Bonjour à tous,
Gérard, puisque vous évoquez le général de Boissoudy, un témoignage pour le moins insolite :
« Le 29 [août 1918], l’aumônier est appelé à Lure par le général commandant la 7e Armée, qui le charge d’une mission de confiance : retrouver la tombe du jeune aspirant Jacques de Boissoudy, tombé en héros au combat d’Hangest-en-Santerre. Le 1er septembre, après avoir reçu les documents et instructions de M. le Médecin-Inspecteur Lapasset, de la 7e Armée, j’arrivais à Breteuil, puis à Hangest. […] Entre Montdidier et Moreuil, l’assaut avait été rude. Cette ville tombée, toute l’armée von Hutier s’était ruée sur Amiens, contre l’armée Debeney qui supporta le choc sans plier, avec vaillance. Les renforts arrivés en hâte font tête à l’ennemi devant Moreuil menacé. La 133e division Passaga est au premier rang. Le 106e bataillon de chasseurs se distingue entre tous par sa ténacité, son héroïsme dans une résistance désespérée. Un jeune aspirant de chasseurs, Jacques de Boissoudy, se couvre de gloire en protégeant, avec ses mitrailleuses, la retraite du bataillon. Ayant reçu l’ordre de se replier, il continue le feu en retraitant. L’ennemi nous talonne à 300 mètres. Frappé d’une balle, il tombe et est aussitôt fait prisonnier. Quelques jours après, le jeune héros meurt à l’ambulance allemande. Son corps reposait dans une fosse commune avec des soldats ennemis, au cimetière de la filature. Sur sa tombe, je porte la fierté attristée du père et la prière chrétienne du cœur désolé d’une mère. Le lendemain j’allais à Eclaron conter les détails de mon triste pèlerinage. » (pages 378-380 in abbé SCHUHLER, Ceux du 1er Corps : souvenirs, impressions, récits de la guerre par un aumônier militaire, Colmar, Editions d’Alsace, 1931, 432 pages)
Bien cordialement,
Eric Mansuy
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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.