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  Les défenses électrifiées des Vosges... et d'ailleurs

 

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Les défenses électrifiées des Vosges... et d'ailleurs

n°63374
Eric Mansu​y
Posté le 24-03-2009 à 14:02:51  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Quelques éléments datant de 1918, au sujet des défenses électrifiées. En espérant que cela intéressera certains d'entre vous, auquel cas je pourrai poursuivre.
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy
 
-----
 
33e C.A.
ETAT-MAJOR
3e Bureau
N° 8.691/3
 
Q.G., le 23 mai 1918
 
Note de service
 
L’ennemi a établi devant le front du C.A., particulièrement dans la partie Sud, une assez grande étendue de réseaux électrifiés.
La présente note donne à leur sujet quelques notions élémentaires, dont la connaissance est indispensable aux troupes en secteur.  
Le Lieutenant BRISSAUD, commandant la 1° Section de la Cie EL-7 à GERARDMER pourra, sur demande adressée au Général commandant le C.A., être mis temporairement à la disposition des Généraux commandant les D.I., pour leur fournir tous les renseignements complémentaires.
 
Principe du réseau électrifié
 
Le réseau électrifié est constitué par une barrière conductrice en fil de fer et ronces artificielles soigneusement écartés du sol et tendus sur piquets ou châssis enduits de matière isolante (brai et goudron). Un câble conducteur d’électricité est relié à la masse métallique du réseau, l’autre conducteur d’électricité est à la terre, de sorte que si en un point quelconque de la barrière un contact s’établit, il y aura passage de courant entre le réseau et la terre, et la dépense d’énergie produite peut foudroyer les incurseurs si ces derniers forment l’élément de contact. Le courant envoyé dans les réseaux est d’environ 1.500 volts : le corps humain ne peut résister aux effets physiologiques d’une telle tension.
 
En quoi il consiste
 
La forme générale des réseaux électrifiés est celle sur piquets et chevaux de frise. En avant du réseau et vers nos lignes est tendu un fil non électrifié servant de trébuchet ; ce fil est généralement à 20 cm du sol. En arrière et vers les lignes ennemies, un fil tendu à 1 mètre de hauteur sert de main courante pour éviter aux travailleurs ennemis de se laisser surprendre.
 
Comment on le reconnaît
 
Lorsqu’on se trouve à proximité d’un réseau électrifié en fonctionnement, on constate aux points d’attache sur les piquets et au contact des herbes frôlant le fil des lueurs bleuâtres ou aigrettes. On entend un grésillement particulier produisant une sorte de crépitement sec et sonore. On peut également se rendre compte du fonctionnement d’un réseau électrifié par des écoutes faites avec 2 fiches plantées en terre reliées à un récepteur téléphonique.
 
Comment on le détruit
 
L’emplacement des transports de force, postes de transformation et autres points de première importance, est généralement connu par le commandement. L’artillerie renseignée sur les coordonnées de ces points peut anéantir, par des tirs de destruction, les organes essentiels et ainsi neutraliser l’efficacité des réseaux.
L’étendue du réseau peut aussi être bombardée et être rendue inerte par l’effet de l’artillerie.
Pour effectuer une brèche de moindre importance dans un but spécial, l’infanterie peut intervenir, avec des appareils de cisaillement particuliers ; les unités doivent se garder d’utiliser des instruments de fortune n’offrant aucune garantie.
 
Comment opérer
 
Le personnel chargé d’une opération de cisaillement doit être muni :
1° - des effets de protection suivants :
a) bottes en caoutchouc
b) combinaison caoutchouc
c) gants en caoutchouc
 
2° - d’une cisaille spéciale
Pendant l’opération, veiller avec soin à ce qu’aucun contact permanent ne se réalise entre les fils coupés et le sol.  
a) à cause des étincelles qui résulteraient de ce contact
b) afin d’éviter de prévenir l’ennemi, qui a des appareils pour se rendre compte du fonctionnement de ses réseaux.
 
Faire bien attention que les vêtements isolants ne soient pas déchirés ou transpercés.  
La brèche étant pratiquée, ne pas oublier que les deux tronçons de réseaux situés de part et d’autre reçoivent toujours du courant.
 
Par qui est fourni ce matériel spécial
 
Les bottes en caoutchouc sont fournies par l’Intendance.
Les combinaisons et les gants caoutchoutés, ainsi que les cisailles spéciales, sont fournis par le Génie de l’Armée (Service Electrique – Note n° 3.136/C du 26 Avril 1918). Adresser les demandes directement au Lieutenant commandant la 1° Section de la Compagnie EL-7 à GERARDMER.
 
Le Général commandant le 33e C.A.
LECONTE

 
Destinataires :
62e, 70e, 77e D.I.
Artillerie - Génie
Intendance
Lieutenant cdt Dét. Cie EL-7 à GERARDMER
1° et 2° Bureaux
 
-----
 
VIIe ARMEE
COMMANDEMENT DU GENIE
Service Electrique
 
Q.G., le 7 septembre 1918
 
Projet d’instruction sur la reconnaissance et le franchissement des réseaux électrifiés
 
L’ennemi a établi sur le front de l’Armée d’assez nombreux réseaux électrifiés.
Il est nécessaire de familiariser les troupes avec ces défenses spéciales, de leur apprendre à les reconnaître puis de les exercer à les franchir, ce qui peut être fait sans danger à l’aide du matériel de protection approvisionné par le Service Electrique à cet effet.
 
PRINCIPES DU RESEAU ELECTRIFIE – Le réseau électrifié est constitué par une barrière en fil de fer tendu sur piquets en bois sec enduits de matière isolante (brai ou goudron).
Un câble conducteur électrique est relié d’une part au réseau, d’autre part à l’un des pôles d’un alternateur d’une Centrale électrique. L’autre pôle est en communication avec la terre. Il en résulte que si le corps d’un homme vient à toucher simultanément le fil de fer et le sol, il se produit à travers ce corps une dérivation de courant suffisante pour provoquer immédiatement la mort.
 
DE QUOI IL SE COMPOSE – Les caractéristiques habituelles du réseau électrifié ennemi établi entre le Pont d’Aspach et la région du Violu sont les suivantes :
a / un fil tendu à 20 cm de terre le précède généralement. Il n’est pas électrifié mais est destiné à faire trébucher l’assaillant sur le réseau électrifié.
b / le réseau électrifié lui-même a l’aspect d’un réseau normal à deux ou trois rangs de piquets, il est constitué par du fil lisse ou barbelé. Les piquets sont passés au goudron en partie ou en totalité. Quelquefois, il est remplacé par des chevaux de frise du type ordinaire mais à pieds goudronnés.
c / en arrière du réseau, vers la ligne ennemie, un autre fil non électrifié tendu à 1 mètre de terre sert de main courante et protège les travailleurs du contact accidentel du réseau.
 
COMMENT ON RECONNAIT QU’IL EST SOUS TENSION – Cette reconnaissance s’effectue :
a / à distance par écoute téléphonique. Le fonctionnement du réseau électrifié produit dans un récepteur téléphonique intercalé entre deux prises de terre un bourdonnement caractéristique. Selon la sensibilité des appareils utilisés et suivant la distance qui sépare les deux prises de terre, le réseau électrifié peut être entendu à des distances atteignant 10 kilomètres.
b / à la vue, la nuit. Par l’obscurité et surtout par temps humide, des aigrettes lumineuses et des effluves apparaissent aux points d’attache des fils sur les piquets. Ces aigrettes donnent naissance à un grésillement particulier.
 
COMMENT ON LE FRANCHIT –  
I. Si l’on dispose d’artillerie, en détruisant par bombardement soit le réseau lui-même, soit les nœuds importants des canalisations qui l’alimentent. Toutes ces canalisations sont aériennes, leur tracé est en général exactement repéré et les coordonnées des nœuds importants déterminées.  
II. Si l’on désire pour un coup de main supprimer la préparation d’artillerie, en y faisant pratiquer une brèche par cisaillement. Cette opération ne doit en aucun cas être tentée avec du matériel de fortune car elle ne peut aboutir qu’à un échec et entraîner la mort de ceux qui l’auront essayée. Elle peut par contre être réalisée sans danger avec le matériel spécial que l’E.C.M.S. livre dans ce but.
 
Ce matériel comprend :
1° - des cisailles à manche isolé
2° - des gants en caoutchouc
3° - des combinaisons doublement caoutchoutées
4° - des bottes en caoutchouc
 
Chacun de ces éléments est susceptible à lui seul d’assurer une protection efficace.  
Ils sont à demander au Service Electrique dont les représentants à MONTREUX-VIEUX et GERARDMER sont accrédités auprès des C.A. Ils doivent être ménagés car ils sont coûteux et difficiles à approvisionner.  
 
Munie de ce matériel, l’équipe chargée du cisaillement peut opérer sans danger, mais elle doit prendre certaines précautions si l’on veut éviter que la coupure faite au réseau ne soit immédiatement signalée au poste de distribution par les appareils avertisseurs dont sont munis les réseaux ennemis.  
 
Ces précautions font du franchissement d’un réseau électrifié une opération délicate à laquelle il faut être entraîné pour l’exécuter avec succès.
Il y a lieu en conséquence de créer dans chaque D.I. des centres d’instruction où des équipes spécialement choisies par les Corps seront entraînées sur des réseaux d’exercice à l’exécution correcte de la manœuvre de franchissement.
 
Pour l’organisation de ces Centres, le Service Electrique s’entendra avec les Grandes Unités en secteur. Il mettra temporairement à leur disposition des sous-officiers électriciens pour en assurer le fonctionnement.  
 
(Source : SHD 19N1317)
 
NB : le trébuchet évoqué pourrait être à l'origine de la mort du lieutenant Carter, non loin du Linge, en septembre 1918 :
"24 septembre : le lieutenant John Carter, à la tête d’une patrouille de quatre sergents et caporaux de la Company F du 51st Infantry, est électrocuté face au C.R. Noirmont. Partis de leurs lignes à 17 heures 30, le lieutenant et ses accompagnateurs, à l’approche du réseau allemand, aperçoivent deux sentinelles : le lieutenant et un sergent tentent d’aborder l’ennemi par le flanc, mais sont accueillis par deux coups de feu ; le lieutenant Carter s’écroule sur les fils de fer, et le sergent, qui essaie de le saisir aux chevilles et de le tirer à lui, reçoit une violente décharge électrique. Menacée d’encerclement par des Allemands supérieurs en nombre, et dans l’incapacité de recevoir l’aide de renforts, la patrouille américaine est contrainte de prendre la fuite.        
 
5 octobre : le corps du lieutenant Carter est découvert par une patrouille de 14 hommes de la Compagnie H du 51st Infantry commandés par le lieutenant Frank Terrell, dont la mission était de faire des prisonniers. Une fusée éclairante ayant été tirée au cours de leur progression, le corps du lieutenant Carter, pris dans les barbelés, leur est apparu à peu de distance." (extraits de "Des Sammies en Alsace : les Américains autour de Munster en 1918" )
 


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°63380
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 24-03-2009 à 16:12:26  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Je connaissais ce système, mais à la frontière entre la Belgique et la Hollande pour empêcher les passages de clandestins ...
Les passeurs utilisaient alors des chevalets ou des futs en bois...
Cordialement.           J.Claude


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la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°63381
Gilles ROL​AND
Posté le 24-03-2009 à 16:35:39  profilanswer
 

Bonjour,
 
Eric, d’autres rapports ici et
 
Amicalement
 
Gilles [:gilles roland]  


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-Ca sent le macchab, dit Le Moal. -J’te crois, y en a plein par ici. Jean Berthaud « 1915 sur les Hauts-de Meuse en Champagne »  
VESTIGES.1914.1918 MAJ le 10 novembre 2015
n°63382
valier
Posté le 24-03-2009 à 16:41:08  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
J'ai enfin l'explication à cette fiche :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2503/Robert%20P%20(Electrocute).jpg
 
Bonne soirée
 
Jacques


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Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°63383
lorrain54
Posté le 24-03-2009 à 16:41:23  profilanswer
 

Bonjour a tous,
tres intéressant, d'après mes souvenirs il semble ce système électrifié a été utilisé au col de la chapelotte,coté Allemand et Français, petite anecdote a vérifier, comme les Allemands utilisaient un voltage supérieur au notre, ils auraient relié leur circuit au notre afin de griller nos générateurs ! l'histoire ne dit pas si cela a fonctionné.
belle soirée, Jean-Louis.


Message édité par lorrain54 le 24-03-2009 à 16:42:34

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Dites le a tous, " Il ne fait pas bon mourir".
n°63384
valier
Posté le 24-03-2009 à 16:50:12  profilanswer
 

L'extrait du JMO rapportant la mort du Ss-Lieutenant Robert :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2503/sans%20titre1.jpg1..jpg


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Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°63447
verdun69
Posté le 26-03-2009 à 18:54:17  profilanswer
 

Bonsoir ERIC,
Toujours très intéressant, les sujets que vous nous proposez.  
 
MICHEL


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MICHEL
n°63541
humanbonb
Posté le 28-03-2009 à 15:03:54  profilanswer
 

Bonjour,
Avez vous déjà entendu parler de réseau électrifié pour les villages de Flirey et Saint Baussant ?
 
Merci bien.
Cordialement Julien.

n°63562
steinbach ​frederic
Posté le 28-03-2009 à 22:38:35  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et tous,
Il y a effectivement sur les canevas de tir présence d'un réseau électrifié au niveau de Flirey pour le secteur compris entre les entonnoirs de mines et Mortmare (devant la plantation Humbert). En revanche aucune mention de cette présence décrite dans les textes de ma connaissance.
Bien cordialement.
Frédéric Steinbach

n°63570
humanbonb
Posté le 29-03-2009 à 11:53:14  profilanswer
 

Merci à toi Frédéric pour cette "confirmation".
 
Bonne journée.
Cordialement Julien.

n°63777
le begue
Essayons
Posté le 04-04-2009 à 14:18:44  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Bonjour Eric,
J'ai lu avec beaucoup d'attention cet excellent dossier. Je n'ai pu m'empêcher de comparer les différents compte-rendus avec ceux, beaucoup plus récents, des barrages électrifiés en Algérie, soit les lignes Morice et Challes à l'est, soit le barrage ouest, sur la frontière algéro-marocaine.
A lire les difficultés rencontrées dès 1956 (début de la bataille dite "des frontières" ), j'ose à peine imaginer les difficultés que durent surmonter nos soldats pour "tendre la toile"...
Il est vrai que les comparaisons ne peuvent être réalisées que sur le seul aspect technique. Côté stratégique, c'est impossible, les données sont par trop différentes.
Il est vrai également que pendant cette Première Guerre Mondiale, on fit feu de tout bois, si vous me permettez cette expression.
Je n'ai pas encore lu de JMO Génie parlant de ce type d'obstacle, ni de camp spécialisé ou de stage sur l'électrification du champ de bataille. Savez vous si cela a été pratiqué sur d'autres parties du front ?
Amicalement,
Louis.

n°64114
le begue
Essayons
Posté le 18-04-2009 à 00:53:28  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Bonsoir Eric,
Merci pour ce complément d'information.
La fourniture et le transport d'énergie qui sont ici décrits me rappellent une étude réalisée au 3eme trimestre 1917 (de mémoire...).
Le ratio "puissance électrique / kilomètre de front" est de 1 à 8 en faveur des forces allemandes. Le secteur étudié allait de Rethel à Reims, l'usine étant à Charleville.
Je n'ai pas trouvé d'information sur une quelconque répartition "soutien vie courante - barrage électrifié".  
Si vos pérégrinations vous mènent par là, peut-être qu'une lecture plus attentive des dossiers pourraient faire apparaître de nouveaux éléments.
Le problème est que les cartons les plus intéressants sont, hélas, inaccessibles...
Pour être plus précis, pour quelqu'un comme moi. On m'a laissé entrevoir une seule fois "l'entrepôt à caviar"...Mais il faudrait au moins une année complète à une équipe de 3 ou 4 pour réaliser les notices qui s'imposent...
Merci encore de vos communications,
Amicalement,
Louis.

n°90965
treizecinq
Posté le 07-12-2011 à 23:24:29  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
si cela peut amener quelques infos supplémentaires, voici l'extrait d'un JMO du 135 RI le 31 décembre 1915 - Secteur du Crassier de Loos
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/electrifie.jpg1..jpg
La lecture du JMO précise qu'un chien a été vu à proximité.
(essai allemand pour le hot-dog ?)
 
Sans aucun lien(?), quelques jours auparavant, un S/lieutenant du même régiment partait en formation pour suivre les cours d'une école professionnelle d'électricité.(?)
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/formation.jpg
 
Cdt
 
treizecinq

n°90966
treizecinq
Posté le 07-12-2011 à 23:53:54  profilanswer
 

Je continue mes recherches,
 
Je vous tiens au courant . . .

n°90971
treizecinq
Posté le 08-12-2011 à 11:21:36  profilanswer
 

Une photo de quelques spécialistes: Starkstromabteilung (Division Haute-Tension) 1916. (en lien)
 
Une deuxième image d'un groupe de soldats à Lens (à proximité de Loos) spécialisés dans la technique du courant à Haute-tension: ASTA = Armee Starkstrom Abteilung
Apparemment, une unité assez rare.  
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/ASTA.jpg
Le ASTA Süd signale peut-être, qu'il y avait au moins 2 unités de ce type dans le secteur de Lens (ASTA Nord ?).
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/ASTA-badge.jpg
A noter l'insigne sur la manche gauche (qui n'apparait pas sur la première photo en lien).
 
Cdt
 
treizecinq

Message cité 1 fois
Message édité par treizecinq le 08-12-2011 à 12:22:16
n°90978
treizecinq
Posté le 08-12-2011 à 15:17:43  profilanswer
 

Eric Mansuy a écrit :

.../... Le courant utilisé est le courant alternatif triphasé des usines de la plaine d’Alsace (Colmar et Mulhouse).../...


 
J'ai recherché des centrales électriques dans le secteur de Loos, mais je ne dispose que de très vagues informations sur les infrastructures dans la zone occupée.
 
A proximité de Loos (un peu + de 5 Km) il y a la centrale de Vendin-le-Vieil, construite en 1909, et qui disposait apparemment d'une puissance assez élevée.
(selon mes informations la centrale disposait d'une capacité de production 32 MW et 46 MW).
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/centrale.jpg
Néanmoins, même si le niveau de destruction de la centrale à la fin des hostilités montre qu'elle est apparemment moins dévastée que Lens ou Loos,  
il semble improbable que les alliés aient laissé les allemands se servir impunément de la centrale au cours des hostilités.
J'imagine que les 2 cheminées furent prioritairement détruites et de fait:
- pas de cheminée, pas d'électricité.
 
Je n'ai que très peu d'infos sur le secteur, mais j'imagine qu'avec la présence des mines et des manufactures textiles du Nord de la France, il devait y avoir  
d'autres sites produisant de l'électricité dans la zone occupée du secteur.
 
Cdt
 
treizecinq

n°90980
lorrain54
Posté le 08-12-2011 à 16:29:44  profilanswer
 

Bonjour a tous :hello:  
 
Pas besoin de grosses usines électrique pour alimenter un réseau de fils électrifiés,un petit groupe est suffisant, seule la haute tension indispensable pose un problème de cheminement  
 
Cordialement , Jean-Louis.


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Dites le a tous, " Il ne fait pas bon mourir".
n°91000
Bruno Tard​y
Posté le 09-12-2011 à 18:27:02  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Très intéressant ce sujet pour un électricien.
Comme Louis, je n'ai pas pu m'empecher de faire la comparaison avec le barrage électrifié sur la frontière Algérie-Tunisie le long duquel j'ai eu le loisir d'assurer la surveillance pendant quelques temps.
Lorsqu'il a été achevé (j'y étais début 1961), les lignes électrifiées ne composaient qu'une partie du barrage qui comprenait plusieurs réseaux successifs assez ressérés et étendus sur une bonne largeur. Elles étaient situés dans la zone centrale, donc ne pouvaient être coupées qu'après avoir franchi les premiers réseaux, et pour traverser le barrage il fallait ensuite traverser la deusième rangée de réseaux.
L'alimentation était assurée par un poste dédié à chaque tronçon, capable de détecter toute coupure ou mise à la terre, d'en préciser la nature et l'emplacement assez précisément, ce qui déclanchait immédiatement l'intervention des blindés sur place.
L'alerte étant donnée par radio entrainait une réaction très rapide car nous étions en patrouille le long de la ligne pendant toute la nuit, ce qui ne laissait pas le temps de terminer le franchissement.
Il y avait bien la possibilité de franchir en faisant une brèche à l'explosif sur toute la largeur, mais celle ci était très importante ( la mémoire me fait défaut, mais j'ai le souvenir d'une bonne vingtaine de mètres) et le bruit aurait donné immédiatement l'alerte.
Le barrage avait donc un double intéret : retarder le passage et donner l'alerte. Comme le remarquent les documents précédents mis en ligne par Eric, il ne pouvait pas être très efficace pendant la guerre de 14-18, car d'une part il était souvent coupé par l'artillerie, d'autre part les appareils de l'époque ne permettaient pas de déceler l'emplacement des coupures ou mises à la terre avec précision, enfin le temps de transmission du renseignement donc d'intervention étaient souvent trop longs.
 
Cordialement
Bruno

n°91012
treizecinq
Posté le 10-12-2011 à 10:26:34  profilanswer
 

Eric Mansuy a écrit :

.../... Ils offrent aussi l’avantage d’augmenter la sécurité morale de la troupe qui, en même temps, n’a besoin que d’un petit nombre de guetteurs pour en assurer la surveillance. .../...


 
La date du rapport est intéressante, elle pourrait laisser supposer (au cas où il s'agisse bien d'une mise sous-tension des barbelés) qu'il s'agit peut-être d'un essai ponctuel.
 
L'arrivée des troupes Britanniques sur place me bloque temporairement dans les recherches. Il serait intéressant de découvrir si les Britanniques signalent d'autres rapports attestants de l'utilisation de l'électricité dans ce secteur.
 
Cdt
 
treizecinq

n°91020
Gilles ROL​AND
Posté le 10-12-2011 à 19:11:38  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je viens de recevoir cette photo
 
Est-ce l’écusson des ‘ Starkstrom Kompanie’ montré plus haut ?
 
http://images.imagehotel.net/q8qdksvs5m.jpg
 
Cordialement
 
Gilles ROLAND


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-Ca sent le macchab, dit Le Moal. -J’te crois, y en a plein par ici. Jean Berthaud « 1915 sur les Hauts-de Meuse en Champagne »  
VESTIGES.1914.1918 MAJ le 10 novembre 2015
n°91045
treizecinq
Posté le 11-12-2011 à 23:23:55  profilanswer
 

Bonjour,
 
si cela peut aider à se faire une idée plus précise:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/10013/comparaison.jpg
 
Très bel écusson Mr Roland.  
J'ai eu le coup de foudre.

n°91048
Gilles ROL​AND
Posté le 12-12-2011 à 07:54:46  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci
 
Cordialement
 
Gilles ROLAND


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-Ca sent le macchab, dit Le Moal. -J’te crois, y en a plein par ici. Jean Berthaud « 1915 sur les Hauts-de Meuse en Champagne »  
VESTIGES.1914.1918 MAJ le 10 novembre 2015
n°91049
IM Louis J​ean
Posté le 12-12-2011 à 08:36:34  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 

treizecinq a écrit :

Une deuxième image d'un groupe de soldats à Lens (à proximité de Loos) spécialisés dans la technique du courant à Haute-tension: ASTA = Armee Starkstrom Abteilung
Apparemment, une unité assez rare.  
Le ASTA Süd signale peut-être, qu'il y avait au moins 2 unités de ce type dans le secteur de Lens (ASTA Nord ?).


 
On retrouve sur ce site la photo mise en ligne. Elle est légendée :
 
<< Ein Bild einer Gruppe von Soldaten, mit meinem Großvater Karl Müller (geboren 1895), die vom 29. Juli bis zum 21. Oktober 1916 in Lens (Nordfrankreich) in Starkstromtechnik ausgebildet wurde. ASTA = Armee-Starkstrom-Abteilung, eine sehr seltene Einheit. ASTA Süd weist darauf hin, dass es wohl 2 derartige Einheiten gab. >>
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir


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<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°91050
treizecinq
Posté le 12-12-2011 à 09:11:45  profilanswer
 

Merci sesouvenir,
 
Les dates (du 29 juillet au 21 octobre 1916) pourraient donc laisser penser que le Süd ASTA, n'était pas présent lors du réveillon.
Le Capitaine du 135 RI se serait-il mépris sur l'origine réelle des étincelles et lumières ?
 
Cdt  
 
treizecinq

n°91051
treizecinq
Posté le 12-12-2011 à 09:20:24  profilanswer
 

Ou alors, l'essai de mise sous-tension des barbelés fut concluant (?), et la présence de l'ASTA courant 1916 indiquerait que les allemands souhaitaient perfectionner la technique ?
 
Cdt
 
treizecinq
 


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