutateur d’HERMANPERE était à son tour coupé, provoquant par sa mise à la terre de profondes perturbations dans les communications téléphoniques.
Le commandant du sous-secteur donnait l’ordre, à 23 h. 15, de couper le courant de l’alternateur.  
En résumé, le réseau n’avait été d’aucune utilité.
 
Il résulte de ces différentes expériences qu’un réseau non dérobé aux vues de l’ennemi et partant susceptible d’être détruit ne constitue qu’un moyen de défense des plus aléatoires, tant pour interdire l’accès de nos tranchées aux patrouilles ennemies que pour arrêter une attaque appuyée par le canon.
Des défenses accessoires électrifiables, comme le prévoit la Note N°4309 du 7 mai du Général Commandant en Chef, ne doivent pas être placées, en principe, en première ligne (du moins dans les terrains découverts). Elles doivent être placées de préférence à contre-pente, les câbles d’amenée doivent être enterrés.
Cette organisation nouvelle a été réalisée, pour un nouveau réseau, sur le front GEMAINFAING – HERMANPERE.
 
En résumé, il ressort nettement de l’expérience acquise que l’emploi des réseaux électrifiés doit être exceptionnelle dans les terrains découverts.
Par contre, sous bois, de telles défenses sont susceptibles de rendre de sérieux services surtout si elles sont elles-mêmes enveloppées dans un réseau de défenses accessoires ordinaires.  
Une coupure des défenses proprement dites, soit des câbles d’amenée, étant toujours possible, une liaison étroite doit exister entre le commandant de la troupe d’infanterie et le gradé du Génie chargé de la surveillance de la tension du courant des réseaux.
Dans ce cas, le commandant de la troupe d’infanterie doit aussitôt faire occuper les parties de tranchées situées en arrière de la brèche signalée dans l’électrification des réseaux.
 
Le général commandant la 76e Division
de VASSART

 
(source : SHD 19N1353)


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°63662
Eric Mansu​y
Posté le 01-04-2009 à 16:34:41  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Deux brefs ajouts. Bonne lecture !
Bien cordialement,
Eric Mansuy
 
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52e DIVISION D’INFANTERIE
ETAT-MAJOR
S.P. 99
N°270/3
 
Exécution des prescriptions de la N. N°5223/3 S.op. du 11 septembre 1916 de la VIIe Armée
 
Q.G., le 24 septembre 1916
 
Le Général Boyer SIBEN provisoirement commandant la 52e Division d’Infanterie
à Monsieur le Général cdt la VIIe Armée

 
Objet : réseaux électrifiés
 
La 52e D.I. n’a aucun réseau électrifié sur son front actuel, mais de l’expérience acquise dans le secteur de REIMS où se trouvaient de tels réseaux, il résulte :
 
Le réseau électrifié représente une défense très efficace dans les secteurs relativement calmes et spécialement quand ils sont défilés aux vues de l’ennemi.
 
Il faut que les dégâts causés par les bombardements puissent être rapidement réparés sinon la dépense d’électricité par perte à la terre devient très importante en même temps que la valeur défensive du réseau diminue au point de ne pas valoir plus qu’un réseau ordinaire.
 
Ils offrent aussi l’avantage d’augmenter la sécurité morale de la troupe qui, en même temps, n’a besoin que d’un petit nombre de guetteurs pour en assurer la surveillance.
 
Les avantages du réseau électrifié disparaissent dès que l’on envisage le cas d’un coup de main appuyé par le canon. En plus de la brèche, la rupture du réseau amène une déperdition de force dans les environs du point coupé, en sorte que le voltage n’est plus suffisant pour causer des accidents mortels.  
 
Il semble donc qu’une installation électrique est à rejeter pour les points de friction, mais qu’elle peut rendre beaucoup de services dans des secteurs plus calmes, où les tranchées ennemies sont éloignées des nôtres.
 
(source : SHD 19N1353)
 
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62e D.I.
Cavalerie Divisionnaire
 
Aux Armées, le 7 juillet 1918
 
Rapport du capitaine d’HALLOY commandant provisoirement le Groupe 1/2 du 10e Dragons sur le réseau électrifié ennemi de la vallée de la Fave et son cisaillement

 
1° - Le réseau FRAPELLE – BEULAY est constitué sur la presque totalité de son parcours par 3 rangées de piquets de bois passés au goudron-brai du haut en bas ; quelques piquets de bois assez rares ont perdu une partie de leur isolant et cependant l’isolement reste suffisant puisqu’il n’y a pas traces de brûlures sur le bois.
 
2° - Les fils ne sont pas cloués sur les piquets, mais simplement tournés autour des piquets .
 
3° - Le réseau est entièrement fait en barbelé de fort calibre, le plus fort dans le haut.
 
Durant le cisaillement, il est prudent de ne pas tenir les fils barbelés avec les gants de caoutchouc qui seraient rapidement hors d’usage, d’où accident à craindre par contact du fil avec la main ; or les cisailles ingénieusement transformées en pinces par le Génie n’ont pas une ouverture des becs assez grande pour ce gros barbelé.
 
Il faut également éviter le bruit du cisaillement, pour cela en principe ne pas sectionner entièrement le fil et achever de le casser à la main ; or on ne peut faire cette manœuvre du barbelé électrifié avec la main gantée de caoutchouc et comme ci-dessus les pinces n’existent pas pour remplacer la main.
D’où bruit de cisaillement, résonance du fil qui se détend brusquement. Il en résulte également des secousses dans la partie du réseau voisine du point travaillé ; l’effet est le suivant : augmentation très grande du nombre des aigrettes lumineuses par contact avec les herbes non encore brûlées dans la position normale du fil, inflammation de ces herbes même vertes d’où illumination intempestive, qui peut attirer l’attention des guetteurs surtout si le temps est calme et si le fait se reproduit plusieurs fois de suite au même point pour chaque fil coupé.  
 
4° - Il n’existe pas devant ce réseau vers nos lignes de fil de fer tendu faisant fonction de trébuchet : constatation faite au saillant de FRAPELLE et entre FRAPELLE et BEULAY.
 
5° - Le câble qui amène le courant est gros comme le pouce et est à 0,60 du sol, fait très gênant pour son franchissement rapide par une patrouille.
 
6° - La patrouille a précisément trouvé en B (croquis joint au compte-rendu de la patrouille) un câble se ramifiant vers la droite et vers la gauche sur le réseau et qui semble venir directement des maisons M, il se pourrait donc qu’il existe en M un poste de distribution pour une certaine section du réseau.
 
En résumé :  
a/ réseau identiquement semblable à un réseau ordinaire si le courant, qui est lancé de façon discontinue, parfois ne permet pas de voir des aigrettes, d’où cause de danger.
b/ outillage à améliorer. Enfin le cisaillement d’un réseau électrifié peut entraîner plus de causes de blessures pour l’équipe que celui d’un réseau ordinaire par le seul fait que les 5 hommes nécessaires sont serrés l’un contre l’autre, debout, offrant donc une cible facile et qu’ils ne peuvent se baisser brusquement à l’ouverture du feu sans risquer de laisser toucher terre à un fil, ce qu’il faut éviter.
 
Par contre, un tel réseau paraît très efficace pour la défense et avec un peu d’entretien, à en juger par la vétusté de ce réseau allemand qui semble n’avoir pas été souvent cisaillé.
 
Signé : d’HALLOY
 
Observations fort intéressantes
Signé : illisible
 
Opération bien menée
Signé : illisible
 
(source : SHD 19N1317)


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°63777
le begue
Essayons
Posté le 04-04-2009 à 14:18:44  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Bonjour Eric,
J'ai lu avec beaucoup d'attention cet excellent dossier. Je n'ai pu m'empêcher de comparer les différents compte-rendus avec ceux, beaucoup plus récents, des barrages électrifiés en Algérie, soit les lignes Morice et Challes à l'est, soit le barrage ouest, sur la frontière algéro-marocaine.
A lire les difficultés rencontrées dès 1956 (début de la bataille dite "des frontières" ), j'ose à peine imaginer les difficultés que durent surmonter nos soldats pour "tendre la toile"...
Il est vrai que les comparaisons ne peuvent être réalisées que sur le seul aspect technique. Côté stratégique, c'est impossible, les données sont par trop différentes.
Il est vrai également que pendant cette Première Guerre Mondiale, on fit feu de tout bois, si vous me permettez cette expression.
Je n'ai pas encore lu de JMO Génie parlant de ce type d'obstacle, ni de camp spécialisé ou de stage sur l'électrification du champ de bataille. Savez vous si cela a été pratiqué sur d'autres parties du front ?
Amicalement,
Louis.

n°64093
Eric Mansu​y
Posté le 17-04-2009 à 11:58:53  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Bonjour Louis,
 
Encore une petite suite...
 
Amicalement,
Eric  
 
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VIIe Armée
Commandement du Génie
 
Q.G., le 17 septembre 1917
 
Reconnaissance des réseaux électrifiés allemands sur le front de la VIIe Armée

 
Cette reconnaissance a été poursuivie depuis plusieurs mois de façon très méthodique par un spécialiste (caporal FELSER de la Compagnie EL-7) qui est parvenu à déterminer assez exactement l’ensemble et le détail de l’organisation ennemie.  
Le réseau allemand est électrifié sans discontinuité importante depuis le Sud de Thann jusqu’au Linge sauf aux points de friction Hartmann et Reichacker où après des essais infructueux il a été abandonné par l’ennemi.
Il est sauf de rares exceptions placé en 1re ligne et est électrifié en permanence.
Le courant utilisé est le courant alternatif triphasé des usines de la plaine d’Alsace (Colmar et Mulhouse).
Le réseau d’alimentation – lignes industrielles aériennes de transport de force en arrière du front, câble armé posé sur le sol dans le voisinage des lignes a été relevé avec une précision suffisante.
On pourrait donc essayer si l’on voulait franchir le réseau de l’annihiler momentanément en détruisant les canalisations aériennes à l’arrière du front ennemi, et en isolant ainsi le réseau des sources d’énergie qui l’alimentent.  
Le relevé des lignes est communiqué au Canevas de Tir pour être porté sur les plans directeurs.
 
(source : SHD 19N1350)


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°64114
le begue
Essayons
Posté le 18-04-2009 à 00:53:28  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Bonsoir Eric,
Merci pour ce complément d'information.
La fourniture et le transport d'énergie qui sont ici décrits me rappellent une étude réalisée au 3eme trimestre 1917 (de mémoire...).
Le ratio "puissance électrique / kilomètre de front" est de 1 à 8 en faveur des forces allemandes. Le secteur étudié allait de Rethel à Reims, l'usine étant à Charleville.
Je n'ai pas trouvé d'information sur une quelconque répartition "soutien vie courante - barrage électrifié".  
Si vos pérégrinations vous mènent par là, peut-être qu'une lecture plus attentive des dossiers pourraient faire apparaître de nouveaux éléments.
Le problème est que les cartons les plus intéressants sont, hélas, inaccessibles...
Pour être plus précis, pour quelqu'un comme moi. On m'a laissé entrevoir une seule fois "l'entrepôt à caviar"...Mais il faudrait au moins une année complète à une équipe de 3 ou 4 pour réaliser les notices qui s'imposent...
Merci encore de vos communications,
Amicalement,
Louis.

n°90965
treizecinq
Posté le 07-12-2011 à 23:24:29  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
si cela peut amener quelques infos supplémentaires, voici l'extrait d'un JMO du 135 RI le 31 décembre 1915 - Secteur du Crassier de Loos
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/electrifie.jpg1..jpg
La lecture du JMO précise qu'un chien a été vu à proximité.
(essai allemand pour le hot-dog ?)
 
Sans aucun lien(?), quelques jours auparavant, un S/lieutenant du même régiment partait en formation pour suivre les cours d'une école professionnelle d'électricité.(?)
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/formation.jpg
 
Cdt
 
treizecinq

n°90966
treizecinq
Posté le 07-12-2011 à 23:53:54  profilanswer
 

Je continue mes recherches,
 
Je vous tiens au courant . . .

n°90971
treizecinq
Posté le 08-12-2011 à 11:21:36  profilanswer
 

Une photo de quelques spécialistes: Starkstromabteilung (Division Haute-Tension) 1916. (en lien)
 
Une deuxième image d'un groupe de soldats à Lens (à proximité de Loos) spécialisés dans la technique du courant à Haute-tension: ASTA = Armee Starkstrom Abteilung
Apparemment, une unité assez rare.  
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/ASTA.jpg
Le ASTA Süd signale peut-être, qu'il y avait au moins 2 unités de ce type dans le secteur de Lens (ASTA Nord ?).
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/ASTA-badge.jpg
A noter l'insigne sur la manche gauche (qui n'apparait pas sur la première photo en lien).
 
Cdt
 
treizecinq

Message cité 1 fois
Message édité par treizecinq le 08-12-2011 à 12:22:16
n°90978
treizecinq
Posté le 08-12-2011 à 15:17:43  profilanswer
 

Eric Mansuy a écrit :

.../... Le courant utilisé est le courant alternatif triphasé des usines de la plaine d’Alsace (Colmar et Mulhouse).../...


 
J'ai recherché des centrales électriques dans le secteur de Loos, mais je ne dispose que de très vagues informations sur les infrastructures dans la zone occupée.
 
A proximité de Loos (un peu + de 5 Km) il y a la centrale de Vendin-le-Vieil, construite en 1909, et qui disposait apparemment d'une puissance assez élevée.
(selon mes informations la centrale disposait d'une capacité de production 32 MW et 46 MW).
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/centrale.jpg
Néanmoins, même si le niveau de destruction de la centrale à la fin des hostilités montre qu'elle est apparemment moins dévastée que Lens ou Loos,  
il semble improbable que les alliés aient laissé les allemands se servir impunément de la centrale au cours des hostilités.
J'imagine que les 2 cheminées furent prioritairement détruites et de fait:
- pas de cheminée, pas d'électricité.
 
Je n'ai que très peu d'infos sur le secteur, mais j'imagine qu'avec la présence des mines et des manufactures textiles du Nord de la France, il devait y avoir  
d'autres sites produisant de l'électricité dans la zone occupée du secteur.
 
Cdt
 
treizecinq

n°90980
lorrain54
Posté le 08-12-2011 à 16:29:44  profilanswer
 

Bonjour a tous :hello:  
 
Pas besoin de grosses usines électrique pour alimenter un réseau de fils électrifiés,un petit groupe est suffisant, seule la haute tension indispensable pose un problème de cheminement  
 
Cordialement , Jean-Louis.


---------------
Dites le a tous, " Il ne fait pas bon mourir".
n°91000
Bruno Tard​y
Posté le 09-12-2011 à 18:27:02  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Très intéressant ce sujet pour un électricien.
Comme Louis, je n'ai pas pu m'empecher de faire la comparaison avec le barrage électrifié sur la frontière Algérie-Tunisie le long duquel j'ai eu le loisir d'assurer la surveillance pendant quelques temps.
Lorsqu'il a été achevé (j'y étais début 1961), les lignes électrifiées ne composaient qu'une partie du barrage qui comprenait plusieurs réseaux successifs assez ressérés et étendus sur une bonne largeur. Elles étaient situés dans la zone centrale, donc ne pouvaient être coupées qu'après avoir franchi les premiers réseaux, et pour traverser le barrage il fallait ensuite traverser la deusième rangée de réseaux.
L'alimentation était assurée par un poste dédié à chaque tronçon, capable de détecter toute coupure ou mise à la terre, d'en préciser la nature et l'emplacement assez précisément, ce qui déclanchait immédiatement l'intervention des blindés sur place.
L'alerte étant donnée par radio entrainait une réaction très rapide car nous étions en patrouille le long de la ligne pendant toute la nuit, ce qui ne laissait pas le temps de terminer le franchissement.
Il y avait bien la possibilité de franchir en faisant une brèche à l'explosif sur toute la largeur, mais celle ci était très importante ( la mémoire me fait défaut, mais j'ai le souvenir d'une bonne vingtaine de mètres) et le bruit aurait donné immédiatement l'alerte.
Le barrage avait donc un double intéret : retarder le passage et donner l'alerte. Comme le remarquent les documents précédents mis en ligne par Eric, il ne pouvait pas être très efficace pendant la guerre de 14-18, car d'une part il était souvent coupé par l'artillerie, d'autre part les appareils de l'époque ne permettaient pas de déceler l'emplacement des coupures ou mises à la terre avec précision, enfin le temps de transmission du renseignement donc d'intervention étaient souvent trop longs.
 
Cordialement
Bruno

n°91012
treizecinq
Posté le 10-12-2011 à 10:26:34  profilanswer
 

Eric Mansuy a écrit :

.../... Ils offrent aussi l’avantage d’augmenter la sécurité morale de la troupe qui, en même temps, n’a besoin que d’un petit nombre de guetteurs pour en assurer la surveillance. .../...


 
La date du rapport est intéressante, elle pourrait laisser supposer (au cas où il s'agisse bien d'une mise sous-tension des barbelés) qu'il s'agit peut-être d'un essai ponctuel.
 
L'arrivée des troupes Britanniques sur place me bloque temporairement dans les recherches. Il serait intéressant de découvrir si les Britanniques signalent d'autres rapports attestants de l'utilisation de l'électricité dans ce secteur.
 
Cdt
 
treizecinq

n°91020
Gilles ROL​AND
Posté le 10-12-2011 à 19:11:38  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je viens de recevoir cette photo
 
Est-ce l’écusson des ‘ Starkstrom Kompanie’ montré plus haut ?
 
http://images.imagehotel.net/q8qdksvs5m.jpg
 
Cordialement
 
Gilles ROLAND


---------------
-Ca sent le macchab, dit Le Moal. -J’te crois, y en a plein par ici. Jean Berthaud « 1915 sur les Hauts-de Meuse en Champagne »  
 
VESTIGES.1914.1918 MAJ le 27 février 2012
n°91045
treizecinq
Posté le 11-12-2011 à 23:23:55  profilanswer
 

Bonjour,
 
si cela peut aider à se faire une idée plus précise:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/comparaison.jpg
 
Très bel écusson Mr Roland.  
J'ai eu le coup de foudre.

n°91048
Gilles ROL​AND
Posté le 12-12-2011 à 07:54:46  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci
 
Cordialement
 
Gilles ROLAND


---------------
-Ca sent le macchab, dit Le Moal. -J’te crois, y en a plein par ici. Jean Berthaud « 1915 sur les Hauts-de Meuse en Champagne »  
 
VESTIGES.1914.1918 MAJ le 27 février 2012
n°91049
sesouvenir
Posté le 12-12-2011 à 08:36:34  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 

treizecinq a écrit :

Une deuxième image d'un groupe de soldats à Lens (à proximité de Loos) spécialisés dans la technique du courant à Haute-tension: ASTA = Armee Starkstrom Abteilung
Apparemment, une unité assez rare.  
Le ASTA Süd signale peut-être, qu'il y avait au moins 2 unités de ce type dans le secteur de Lens (ASTA Nord ?).


 
On retrouve sur ce site la photo mise en ligne. Elle est légendée :
 
<< Ein Bild einer Gruppe von Soldaten, mit meinem Großvater Karl Müller (geboren 1895), die vom 29. Juli bis zum 21. Oktober 1916 in Lens (Nordfrankreich) in Starkstromtechnik ausgebildet wurde. ASTA = Armee-Starkstrom-Abteilung, eine sehr seltene Einheit. ASTA Süd weist darauf hin, dass es wohl 2 derartige Einheiten gab. >>
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir


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<<Le ciel est gris chargé de lourds nuages que chasse un vent violent ; il n'y aura pas de Taube aujourd'hui.>> JMO de la section de travailleurs du 3° d'artillerie
n°91050
treizecinq
Posté le 12-12-2011 à 09:11:45  profilanswer
 

Merci sesouvenir,
 
Les dates (du 29 juillet au 21 octobre 1916) pourraient donc laisser penser que le Süd ASTA, n'était pas présent lors du réveillon.
Le Capitaine du 135 RI se serait-il mépris sur l'origine réelle des étincelles et lumières ?
 
Cdt  
 
treizecinq

n°91051
treizecinq
Posté le 12-12-2011 à 09:20:24  profilanswer
 

Ou alors, l'essai de mise sous-tension des barbelés fut concluant (?), et la présence de l'ASTA courant 1916 indiquerait que les allemands souhaitaient perfectionner la technique ?
 
Cdt
 
treizecinq
 


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