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Déportés alsaciens-lorrains

n°5079
Eric Mansu​y
Posté le 24-03-2005 à 18:34:19  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Pour Claude Chanteloube, mais aussi pour tous les autres, un large extrait de l'article de Patrick Madenspacher (Société d'Histoire du Sundgau, 1994). Je préfère ouvrir un nouveau "fil" afin que ce message ne reste pas trop confidentiel ! Bonne lecture à tous.
 
Bien cordialement
Eric Mansuy
 
 
LES ALSACIENS DÉPORTÉS PAR L'AUTORITÉ MILITAIRE FRANÇAISE OU "LES INÉVITABLES ET DÉSAGRÉABLES CONSÉQUENCES DE LA GUERRE"  
 
…Le colonel Denis quant à lui notait qu'il fallut évacuer en France les Allemands et les suspects – 3.200 dans les seules vallées de la Doller et de la Thur ! -, les jeunes hommes de 17 à 20 ans susceptibles d'être appelés dans le Landsturm ainsi que leurs aînés réservistes âgés de 39 à 45 ans. Cela se fit dans la précipitation, souvent en cours de combat.  
 
Les évacuations des susdites vallées et du sud du Haut-Rhin, faites très rapidement au début de la campagne et à mesure de l'avance des armées françaises, « ne purent en général, être convenablement préparées et entraînèrent certaines erreurs » (53).
 
Pour autant que nous les connaissions, les prises d'otages eurent lieu le long de la fluctuante ligne de front, lors des avancées et de l'installation des troupes françaises en Haute-Alsace : région du Sundgau et Mulhouse, vallées de Masevaux, de Thann, de Munster, plaine d'Alsace vers Ensisheim, Colmar... (54).
 
Une circulaire du Ministère de l'Intérieur, Direction de la Sûreté générale, datée à Paris du 1er septembre 1914 et adressée aux préfets soulignait que malgré les difficultés de tous ordres inhérentes à l'exécution de semblables mesures, l'évacuation des étrangers dirigés sur des régions de l'intérieur, l'installation des groupes de réfugiés ainsi que l'organisation de leur subsistance avaient eu lieu « d'une manière satisfaisante, qui fait honneur aux sentiments d'humanité et au dévouement des administrations locales et des populations » (55). La Direction de la Sûreté générale spécifiant que les prisonniers de guerre et les otages capturés par l'armée en campagne constituaient des cas à part. Le 24 septembre 1914 le Ministre de la Guerre écrivait depuis Bordeaux, où le gouvernement s'était replié, au général commandant la 15e région à Marseille que s'il y avait des otages c'était plus souvent « en raison de leur hostilité manifeste ou déguisée » à l'égard des armées françaises (56). C'était aller vite en besogne et nombre d'internés alsaciens-lorrains l'étaient « par la faute d'une administration obtuse » (57).
 
Soit parce qu'ils avaient entendu l'appel de la France, soit qu'ils refusaient de rejoindre l'armée du Kaiser ou encore parce qu'ils étaient tout bonnement victimes de rafles, 10 à 15000 alsaciens-lorrains furent internés dans 153 camps de prisonniers et de concentration en France, pour toute la durée du conflit ou pour une partie plus ou moins longue seulement (58). Ces camps se trouvaient, entre autre, à Agen (2 dépôts, Lot-et-Garonne), Ajain (Creuse), Alais (Gard), Angers (Maine-etLoire), Annonay (Ardèche), Aurec (Haute-Loire), Avignon (Vaucluse), Bergerac (Dordogne), Besançon (Doubs), Béziers (Hérault), Brignoles (Var), Brive (Corrèze), Cahors (2 dépôts, Lot), Cannes (Alpes-Maritimes), Carnac (Morbihan), Chatellerault (Vienne), La Chartreuse-près-le-Puy (Haute-Loire), Civray (Vienne), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Collioure (Pyrénées-Orientales), Corbara (Haute-Corse), Espalion (Aveyron), Garaison (Hautes-Pyrénées), Gramat (Lot), Groix (île, Morbihan), Issoire (Puy-de-Dôme), Kerlois près de Hennebont (Morbihan), Limogne (Lot), Longue (île, près de Brest, Finistère), Lourdes (Hautes-Pyrénées), Luçon (Vendée), Marmande (Lot-et-Garonne), Marseille (2 dépôts, îles du Frioul ; fort Saint-Nicolas et ponton des prisonniers de guerre, Bouches-du-Rhône), Millau (Aveyron), Moissac (Tarn-et-Garonne), Montauban (Tarn-et-Garonne), Montcuq (Lot), Montélimar (Drôme), Montmorillon (Vienne), Montpellier (Hérault), Montricoux (Tarn-et-Garonne), Moulins (Allier), Niort (Deux-Sèvres), Ornans (Doubs), Paray-le-Monial (Saône-et-Loire), Périgueux (Dordogne), Poitiers (Vienne), Précigné (Sarthe), Le Puy (Haute-Loire), Rabès (Corrèze), Riom (Puy-de-Dôme), Rochefort (Charente-Maritime), La Rochelle (Charente-Maritime), Rodez (Aveyron), Royan (Charente-Maritime), Saint-Affrique (Aveyron), Saint-Maximin (Var), Saint-Michel-de-Frigolet (Bouches-du-Rhône), Saint-Rambert d'Albon (Drôme), Saint-Rémy-de-Provence (Bouches-duRhône), Saint-Tropez (Var), Sainte-Marguerite (île, Alpes-Maritimes), Saintes (Charente-Maritime), Sisteron (Alpes-de-Haute-Provence), Tatihou (île, Manche), Tournon (Ardèche), Tulle (Corrèze), Veylats (Lot), Le Vigan (Gard), Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), Vire (Calvados), Viviers (Ardèche)... (59).
 
A Marseille, les convois composés d'otages civils, de déserteurs alsaciens, de suspects alsaciens, de prisonniers militaires allemands... arrivaient en gare Saint-Charles. Ils étaient ensuite expédiés vers le fort Saint-Nicolas, au bout du Vieux-Port, puis, pour certains, embarqués vers l'île du Frioul. La présence de « prisonniers allemands » dans la cité phocéenne, au lazaret du Frioul, est attestée dès le début de septembre 1914. L'arrivée des captifs provoquait une certaine animation ; il fallut les transférer de nuit (60).
 
Le journal « Le Petit Marseillais » indiqua la venue de « prisonniers allemands » à Marseille à partir du 4 septembre 1914. Ils avaient été capturés en Lorraine. A ce moment 106 autres  « prisonniers allemands » étaient déjà retenus au Frioul, sans doute des Alsaciens-Lorrains en firent-ils partie. Des « prisonniers allemands » arrivèrent le 8 septembre. Trente prisonniers civils et militaires allemands provenant de Mulhouse et d'Altkirch arrivèrent le 11. Le 12, furent écroués quatre vingt dix otages allemands « arrêtés et faits prisonniers de guerre sur la désignation de la police d'armée » dans la région de Mulhouse. Le 15, incarcération de 13 otages allemands en provenance de Mulhouse. Le 16 septembre, il est fait mention de 18 otages civils faits prisonniers à Altkirch. Le 21, arrivée de 63 otages et de 3 prisonniers militaires venant d'Alsace. Le 24.09, un convoi amena 85 otages civils et 3 militaires. Le 25.09, 190 prisonniers provenant de la région de Mulhouse, furent écroués « en attendant leur transfert en Algérie ». Les dépôts de prisonniers continuèrent mais sans mention d'origine : il s'agit d'otages civils (jusqu'à 250, au début d'octobre), de suspects, de militaires. Les 23 et 28 octobre, « Le Petit Marseillais » annonça l'arrivée d'Alsaciens « suspects pris comme otages ». Il est encore fait mention d'otages civils en novembre (les 2 et 20), puis le flux tarit (61).
 
 
53. Colonel Denis, ouvr. cité (p. 46) ; Administration Militaire ..., ouvr. cité (p. 293).  
54. Des arrestations eurent aussi lieu dans la vallée de la Bruche et dans la région de Sarrebourg (cf. M. Litschgy, ouvr. cité, p. 4).  
55. A.B. du Rh., 1 Y 158, chemise Circulaires et Instructions. générales, 1914.
56. Ibid., Chemise Circulaires et Instructions générales, 1915. Pour les militaires alsaciens-lorrains capturés par la France voyez Les prisonniers de guerre (1914-1919), par G. Cahen-Salvador, Payot, Paris, 1929 (p. 166-170). Le conseiller d'Etat Cahen-Salvador s'occupa de la question des prisonniers de guerre ; il cite des Alsaciens-Lorrains prisonniers des forces américaines et japonaises (p. 169-170). Dès janvier 1916, l'Ambassadeur de France à Tokyo, avait pu obtenir des autorités japonaises la libération d'un certain nombre d'Alsaciens-Lorrains faits prisonniers à Tsing-Tao et qui avaient manifesté le désir de s'engager dans les troupes françaises (A.H.R., Purg 11745).  
57. G. Foessel, in L'Alsace de 1900 à nos jours, Privat, 1979 (p. 75).
58. Chiffres donnés par l'ouvrage cité Das Elsass von 1870-1932, t. 1er (p. 251) et repris par le colonel Denis ainsi que P. Zind. Dans quelle mesure sont-ils fiables ? Le destin de certains de ces prisonniers reflète la complexité de notre histoire régionale. Ainsi celui de M. Charles Hanser, natif d'Altkirch, fabricant de poëles en faïence (1896-1994), qui s'enfuit au début du conflit, fut en conséquence déchu de sa nationalité allemande et qui fut retenu par les Français au Frioul où il retrouva son cousin germain Aimé Schill (Altkirch 1896 - Marseille 1915). Cet exemple n'est pas unique. Voyez Florent-Matter, ouvr. cité p. 216 (où Hanser devient Hauser) et 220 (où Aimé Schill est recensé comme Amand Schill). Nous tenons à saluer ici la mémoire de M. Ch. Hanser qui nous avait, à plusieurs reprises, cordialement reçu.
59. Pour la localisation des camps (tous ne sont pas connus), voyez aux A.H.R., Purg 11734, le rapport du président de la Commission des Otages et de celle des Alsaciens-Lorrains adressé au général commandant en chef les armées de l'Est (avril 1915) ; voyez les récits de captivité, ainsi ceux du notaire altkirchois, le Dr. A Reiffel, Von 1914 bis 1917 als Geisel in französischer Gefangenschaft, à la Bibliothèque municipale d'Altkirch), du professeur Dr. Kannengieser, Leidensfahrten verschleppter Elsass-Lothringer, Strasbourg 1916, ainsi que les récits précités de MM. Lévêque et Litschgy frères ; voyez aussi l'ouvrage précité, fondamental, autonomiste, Das Elsass von 1870-1932 (p. 251 et la note 6) ; P. Zind, Elsass-Lothringen..., ouvrage cité dont le titre indique la philosophie (p. 53) ; colonel Denis, ouvr. cité (p. 47) ; P. Miquel, ouvr. cité (p. 266-268) ; pour le camp de Tatihou, voyez l'article de J.-C. Streicher, « Des oubliés de la Grande Guerre. Les réfugiés alsaciens de l'île de Tatihou (Manche) » in Alsace historique, février 1977 (p. 56-58).
60. A.M. Marseille, Le Petit Marseillais, 05. et 09.09.1914. Nous avons dépouillé ce quotidien entre août 1914 et mars 1915.
61. Ibid. Nombreux convois de blessés aussi, généralement dirigés sur Toulon.

n°5110
Posté le 25-03-2005 à 08:03:08  answer
 

bonjour à tout le monde,
 
Pour les curieux, un extrait d'Otages...un petit bout d'un texte écrit il y a quelques années...le total sur mon perso à la demande....bonne lecture. CC
 
 
 
II OTAGES
 
 
 
Quatre heures trente.  
Penché sur des binoculaires, l’officier observe Houppach dont les feux se raniment au loin. Les fumées montent, paisibles. Le soleil gagne le versant opposé.
Depuis le dix neuf août, le capitaine Dufournet a reçu l’ordre de s’emparer du gros bourg le moment venu et d’y maintenir une force armée.  
Un civil se tient derrière lui.
-“Les vignes rougissent tôt, l’hiver sera froid cette année!”
-“Qu’est ce que vous dites?”
-“Rien! Je ne dis rien!”
Schultze est las, il a franchi les lignes, de nuit, à travers bois et il sait qu’il ne reviendra pas avant longtemps dans son village.
Le vingt juin, il a été réactivé par le deuxième bureau français. L’opération qui doit suivre la prise des bourgs et des agglomérations importantes, a été organisée par Dufournet qu’il rencontrait, en secret, à Belfort. Depuis, il attendait le déclenchement de la manœuvre d’occupation de la région.
Une liste de personnes francophiles sûres a été dressée selon ses indications. On s’appuiera sur elles. Le carnet noir des germanophiles notoires permettra une rapide mise hors d’état de nuire des opposants.
-“Schultze, les Allemands se doutent-ils de quelque chose?”
-“Non, je ne crois pas! Cette nuit Houppach était désert”.
-“Vos informations? Fiables?”
-“Je pense, à quatre vingt pour cent!”;
Un long silence coula, rompu par le Capitaine.
-“Nous n’avons plus besoin de vous. Disparaissez. Vous êtes affecté comme traducteur à Lyon. Vous vous appelez désormais Meyer. Officiellement vous avez été fait prisonnier ce matin. Ne revenez pas dans la région avant la fin de la guerre. Voici vos papiers. Bonne chance”
Le capitaine Dufournet ne tend pas la main.
Un éclair révèle le triangle gravé sur le couvercle de la montre à répétition qu’il fait sonner à son oreille.  
Cinq heures.
 
Derrière lui, sortant du bois, des cavaliers se rassemblent. Les chevaux piaffent.
D’un signe de tête il appelle un lieutenant.
-“Faites-les taire bon Dieu. Qu’ils tiennent ferme. En colonne double, en silence, suivez l’herbe”
L’ordre, répété, remonte la file qui se dédouble.
-“En avant!”
De layon en layon, parfois sous le couvert du bois, les cavaliers progressent jusqu’en bordure de route.
-“A terre! Eclairage. Pas de cuirasse, pas de casque!”
Trois silhouettes, d’arbre en arbre, de talus en talus, s’avancent jusqu’à l’entrée sud du village. Les coqs chantent. Au fond des étables tintent les seaux à lait. La traite a commencé.
Le moment a été bien choisi.
-“Même pas un poste de garde. Signale qu’ils peuvent avancer”.
Cinq minutes plus tard, avant-garde déployée, au pas lent des chevaux, le capitaine Dufournet entre dans Houppach endormi, à la tête de son détachement. Sur son passage les volets claquent, dévoilant des visages ahuris. Les Français arrivaient.
Les hommes mettent pied à terre.
Six heures sonnent. Le capitaine Dufournet sort sa montre, lève les yeux vers le clocher. Il est à l’heure.  
Du beau travail, pas un coup de feu! Mais ce que je vais faire maintenant ressemble beaucoup à ce que les Allemands ont fait dans les villages qu'ils ont occupés. Y a pas de quoi être fier.
-“Bon! Maintenant à la Mairie!”
Il se dirige sans hésitation vers la demeure du Maire.  
Un lieutenant l’accompagne, surpris.
-“Ça vous étonne? Une opération de ce type, ça se prépare! Remarquez cependant qu’ici, ça ne se passe pas tout à fait comme dans les journaux. Personne ne se montre. Ce n’est pas comme à Mulhouse ou à Thann. L’heure matinale explique peut-être cela. Ces gens, à mon avis, se trouvaient très bien sans nous. Si trois ou quatre anciens de 70 ne viennent pas, tout à l’heure, saluer le drapeau, de quoi aurons-nous l’air?”.
Il se donna le temps de penser.
Ca m’arrange sans m’arranger que ce vieil homme comprenne le Français. Bah! Rien! Je ne vais rien lui dire du tout, simplement qu’il fasse ouvrir la Mairie.
 
 
 
 
 
Occupation.
 
 
 
Le Capitaine Dufournet prit possession des lieux au nom de l'Armée française, exigea la présence d’un interprète et dicta, sur-le-champ, un arrêté interdisant à quiconque de quitter l'agglomération.
De la fenêtre du bureau, il héla le Lieutenant, le tirant des griffes de deux vieux caporaux en tenue de l’autre guerre.
-“Vous avez vu les deux fossiles, Capitaine?”
-“Voyons Lieutenant, un peu de respect, ils étaient là en soixante dix, eux. Trouvez-leur deux chassepots. Je suis à peu près certain qu’il y en a encore dans le village, brossez, repassez leurs uniformes et collez-les de garde de chaque côté de la porte, le décor sera complet”
Le Lieutenant regarda le Capitaine dans les yeux :
-“Vous plaisantez?”
-“Croyez-vous?”
-“Allez Lieutenant! Faites garder les issues du village, l’école, l’auberge, la poste. Que les téléphonistes établissent une ligne vers l’arrière et soient en mesure de communiquer avec le Q.G dans dix minutes. Bon. Vous en étiez où?”
-“J’ai mis des gardes aux entrées, les patrouilles circulent déjà, un poste avancé est à cinq cents mètres en avant du village, une escouade de lignards pousse sur Masevaux, ils y seront dans quarante minutes”
Mais il est pas mal ce petit lieutenant, il prend des initiatives...
-“Bien Lieutenant, bien! Avez-vous pensé aux fusils de chasse? Faites les apporter à la Mairie, les Allemands en avaient autorisé quelques-unes”.
Un téléphoniste approchait déroulant une bobine.
-“Ah c’est toi Olive! Tu es déjà là?”
-“Vous savez bien, capitaine, que nous, les téléphonistes, on est toujours là avant vous”.  
-“Dis donc Olive tu te fous de moi? En plus tu as encore cet appareil civil”
-“Réquisition mon Capitaine. On le rendra, dès que vous serez branché”
-“C’est ça, c’est çà, on le rendra! Comme d’habitude. Ce ne serait pas le même que la semaine dernière par hasard? Oui je sais, il sonne celui-là. T’es pas obligé de rester à côté. Bon, installez-vous et appelez-moi le Colonel Bouniol”
 
-“Vous l’avez, mon capitaine, sur notre fil à nous. Pour l’instant tout le reste est coupé”
-“Bouniol?”
-“Allô, oui, c’est Dufournet! Oui! Dufournet! Non pas de problèmes. Masevaux est pris? Parfait. Les Chasseurs vont occuper la ligne de crêtes, très bien, tant mieux! Comment? Vous voulez féliciter mes Dragons. Aujourd’hui? Tout de suite? Et avec deux journalistes? Mais c’est que les Allemands ont de l’artillerie, les 77 ne sont pas loin. Ah! Vous viendrez demain. Plus tard? Oui, c’est mieux! Oui. Vous attendrez que l’opération soit tout à fait terminée? Vous avez raison, c’est beaucoup mieux, surtout avec des journalistes ”
Il rendit l’appareil en sifflotant.  
-“En voilà un qui ne viendra pas nous embêter”
Le Lieutenant le regardait, une lueur admirative dans les yeux.
-“Vous êtes encore là vous? Vous avez entendu! Hein, attention aux obus!”
Tous deux éclatèrent d’un vrai rire. Ils commençaient à se comprendre.
-“Maintenant au travail. Trouvez-moi deux secrétaires intelligentes, mais oui parfaitement, il doit bien y avoir, dans ce pays, deux jolies filles parlant français et sachant écrire, une plume, de l’encre et une montagne de papier. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. J’oubliais, envoyez-moi Munster.
-“Qui?”
-“Munster! Le garde”.
Une demi-heure plus tard, on criait que des laissez-passer allaient être distribués dans les prochains jours. Tous, hommes, femmes, enfants devaient être enregistrés. Un officier vérifierait sur place l’état civil des personnes âgées.  
Dans la journée, le travail fut fait. Chacun fut fiché, ses ascendants connus. Ne manquaient que les hommes jeunes, enrôlés de force par les Allemands et déjà expédiés sur le front de Russie.
 
 
 
 
 
En marche.
 
 
 
Le neuf septembre au matin, des affiches placardées dans la nuit, refroidirent l’enthousiasme des rares habitants qui avaient manifesté leur joie de revenir au sein de la mère patrie.
L’administration militaire provisoire, informait la population, qu’en raison de la situation, certaines personnes seraient déplacées.
Chacun traduisit qu’en prenant des otages, l’armée libérait des locaux qu’elle allait pouvoir occuper, et s’assurait, comme les Romains, du loyalisme des familles qui restaient sur place.  
Toutes s’attendirent à être touchées. Un attroupement se forma devant la Mairie.
Le Capitaine, expliqua que seuls les Français de souche resteraient sur place:
-“Sont considérés comme Français, tous ceux qui l’étaient le 20 mai 1871, et ceux nés depuis dont les deux grands-parents paternels au moins étaient français en 1871”.
Il insista sur grands-parents paternels, fit traduire en Alsacien.
Dans le brouhaha, il poursuivit :
-“Sont exclus de cette mesure les instituteurs, les professeurs, tous les fonctionnaires ayant perçu un salaire de l'Allemagne, les Romanichels, toutes les personnes exerçant un métier ambulant, et ceux dont les noms seront affichés tout à l’heure. Attention, si vous entrez dans la deuxième catégorie, vous devez immédiatement rentrer chez vous. Un délai de trois heures vous est accordé pour préparer quelques effets personnels et un repas froid”.
Quatre Dragons dispersèrent, sans violence, les petits groupes qui discutaient.
Le délai écoulé, gendarmes et soldats exécutèrent les consignes. Le curé, bien que ses sentiments fussent connus, échappa à la règle. Comme l’ensemble du clergé alsacien bien choisi par le Vatican, le Père Molder, monarchiste et pro-Viennois, haïssait la République. Mais les ordres étaient les ordres, le Capitaine s’y soumit, à contrecœur, se disant qu’après tout, il serait assez facile à surveiller sur place.
Tous les”otages“, on appelait désormais ainsi les personnes à déplacer, furent rassemblés.  
 
En pleine chaleur, la colonne s’ébranla. Encadrés par des gardes à cheval, hommes, femmes, enfants se traînaient, abattus. Les gendarmes, surpris de ce travail très spécial, ne pressaient pas le mouvement.  
Madame Hemlinger et son mari se dépensaient, regroupaient les traînards, réconfortaient les enfants. Le couple et les responsables de la Ligue nautique et de la Ligue militaire minimisaient les choses, tentant d’endiguer la panique qui montait.
-“Il y a erreur, on nous laissera revenir dès que la situation sera éclaircie”.
Ceux qui avaient connu 70 se taisaient. Carl Hemlinger, l’instituteur, essayait d’obtenir quelques renseignements.
En rase campagne, des camions bâchés attendaient.  
Quelques heures plus tard, lorsqu’ils arrivaient à Belfort, deux convois les rejoignirent, l’un venait de Masevaux, l’autre de Saint Amarin.
Dufournet se fit annoncer.  
Le Colonel commandant la prison militaire semblait dans un état d’extrême agitation.
-“Capitaine je ne sais pas quels étaient vos ordres et j’ignore encore combien vous et le capitaine Fébure m’amenez d’otages, mais je sais que je ne suis pas en mesure d’accueillir ici de façon décente autant de monde. Des femmes, des enfants...Pour cette nuit, j’ai fait réquisitionner de la paille et préparer des couvertures...mais cette promiscuité, ces hommes, ces femmes, ces jeunes filles, ensemble...ça ne peut pas durer, ce n’est pas un camp de prisonniers ici. Rien n’est prévu pour les nourrir. Ils n’auront, ce soir, que du pain de trois jours”.
-“En principe, ils ont emporté un repas froid. Avec le pain, ils s’arrangeront”.
-“Faites tout de suite un nouvel appel, vérifiez vos listes, séparez les hommes, des femmes et des enfants”.
Dans la cour, les familles, s’organisaient, se juraient de rester ensemble.  
L’appel commença, beaucoup ne reconnaissaient pas leur nom, prononcé à la française. Au milieu des enfants, des femmes pleuraient. Les hommes, un à un, s’alignèrent avant de quitter la cour.
Personne ne comprenait ce qui se préparait. Hemlinger et sa femme questionnaient. Ni les gardiens, ni les Dragons ne savaient répondre.  
Ils avaient déjà eu affaire à des insoumis, à des espions, à des prisonniers allemands échappés, à des déserteurs, mais là, face à des civils, des femmes, des enfants, des hommes à qui l’on ne reprochait rien, que pouvaient-ils dire, sinon que cela allait s’arranger, qu’il devait y avoir erreur, que le Colonel n’était pas si mauvais, que ça ne durerait pas. Minuscules paroles, pauvres parcelles d’espoir auxquelles se raccrocher.
 
La paille répandue dans les locaux exigus, les couvertures dépliées, les femmes parlèrent. Un sous-lieutenant venu contrôler l’identité d’une vieille dame affirma que des erreurs avaient été commises et qu’on allait relâcher d’autres Français.
Un faible espoir revint. Martha Hemlinger en profita pour calmer les enfants. Elle multipliait les propos apaisants, racontait des histoires.
Cette maîtrise d’elle, qu’elle se découvrait avec surprise, la surprenait, la laissant mal à l’aise. Elle ne ressentait pas d’angoisse et pensait sans inquiétude à Mathilde, sa fille, confiée à ses parents.
Etait-elle inconsciente?
Elle s’endormit sur cette question.
Au matin, les otages furent à nouveau réunis dans la cour. On appela quelques noms...
Les autres furent informés qu’ils allaient être conduits à la gare. Ils avaient dix minutes pour se préparer.
Vingt quatre heures plus tard le train arrivait à destination.
 
 
 
 
 
Prison.
 
 
 
Lorsque la porte de la forteresse se referma sur eux, Carl Hemlinger prit sa jeune femme dans ses bras et murmura:
“Edmond Dantés s’est échappé d’ici, nous ne resterons pas en prison”
Les otages, se demandaient quel allait être leur sort. Allait-on les enfermer comme des bagnards? A nouveau, on sépara les hommes, des femmes et des enfants. Mille cinq cents “otages” furent entassés dans les cellules, les couloirs, les hangars.  
L’administration des lieux se trouvait confrontée à des problèmes très différents de ceux auxquels les militaires sont habitués. Ils attendaient des prisonniers, on leur envoyait des femmes et des enfants. Le plus grave était que la promiscuité dans laquelle se trouvaient tous  “ces gens” n’allait pas tarder à être connue. Certes toute communication avec l'Alsace était suspendue et il était défendu d’écrire, certes on avait laissé croire à la population qu’il s’agissait de familles allemandes, mais cette fiction durerait-elle? Si les Allemands apprenaient que des Alsaciens étaient enfermés au Château d’If, ils ne manqueraient pas d’exploiter leurs informations.
On n’avait que quelques jours pour aviser. On envisageait d’ailleurs, de repasser le problème aux autorités civiles. Il suffirait de faire une sélection et de traiter les Alsaciens comme les réfugiés Belges. Pour cela, il fallait s’appuyer sur des textes.
Ce problème précis pouvait être différé, celui de l’accueil devait être résolu dans les plus brefs délais. Un recensement rapide montra que les possibilités d’accueil de la Quinzième région militaire étaient faibles, sauf en Corse. Il n’y avait pas assez de locaux à Marseille pour recevoir mille cinq cents personnes, même provisoirement. Déjà, on hébergeait sur un bateau au mouillage les prisonniers allemands qu’on avait l’intention de faire travailler au tunnel du Rove.
Certains otages furent transférés au Frioul. Cela réduisit un peu l’entassement mais ne changea rien aux conditions sanitaires de l’ensemble.
En attendant l’organisation des centres de détention, on décida de créer des colonies agricoles dans quelques grands domaines vers lesquels on dirigea les paysans et les artisans. Ils y remplaceraient la main d’œuvre manquante.
 
Les textes attendus mis au point, la “Commission interministérielle des otages et des évacués Alsaciens Lorrains” commença son travail. Elle statuait avec lenteur car chaque cas faisait l’objet d’une enquête en Alsace.
Des indiscrétions apprirent aux otages qu’on établissait trois catégories : les otages appartenant aux deux premières recevraient des permis de séjours, ceux de la troisième, considérés comme suspects, resteraient internés.  
Carl Hemlinger et son épouse furent interrogés au début de décembre.
-“Otage Hemlinger, vous étiez instituteur, vous êtes donc considéré comme grandement suspect du point de vue de vos sentiments français, mais puisque vous parlez bien notre langue, nous envisageons de vous faire bénéficier d’une carte blanche de circulation restreinte et de vous assigner à résidence au centre surveillé de Saint Maximin, plutôt que de vous interner au camp de Précigné”
-“Mon épouse?”.
-“Elle vous accompagnera”
-“Vous ferez partie du convoi du 6 janvier. En échange de cette mesure de clémence, nous comptons que vous nous aiderez à installer le camp”
Dénonciations, mouchardages, calomnies, toutes les bassesses se donnaient libre cours pour conquérir les bonnes grâces de la commission et obtenir la carte tricolore de libre circulation hors de la zone des Armées. Carl Hemlinger ne pouvait plus vivre dans cette ambiance. Les valeurs auxquelles il croyait jusque là n’avaient plus cours. Cette proposition, lui évitait l’internement. Il accepta.
 
 
 
 
 
Choisir?
 
 
 
Dix camions conduisirent les otages à Saint Maximin. Ils occupèrent les “locaux” mis à leur disposition. Pas plus qu’à Marseille, on n’avait préparé leur arrivée. Ils furent entassés dans des bâtiments insalubres et sous tentes. Les “Romanichels” furent encore plus mal lotis que les autres.  
Le froid de cet hiver rigoureux qui faisait des milliers de victimes au front, quoiqu’un peu moindre en Provence, causa de véritables ravages au sein de cette population mal chauffée et mal nourrie. Mal chauffée, mal nourrie, et dans des conditions d’hygiène déplorables. Une inspection conduite par un médecin militaire constata qu’il y avait danger de choléra. Cela causa quelque émoi mais la direction du camp accusa le médecin d’être bien trop sensible. Il lui fut répondu que la guerre serait courte, qu’il était donc inutile d’entreprendre des travaux. Pour quelques otages, on n’allait pas creuser des feuillées ailleurs que dans la cour.  
La situation sanitaire se dégradait de jour en jour. Les incidents se multiplièrent entre otages et population civile.  
Carl Hemlinger qui s’était tenu à l’écart des conflits pour pouvoir organiser avec Martha un semblant d’école, usait de son autorité morale pour calmer les esprits. Trop de trafics se faisaient sur le dos des prisonniers, il ne pouvait rester indifférent. Il se décida à demander une entrevue au commandant du camp mais comme ses premières demandes n’avaient pas été transmises, il fut contraint d’user d’un stratagème. Il imagina de faire passer l’information par des voix détournées.  
Comme tout leur courrier était surveillé par la censure, les otages ne se plaignaient jamais. Ils se contentaient de donner de leurs nouvelles, sans trop de commentaires. Indisposer la hiérarchie du camp, c’était s’exposer à la privation de sortie, donc à la privation de la faculté de travailler un peu pour améliorer l’ordinaire.
A Saint Maximin, comme dans toutes les communes vidées de leurs hommes actifs, les Alsaciens avaient trouvé du travail et gagnaient assez d’argent pour acheter un peu de charbon, un peu de nourriture, quelques vêtements chauds pour les enfants.
Carl écrivit au curé de son village. Sa lettre qui mettait en cause un certain nombre de personnes fut postée en dehors du camp, mais dans une boite militaire, pour qu’on n’accuse pas son auteur d’avoir cherché à éviter la censure.  
 
Les faits rapportés étant graves l’officier censeur ne put éviter de faire un rapport qui remonta jusqu’au Directeur du centre de Saint Maximin.
-“Otage Hemlinger, c’est bien vous qui avez écrit la lettre que voici. Ce courrier a été arrêté. Vous vous plaignez d’être mal soigné et d’avoir froid et faim... Vous accusez certains de vos compatriotes. Que s’est-il passé?”
Hemlinger démonta tout un mécanisme, qui voulait qu’en l’absence d’un médecin et d’infirmiers militaires sur place, on fasse appel à des médecins et des infirmiers civils rétribués sur la base d’un tarif minimum. Mécontents, les requis limitaient leurs prestations aux visites de routine, exigeaient pour un acte médical véritable des honoraires identiques à ceux pratiqués en ville. Honoraires qui s’ajoutaient donc à l’indemnité officielle globale, versée chaque fin de semaine.
-“Cela ne serait pas trop grave si tous avaient les moyens de gagner un peu d’argent. Dans le camp et en ville plusieurs jeunes femmes, s’adonnent à la prostitution pour trouver cet argent. Ce n’est pas tout, il faudrait aussi mettre fin aux vols sur le charbon et la nourriture qui nous sont destinés”
Cet instituteur qui fourrait son nez partout et avait mis à jour les petites combines des uns et des autres, devenait encombrant. Il était temps de s’en débarrasser. L’envoyer ailleurs serait aisé mais ne ferait que déplacer le problème.  
-“Otage Hemlinger, nous venons de nous aviser que vous aviez fait partie de la Ligue militaire de Masevaux et que vous étiez un excellent tireur. Savez-vous que nous pourrions faire sortir votre femme de cet endroit, si elle devenait française?”
-“Mais elle est française, ses grands-parents l’étaient en soixante dix!”.
-“Non Hemlinger, en vous épousant elle est devenue Allemande. Mais vous, vous pouvez devenir Français!”.
-“Comment deviendrais-je Français si je suis Allemand?”
-“Vous pouvez! En vous engageant dans la Légion étrangère, vous deviendriez Français. Trois jours plus tard, en tant que Français vous pourriez choisir de servir dans le régiment de votre choix. Votre femme, elle, si elle déclarait vouloir choisir d’être Française, le redeviendrait et pourrait alors travailler dans un hôpital de la région toulonnaise. Vous devrez cependant changer de nom, et sans que votre famille en soit informée. Les hasards de la guerre peuvent ramener les Allemands dans votre région et dans ce cas...Vous avez quelques heures pour réfléchir.....Un autre instituteur viendra vous remplacer ici”.
Tout ceci semblait tortueux mais il ne supportait plus de voir, sa jeune femme exposée à cette promiscuité, endurer tant de privations. Il lui parlerait.
 
-“Écoute Carl! La guerre ne va tout de même pas durer trois ans! Nous n’allons pas laisser tomber ces enfants qui ont recommencé à travailler. C’est vrai, nous ne sommes pas bien, les gens d’ici ne nous aiment pas, ils nous prennent pour des Allemands, mais ils finiront par s’habituer”.
-“Je ne peux plus te voir ainsi. Il vaut mieux que tu travailles comme femme de peine dans un hôpital, et que tu sois libre  
-“Carl, oh Carl, tu vas t’en aller faire la guerre et partir Dieu sait où”
Elle était belle ainsi. Le buste pris dans le grand châle d’indienne qui ne la quittait jamais. Cette riche parure était son luxe, sa manière d’affirmer que les événements n’avaient pas eu de prise profonde sur elle.
Dans la lumière du soir, son profil se découpait sur le carreau de la fenêtre de leur cellule. Si pâle. Une petite veine bleue battait à son cou.
Elle a beaucoup maigri, elle a vieilli de cinq ans en quelques semaines...Il faut qu’elle sorte de là.
Elle répéta  
-“Carl, Carl ne me laisse pas, je ne peux pas rester seule!”
-“Tu es fatiguée, si tu restes dans ce cloaque tu vas être atteinte de phtisie. Regarde autour de toi. Qu’allons nous devenir si la guerre dure? Dans un hôpital, tu mangeras à ta faim, tu seras soignée si tu tombes malade. Moi, je vais choisir l’artillerie. Ils manquent de gens capables de calculer vite. Dans six mois je serai caporal, dans un an, sous-lieutenant et nous aurons un peu d’argent.
-“Ne me laisse pas Carl, je ne peux pas vivre seule et je ne veux pas me demander tous les jours si tu es encore en vie“
Une telle violence le surprit, une véritable panique se lisait sur son visage.
Pourtant, jusque là, elle s’est montrée plus que courageuse.
Quelques jours plus tard, Carl Hemlinger signa son engagement pour la Légion étrangère.

n°5111
Posté le 25-03-2005 à 08:45:09  answer
 

Salut à tous.
C'est tres intéressant.
Mais je croyais que les dragons ne portaient pas les cuirasses.( Car on disait " les cuirasses ", au pluriel, n'est-ce pas ) C'est alors des cuirassiers peut être ? Si c'est le cas, après les avoir retirer qu'en font-ils ? Il ne peut etre question de les suspendre aux selles car quels bruits de cloche lors de la progression même au pas !
E.Eminet

n°5113
Posté le 25-03-2005 à 09:10:33  answer
 

Bonjour,
 
Vous avez tout à fait raison de faire remarquer ce point...dans le prochain tirage je couperai......merci...CC

n°5118
Posté le 25-03-2005 à 10:19:38  answer
 

Bonjour.
Ce n'était qu'un petit détail.
Certaines unités de cuirassiers ont été officiellement " décuirassées " des la mi-octobre 14 - sans parler des cavaliers auparavant définitivement mis à terre faute de montures et regroupés dans des escadrons à pied ; les cuirasses n'étaient pas encore définitivement abandonnées; elles étaient regroupées dans des voitures dans les trains de combat .  
Dans ces memes formations, ce n'est qu'en mars 15 qu'elles seront définitivement reversées.
E.Eminet.

n°5119
Posté le 25-03-2005 à 11:29:31  answer
 

Bonjour à tous,
 
Pour les Passionnés du sujet un excellent ouvrage:
 
Des Alsaciens-Lorrains otages en France (Presses Universitaires de Strasbourg, 1998).
Souvenirs d'un Lorrain interné en France et en Suisse pendant la guerre par François Laurent, présentés par Camille Maire.
 
Ce sont les notes prises au jour le jour par ce greffier lorrain au cours de sa captivité, un véritable journal.

 
Cordialement.
 
J.DIDIER


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