Bonjour,
pour mettre mon "grain de sel" dans votre demande, du côté allemand, désertions de malgré-nous que j'ai rencontrés :
- un ancien du JR 92, lors d'une attaque française en janvier 1915, s'est fait oublier dans un abri enterré, avec 2 camarades de même condition, lors d'un repli allemand consécutif à un bombardement Français et prélude à une attaque. Fut ensuite interné au camp de Lourdes.
- un ancien du IR 354, lors de la confusion suite à l'attaque américaine sur le saillant de St-Mihiel, en transférant des blessés vers Novéant sur Moselle, tente de rejoindre sa famille près de Metz, pour s'y cacher...mais tombe nez à nez avec son lieutenant et doit retourner à son poste.
- un ancien du IR 136, lors de l'attaque imminente des américains (Romagne-Montfaucon), se fait oublier avec un camarade dans le brouillard d'octobre 1918, et l'attaque n'arrivant pas, ils rampent vers les lignes américaines pour se faire prendre, avec de grands risques. Communiquant par bribes d'Allemand, de Français et d'Anglais..et même d'Italien, et beaucoup de gestes, ils réusissent à se constituer prisonniers. Internés ensuite au camp de Saint-Rambert.
- un ancien du KGR n°7 cite un camarade qui veut déserter en "faisant le mort" lors d'une attaque française. A côté de lui se trouve un lieutenant allemand, blessé au bras, qui se fait tuer à la baïonnette par des troupes françaises d'Afrique. Il continue à faire le mort et retrouve son régiment lors de la conte-attaque allemande.
- d'autres se sont "promenés" suite à une évacuation sanitaire, pour éviter de retourner trop vite au front.
Comme vous indiquez si bien, la désertion en premières lignes était très périlleuse pour les malgré-nous, car il fallait arriver à faire comprendre aux troupes françaises, anglaises ou U.S. son statut, et surtout éviter de se faire tuer par les guetteurs.
Bien cordialement.
P. Lamy
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"C'est le Vin qui a fait gagner la Guerre"
Jean-Louis Billet, agent de liaison au 70e BACP