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  Au détour d'un JMO (4) – 9e bataillon d'un régiment [MàJ]

 

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Au détour d'un JMO (4) – 9e bataillon d'un régiment [MàJ]

n°67502
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 16-08-2009 à 21:34:48  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Le 9e bataillon d'un régiment. Le forum reçoit régulièrement des questions à son propos. La lecture des JMO de ces unités permet d'y voir un peu plus clair, même si ces discussions ont déjà fait le tour de la question.  
 
Dernière discussion en date : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 9160_1.htm
Discussion de loin la plus complète et que les éléments ci-dessous ne feront que confirmer, de manière bien plus indigeste ! : http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 7818_1.htm
 
Le JMO peut permettre de mieux appréhender son organisation mais aussi son fonctionnement.
Pour ce faire, j'ai choisi le JMO du 9e bataillon du 46e RI. Incomplet chronologiquement (il s'arrête en octobre 1915), la période couverte est toutefois bien détaillée, plus en tout cas que la majorité des JMO de 9e bataillon feuilleté.
Il ne sera nulle part évoqué l'instruction des chasseurs, les JMO étant muets à ce sujet. Par contre, je ne peux que vous inviter à lire la correspondance du chasseur mis en ligne par Jean Claude Poncet : http://chamois.canalblog.com/archi [...] p40-0.html
I
Grâce aux JMO, il st possible sans apport extérieur de comprendre le fonctionnement des renforts envoyés au front. Cette organisation avec les 9e bataillons est mise en place en avril 1915 avant d'être modifié en décembre 1915.
 
¤ L'organisation d'un 9e bataillon en avril 1915 :
 
Pour comprendre cette organisation, je laisse la parole au rédacteur du JMO. Tout est dit, donc pas de paraphrase inutile.
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
 

Citation :

Par ordre du Ministre, il doit être créé dans chaque région, sous le titre de Dépôt de passage, un bataillon.
L'instruction des hommes qui le compose devra être perfectionnée en vue des opérations futures. Le Bataillon devra être rapproché du front.
Le Général commandant la 5ème Région prescrit la constitution suivante de ce Bataillon. Le 46e fournira deux compagnies, le 89e une compagnie, le 168e une compagnie. Les compagnies à l'effectif de guerre prescrit sont constituées dans chacun des dépôts.
Concentration du Bataillon :
Les compagnies du 89e et du 168e quittent Sens par train spécial le 24 avril 1915 à 7h14 du matin ; elles arrivent le même jour à 10h30.
Les compagnies du 46e Régiment d'infanterie quittent Fontainebleau le 24 avril vers 7 heures du matin et arrivent le même jour, vers 9 heures à Bourron.
 
Composition du bataillon :
Un chef de Bataillon
Un médecin aide major.
Un sergent secrétaire
Un secrétaire
Un Cycliste
Un Boucher
1ère compagnie [numérotée 33]
1 Sous-lieutenant
1 sergent major
1 sergent fourrier
8 sergents
1 caporal fourrier
17 caporaux
224 soldats
2e Compagnie du Bataillon [numérotée 34] (...)
3e Compagnie du Bataillon [numérotée 35] (...)
4e Compagnie du Bataillon [numérotée 36] (...)
25 avril
Le Bataillon est constitué à la date du 25 avril. Un procès verbal de création est soumis à la signature du Sous-Intendant.
Le Bataillon portera le n° 9. Les compagnies seront 33, 34, 35 et 36 correspondant aux 1ere, 2e, 3e et 4e anciennes.
Le bataillon est rattaché au 46e Régiment d'infanterie.
(...)
5 mai :
Par note de service n° 7598 de la Division, le bataillon de dépôt du 46e Régiment d'infanterie sera rattaché au point de vue de l'administration, de l'instruction et de la discipline au 246e Régiment.


Théoriquement, il existe donc au moins un 9e bataillon par région militaire et non un bataillon par régiment. Ainsi, comme nous allons le voir, le 9e bataillon du 46e RI ne reçoit ses renforts que de la 5e région militaire.
De même, le 9e bataillon ne sera pas obligatoirement affecté à des unités appartenant à sa région militaire.
 
¤ Le fonctionnement du 9e bataillon en avril 1915 :
 
Avant d'en faire une petite synthèse, je vous propose quelques notes extraites du JMO qui illustrent bien le fonctionnement de l'unité.
 

Citation :


22 mai 1915 :  
Arrivée d'un renfort du 289 : 3 officiers, 4 sous-officiers et 94 soldats.
Arrivée d'un renfort du 204 : 1 officier, 3 sous-officiers, 3 caporaux, 3 élèves caporaux, 64 soldats (89 active, 5 territoriaux)
24 mai :  
Départ d'un renfort pour le 282e : 4 sergents, 4 caporaux, 200 hommes (50 par compagnies du 9e bataillon).
Départ d'un renfort pour le 204e : 2 sergents, 2 caporaux, 100 hommes (25 par compagnies du 9e bataillon).
Arrivée d'un renfort du 82e RI : 4 aspirants, 7 sergents, 1 caporal fourrier, 20 caporaux, 358 soldats (152 active, 216 territoriaux), 22 spécialistes.
25 mai :  
départ de 3 officiers pour le dépôt de Montargis.
départ d'un renfort pour le 289e : 1 officier, 2 sergents, 2 caporaux, 100 soldats.
départ des 22 spécialistes pour le 282e.
26 mai :
Arrivée d'un renfort du 4e RI : 1 officier, 2 sergents, 4 caporaux, 43 hommes.
(...)
Arrivée de renforts de Montargis, 82e : 2 aspirants, 8 sergents, 21 caporaux, 368 hommes (179 active et réserve, 189 territoriaux).
30 mai :
Arrivée d'un renfort du 46e : 2 officiers, 11 sergents, 14 caporaux, 283 hommes (135 active et réserve, 148 territoriaux).
5 juin :  
Arrivée d'un renfort  du 31e : 3 sous-officiers, 3 caporaux et 243 territoriaux.
6 juin :  
Départ d'un renfort pour le 282e : 9 sergents et 450 hommes (245 active et réserve, 205 territoriaux), 10 caporaux, 1 caporal mitrailleur, 12 mitrailleurs, 1 caporal téléphoniste.
départ d'un renfort pour le 289e : 4 sergents, 4 caporaux, 150 soldats (80 active et réserve, 70 territoriaux).
Arrivée d'un renfort du 46e : 5 sergents, 10 caporaux, 100 soldats (67 territoriaux, 33 active et réserve), 9 soldats téléphonistes (avec un sergent et un caporal).
7 juin :
Arrivée d'un renfort du 168e : 4 sergents, 8 caporaux, 122 soldats (pas de territoriaux).
Arrivée d'un renfort du 76e : 2 aspirants, 4 sergents, 6 caporaux, 122 soldats (70 active et réserve, 52 territoriaux).
Départ d'un renfort pour le 276e : 2 aspirants, 5 sergents, 6 caporaux, 251 hommes (135 active et réserve, 115 territoriaux).
Départ d'un renfort pour le 246e : 2 sergents, 2 caporaux, 100 soldats (50 active et réserve, 50 territoriaux) dont 13 spécialistes.


 
L'organisation des arrivées et des départs semble bien compliquée à comprendre... à première vue. Les numéros de régiments sont multiples. Mais un relevé complet permet d'en comprendre le fonctionnement théorique.
 
Les dépôts envoient des renforts au 9e bataillon qui les centralise pour la division : jeunes appelés venant de finir leurs classes, blessés soignés revenant du dépôt (souvent surnommés "les éclopés" dans les JMO) ou d'un GBD ou d'une SIM sans passage par le dépôt (surnommés alors les "récupérés" dans le JMO du 81e RI), soldats reconnus "apte au service armé" alors qu'ils étaient exemptés, réformés, ou dans des fonctions "d'embusqués". Le 9e bataillon perfectionne leur entrainement et envoie ensuite les renforts à qui en a besoin. Tous les renforts pour le 9e bataillon du 46e RI proviennent de casernes de la 5e région militaire.
 
Le 9e bataillon est attaché à une division : un document du JMO de la 55e DI montre que le 9e bataillon le suit :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html page 29.
 
Les commandants de régiment ou le commandant de division piochent dans cette réserve, suivant des modalités à confirmer. Le JMO mentionne le 25 mai les"prescriptions de la lettre n° 194/5 en date du 23 mai du lieutenant-colonel Regnier" pour justifier l'envoi d'un renfort au 289e RI. Cette procédure par note de service est indiquée plusieurs fois, pour les départs comme pour les arrivées, fin mai 1915.  
Le bataillon fournit les renforts aux régiments de cette division, parfois aux brigades ou à la division elle même ou à une compagnie du génie, mais dans ces derniers cas c'est anecdotique.
En regardant cet organigramme et la carte qui en découle, tout paraît simple :
 
http://img38.imageshack.us/img38/1526/9ebataillon46eritableau.gif
 
http://img248.imageshack.us/img248/8320/9ebataillon46ericarte1.gif
 
 
Les officiers pouvaient être affectés dans des unités différentes de celles de la 55e DI. Mais je n'ai pas trouvé les règles à ce sujet.
De même, ce cas n'a pas été sélectionné pour sa simplicité, même s'il permet de comprendre facilement le mécanisme. Il a été choisi pour la richesse de son JMO. Toutes les divisions avaient-elles un recrutement aussi uniforme (ici, toutes les unités viennent d'une même région militaire) ?
 
Pour compliquer les choses, certains 9e bataillon semblent avoir été plus ou moins spécialisés dès cette époque (entraînement des nouvelles classes par exemple) dans un cadre d'un groupement de 9e bataillon, d'autres étaient plus ou moins fixes, d'autres étaient attachés à un corps d'armée.
 
¤ Quel était le lien entre le 9e bataillon du 46e RI et le 46e RI ?
 
Le lien avec le 46e doit être compris de la manière suivante : pour simplifier, un régiment était décomposé en trois unités
- un régiment d'active, portant le numéro 46 ici ;
- un régiment de réserve, portant le numéro du régiment + 200, soit 246 dans notre exemple ;
- un régiment de territoriaux (hors de notre investigation).
 
Ainsi, même s'il est plus lié au 246e qu'au 46e, ce bataillon est rattaché au 46e.
 
Mais qu'en est-il pour les renforts du 46e RI en lui-même ? Il n'était pas dans le secteur de la 55e DI. Il obtenait donc ses renforts par un autre 9e bataillon, celui du 31e RI.
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
 
Ce 9e bataillon du 31 dépendait de la 10e DI (celle des 31e, 46e, 76e et 89e RI, ça vous rappelle quelque chose ?). Mais le cas est plus compliqué, avec des échanges de recrues avec le 9e bataillon du 113e et celui du 25e RI dès le printemps 1915... et il ne donne pas d'autres informations sur la provenance de ses renforts (seules des mentions de renforts du dépôt du 31e sont régulièrement notées). Et cela se complique quand on voit des renforts envoyés au 173e RI (900 hommes), au 342e... De nouvelles questions, d'autant plus que ce 9e bataillon du 31e reçoit des arrivages de recrues de la classe 17 exclusivement en parallèle. Et pas de JMO de 9e bataillon au 173e par exemple, et un JMO du régiment bien vide... Tout cela pour en arriver à la conclusion que l'exemple donné avec le 46e est très simple mais qu'une étude plus approfondie montrerait que ce qui en a été déduit ne fut pas obligatoirement la règle pour tous les 9e bataillons.  
 
¤ Quelles étaient les activités au 9e bataillon ?
 
Le JMO du 31e RI  et du 91e RI sont des compléments utiles à celui du 46e pour comprendre en quoi consistait une journée au 9e bataillon.
Des marches avec équipement, du tir, des manœuvres et tout ce qui touche au quotidien de la vie de militaire : "travaux de nettoyage du cantonnement" (16 mai), "théories" (19 mai), "exercices par compagnies" (20 mai), "exercices à l'extérieur" (21 mai). Voilà les principales mention pour le 46e.
 
Le 23 juin 1915, le bataillon du 81 envoie un détachement pour transférer 34 prisonniers, le bataillon fait plusieurs revues devant des hauts gradés (Mahd'huy le 11 juillet 1915, le président de la République le 9 août 1915, le ministre de la guerre le 30 août suivant.  
Le bataillon a aussi des missions moins habituelles :
"3 août 1915 : le bataillon a la triste mission de fusiller 2 soldats condamnés à mort par le conseil de guerre".
"7 septembre 1915 : le bataillon prend les armes et fournit le piquet pour l'exécution d'une condamnation à mort par le conseil de guerre de la 66e division".
 Un groupe de travailleurs agricoles (145 hommes) part à Lure et Vesoul pour des travaux agricole du 18 juin au 21 juillet 1917.
 
Point commun de tous les JMO de 9e bataillons feuilletés, outre les exercices militaires et autres entrainements, sont le détachement de tout ou parties du bataillon pour exécuter des travaux pour le compte d'un régiment, d'une division ou d'un corps d'armée.
 
Pour le 9e du 46e, le 9 août marque le départ d'un compagnie pour 6 jours (avant remplacement par une autre compagnie) pour Camblain l'Abbé. Il s'agit de faire des travaux pour le génie de la 55e DI. Travaux non sans danger : le 31 août, le soldat Perreaux François meurt des suites de blessures par éclats d'obus reçues pendant les travaux (non trouvé dans MDH), suivi de Pégon Stéphane (non trouvé dans MDH) mais dont la nature du décès le 1er septembre n'est pas précisé (on parle d'accident ensuite). Tous travaillaient sur le plateau 119. Le 7 septembre, les travaux font encore quatre victimes : Charles Goutorbe, Pierre Lemoine, Léon Douche (fiche MDH non trouvée), Léon Denois.
 
Carte des lieux : (JMO du 209e RI page 1 http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html )
http://img248.imageshack.us/img248/8695/cartelemoine.jpg
 
Ce dernier cas nous permet d'aborder le dernier point sur ces bataillons :
 
¤ Quelle était l'unité des hommes affectés à un 9e bataillon ?
 
A priori, les hommes qui intégraient le 9e bataillon du 46e RI étaient considérés comme étant du 46e RI. j'en veux pour preuve la fiche MDH de trois des hommes tués pendant des travaux alors qu'ils étaient affectés au 9e bataillon du 46e : les soldats Lemoine, Goutorbe et Denois sont bien notés comme étant du 46e RI à leur décès.
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=yCnOVDJfCAMMcQwHFmB0EQ==&_C=1160526379
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=oiWMXSBfkAI+dMgBVGIGEQ==&_C=3139349765
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=kieuUYRUrAOadKQM6mN0EQ==&_C=2030025581
 
Ce qui s'est passé au 46e semble confirmé par celui du IX/141e, que Cléry m'avait conseillé de feuilleter. En mai/juin, ce bataillon mène des travaux dans des tranchées en première ligne. Le résultat ne se fait pas attendre, plusieurs victimes sont à déplorer au retour des travaux : Léon Gaydon, Charles Biaggi, Gabriel Girard, Pierre Graule et d'autres qui n'ont été que blessés ou dont la fiche MDH est restée introuvable. Tous sont notés comme étant affectés au 141e ; la compagnie est même précisée pour l'un d'entre eux.
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 3808300901
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] =203036207
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] =919136216
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 4136658718
 
Mais cela ne semble pas avoir toujours été aussi simple : voici le cas de Louis Julliard du 9e bataillon du 31e RI :
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=uCZqVw5TPALsdKM3PmOSEQ==&_C=4277825189
Venu du 113e régiment d'infanterie, inscrit comme appartenant au 31 RI, mais rayé et inscrit au 25e RI...
 
Je ne vais pas tirer de conclusion de ces quelques fiches car les situations semblent à nouveau avoir été diverses ! D'autant plus que le JMO du 9e bataillon du 48e RI (encore un autre régiment) indique que des soldats venus de divers 9e bataillon sont renvoyés vers les dépôts de leurs régiments respectifs.
 
Si vous avez rencontré dans vos études de régiments des fiches de soldats décédés lors de leur affectation à un 9e bataillon pour y voir un peu plus clair, je suis preneur !
 
¤ Pour trouver le 9e bataillon qui envoyait des renforts à un régiment :  
 
Savoir quelle était la division de ce régiment et regarder dans le JMO de cette division à partir du 25 avril 1915 pour certains et d'août 1915 pour d'autres. Il y est peut-être fait mention du 9e bataillon qui lui est rattaché. En l'absence de réponse, voyez dans le JMO du Corps d'Armée qui le mentionne parfois aussi voir dans ceux des Armées car le rattachement du 9e bataillon n'a pas fait non plus l'objet d'une règle uniforme semble-t-il.
Exemple : le 9/81 est affecté à la 66e DI.
Hélas, une fois encore, les choses ne sont pas simples et certains bataillons n'ont tout simplement pas de JMO (comme le 9e du 113e RI, celui du 71e).
 
En plus d'exemples d'exemples de mpf des 9e bataillons, existe-t-il une liste exhaustive des 9e bataillons (et leur affectation pour compliquer un peu), des bataillons d'instruction dans les BCP ? La cavalerie (cela existait-il simplement) ?
 
Et les 9e bataillons à partir de décembre 1915 ? A suivre ;) la semaine prochaine,
 
Arnaud


Message édité par Arnaud Carobbi le 23-08-2009 à 09:44:32

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Dernière mise à jour du Parcours du combattant 14-18 : 17/09/17 - Henri Pannard, transcription de sa biographie
n°67503
armand
Posté le 17-08-2009 à 08:10:21  profilanswer
 

Bonjour
 
Merci. C'est super précis donc super utile. On notera que les 9eme bataillon sont donc des Bataillons de Marche. Une unité est dite « de marche » (BM) lorsque elle est formée à partir d'éléments d'autres unités ; en pratique, cela résulte le plus souvent de pertes trop lourdes dans les unités d'origine, mais cela peut aussi résulter d'un ralliement local d'unités plus petites. Le terme « marche » désigne une unité qui est formée pour un temps limité. En général, pour la durée de la campagne.
 
1. Décision ministérielle du 25 janvier 1915 prévoyant la constitution de 40 bataillons de marche en France, soit deux par région militaire
exemple :
-Février 1915, à partir de renforts de tous les régiments de la place de Belfort formation d'un bataillon de marche, à la caserne Bechaud, portant le numero 171. Le 24 mars 1915, les trois BM des 63e RI, 107e RI et 171e R.I sont mis à la disposition du 6e corps d'armée. Le BM du 171e R.I sert à reconstituer le 132e R.I. Source carnet d'un poilu du 132
 
- Mai 1915, bataillon de marche du 115 RI a partir des 13 et 14eme Cie du 115 et la 15e et 16 du 117. Source Mémoires d'un poilu breton Ambroise Harel
 
2.Dépêche ministérielle en date du 14 août 1915 décide de la création de 18 bataillons de dépôt. Le 26 août 1915, la création de ces bataillons est faite avec des éléments à prélever dans les troupes de la région militaire.
 
Prudence : Les 9eme bataillons sont des Bataillons de Marche mais tous les bataillons de marche ne sont pas des 9eme bataillons !
 
Amicalement
Armand

Message cité 1 fois
Message édité par armand le 17-08-2009 à 08:27:58

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Sur les traces du 132ème RI " Un contre Huit " et du 294ème RI (le "29-4" )
n°67506
Stephan @g​osto
Posté le 17-08-2009 à 10:22:14  profilanswer
 

Bonjour tout l'monde,  
 
Arnaud, c'est impeccable, et ce sera grandement utile à tous. Merci.  
Armand, les bataillons que tu évoques dans ton point 1 sont d'une autre nature que les 9e bataillon mis sur pied en avril 15. Ils eurent une durée de vie assez brève et furent rapidement dissous et permirent, comme tu le précises, le renforcement d'unité en ligne. Spécifiquement sur cette première génération de 9e bataillon, voir le site qu'Hervé a consacré au 99e R.I.
 
Bonne journée.
 
Stéphan


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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : Les trois pipes du 74e !
n°67507
armand
Posté le 17-08-2009 à 10:27:54  profilanswer
 

re
Cela aurait éte trop simple !
Merci de la précision
Cdt
Armand


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Sur les traces du 132ème RI " Un contre Huit " et du 294ème RI (le "29-4" )
n°67514
clery
Posté le 17-08-2009 à 19:20:49  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Arnaud
 
Félicitations pour ce beau travail de synthèse !!
Que dire de plus.
Il est difficile de savoir si un poilu est passé par un 9ème bataillon, car la plupart y été affecté par subsistance. (C'est à dire qu'il dépendait toujours de son ancien et futur régiment)
A noter que pendant l'année 15, le 9ème du 46ème et le 9ème du 141ème étaient très proche, le 9ème du 141ème était au château de la Haie entre Gouy Servins et Villers au bois.
Au château de la Haie résidait aussi l'état major de la 70ème DI.
 
Cordialement

n°67515
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 17-08-2009 à 19:36:52  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Clery, "Que dire de plus." On verra la semaine prochaine  :lol: . Pour aujourd'hui, vous écrivez des choses qui m'interpèlent (non que ce ne soit pas le cas des autres interventions  :whistle: ) :  
- pendant l'année 1915, les 9e bataillons du 46e et du 141e RI sont proches : vous avez des informations sur le sujet ? Provenance des renforts pour le 141e ?
- L'affectation par subsistance des soldats est une question intéressante et votre remarque montre la difficulté du sujet : ils dépendent de leur ancien et futur régiment... L'ancien, celui du dépôt d'où ils venaient ? Le futur ?  :pt1cable:  Je m'y perds un peu car ils ne sont pas encore affectés à un autre régiment que celui de leur dépôt pour celui du 9e bataillon ? C'est ce que semble montrer les fiches des MDH du 9/46e RI... et votre remarque est confirmée en partie par celle où figurent les différentes affectation de Louis Julliard. Si vous avez des éclaircissement sur ce point.
 
Armand, voici le genre de source riches en informations... Aurais-tu le texte de ces deux références ?
 
Amitiés,
Arnaud


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Dernière mise à jour du Parcours du combattant 14-18 : 17/09/17 - Henri Pannard, transcription de sa biographie
n°67517
clery
Posté le 17-08-2009 à 20:48:09  profilanswer
 

Rebonsoir Arnaud,
 
Je vais essayer de répondre dans l'ordre à vos questions.
D'après votre carte et les fiches MDH, on situe le 9ème bataillon du 46ème en arrière du front Ablain-Carency, vers Camblain-l'Abbé.
D'ailleurs en mai 15, la 55ème DI et la 70ème DI font parti du même corps d'armée le 33ème.
Le 9ème bataillon du 141ème sert à alimenter en renforts les régiments et les bataillons de la 70ème. D'après le JMO, initialement composé par des hommes des 141, 341, 115 et 173 RI il a servi à compléter les pertes de la 70ème DI après l'attaque de mai juin 15. Par la suite il a surtout accueilli en subsistance les hommes des dépôts de la 11ème DI ( la 70ème DI est composée des régiments et des bataillons de réserve de la 11ème DI.)
Je m'explique pour ancien et futur. Un soldat du 37ème RI, blessé, après un séjour à l'hôpital, regagnait le dépôt du régiment à Troyes. De là, il pouvait être réaffecté au 37 ou 237ème RI.
S'il était réaffecté au 237ème RI, il passait en subsistance pour une durée indéterminée au 9ème bataillon du 141ème. Ce pouvait être aussi un soldat du 237ème qui était réaffecté au 237ème.
Enfin, c'est ce que j'ai conclu après la lecture des JMO du 9ème bataillon et des différents régiments de la 70ème.
 
En espérant avoir répondu à vos questions
Cordialement

n°67521
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 18-08-2009 à 01:42:33  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Clery, vos explications ont été limpides. Il ne fait pas bon partir en vacances : j'avais oublié que j'avais utilisé le JMO du 9e bataillon du 141e ! Grâce à vos précisions j'ai essayé de résumer la situation avec deux documents :
http://img196.imageshack.us/img196/5536/9141eri1.gif
http://img197.imageshack.us/img197/2849/9141eri2.gif
 
Il est dommage que le JMO ne soit pas plus précis sur la provenance des renforts.
 
Pour revenir à vos remarques, le 9e bataillon du 141e semble avoir moins formé des recrues que fourni de la main d'œuvre et des renforts. C'est une différence nette avec le 9e bataillon du 46e qui semble avoir plus insisté sur la formation des troupes... en tout cas c'est l'impression que donne son JMO (le mot impression est important dans cette phrase).
 
Quelques compléments, qui proviennent du JMO du 9e bataillon du 141e :
- les 9e bataillons sont des "Dépôts de passage". C'est on ne peut plus clair ;
- des détails sur les théories sont donnés : le 4 mai 1915, théories sur la façon de placer livret individuel et plaque d'identité, paquet et pansement, lecture du code militaire, exercice d'embarquement et de débarquement en chemin de fer, sur les vivres de chemin de fer, de réserve... avant le départ de Marseille.
- une fois au front, la liste des missions confiées aux hommes du 9e bataillon s'allonge : relever les corps, ramasser armes et munitions sur les lieux d'un combat, piquet pour la remise de décoration, travaux du génie, "placer sur le péron du château le butin pris à l'ennemi : canon revolver, lances bombes, etc..."
 
Pour la question de la mise en subsistance, voilà qui complique un peu plus l'établissement d'une règle de fonctionnement simple : subsistance, "Rattaché provisoirement pour la nourriture et la solde, à une unité, à un corps autre que le sien." (source : http://www.cnrtl.fr/definition/subsistance). Cette définition colle bien avec ce que vous expliquez.  
Il y a donc deux types de soldats au 9e bataillon :
- des soldats qui viennent pour y être formés et qui appartiennent au régiment de rattachement du 9e bataillon ;
- des soldats en transit avant le retour au front dans l'unité où ils combattaient avant leur évacuation.
Mais était-ce un cas si fréquent ? La lecture des registres matricules montre que les parcours après blessure étaient loin d'être uniformes, il y avait souvent changement d'affectation après la convalescence. La subsistance pourrait expliquer la dernière fiche MDH... bien que le passé et le futur ne soient pas du tout identiques  :pt1cable: ...
 
Vos remarques me poussent à poser une nouvelle question : les périodes au 9e bataillon d'un régiment furent-ils inscrits sur les registres matricules ?
Sujet vraiment difficile par la diversité des cas !
 
Merci beaucoup pour vos remarques, les recherches continuent !
Amitiés,
Arnaud


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Dernière mise à jour du Parcours du combattant 14-18 : 17/09/17 - Henri Pannard, transcription de sa biographie
n°67522
Frederic R​ADET
Ouvrage de La Falouse 1906-08
Posté le 18-08-2009 à 07:43:48  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
peut-être un bon exemple avec le 9e Bataillon d'instuction du 126e RI.
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
 
Cordialement,
Frédéric
 
 


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On ne passe pas !
n°67523
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 18-08-2009 à 09:36:54  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Merci pour la référence Frédéric. Mais ce JMO ne correspond pas à l'organisation expliquée dans le premier message. En effet, l'étude porte sur la période avril-novembre 1915 alors que le JMO commence en décembre 1915, suite à une réforme des 9e bataillons... son utilisation, ce sera pour la semaine prochaine  ;) .
 
Cordialement,
Arnaud


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Dernière mise à jour du Parcours du combattant 14-18 : 17/09/17 - Henri Pannard, transcription de sa biographie
n°67527
clery
Posté le 18-08-2009 à 17:22:20  profilanswer
 

Rebonjour Arnaud,
 
Concernant votre nouvelle question, je pense que les soldats en subsistance au 9ème bataillon étaient déjà affectés à leur futur régiment.
Au détour du JMO, une phrase m'a interpellé. "Le soldat Untel de la 36ème compagnie du 279ème RI est renvoyé à son dépôt. "
Lorsque le rédacteur parle de la 36ème compagnie du 279, c'est en fait la 36ème du 9 bataillon mais le soldat appartient au 279ème.
Pour les inscriptions au registre matricule, s'ils étaient en subsistance, je ne pense pas.
Bien que pour mon grand père, en subsistance au 9ème bataillon, la mention 141ème et un numéro matricule y figure mais ils sont barrés.
 
Cordialement

n°67595
armand
Posté le 21-08-2009 à 09:51:02  profilanswer
 

armand a écrit :


1. Décision ministérielle du 25 janvier 1915 prévoyant la constitution de 40 bataillons de marche en France, soit deux par région militaire
exemple :
-Février 1915, à partir de renforts de tous les régiments de la place de Belfort formation d'un bataillon de marche, à la caserne Bechaud, portant le numero 171. Le 24 mars 1915, les trois BM des 63e RI, 107e RI et 171e R.I sont mis à la disposition du 6e corps d'armée. Le BM du 171e R.I sert à reconstituer le 132e R.I. Source carnet d'un poilu du 132


Arnaud Carobbi a écrit :

...
Vos remarques me poussent à poser une nouvelle question : les périodes au 9e bataillon d'un régiment furent-ils inscrits sur les registres matricules ? Sujet vraiment difficile par la diversité des cas !
Merci beaucoup pour vos remarques, les recherches continuent !
Amitiés,Arnaud


 
Bonjour Arnaud et pour contribuer à ta question
J'ai compris par ailleurs que tu as une fiche matricule d'un gars qui a suivi ce parcours : mobilisé au 172e RI (Belfort), passé au 171 RI le 30 janvier 1915 et passé au 132e RI le 24 mars 1915. La fiche ne porte pas la mention Bataillon de Marche. (Ce bataillon de marche n'est pas un  9eme bataillon point de depart de ton post)
 
 
Amicalement
Armand


Message édité par armand le 21-08-2009 à 09:59:46

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Sur les traces du 132ème RI " Un contre Huit " et du 294ème RI (le "29-4" )
n°67639
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 23-08-2009 à 00:51:31  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Comme promis, suite de ma tentative de synthèse sur le 9e bataillon, et plus généralement sur la formation des troupes.
Dans le poste précédent, j'ai étudié l'organisation entre avril et novembre 1915.
Tout ce qui va suivre provient de l'étude de l'année 1915-1916 dans 2 JMO de la Ve Armée :  
 
E.M. des bataillons d'instruction : J.M.O. • 24 août 1915-5 février 1919 • 26 N 38/8
Bataillons d'instruction, centre n° 1 : J.M.O. • 5 décembre 1915-22 avril 1919 • 26 N 38/9
 
Une fois encore, il convient de prendre avec prudence ces conclusions qui ne portent que sur un seul centre d'instruction et qui ne reposent pas sur une étude statistique exhaustive. Il s'agit, par l'étude d'exemple, d'avoir une idée générale du fonctionnement.
 
¤ L'organisation de l'instruction des troupes à partir de décembre 1915 :
Le 22 novembre 1915 est mis en place un centre d'instruction à la Ve Armée (il existait un embryon de centre avec trois bataillons auparavant) composé du 11 bataillons, puis rapidement 14. L'objectif est clairement d'instruire la classe 1916 (c'est même le nom donné à ces bataillons : « Bataillons d'instruction de la classe 1916 »). Dès le premier décembre, deux centres d'instructions sont formés, chacun regroupant 7 bataillons dans un même secteur géographique (voir carte infra). Les bataillons arrivent sur zone dans la première quinzaine de décembre 1915.
 
Cela donne l'organisation suivante :  
http://img339.imageshack.us/img339/1526/9ebataillon46eritableau.gif
 
Cette répartition des troupes (comme celle visible sur la carte) n'est valable que pour les premiers mois de fonctionnement. Ensuite, les localisations vont changer et certains bataillons vont être affecté à d'autre centres d'instruction, et inversement.
 
¤ L'instruction des troupes :
Je ne rentre pas dans le détails des dates d'arrivée des recrues de la classe 1916. Ce sujet pourrait faire l'objet d'une étude à elle seule, une fois encore on a déjà vu la variété des situations sur le sujet sur le forum.
La formations des troupes est complétées dans les 9e bataillons après leur passage en caserne. Elle est toutefois plus poussée car il est mentionné la possibilité de suivre des enseignements complémentaires : signaleurs, mitrailleurs, équitation pour officiers et sous-officiers, cours d'instruction et de perfectionnement des chefs de section, grenadiers sont mentionnés en 1916.
Des « bataillons de marche de travailleurs » sont mis en place de manière régulière afin de fournir à différents corps d'armée 4 compagnie de travailleurs utilisés souvent pour aménager les positions de 2e et 3e ligne.
 
¤ Provenance des troupes et destinations :
Le lecture des JMO est à la fois instructive et décourageante : les listes d'arrivées et de départs semblent une fois encore ne répondre à aucune logique. Voici la liste des régiments d'où viennent les recrues à instruire pour la période mars, avril, mai 1916 :
1, 5, 6, 19, 21, 24, 28, 33, 34, 36, 37, 39, 49, 50, 68, 74, 78, 84, 90, 100, 107, 108, 109, 123, 126, 138, 144, 149, 152, 156, 162, 165, 168, 170.
Dans le même temps, voici les régiments de destination des renforts au départ des 9e bataillons :  
1, 43, 53, 54, 67, 74, 78, 104, 108, 127, 131, 132, 143, 162, 201, 208, 233, 259, 276, 317.
 
En ce qui concerne la provenance, en séparant les renforts de chaque régiment on arrive à clarifier un peu les choses : chaque régiment reçoit des renforts d'une région militaire. Ainsi, le 74e RI pour lequel on dispose d'informations précises (ce qui n'est hélas pas le cas pour le 46e) reçoit la quasi-totalité de ses renforts de la 3e région militaire. C'est là qu'est le dépôt du 74e RI d'ailleurs. La règle pourrait être que la région militaire envoie des renforts à un régiment qui en vient. Ce n'est hélas pas toujours le cas. Ainsi les quelques informations sur le 46e permettent de constater que ses renforts ne viennent plus des mêmes dépôts (à l'exception du dépôt du 46e). Ils sont prélevés dans la 12e région militaire et non plus dans la 5e comme entre avril et novembre 1915, mais aussi de dépôts déplacés suite à l'occupation d'une partie du territoire français.
 
Pour la classe 1917, deux changements sont à noter :  
- les nouvelles classes arrivent pas compagnies entières depuis la caserne.  
- les nouvelles recrues d'un régiment sont affectés au 9e bataillon de ce régiment. C'est plus net que pour les classes 1915 et 1916. Cependant, ce point est à approfondir et à vérifier de manière statistique.
 
Comme pour la période précédente, les recrues viennent de la nouvelle classe. Cependant, une fois que la nouvelle classe est instruite, on voit que beaucoup de renforts arrivant au centre d'instruction sont des ouvriers qui ne sont plus considérés comme indispensables dans leurs usines, des personnels des COA ou d'autres services de l'arrière remplacés par des territoriaux dans le cadre de la loi Dalbiez de 1915. On constate aussi un nombre non négligeable de soldats envoyés dans les bataillons d'instruction suite à une mesure disciplinaire.
 
Pour la destination, le bilan est moins simple à dresser que pour la situation d'avant novembre 1915. Il n'y a clairement pas de règle pour affecter les renforts vers une Armée plutôt qu'une autre (en l'occurrence la Ve dont dépend ce centre d'instruction).
On peut toutefois, à la lecture des JMO, observer plusieurs éléments qui permettent d'avoir une vision générale de la destination des renforts :
- Le 9e bataillon d'un régiment envoie souvent des renforts vers son régiment.
- Le centre d'instruction envoie des renforts aux unités de la Ve Armée, mais ce n'est pas la majorité des cas : plus généralement, il fournit en hommes une zone qui va du secteur de la Ve Armée jusqu'au sud de Nancy. Aucun renfort plus à l'ouest ou plus à l'est.
- Il fournit des renforts aussi bien à des unités en ligne pendant une longue période que pendant les périodes de repos suivant la participation à un violent combat (ici, Verdun). Ce dernier cas est largement le plus fréquent.
 
http://img248.imageshack.us/img248/2061/9ebataillon46ericarte2.gif
 
Le tour de la question est loin d'être fait : rien que pour la période vue ici, il existait des petits dépôts dans chaque Corps d'Armée, des dépôts divisionnaires...
Donc si vous avez des précisions à apporter sur tout ce qui concerne le sujet, n'hésitez surtout pas, ce sera bien utile car le sujet n'est pas facile.
De même, si vous avez des informations sur la composition des centres d'instruction des autres Armées (rares sont les JMO disponibles et celui de la IVe Armée ne porte que sur un centre), je suis preneur. Une carte construite avec ces informations pour la fin 1915, ce serait pas mal...
 
A la semaine prochaine pour un sujet plus léger... pour préparer la rentrée !
Amitiés,
Arnaud
PS : retour sur le message d'Armand.
Il semble finalement que le passages par un 9e bataillon soit marqué. Un grand merci Armand pour cette démonstration, car je te fournis le document pour autre chose et tu fournis une réponse argumentée qui plus est sur le sujet de la semaine ! Reste à savoir si le fait que ce soit noté pour cet homme est lié à son grade ou si c'est le cas pour tous les hommes. Le seul moyen d'arriver à une telle conclusion, ce serait d'avoir la liste complète de tous les 9e bataillons. Et cela permettrait d'apporter une nouvelle précision dans le parcours des hommes tel qu'on peut le lire grâce aux registres matricules.


Message édité par Arnaud Carobbi le 23-08-2009 à 00:52:12

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