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  Au détour d'un JMO (8) - accidents de grenades

 

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Auteur Sujet :

Au détour d'un JMO (8) - accidents de grenades

n°68393
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 20-09-2009 à 00:18:04  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Le rappeler à certains nouveaux participants est devenu un leitmotiv qu'on ne saurait perdre de vue : les munitions sont toujours dangereuses, mortelles. Plus encore même avec le temps. Mais déjà à l'époque, en plus d'être mortelle contre l'ennemi (c'est l'objectif initial), les grenades françaises furent un vrai problème pour les combattants. Voici quelques exemples :
 

  • A l'entraînement :

JMO 3e BCP, page 62.
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
 

Citation :

28 avril 1916 :
(...)
10h Accident dans un exercice de grenades, tuant deux chasseurs, blessant un aspirant, un sergent, un caporal et deux chasseurs.
(...)
29 avril :
8h Enterrement des deux chasseurs tués accidentellement la veille.


 
Si l'un d'entre-vous possède le nom des deux chasseurs, ce serait une information supplémentaire. Ils n'apparaissent ni dans le JMO ni dans l'historique.
 

  • Pendant le transport en première ligne :

JMO du 21e RI, page 58
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
 

Citation :

8 mars 1916, Verdun.
« A signaler vers 22 heures un accident de grenades assez grave. Une corvée du 149e RI apporte au PC du 3e Bataillon (pont de chemin de fer Nord de la Mare de Vaux) un approvisionnement de grenades disposées en vrac dans des sacs à terre. Un sac déposé à terre un peu trop brusquement fait explosion, une partie des autres sacs saute aussi, il y a une trentaine de blessés en majorité du 149e et du 409e. »


 

  • Pendant le stockage au front :


Source identique au précédent exemple, même page.
 

Citation :

« 9 mars. A signaler vers 7 heures un nouvel accident de grenades. Dans la nuit des grenades en sac ont été apportées près de l'abri (70-3-33-6) vers 6 heures du matin, pour éviter qu'un éclat d'obus ne fasse exploser ces grenades, le Lt colonel Lecoanet donne l'ordre de les rentrer dans l'abri. Vers 7 heures un homme accroche avec un pied un sac de grenades qui fait explosion. Le lt colonel Lecoanet est blessé ainsi que le commandant Normand, le Capitaine de Cuverville et plusieurs sous-officiers et soldats. Le commandant Sermarse prend le commandement du régiment.
Les grenades cause des deux accidents sont du modèle P.I. 1915. Elles n'auraient jamais dû être transportées en vrac car le frottement des unes contre les autres a usé les ficelles qui se sont rompues et elles se sont armées toutes seules et au moindre choc ont fait explosion. Ces grenades doivent être transportées en caisse et calées avec du papier ou de la paille. »


 
En à peine 24 heures, deux accidents dus au même type de grenade, dangereuse à manipuler pour les soldats français, peu fiable dans son fonctionnement et à l'efficacité toute relative au combat...
http://img24.imageshack.us/img24/6291/accidentsdegrenades.gif
 
Tout est dit dans ce JMO sur la dangerosité dès l'époque de leur fabrication de ces engins. Cette illustration extraite du site de Bernard Plumier montre la grenade PI 1915 et la fameuse ficelle.
http://www.passioncompassion1418.com/plateforme.html
 
http://img263.imageshack.us/img263/9641/grenadepi1915.jpg
 

  • Mais aussi à l'arrière :

Dans le cadre d'une démonstration :
Le Figaro, 5 janvier 1916, page 5. Source : Gallica

Citation :

Tué par l'explosion d'une grenade.
Le soldat permissionnaire Louis Laroche du 20e bataillon du génie avait rapporté du front une grenade chargée et amorcée. Hier matin, comme il montrait cet engin à une voisine, Mme Augustine Leroy, à son domicile, 25 rue Myrrha, il en provoqua accidentellement l'explosion.
La malheureux soldat fut tué sur le coup. Mme Lery, très gravement blessée aux jambes, dut être hospitalisée d'urgence à l'hôpital Lariboisière.
A propos de cet accident, la Préfecture de police nous prie de rappeler au public que le Laboratoire municipal se charge de l'enlèvement de tout engin suspect qui lui est signalé.


 
Le sapeur 2e classe de la compagnie 20/1T, mort à 43 ans, n'a pas eu droit à la mention Mort pour la France.
 
Même après la guerre (logique puisqu'encore aujourd'hui il faut rappeler leur dangerosité) :
Le Petit Parisien, 2 février 1919, Source : Gallica
 

Citation :

Un camion de grenades explose à Epinay
http://img34.imageshack.us/img34/6323/grenade1919pparisien.jpg
Les deux conducteurs sont tués, un passant grièvement blessé
La banlieue nord, une des plus éprouvées par la guerre, a vécu, hier matin, à nouveau, un moment d'intense émotion, par suite d'un accident grave, qui aurait pu prendre les proportions d'une véritable catastrophe.
Il était sept heures et demie environ. Un convoi, composé de quatre camions militaires, traversait Epinay, en suivant la rue de Paris, lorsqu'une formidable explosion se produisit, ébranlant les maisons, broyant les vitres et mettant en sursaut la ville et le voisinage. C'était un des camions, disait-on, qui, chargé de grenades – toujours les grenades ! - venait de sauter en pleine rue ; il y avait des morts et des blessés. Cette nouvelle, lancée en un clin d'œil par toute la ville, était exacte, malheureusement : car si l'on ne se trouvait pas en présence d'un de ces coups d'épouvante dont on avait gardé le souvenir, l'accident n'en avait pas moins fait trois victimes dont deux morts.
Ces malheureux – les deux conducteurs – avaient été littéralement mis en pièces. On en retrouva, ci et là, les débris informes, projetés jusque dans la boutique voisine.. Quant au camion, il n'était plus qu'un amas de ferrailles, où par instants des explosions partielles crépitaient encore. Alentour, toutes les maisons avaient été touchées assez profondément pour la plupart, notamment les immeubles portant les numéros 13, 17, 19, 23, 16, 18 et 20 ; un magasin, celui des établissements économiques de Reims, était presque entièrement détruit.
Le premier moment d'émotion passé, on s'occupa d'identifier les victimes. C'étaient d'abord les deux conducteurs appartenant tous deux au 117e d'artillerie lourde ; Ernest Carlin, vingt-sept ans, domicilié 16, rue Berzélins, à Paris, et l'Algérien Thomas Riéra, vingt-deux ans, engagé volontaire. On comptait, outre un blessé – très grièvement – un pharmacien militaire, René Peltan, vingt-quatre ans, de la 22e section des infirmiers militaires, demeurant à Paris, boulevard Pereire. Le malheureux passait dans la rue au moment où l'explosion se produisit. Un éclat lui enleva la moitié de la face, lui arrachant en outre l'œil gauche. Relevé sans connaissance, il fut transporté à l'hôpital mixte de Saint-Denis.
Quelques instants auparavant, les enfants d'une école voisine avaient traversé la chaussée !...
Il est à remarquer encore que, par suite sans doute de l'intervalle – quarante mètres – qui séparait les voitures, les autres camions n'ont pas été impressionnés par le choc de la déflagration et n'ont pas explosé. Mais les deux conducteurs, affolés au bruit des déflagrations, ayant sauté à terre, laissèrent abandonnée à elle-même leur voiture qui alla défoncer la porte du restaurant de l'hôtel de France, Pecqueur, 5, rue de Paris.
En ce qui touche les causes de l'accident, diverses hypothèses ont été examinées. C'est ainsi qu'on avait cru trouver dans l'échauffement présumé du moteur de la voiture le facteur déterminant. Mais l'enquête menée par l'autorité militaire semble avoir mis définitivement les choses au point, et le fait serait imputable à une négligence. Des renseignements recueillis, il résulte, en effet, qu'au moment du chargement, au dépôt de Sannois, des caisses de grenades sur le camion, on avait pu constater le mauvais état de certains couvercles de ces caisses ; plusieurs, dit-on,étaient défoncés. Ne se trouvant plus, par cela même, exactement maintenues, ayant, comme on dit, du jeu, les grenades, non démunies de leur détonateur, s'étaient choquées... C'est simple, mais c'est très grave.


 
 
Un autre article, du Petit journal (même provenance) cette fois-ci, précise que le convoi de quatre camion se dirigeait vers Villers-Cotterets pour que les engins soient explosés. Le camion détruit portait le numéro 17. Les grenades continuèrent d'exploser pendant une trentaine de minutes et la voiture qui défonça la devanture de l'Hôtel de France était en fait le premier camion du convoi !
Les deux soldats ont eu droit à la mention morts pour la France suite à un accident en service commandé. Tout comme le soldat grièvement blessé, décédé 5 jours plus tard.
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=ICg8U9BXwAOgcUXp9mf+EQ==&_C=3933996564
 
 
Ces histoires tragiques de grenades sont nombreuses. Les hommes tués par l'explosion de leur grenade au cours du combat aussi, bien que je n'en ai pas noté dans les JMO lors de mes dernières lectures. Si vous avez d'autres exemples liés à la dangerosité des grenades (en particulier des PI 1915), n'hésitez pas.
 
A la semaine prochaine,
Arnaud


Message édité par Arnaud Carobbi le 20-09-2009 à 00:18:31

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Dernière mise à jour du Parcours du combattant 14-18 : 17/09/17 - Henri Pannard, transcription de sa biographie
n°68400
IM Louis J​ean
Posté le 20-09-2009 à 09:01:23  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour Arnaud,
 
Une série d'accident de grenades au 42ème BCP en octobre 1916!
JMO 42ème BCP, page 93.
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
 

Citation :

3 octobre 1916
 
Au cours d'un exercice de lancement de grenades les chasseurs
7° Cie Folkmann   2° cl  Blessé
"         Guillesson     "     Blessé
sont blessés par un éclatement prématuré.
Le chasseur Guillesson meurt des suites de ses blessures.
 
4 octobre 1916
 
Par suite de la maladresse d'un grenadier qui laisse tomber une grenade amorcée le Bataillon perd :
8° Cie  Barault   Adt-chef  Blessé
   "       Micheloti 2° cl        Blessé
 
5 octobre 1916
 
Un nouvel éclatement prématuré de grenade fait subir au Bataillon les pertes suivantes :
Capne Léandri     Commt la 7° Cie    Blessé
7° Cie  Baron       Sergent                 Blessé
7° Cie  Forestier  Caporal                 Blessé
Le sergent et le caporal meurent des suites de leurs blessures.
 
6 octobre
 
Le Bataillon quitte le camp 54.


 
Cordialement
sesouvenir


Message édité par IM Louis Jean le 20-09-2009 à 09:02:19

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<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°68405
Yans83
Posté le 20-09-2009 à 09:56:40  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Exemple d'un officier tué accidentellement lors d'un exercice de lancement de grenade : cela se passe le 28 Août 1917 à Robert-Magny (52)  au sein du 298° R.I. Je ne sais pas si le modèle de grenade que vous avez cité est en cause car le JMO est manquant à cette date-là et hélas, je n'ai pas d'autres informations..
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 2909130892
 
Cordialement
Yannis

n°68412
Stephan @g​osto
Posté le 20-09-2009 à 10:42:16  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Pas moins de 7 officiers du 74e R.I. tués ou blessés par l'éclatement prématuré ou accidentel du grenades...
 
Et puis, ce pauv'bougre, seule victime du 74e le 16 avril 1917 :
 
"Le 16 avril 1917, la compagnie était en formation de combat à Romain (Marne), les faisceaux formés, les rangs rompus. La caporal S... se trouvait un peu à l’écart de la compagnie, assis et en train d’écrire. Dans sa musette se trouvaient quatre grenades OF distribuées la veille au soir.  
 
Vers 15 heures, une de ces grenades fit explosion, sans que cet accident ait pu être expliqué, tua le caporal et blessa le soldat V... qui se trouvait près de lui. Le corps de S...,retrouvé à 5 mètres du lieu de l’explosion, atrocement déchiqueté, fut transporté à l’ambulance 13/3, secteur postal 95, à laquelle ont été remis les objets trouvés sur lui."

 
A noter que le J.M.O. du 74e n'a consigné pratiquement aucun de ces cas, ni même ce dernier...
 
Bonne journée.
 
Stéphan


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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : Les trois pipes du 74e !
n°68415
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 20-09-2009 à 12:34:38  profilanswer
 

Bonjour,
 
Les mines aussi étaient source de nombreux accidents. Tel le soldat Marius DURUP, victime d'une mine française, le 31 décembre 1916, à Vauquois.
 
L'accident du 31 décembre 1916 a causé 36 tués, aucun survivant. (information reçue des "Amis de Vauquois" et relaté dans le livre "La butte meurtrie Vauquois la guerre des mines 1914-1918", page 264).
 
Fiche MDH du soldat DURUP : http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3130420015
 
Bon... je rends le fil aux accidents de grenades... merci.
 
Au revoir.
 
   Monte-au-creneau (Sylvain)


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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)
n°68417
saintchamo​nd
Posté le 20-09-2009 à 12:47:11  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Bravo Arnaud pour ton travail. Très modestement, j'apporte ma pierre - un gravier tout au plus - au sujet avec l'histoire du 36e et d'Emile Lhostis : http://36ri.blogspot.com/2009/09/e [...] urdie.html
 
Bon dimanche,
 
Jérôme


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Le 36e RI dans la Grande Guerre : http://36ri.blogspot.fr/ - La revue de presse sur le compte Twitter @36regiment
n°68423
Cuchlainn
Posté le 20-09-2009 à 15:16:40  profilanswer
 

Bonjour,
 
A la lecture notamment du récit de l'explosion du camion, une réflexion m'est venue à l'esprit : le ton de ces textes met en exergue la négligence de l'homme qui a amené les grenades à s'entrechoquer plus ou moins - caisses en mauvais état, transport dans un sac, etc - mais se garde de souligner le véritable problème structurel, la trop grande sensibilité de ce modèle précis de grenades. Notre époque, sans aucun doute, opterait exactement pour la vision inverse. Le discours que nous avons-là correspond-il à une question de mentalités d'une époque ou est-il simple adaptation à une situation de guerre - il ne serait pas bon pour le moral d'écrire froidement qu'on colle dans les mains des soldats des grenades aussi dangereuses pour eux que pour l'ennemi ? Je me rappelle en tout cas de la phrase d'un soldat, peut-être dans Paroles de Poilus ou bien citée par Meyer - je cite de mémoire : l'homme dit son "mépris pour ces gens qui ont passé des marchés de grenades à douille de carton et qui viennent une fois de plus de tuer un Français".
 
Malgré tout, la dangerosité intrinsèque des grenades a-t-elle été, au bout d'un moment, suffisamment mise en cause pour que l'armée exige des fournisseurs des armes plus fiables ?
 
Cordialement,
Cyrille


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"Sur un banc étaient rangés quinze ou vingt bonshommes qui avaient bien une douzaine de jambes à eux tous." (Duhamel)
n°68425
marcel cle​ment
Posté le 20-09-2009 à 16:10:57  profilanswer
 

Bonsoir à tous, :hello:  
 
En écho à ce fil d'Arnaud, dans  " Les Carnets de l'Aspirant Laby chez Bayard, page 110 ":
 
" Samedi 21 août. Déjeuner à Pas, suis à côté du Dr Touyeras. Accident à un exercice de grenades, à côté de l'ambulance : deux morts, cinq blessés dont le médecin auxiliaire- blessures atroces : deux bras coupés, maxillaire enlevé etc ... "
 
Il me semble avoir lu d'autres récits d'accidents de ce type. Dont un, ou un officier ayant reçu des caisses de grenades , sans notice explicative et ayant eu un accident grave donna l'ordre de jeter par dessus la tranchée toutes ces grenades.
 
 
Amicalement,
 
Alain MC


Message édité par marcel clement le 22-09-2009 à 09:36:05
n°68436
jef52
Posté le 21-09-2009 à 07:28:39  profilanswer
 

Bonjour tout l' monde,
 
Un Lieutenant Colonel victime des grenades :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/1778/Belloc%20Pierre.jpg
 
Amicalement,
Jef :hello:


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"Désormais je sais enfin que tous ces morts, ces Français et ces Allemands, étaient des frères, que je suis leur frère" Ernst Toller
Le blog du 232e RI http://232emeri.canalblog.com/
n°68437
Eric Mansu​y
Posté le 21-09-2009 à 09:10:44  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Je crois me souvenir que le soldat Auguste Auberger, arrivé le premier au sommet de l’Hartmannswillerkopf avec sa vague d’assaut le 26 mars 1915, est mort à l’hôpital de Bussang en septembre 1915 des suites d’un accident survenu lors d’un exercice de lancement de grenades. Mais je n’arrive pas à remettre la main sur la source qui me l’a appris…
 
Toujours au 152e R.I., autre accident en 1917 :
« 4 février 1917 : accident pendant un exercice de lancement de grenades. 1 tué et 2 blessés de la 7e Cie. » (JMO du 152e R.I.)
Les blessés sont André Gravelle (plaies multiples des jambes et des cuisses, fracture ouverte de la jambe gauche) et Antoine Colin (plaies multiples des cuisses, des jambes et du poignet droit, fracture de la jambe droite). Le JMO du 152e R.I., particulièrement pauvre en patronymes, ne donne pas le nom du tué.
 
Fin février 1917, c’est le capitaine Aubry, du 67e B.C.A., qui est sérieusement blessé au cours d’un exercice, et souffre de plaies multiples de la face et de la main droite causées par des éclats. Le JMO du bataillon n’en fait pas état.
 
Dans le cas du 152e R.I. comme dans celui du 67e B.C.A., c’est le JMO du médecin d’Armée qui nous renseigne sur ces faits.
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°68461
vincent le​ calvez
Posté le 22-09-2009 à 07:43:50  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Arnaud, quel grand lecteur de JMO !
 
Un exemple au 28e RI avec Robert Olmer.
 
http://vlecalvez.free.fr/olmerportait.jpg
 
Extrait d'une biographie tirée du livre d'or de l'École de physique et de chimie (merci à Frédéric Santi qui m'a transmis ce document).
 
"Parmi tous les camarades dont cette guerre nous a privés,
Olmer est le plus jeune, il n'avait que dix-neuf ans et demi quand il trouva la mort. Né le 27 novembre 1897, il était le plus jeune de douze enfants, et fit ses études au collège Stanislas où son frère était professeur de physique et de chimie. Quand la guerre éclata, il n'avait que seize ans et demi et il voulut s'engager, comme l'avait fait son père en 1870. Mais M. Olmer qui avait déjà sept fils et gendres mobilisés pensa, avec juste raison, que la Patrie pourrait attendre ce nouveau combattant et lui déclara qu'il ne l'autoriserait à s'engager que lorsqu'il aurait passé son baccalauréat et qu'il serait admis
à l'École de Physique et de Chimie.
Ces obstacles furent un stimulant pour Robert Olmer, qui travailla avec ardeur et fut reçu à P.C. en juillet 1915 ; deux jours après, il passait son baccalauréat et obtenait la mension "très bien". Ayant ainsi rempli les conditions qui lui étaient imposées, il s'engagea, le 13 juillet 1915, pour la durée de la guerre et fut incorporée au 28e régiment d'infanterie, à Evreux.
Retenu à l'intérieur par suite de douleurs, il partit l'année suivante sur le front ; pendant un exercice de lancement de grenades, un projectile mal réglé éclata, lui emportant la moitié de la tête, le 20 juillet 1916, à Orval (Somme). Il n'eut pas l'occasion de déployer son ardeur dans les combats, mais nous sommes convaincus qu'il aurait fait vaillamment son devoir de Français. Il avait, avant la guerre, passé quelques temps en Allemagne, pour se perfectionner dans la langue, et avait rapporté de son séjour une haine farouche du Boche et une foi patriotique ardente. Sa confiance dans le succès de nos armes était absolue et il y aurait contribué pour sa part si un accident banal n'était venu interrompre brusquement son existence.
A sa famille désolée, nous renouvelons nos témoignages de douloureuse sympathie. A Robert Olmer, qui eut une si haute idée de ses devoirs patriotiques, nous envoyons notre souvenir ému ; nous pouvons être fiers de compter parmi nous cette âme bien trempée, enlevée trop tôt, hélàs, à l'affection de sa famille et de ses amis.
M. Entat

 
Robert Olmer repose dans la nécropole nationale
d'Hattencourt (Somme), tombe n°628.
 
http://vlecalvez.free.fr/mp_olmer.jpg
 
Bonne journée
 
Vincent


Message édité par vincent le calvez le 22-09-2009 à 07:45:15

---------------
Site Internet : Adolphe Orange du 28e RI http://vlecalvez.free.fr
En ce moment : le 28e RI à Sissonne en octobre 1918 http://vlecalvez.free.fr/nouveaute.html
n°68477
valier
Posté le 22-09-2009 à 19:08:31  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
Pour enfoncer le clou, voici l'évocation, dans le JMO du 90° RI, de la mort d'un officier par "accident de grenade".
Nous sommes le 15 novembre 1918.
 
Bonne soirée
 
Jacques
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2503/Pages%20de%20MdH%20GajanB.jpg


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Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°68506
humanbonb
Posté le 23-09-2009 à 18:00:29  profilanswer
 

Bonjour,
Ma participation à ce sujet avec cet extrait d'un article de Militaria Magazine écrit par Gérard Lachaux.
 
http://i35.tinypic.com/wjce8z.jpg
 
 
Bonne journée.
Cdlt JuLien.

n°68599
air339
Posté le 26-09-2009 à 10:14:54  profilanswer
 

Bonjour,
 
Voici ce qu'écrit Amboire Harel dans son livre "mémoire d'un poilu breton" (ed. originale 1921 -réédition 2009, p.146) :
"comme grenades nous reçûmes, outre des asphyxiantes, suffoccantes, incendaires et offensives, la grenade "f-1" mnie 'un bouchon allumeur spécial,dit "Bouchon allumeur automatique 1917". ce bouchon allumeur se rabattait sur la grenade en forme de cuillère et était fuxé sur le percuteur par une tige à anneau ou anneau de sûreté. Pour s'en servir, il suffisait de retuirer l'anneau et de jeter la grenade ; en l'abandonannt de l

n°68600
air339
Posté le 26-09-2009 à 10:36:18  profilanswer
 

booom ! en saisissant le texte, j'ai posté le texte incomplet !
 
Je reprends...
 
Voici ce qu'écrit Amboire Harel dans son livre "mémoire d'un poilu breton" (ed. originale 1921 -réédition 2009, p.146) :  
 
"Comme grenades nous reçûmes, outre des asphyxiantes, suffocantes, incendaires et offensives, la grenade "F-1" munie d'un bouchon allumeur spécial, dit "Bouchon allumeur automatique 1917". ce bouchon allumeur se rabattait sur la grenade en forme de cuillère et était fixé sur le percuteur par une tige à anneau ou anneau de sûreté. Pour s'en servir, il suffisait de retirer l'anneau et de jeter la grenade ; en l'abandonnant de la main, la cuillère se relevait et agissait sur le percuteur, en cinq seconde la grenade éclatait. Cette grenade présentait le danger d'être, avec son dispositif d'allumage, trop fragile à transporter dans une musette ; les cuillères, par de faux mouvements inévitables, s'emmanchaient dans les anneaux à goupilles, plus ou moins bien serties, et il suffisait qu'une de ces goupilles s'arrache pour qu'immédiatement tout saute et vous réduise en miettes. Trois poilus, d'une compagnie qui montait en ligne, furent tués dans ces conditions. Je vérifiai soigneusement chacun de ces engins avant de les remettre à mes hommes ; celles qui ne présentaient pas toute sûreté, je les balançai dans le bois."
 
Explosions prématurées des pétards "raquettes", chocs accidentels sur le percuteur des "citrons" Foug, chutes des "poires "P1", accrochage des anneaux des F1 (A. Harel parle de l'allumeur 1917, il s'agit je pense de l'allumeur Billant 1916), ceci rappelle qu'une arme est faite pour tuer et qu'il suffit d'un rien pour allonger la sinistre liste...

n°68614
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 26-09-2009 à 19:23:58  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un grand merci pour toutes vos contributions et vos divers exemples qui montrent bien la dangerosité des grenades et le fait que ces accidents étaient relativement fréquents.  
A la lecture des divers types d'accidents m'est venue une nouvelle question : avez-vous connaissances d'exemples identiques dans l'armée allemandes ? Etaient-elles plus fiables, moins dangereuses lors de leur transport ?  
 
Amicalement,
Arnaud
 


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Dernière mise à jour du Parcours du combattant 14-18 : 17/09/17 - Henri Pannard, transcription de sa biographie
n°68620
Eric Mansu​y
Posté le 27-09-2009 à 09:08:23  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Quelques documents concernant la VIIe Armée :
 
VIIe ARMEE
COMMANDEMENT DU GENIE
N°3429
SECTEUR POSTAL 85
 
Q.G., le 24 juin 1915
 
Rapport du Lt-Colonel CONNETABLE
Commandant p.i. le Génie de la VIIe Armée
au sujet de l’emploi des pétards à manche et des grenades de Béthune
 
L’emploi des pétards de la IIIe Armée par les troupes de la VIIe Armée ont donné lieu à certaines critiques. Tout d’abord deux explosions spontanées se sont produites au cours des transports et manipulations ; l’une d’elles a causé la destruction d’une automotrice du tramway de la Schlucht et du matériel qu’elle contenait. Ce genre d’accident est toujours possible dans le maniement des artifices amorcés. D’autre part, l’emploi de ces pétards nécessite avant le lancement une opération préliminaire qui consiste à faire passer le percuteur de son logement d’attente à son logement d’emploi.  
Cette manipulation, bien que fort simple, nécessite une certaine attention qu’il est difficile de fixer dans le feu d’une attaque. Enfin pour opérer la percussion, il est nécessaire d’avoir un corps dur à sa disposition. Cette percussion peut être obtenue, il est vrai, en frappant sur le talon du soulier, mais cette opération, au cours d’une marche à l’ennemi, n’est pas sans difficulté.
Or l’expérience a prouvé que la grenade de Béthune est très pratique et tous les corps qui en ont fait usage sont unanimes à en reconnaître les avantages. Cet engin est allumé par un simple mouvement de traction, ce qui ne nécessite aucune réflexion de la part de celui qui l’emploie. Il est transporté sans être amorcé et la mise en place des détonateurs se fait à proximité du lieu d’emploi, les accidents dus au transport ne sont donc pas à craindre. Enfin les effets produits par cette grenade sont absolument du même ordre que ceux du pétard de la IIIe Armée. Il y aurait donc intérêt pour la VIIe Armée dont les troupes sont entraînées au maniement de la grenade de Béthune à substituer l’emploi de cette grenade à celui du pétard à manche. […]
 
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VIIe ARMEE
COMMANDEMENT DU GENIE
N°3711
SECTEUR POSTAL 85
 
22 juillet 1915
 
Rapport du Lt-Colonel CONNETABLE
Commandant le Génie de la VIIe Armée
tendant à ce que les grenades 1915 F1 soient expédiées toutes chargées par l’Arrière
 
 Il résulte des renseignements fournis par les Commandants du Génie des Divisions de la VIIe Armée, que la grenade 1915 F1 est susceptible de donner toute satisfaction.  
Il y a donc lieu de prévoir, dès maintenant, une consommation élevée de ces engins et de faire constituer, par suite, dans chaque Parc du Génie, un approvisionnement assez important. Cet approvisionnement comprendrait non seulement les quantités nécessaires pour assurer le ravitaillement normal des corps de troupe, mais aussi une réserve destinée à être envoyée, en cas de besoin, sur un ou plusieurs points du front.
Actuellement, les grenades 1915 F1 sont reçues de l’Arrière, non chargées et en deux parties : l’une de ces parties comprend l’enveloppe en fonte, et l’autre l’amorçage. Les Parcs du Génie doivent donc préparer la charge et un système de fermeture provisoire de chaque grenade. Cette dernière précaution est indispensable pour assurer la conservation de l’explosif jusqu’au moment de la mise en place de l’amorçage qui ne doit être effectuée qu’aux abords de la tranchée. Il est à craindre, dans ces conditions, que le personnel restreint des Parcs du Génie à qui incombe déjà une assez lourde tâche, ne puisse réaliser les deux opérations en cause avec tout le soin et la célérité désirables.
En conséquence, le soussigné a l’honneur de demander que les grenades 1915 F1 soient envoyées à l’Armée chargées, leur ouverture hermétiquement fermée par un bouchon facile à enlever au moment de l’opération de mise en place des amorçages. Ceux-ci continueraient à être expédiés à part.
 
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VIIe ARMEE
COMMANDEMENT DU GENIE
N°3429
SECTEUR POSTAL 85
 
Q.G., le 5 décembre 1915
 
Renseignements demandés par la Note n°16665 du 30 novembre du G.Q.G. au sujet des accidents causés par l’explosion prématurée des grenades
(exécution de la transmission n°1984 S/4 du 3 décembre 1915 de Monsieur le Général commandant la VIIe Armée)
 
Les types de grenades à main, employées dans la VIIe Armée et qui ont donné lieu à des explosions prématurées sont :
Les grenades à main ordinaires.
Les pétards à percussion du modèle de la IIIe Armée.
Les grenades modèle 1915 F1.
 
Les grenades à main ordinaires qui ont produit des explosions prématurées étaient fabriquées par la Direction d’Artillerie d’Epinal. Les grenades à main de l’Artillerie ne sont plus que très rarement utilisées dans l’Armée en raison des fréquents ratés auxquels elles donnent lieu.
 
Les pétards à percussion du modèle de la IIIe Armée provenaient d’une fabrication de la Place de Belfort. Les accidents se sont produits au début de cette fabrication mais, en raison des perfectionnements apportés, aucun nouvel accident n’a été relaté depuis le 15 juin.
 
Les grenades modèle 1915 F1, envoyées vides de l’intérieur, étaient chargées dans les parcs du Génie des Divisions. Deux éclatements prématurés se sont produits depuis la mise en service de ces engins sur un total de 500.000 grenades employées.  
 
A l’heure actuelle, en exécution des prescriptions de la Note n°6478 du 12 octobre 1915 du G.Q.G., on ne fabrique plus de pétards à manche dans la VIIe Armée et comme, d’autre part, l’Arrière expédie, depuis un mois environ, les grenades 1915 F1 toutes chargées, il n’est plus procédé au chargement de ces engins dans l’Armée.
 
Le Général ARNOUX
Commandant le Génie de la VIIe Armée
 
 
Source : 19N1350
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°68628
air339
Posté le 27-09-2009 à 12:28:38  profilanswer
 

Un autre type d'accident, fin 1916 en Champagne, relaté par Ambroise Harel ("Mémoires d'un poilu breton" ), avec des grenades citron :
 
"Sur le parapet du poste [d'écoute] se trouvaient, comme toujours, des grenades préparées, c'est à dire placées à la portée de main des veilleurs et ayant le bouchon allumeur dégagé du bouchon de sûreté. Or, la neige était tombée et recouvrait ces grenades, les gardiens du poste, avec l'alternative des relèves, les ignoraient, si bien que le premier qui escalada le poste en fit dégringoler une au fond, qui éclata, blessant les quatre hommes qui venaient à sa suite."

n°68633
pikkendorf​f
124e, 130e et 324e, 330e RI
Posté le 27-09-2009 à 17:05:41  profilanswer
 

Salut Arnaud, bonjour à tous,
 
Pour suivre la triste et longue liste, voici l'exemple du 8 février 1916 au 104e RI :
 
" A la suite d'un accident survenu au cours d'un lancement de grenades à Chaudefontaine, sont blessés :
sous-lieutenant Copé 6eme cie décédé des suites de ses blessures
sergent Roumagne paul étienne gabriel
soldats Parent paul
          Tesnière auguste clément
          Choisnel françois "

 
Le sous-lieutenant Copé était Saint-Cyrien de la promotion "de la Grande Revanche (1914)".
 
Très cordialement
Patrice

n°68779
IM Louis J​ean
Posté le 03-10-2009 à 08:26:38  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Extrait du JMO du service de santé du 217e RI :
 
<<23 juillet 1916
Un accident survenu vers 19 heures au soldat Delcher - Jean-Marie 21ème compagnie - tué par éclat prématuré d'une grenade en pêchant dans le ruisseau de Belrain à Belrain.
Un blessé sérieux évacué sur Bar le Duc Bonhour Jean-Marie - 21ème compagnie - "Plaies par éclats de grenade de la paroi abdominale et de la partie inférieure de la cuisse gauche"
Un blessé léger Chaudagne - 21ème compagnie, 217ème - Blessure insignifiante de la face.
 
Cet accident n'est pas imputable au service. Rapport en double exemplaire fourni au Mm Dre de la 71ème Division le 24 juillet 1916>>
 
Sa fiche MDH porte à la rubrique "genre de mort" : <<accident explosion d'une grenade>>
 
Cordialement
sesouvenir

n°68896
monte-au-c​reneau
Maudite soit la guerre
Posté le 07-10-2009 à 07:40:30  profilanswer
 

Bonjour,
 
Bon... J'ai lu tous vos exemples : Les accidents ont été nombreux.
 
Simplement pour ajouter ce qu'en dit Jacques Meyer dans son "La vie quotidienne des soldats pendant le Grande Guerre" (qui reste le B-A-BA de la GG) :
 
Pour l'attaque ou la défense rapprochée, pour les patrouilles,
la grenade s'imposa très vite. Elle seule permettait
d'atteindre, en trajectoire courbe, les occupants de tranchées
non exposés au tir tendu des fusils.  
 
On confectionna d'abord des pétards sommaires avec des boîtes  
de conserve ou des bouteilles munies de détonateurs. On retira des arsenaux
jusqu'aux modèles sphériques des guerres de l'Empire. On
créa assez vite des types nouveaux de grenades, offensives
et défensives :  
 
celles à cuillère, dont la fabrication, souvent
défectueuse, et le maniement délicat, coûtèrent la vie à de
nombreux soldats et à bien des officiers instructeurs;  
 
la grenade, dite citron, à cause de sa forme, entourée d'une
enveloppe de fonte à quadrillage en relief, était d'un emploi
plus sûr, et rien ne nettoyait mieux un abri conquis qu'un
citron jeté du haut de l'escalier.  
 
Mais il suffisait d'un choc malencontreux sur la mauvaise douille  
en carton du détonateur, pour la faire éclater dans la main ou les pieds du
bonhomme, qu'elle emportait sans merci (*).
 
Les grenades allemandes le plus souvent utilisées étaient faites d'une
boîte métallique fixée à un long manche de bois. Elles aussi
étaient d'une terrible efficacité et pouvaient réduire leur
victime en bouillie.  
 
Le fusil français Viven-Bessières (V. B.)
était un Lebel pourvu d'un tromblon percé d'un trou :
par celui-ci passait la balle qui projetait une grenade,
placée dans le tromblon, à une distance que n'aurait pu
atteindre le bras d'aucun lanceur; c'était une arme simple,
inspirée d'une invention de la guerre russo-japonaise.
 
* : Je n'ai même pas une bouffée de colère contre les  
inconscients ou les cumulards qui ont passé des marchés  
de grenades à douille de carton et qui viennent une fois  
de plus de tuer un Français. (R.Arnaud, ouvrage cité)

 
Au revoir.
   Sylvain


Message édité par monte-au-creneau le 07-10-2009 à 08:45:37

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- "Honte à la gloire militaire, honte aux armées, honte au métier de soldat, qui change les hommes tour à tour en stupides victimes et en ignobles bourreaux."  (Henri Barbusse)
n°70141
Rutilius
Non solum in memoriam.
Posté le 12-11-2009 à 09:25:23  profilanswer
 


   Bonjour à tous,
 
   Autre exemple d'explosion de grenades lors de leur transport :
 
   ― TRAMIER Joseph Pierre, né le 20 mars 1876 à Sarrians (Vaucluse), mort le 13 octobre 1918 à Chalons [-en-Champagne] (Marne), « disparu au cours de l’explosion d’un camion chargé de grenades », 2e Conducteur, 16e Escadron du train des équipages militaires, Matricule n° 545, Classe 1896, n° 1.071 au recrutement d’Avignon [Jug. Trib. Orange, 24 janv. 1920, transcrit à Jonquières (Vaucluse), le 16 mars 1920].
 
   Bien amicalement à vous,
   Daniel.

n°70148
le begue
Essayons
Posté le 12-11-2009 à 11:11:40  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Bonjour Arnaud,
 
Extrait du JMO de la 2/101, page 14 (ou 15?)  
http://images.imagehotel.net/0srqp48ggm.jpg
 
J'ai eu vécu, dans une vie antérieur, une expérience similaire (plaise au ciel, beaucoup moins grave) en juillet 1985... (pour les initiés, tireur gaucher... Si si...)
 
Amicalement,
Louis.

n°70703
Yann LE FL​OC'H
Posté le 23-11-2009 à 17:37:10  profilanswer
 

Bonjour,
 
Ayant récemment chiné une belle carte photo montrant des grenadiers, je me permets de relancer ce fil très intéressant en partageant avec vous cette belle illustration de ce qui aurait pu se transformer en accident de grenades.......
 
Nous sommes au 23e RI ou au 23e RIC ((?) sans doute dans un poste de 1ère ligne vers 196/1917.  Un sapeur de passage (seul à ne pas avoir de housse sur son casque) pose  avec ses camarades fantassins devant l'objectif. On peut imaginer qu'il s'agit de son propre appareil et qu'il veut faire une photo souvenir un peu insolite.
Vu les petits sourires en coins et le  beau geste des lanceurs, le lancer de grenades  est nul doute simulé (il vaut mieux d'ailleurs car on perçoit du grillage au dessus du parapet.....).  Deux types différents de grenades sont visibles dans les mains des deux lanceurs.
 
De telles séances photos où les poilus font un peu les "malins" peuvent rapidement se transformer en drame quand on sait la sensibilité des grenades même en des mains expérimentées......  
 
Cordialement
 
Yann LE FLOC'H
 
http://i50.tinypic.com/65nb49.jpg
 

n°70705
Yann LE FL​OC'H
Posté le 23-11-2009 à 17:55:27  profilanswer
 

rebonjour,
 
J'ai fait une vue rapprochée des  deux types de grenades afin de voir la façon dont elles sont tenues en main.
 
Celle tenue par le grenadier à droite semble être du type décrit plus haut (PI 1915) .
 
L'autre semble semble être une grenade F1 (?) , là aussi il semble qu'un petit fil pend du bouchon percuteur.
 
Cordialement
 
 
http://i48.tinypic.com/dbp81z.jpg
 
 

n°70706
nono26
Posté le 23-11-2009 à 18:22:42  profilanswer
 

Bonsoir,  
 Question annexe : quid de la housse de casque  ?  
Je ne me souviens pas d'en avoir déja vu ou entendu parler...
  une réponse sommaire à usage d'un néophite me suffirait ... bonne soirée . Cdlt  Nono

n°70707
Stephan @g​osto
Posté le 23-11-2009 à 18:32:36  profilanswer
 

Bonsoir,  
 
Belle photo, Yann.
 
Voici une mise en scène du même goût, dans la tranchée d'en face. Ils semblent tous bien s'amuser... sauf le gamin - très jeune gamin -, au milieu, qui a l'air moins à l'aise.
 
Bonne soirée.
 
Stéphan
 
http://pagesperso-orange.fr/la-musette/grenades.jpg


Message édité par Stephan @gosto le 23-11-2009 à 18:33:27

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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : Les trois pipes du 74e !
n°70710
rolando
Qui meurt a ses lois de tout..
Posté le 23-11-2009 à 20:33:15  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
 Il existe une instruction du 15 mars 1919 sur le dressage des grenadiers dans les centres et dépôts de toutes armes qui annule et remplace l’instruction du 29 septembre 1916…
CHAPITRE III  (Ces dispositions abrogent et remplacent la notice du 04/02/1918). Cette notice prévoit la destruction des grenades chargées non explosées.
 A chaque exercice de lancement de grenades chargées, il est nécessaire de procéder à la destruction de ceux des engins qui n’auraient pas éclatés. Les mesures diffèrent suivant le genre de grenades à détruire.
1° Grenades fusantes automatiques.
 Les causes de ratés sont :
*Le non-allumage de la mèche lente (raté de mèche) ;  
*Le non-allumage des amorces, celles-ci ayant cependant été percutées (raté d’amorce)
*Enfin le non fonctionnement du ressort de percussion (raté de percussion) (…).
 La destruction des grenades s’effectue à partir d’une charge de cheddite, mode opératoire légèrement différent selon le cas : raté de mèche, raté d’amorce, ces dernières étant particulièrement dangereuses.
2° Grenades fusantes non automatiques.
3° Obus V.B.  
En fin de fascicule :
*Une planche pour…
- les grenades à main explosives (grenade C.F.),
- vérifier les bouchons allumeurs automatiques Mle 1916 B,
*Une autre pour les grenades suffocantes, fumigènes, incendiaires ; la description de l’obus à fusil V.B.
*Deux planches, l’une pour délimiter des zones dangereuses sur les champs de tir de grenades à main et à fusil, l’autre avec des croquis cotés du dispositif de lancement de grenades, installation pour une sécurisation des lanceurs.
 
 L’édition d’un tel document laisse supposer que les accidents à l’entraînement ont été fréquents.
 
Bien cordialement,
 
Caballero.


---------------
Caballero
n°79740
IM Louis J​ean
Posté le 09-08-2010 à 11:42:19  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Ah ils nous manquent vos "au détour d'un JMO" maître Carobbi!
 

Arnaud Carobbi a écrit :

Bonjour à tous,
Un grand merci pour toutes vos contributions et vos divers exemples qui montrent bien la dangerosité des grenades et le fait que ces accidents étaient relativement fréquents.  
A la lecture des divers types d'accidents m'est venue une nouvelle question : avez-vous connaissances d'exemples identiques dans l'armée allemandes ? Etaient-elles plus fiables, moins dangereuses lors de leur transport ?  
 
Amicalement,
Arnaud


 
Pour une fois ce n'est pas le matériel français qui est en cause ; il n'est pas allemand mais britannique.
<<
 15/11/16
Au cours d'un exercice de lancement de grenades une grenade Mills éclatant prématurément occasionna les pertes suivantes :  
blessés : s/lieutenant Guellard
id° légèrement Lieutenant de Beaulaincourt
.../...
20/11/16
Un nouvel accident du à l'éclatement prématuré d'une grenade Mills a mis hors de combat 2 officiers 3 hommes
Officiers
Tué s/Lieutenant Simon
Blessé s/Lieutenant Spinasse
Troupe : 3 hommes blessés
>>
JMO du 331e RI.
 
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir
 


---------------
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°82458
Jean-Pierr​e LOGEAIS
Posté le 20-11-2010 à 08:41:34  profilanswer
 

Bonjour,
 
Trouvé dans les JMO du 5e groupe de chasseurs, au 21-22/10/1917 (vue 66/104), au cours d'un coup de main à la Butte de Tahure (Marne) : " un chasseur tué (explosion d'une musette contenant des grenades ; un caporal, six chasseurs blessés évacués dont deux accidentellement (grenades) ".
 
Deux chasseurs du 14e bataillon de chasseurs alpins (14e BCA) seront tués le 21 : Jean Baptiste RODDIER, de la 1ère compagnie, et Emile Henri Ghislin DESCHEMAKER.
 
Bien cordialement


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Jean-Pierre LOGEAIS
Blogs : Varia - Histoire & Généalogie - (http://logeaisjp.blogspot.com)
n°85119
delahayeje​anmarie
Posté le 13-02-2011 à 15:09:13  profilanswer
 

Mon père Pierre Gabriel Delahaye,2é classe 18é BCP a perdu l'oeil gauche par suite d'une explosion accidentelle de grenade,en manipulant ces engins,le 28 08 18 à Chamouilley pres de Cousances au bois.Il a été hospitalisé à CHAUMONT.Je n'ai pu obtenir des renseignements sur cet hopital.Qui peut m'aider.Rien aux archives hospitalières de Limoges.Rien dans les JMO,ni sur l'extrait des services.Apparemment il s'agissait d'une banalité.

n°85140
delahayeje​anmarie
Posté le 14-02-2011 à 08:50:22  profilanswer
 

J'ai fait une erreur de date.Il s'agit du 28 08 17 et non du 28 08 18.Je m'en excuse.Je cherche à savoir maintenant.
Si d'autres chasseurs ont été touchés par cette explosion inopinée.
Blessé le 28 08,hospitalisé le 06 09 que s'est il passé entre ces deux dates.
Mon père a t il été en observation dans une ambulance ou un HOE de proximité et lequel
Hospitalisé neuf jours apres,comment s'est effectué le transport,par quelle ambulance,au départ de quel lieu.
A quelle date a t il quitté l'hopital de Chaumont.
Comment a t il rejoint son corps et ou.
L'hopital de Chaumont était il un hopital de campagne ou un hopital civil et dans ce cas lequel.
Autant de questions qui attendent des réponses qui pourraient venir de fils ou petits fils de chasseurs du 3é groupe cycliste ou du 18é BCP(mon père ayant été affecté à ces deux unités)cherchant aussi à reconstituer le parcours de leur parent durant la grande guerre
Merci de votre éventuelle aide

n°85648
Mike010
Posté le 06-03-2011 à 12:52:14  profilanswer
 

Trouvé dans le JMO de la 1ere Cie du 15eme ETEM en date du 22 mai 1918
 
Explosion lors d'un chargement de grenades dans le ravin de Bazil (Verdun - Meuse)
 
Pertes : 1 soldat tué (Denis Valentin 2eme classe), un autre blessé (Goutte Antoine 2eme classe), 2 mulets morts et un fourgon détruit  
 
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
 
Fiche MdH du soldat Denis Valentin
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 2067742934
 
 
Les deux soldats étaient en service commandé auprés du 7eme RG (24/21) - pas trouvé le JMO du 24/21 couvrant cette date.


Message édité par Mike010 le 06-03-2011 à 13:17:38
n°85654
Mike010
Posté le 06-03-2011 à 17:06:34  profilanswer
 

Au détour de recherche sur le site MdH
 
Un autre cas, cette fois ci en Gréce en 1918 ...
 
 
URL=http://img291.imageshack.us/i/maugetemile.jpg/]http://img291.imageshack.us/img291/7776/maugetemile.jpg[/URL]
 
Uploaded with ImageShack.us

n°85661
POUDRIERE
Posté le 06-03-2011 à 18:50:16  profilanswer
 

Bonjour à chacun. Comme Monte-au-Créneau a déjà fait un petit détour par les mines dans ce sujet consacré aux grenades, peut-être cela me permettra-t-il (si Monsieur le modérateur en est d'accord) de parler d'une fusée qui a fait un héros. Ou plutôt qui a massacré un homme qui était déjà un héros.
Extrait d'une lettre de mon grand-père, le colonel de Lisle, à sa femme, en date du 1er juin 1916. Il commandait alors la 255ème brigade dans le secteur de Bénaménil (167ème et 168ème RI) :
[i]Nous avons eu un accident pénible. Un jeune sous-Lieutenant très brave a eu l'imprudence de vouloir dévisser une fusée boche, qui a éclaté, et lui a crevé les yeux et enlevé à peu près les mains ! La seule plainte qu'il ait exprimée c'est de ne pouvoir plus combattre les Boches.[/i]
Il serait dommage que cette seule plainte ne fut pas connue du plus grand nombre.
L'un d'entre vous saurait-il redonner un nom à cet homme exceptionnel ?
Cordialement. Patrick

n°87258
IM Louis J​ean
Posté le 15-05-2011 à 08:07:47  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
JMO du 100e RI :
 
<<7 novembre 1914. Dans la nuit du 6 au 7, vers 1h30, le Lt apprend que le Cdt du 1er bataillon vient d'être blessé par l'éclatement prématuré d'une grenade "Marten Hale" qu'il expérimente. >>
 
Marten Hale :  
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 8217_1.htm  
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 5133_1.htm
 
Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir


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<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°88406
Eric Mansu​y
Posté le 14-07-2011 à 10:55:41  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Nouveau cas, tiré du JMO du 235e R.I. :
 
"14 avril 1915. Accident. Un grave accident se produit vers 16 heures au poste de la Cuvette, par suite de l’explosion d’une grenade. Quelques soldats grenadiers étaient occupés à désamorcer des grenades Aasen ; l’un d’eux, le soldat Maréchal, secoua un peu trop fort l’une des grenades qu’il n’arrivait pas à dévisser. Elle lui éclata entre les mains, atteignant 7 hommes, le caporal Mazières, les soldats Maréchal et Galliot, grenadiers, l’adjudant Beauville, les soldats Weill et Gay, du service de défense du poste, et enfin le téléphoniste Mesnon.
Maréchal, Weill et le caporal Mazières étaient le plus gravement atteints ; Maréchal est décédé le lendemain à l’ambulance 2 de Bellemagny.
L’ennemi s’étant rendu compte qu’il s’était produit un incident à la Cuvette, l’a copieusement bombardée à coups de 77, mais sans aucune perte."
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°93390
Eric Mansu​y
Posté le 14-04-2012 à 10:05:02  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Un paragraphe retrouvé dans le JMO du service de santé de la VIIe Armée, en date du 12 juillet 1915 :  
 
« FRAIZE, Ambulance 12/7. […] Les accidents par éclatement prématuré de grenades étant assez fréquents, établir pour chacun d’eux un rapport détaillé mentionnant autant que possible les circonstances de l’accident et le type de la grenade. Un officier et un homme blessés dans ces conditions sont entrés récemment à l’hôpital de Fraize : le S/Lieutenant LEXIS Jean du 70ème Bat. de Chasseurs (amputé du poignet gauche) et un chasseur du 30ème Bat. »
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°98292
Eric Mansu​y
Posté le 02-03-2013 à 10:22:53  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Autre vicitime d'un accident de grenade : CANTHILION de LACOUTURE Marie Joseph Charles, sous-lieutenant au 245e RI, mort le 17 juillet 1917 sur le terrain de manœuvres de Fougeray (« explosion d’une grenade en service commandé »).  
Ce que nous en dit le JMO : « Le 17 matin, au cours d’un exercice de grenades exécuté par le 4e bataillon au champ de tir « du Fougerais », un éclatement prématuré de grenade tue le sous-lieutenant de la Couture, qui se tenait près du tireur, et blesse le grenadier caporal Dreuilh Jean, de la 14e Cie. Le sous-lieutenant Cantilhon de la Couture est inhumé le soir même au cimetière communal d’Allenjoie. »  
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°98476
Eric Mansu​y
Posté le 17-03-2013 à 18:50:17  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Découverte insolite dans le JMO « Santé » de la 157e DI, en juin 1916 : « Pêche à la grenade. Des soldats se livrent à la pêche en se servant de grenades et en asséchant les petits cours d’eau pour se procurer plus aisément du poisson. Un chasseur du 32e bataillon est retrouvé noyé dans la Doller, ayant la main droite amputée et de multiples éclats sur tout le corps. »
 
Bien cordialement,
Eric Mansuy


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
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  Au détour d'un JMO (8) - accidents de grenades