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  Au détour d'un JMO (11) - Les faits, les JMO, la propagande et nous

 

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Au détour d'un JMO (11) - Les faits, les JMO, la propagande et nous

n°69329
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 18-10-2009 à 01:36:27  profilanswer
 

Bonjour à tous,

 

Après une petite pause la semaine dernière suite à des tirs amis trop intenses, voici une petite étude qui n'était pas prévue pour tout de suite mais que je vais lier à l'excellent sujet proposé par Jean-Baptiste sur les sources.

 

Avec ce sujet, je propose de confronter les différents récits de combats. Cette thématique m'intéresse car tous les textes ne nous apprennent pas la même chose. Certains nous apportent des faits, d'autres une vision des acteurs décisionnaires (les officiers supérieurs), d'autres celle des acteurs au échelons inférieurs, jusqu'au simple combattant. Et puis il y a la vision d'autres personnes plus éloignées du front.

 

J'ai essayé d'être le plus large possible dans l'éventail des textes proposés, en commençant par les JMO et je n'ai pas enlevé un texte qui nuirait à ma démonstration. C'est aussi cela faire de l'histoire : accepter (et c'est fréquent) de se tromper dans ses hypothèses, dans sa vision des choses. Cela n'empêche pas l'organisation de l'article pour ménager un suspens, ou rendre plus lisible l'argumentation, vous allez le constater.

 

Le problème de ce travail vient du choix qui va être fait dans l'ordre d'utilisation des documents : de la vision des historiens actuels des faits bruts à la vision des personnes de l'époque ou bien, à l'inverse, de la vision des faits de l'époque à celle que nous en avons aujourd'hui ?
La première a l'avantage de bien mettre en avant l'idée que je vais défendre sans m'en cacher à savoir que chaque texte donne sa vision de la réalité, l'interprète. La vision des historiens étant, sur les faits, celle qui est la plus neutre théoriquement... bien que dépendante des précédentes !
La seconde a l'avantage d'être plus proche du travail réalisé en histoire : partir des sources, les confronter en vue d'arriver à une réponse argumentée, un récit par exemple. Simplement, ce n'est pas mon objectif. Je ne veux pas faire ressortir une vérité établie depuis déjà longtemps par les historiens (et par historiens, j'entends "universitaires" comme "amateurs", mais qui travaillent avec méthode et rigueur). Je n'ai pas la prétention d'écrire des pages d'histoire (bien que ce soit le nom du forum), mais bien de montrer les différences entre récits. Et une fois encore les chaines manquants dans l'Histoire d'une histoire.

 

Cette introduction méthodologique passée, peut-être un peu pénible à lire mais indispensable pour montrer mon objectif et mes choix, rendons-nous à Vauquois. Travaillant dessus afin de faire visiter le site à mes élèves l'an passé, j'ai accumulé des documents.

 

L'ATTAQUE DE LA BUTTE DE VAUQUOIS PAR LE 46e RI
28 février - 1er mars 1915

 
  • Présentation :

Ce petit résumé ne fera pas honneur aux 20 pages consacrées aux assauts du 28 février et du 1er mars 1915 du livre incontournable sur la question : Collectif : La butte meurtrie : Vauquois, la guerre des mines, 1914-1918. Editions de l'association des Amis de Vauquois et de sa région, 2e édition, 2007.
Disponible sur le site de l'association : http://pagesperso-orange.fr/vauquois.guerre.14.18/ rubrique "la bibliothèque"

 

La 19e brigade (46e et 89e RI) reprend l'attaque menée par la 20e brigade le 17 février. Le 46e RI (...) doit s'emparer de l'est de la Butte et du centre du village.
9h15 : début de la préparation d'artillerie (avec des 270) ;
10h30 à 12h15 : préparation d'artillerie de l'artillerie de campagne ;
13h15 : attaque des fantassins français. A l'est, le 46e arrive au point culminant « les deux arbres », au centre, il prend la première ligne allemande. Cependant, les positions prises sont sous les tirs en enfilade des mitrailleuses allemande et de l'artillerie du bois de Cheppy. Contre-attaque allemande.
14h00 : Repli vers la ligne de départ.
16h00 : Après l'échec de nouveaux assauts du 89e RI, le 46e reprend pied dans la première ligne allemande. Retour à la position initiale à 17h00.
En tout, quatre assauts français ont eu lieu. Au 2e bataillon du 46e, tous les officiers sont tués ou blessés, à part le commandant. 2e bataillon : le bilan est presque le même.
Le lendemain, le 46e participe à nouveau à une nouvelle série d'assauts.

 
  • Vision stratégique du général Joffre :

Mémoires du maréchal Joffre, 1910-1917 tome 2, pages 64-65 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] fre.langFR

Citation :

"(...) j'avais , le 23 décembre [1914] attiré l'attention du général Dubail sur la situation faite à la place de Verdun par l'avance simultanée des Allemands sur les côtes de Meuse et en Argonne, ce qui montrait l'importance des actions entreprises par la 1re armée en Woëvre, et par la 3e dans la région de Vauquois.
En ce qui concerne l'Argonne, la prise de commandement du général Sarrail et l'entrée en ligne du 32e corps, un des meilleurs de l'armée française, ne modifièrent pas la situation à notre avantage : le 8 et le 29 janvier, le 10 et le 16 février, l'ennemi lançait des attaques qui, chaque fois, nous faisaient perdre du terrain. Le 17 février, le commandant de la 3e armée lançait, à son tour, une attaque dont l'observatoire de Vauquois était l'objectif : elle échoua.
(...)"


Précision : ensuite Joffre ne parle plus des assauts suivants à Vauquois.

 
  • Vision dans le JMO de la 3e armée :

Composée du 5e et du 15e corps, page 54 :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html

Citation :

(...) Dès 9h15, la préparation d'artillerie est entreprise et dure environ 4 heures.
A 13h15, les troupes d'attaque s'élancent à l'assaut malgré le tir de batteries du bois de Cheppy qui la prennent d'écharpe, s'emparent des tranchées allemandes de la lisière sur du village et pénètrent dans la localité qui n'est plus qu'un amas de ruines. (...) A 14h30, nos troupes, contre attaquées par les Allemands sortis de leurs tranchées et proses d'enfilade par les batteries du bois de Cheppy cèdent et se réfugient dans les tranchées tenues par le 76e.
Après une nouvelle préparation par l'artillerie, les 89e et 46e repartent à l'assaut dès 15h15 et pénètrent à nouveau dans Vauquois. A 16h, une contre attaque ennemie est repoussée. A 17h, le général commandant la 10e DI met un bataillon du 31e à la disposition de la 19e brigade, mais à 17h30, avant que ce renfort ne soit arrivé à Vauquois, la 19e brigade est ramenée dans ses tranchées de départ. vers 20h00, le 46e tente encore trois nouveaux assauts.
Dans cette journée, la 10e DI a subi des pertes relativement élevées ; malgré cela, le général commandant le 5e corps décide que l'attaque sera reprise le lendemain ; le général commandant la 10e division disposera des mêmes éléments, renforcés du 31e RI et d'un bataillon du 76e. (...)
1er mars (...)
5e Corps. Attaque de Vauquois
La nuit du 28 février au 1er mars est employée à préparer la nouvelle attaque.
A 11h le tir de préparation est commencé et dure 3 heures.
A 14h les troupes d'assaut débouchent des tranchées. A 14h30 le 31e pénètre dans Vauquois. A 14h45, le 46e tient la lisière Est. Le 89e et 31e (dont 1 bataillon est laissé sans les tranchées de la lisière Sud) repoussent vers 15h15 deux contre attaques. A 16h le dernier bataillon du 46e, réserve de brigade est envoyé à Vauquois. Le colonel commandant le 46e reçoit le commandement de toutes les troupes du plateau de Vauquois. A 17h30 une tentative des Allemands pour déboucher du bois de Cheppy est arrêtée net. Nos troupes réussissent vers 18h à occuper une partie de la lisière Nord du village, mais, à la nuit, elles doivent s'organiser sur la rue transversale O.E. Plus tard, le 46e tente encore deux attaques pour s'emparer du centre de résistance organisé par les Allemands sur l'emplacement du cimetière et de l'église. Mais il est arrêté chaque fois par le feu de l'ennemi. (...) »

 
  • Vision dans le JMO du 5e corps d'Armée :

http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
Pages 40-41

Citation :

« Journée du 28 février : L'artillerie commence à 9h15 son tir de préparation de l'attaque de Vauquois.
A 13h15 l'infanterie d'attaque se porte en avant et arrive 5 minutes après dans les tranchées allemandes. A 14h15 elle atteint la lisière nord de Vauquois mais une contre-attaque ennemie permet à celui-ci de réoccuper les tranchées ouest de la localité et nous force ensuite à abandonner le village qui est réoccupé par les Allemands à 14h30.
A 15h20 notre infanterie remonte à l'assaut et arrive à l'église et plus à l'est. Une contre attaque allemande venant de l'Est est fauchée par le tir de notre artillerie.
De nouvelles contre attaques se produisent sur la droite et après des alternatives diverses à partir de 17h30 notre infanterie reflue sur ses tranchées de départ.
(...)
Journée du 1er mars. Conformément à l'ordre général n°245 et sur l'ordre particulier du général commandant  le 5e corps d'armée, à onze heure le 1er mars la préparation de l'attaque de Vauquois par le tir de l'artillerie est entreprise.
A 14 heures le 31e soutenu par les éléments du 89 et du 46e s'élance à l'assaut de Vauquois et entre ainsi que ses soutiens dans Vauquois, l'attaque arrive jusqu'à la lisière est.
A quinze heures deux contre attaques allemandes sont repoussées.
A 17h30 une tentative des Allemands pour déboucher du bois de Cheppy est enrayée par le tir de notre artillerie et le feu des tranchées de la Hardonnerie.
Dans la nuit le 46e tente deux attaques pour s'emparer de l'église échouent (sic). Finalement, les Allemands conservent la lisière nord-est, le partie nord et ouest du village. »

 
  • JMO de la 10e DI :

http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
A nouveau un texte long et détaillé. Je ne transcrit que le début. La suite est à lire pages 59 et 60.

Citation :

« L'attaque de Vauquois est exécutée conformément à l'ordre d'opération 105/G. l''ordre de l'ouverture du feu par l'artillerie est donné à 9h15 par le général commandant le 5e CA. La préparation s'exécute suivant le programme établi. L'artillerie allemande répond faiblement ; des coups heureux de 77 atteignent cependant les emplacements occupés par les 5e et 6e compagnies du 46e. Les batteries allemandes de la cote 207 et de Bel-Orme sont assez actives vers midi. Les effets du 270 sur Vauquois paraissent considérables. A 13h15 les troupes désignées pour donner l'assaut se portent bravement en avant. Le général commandant la 19e brigade rend compte à 13h45 qu'il estime à 3 bataillons l'effectif des troupes entrées à Vauquois. (...) »

 
  • JMO de la 19e brigade :

http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
Le plus riche car comportant à la fois une vision chronologique et factuelle et déjà une prise de recul sur l'opération en elle-même. En voici un court extrait, le reste étant à lire sur le site du SHD, pages 28 à 35.

Citation :

« Le bombardement commence à l'heure prescrite. Les effets produits par les obus de 270 sont terribles. Toutefois on a l'impression que l'ouvrage intermédiaire et les tranchées à l'ouest de Vauquois ne sont presque pas battues, fait d'autant plus grave qu'on attribue généralement à pareille faute l'échec de la 20e brigade dans son attaque de Vauquois le 17.
A 12h35 le colonel Levanier envoie une note dans ce sens. il demande un tir d'artillerie très sérieux sur le terrain compris entre l'ouvrage B inclus et le V de Vauquois, zone qu'il estime insuffisamment battue (pièce 33). Le capitaine Sampayo a déjà signalé à la division cette grande défectuosité du tir de l'artillerie.
L'attaque d'infanterie déclenche à l'heure fixée (13h15) ; le 46e à droite devant la partie est et la partie centrale de Vauquois, le 89e devant l'ouest du village. Depuis quelques instants les hommes se sont dressés dans les tranchées attendant le signal du départ, toutes les échelles sont garnies. Au signal donné, ils s'élancent sur les pentes escarpées de Vauquois sous le feu des shrapnells et de quelques mitrailleuses avec un entrain admirable tandis que joue la musique du 46e placée dans le chemin creux MN. (...) »

 
  • JMO du 46e RI :

Relate les combats de chaque compagnie, tout au long des deux journées de combats. A lire sur le site du SHD, pages 32 à 35 :
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html

 

Que remarque-t-on ? Plus le niveau est élevé, plus on retrouve d'éléments des niveaux inférieurs et une vision très simplifiée des événements. Les rédacteurs se nourrissent des rapports des niveaux inférieurs pour rédiger leur texte, c'est en tout cas l'impression donnée par la phrase sur le tir des 270 qui prend la même construction dans les JMO de la 19e brigade et de la 10e division. D'ailleurs, il semble que le commandant de la 19e brigade soit non loin de la zone des combats, la division ayant dépêchée sur place un capitaine pour faire remonter les informations aux échelons supérieurs. Par contre, les conclusions de la 19 brigade sur les erreurs de l'artillerie ne sont pas reprises. On a donc une vision cohérente entre les différents niveaux, où l'échec n'est pas caché.

 
  • Vision donnée par les communiqués officiels :

Journal Le Temps, 2 mars 1915 pour le communiqué du 28 février (soir) :
http://img340.imageshack.us/img340/2846/letemps02031915.gif

 

Journal Ouest Eclair, 2 mars 1915 pour le communiqué du 1er mars (11h00) :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] age.langFR
http://img23.imageshack.us/img23/593/ouesteclair02031915p1.gif

 

Journal Ouest Eclair, 3 mars 1915
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] age.langFR
http://img21.imageshack.us/img21/3180/ouesteclair03031915p1.gif

 

Bulletin des Armées de la République française, n° 76 :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] 9es.langfr
http://img340.imageshack.us/img340/855/barf76p2.gif

 

Bulletin des Armées de la République française, n° 80
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] 9es.langfr
http://img11.imageshack.us/img11/7342/barf80p2.gif

 

La vision donnée par la presse est celle donnée par les autorités : laconique, inexacte sans être réellement mensongère. La difficultés n'est pas cachée, mais est minoré. Des prisonniers ont été faits, des contre attaques repoussées. Cependant, le Bulletin des Armées ne cache pas la difficulté à prendre pied dans le village, les échecs subits. Certes, le discours est volontaire et positif, mais on est loin de la propagande aveugle, du bourrage de crane visible dans de nombreux autres articles.

 
  • Vision d'après-guerre :

Extrait de Anonyme, Historique du 46e régiment d'infanterie, Imprimerie Librairie L. Fournier, Paris, 1920, pages 16-17.

Citation :

« (...) Le 17 février 1915, une première attaque a lieu. Le 46e est en réserve dans la forêt de Hesse. L'attaque ne réussit pas.
On va la recommencer les 28 février et 1er mars, cette fois avec succès. Au pied de cette butte à pic, le 46e est en ligne, sous le commandement du colonel Simon, à côté du 89e. Une forte préparation d'artillerie incendie la colline. Et pour défoncer les caves où l'ennemi se croit en sûreté, les 270 de marine tirent avec précision. La route est ouverte à nos troupes d'assaut.
L'attaque va se déclencher. Il est 9heures 15. La musique du régiment, massée au pied de la butte, dans le ravin où pleuvent les obus, entonne la charge. D'un élan superbe, nos soldats gravissent la pente abrupte et le bruit des éclatements se mêle aux accents de la Marseillaise. Des musiciens tombent, mortellement frappés. Sous la direction du sous-chef de musique Laty, les survivants continuent leur hymne au milieu des clameurs de la bataille et du fracas des explosions.
Nos premières vagues pénètrent jusqu'au centre du village. Mais l'ennemi se ressaisit : Vauquois est devenu l'objectif de toute l'artillerie qu'il a massée (...). Nos positions sont prises en enfilade. Nous avons de la peine à nous maintenir, car nos pertes sont lourdes. L'ennemi nous contre-attaque et nous refoule. Nous devons redescendre les pentes de la colline. Il faut recommencer la préparation d'artillerie, réorganiser les troupes d'assaut.
Le 1er mars à midi, l'attaque à nouveau se déclenche. (...) Le 46e est encore en première ligne. Malgré les pertes de la veille, malgré les rafales de mitrailleuses, malgré l'artillerie qui tire sans arrêt; il escalade à nouveau la colline. (...).
Le 46e va au repos : nos pertes sont lourdes. Certaines compagnies ont perdu tous leurs chefs de section. 1600 hommes ont été tués ou blessés. »

 

Vous avez remarquez le détail nouveau par rapport à tous les documents précédents ? la charge en musique. A peine une ligne dans le JMO de la 19e brigade, sinon pas le moindre mot dans les autres (y compris dans le JMO du 46e RI), pas un mot dans la presse.

 

Je me pose la question de savoir pourquoi cet acte hautement symbolique et patriotique est absent des communiqués officiels et des Bulletins des Armées de la République française ? Pourtant les victoires obtenues à la pointe des baïonnettes ou des 75 ou en chantant la marseillaise sont nombreux dans la presse. Pourquoi celle du 17 février et pas celle du 28 ?
Et pourquoi en trouve-t-on trace un peu plus d'un an après dans une publication pour enfants ? Etait-ce trop tôt en 1915 quand l'armée française était à l'attaque un peu partout sur le front ? La publication un an plus tard doit-elle être mise en relation avec la bataille de Verdun et un nécessaire rappel des symbole de la France à un moment critique ?
Pourquoi le rédacteur du JMO du 46e n'en parle-t-il pas ? Ce sacrifice des musiciens et ce symbole auraient peut-être eu une diffusion plus grande si les objectifs avaient été remplis ? Si les pertes avaient été moins lourdes ?
Ne sachant pas quel fut le premier, et quand, à diffuser cette information, bien difficile de répondre. Quand est-il passé du front à l'arrière ? Où tous ces détails ont-ils été trouvés ?
Absents de la majorité des sources les plus proches du fait, c'est le seul élément conservé par le journal pour enfants un an plus tard. Ce journal est même celui qui donne le plus de détails, y compris par rapport à l'historique écrit postérieurement. Sauf au niveau des pertes, comme les autres journaux d'ailleurs.

 

La jeune France - N°75, 13 août 1916 - La charge en musique du 46e de ligne
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/b [...] .f9.langFR
http://img11.imageshack.us/img11/2327/vauquois01.jpg

 

« C'était le 28 février 1915, le 46e était dissimulé dans un chemin creux de X... (...) dans un silence impressionnant, une voix clama : "Le 46e en avant !" Alors, d'un même et splendide élan, les poilus du 46e s'élancèrent. Or, en même temps qu'eux, sortait du boyau un groupe d'une vingtaine d'hommes qui, le plus paisiblement du monde, formèrent le rond, sans souci des balles, des schrapnells, des obus ! C'étaient les musiciens du régiment ! Tout de suite le chef de musique, Claude Laty, leva sa baguette blanche et à son commandement s'éleva l'air de la Marseillaise. Cependant, tandis que l'orchestre faisait ainsi sa partie dans l'assaut, le baryton Magny avait le bras traversé par un éclat d'obus et une basse, Tillocher, tombait grièvement blessé. Le rond se resserra et les musiciens continuèrent à jouer sans la moindre fausse note. Ils en étaient à la mesure : l'étendard sanglant est levé... lorsque la flûte Delaitre et l'alto Eugels tombèrent, morts (...). Et l'orchestre tonitrua la charge aux accents terribles ! Mais presque coup sur coup, l'une des clarinettes, Laurent, tombait frappé au ventre, la grosse caisse, Blanchard, la joue traversée par une balle, culbutait avec son instrument et le flûtiste, Régnier, était blessé à la main. »

 

Delaître Georges
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=vCVCXARTegPccKYBeGZcEQ==&_C=3167034665

 

Engels Henri
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=AiRcUShelAOscLgFfmLKEQ==&_C=3460498033

 

Laurent Marcel Léon
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=VCY6U7ZTAgIydqAHeGf4EQ==&_C=3248443836

 

Gastel Marcel
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/SrvImg/SrvImg.php?_B=1&_I=Eie0VdpQEAK0d9AD0GHkEQ==&_C=27164297

 

Afin d'y voir un peu plus clair, quelqu'un pourrait-il regarder s'il est fait mention dans les journaux illustrés de l'époque de ce fait ? Ou si vous avez d'autres mentions de ce fait dans d'autres publications (de propagande ou autre), je suis preneur, cela permettrait peut-être de comprendre comment ce fait s'est diffusé.

 

La morale de cette histoire, c'est que même dans des documents de propagande de l'époque, il y a non seulement des informations sur les mentalités, sur la vision du conflit, mais aussi plus simplement des informations parfois très riches. Cependant, un recoupement avec d'autres sources est  encore plus nécessaire !
Vous noterez qu'à aucun moment je ne remets en cause l'existence même du fait en lui-même, il n'a pas à l'être a priori. Ce qui m'intéresse, c'est l'Histoire de l'histoire ici. Donc si vous avez d'autres références sur ce fait, n'hésitez pas !

 

A la semaine prochaine,
Arnaud

Message cité 1 fois
Message édité par Arnaud Carobbi le 18-10-2009 à 14:50:54

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Le parcours du combattant de 14-18 13/02/2017 : Correspondance d'un soldat illettré (1908-1919)
n°69330
rslc55
Posté le 18-10-2009 à 07:45:18  profilanswer
 

Bonjour
 
 
Merci pour cet intéressant article.
 
Salutations
 
Pierre

n°69332
IM Louis J​ean
Posté le 18-10-2009 à 08:34:50  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Bonjour Arnaud,
 

Citation :

Ou si vous avez d'autres mentions de ce fait dans d'autres publications (de propagande ou autre), je suis preneur


 
Extrait d'un livre publié en 1917 qui évoque très brièvement la Marseillaise bien que le ton de l'ouvrage exalte l'héroïsme du poilu de base en créant un personnage dont on lit l'histoire. Peut-être est-ce en raison du parti pris par l'auteur de suivre un de ces poilus, qui n'aurait donc pas vu les musiciens mais seulement entendu la musique. La date donnée est le 17 février. J'édite pour donner le titre de l'ouvrage et le nom de son auteur : "Bourru, soldat de Vauquois" par Jean Des Vignes Rouges.
 
<<Bourru se souvient d'une de ces crises... C'était le 17 février 1915. Dans le bataillon dont il faisait partie, une fièvre éclata tout à coup... C'était cependant une journée pluvieuse, mais l'aigre vent passant sur les collines excitait les nerfs...  
 
Une certaine heure sonna. Sans doute annonçait-elle une mystérieuse convergence de forces.., car à cette minute, d'un bond, ce bataillon se leva, au pied de la butte... Dans un élan fou de vaillance et d'amour, on le vit s'élever, ses chefs en tête, sur les flancs de la colline... En vain, les balles sifflaient... Hypnotisés, extatiques... les yeux levés vers le ciel... les hommes couraient délivrer la divine prisonnière.  
Ascension sublime !.. la mort réclamait la rançon... sans compter, on la lui donnait... La terre d'Argonne, une fois de plus, buvait du sang afin d'être une leçon plus tragique encore et plus féconde, pour les enfants des siècles à venir...  
 
Bourru est parmi ceux qui montent. A côté de lui, les camarades courent, bondissent, tirent des coups de fusil, escaladent des murs, traversent des nuages de fumée... les hommes crient... la terre, jaillie des explosions, entre dans leur bouche grande ouverte... ils en avalent... communion vivifiante... une énergie  
surhumaine les pousse plus loin... ils s'arrêtent dans un trou d'obus... en sortent, trébuchent... repartent... se dressant en des gestes fous de vaillance et d'orgueil...  
 
Bourru agit comme eux... Mais est-ce bien lui qui agit?... Non! c'est la volonté générale... Bourru n'est rien là-dedans qu'un fétu emporté par le vent... Aussi, plus tard, ne dira-t-il jamais : « J'ai été à Vauquois », mais bien : « Nous sommes montés à Vauquois. » C'est parce qu'il savait que les autres voulaient prendre Vauquois, qu'il l'a voulu aussi... et si les autres l'ont voulu si intensément, c'est que la pensée de Bourru était près d'eux pour les soutenir et les exalter.  
 
Le bataillon ainsi grisé alla jusqu'au sommet de la colline, et donna à cette terre le grand baiser d'amour de ses enfants, pendant que, d'un ravin proche, la Marseillaise, lancée par la voix des cuivres, montait puissante... >>
 
http://www.archive.org/stream/bour [...] t_djvu.txt
 
Cordialement
sesouvenir


Message édité par IM Louis Jean le 18-10-2009 à 08:38:37
n°69333
IM Louis J​ean
Posté le 18-10-2009 à 09:31:19  profilanswer
 

rebonjour à toutes et à tous,
 

Arnaud Carobbi a écrit :

Ce qui m'intéresse, c'est l'Histoire de l'histoire ici. Donc si vous avez d'autres références sur ce fait, n'hésitez pas !


 
 
 Extrait du 2e carnet de route de Laurent Pensa,
musicien-brancardier au 31e régiment d’infanterie de Paris
http://crdp.ac-amiens.fr/pensa/3_2_texte_pensa_1.php
 
<<Mercredi 17 février 1915
 
Nous arrivons au petit jour devant Vauquois ; nous sommes réunis à la musique du 76e, puis nous partons au Mamelon Blanc. Le bombardement commence à 10 heures ; nos pièces de tout calibre tirent sur Vauquois ; les 270 tombent en projetant en l’air des gerbes de fumée de terre (je croyais impossible de voir passer dans l’air ces obus, cependant j’ai pu me convaincre en observant un instant). Nous attendons sur le Mamelon Blanc l’heure de la charge ; nous avons le temps de faire du chocolat dans une cuisine du 76e pour nous réchauffer. Après notre canonnade commence la canonnade ennemie qui balaye le versant où nous sommes. Vers midi et demi, nous avançons sur la crête et nous abritons derrière un petit talus pendant que passe une rafale. Le calme revenu nous commençons à jouer La Marseillaise ; le colonel qui est sur la crête nous appelle à lui ; nous montons avec la musique du 76e et recommençons à jouer. Nous jouons 9 fois La Marseillaise ; nous voyons le 31e monter à l’assaut, mais bientôt redescendre en s’abritant derrière les pans de mur, derrière les replis de terrain. Enfin, nous cessons de jouer, sautons dans un boyau, puis revenons où nous étions primitivement. Nous avions eu à nos côtés le colonel et son aide de camp blessés. Nous trouvons pour le soir un mauvais abri ; nous sommes réveillés en pleine nuit pour aller chercher les blessés de la journée du 17.
Dimanche 28 février
 
Réveil à minuit ; nous partons pour le secteur de Vauquois en réserve. Nous arrivons au jour. Passons la journée dans une cabane. Notre artillerie bombarde Vauquois. Le 46e attaque, prend une partie du village. La musique du 46e qui a joué pendant la charge est forcée pour se replier de sortir des boyaux. Elle est assez éprouvée (3 tués, 8 blessés). Le soir,  passent des prisonniers allemands. Il pleut ; nous couchons à l’abri.>>
 
Cordialement
sesouvenir
 
 


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<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
     Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau
n°69334
chanteloub​e
Posté le 18-10-2009 à 10:11:06  profilanswer
 

Bonjour,
Nous savons tous ce que Norton Cru a dit de Taboureau:......sévère....."il parle de ce qu'il ne connait pas! et n'a pas pu voir."  
Mais bon...
Cordialement CC

n°69335
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 18-10-2009 à 10:22:46  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Merci beaucoup pour vos interventions Sesouvenir. En effet, elle bouclent la boucle : elles apportent la vision au niveau le plus près des faits, celui des combattants. Et il est dommage que je n'ai pas intégré dès le début au moins le second témoignage. Car l'Histoire peut-être sèche, ardue et désincarnée : une suite de faits, une chronologie. Le témoignage y apporte la sensibilité, l'aspect humain à mes yeux indispensable.  Certes individuel, on voit bien que ces témoignages s'intègrent parfaitement à une recherche sur la question de cet orchestre jouant en plein combat.  
Et plus généralement,  ces témoignages montrent que, bien intégrés dans une étude, bien critiqué (au sens de voir ce qu'il y a à prendre et ce qu'il faut laisser), ils peuvent être une bonne source d'informations.
Les JMo sont une source exceptionnelle d'informations, de pistes. Comme les autres sources, il faut les recouper avec d'autres sources ; et ne pas oublier les témoignages autres que ceux publiés sur le net, mais la grande quantité qui a été publiée pendant et après-guerre.
 
Amicalement,
Arnaud


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Le parcours du combattant de 14-18 13/02/2017 : Correspondance d'un soldat illettré (1908-1919)
n°69347
IM Louis J​ean
Posté le 18-10-2009 à 14:57:34  profilanswer
 

Rebonjour à toutes et à tous,
 
Voici un "témoignage" que Norton Cru n'aurait même pas critiqué tant les circonstances du témoignage sont floues et le récit outrancier. Et pourtant, il est intéressant comme "point de départ" car il contient une part de vérité à l'instar des légendes: si nous n'avions eu que ce texte nous aurions cherché derrière l'outrance la part de réalité.
 
Le "témoin", Camille Decreus, musicien et compositeur, se présente comme un ancien combattant réformé, présent à la bataille de Vauquois fin février (1915), ayant bien connu Collignon, sans préciser sa position pendant la bataille. Il se décrit comme participant à l'approvisionnement des premières lignes en munitions, nourritures et effets d'habillement...
 
Traduction approximative d'un article de New York Times du 27 juin 1915 :  
 
<< THE BANDSMEN LED THE CHARGE  
 
C'est à Vauquois que s'est déroulé cet évènement qui, je pense, est unique dans cette guerre, la charge d'une musique régimentaire en tête des troupes. De nos jours les musiques sont généralement laissées à l'arrière. Mais un moment critique survint. Nos hommes avaient attaqué les Allemands trois fois et trois fois avaient été  repoussés. Le colonel sentit que l'heure du suprême effort avait sonné. Il fit appeler le chef de musique.  
"Placez vos hommes en tête du régiment, lancez la Marseillaise, et conduisez-les à la victoire" ordonna-t'il.
Le chef de musique salua. Il appela ses musiciens et leur dit ce qui était attendu d'eux. Puis les quarante hommes se mirent en position. Les lignes françaises se reformèrent. Le chef de musique brandit sa canne. "Allons, Enfants de la Patrie!" jaillit, et les hommes reprirent le chant. La France leur demandait de vaincre ou mourir. La musique jouait sur un rythme deux fois plus rapide, comme pour un défilé accéléré. Les Allemands ont dû se frotter les yeux. Aucun musicien ne portait d'arme. Mais ils portaient la Marseillaise contre l'ennemi. Puis vint le crépitement continu des mitrailleuses. La musique continua, ses rangs s'amenuisant à chaque pas. Le chef tomba. Les clairons suivirent. Les tambours et leurs instruments tombèrent sous la même rafale. En moins de cinq minutes chacun des quarante hommes gisait sur le sol, blessé ou tué ; enfin à une exception près. Le joueur de trombone. Son instrument avait été entièrement criblé à l'exception de l'embouchure et de la coulisse sur laquelle ses doigts étaient crispés. Il ne s'en rendait pas compte. Il continuait à souffler et à manoeuvrer la coulisse. Il ne jouait qu'une Marseillaise fantôme mais les esprits de ses camarades morts jouaient avec lui, et à la tête du régiment, et avec un morceau de trombone, il les mena à la victoire. La tranchée fut prise. La moitié de la musique était morte au champ d'honneur.>>
 
http://query.nytimes.com/mem/archi [...] 946496D6CF
 
Amicalement
sesouvenir

n°69375
Achache
Cimetière militaire de V D
Posté le 18-10-2009 à 21:55:02  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Simple document à propos de cette Marseillaise chantée lors de l'assaut de Vauquois, Arnaud, je vous rappelle le poème de mon grand oncle Maurice Lambert, que je vous ai communiqué il y a quelques mois, et que l'on peut trouver ici:
 
http://pagesperso-orange.fr/vauquo [...] ambert.htm
 
 
Écrit "au village même" de Vauquois, dès le début Mars 1915, très probablement, il mentionne cette Marseillaise, et son auteur, du 76e RI, à défaut d'avoir participé à ces assauts, était sur Vauquois dans les jours immédiatement suivant sa "reconquête"...
 
Bien à vous,
Achache


Message édité par Achache le 18-10-2009 à 21:56:47

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Émouvante forêt, qu'avons-nous fait de toi ?/Un funèbre charnier, hanté par des fantômes./Tes doux sylvains ont fui, cédant la place aux hommes
Qui sèment autour d'eux la douleur et l'effroi. M. BOIGEY/LAMBERT, La Forêt d'Argonne, 1915
n°69385
jlk
Posté le 18-10-2009 à 23:26:06  profilanswer
 

Bonsoir
 
Nous lisons avec notre mentalité de gens attachés à la paix (et à la vie) que nous avons le bonheur de connaître.
Revenons un peu en arrière, du temps de Napoléon par exemple:
qui oserait imaginer des troupes en rangs serrés se canarder de la sorte? avec la musique en prime...
Pourtant, ceux qui ont visité le musée privé de Massiges ont bien vu le tambour sorti des champs cultivés par "Bebert", ou encore vu ici et là des clairons disloqués retrouvés sur les champs de bataille...
Plus simplement, le gradé qui sort de la tranchée pour une mort certaine après un coup de sifflet en hurlant "pour la France" ou en vociférant des "hourras" cela parait incroyable, pour ne pas dire relevant de l'inconscience?
Une charge de cavalerie comme en 14
http://nsa11.casimages.com/img/2009/10/18/091018113024142727.jpg
... impensable!
Alors, même si c'est un peu romancé, je trouve ce genre de témoignages tout à fait crédible.
Bien malin qui pourrait dire quel état d'esprit nous aurait animé à cette époque et à ces instants effroyables.
 
Cordialement
Jean-Luc

n°69387
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 18-10-2009 à 23:40:37  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Jean-Luc, à aucun moment je ne remets en question le fait. Tout corrobore ce fait, et il fut loin d'être le seul ; les exemples sont nombreux comme vous l'indiquez dans d'autres circonstances, ce renoncement de soi, ce sacrifice. Et je ne remets pas en question non plus ce que dit l'article de ce journal de propagande pour jeunesse vu qu'il est corroboré également pas d'autres sources. Je suis donc d'accord avec vous : il est crédible. Plus que l'article de New York Times dans lequel on peine à reconnaître les faits du 28 février, tout comme ceux du 17 à Vauquois.
Ce qui m'intrigue ici, c'est qu'il ne fut pas récupéré par la propagande plus tôt ; il me manque le maillon qui a fait que le jeu de cet orchestre, connu des combattants, a été connu du grand public. Entre février 1915 et avril 1916, première date trouvée où ce fait apparaît dans un journal pour enfant, quel est le cheminement de cette histoire ?
 
Bien cordialement,
Arnaud


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Le parcours du combattant de 14-18 13/02/2017 : Correspondance d'un soldat illettré (1908-1919)
n°69392
chanteloub​e
Posté le 19-10-2009 à 10:14:15  profilanswer
 

Bonjour,
Crédible....absolument....la musique  jouant au départ de l'attaque.... tout à fait plausible et attesté de nombreuses fois....jouant à découvert?...possible....  dans la tranchée.... probablement plus pratique...Bon.
Je dispose d'un document préparant une attaque de Chasseurs Alpins en 15 ...dans lequel le commandant de l'unité expose de façon tout à fait claire où se placera la musique...ce qu'elle jouera...comment elle le jouera... il ne s'agit, en l'occurence, pas de la Marseillaise, mais de l'hymne du bataillon. J'ai passé ce doc à Y Herniou qui n'a d'ailleurs pas été autrement surpris.  
 
Les instruments de musique éventrés, les tambours abandonnés et crevés...nous savons, de façon certaine, que lors de certaines attaques (au moins au début de la guerre ) les brancardiers/musiciens qui suivaient portaient, parfois, leurs instruments de musique sur eux, attendu qu'ils n'étaient pas certains de revenir au point de départ de l'attaque, les clairons, mais je ne sais rien de certain sur eux, devaient, toujours au début de la guerre, accompagner l'attaque pas trés loin d'un officier, avec leur instrument.
C'est peut-être l'occasion de creuser cette question!
Cordialement CC


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